Derrière le cadre
Chapitre 2
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
Couverture de Derrière le cadre, par tounet777
Couverture de Derrière le cadre, par tounet777
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Derrière le cadre — Chapitre 2

28 minutes
113

Auteur

Photo de profil de tounet777
tounet777
Histoires publiées
82
Chapitres publiés
521
Abonnés
180
J'aime cumulés
6.7k

Derrière le cadre

Chapitre 2

Dans la pénombre de la pièce, les vêtements tombent un à un sur le parquet.
Mon souffle s’accélère à mesure que les corps se découvrent. Quand il ne reste plus que nos sous-vêtements, Mathis attrape ma main. Ses doigts glissent entre les miens, fermes, rassurants.
— Viens… suis-moi, murmure-t-il.
Il me guide vers la chambre. Une seule lampe de chevet brûle, ambrée, douce. Le lit est grand, les draps sombres. On s’y laisse tomber. Mathis se penche aussitôt sur moi et m’embrasse. Ce baiser n’a plus rien à voir avec les hésitations du salon. Il est plus profond, plus charnel. Sa langue vient chercher la mienne, lente, insistante. Un soupir m’échappe contre sa bouche. Mon corps entier frissonne.
Pourtant, quand il s’allonge contre moi, mon regard glisse malgré moi vers le bas. Sous son boxer sombre, son sexe est nettement dessiné, lourd, déjà à moitié dur. Une vague de panique me noue la gorge.
— M-Mathis…, bafouillé-je en m’écartant un peu, le visage en feu.
Je… je ne sais pas si je vais y arriver. C’est la toute première fois pour moi et…
Je jette un coup d’œil anxieux vers son entrejambe avant de replonger dans ses yeux.
— … j’ai tellement peur d’avoir super mal. Enfin… je veux dire… ça ne va jamais rentrer.
Mathis laisse échapper un petit rire doux, chaleureux, sans la moindre moquerie. Il dépose un baiser sur mon front, puis sur le bout de mon nez.
— Ne t’inquiète pas. Je te promets que je sais être tendre. Vraiment très tendre… On n’est pas sur un plateau ici. Pas de caméra, pas de chronomètre, pas de performance. C’est juste nous deux. C’est toi qui donnes le rythme. Et si tu as la moindre douleur, on arrête tout de suite. D’accord ?
Ses mots agissent comme un baume. Je hoche la tête. La tension quitte un peu mes épaules.
Mathis s’agenouille au-dessus de moi et me fait m’allonger complètement sur le dos. Il commence par m’embrasser le long du cou, puis descend. Ses lèvres parcourent ma clavicule, mon sternum, le creux de mon ventre. Chaque baiser est lent, appuyé. Quand il arrive au bord de mon boxer, il relève les yeux vers moi, cherchant mon accord. Je hoche encore la tête, la gorge sèche.
Il me tire le sous-vêtement avec douceur. Mon sexe, déjà dur malgré la peur, se libère. Mathis le regarde un instant, puis se penche et le prend dans sa bouche.
La sensation est… trop. Chaude. Humide. Sa langue tourne autour du gland, puis il descend plus bas, lentement, en me tenant les hanches pour m’empêcher de me cabrer trop fort. Un gémissement m’échappe. Mes doigts s’accrochent aux draps. Il suce avec une patience infinie, variant la pression, le rythme, s’arrêtant parfois pour déposer de petits baisers sur l’intérieur de mes cuisses.
Quand il se redresse, les lèvres brillantes, je le regarde, le souffle court.
— Je… je veux essayer aussi, je murmure.
Son regard s’assombrit d’envie. Il s’allonge sur le dos à mon tour et m’attire contre lui. J’hésite longuement avant de toucher son boxer. Mes doigts tremblent. Je le tire lentement vers le bas. Son sexe se dresse, énorme, épais, déjà luisant au bout. Je reste un moment figé, le regard rivé dessus. Puis, très doucement, j’approche ma main. Je le caresse d’abord du bout des doigts, à peine. Mathis laisse échapper un soupir profond, les yeux mi-clos.
