Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Je dis la vérité ! — Chapitre 1
Auteure
Je dis la vérité !
Chapitre 1
Dès qu’il entre dans la maison, je me jette sur lui. Mes lèvres sur les siennes. Pas de verrou à enclencher. Je suis sur lui. Son manteau s’étale au sol. Sa veste est déjà à moitié ouverte.
— Clara, murmure-t-il contre moi avec ce rire dans la voix que j’aime tant.
Je ne lui réponds pas, dans mon empressement. Mes mains tâtonnent sur le bouton de son pantalon. Mes baisers sont humides, avides, tout en langue. J’ai besoin de lui. Je ne suis plus la gentille femme qu’il a rencontrée au café. Je suis celle qui gémit dans sa bouche lorsque je touche la ligne dure dans son pantalon. J’exprime mon désir de façon brute, sans filtre.
Un bruit métallique nous surprend.
— Putain de merde, entendons-nous.
Je me détache à regret de ses lèvres. J’appuie mon front contre la clavicule de Clément pour reprendre ma respiration, toujours saccadée. Je cherche du regard l’origine du bruit.
C’est Sarah. Elle est figée, les yeux grands ouverts. Une main est plaquée sur sa bouche. Maya est un pas derrière, avec ses cheveux bouclés formant un nuage sombre autour de son visage. Elles sont toutes les deux choquées. Elles ne me fixent pas. Elles détaillent Clément, surtout les endroits où nos peaux se rencontrent. Là où ses grandes mains sont posées possessivement sur mon corps.
La lumière vacille. Il faut vraiment que je pense à changer l’ampoule avant qu’elle ne lâche définitivement. Cela a le mérite de me faire reprendre pied dans la réalité.
— Vous êtes en avance, je souffle sans bouger de ma place collée à Clément.
Ma voix est plus basse que d’habitude, toujours pleine de ce désir non consommé.
— Tu as dit : après neuf heures. Il est neuf heures vingt-deux, m’explique Sarah.
— On s’est laissé emporter, ressens-je le besoin de me justifier.
— On s’est laissé emporter, ressens-je le besoin de me justifier.
Je me dégage des bras de mon homme, juste assez pour me tourner complètement vers mes amies. Je ne cherche pas à remettre mes vêtements en place. Elles vont devoir se faire à la situation. Je leur présente Clément, qui hoche la tête, l’air détaché.
Sarah plisse des yeux. Elle a passé les dernières semaines à décortiquer tout ce que je disais. Elle avait tout qualifié de mises en scène, de fantasmes inventés par une fille qui n’a jamais connu un orgasme. Elle s’est même moquée du prénom de monsieur. À présent, elle l’observe.
Ses muscles sont visibles. Sa posture assurée. Il a cette façon plus ou moins discrète de poser le regard sans cesse sur moi. Il me fait sentir que je suis la seule chose qui vaut la peine d’être regardée. Il me donne confiance en moi.
Sarah est clairement choquée et cela me rend particulièrement heureuse.
— Alors tu existes vraiment, s’exclame Maya avec une pointe d’amertume, comme s’il lui était difficile d’accepter qu’elle ait eu tort.
— À ma connaissance, répond-il en s’adossant au mur, parfaitement à l’aise dans le chaos ambiant.
— À ma connaissance, répond-il en s’adossant au mur, parfaitement à l’aise dans le chaos ambiant.
Que cette sensation de victoire est douce et savoureuse. C’est là la preuve de ma bonne foi. J’adore voir Sarah tenter de tout comprendre. Je peux voir les rouages de son cerveau fonctionner frénétiquement. Elle tente de concilier sa vision de moi « naïve » et la vision qu’elle a maintenant sous les yeux. J’en profite pour enlacer mes doigts à ceux de Clément.
— Bon ! La pizza doit être froide, annonce Sarah, comme pour reprendre contenance et surtout le contrôle de la situation.
— On va la réchauffer, déclare-je pour couper court à toute remarque.
— On va la réchauffer, déclare-je pour couper court à toute remarque.
J’adore les voir déstabilisées. Avant de m’éloigner vers le salon-cuisine, j’en profite pour attirer le visage de monsieur contre le mien. Ce baiser est plus lent, plus délibéré. C’est une démonstration de propriété. J’en souris contre ses lèvres, tellement heureuse de le faire devant elles.
Clément me retient quand je veux partir. Sarah et Maya s’avancent dans l’appartement. Elles ont toujours cette attitude, celle de sembler être les propriétaires des lieux. Il écarte doucement une mèche de cheveux qui s’est égarée sur mon visage, avant de déposer un chaste baiser sur ma joue.
— C’était le plan, n’est-ce pas ? murmure-t-il en caressant ma mâchoire.
Je hoche la tête. Ma bravade disparaît face à cet instant d’intimité. Il lit trop bien en moi.
— Elles ne m’ont pas crue. Sarah pensait que je mentais pour me rendre moins… pathétique, lui révèle-je.
Il rit. Son regard parcourt mon visage, qui doit être tout rouge. Il est concentré, mais chaleureux, comme s’il y avait trouvé la réponse qu’il cherchait.
— Tu es bien des choses, Clara, mais pas pathétique, affirme-t-il.
— Veux-tu toujours faire ça ? Sous leurs yeux…
— Veux-tu toujours faire ça ? Sous leurs yeux…
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