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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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La cour des trois — Chapitre 5 · La nuit des trois

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Lafayette2000
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Le début, avec le carnet et ses trois colonnes, a un vrai charme : on rit de la réplique « Si on pète, on dit pardon et on continue » et on devine déjà le caractère de chacun. Les répliques sont vives, l'humour tombe juste, et la scène reste sensuelle sans perdre sa tendresse.

La cour des trois

Chapitre 5 · La nuit des trois

Ils firent ça bien. Nayla y tenait. Un plateau de thé, trois verres, une table basse sur la terrasse, et sur un carnet de Léonie trois colonnes tracées au crayon : *oui*, *peut-être*, *non*.
— On commence par les *non*, dit Idriss. C'est plus important que le reste.
— Pourquoi ?
— Parce que les *oui*, on les connaît. — Il croisa les bras. — Les *non*, c'est ce qui fait qu'on se quitte en claquant la porte.
Léonie réfléchit. Écrire la rendait audacieuse.
— Pas de douleur forte. Pas de métal froid. Pas d'anal, pas cette fois. Pas de mots humiliants. Et pas de surprise qui dure plus de dix secondes.
— Bien. — Idriss écrivit. — Nayla ?
— Pas de jalousie mal gérée. Si quelqu'un se sent de trop, il le dit, tout de suite, même si c'est bête. Et pas de téléphone.
— Pas de téléphone, répéta Léonie.
— Et pas de *performance*, dit Nayla. On n'est pas en train de faire un film. Si un truc est raté, c'est bien. Si on rit, c'est bien.
— Si on pète, c'est bien aussi ?
— Si on pète, on dit pardon et on continue.
Idriss leva les yeux au ciel mais écrivit quand même.
La colonne *peut-être* fut plus longue : être attachée longtemps, être prise en regardant l'autre, la cire, le froid, les cheveux tirés. La colonne *oui* était presque embarrassante : le bandeau, la soie, la bouche partout, être portée, être tenue, les mains dans les cheveux, l'ordre doux, dormir ensemble après.
— Et le mot de sûreté, dit Idriss. On le crie même pour un détail. Même si on a juste envie qu'on s'arrête deux secondes. Même si c'est pour rire.
— *Rouge*, dit Léonie.
— *Rouge*, dit Nayla.
— *Rouge*, dit-il.
Il posa le crayon. Le thé refroidissait. Ils se regardèrent tous les trois, et personne n'osait bouger, parce que le passage du papier au corps est toujours un saut.
Nayla le fit pour eux. Elle se leva, prit Léonie par la main, et l'embrassa devant Idriss. Puis elle tendit la main à Idriss et l'embrassa lui. Puis elle recula d'un pas.
— À vous.
Léonie et Idriss se regardèrent une seconde, deux, trois.
— On l'a déjà fait, dit Léonie.
— Pas devant elle.
— Non.
Ils s'embrassèrent. Ce fut différent de l'atelier : moins urgent, plus grave, parce qu'il y avait quelqu'un qui regardait, et que ce quelqu'un comptait.
— Bon, dit Nayla. On monte.
Dans la chambre de Léonie, le lit était large, bas, entouré de moustiquaires de coton. Nayla éteignit les plafonniers, alluma deux lanternes, et s'arrêta au milieu de la pièce.
— Attends. Il faut qu'on dise un truc avant.
— Quoi ?
— Si à un moment l'un de nous se sent con, il le dit. Con, de trop, perdu, tout ce qu'on veut. — Elle regarda Léonie. — Et on ne se vexe pas.
— D'accord.
— Bandeau ? demanda Idriss à Léonie.
— Oui.
Elle fut bandée. Le monde redevint ce qu'il était au hammam : du son, de la chaleur, de la peau. Deux paires de mains, cette fois. Deux respirations. Deux odeurs — Nayla, jasmin et amande ; Idriss, cèdre, savon, une trace de tabac froid. Léonie, entre les deux, devint folle.
Elles furent lentes, et organisées, et ça n'empêcha rien. Nayla prit la tête, la bouche, les seins. Idriss prit les jambes, l'intérieur des cuisses, les pieds, les chevilles. Ils se croisaient, se remplaçaient, se retrouvaient. Léonie, aveugle, ne savait jamais qui la touchait, et à la fin elle renonça à savoir. Elle devint surface.
— Ambre, dit-elle une fois.
Tout s'arrêta. Deux bouches se posèrent, une sur chaque épaule.
— Vert, dit-elle. Pardon. C'était pour dire que c'est bon.
— On sait, dit Nayla. C'est pour ça qu'on s'est arrêtés.
— Vous vous êtes arrêtés pour rien.
— On s'est arrêtés pour toi, dit Idriss. C'est pas pour rien.
