Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Occupé — Chapitre 2 · Le piège de l'homme (ivre)
Auteur
Occupé
Chapitre 2 · Le piège de l'homme (ivre)
Fin du chapitre précédent, Sophie :
— (Sophie : ) Pendant que ta femme se fait baiser à l'étage, tu tombes en panne ? C'est triste. Tu sais… j'ai retourné une pancarte, à l'instant. On a une chambre, rien que pour nous. Et moi, j'ai très envie de toi. Ce soir. Maintenant, même. Alors arrête de picoler, de fumer, et viens avec moi, j'en ai tellement envie.
« Décidément, se dit John. Elle choisit toujours le bon moment, celle-là. »
Il tira sur sa cigarette et la contempla un moment. Ce corps, ces yeux, ces seins, cette assurance, ce désir… N’importe quand, il aurait dit oui… mais là, il fallait qu’il avale, qu’il digère. Tout son désir pour elle était parti en fumée. Non, il n’avait pas la tête à ça. Pas maintenant. Pas cette nuit. Pas avec elle, qui ressemblait tellement à Laure. « D’abord, je vais boire un peu… beaucoup… », pensa-t-il.
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Suite de l'histoire :
« Il faut que je réfléchisse… Je dois laisser la porte ouverte », pensa-t-il.
— Pas tout de suite, Sophie. Je fais une pause.
— … D'accord.
La déception passa dans ses yeux, vite masquée par un sourire de circonstances.
— Tant pis pour toi et pour moi. Je ne coucherai pas avec un autre homme que toi cette nuit. Demain, je rentrerai frustrée ou pleine de toi. Je reste entièrement à ta disposition. Quand tu seras prêt, je serai dans la salle principale, vraisemblablement au bar. Et je te le redis : j'ai vraiment très envie de toi.
— Je sais, moi aussi. Maintenant, laisse-moi tranquille.
Elle s'éloigna en balançant des hanches, déçue mais pas offusquée. John termina sa cigarette en silence, puis regarda la bouteille.
« Boire pour oublier, ce n'est pas ton style, John. Boire pour dormir, non plus. »
Il déversa une bonne partie du whisky dans l'herbe, garda juste de quoi parfumer son haleine, et rentra discrètement. Il se laissa tomber dans un canapé du salon, la bouteille vide pendue aux doigts, la tête basse, les yeux mi-clos. La posture parfaite de l'homme ivre.
Il n'attendit pas longtemps. Deux voix familières s'approchèrent, s'arrêtant à quelques mètres de lui.
— Regarde-le, murmura Patrick avec une pointe de satisfaction. Tu vois, chérie ? On aura notre nuit. Il préfère picoler plutôt que de baiser.
— C'est pas son genre, ça, répondit Laure, la voix inquiète. Pourquoi aurait-il bu comme un trou au lieu de s'amuser ?
— T'inquiète pas pour lui, ma belle. Viens, on va faire l'amour.
— J'ai encore envie de toi, Patrick, ça c'est sûr, et tu le sais… mais je n'aime pas ça, chéri. Tu crois qu'il a des soupçons ? Qu'il nous a entendus, tout à l'heure ?
— Tu crois franchement qu'il a écouté à toutes les portes des chambres, qu'il a passé en revue toutes les alcôves ? Pour lui, je suis un de tes amants qui vient te baiser devant lui de temps en temps, parce que ça l'excite, parce qu'il adore te voir jouir sous mes coups de reins. Tu es ici pour t'envoyer en l'air, tout comme lui, tout comme moi. Et quand il est là, aucun mot doux, que du sexe, il ne se doute de rien, ma chérie.
— … Oui. Oui, je pense que t'as raison, chéri.
— T'as envie de moi, j'ai envie de toi. Viens, mon cœur.
— Moi aussi, mon amour, j'ai envie de toi, mais…
— Allez, viens. Il a préféré abuser du whisky plutôt que des femmes, c'est son droit. Et puis… sens comme je bande pour toi, ma chérie.
Un silence. John devina Laure contre Patrick, ce contact qu'il connaissait par cœur.
— C’est vrai, mon amour, souffla-t-elle. C’est l’occasion, après tout. Et puis, il n’avait qu’à pas picoler comme ça. Depuis le temps que j’attends de passer une nuit avec toi…
Leurs pas s'éloignèrent vers l'escalier. John, immobile, la bouteille vide toujours à la main, attendit un moment.
« Une nuit entière… sous ce toit. Bien, ma chérie. Tant mieux pour toi. Moi aussi, je vais m'amuser, ce soir. »
Quelques instants plus tard, Sophie s'approcha du canapé où John semblait dormir, la bouteille vide toujours à la main. Elle s'accroupit près de lui, posa une main douce sur son épaule. Elle croyait qu'il dormait, qu'il était ivre, mais lui parla quand même :
— Tu m'expliques, toi ? Pourquoi tu t'es saoulé comme ça, un soir pareil ? Moi, j'ai tellement envie de toi, tu comprends ?
John ouvrit un œil, un œil parfaitement lucide, et leva un doigt vers ses lèvres.
