Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Trois en un — Chapitre 3 · L’étincelle
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Autrice
Trois en un
Chapitre 3 · L’étincelle
Le lendemain soir, la chaleur était revenue.
Pas la chaleur étouffante de la canicule - celle, plus sournoise, d'un mois de septembre qui refuse de céder la place à l'automne. L'air vibrait au-dessus des toits de la Croix-Rousse, et la lumière rasante du crépuscule découpait des rectangles orange sur le parquet du salon.
Pas la chaleur étouffante de la canicule - celle, plus sournoise, d'un mois de septembre qui refuse de céder la place à l'automne. L'air vibrait au-dessus des toits de la Croix-Rousse, et la lumière rasante du crépuscule découpait des rectangles orange sur le parquet du salon.
Clémentine était allongée sur le canapé.
Sa robe de la veille traînait quelque part dans sa chambre - elle ne l'avait pas remise. Trop habillée. Trop de coutures, de poids, de barrières entre sa peau et l'air libre. À la place, elle portait un short en jean coupé aux ciseaux, si court que les poches dépassaient sous l'ourlet effiloché, et un débardeur blanc dont une bretelle glissait sur son épaule. Pas de soutien-gorge - les mamelons pointaient sous le coton, deux ombres roses qui se devinaient à chaque mouvement de sa respiration.
Sa robe de la veille traînait quelque part dans sa chambre - elle ne l'avait pas remise. Trop habillée. Trop de coutures, de poids, de barrières entre sa peau et l'air libre. À la place, elle portait un short en jean coupé aux ciseaux, si court que les poches dépassaient sous l'ourlet effiloché, et un débardeur blanc dont une bretelle glissait sur son épaule. Pas de soutien-gorge - les mamelons pointaient sous le coton, deux ombres roses qui se devinaient à chaque mouvement de sa respiration.
Ses pieds nus étaient posés sur l'accoudoir, et ses orteils s'écartaient en éventail, comme les doigts d'une main paresseuse. Dans sa main droite, un éventail en papier - chiné dans une brocante, imprimé de fleurs japonaises - qu'elle agitait mollement devant son visage.
— On crève, déclara-t-elle.
Astride leva les yeux du carnet qu'elle tenait sur ses genoux. Assise à l'autre bout du canapé, jambes repliées sous elle, elle portait une nuisette en satin bleu pâle qui lui arrivait à mi-cuisse. Le tissu brillait doucement dans la lumière déclinante, et la bretelle gauche avait glissé elle aussi - un mimétisme involontaire qui fit sourire Clémentine.
— On ne crève pas, répondit Astride. On transpire. C'est élégant.
— Élégant. Clémentine répéta le mot avec une moue dubitative. « J'ai la raie des fesses qui colle au canapé. Ce n'est pas ma définition de l'élégance. »
— Élégant. Clémentine répéta le mot avec une moue dubitative. « J'ai la raie des fesses qui colle au canapé. Ce n'est pas ma définition de l'élégance. »
Astride rit - un petit rire bref qui découvrit ses dents et fit briller ses yeux noisette. Depuis la veille, quelque chose avait changé dans sa façon d'être. Ses épaules étaient plus basses, moins crispées vers les oreilles comme si elle portait encore le poids du regard parental. Sa voix avait gagné un demi-ton de gravité, et ses silences étaient plus habités, moins gênés.
Elle referma son carnet - un Moleskine noir aux coins usés - et le glissa sous un coussin.
Elle referma son carnet - un Moleskine noir aux coins usés - et le glissa sous un coussin.
— Tu écris quoi ? demanda Clémentine.
— Rien.
— Menteuse.
— Rien.
— Menteuse.
Astride soutint son regard une seconde, puis baissa les yeux. Sa rougeur caractéristique remonta le long de son cou, mais cette fois, elle ne chercha pas à la cacher.
— Des trucs sur hier soir.
— Montre.
— Montre.
Clémentine tendit la main, l'éventail toujours en mouvement dans l'autre. Ses doigts remuaient dans l'air chaud comme des algues sous l'eau.
— C'est personnel.
— Justement.
— Justement.
Un silence. L'éventail continuait de battre, brassant l'air moite qui sentait la pierre chauffée et le jasmin de la terrasse. Puis Astride se pencha, attrapa le carnet, et le tendit à Clémentine avec la lenteur solennelle d'une offrande.
— Lis à voix haute, dit Clémentine en ouvrant le Moleskine. Je veux entendre ta voix dire tes mots.
Astride reprit le carnet. Ses doigts tremblaient un peu, mais sa voix, quand elle commença à lire, était ferme - une voix de gorge, plus grave que ce qu'on aurait attendu d'une silhouette aussi menue.
— Hier soir, j'ai senti son doigt en moi pendant que le métal me remplissait. Je ne savais pas qu'on pouvait être pleine de deux côtés à la fois. Je ne savais pas que le désir pouvait être une géographie - des territoires à explorer, des frontières à franchir. Je ne savais pas que j'étais capable de ça.
Elle s'arrêta. Leva les yeux vers Clémentine.
— Je continue ?
— Continue.
— Continue.
Les lèvres de Clémentine étaient entrouvertes. L'éventail s'était immobilisé dans sa main droite, suspendu en plein mouvement comme un oiseau frappé en vol.
— Sa queue était contre ma cuisse, reprit Astride. Chaude. Vivante. Elle palpitait comme un animal effrayé, et c'est moi qui la tenais, moi qui décidais de la pression, du rythme, de la caresse. Pendant vingt ans, on m'a appris à être sage. Hier soir, j'ai appris que la sagesse était une prison.
Elle referma le carnet d'un coup sec.
Clémentine ne bougeait pas. Ses yeux marron étaient fixés sur Astride avec une intensité presque douloureuse, comme si elle voyait quelque chose qu'elle n'avait jamais vu auparavant - ou peut-être quelque chose qu'elle avait toujours cherché sans le trouver.
Clémentine ne bougeait pas. Ses yeux marron étaient fixés sur Astride avec une intensité presque douloureuse, comme si elle voyait quelque chose qu'elle n'avait jamais vu auparavant - ou peut-être quelque chose qu'elle avait toujours cherché sans le trouver.