— Oui… comme ça, Billy…
Encouragé, j’ose davantage. Ma paume s’enroule autour de lui, maladroite, trop légère. Il est brûlant, dur, et tellement plus grand que ce que ma main peut contenir. Je me penche, le cœur battant à tout rompre, et je pose mes lèvres sur le gland. Le goût est légèrement salé. Je prends juste le bout dans ma bouche, hésitant, puis j’essaie d’aller un peu plus loin. Mathis gémit bas, une de ses mains venant se poser dans mes cheveux sans forcer.
Pendant que je le suce avec maladresse et application, sa main libre glisse le long de mon dos, puis descend jusqu’à mes fesses. Il les caresse longuement, les écarte un peu, le pouce traçant des cercles lents. Puis j’entends le clic du flacon de lubrifiant. Ses doigts, chauds et glissants, reviennent. Il masse d’abord l’extérieur, avec une lenteur presque cruelle, avant d’introduire un premier doigt.
Je sursaute, mais il murmure aussitôt contre mon oreille :
— Respire… je vais tout doucement. Dis-moi si c’est trop.
Le doigt s’enfonce millimètre par millimètre. La sensation est étrange, envahissante, mais pas douloureuse. Il attend que je me détende avant d’ajouter un second doigt. Il me prépare avec une patience infinie, écartant, tournant, cherchant un angle qui me fait soudain gémir plus fort.
Quand il juge que je suis prêt, il retire ses doigts, s’installe entre mes cuisses et s’aligne. Son regard ne me quitte pas.
Mathis s’aligne entre mes cuisses. Son regard ne me quitte pas une seule seconde.
Il est juste au-dessus de moi, le front presque contre le mien, une main posée à côté de ma tête, l’autre guidant son sexe.
— Toujours d’accord ? murmure-t-il.
— Oui…, je souffle.
Il pousse.
Très lentement.
Le gland s’enfonce. La pression est immédiate, immense. Ça brûle. Un éclair de douleur me traverse le bas du ventre. Je retiens mon souffle, les yeux grands ouverts, les doigts crispés sur ses épaules.
Mathis s’immobilise aussitôt.
— Respire…, chuchote-t-il contre mes lèvres. Relâche… je suis là.
Il m’embrasse. Un baiser lent, profond, pendant qu’il reste parfaitement immobile en moi. Sa langue caresse la mienne, patiente, comme s’il voulait me distraire de la brûlure. Je m’accroche à ses épaules, le souffle court, le corps tendu.
— Ça fait mal…, j’arrive à dire d’une voix cassée.
— Je sais. Je sais. On va y aller tout doucement. Dis-moi quand tu es prêt.
Il reste ainsi plusieurs secondes, peut-être une minute entière, juste enfoncé du gland, sans bouger d’un millimètre. Ses lèvres ne quittent pas mon visage. Il m’embrasse les coins de la bouche, les paupières, le front, puis revient sur mes lèvres. Ses hanches restent parfaitement immobiles.
Quand je hoche enfin la tête, il avance d’un tout petit peu.
Encore.
La brûlure revient, plus sourde. Un gémissement de douleur m’échappe. Mathis s’arrête immédiatement, m’embrasse plus fort, une main venant caresser ma joue.
— Shh… regarde-moi. Regarde-moi, Billy.
Je force mes yeux à rester ouverts. Les siens sont sombres, concentrés, pleins d’une douceur presque douloureuse. Il avance encore d’un millimètre. Puis d’un autre. Chaque fois que mon corps se contracte, il s’immobilise et attend. Il m’embrasse. Il murmure contre ma bouche.
— Tu es si serré… putain…
— Respire avec moi…
— Je suis là. Je ne bougerai pas tant que tu ne me le diras pas.
Le temps s’étire. Je ne sais plus combien de minutes passent. Juste sa chaleur en moi, trop grande, trop présente, et ses yeux qui ne me quittent jamais. Petit à petit, la douleur change. Elle devient une pression sourde, puis une chaleur étirante. Quand enfin il est entièrement enfoncé, nos hanches se touchent. Nous restons parfaitement immobiles, le front contre le front, le souffle mêlé.
— Ça va ? demande-t-il tout bas.
— Oui… maintenant oui.
Il commence à bouger.
Des va-et-vient minuscules au début, presque imperceptibles. À chaque mouvement, il m’embrasse. À chaque fois que je gémis, il ralentit encore. Ses yeux restent accrochés aux miens. Je vois tout passer dans son regard : le contrôle qu’il s’impose, le plaisir qu’il retient, la tendresse.
