Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jeux et séductions professionnels — Chapitre 3 · Vendredi
Auteur
Jeux et séductions professionnels
Chapitre 3 · Vendredi
— J'ai rêvé d'une jeune brune au goût de vanille, murmurai-je à l'oreille de Clémence, assez bas pour que personne d'autre ne saisisse, pendant que nous attendions notre tour devant la machine à café qui crachotait son jet brun dans les mugs des premiers arrivants.
Ses pommettes rosèrent d'un coup. Elle cligna deux fois, rapidement, puis releva le menton et lança à voix suffisamment haute pour que toute la pause l'entende : — Alors comme ça, tu fais des rêves érotiques ? Il s'est passé des choses épicées cette nuit ?
Thomas éclata de rire, lâchant son sucre qui tomba dans sa tasse avec un petit ploc. — Oh, il faut raconter, là. On veut les détails. Karen et Sophie se retournèrent, Marc releva la tête de son téléphone. Le regard de Clémence pivotait entre moi et le groupe, un sourire en coin qui tremblait aux commissures.
Je ne voulais pas me laisser démonter. Alors je racontai.
Ses pommettes rosèrent d'un coup. Elle cligna deux fois, rapidement, puis releva le menton et lança à voix suffisamment haute pour que toute la pause l'entende : — Alors comme ça, tu fais des rêves érotiques ? Il s'est passé des choses épicées cette nuit ?
Thomas éclata de rire, lâchant son sucre qui tomba dans sa tasse avec un petit ploc. — Oh, il faut raconter, là. On veut les détails. Karen et Sophie se retournèrent, Marc releva la tête de son téléphone. Le regard de Clémence pivotait entre moi et le groupe, un sourire en coin qui tremblait aux commissures.
Je ne voulais pas me laisser démonter. Alors je racontai.
— J'ai rêvé d'une belle petite brune. Je la retrouve dans une petite rue qui ressemble à Montmartre — je le sens aux pavés irréguliers, au réverbère qui peint tout d'une lumière jaune, un peu irréelle. Mais pourtant, personne dans les alentours. Elle porte un manteau trop léger pour la saison. Je m'approche —
Je sentis sous ma paume la chaleur du bas du dos de Clémence, là où ma main venait de se poser à plat, et l'image du rêve me traversa à nouveau, nette, presque douloureuse.
— elle ne dit rien, et sans aucune parole échangée, on s'embrasse. Profondément.
Ma voix avait changé de texture, juste un peu. Je continuai, plus lentement, du bout des doigts traçant de petits cercles le long des vertèbres de Clémence. Elle se redressa — mouvement net, imperceptible aux yeux des profanes, mais que je sentis sous ma paume avec plaisir.
— Mes lèvres sur les siennes, puis nos bouches qui s'ouvrent, et ma langue qui cherche la sienne, qui la trouve, et qui découvre ce goût de vanille — le goût de sa salive, que je récupère et que j'avale comme si c'était la seule chose à boire au monde.
— Et puis, continuai-je, ma main est venue se poser sur le tissu couvrant son ventre, puis est descendue, descendue encore, jusqu'à passer lentement le bord de sa ceinture. Et là, mes doigts ont touché le tissu de sa culotte. J'avais la sensation du coton, simple, très érotique à sa façon. Et pendant ce temps-là, ses mains à elle se sont activées — une sous ma chemise, qui a remonté le long de mes côtes, l'autre dans mes cheveux, qui me tirait encore plus contre ses lèvres gourmandes.
Sophie fit un sifflement entre ses dents. Thomas leva les sourcils. Le dos de Clémence frémit sous mes doigts ; un frisson court qui descendit de ses omoplates jusqu'au point où ma main reposait.
— Et ensuite ? demanda Karen.
— C'est là que je me suis réveillé. Je haussai les épaules. — Avant que ça devienne plus NSFW. Mon cerveau a décidé de me couper le courant. Ça vaut mieux pour vous !
Thomas secoua la tête, un sourire en coin. — Et tu n'en as pas profité pour... prendre soin de toi ? Enfin, tu vois ce que je veux dire.