— Putain, Astride.
C'était tout ce qu'elle trouvait à dire. Mais le ton - ce mélange d'admiration et de désir brut -valait tous les compliments du monde.
— C'est toi qui m'as poussée, répondit Astride. Toi et Benoît.
Le prénom de Benoît flotta dans l'air un instant, comme une note de musique qu'on n'aurait pas fini de jouer. Les deux femmes se regardèrent, et dans ce regard passa le souvenir de la veille - les mains de Benoît sur les hanches d'Astride, sa queue tendue vers le ciel, le cri qu'elle avait poussé quand il l'avait touchée.
— Il est à l'entraînement, dit Clémentine. Rugby. Il rentre vers vingt-deux heures.
— Je sais. Il me l'a dit ce matin, dans la cuisine.
— Il t'a parlé ?
— Je sais. Il me l'a dit ce matin, dans la cuisine.
— Il t'a parlé ?
Un étonnement sincère dans la voix de Clémentine. Astride hocha la tête.
— On a bu un café ensemble. Il m'a demandé si ça allait. Si je regrettais quelque chose.
Clémentine se redressa sur le canapé, les pieds enfin posés sur le parquet. Le short en jean remonta encore, découvrant le haut de ses cuisses bronzées.
— Et toi, tu as répondu quoi ?
— Que je ne regrettais rien. Que je voulais plus.
— Que je ne regrettais rien. Que je voulais plus.
Un sourire étira les lèvres de Clémentine - pas le sourire carnassier de la veille, mais quelque chose de plus nuancé, presque vulnérable.
— T'as changé en une nuit.
— Non. Astride secoua la tête. « Je n'ai pas changé. J'ai enlevé quelque chose. Un masque. Une carapace. Comme toi t'enlèves ta robe le soir. »
— Non. Astride secoua la tête. « Je n'ai pas changé. J'ai enlevé quelque chose. Un masque. Une carapace. Comme toi t'enlèves ta robe le soir. »
Clémentine se leva du canapé. Le short en jean suivit le mouvement, et ses pieds nus frappèrent le parquet avec un bruit mat. Elle s'approcha de la fenêtre, s'accouda au rebord, et son regard se perdit sur les toits de la Croix-Rousse.
— Hier, j'ai tout contrôlé, dit-elle. Tout ordonné. J'ai tenu les rênes du début à la fin.
Elle marqua une pause. Ses doigts tapotaient le rebord de la fenêtre.
— Mais je ne me suis pas touchée, Astride. Pas une seule fois. Je suis rentrée dans ma chambre, je me suis allongée sur mon lit, et j'ai gardé les mains à plat sur le matelas. J'ai écouté le silence de l'appartement. J'ai pensé à vous deux. À ta façon de gémir quand Benoît appuyait sur le plug. À la tête de Benoît quand t'as pris sa queue dans ta main.
Elle se retourna. La lumière du couchant l'enveloppait, découpait sa silhouette en contre-jour, et le débardeur blanc devenait presque transparent.
— Je n'ai pas dormi de la nuit. Je me suis retenue de jouir exprès. Pour que le désir reste là, intact, comme une faim qu'on n'assouvit pas tout de suite.
Astride s'était levée à son tour. La nuisette en satin ondulait autour de ses cuisses, et ses pieds nus s'enfonçaient dans les rainures du parquet. Elle traversa la distance qui la séparait de Clémentine - cinq pas, peut-être six, mais qui lui parurent aussi longs que le voyage depuis Annecy - et s'arrêta à quelques centimètres d'elle.
— Et maintenant ? demanda-t-elle. Maintenant qu'on est seules ?
Clémentine ne répondit pas avec des mots.
Sa main droite se leva, paume ouverte, doigts légèrement écartés, et vint se poser sur la joue d'Astride. Un geste qui semblait avoir été répété cent fois dans sa tête - la pulpe des doigts qui effleurait les taches de rousseur, le pouce qui caressait la pommette, la paume qui épousait la courbe de la mâchoire.
La peau d'Astride était douce. Plus douce que tout ce que Clémentine avait imaginé - une douceur de satin tiède, à peine moite de transpiration, qui contrastait avec le cal de ses propres doigts.
Sa main droite se leva, paume ouverte, doigts légèrement écartés, et vint se poser sur la joue d'Astride. Un geste qui semblait avoir été répété cent fois dans sa tête - la pulpe des doigts qui effleurait les taches de rousseur, le pouce qui caressait la pommette, la paume qui épousait la courbe de la mâchoire.
La peau d'Astride était douce. Plus douce que tout ce que Clémentine avait imaginé - une douceur de satin tiède, à peine moite de transpiration, qui contrastait avec le cal de ses propres doigts.
— Maintenant, murmura Clémentine, je vais t'embrasser.
Elle le fit.
Sa bouche se posa sur celle d'Astride avec une lenteur calculée - pas d'urgence, pas de précipitation. Juste le contact de deux paires de lèvres qui se découvraient. Celles de Clémentine étaient plus charnues, plus chaudes, légèrement gercées par le soleil. Celles d'Astride étaient fines et pulpeuses à la fois, et elles tremblaient un peu au début, comme si elles ne savaient pas encore comment répondre.
Puis Astride entrouvrit la bouche.
Sa langue glissa entre les lèvres de Clémentine, timide d'abord, puis plus assurée, et le goût de l'autre femme envahit sa bouche - un goût de rosé et de dentifrice mentholé, quelque chose de frais et d'alcoolisé à la fois. Les doigts de Clémentine s'enfoncèrent dans ses cheveux châtains, tirèrent légèrement sa tête en arrière, et le baiser s'approfondit.
Sa bouche se posa sur celle d'Astride avec une lenteur calculée - pas d'urgence, pas de précipitation. Juste le contact de deux paires de lèvres qui se découvraient. Celles de Clémentine étaient plus charnues, plus chaudes, légèrement gercées par le soleil. Celles d'Astride étaient fines et pulpeuses à la fois, et elles tremblaient un peu au début, comme si elles ne savaient pas encore comment répondre.