— Mathis…, je gémis.
— Je suis là.
Les mouvements s’amplifient un peu. La douleur a complètement disparu. Il ne reste plus qu’une sensation d’être rempli, étiré, pris. Chaque fois qu’il s’enfonce jusqu’au bout, un son m’échappe, plus aigu, plus incontrôlé. Mathis gémit aussi, bas, rauque, contre ma bouche.
— Putain… t’es tellement chaud… tellement serré…
Il accélère très légèrement. Ses hanches ondulent avec une précision infinie. Une de ses mains glisse entre nous et s’enroule autour de mon sexe. Il me caresse en même temps qu’il me prend, le rythme parfait, synchronisé.
Je commence à gémir plus fort. Des sons que je ne me reconnais pas. Mathis les avale dans sa bouche, m’embrasse comme s’il voulait boire chacun de mes cris. Ses yeux restent ouverts. Les miens aussi. On se regarde pendant qu’il me pénètre, lentement, profondément, encore et encore.
— Mathis… j’y suis presque…
— Moi aussi… putain, moi aussi…
Ses mouvements deviennent un peu plus amples, mais restent contrôlés. Il s’enfonce jusqu’à la garde à chaque coup, un gémissement rauque lui échappant à chaque fois. Je sens son sexe palpiter en moi.
— Je vais… je vais jouir…, gronde-t-il contre mes lèvres.
— Oui… s’il te plaît…
Il s’enfonce une dernière fois, très profond, et se fige. Un long gémissement guttural lui échappe tandis qu’il jouit. Je le sens. Les secousses de son sexe en moi, les jets chauds qui me remplissent, encore et encore. Il jouit longtemps, le front pressé contre le mien, les yeux mi-clos de plaisir, le corps entier tremblant.
Quand les dernières vagues le quittent, il reste enfoncé en moi, le souffle court, et m’embrasse longuement. Puis, lentement, il se retire. Je sens son sperme couler un peu.
Il ne me laisse pas le temps de parler. Il descend entre mes cuisses, écarte mes jambes, et prend mon sexe dans sa bouche.
Je suis encore si sensible que le premier contact me fait crier. Mathis suce avec application, la langue large, humide, prenant tout. Une de ses mains vient masser doucement mes couilles pendant que l’autre caresse l’intérieur de ma cuisse. Je m’accroche à ses cheveux, les hanches qui se soulèvent malgré moi.
— Mathis… je…
Il ne s’arrête pas. Il accélère, suce plus fort, plus profond. Le plaisir monte trop vite. Je jouis avec un cri étouffé, le corps arqué, en le regardant. Mathis avale tout. Chaque jet. Sa gorge travaille autour de moi pendant que je me vide dans sa bouche. Il continue à sucer doucement jusqu’à ce que je sois complètement vidé, trop sensible, presque douloureux.
Puis il remonte le long de mon corps et s’effondre à côté de moi.
On reste allongés l’un contre l’autre, suants, le souffle encore irrégulier, les jambes entremêlées. Mathis passe un bras sous ma nuque et m’attire contre son torse. Je sens son cœur battre aussi fort que le mien.
Aucun de nous ne parle pendant un long moment.
Il se contente de m’embrasser le front, encore et encore, tandis que son sperme continue de couler un peu entre mes cuisses et que mon corps entier tremble encore des derniers échos du plaisir.
Dans la chaleur des draps, Mathis se redresse sur un coude. Il m’observe en silence pendant quelques secondes, une main posée sur mon ventre, le pouce traçant de petits cercles distraits.
— Il est super tard, Billy… Reste là cette nuit. On ira au studio ensemble demain matin.
Je suis trop fatigué, trop serein, trop bien pour même envisager de reprendre la route. Je hoche simplement la tête et me blottis contre son torse. Son bras se referme autour de moi. Je m’endors en écoutant les battements réguliers de son cœur.
Le lendemain, c’est l’odeur du café qui me tire du sommeil. Mathis entre dans la chambre, torse nu, un short de sport sur les hanches, un plateau à la main. Deux tasses fumantes. Il pose le plateau sur la table de nuit et me tend un t-shirt plié et un boxer propre.
— Tiens. Mets ça pour aujourd’hui.
Je m’assois, encore un peu engourdi, et grimace en me levant. Une douleur sourde, diffuse, me traverse le bas du dos et les fesses. Je pose instinctivement une main derrière ma cuisse. Mathis laisse échapper un petit rire étouffé.