— Chut.
Elle se figea. Il balaya la salle du regard : ici un couple s'enlaçait dans un fauteuil, là des corps se reposaient enlacés sur les canapés. Laure, elle, n'était nulle part : elle était forcément dans une chambre à l'étage.
Il se redressa sans un bruit et murmura à l'oreille de Sophie :
— Je ne suis pas saoul. Pas une goutte. Enfin presque.
— Alors tu jouais la comédie, pendant que je me morfondais ?
— Viens.
Elle le suivit jusqu'à une alcôve libre. Il tira le rideau derrière eux. « Occupé. »
Dans la pénombre rouge du velours, Sophie se retourna vers lui.
— Alors ? Pourquoi tout ce cinéma ?
— Demain. Ou plus tard. Là tout de suite, j'ai autre chose en tête.
Il l’embrassa. Longuement, profondément, et Sophie comprit qu’elle n’obtiendrait rien de plus pour l’instant et que, franchement, elle s’en fichait.
John était un amant à la lenteur insolente. Ses mains caressèrent chaque recoin de son corps, ses lèvres et sa langue dessinèrent sur sa peau désormais nue une carte que personne n'avait jamais tracée avec autant d'application.
Puis il s'attarda sur sa chatte, longuement, avant que Sophie ne reprenne les rênes en lui offrant une fellation dont elle avait le secret. « Encore meilleure que Laure », se dit John, savourant cette bouche qui le prenait entièrement malgré ses dimensions imposantes.
Puis John la pénétra en missionnaire, tout en l'embrassant ou en la regardant, lentement, profondément. Elle était accrochée à lui comme un koala à sa branche. Il la retourna afin de la prendre avec plus de violence en levrette, tout en lui disant des mots doux qu'elle lui renvoyait avec beaucoup de plaisir. Les sensations montèrent, et Sophie jouit une première fois, intensément, étouffant son cri dans l'oreiller.
Après quelques minutes, Sophie reprit les rênes en le reprenant en bouche tout en lui caressant les couilles et le torse, pour le faire durcir à nouveau, ce qui ne tarda pas. Une fois bien dur, elle le chevaucha, le laissant peloter ses gros seins, puis s'affala sur lui pour l'embrasser langoureusement, tandis que John continuait ses mouvements, la plaquant contre lui.
Ils se retrouvèrent en position de la cuillère, John une main sur un de ses seins, Sophie un bras autour de sa nuque, et c'est dans cette position que les deux jouirent simultanément. « L'attente a été très bien payée, ça valait le coup », se dit-elle.
Ils restèrent enlacés, les corps moites et apaisés. John embrassa sa nuque, son épaule, ses lèvres, dans une tendresse qui surprit Sophie autant que le reste.
— Tu es plein de surprises ce soir, souffla-t-elle.
— Dors, murmura-t-il en l'attirant contre lui. Dors, ma belle.
Ils s'endormirent là, bercés par les rares soupirs qui flottaient encore dans la villa.
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Le lendemain, le jour filtrait à peine à travers les rideaux quand Sophie rouvrit les yeux, lovée contre John. Elle leva la tête vers lui.
— Bonjour, chéri… toi, mon amant, mon mâle, mon homme, je ne sais pas comment t'appeler… Quelle nuit ! J'ai adoré… quel pied… Mais maintenant, je veux savoir pourquoi tu as simulé ton ivresse ?
John contempla le plafond un moment, puis se décida.
— Parce que Laure couche avec Patrick. Pas seulement devant moi. Ils couchent ensemble, tout court. Une vraie relation.
— Ah ! Sophie se redressa sur un coude. Ce n'est pas que du…
— Du sexe, non. C'est ce que je redoutais. Hier soir, je les ai suivis, écoutés à la porte pendant qu'ils faisaient l'amour, je dis bien l'amour. Et ce qu'ils disaient, ce n'était pas les mots qu'on utilise pendant un plan cul. Des petits noms, des mots tendres. Elle ne voulait pas passer la nuit avec lui, parce qu'elle avait peur que je l'apprenne.
— Et alors, la comédie de la cuite ?
— Quand tu es venue me voir dans le jardin, je réfléchissais. J'avais vraiment envie de te suivre, crois-moi. Mais d'un autre côté, je sentais que je devais faire autre chose. C'est là que j'ai eu cette idée. Elle ne voulait pas passer la nuit avec lui, mais elle le voulait. Donc, peut-être qu'elle viendrait me chercher, ou pas. Avec lui ou sans lui. Peut-être qu'elle viendrait vérifier. Comment allait-elle réagir en me voyant ivre mort ? Je sais, ça fait beaucoup de peut-être et de suppositions, mais je me suis dit que ça valait le coup d'essayer. Ils m'ont vu, ils ont discuté en me croyant ivre mort, et ils sont montés. Confirmation totale.
Sophie resta un instant silencieuse, fascinée malgré elle.
— Donc elle est restée avec lui toute la nuit, et toi… tu étais avec moi. Ce n'était pas juste pour te consoler, j'espère ?