Puis Astride entrouvrit la bouche.
Sa langue glissa entre les lèvres de Clémentine, timide d'abord, puis plus assurée, et le goût de l'autre femme envahit sa bouche - un goût de rosé et de dentifrice mentholé, quelque chose de frais et d'alcoolisé à la fois. Les doigts de Clémentine s'enfoncèrent dans ses cheveux châtains, tirèrent légèrement sa tête en arrière, et le baiser s'approfondit.
— T'embrasses bien, souffla Clémentine contre sa bouche.
— Je n'ai jamais embrassé une fille avant.
— T'es sûre ?
— Je n'ai jamais embrassé une fille avant.
— T'es sûre ?
Astride rit - ce même petit rire nerveux, mais transformé maintenant, teinté d'une assurance nouvelle.
— Sûre. Mais j'ai beaucoup imaginé.
Les mains d'Astride, qui étaient restées collées le long de son corps, remontèrent lentement le long des bras de Clémentine. Elles effleurèrent ses avant-bras bronzés, ses biceps tendus, ses épaules rondes où la peau était constellée de quelques taches de rousseur. Puis elles glissèrent sous les bretelles du débardeur, et le tissu céda - une bretelle, puis l'autre, et le vêtement tomba en cascade sur le sol.
Les seins de Clémentine étaient exactement comme Astride les avait imaginés : fermes et ronds, avec des mamelons larges, rose foncé, qui durcissaient sous ses yeux. L'aréole était plissée par l'excitation, et quand Astride posa sa paume sur le sein gauche, elle sentit le mamelon se contracter contre sa peau.
Les seins de Clémentine étaient exactement comme Astride les avait imaginés : fermes et ronds, avec des mamelons larges, rose foncé, qui durcissaient sous ses yeux. L'aréole était plissée par l'excitation, et quand Astride posa sa paume sur le sein gauche, elle sentit le mamelon se contracter contre sa peau.
— Ils sont beaux, murmura-t-elle.
— Touche-les.
— Touche-les.
Astride obéit. Ses doigts malaxèrent la chair ferme, en épousèrent le galbe, et son pouce frôla le mamelon avec une lenteur qui arracha un gémissement à Clémentine - un son rauque, guttural, qui venait du fond de sa gorge.
— Pince-les, ordonna Clémentine. Doucement d'abord, puis plus fort.
Les doigts d'Astride se refermèrent sur le mamelon et le pincèrent. Clémentine gémit de nouveau, plus fort cette fois, et sa tête bascula en arrière. Ses cheveux blonds balayèrent ses omoplates, et sa colonne vertébrale se cambra - un arc tendu entre ses fesses et sa nuque, une offrande silencieuse.
— Plus fort, haleta-t-elle.
— Comme ça ?
— Oui. Putain, oui.
— Comme ça ?
— Oui. Putain, oui.
Astride pinça l'autre mamelon en même temps, et cette fois, Clémentine cria - un cri bref, presque animal, qui résonna contre les murs de pierre du salon. Ses cuisses se serrèrent l'une contre l'autre, et dans le short en jean coupé, la cyprine commença à perler, formant une tache sombre qui s'élargissait sur le tissu.
— Déshabille-moi, dit Clémentine.
Les doigts d'Astride quittèrent ses seins à regret et descendirent le long de son ventre - un ventre plat, musclé, où la sueur avait commencé à tracer des sillons brillants. Ils trouvèrent le bouton du short, le défirent, et le jean glissa sur les hanches, découvrant une culotte blanche en coton.
Blanche. Simple. Presque innocente.
Mais quand Astride la fit descendre le long des cuisses, elle vit ce qu'elle avait déjà vu la veille sur sa propre culotte : des traînées de cyprine translucide qui luisaient dans la lumière du crépuscule, des fils de soie qui reliaient encore le tissu aux lèvres intimes de Clémentine.
Blanche. Simple. Presque innocente.
Mais quand Astride la fit descendre le long des cuisses, elle vit ce qu'elle avait déjà vu la veille sur sa propre culotte : des traînées de cyprine translucide qui luisaient dans la lumière du crépuscule, des fils de soie qui reliaient encore le tissu aux lèvres intimes de Clémentine.
— Tu mouilles autant que moi, murmura Astride.
Clémentine attrapa son poignet et y pressa ses lèvres. Un baiser sec, presque brutal.
— Regarde ce que tu me fais.
Elle guida la main d'Astride entre ses cuisses. Les doigts effleurèrent d'abord les poils - un triangle touffu, plus fourni que celui d'Astride, d'un blond foncé qui frisait légèrement - puis ils plongèrent entre les lèvres externes.
La chaleur était indescriptible. Une fournaise humide qui engloutit les doigts d'Astride, les recouvrit de cyprine, les aspira presque à l'intérieur de cette chatte offerte. Les lèvres externes de Clémentine étaient épaisses, charnues, d'un rose violacé qu'Astride devinait plus qu'elle ne le voyait dans la pénombre. Les lèvres internes pendaient, longues et souples, et le clitoris - ce fameux clitoris dont Clémentine lui avait parlé - était gros et saillant, un petit bouton gonflé qui émergeait de son capuchon comme un bourgeon prêt à éclore.
La chaleur était indescriptible. Une fournaise humide qui engloutit les doigts d'Astride, les recouvrit de cyprine, les aspira presque à l'intérieur de cette chatte offerte. Les lèvres externes de Clémentine étaient épaisses, charnues, d'un rose violacé qu'Astride devinait plus qu'elle ne le voyait dans la pénombre. Les lèvres internes pendaient, longues et souples, et le clitoris - ce fameux clitoris dont Clémentine lui avait parlé - était gros et saillant, un petit bouton gonflé qui émergeait de son capuchon comme un bourgeon prêt à éclore.
— Caresse-le, souffla Clémentine. Le clito. Vas-y.
Astride obéit. Son index traça des cercles autour du clitoris, et Clémentine émit un grognement sourd. Ses mains agrippèrent les épaules d'Astride, et ses ongles s'y enfoncèrent.