— Ça va, la marche du cow-boy ?
— C’est pas drôle…, bougonné-je en rougissant.
Il s’approche, m’embrasse sur la joue, puis sur la commissure des lèvres.
— Si, un peu. Mais t’es mignon même en train de boiter.
Je lui donne un léger coup d’épaule, mais je souris malgré moi.
Dans la voiture, le trajet se passe dans une douce complicité. Mathis conduit d’une main, l’autre posée sur mon genou. De temps en temps, il me jette un regard en coin et sourit. Moi, je regarde par la fenêtre, le cœur encore un peu trop plein de la nuit précédente.
Dès qu’on pousse la porte d’Aphrodite Films, l’ambiance est électrique. Marlène arpentait le couloir, téléphone collé à l’oreille, l’autre main dans les cheveux.
— C’est pas vrai… Quel lâche ! Non mais tu te fous de ma gueule ou quoi ?!
Elle raccroche d’un geste sec et jure entre ses dents. Mathis s’approche.
— Un problème, Marlène ?
— Le type pour la scène du jeune livreur inexpérimenté vient d’annuler. À l’instant. C’est la scène clé de toute la production et on tourne dans deux heures. Je suis plantée.
Mathis pose une main contemplative sur son menton. Son regard glisse un instant vers moi, discret, puis il se penche vers Marlène.
— Viens dans ton bureau. J’ai peut-être une solution.
Ils disparaissent. Un quart d’heure s’écoule. Je reste dans le couloir, mal à l’aise, en train de tripoter la lanière de mon sac. Puis la voix de Marlène résonne :
— Billy ! Tu peux venir une seconde ?
Le bureau est petit, encombré de storyboards et de feuilles de service. Mathis est assis sur une chaise près de la fenêtre. Dès que je m’installe à côté de lui, il pose une main chaude et rassurante sur mon genou. Son pouce caresse doucement le tissu de mon jean.
Marlène s’assoit en face de nous, les avant-bras croisés sur le bureau.
— Billy. Je vais aller droit au but. Est-ce que tu accepterais de remplacer l’acteur pour le rôle du livreur ?
Le silence qui suit est total. Mon cœur fait un bond si violent que j’ai l’impression qu’il va sortir de ma poitrine.
— M-moi ?! Mais… non. Non, c’est impossible. Je suis stagiaire cadreur, je… je ne peux pas faire ça !
Ma voix tremble. Marlène ne se démonte pas.
— Écoute-moi. Il n’y aura personne sur le plateau. Juste toi, Mathis, et Marc au cadre. Rien de plus. Pas d’équipe, pas de figuration, pas de techniciens qui traînent. Tu connais déjà tout le monde. Tu joues avec Mathis. Tu seras en parfaite sécurité.
Mathis presse doucement mon genou.
— Tout va bien se passer, Billy. Je serai là avec toi.
La tête me tourne. Les murs du bureau semblent se rapprocher.
— Laissez-moi… laissez-moi juste quelques minutes pour réfléchir dehors. S’il vous plaît.
Marlène hoche la tête.
Je sors à grands pas sur le parking. L’air frais me frappe le visage. Mon esprit est en ébullition. Quelques secondes plus tard, Mathis me rejoint. Il me tend la main. Je la regarde, puis je la prends malgré moi.
— C’était ton idée, hein ? C’est toi qui lui as suggéré ça, lâché-je, un peu plus sec que je ne l’aurais voulu.
Mathis ne se justifie pas tout de suite. Il m’entraîne doucement dans l’angle calme du bâtiment, derrière une rangée de voitures, à l’abri des regards. Là, il me prend le visage entre ses mains et m’embrasse. Un baiser lent, profond, qui me coupe le souffle.
— Oui, c’était mon idée, chuchote-t-il contre mes lèvres. Parce que je sais à quel point tu es beau. Et parce que je te promets d’être infiniment doux. Tu n’as rien à craindre.
— Et si quelqu’un me reconnaît ? Si mes proches tombent dessus un jour ? Si… si ça se retrouve quelque part ?
Ma voix se brise un peu. Mathis me regarde droit dans les yeux.