Je laissai un silence, puis : — Je laisse cela à l'appréciation de mes auditeurs.
Marc pouffa. Karen applaudit doucement. Sophie lança un — Mystère ! et l'atmosphère se détendit d'un coup, comme une fenêtre qu'on ouvre dans une pièce surchauffée. La pause s'organisa en petits cercles — Thomas et Marc d'un côté, Karen et Sophie de l'autre, chacun racontant ses propres anecdotes, le bruit des conversations se mêlant au gargouillement de la machine.
Je sentis sous ma paume la chaleur du bas du dos de Clémence, là où ma main venait de se poser à plat, et l'image du rêve me traversa à nouveau, nette, presque douloureuse.
— elle ne dit rien, et sans aucune parole échangée, on s'embrasse. Profondément.
Ma voix avait changé de texture, juste un peu. Je continuai, plus lentement, du bout des doigts traçant de petits cercles le long des vertèbres de Clémence. Elle se redressa — mouvement net, imperceptible aux yeux des profanes, mais que je sentis sous ma paume avec plaisir.
— Mes lèvres sur les siennes, puis nos bouches qui s'ouvrent, et ma langue qui cherche la sienne, qui la trouve, et qui découvre ce goût de vanille — le goût de sa salive, que je récupère et que j'avale comme si c'était la seule chose à boire au monde.
— Et puis, continuai-je, ma main est venue se poser sur le tissu couvrant son ventre, puis est descendue, descendue encore, jusqu'à passer lentement le bord de sa ceinture. Et là, mes doigts ont touché le tissu de sa culotte. J'avais la sensation du coton, simple, très érotique à sa façon. Et pendant ce temps-là, ses mains à elle se sont activées — une sous ma chemise, qui a remonté le long de mes côtes, l'autre dans mes cheveux, qui me tirait encore plus contre ses lèvres gourmandes.
Sophie fit un sifflement entre ses dents. Thomas leva les sourcils. Le dos de Clémence frémit sous mes doigts ; un frisson court qui descendit de ses omoplates jusqu'au point où ma main reposait.
— Et ensuite ? demanda Karen.
— C'est là que je me suis réveillé. Je haussai les épaules. — Avant que ça devienne plus NSFW. Mon cerveau a décidé de me couper le courant. Ça vaut mieux pour vous !
Thomas secoua la tête, un sourire en coin. — Et tu n'en as pas profité pour... prendre soin de toi ? Enfin, tu vois ce que je veux dire.
Je laissai un silence, puis : — Je laisse cela à l'appréciation de mes auditeurs.
Marc pouffa. Karen applaudit doucement. Sophie lança un — Mystère ! et l'atmosphère se détendit d'un coup, comme une fenêtre qu'on ouvre dans une pièce surchauffée. La pause s'organisa en petits cercles — Thomas et Marc d'un côté, Karen et Sophie de l'autre, chacun racontant ses propres anecdotes, le bruit des conversations se mêlant au gargouillement de la machine.
Clémence et moi nous retrouvâmes devant le distributeur. Elle fit couler son café (un noir, sans sucre) et je fis couler le mien. Nos mugs se touchèrent sur le comptoir. Je la regardai. Elle me regarda. Le regard dura une éternité, chargé de notre connivence nouvelle, dense et sucrée.
Je pris sa tasse. Elle prit la mienne. Nos doigts se frôlèrent dans l'échange ; sa peau était tiède, légèrement humide à la base du pouce. Je portai son mug à mes lèvres sans boire, et au lieu de ça, je laissai un long filet de salive tomber dans le café noir, un fil argenté qui se rompit et coula sous la surface. Clémence fit pareil avec le mien ; je la vis pencher la tête, rassembler sa salive, et la déposer en silence, un mince trait brillant qui se mêla au liquide. Elle me rendit mon mug. Je lui rendis le sien.
Je bus. Le café avait son goût du sien. Je la vis boire à son tour, les yeux mi-clos, et je sus qu'elle goûtait la même chose de moi, en miroir.