— Plus vite.
Le doigt accéléra. La cyprine coulait maintenant le long des doigts d'Astride, glissait entre ses phalanges, gouttait sur le parquet. Le bruit était obscène - un clapotis mouillé, régulier, qui emplissait le salon silencieux. À chaque passage du doigt sur le clitoris, Clémentine tressaillait, et son bassin ondulait pour accompagner le mouvement.
— Arrête.
La voix de Clémentine était rauque, méconnaissable. Astride suspendit son geste, les doigts encore posés sur le clitoris palpitant.
— Pas comme ça. Je veux… je veux qu'on se lèche. En même temps.
Elle haletait, la poitrine soulevée par une respiration saccadée. Ses seins se balançaient doucement, et les mamelons, pincés tout à l'heure, étaient maintenant d'un rouge profond, presque violet.
— Soixante-neuf ? demanda Astride.
— Ouais. Mais pas sur le lit. Ici. Contre le mur.
— Ouais. Mais pas sur le lit. Ici. Contre le mur.
Clémentine attrapa la main d'Astride et la tira vers le mur de pierre apparente, près de la fenêtre. La surface était rugueuse, irrégulière, encore tiède de la chaleur du jour.
— À genoux, dit-elle.
Astride s'agenouilla sur le parquet. Le bois gémit sous son poids, et la fraîcheur du plancher contredisait la chaleur qui irradiait de son ventre. Clémentine resta debout une seconde - dominante, sculpturale dans la lumière déclinante - puis elle s'agenouilla à son tour, face à Astride.
— Allonge-toi sur le dos.
Astride obéit. Les lattes du parquet s'enfoncèrent dans ses omoplates, et la pierre du mur était froide contre sa nuque - un contraste saisissant avec la moiteur de sa chatte, avec le feu qui couvait dans son bassin. Sa nuisette en satin était remontée sur son ventre, dévoilant sa culotte en coton blanc.
— Enlève-la, dit Clémentine. La nuisette.
Astride se redressa sur les coudes et fit glisser le vêtement par-dessus sa tête. Le satin bleu pâle s'envola et retomba en corolle sur le parquet. Ses seins étaient maintenant nus - petits et ronds, avec une asymétrie qu'elle avait toujours trouvée gênante mais que Clémentine contemplait avec une admiration non dissimulée. Les mamelons étaient rose pâle, presque translucides, et ils durcissaient à vue d'œil sous le regard de l'autre femme.
— T'es magnifique, murmura Clémentine. Vraiment.
Elle se pencha et embrassa le sein gauche d'Astride. Sa langue traça un cercle autour du mamelon, puis ses lèvres l'aspirèrent doucement. Astride gémit, et ses doigts s'enfoncèrent dans les cheveux blonds de Clémentine.
— Maintenant, à mon tour, dit Clémentine en relevant la tête. Je vais m'allonger sur toi. Mais à l'envers.
Le mouvement était complexe - deux corps qui s'ajustaient, des jambes qui s'entremêlaient, des coudes qui cherchaient leur place. Mais quand Clémentine fut en position, sa tête entre les cuisses d'Astride et sa propre chatte au-dessus du visage de cette dernière, tout devint évident.
L'odeur frappa Astride la première.
Une odeur de cyprine, de sueur, de désir - quelque chose de salé et de doux à la fois, légèrement acidulé, comme un fruit mûr qu'on aurait laissé au soleil trop longtemps. Les lèvres externes de Clémentine étaient juste au-dessus de sa bouche, gonflées, luisantes de mouille, et une goutte de cyprine s'en détacha pour tomber sur sa lèvre inférieure.
Astride tira la langue. La goutte roula sur sa langue, et le goût explosa dans sa bouche - salé, métallique, avec une note sucrée qui persistait en arrière-plan. Elle avait imaginé ce goût cent fois, dans le secret de sa chambre, le visage enfoui dans l'oreiller. La réalité était mille fois plus intense.
L'odeur frappa Astride la première.
Une odeur de cyprine, de sueur, de désir - quelque chose de salé et de doux à la fois, légèrement acidulé, comme un fruit mûr qu'on aurait laissé au soleil trop longtemps. Les lèvres externes de Clémentine étaient juste au-dessus de sa bouche, gonflées, luisantes de mouille, et une goutte de cyprine s'en détacha pour tomber sur sa lèvre inférieure.
Astride tira la langue. La goutte roula sur sa langue, et le goût explosa dans sa bouche - salé, métallique, avec une note sucrée qui persistait en arrière-plan. Elle avait imaginé ce goût cent fois, dans le secret de sa chambre, le visage enfoui dans l'oreiller. La réalité était mille fois plus intense.
— Lèche-moi, ordonna Clémentine.
Sa voix vibra contre l'intérieur des cuisses d'Astride, et cette dernière sentit le souffle chaud de Clémentine caresser sa propre chatte à travers le coton de sa culotte.
Astride obéit. Sa langue s'enfonça entre les lèvres externes de Clémentine, et elle lécha - un mouvement large, de bas en haut, qui partait de l'entrée du vagin et remontait jusqu'au clitoris. La cyprine coulait dans sa bouche comme un miel tiède, filant entre ses dents, enduisant ses lèvres, son menton, ses joues.
Astride obéit. Sa langue s'enfonça entre les lèvres externes de Clémentine, et elle lécha - un mouvement large, de bas en haut, qui partait de l'entrée du vagin et remontait jusqu'au clitoris. La cyprine coulait dans sa bouche comme un miel tiède, filant entre ses dents, enduisant ses lèvres, son menton, ses joues.
— Oh putain, oui, gémit Clémentine. Continue.
Sa propre langue se mit au travail. Elle écarta la culotte d'Astride et plongea entre les lèvres intimes de sa colocataire - ces lèvres plus petites que les siennes, plus roses, avec des replis délicats qui s'ouvraient comme les pétales d'une fleur. Le clitoris d'Astride était minuscule, un bouton à peine visible que Clémentine chercha du bout de la langue avant de le trouver, blotti sous son capuchon.
Quand elle le toucha, Astride cria.
Un cri long, modulé, qui partait du grave et montait dans l'aigu - un cri de pur plaisir qui lui échappa avant qu'elle puisse le retenir. Son bassin se souleva du parquet, et ses cuisses se refermèrent autour de la tête de Clémentine.
Quand elle le toucha, Astride cria.
Un cri long, modulé, qui partait du grave et montait dans l'aigu - un cri de pur plaisir qui lui échappa avant qu'elle puisse le retenir. Son bassin se souleva du parquet, et ses cuisses se refermèrent autour de la tête de Clémentine.
— Ne t'arrête pas, supplia-t-elle. S'il te plaît, Clémentine, ne t'arrête pas.
Clémentine ne s'arrêta pas. Sa langue tournait autour du clito d'Astride, le tiraillait, l'aspirait entre ses lèvres avec une précision qui venait de l'expérience - elle savait exactement quelle pression exercer, quel rythme adopter, quand accélérer et quand ralentir. Sa cyprine à elle coulait dans la bouche d'Astride, et celle-ci la lapait avec une avidité croissante, oubliant sa timidité, oubliant les années de répression, oubliant tout sauf ce goût, cette chaleur, cette langue qui la dévorait.
— Tes doigts, haleta Clémentine.
Astride obéit sans réfléchir. Sa main droite quitta la hanche de Clémentine et glissa entre ses cuisses. Elle trouva l'entrée du vagin - une fente étroite, serrée, qui palpitait sous ses doigts - et y enfonça son index.
La sensation était inouïe. Les parois vaginales de Clémentine se contractèrent autour de son doigt, l'aspirèrent plus profondément, et quand elle ajouta son majeur, elle sentit les muscles se dilater pour l'accueillir. La cyprine ruisselait sur sa main, poissait ses doigts, coulait jusqu'à son poignet.
La sensation était inouïe. Les parois vaginales de Clémentine se contractèrent autour de son doigt, l'aspirèrent plus profondément, et quand elle ajouta son majeur, elle sentit les muscles se dilater pour l'accueillir. La cyprine ruisselait sur sa main, poissait ses doigts, coulait jusqu'à son poignet.
— Plus profond, grogna Clémentine. Et lèche-moi en même temps.
Astride continua son double mouvement - langue sur le clito, doigts dans la chatte - et Clémentine se mit à trembler. Ses cuisses, de chaque côté du visage d'Astride, étaient parcourues de spasmes, et sa respiration devenait hachée, irrégulière.
— Je vais jouir, haleta-t-elle. Astride, je vais…
Elle ne finit pas sa phrase. L'orgasme la submergea - une vague qui partait de son ventre et se répercutait dans ses jambes, dans ses bras, dans sa nuque cambrée. Ses doigts agrippèrent les cuisses d'Astride, et ses ongles s'y enfoncèrent, laissant des marques en demi-lune sur la peau pâle. Un flot de cyprine jaillit de sa chatte, inonda le menton d'Astride, coula dans son cou, et la jeune femme continua de boire, de lécher, d'avaler tout ce que le corps de Clémentine lui offrait.
Puis ce fut son tour.
Quand les contractions de Clémentine s'apaisèrent, sa langue redoubla d'ardeur sur le clito d'Astride. Elle avait gardé ses doigts en elle - deux doigts maintenant, qui allaient et venaient dans son vagin serré - et elle sentait l'orgasme monter chez sa partenaire. Les parois vaginales se crispaient autour de ses phalanges, le clitoris gonflait sous sa langue, et la respiration d'Astride se bloquait dans sa gorge.
Quand les contractions de Clémentine s'apaisèrent, sa langue redoubla d'ardeur sur le clito d'Astride. Elle avait gardé ses doigts en elle - deux doigts maintenant, qui allaient et venaient dans son vagin serré - et elle sentait l'orgasme monter chez sa partenaire. Les parois vaginales se crispaient autour de ses phalanges, le clitoris gonflait sous sa langue, et la respiration d'Astride se bloquait dans sa gorge.
Astride ne criait pas. Elle pleurait.
Des larmes silencieuses qui roulaient sur ses tempes et se perdaient dans ses cheveux châtains - des larmes de joie, de libération, de gratitude immense. Son corps tout entier était secoué de spasmes, et sa cyprine coulait dans la bouche de Clémentine, plus abondante que tout ce qu'elle avait connu auparavant. C'était comme si vingt ans de retenue s'évacuaient d'un coup, par cette fente minuscule, sur la langue de cette femme qui la dévorait avec une tendresse féroce.
Des larmes silencieuses qui roulaient sur ses tempes et se perdaient dans ses cheveux châtains - des larmes de joie, de libération, de gratitude immense. Son corps tout entier était secoué de spasmes, et sa cyprine coulait dans la bouche de Clémentine, plus abondante que tout ce qu'elle avait connu auparavant. C'était comme si vingt ans de retenue s'évacuaient d'un coup, par cette fente minuscule, sur la langue de cette femme qui la dévorait avec une tendresse féroce.
— Je t'aime, murmura-t-elle sans réfléchir. Je crois que je t'aime.
Clémentine releva la tête. Son visage luisait de cyprine - ses lèvres, ses joues, jusqu'à la pointe de son nez. Elle rampa sur le parquet pour se hisser à hauteur d'Astride, et leurs fronts se touchèrent.
— Moi aussi, dit-elle. Toi et Benoît. Tous les deux.
Elles restèrent ainsi de longues minutes, allongées sur le parquet qui grinçait, nues et trempées de sueur et de cyprine, les membres emmêlés, les souffles qui ralentissaient peu à peu. La lumière du crépuscule avait cédé la place à l'obscurité, et seul le lampadaire de la rue éclairait le salon par intermittence.
Puis Clémentine se releva. Ses jambes tremblaient encore, et elle dut s'appuyer au mur de pierre pour ne pas tomber.
Puis Clémentine se releva. Ses jambes tremblaient encore, et elle dut s'appuyer au mur de pierre pour ne pas tomber.
— Viens, dit-elle. On va se nettoyer avant que Benoît rentre.