— Le film est destiné à un circuit fermé, payant, très ciblé. Pas au grand public. Sous le maquillage, la coiffure, la lumière et le cadrage, personne ne te reconnaîtra si tu ne le dis pas. Marc saura filmer pour protéger ton visage autant que possible. Et sur le plateau… je serai avec toi. Je ne te lâcherai pas. Je serai doux. Comme hier soir. Même plus doux, si c’est possible.
On reste là presque une heure. Il me parle, me caresse les cheveux, m’embrasse par moments, répond à chacune de mes peurs avec calme et précision. Petit à petit, la panique laisse place à quelque chose d’autre. Une pointe d’excitation mêlée de lâcher-prise. Une confiance étrange.
Finalement, je hoche la tête.
— D’accord… je vais essayer.
Son sourire est si lumineux qu’il me fait presque mal.
On retourne dans le bureau. Marlène affiche un soulagement immense.
— Merci, Billy. Vraiment. Voilà comment on procède : la scène commence de manière très tendre, très timide. Toi, tu es le jeune livreur un peu perdu, gêné, qui découvre. Mathis prend le temps. Puis, sur la fin, il devra accélérer le rythme et y aller un peu plus fort. Ça te va ?
Je ravalé ma salive. Mon regard croise celui de Mathis. Il me fait un petit signe de tête rassurant.
— D’accord… je vais essayer.
— Parfait. File au maquillage et à l’habillage. Ils t’attendent pour te préparer.
Marlène se lève déjà, le téléphone à nouveau à l’oreille. Mathis me retient une seconde par le poignet, juste le temps de murmurer :
— Je serai là. Tout le temps.
Puis il me laisse partir vers les loges, le cœur battant si fort que j’entends le sang battre dans mes oreilles.
Dans la loge, la maquilleuse applique délicatement un pinceau de poudre mate sur mes joues. Elle travaille avec professionnalisme, sans un mot de trop, juste un sourire bienveillant de temps en temps. Je tiens la feuille de script entre mes doigts un peu moites. Trois répliques. C’est tout.
« Bonjour… j’ai un colis pour Monsieur… euh… c’est bien ici ? »
« Il faudrait une signature, s’il vous plaît. »
« Merci… bonne journée. »
Je les relis en boucle. Ma voix dans ma tête sonne fausse. La maquilleuse ajuste ma casquette de livreur, tire un peu sur mon polo bleu pour qu’il tombe mieux, vérifie que le short en toile n’est pas trop froissé.
— Respire, Billy. Tout va bien se passer.
Je hoche la tête sans vraiment y croire.
Quand j’arrive sur le plateau 2, mon cœur bat si fort que j’ai l’impression que tout le monde peut l’entendre. L’espace a été vidé. Seulement Marlène près des moniteurs, Marc derrière la caméra, et Mathis dans le décor du salon. Mathis porte une chemise en soie noire complètement ouverte sur son torse. Il me fait un clin d’œil discret.
Marc jette un œil dans le viseur, puis relève la tête vers moi. Un sourire satisfait étire ses lèvres.
— C’est parfait, Billy. Ne change rien. Ce malaise, cette timidité… c’est exactement ce qu’il faut pour le rôle. Tu n’as même pas besoin de jouer. Sois juste toi-même.
Marlène lève la main.
— Moteur… Action !
Je m’avance vers la fausse porte. Trois coups hésitants. La porte s’ouvre. Mathis apparaît, la chemise ouverte, le regard déjà chargé. Je déglutis difficilement.
— B-bonjour… J’ai un colis pour vous… Il faudrait une signature, s’il vous plaît.
Ma voix tremble pour de vrai. Je tends le colis factice sans oser vraiment le regarder.
— Entre donc, je t’en prie, répond Mathis d’une voix chaude, presque veloutée.
Je franchis le pas. Il referme doucement derrière moi. Le clic de la serrure résonne un peu trop fort dans le silence du plateau. Mathis s’approche. Il prend le stylo de mes mains, ses doigts effleurant les miens plus longtemps que nécessaire. Puis il retire ma casquette avec une lenteur calculée, libérant mes cheveux. Sa main se pose sur ma joue.
Et il m’embrasse.
La même douceur que la veille. Mes yeux se ferment malgré moi. J’oublie presque le moniteur, Marc, Marlène. Je réponds au baiser, maladroit au début, puis de plus en plus présent. Mathis approfondit, sa langue venant caresser la mienne. Un petit gémissement m’échappe. Il sourit contre ma bouche.