— Pour me consoler, pour me venger, et surtout pour passer une bonne nuit avec toi. Et je ne le regrette pas, bien au contraire.
— Moi aussi, j'ai adoré. Je t'ai toujours apprécié. Et maintenant que je sais que tu es un très bon amant… Non, je ne dirai rien de plus car tu es marié et je ne suis pas une briseuse de couple… Et maintenant ? Tu comptes en faire quoi, de ta confirmation totale ?
John caressa la hanche de Sophie, un demi-sourire aux lèvres.
— Ça, ma belle… c'est justement la question. J'ai envie, besoin d'un peu de spectacle. Sens-toi vraiment libre dans ton choix. En aucun cas je ne t'en voudrais. Option 1 : tu ne me suis pas du tout. Option 2 : tu me suis uniquement pour le spectacle. Option 3 : tu me suis peut-être même au-delà du spectacle.
— C'est quoi, ton option 3 précisément ? Car j'hésite entre la deuxième et la troisième.
— …
— (En souriant) Option 2 sans hésiter et avec beaucoup de plaisir. (En chuchotant) Et avec un énorme droit de tester l'option 3, souffla-t-elle.
Ils sortirent de l'alcôve sans se cacher. Contrairement aux habitudes de ce genre de soirées, ils s'affichèrent comme un vrai couple. Pas de Laure, pas de Patrick. Ils prirent uniquement un yaourt liquide et un café. Pour l'instant du moins. John s'installa dans un fauteuil et Sophie s'installa sur ses genoux. Elle se lova contre lui, l'embrassa dans le cou, le caressa sans pudeur, montrant ainsi à la pièce entière qu'ils avaient passé la nuit ensemble.
Peu à peu, les survivants de la nuit descendaient vers le buffet. Patrick surgit à son tour, fraîchement douché, l'air détendu d'un homme qui a bien dormi. Il croisa le regard du couple, hésita une fraction de seconde… puis traversa le salon comme si de rien n'était et se servit un café au buffet.
« T'es pas très fier, hein, l'étalon ? pensa John en le regardant du coin de l'œil. On n'ose pas s'afficher ? »
Ce fut Laure qui se fit attendre. Au moins vingt minutes de plus. Et quand elle descendit enfin… ce n'était pas avec Patrick. Un autre homme la précédait, l'air satisfait. John sentit quelque chose se tordre en lui. Pas la surprise, non. Plutôt une confirmation de plus. « Elle s'est levée tôt pour rejoindre un autre lit ? Ou c'est pour me faire croire qu'elle n'a pas passé la nuit avec Patrick ? Finalement, je m'en fous. »
Puis Laure aperçut Sophie sur les genoux de son mari, et son visage se figea. Elle traversa le salon, raide comme la justice et rapide comme l'éclair.
— Sophie. Tu peux dégager des genoux de mon mari ?
— Laure, calme-toi, intervint John d'une voix étonnamment tranquille. Sophie reste là où elle est.
— Mais pourquoi tu m'appelles par mon prénom ? Je suis ta femme, mon chéri.
— Non. Tu es désormais une connaissance.
Laure écarquilla les yeux, comme frappée par un uppercut qu'elle n'avait pas vu venir. Son regard passa de John à Sophie, puis revint à John, cherchant l'issue, et n'en trouva aucune.
— Deux nouveaux couples se sont formés cette nuit, poursuivit John, posément. Laure et Patrick, qui, d'ailleurs, n'osent pas s'afficher. Et Sophie et John, qui, eux, en revanche, osent s'afficher.
— Mais c'est moi, ta femme, chéri ! balbutia Laure en brandissant sa main gauche, l'alliance visible. Regarde !
John prit la main tendue, l'examina avec indifférence, puis déclara :
— Effectivement, je vois que tu es mariée. Mais pas à moi.
Et il lui tendit sa propre main gauche, ouverte, nue. Pas d'alliance. Laure la dévora des yeux, et sa respiration se coupa net. Elle comprit tout de suite qu'avec John, c'était fini.
— Patrick ! s'écria-t-elle en pivotant. Patrick !
Elle tourna en rond, cherchant son amant des yeux. Le buffet. Les fauteuils. L'escalier. Pas de Patrick. L'étalon s'était volatilisé.
— Il est parti, dit Sophie d'une voix mielleuse. Je l'ai vu filer avec un couple, vers une des chambres. Bien occupé, le garçon.
Puis, se tournant vers John avec un sourire triomphal, elle replaça une mèche de ses cheveux blonds et murmura, assez fort pour que Laure entende :
— On remet ça, mon chéri ? Ta grosse queue me manque déjà.
Laure s'effondra. Le coup de trop. Elle se laissa glisser dans un fauteuil, la tête dans les mains, secouée de sanglots muets. Plus un mot ne sortit de sa bouche. Juste des larmes, beaucoup de larmes, pendant que la salle, polie, détournait les regards.
John la contempla un instant, sans triomphe, sans joie. Juste une froide tristesse.
— Tu n'as pas perdu ton mariage cette nuit, ma chérie. Tu l'as perdu il y a des semaines. Moi, je l'ai juste enterré ce matin.
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