Elles prirent une douche ensemble dans la salle de bain des filles.
La pièce était étroite, carrelée de mosaïque bleue, et la vapeur ne tarda pas à embuer le miroir au-dessus de la double vasque. L'eau chaude ruisselait sur leurs corps encore frémissants, emportait la cyprine, la sueur, les traces de larmes. Clémentine lava les cheveux d'Astride, massant son cuir chevelu avec des gestes lents et circulaires qui arrachaient des soupirs de bien-être à la jeune femme.
La pièce était étroite, carrelée de mosaïque bleue, et la vapeur ne tarda pas à embuer le miroir au-dessus de la double vasque. L'eau chaude ruisselait sur leurs corps encore frémissants, emportait la cyprine, la sueur, les traces de larmes. Clémentine lava les cheveux d'Astride, massant son cuir chevelu avec des gestes lents et circulaires qui arrachaient des soupirs de bien-être à la jeune femme.
— T'as déjà fait ça avec une fille ? demanda Astride.
— Quelques fois. Rien de sérieux. Des aventures.
— Quelques fois. Rien de sérieux. Des aventures.
Elle marqua une pause, les doigts toujours dans les cheveux d'Astride.
— Mais jamais comme ça. Jamais avec cette intensité.
Astride se retourna sous le jet d'eau, et leurs seins se frôlèrent - les petits seins asymétriques contre les seins ronds et fermes, les mamelons roses contre les mamelons bruns.
— Et avec Benoît ? demanda-t-elle. T'as déjà… ?
— Non. Clémentine secoua la tête, faisant voler des gouttelettes d'eau autour d'elle. « Pas encore. Mais hier soir, quand j'ai vu sa queue… quand je t'ai vue la toucher… »
— Non. Clémentine secoua la tête, faisant voler des gouttelettes d'eau autour d'elle. « Pas encore. Mais hier soir, quand j'ai vu sa queue… quand je t'ai vue la toucher… »
Elle ferma les yeux. L'eau continuait de couler sur son visage, sur ses épaules, sur ses seins.
— J'ai failli abandonner mon rôle de meneuse et vous rejoindre. J'ai failli m'agenouiller et la prendre dans ma bouche. Mais je me suis retenue.
— Pourquoi ? demanda Astride.
— Parce que je veux que ce soit parfait. Parce que je veux qu'on y aille tous les trois, ensemble, au même rythme.
— Pourquoi ? demanda Astride.
— Parce que je veux que ce soit parfait. Parce que je veux qu'on y aille tous les trois, ensemble, au même rythme.
Elle rouvrit les yeux et planta son regard dans celui d'Astride.
— Tu comprends ?
Astride hocha la tête. Ses doigts remontèrent le long du ventre de Clémentine, effleurèrent ses côtes, s'arrêtèrent juste sous ses seins.
— Je comprends. Mais ce soir, quand Benoît rentrera… qu'est-ce qu'on fait ?
Clémentine sourit. Ce sourire carnassier qu'Astride commençait à connaître et à aimer - ce sourire qui disait qu'elle avait un plan, qu'elle contrôlait tout, qu'elle savait exactement où elle allait.
— Ce soir, on l'accueille.
Quand elles sortirent de la douche, l'horloge du salon affichait vingt-et-une heures quarante-cinq. Elles avaient le temps, mais à peine.
Clémentine enfila un peignoir en éponge blanc, le seul qu'elle possédait - un peignoir trop grand pour elle, qui bâillait sur sa poitrine et laissait voir la naissance de ses seins. Astride opta pour une grande chemise en lin beige, piquée dans l'armoire de Benoît. Le tissu rêche contrastait avec la douceur de sa peau encore humide, et l'odeur de Benoît imprégnait le col - un mélange de savon et de quelque chose de plus animal, cette odeur masculine qu'elle avait senti la veille en descendant l'escalier derrière lui.
Elles s'installèrent sur le canapé, dans la pénombre du salon éclairé seulement par un lampadaire à l'abat-jour orange. Pas de guirlandes ce soir - Clémentine les avait laissées sur la terrasse, et personne n'avait eu le courage d'aller les décrocher.
Clémentine enfila un peignoir en éponge blanc, le seul qu'elle possédait - un peignoir trop grand pour elle, qui bâillait sur sa poitrine et laissait voir la naissance de ses seins. Astride opta pour une grande chemise en lin beige, piquée dans l'armoire de Benoît. Le tissu rêche contrastait avec la douceur de sa peau encore humide, et l'odeur de Benoît imprégnait le col - un mélange de savon et de quelque chose de plus animal, cette odeur masculine qu'elle avait senti la veille en descendant l'escalier derrière lui.
Elles s'installèrent sur le canapé, dans la pénombre du salon éclairé seulement par un lampadaire à l'abat-jour orange. Pas de guirlandes ce soir - Clémentine les avait laissées sur la terrasse, et personne n'avait eu le courage d'aller les décrocher.
— On lui dit tout ? demanda Astride, lovée contre l'accoudoir.
— On ne lui dit rien. On le laisse deviner.
— On ne lui dit rien. On le laisse deviner.
Clémentine attrapa la bouteille de rosé entamée sur la table basse et emplit deux verres. Le vin était frais - elle l'avait mis au réfrigérateur avant la douche - et les verres s'embuèrent instantanément.
— T'es sûre qu'il va bien réagir ? insista Astride.
— Benoît ? Clémentine but une gorgée. « Il t'a doigté hier soir sous mes ordres. Il bandait comme un taureau. Crois-moi, il va très bien réagir. »
— Benoît ? Clémentine but une gorgée. « Il t'a doigté hier soir sous mes ordres. Il bandait comme un taureau. Crois-moi, il va très bien réagir. »
Le bruit de la clé dans la serrure résonna dans l'entrée.
Vingt-deux heures précises.
Les deux femmes échangèrent un regard. Clémentine posa son verre sur la table basse, et Astride fit de même - leurs gestes étaient synchronisés, comme si elles avaient répété cette scène. Le peignoir de Clémentine glissa un peu sur son épaule, dévoilant la courbe de son sein gauche. La chemise de Benoît, sur Astride, était partiellement déboutonnée - assez pour qu'on devine ses petits seins sous le lin, assez pour que l'ombre de ses mamelons se dessine en transparence.