Il me guide vers le canapé du décor. M’y allonge avec précaution. Ses lèvres descendent le long de mon cou pendant qu’il défait mon polo. Chaque bouton qui s’ouvre me fait frissonner. Quand mon torse est nu, il s’attarde sur mes tétons, les suce doucement, tourne la langue autour. Je me cambre un peu, un soupir plus audible m’échappant.
Mathis descend encore. Il ouvre mon short, tire mon boxer vers le bas. Mon sexe, déjà dur, se libère. Il le regarde un instant, puis le prend dans sa bouche sans hésiter. La chaleur est immédiate. Sa langue tourne autour du gland, puis il descend plus bas, prenant presque tout. Je gémis plus fort, une main venant se poser dans ses cheveux. Il suce avec application, lentement au début, puis un peu plus vite, la salive brillant sur mon sexe chaque fois qu’il remonte.
Quand il se redresse, les lèvres humides, il me regarde droit dans les yeux pendant qu’il sort un flacon de lubrifiant du tiroir du décor (prévu pour la scène). Il en verse généreusement sur ses doigts, puis entre mes cuisses. Un premier doigt s’enfonce. Je sursaute légèrement, mais il m’embrasse pour m’occuper. Un deuxième doigt le rejoint rapidement. Il me prépare avec patience, écartant, tournant, cherchant l’angle qui me fait gémir plus fort.
— Prêt ? murmure-t-il contre mes lèvres, juste assez fort pour que le micro le prenne.
Je hoche la tête.
Il s’aligne et pousse. Lentement. Très lentement. Le gland s’enfonce, puis le reste, millimètre par millimètre. Je retiens mon souffle, les yeux grands ouverts, accrochés aux siens. Quand il est entièrement en moi, il s’immobilise et m’embrasse profondément.
Les premiers va-et-vient sont d’une douceur extrême. Mathis me regarde tout le temps. Ses hanches ondulent avec contrôle. Chaque fois qu’il s’enfonce jusqu’au bout, un gémissement m’échappe. Les miens d’abord étouffés, puis de plus en plus libres. Mathis gémit aussi, bas, rauque, contre mon oreille.
— T’es tellement serré… putain…
Il accélère un peu. Pas beaucoup. Juste assez pour que le plaisir monte. Mes jambes s’enroulent autour de sa taille. Mes ongles creusent son dos. Les sons qui sortent de ma bouche ne me ressemblent plus. Des gémissements aigus, des « ah… » brisés, des soupirs qui se transforment en vrais cris quand il trouve le bon angle.
Mathis se penche contre mon oreille, sa voix à peine un souffle, juste pour moi :
— Je vais y aller plus fort maintenant…
Il tient parole. Ses coups de reins deviennent plus amples, plus profonds, plus rapides. Le canapé grince. Je crie vraiment. Mathis gémit plus fort aussi, le front contre le mien, les yeux toujours ouverts. On se regarde pendant qu’il me prend. La peau claque. Le bruit de nos corps qui se rencontrent remplit le plateau.
— Je vais jouir…, gronde-t-il.
Il se retire brusquement. Son sexe, luisant, se pose contre mon entrée. Il se branle rapidement et jouit en longs jets épais sur mon trou, le sperme chaud qui coule le long de mes fesses. Puis, sans attendre, il se replace et s’enfonce à nouveau en moi d’un seul coup, poussant son sperme plus profond. Un dernier gémissement rauque lui échappe pendant qu’il finit de se vider à l’intérieur.
Il reste un moment enfoncé, le souffle court, avant de se retirer lentement. Puis il descend entre mes cuisses et prend mon sexe dans sa bouche. Je suis déjà à la limite. Deux, trois mouvements de langue suffisent. Je jouis avec un cri étouffé, les hanches soulevées, en le regardant avaler chaque goutte.
— Coupez ! C’est dans la boîte !
La voix de Marlène résonne. Le silence qui suit est presque brutal. Puis Marc se met à applaudir. Marlène aussi.
Mathis se redresse doucement, un immense sourire aux lèvres, et passe une main affectueuse dans mes cheveux en désordre.
— Tu as été incroyable, Billy. Vraiment.
Je suis encore essoufflé, le corps tremblant, le visage brûlant. Marlène s’approche du canapé, les yeux brillants.