Je pris sa tasse. Elle prit la mienne. Nos doigts se frôlèrent dans l'échange ; sa peau était tiède, légèrement humide à la base du pouce. Je portai son mug à mes lèvres sans boire, et au lieu de ça, je laissai un long filet de salive tomber dans le café noir, un fil argenté qui se rompit et coula sous la surface. Clémence fit pareil avec le mien ; je la vis pencher la tête, rassembler sa salive, et la déposer en silence, un mince trait brillant qui se mêla au liquide. Elle me rendit mon mug. Je lui rendis le sien.
Je bus. Le café avait son goût du sien. Je la vis boire à son tour, les yeux mi-clos, et je sus qu'elle goûtait la même chose de moi, en miroir.
La pause s'acheva. Les chaises grincèrent, les mugs furent posés, les pas résonnèrent sur la moquette en direction des bureaux. Je me levai, récupérai mes affaires, et me dirigeai vers mon poste.
Juste avant que je ne m'asseye, Clémence apparut à mon côté. Dans sa main, un t-shirt de sport, froissé, replié en boule. Elle le tenait contre sa hanche, presque caché.
— Je suis désolée de t'avoir ainsi affiché tout à l'heure, dit-elle doucement, la voix basse, l'air mi-mutin mi-gêné — ses yeux fuyaient les miens puis revenaient, comme un papillon autour d'une lampe. Même si je suis très contente de savoir à quoi tu rêves.
Elle me tendit le t-shirt.
— Alors pour me faire pardonner, pourrais-tu me laver mon t-shirt de sport ? Il a mon odeur.
Je le pris. Le tissu était doux, usé par les lavages, et l'odeur me remplit les narines — vanille et sueur, un mélange qui n'avait rien de logique et qui était pourtant exactement elle.
Et sans plus attendre, elle tourna les talons et retourna derrière moi s'asseoir à son poste. Son dos se courba vers son écran, ses doigts se posèrent sur le clavier, et je restai là, debout, son t-shirt dans la main.
Juste avant que je ne m'asseye, Clémence apparut à mon côté. Dans sa main, un t-shirt de sport, froissé, replié en boule. Elle le tenait contre sa hanche, presque caché.
— Je suis désolée de t'avoir ainsi affiché tout à l'heure, dit-elle doucement, la voix basse, l'air mi-mutin mi-gêné — ses yeux fuyaient les miens puis revenaient, comme un papillon autour d'une lampe. Même si je suis très contente de savoir à quoi tu rêves.
Elle me tendit le t-shirt.
— Alors pour me faire pardonner, pourrais-tu me laver mon t-shirt de sport ? Il a mon odeur.
Je le pris. Le tissu était doux, usé par les lavages, et l'odeur me remplit les narines — vanille et sueur, un mélange qui n'avait rien de logique et qui était pourtant exactement elle.
Et sans plus attendre, elle tourna les talons et retourna derrière moi s'asseoir à son poste. Son dos se courba vers son écran, ses doigts se posèrent sur le clavier, et je restai là, debout, son t-shirt dans la main.
La matinée s'était vidée de tout contenu utile. La réunion de dix heures avait été une torture — Clémence assise de l'autre côté de la table, ses cheveux détachés tombant sur son épaule, sa main qui tournait un stylo entre ses doigts, ses yeux noisette qui croisaient les miens par moments avec une fixité qui me coupait le souffle. J'avais hoché la tête à des intervalles réguliers, murmuré des — tout à fait au hasard, pris des notes qui ne voulaient rien dire. Maintenant, l'après-midi s'étirait, tendant vers la fin, et je n'avais produit aucune ligne de travail valable.
Je me surpris à fixer la nuque de Clémence, trois bureaux plus loin. La courbe de son cou, là où ses cheveux s'écartaient, révélait une peau lisse que je voulais parcourir des lèvres. Je me retournai vers mon écran. La feuille de calcul me narguait. Je refermai le fichier sans le sauvegarder.