Vingt-deux heures précises.
Les deux femmes échangèrent un regard. Clémentine posa son verre sur la table basse, et Astride fit de même - leurs gestes étaient synchronisés, comme si elles avaient répété cette scène. Le peignoir de Clémentine glissa un peu sur son épaule, dévoilant la courbe de son sein gauche. La chemise de Benoît, sur Astride, était partiellement déboutonnée - assez pour qu'on devine ses petits seins sous le lin, assez pour que l'ombre de ses mamelons se dessine en transparence.
La porte s'ouvrit.
Benoît entra dans le salon, son sac de sport sur l'épaule, et s'arrêta net.
Ses yeux firent le tour de la pièce - le peignoir de Clémentine, la chemise en lin qu'il reconnut immédiatement comme la sienne, les joues encore rouges d'Astride, l'odeur qui flottait dans l'air. Pas seulement l'odeur du vin et du jasmin. Quelque chose d'autre. Une odeur de cyprine et de sueur que la douche n'avait pas entièrement effacée, un musc discret qui s'accrochait aux meubles et aux rideaux.
Benoît entra dans le salon, son sac de sport sur l'épaule, et s'arrêta net.
Ses yeux firent le tour de la pièce - le peignoir de Clémentine, la chemise en lin qu'il reconnut immédiatement comme la sienne, les joues encore rouges d'Astride, l'odeur qui flottait dans l'air. Pas seulement l'odeur du vin et du jasmin. Quelque chose d'autre. Une odeur de cyprine et de sueur que la douche n'avait pas entièrement effacée, un musc discret qui s'accrochait aux meubles et aux rideaux.
— Bonsoir, dit Clémentine.
Un seul mot. Mais chargé de tout ce qu'elle ne disait pas - l'ironie, la provocation, l'invitation muette.
Benoît posa son sac sur le parquet. Le bruit mat du cuir contre le bois résonna dans le silence du salon. Il était encore en tenue de rugby - short noir moulant, maillot trempé de sueur qui collait à son torse, chaussettes montantes maculées de boue. Ses cheveux bruns étaient plaqués sur son front, et sa barbe de trois jours luisait de transpiration.
Benoît posa son sac sur le parquet. Le bruit mat du cuir contre le bois résonna dans le silence du salon. Il était encore en tenue de rugby - short noir moulant, maillot trempé de sueur qui collait à son torse, chaussettes montantes maculées de boue. Ses cheveux bruns étaient plaqués sur son front, et sa barbe de trois jours luisait de transpiration.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il.
Sa voix était rauque. Pas seulement à cause de l'effort - il y avait autre chose, une tension qui vibrait sous les mots, une intuition qu'il n'arrivait pas encore à formuler.
— Pourquoi tu demandes ? fit Clémentine en remontant la bretelle de son peignoir d'un geste faussement distrait.
— Parce que vous avez l'air… différentes.
— Parce que vous avez l'air… différentes.
Il s'avança dans le salon. Le parquet grinçait sous ses crampons - il ne les avait même pas enlevés, lui qui était si méticuleux d'habitude. Il s'arrêta devant le canapé, dominant les deux femmes de toute sa hauteur. La sueur gouttait encore de ses tempes, roulait dans son cou, disparaissait sous le col du maillot.
— Vous avez couché ensemble, dit-il.
Ce n'était pas une question. Le ton était neutre, presque plat, mais ses poings s'étaient crispés le long de son corps, et ses jointures avaient blanchi.
— Pas couché, corrigea Clémentine. Pas de pénétration. On a juste… goûté.
Le mot - goûté - claqua dans l'air comme un coup de fouet. Benoît accusa le coup, mais ne baissa pas les yeux. Il regardait alternativement Clémentine et Astride, et dans ce regard, il y avait tout un kaléidoscope d'émotions : de la jalousie, oui, une jalousie ambiguë qui lui tordait l'estomac, mais aussi du désir, une bouffée de chaleur qui montait de son bas-ventre, et quelque chose d'autre encore - une espèce de bonheur étrange, presque douloureux, à l'idée que ces deux femmes qu'il désirait se désiraient aussi entre elles.
— T'es en colère ? demanda Astride d'une voix timide.
— Je ne sais pas. Benoît secoua la tête. « Je ne sais pas ce que je suis. »
— Je ne sais pas. Benoît secoua la tête. « Je ne sais pas ce que je suis. »
Clémentine se leva du canapé. Le peignoir blanc s'entrouvrit sur sa poitrine, dévoilant la naissance de ses seins, et elle s'approcha de Benoît jusqu'à ce que leurs corps se touchent presque. Il sentit son odeur - savon, shampoing, et en dessous, ce musc de cyprine que l'eau n'avait pas tout à fait emporté.
— T'es excité, dit-elle. T'es jaloux. T'es heureux. T'es tout ça en même temps.
Elle posa une main à plat sur son torse, là où le maillot trempé laissait voir la toison brune. Les battements du cœur de Benoît cognaient contre sa paume - un rythme rapide, irrégulier, qui contredisait son calme apparent.
— Et puis t'es en train de bander, ajouta-t-elle en baissant les yeux vers le short de rugby. Je me trompe ?
Benoît ne répondit pas. Sa respiration s'était accélérée, et son érection tendait le tissu du short, formant une bosse visible qui palpitait au rythme de son sang.
— Assieds-toi, ordonna Clémentine.
Il obéit. Le canapé gémit sous son poids - cent kilos de muscle qui s'enfonçaient dans les coussins. Astride, qui était restée à l'autre bout, se rapprocha de lui, et sa cuisse nue effleura la sienne.
— Raconte-nous ton entraînement, reprit Clémentine en s'asseyant à son tour, de l'autre côté de Benoît. Pendant ce temps, Astride et moi, on va s'occuper de toi.