— Je n’aurais jamais pensé obtenir une scène aussi réaliste. C’était… parfait. Vraiment. Ça va faire un tabac.
Elle me regarde avec un sourire sincère.
— Tu seras payé pour ça, évidemment. Et tu gardes ton poste de stagiaire, ça ne change rien. Mais pour le film… on va t’appeler Noa Velvet. Pour le côté doux et délicat. Ça te va ?
Je hoche la tête, encore un peu étourdi, incapable de former une phrase cohérente. Mathis me serre un peu plus fort contre lui, et pour la première fois depuis le début de la prise, je me permets de sourire vraiment.
Le stage s’achève sous les félicitations de Marlène. Elle me serre dans ses bras dans le couloir, un sourire sincère aux lèvres, et me dit que j’ai été bien plus qu’un stagiaire. Monsieur Journey, lui, m’attend dans son bureau quelques jours plus tard. Quand je lui raconte (en version très édulcorée) ce que j’ai appris techniquement, il hoche la tête avec fierté. Mon année est validée avec mention. Le diplôme de cinéma est dans ma poche. Je m’attendais à ce que ce soit la fin d’un chapitre. Je ne savais pas encore que ce n’était que le début.
Deux ans ont passé.
Deux ans depuis ce premier jour où j’ai poussé la porte d’Aphrodite Films le cœur battant et les mains moites. Deux ans depuis le coup de fil d’Horizon Productions qui m’avait détruit. Deux ans depuis que Mathis m’a regardé pour la première fois sur ce plateau, nu et intimidant, avant de devenir l’homme avec qui je partage tout.
Ce soir, nous sommes chez nous. L’appartement a changé un peu : plus de plantes, des photos de nous accrochées dans le couloir, un deuxième bureau près de la fenêtre où je regarde parfois les rushes. La lumière de la chambre est basse. Les draps sont encore chauds. On vient de faire l’amour. Lentement. Comme presque toujours. Mathis est allongé sur le dos, une main sous sa nuque, l’autre posée sur ma hanche. Moi, je suis nu contre son corps nu, la tête posée sur son torse, une jambe glissée entre les siennes. Sa peau est chaude. Je sens encore les battements de son cœur sous ma joue. Mon corps porte encore les marques de ses doigts, de sa bouche, de la façon dont il m’a pris tout à l’heure, profondément, en me regardant droit dans les yeux jusqu’à la fin.
Je trace distraitement des cercles sur son ventre avec un doigt. Il ne dit rien. Il attend. Il sait quand je suis dans ma tête.
Et ce soir, je suis profondément dans ma tête.
Si on m’avait dit, le jour où la porte du grand studio de longs-métrages s’est fermée au nez du jeune étudiant timide que j’étais, que mon salut viendrait d’un coup de téléphone embarrassé de Monsieur Journey, je n’y aurais jamais cru. J’aurais ri. Ou j’aurais eu peur. Probablement les deux. On passe tellement de temps à se construire des cages. Des cages faites d’a priori, de peur du jugement, de pudeur excessive, de l’idée que certaines portes sont trop sales pour qu’on les pousse, que certains univers sont trop éloignés de ce qu’on s’imagine digne. J’avais vingt-deux ans et j’étais convaincu que le cinéma digne de ce nom se résumait à des salles obscures, des dialogues savants et des plans-séquences parfaitement cadencés. Tout le reste n’était que compromission.
Et puis la vie m’a mis devant une autre porte. Une porte que j’ai poussée à contre-cœur, le ventre noué, persuadé que j’allais m’y perdre. Au lieu de ça, j’y ai trouvé un cadreur exigeant nommé Marc qui m’a respecté dès le premier jour. Une productrice nommée Marlène qui m’a traité comme un professionnel bien avant que je ne me sente digne de l’être. Et un homme nommé Mathis qui m’a regardé comme si j’étais déjà quelqu’un, même quand je ne savais pas encore qui j’étais.
Ce stage que personne ne voulait m’a appris bien plus que le cadrage ou la lumière. Il m’a appris à m’accepter. À ne pas juger un monde avant d’avoir rencontré les êtres humains qui le font vivre. À comprendre que derrière les apparences les plus dérangeantes peuvent se cacher des cœurs bienveillants, des vocations sincères, et des rencontres capables de changer toute une trajectoire. J’ai appris que la timidité n’est pas une faiblesse quand elle est accueillie avec douceur. Que le corps n’est pas honteux quand il est touché avec respect. Que l’amour peut naître dans l’endroit le plus inattendu, sous les projecteurs d’un plateau que j’aurais fui un an plus tôt.