Mon navigateur s'ouvrit. Je tapai « idées sortie » dans la barre de recherche, puis j'effaçai, puis je retapai « restaurant romantique ville ». Les premiers résultats étaient des articles génériques avec des photos de bougies et de nappes blanches. Je défilai, cliquai, refermai. Les menus se ressemblaient tous — tartare, risotto, fondant au chocolat — et les photos étaient trop lisses, trop attendues.
Puis je tombai sur une adresse qui arrêta mon défilement. Un petit restaurant dans une ruelle que je ne connaissais pas, avec une terrasse couverte de glycine, une carte courte écrite à la main, des assiettes qui ne ressemblaient à rien d'autre. Le site était simple, presque brut — des photos prises au naturel, la lumière du soir tombant sur des tables en bois brut. Le genre d'endroit qui ne crie pas son nom mais qu'on n'oublie pas.
Mon cœur avait accéléré. C'était ça. C'était exactement ça.
Je relus la carte en ligne, zoomai sur les photos de la salle — intime, une vingtaine de couverts, des banquettes profondes, une lumière ambrée. Je m'imaginai y entrer avec Clémence, sa main dans la mienne, la voir s'installer dans une de ces banquettes et me regarder de cette façon qu'elle avait — cette façon qui me retournait.
Il fallait que j'aie son avis. Pas pour valider mon choix — j'en étais sûr — mais pour la tirer vers moi, pour créer un prétexte de plus, un de ces moments suspendus où nos proximités se révélaient.
Je levai la main, fis un signe au-dessus des cloisons. — Clémence, tu peux venir deux secondes ?
Elle se leva de sa chaise sans précipitation, contourna deux bureaux, et je la sentis arriver derrière moi avant même de la voir — cette odeur de fleurs et de vanille qui précédait sa présence comme une annonce. Son souffle m'atteignit la nuque, chaud, régulier. Mes poils se dressèrent.
— Regarde, dis-je, pointant l'écran d'un doigt que je voulais ferme. J'ai trouvé ce restaurant. Tu trouves que c'est une belle adresse pour un rendez-vous ? J'aimerais proposer à mon crush de m'y rejoindre la semaine prochaine.
Elle se pencha légèrement. Son épaule frôla la mienne. Je sentais la chaleur de son corps à travers ma chemise.
— Pour ton crush ? Celle de ton rêve ? demanda-t-elle d'une voix basse, presque amusée.
— Oui. Je déglutis. — Et comme tu as exactement les mêmes goûts que cette personne — exactement les mêmes — tu ne pourrais pas te tromper en me donnant ton avis. Tu aurais des conseils ?
Mon navigateur s'ouvrit. Je tapai « idées sortie » dans la barre de recherche, puis j'effaçai, puis je retapai « restaurant romantique ville ». Les premiers résultats étaient des articles génériques avec des photos de bougies et de nappes blanches. Je défilai, cliquai, refermai. Les menus se ressemblaient tous — tartare, risotto, fondant au chocolat — et les photos étaient trop lisses, trop attendues.
Puis je tombai sur une adresse qui arrêta mon défilement. Un petit restaurant dans une ruelle que je ne connaissais pas, avec une terrasse couverte de glycine, une carte courte écrite à la main, des assiettes qui ne ressemblaient à rien d'autre. Le site était simple, presque brut — des photos prises au naturel, la lumière du soir tombant sur des tables en bois brut. Le genre d'endroit qui ne crie pas son nom mais qu'on n'oublie pas.
Mon cœur avait accéléré. C'était ça. C'était exactement ça.
Je relus la carte en ligne, zoomai sur les photos de la salle — intime, une vingtaine de couverts, des banquettes profondes, une lumière ambrée. Je m'imaginai y entrer avec Clémence, sa main dans la mienne, la voir s'installer dans une de ces banquettes et me regarder de cette façon qu'elle avait — cette façon qui me retournait.
Il fallait que j'aie son avis. Pas pour valider mon choix — j'en étais sûr — mais pour la tirer vers moi, pour créer un prétexte de plus, un de ces moments suspendus où nos proximités se révélaient.
Je levai la main, fis un signe au-dessus des cloisons. — Clémence, tu peux venir deux secondes ?
Elle se leva de sa chaise sans précipitation, contourna deux bureaux, et je la sentis arriver derrière moi avant même de la voir — cette odeur de fleurs et de vanille qui précédait sa présence comme une annonce. Son souffle m'atteignit la nuque, chaud, régulier. Mes poils se dressèrent.
— Regarde, dis-je, pointant l'écran d'un doigt que je voulais ferme. J'ai trouvé ce restaurant. Tu trouves que c'est une belle adresse pour un rendez-vous ? J'aimerais proposer à mon crush de m'y rejoindre la semaine prochaine.
Elle se pencha légèrement. Son épaule frôla la mienne. Je sentais la chaleur de son corps à travers ma chemise.
— Pour ton crush ? Celle de ton rêve ? demanda-t-elle d'une voix basse, presque amusée.
— Oui. Je déglutis. — Et comme tu as exactement les mêmes goûts que cette personne — exactement les mêmes — tu ne pourrais pas te tromper en me donnant ton avis. Tu aurais des conseils ?
Il y eut un silence. Son souffle sur ma nuque s'approfondit. Je vis ses yeux noisette se refléter dans l'écran, parcourant les photos, la carte, la terrasse.
— En effet, dit-elle lentement. Ce serait un excellent lieu.
Puis je sentis sa main. D'abord la paume, à plat, entre mes omoplates. La chaleur traversa le tissu de ma chemise comme si elle posait sa peau contre la mienne. Ses doigts commencèrent à tracer des cercles — lents, amples, pressant légèrement le muscle. Des cercles qui descendaient vers le bas de ma colonne et remontaient, et je compris, dans le silence de l'open space, que ce n'était plus moi qui tenais les rênes. Ce n'était plus ma main sur son dos, ma voix dans son oreille. C'était elle qui me prenait, doucement, sans un mot, et je me laissais faire avec une netteté qui ressemblait à une chute. Ma respiration s'était bloquée quelque part entre mes poumons et ma gorge.
— Tu devrais proposer jeudi soir, ajouta-t-elle, sa voix si proche de mon oreille que je sentis ses lèvres frôler le cartilage. Tout le monde est libre le jeudi soir.
Sa main effectua un dernier cercle, plus large, ses doigts s'écartant sur mes côtes avant de se relever.
— En effet, dit-elle lentement. Ce serait un excellent lieu.
Puis je sentis sa main. D'abord la paume, à plat, entre mes omoplates. La chaleur traversa le tissu de ma chemise comme si elle posait sa peau contre la mienne. Ses doigts commencèrent à tracer des cercles — lents, amples, pressant légèrement le muscle. Des cercles qui descendaient vers le bas de ma colonne et remontaient, et je compris, dans le silence de l'open space, que ce n'était plus moi qui tenais les rênes. Ce n'était plus ma main sur son dos, ma voix dans son oreille. C'était elle qui me prenait, doucement, sans un mot, et je me laissais faire avec une netteté qui ressemblait à une chute. Ma respiration s'était bloquée quelque part entre mes poumons et ma gorge.
— Tu devrais proposer jeudi soir, ajouta-t-elle, sa voix si proche de mon oreille que je sentis ses lèvres frôler le cartilage. Tout le monde est libre le jeudi soir.
Sa main effectua un dernier cercle, plus large, ses doigts s'écartant sur mes côtes avant de se relever.
Le contact se rompit. L'air frais remplaça sa chaleur sur mon dos comme un arrachement.
Elle se redressa. J'entendis ses pas s'éloigner sur la moquette — légers, réguliers, sans hâte. Je restai immobile, les yeux fixés sur l'écran, sur la terrasse couverte de glycine et les banquettes profondes, le cœur cognant contre mes côtes.
Jeudi soir. Elle venait de me dire jeudi soir.
Elle se redressa. J'entendis ses pas s'éloigner sur la moquette — légers, réguliers, sans hâte. Je restai immobile, les yeux fixés sur l'écran, sur la terrasse couverte de glycine et les banquettes profondes, le cœur cognant contre mes côtes.
Jeudi soir. Elle venait de me dire jeudi soir.
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