Sa main se posa sur la cuisse de Benoît, juste au-dessus du genou. La main d'Astride fit la même chose sur l'autre cuisse. Les doigts des deux femmes remontèrent lentement - un mouvement synchronisé, millimètre par millimètre - vers l'entrejambe de Benoît.
— L'entraînement, répéta Benoît d'une voix étranglée. On a… on a travaillé les mêlées.
Les doigts de Clémentine atteignirent l'ourlet du short. Ils glissèrent dessous, effleurèrent la peau moite de sueur, remontèrent encore.
— Continue, murmura Clémentine.
— J'ai… j'ai plaqué trois fois. Le troisième plaquage, il m'a…
— J'ai… j'ai plaqué trois fois. Le troisième plaquage, il m'a…
La main d'Astride trouva le contour de son érection à travers le tissu et s'y arrêta. Ses doigts épousèrent la forme de la queue tendue, et Benoît émit un grognement sourd.
— Il t'a quoi ? demanda Astride.
— Je… je me souviens plus.
— Je… je me souviens plus.
Clémentine éclata de rire - un rire franc, joyeux, qui résonna dans le salon et fit vibrer les murs de pierre.
— T'as vu ce qu'on te fait, Benoît ? T'arrives même plus à parler.
Ses doigts à elle aussi avaient trouvé l'érection, et maintenant, les quatre mains des deux femmes entouraient la queue de Benoît à travers le short - l'une massant le gland à travers le tissu, l'autre caressant les testicules, l'une traçant des cercles autour du méat, l'autre pressant doucement la base de la hampe.
— Sortez-la, grogna Benoît. S'il vous plaît.
Clémentine secoua la tête.
— Pas ce soir.
Le refus était doux - presque tendre - mais ferme. Elle répétait le schéma de la veille, cette torture délicieuse qui consistait à mener Benoît au bord du précipice sans jamais l'y pousser.
— Pourquoi ? demanda Benoît, la voix cassée.
— Parce que j'ai un plan. Et dans ce plan, on y va tous les trois, tous ensemble.
— Parce que j'ai un plan. Et dans ce plan, on y va tous les trois, tous ensemble.
Elle se pencha vers lui et posa ses lèvres sur sa joue, là où la barbe naissante était la plus râpeuse.
— Fais-nous confiance, murmura-t-elle. Tu vas aimer ce qui va suivre.
Astride, de son côté, avait posé sa tête sur l'épaule de Benoît. Elle respirait son odeur de sueur et de gazon, cette odeur masculine qui la faisait fondre depuis la veille, et ses doigts continuaient de caresser doucement la queue tendue à travers le tissu.
— Moi aussi je t'aime, Benoît, murmura-t-elle. Comme j'aime Clémentine. C'est possible ? D'aimer deux personnes en même temps ?
Benoît tourna la tête vers elle. Leurs visages étaient si proches que leurs nez se touchaient presque. Dans la pénombre du salon, les yeux noisette d'Astride brillaient d'un éclat humide, et Benoît y lut une vulnérabilité qui le bouleversa.
— Oui, répondit-il. C'est possible.
Il posa sa main sur la nuque d'Astride, et ses doigts s'enfoncèrent dans ses cheveux encore humides de la douche. Puis il tourna la tête vers Clémentine, et sa main libre attrapa la sienne.
— Tous les trois, dit-il. Je crois que c'est ça que je veux aussi.
Clémentine sourit. Pour la première fois depuis le début de la soirée, son sourire n'avait rien de carnassier. Il était doux, vulnérable, presque ému.
— Alors on est d'accord, murmura-t-elle. Demain soir, sur la terrasse, on va plus loin. Tous les trois.
Elle se leva du canapé et tendit la main à Astride.
— Pour ce soir, laissons-le se doucher. Il pue le vestiaire.
Astride rit - ce rire qu'elle n'avait jamais eu avant de venir à Lyon, ce rire libre et joyeux qui montait du fond de sa poitrine. Elle se leva à son tour, et les deux femmes se dirigèrent vers le couloir qui menait aux chambres.
Avant de disparaître, Clémentine se retourna.
Avant de disparaître, Clémentine se retourna.
— Benoît ?
— Oui ?
— Sous la douche, tu peux te toucher. T'as le droit. On te donne la permission.
— Oui ?
— Sous la douche, tu peux te toucher. T'as le droit. On te donne la permission.
Elle lui décocha un clin d'œil.
— Mais demain, c'est nous qui t'achèverons.
Elle disparut dans le couloir, suivie d'Astride dont la chemise en lin flottait autour de ses cuisses. Le bruit de leurs pas s'éteignit peu à peu, remplacé par le silence de l'appartement.
Benoît resta seul sur le canapé.
Il baissa les yeux vers son entrejambe. L'érection n'avait pas faibli - au contraire, elle semblait avoir encore grossi, et une tache sombre de pré-sperme s'étalait sur le tissu du short. Il se leva péniblement, les jambes en coton, et se dirigea vers sa chambre.
Dans la salle de bain attenante, il fit couler l'eau froide.
Très froide.
Mais même l'eau glacée ne parvint pas à effacer l'empreinte des doigts d'Astride sur sa cuisse, ni celle des lèvres de Clémentine sur sa joue, ni cette promesse qu'elle venait de lui faire - Demain, c'est nous qui t'achèverons.
Il ferma les yeux sous le jet glacé.
Demain.
Benoît resta seul sur le canapé.
Il baissa les yeux vers son entrejambe. L'érection n'avait pas faibli - au contraire, elle semblait avoir encore grossi, et une tache sombre de pré-sperme s'étalait sur le tissu du short. Il se leva péniblement, les jambes en coton, et se dirigea vers sa chambre.
Dans la salle de bain attenante, il fit couler l'eau froide.
Très froide.
Mais même l'eau glacée ne parvint pas à effacer l'empreinte des doigts d'Astride sur sa cuisse, ni celle des lèvres de Clémentine sur sa joue, ni cette promesse qu'elle venait de lui faire - Demain, c'est nous qui t'achèverons.
Il ferma les yeux sous le jet glacé.
Demain.
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C'est pas humain de faire ça