Aujourd’hui, je suis chef opérateur aux côtés de Marlène. Je cadrage, j’éclaire, je décide. Et de temps en temps, quand le projet le demande et que Mathis est là, j’éteins le moniteur et je passe de l’autre côté de la caméra. Uniquement avec lui. Toujours avec lui. Nos scènes ont quelque chose que les autres n’ont pas : elles sont vraies. Le désir est réel. La tendresse est réelle. La façon dont je le regarde quand il est en moi, la façon dont il murmure mon vrai prénom entre deux prises, tout ça se voit. Les films marchent. Mieux que ce qu’on avait imaginé. Parce que les gens ressentent ce qu’il y a entre nous, même s’ils ne savent pas exactement quoi.
Mais le plus important n’est pas là.
Le plus important, c’est ce silence, ce soir, dans notre lit. C’est son bras autour de ma taille. C’est le goût de sa peau encore sur mes lèvres. C’est le fait que, deux ans plus tard, je n’ai plus peur. Ni de mon corps. Ni du regard des autres. Ni des chemins de traverse.
N’ayez jamais peur des portes qui se ferment. N’ayez jamais peur des détours qui vous semblent indignes ou trop éloignés de l’image que vous vous faites de vous-même. Parce que c’est souvent dans l’inattendu que se cachent les plus belles rencontres. Parce que l’amour, parfois, ne frappe pas là où on l’attend. Il frappe à la porte d’un studio de films pour adultes, un matin de juin, alors qu’on a encore le goût amer d’un rêve brisé dans la bouche. Et si on a le courage de pousser cette porte… on peut découvrir qu’on était exactement là où on devait être.
Je relève un peu la tête. Mathis me regarde. Il sourit, ce sourire un peu de travers que je connais par cœur maintenant.
— T’es encore en train de philosopher, Noa Velvet ? murmure-t-il en glissant une mèche de cheveux derrière mon oreille.
Je ris doucement contre sa peau.
— Un peu.
Il m’attire plus près, jusqu’à ce que nos fronts se touchent. Sa main descend le long de mon dos, lente, possessive, tendre.
— Tant que tu philosophies collé à moi, je te laisse faire.
Je referme les yeux. Son cœur bat sous ma joue. Le mien répond. Dehors, la ville continue. Dedans, tout est exactement à sa place.
Et pour la première fois de ma vie, je n’ai plus besoin de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit.
Fin.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Gras
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
Ce livre ne comporte pas de suite.

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ MorganeStories On a fini par se revoir ... XSTORY
On a fini par se revoir ...
Chapitre 3
Par MorganeStories
227
1
7.3k
Hétéro
✦ Kaoru Dono Matt, un ami qui aurait pu être plus... XSTORY
Matt, un ami qui aurait pu être plus...
Chapitre 1
Par
129
13
9.5k
Hétéro
✦ LissyLisha Nos retrouvailles à l’hôtel XSTORY
Nos retrouvailles à l’hôtel
Chapitre 1
Par
71
1
6.1k
Hétéro
✦ CharlotteCoquina L’abandon de Charlotte XSTORY
L’abandon de Charlotte
Chapitre 1
Par CharlotteCoquina
102
5
6.5k
Hétéro
✦ tounet777 L'éleveur de chèvres XSTORY
L'éleveur de chèvres
Chapitre 5
Par tounet777
79
8
6.2k
Gays
✦ Libre Cissy La découverte de ma sexualité XSTORY
La découverte de ma sexualité
Chapitre 1
Par
225
2
18k
Hétéro
✦ Mrnestpasla Vivre, tout simplement XSTORY
Vivre, tout simplement
Chapitre 3
Par Mrnestpasla
75
6
3.7k
Hétéro
✦ nevaterra Et tout bascule XSTORY
Et tout bascule
Chapitre 1
Par nevaterra
40
2
6.6k
Gays
✦ Lindadu38 Découverte en solitaire XSTORY
Découverte en solitaire
Chapitre 3
Par Lindadu38
49
3
6.6k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio