Léa, cette salope.
Chapitre 1
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Couverture de Léa, cette salope., par Jerem.Story
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Léa, cette salope. — Chapitre 1

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Jerem.Story
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Ce qui accroche d'emblée, c'est la voix du narrateur : sèche, un peu amère, avec ce sens du détail qui fait mouche — la bière tiède, la moitié de la vaisselle emportée par l'ex. On sent tout de suite l'homme et son appartement trop grand. La cloison fine, le son baissé d'un cran, l'oreille tendue : la façon dont la tension monte sans jamais forcer est ce qu'on retient longtemps après avoir refermé le chapitre.

Léa, cette salope.

Chapitre 1

Vingt-deux heures dix. Le match était nul, la bière tiède, et moi j'étais avachi dans mon fauteuil, à quarante-six ans, seul dans un appartement devenu trop grand depuis que mon ex s'en était allée avec ses valises et la moitié de la vaisselle. En trois ans, j'avais pris le pli sans le vouloir : le canapé, l'écran, la troisième bière, et le couloir éteint jusqu'à ce que Léa rentre.
Léa est la fille d'un ami, elle est chez moi pour ses études, dix-neuf ans. Rousse. Un roux sombre, épais, qu'elle laisse tomber jusqu'aux omoplates et qu'elle remonte en chignon mal fait quand elle travaille. La peau pâle, laiteuse, avec des taches de rousseur sur le nez, les épaules, les cuisses fines. Des poignets de gamine, une poitrine discrète. Mais un petit cul rond, haut, bombé, serré dans des jeans qu'elle achète une taille en dessous.
Ce cul de jeune femme passait devant moi depuis des mois. Et ça faisait des mois que je ne le regardais pas vraiment. Ce soir-là, j'ai regardé.
Elle est rentrée avec un garçon.
Je les ai entendus avant de les voir, un rire bas, une main qui cherche une épaule. La clé a gratté la serrure deux secondes de trop, comme toujours quand on est occupé à autre chose. Puis la porte. Puis elle, dans l'encadrement du salon, joues rougies par le froid, écharpe encore nouée, quelques mèches rousses collées aux tempes par la pluie. Ses yeux verts ont balayé la pièce et sont passés sur moi.
— Hey salut.
— Salut.
Et lui, derrière.
Vingt-deux ans peut-être. Veste en jean, cheveux courts, une tête de type qui sait qu'il plaît et qui ne s'en cache pas. Il a avancé la main avant que je me lève.
— Bonsoir m'sieur. Matt.
J'ai serré cette main. Poigne franche, sèche, un peu trop appuyée. Et j'ai pensé, sans savoir à quel point j'avais raison, que cette main-là, qui venait de se poser sur l'épaule de Léa, allait dans une demi-heure atterrir sur des endroits que je n'avais jamais vraiment voulu imaginer.
— On monte tonton.
Elle m'appelle toujours tonton, je la connais depuis qu'elle est petite.
— Ouais. Ça marche.
La porte de sa chambre a claqué doucement, et le couloir est redevenu noir.
J'ai remis le son. Dix minutes sans rien. Dix minutes, c'est long. J'ai commencé à croire qu'ils parlaient, qu'ils révisaient, qu'ils s'étaient endormis... et puis non. Un frottement de tissu. Un murmure. Un rire étouffé dans un oreiller, le genre qu'on a la bouche occupée. Un long soupir à peine audible. J'ai baissé le son d'un cran, l'oreille tendue comme un vieux chien de chasse.
Encore un silence. Et d'un coup, clac.
Sec. Mouillé. Précis. Un bruit que n'importe quel homme reconnaît sans l'avoir jamais appris. Clac. Clac. Clac. Régulier, patient, le rythme d'un type qui a le temps.
J'ai posé la bière. Je ne bougeais plus.
Clac. Clac. Clac. Clac.
Ça accélérait par paliers. Et par-dessus, sa voix. Dix-neuf ans que je connais cette voix, et je ne l'avais jamais entendue comme ça.
— Ah... doucement... non, pas doucement...
Le type a ri. Il a dû forcer d'un coup, parce que le sommier a encaissé net, un craquement de bois qui a fait vibrer la cloison derrière ma nuque. Et encore Clac. Clac. CLAC. Ça claquait contre elle avec une régularité de métronome.
— Ah oui oui oui... ah putain...
— Chut. Chut. Le vieux va entendre.
Deux secondes de silence. Même le lit s'est arrêté. Et puis, très clair, très net, la voix de Léa :
— Tais-toi et défonce-moi.
Le type n'a pas discuté.
J'ai tendu la main vers la télécommande et j'ai coupé le son. Complètement. Plus de stade, plus de commentateur, plus rien. Juste le mur. Et derrière le mur, eux.
Ce qui est arrivé ensuite n'avait plus de rythme. Juste une furie. Le lit cognait le mur à s'en fendre, les couilles claquaient, sa peau à elle claquait contre la sienne, et par-dessus tout ça, cette voix qui montait, montait, grimpait en spirale, se cassait, repartait. J'entendais le moindre glissement mouillé, la moindre succion.
J'ai senti ma queue se dresser.
Pas une demi-mesure. Une vraie érection, franche, tendue dans mon jean, et personne pour la voir. J'ai posé la main dessus et j'ai défait le bouton, baissé la fermeture, et je l'ai sortie. Voilà. À quarante-six ans, dans mon salon, la bite à l'air devant un match que personne ne regardait, à écouter cette petite de dix-neuf ans se faire démonter derrière une cloison de sept centimètres.
Et là, dans mon fauteuil, j'ai commencé à imaginer. Mal, forcément. Mais pas à l'aveugle.
Parce que je savais. Je savais la peau pâle, le grain laiteux, les taches de rousseur sur l'intérieur de ses cuisses. Je savais la taille fine, le creux des reins, le petit cul rond qui devait tenir tout entier dans deux mains d'homme. Je savais les cheveux roux qui devaient être en bataille, moites, collés à la nuque. Je savais les yeux verts, et j'imaginais très bien à quoi ils ressemblaient quand ils ne regardaient plus rien.
Je l'ai imaginée sur le dos, jambes en l'air. Puis le lit s'est mis à cogner le mur autrement : bam... bam... bam, un coup sur deux, déséquilibré, plus lent, plus profond, avec ce bruit de peau qui se colle et se décolle. Et j'ai compris que je m'étais trompé. Ils avaient changé. Elle était ailleurs, autrement, dans une position que je n'ai pas su reconstituer. Et cette incertitude m'a rendu fou.
— Vas-y... vas-y, lâche pas encore... ah oui oui oui...
Elle hurlait. Sans retenue, la voix cassée par à-coups, chaque syllabe arrachée entre deux poussées. Le type grognait, un grondement bas, animal, qui traversait le mur comme s'il n'existait pas.
— Plus fort. Plus fort, putain.
Et il a obéi.
Je me branlais lentement, sans me presser, la main sèche, le poignet qui tournait à peine. Et une autre pensée me traversa la tête :
Si elle n'était pas la fille de Pierre, je me la ferais.
Pendant ce temps, je l'entends :
— Tu vas jouir ? Tu vas jouir, hein ?
— Oui... oui, je tiens plus... Aahh...
Long cri aigu. Il a grimpé, grimpé, et s'est cassé net.
— Oh... oh merde... j'y suis... j'y suis... Prends tout.
— Mmmh ooh oui remplis-moi
Dernier coup, profond. Un grognement long, presque douloureux. Et puis ce silence. Ce silence lourd, haletant, avec deux respirations qui sifflent derrière le mur.
Et puis des voix. Basses, cassées, rigolardes. Un baiser mouillé. Un froissement de drap.
— Putain... ça fait combien de temps que tu t'es pas vidé, toi ?
— J'sais pas. Trois semaines.
— Trois semaines ? T'es sérieux ?
— Ouais.
Un rire. Puis, plus bas, presque pour elle-même, une voix que je n'avais jamais entendue :
— Jamais j'ai été aussi pleine. Tu as abusé.
Ils ont continué à parler et rigoler. Et moi j'écoutais ça comme on écoute la radio, distraitement, la main toujours dessus, le pouce qui traînait. J'étais tellement absorbé que je n'ai pas entendu les pas. La porte du salon s'est ouverte, et je n'avais toujours pas rangé.
Le temps de me fourrer ça tant bien que mal dans le jean et de remonter la fermeture.
Puis j'ai tourné la tête. Et là.
Léa était en nuisette.
Blanche. Fine. Elle lui arrivait à peine au haut des cuisses, et elle était collée par plaques, transparente au bas-ventre. Sa peau pâle était marbrée de rouge, les joues, la gorge, le haut de la poitrine, cette rougeur qui monte chez les rousses et qui met une heure à redescendre. Une auréole de sueur dans le creux des reins. Des mèches plaquées aux tempes et à la nuque. Lui, à côté, chemise ouverte, ceinture à moitié refaite, cheveux en bataille, la tête du type qui vient de très bien travailler. Sa main était posée à plat sur une fesse, par-dessus le tissu, et il la pelotait distraitement, comme on tripote un objet qu'on aime bien.
Il l'a embrassée. Un vrai baiser, long, bouche ouverte. Et pendant ce baiser, sa main a serré. Elle a souri contre ses lèvres.
La porte s'est ouverte sur le palier. Une bouffée d'air froid est entrée, et l'odeur avec.
Parce que ça sentait. Une odeur tiède, salée, un peu fade, qui traînait dans le couloir et qui venait d'être libérée d'un coup par l'ouverture du battant. Le type, lui, il sentait la sueur de leur ébat.
Et sous la nuisette, ça coulait.
Le foutre descendait le long de ses cuisses. Des traînées épaisses, blanches, presque laiteuses, luisantes sous le plafonnier, qui se divisaient en rigoles à hauteur du genou pour finir en gouttes accrochées aux mollets. Ses jambes entières étaient vernies. Il y en avait jusque sur l'intérieur des chevilles, des coulures longues et sinueuses qui brillaient comme de la laque. Sur cette peau pâle, le blanc ressortait avec une netteté obscène. Ça avait séché par endroits en petits voiles translucides. Ça coulait ailleurs, frais, encore liquide, et ça se remettait à descendre à chaque fois qu'elle bougeait.
Trois semaines. Debout dans l'entrée, devant celui qu'elle appelle tonton, la preuve lui dégoulinait sur les jambes.
— À bientôt, hein.
— Ouais. À bientôt.
Elle a refermé la porte.
Et c'est à cet instant, qu'une grosse flaque lourde, dense, presque gélatineuse est tombée de sous la nuisette et s'est écrasée sur le carrelage.
Ploc.
Un bruit épais, gras. Une flaque blanche qui s'est étalée lentement en étoile entre ses pieds nus, sur le carrelage froid de l'entrée.
Je n'ai rien dit. Elle non plus. Mais elle a vu que j'avais vu.
Elle a baissé les yeux vers la flaque. Puis elle les a relevés vers moi. Sans se presser. Elle a plongé deux doigts dedans, les a ressortis luisants, et les a écartés très lentement.
Le fil s'est tendu entre ses doigts. Épais. Translucide. Élastique. Il a tenu. Elle l'a étiré encore, assez pour qu'il forme un petit voile devant la lampe de l'entrée, et la lumière est passée au travers comme à travers du verre dépoli. Elle a fait jouer le fil, l'a cassé d'un geste sec, et a porté les doigts à sa bouche.
Et elle ne m'a pas lâché. Ses yeux verts, plantés dans les miens. Une seconde. Deux. Trois.
Puis elle a souri. Un sourire sans gêne, sans explication.
— Bonne nuit tonton.
Elle a tourné les talons.
Et c'est là que j'ai tout vu. Parce que la nuisette, en pivotant, s'était coincée. Le tissu avait glissé dans la raie et s'était enfoncé entre ses fesses, si bien que les deux fesses étaient sorties, nues, blanches, rondes, avec le pli bien marqué au milieu et la nuisette réduite à un bout de fil blanc serré entre elles. Elle marchait sans se presser. Les deux fesses roulaient l'une après l'autre. Le petit cul bombé, exactement comme dans ma tête, sauf que là, c'était pour de vrai.
Et entre ses cuisses, sous les fesses, à chaque pas, on voyait autre chose.
Les lèvres. Gonflées, rouges, ouvertes, encore luisantes, barbouillées de blanc. Ça dégouttait. Il en restait accroché, ça pendait, ça brillait à la lumière de l'entrée, et à chaque enjambée ça se balançait entre ses cuisses. Elle n'avait rien nettoyé. Rien. Elle remontait le couloir avec le sperme de son mec entre les jambes.
Elle a disparu dans sa chambre. La porte a claqué doucement.
Je suis resté seul devant le match. Le commentateur hurlait toujours. Moi je n'entendais plus rien.
Vers deux heures du matin, je me suis levé pour pisser. La flaque était encore là, séchée sur les bords, tiède au centre. Je l'ai contournée d'abord. Puis j'ai posé le pied dedans, exprès. Ça a collé sous la plante.
Et une fois dans mon lit, dans le noir, à deux mètres d'un mur derrière lequel ma petite Léa dormait la chatte barbouillée, j'ai fini par me rendre. Je l'ai ressortie. J'ai fini lentement, sans imaginer un visage précis, j'ai joui comme un gamin de seize ans, en serrant les dents pour ne pas faire de bruit.
Le lendemain matin, elle est passée dans la cuisine en t-shirt trop grand. Les cheveux roux en pétard, les yeux encore gonflés de sommeil, les jambes nues.
Elle n'avait toujours pas pris de douche.
Il en restait. Des traînées sèches, blanches, craquelées, plaquées sur la peau pâle de l'intérieur des cuisses, à hauteur du genou, jusqu'au pli de l'aine. Des croûtes fines, un peu cartonnées, qu'on voyait très bien quand elle s'asseyait et que le t-shirt remontait. Elle s'est servi un café, s'est assise en face de moi, jambes légèrement écartées, et a commencé à boire.
Et elle m'a laissé regarder. Sans un mot. Trois secondes, quatre, cinq.
— Il revient vendredi.
J'ai avalé ma gorgée.
— D'accord.
Un silence. Elle a souri dans sa tasse, avec ses yeux verts par-dessus le bord, et elle a remonté un genou sur sa chaise, sans se cacher.
Et là, j'ai parlé. Pour la première fois depuis la veille. J'ai hoché le menton vers l'entrée, vers le carrelage de l'entrée, là-bas, où la chose avait séché en une auréole blanchâtre et cartonnée, et où personne n'avait passé la serpillière.
— Tu diras à ton gars de venir nettoyer ce qu'il a perdu.
Elle a éclaté de rire. Un vrai rire, franc, la tête en arrière, le genre de rire que je n'avais pas entendu dans cette cuisine depuis longtemps.
— Je lui dirai.
La flaque est restée trois jours. Aucun de nous deux n'a pris la serpillière.
J'ai hâte d'être vendredi...
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LeJojoDeMinuit
17 octobre 2026 à 16:53
C'est très bien écrit et on sent la tension qui va arrivée.

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