Ils la retournèrent. Idriss s'allongea sous elle, Nayla derrière. Et là, Léonie connut la chose qu'elle n'avait pas imaginée : être tenue par deux personnes à la fois, par-devant et par-derrière, sans aucun endroit du corps laissé seul. Idriss la fit s'asseoir sur lui, lentement, et Nayla, dans son dos, l'embrassa entre les omoplates, puis plus bas, puis glissa sa main par-dessus la hanche de Léonie pour descendre là où leurs corps se joignaient.
Léonie cria.
— Trop ?
— Non. Non, non, non.
Elle bougea. Idriss tenait ses hanches et l'aidait, sans forcer. Nayla, derrière, suivait le rythme, une main sur le ventre de Léonie, l'autre sur son sexe, la bouche sur sa nuque. Léonie eut l'impression d'être un instrument dont deux musiciens jouaient en même temps, et qui trouvait, sous leurs mains, une musique qu'aucun des deux n'aurait pu jouer seul.
Elle vint une première fois, violemment, en se cambrant. Ils ne s'arrêtèrent pas tout de suite, la portèrent à travers, puis la laissèrent retomber en avant sur la poitrine d'Idriss, tremblante.
— Rouge, dit-elle, à bout.
Tout s'arrêta. On la coucha sur le flanc. On l'enveloppa.
— Respire, dit Nayla.
— Je respire.
— Respire quand même.
Elle respira. Elle pleurait un peu, sans tristesse. Au bout de deux minutes, elle rit.
— C'était quoi, ça ?
— C'était toi, dit Idriss.
— Je vais bien. Je vais très bien. Continuez sans moi.
— Tu es sûre ?
— Regardez-vous. — Elle repoussa le bandeau sur son front, pour voir. — S'il vous plaît. Je veux regarder.
Ils se regardèrent, hésitants, puis Nayla sourit et attira Idriss.
Et Léonie, allongée à cinquante centimètres, vit ce qu'elle était venue chercher sans le savoir : deux personnes qui s'aiment depuis six ans et qui, pour la première fois, s'aiment devant quelqu'un d'autre, avec l'accord de quelqu'un d'autre. Nayla monta sur lui. Idriss la prit par la taille, puis par les poignets, et la maintint, et Nayla — qui menait tout, partout, tout le temps — se laissa mener là, dans cette chambre, sous ce plafond de cèdre. Léonie comprit que Nayla aussi avait besoin d'un endroit où déposer la direction.
Il y eut un moment de comique pur : Nayla, en se penchant, se cogna le coude contre la tête de lit et jura comme un charretier.
— Rouge ! cria-t-elle, en riant.
Idriss s'arrêta net.
— Rouge de rire, précisa-t-elle. Rouge de rire. Continue.
— Il faut inventer un mot pour ça.
— On le fera plus tard.
Elle vint en criant, la tête renversée. Idriss, sous elle, se cambra, silencieux, la bouche ouverte.
Puis ils retombèrent tous les trois dans le grand lit, en désordre, moites, mêlés, et personne ne parla pendant longtemps. Nayla, la première, éclata de rire. Idriss grogna. Léonie se cacha le visage dans l'épaule de l'un, les jambes sur les jambes de l'autre.
— Voilà, dit Nayla. C'est fait.
— C'est fait, dit Idriss.
— C'était nul, dit Léonie.
Ils se figèrent.
— Nul comment ? demanda Nayla.
— Nul comme dans « je vais y penser tous les jours pendant dix ans ». C'est très nul.
— Ah. — Nayla se détendit. — Tu m'as fait peur.
Léonie ferma les yeux. Elle sentait, très précisément, deux cœurs battre sous sa peau, à deux endroits différents, et deux respirations se caler peu à peu sur la sienne.
— Fond du parfum, dit-elle tout bas.
— Quoi ?
— Rien. Je travaille.
— Tu travailles maintenant ?
— Toujours.
Ils dormirent comme ça, sans se réveiller, jusqu'au matin, et l'aube les trouva enchevêtrés comme trois branches d'un même arbre. Nayla ronflait un peu. Idriss avait un bras mort sous le corps de Léonie et ne se plaignait pas. Léonie, elle, resta éveillée une heure à regarder le plafond de cèdre, à écouter, et à se dire qu'elle allait devoir téléphoner à Margaux pour repousser son billet.
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Chapitre 6 · Le collier de henné
Au cœur du désert de Zaroun, loin de la ville et de ses obligations, Léonie accepte de se laisser guider par Idriss et Nayla. Deux mots suffisent désormais à tout dire : « encore » pour continuer, « merci » pour s'arrêter. Sous la tente, à la lueur d'un feu, les règles du jeu se précisent et la confiance s'approfondit. Mais derrière la toile, le monde attend, et une question demeure : jusqu'où ces trois-là sont-ils prêts à aller ?
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