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Couverture de Les enfants du 13, par kIngROb1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les enfants du 13 — Chapitre 3 · Journées croisées

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Les enfants du 13

Chapitre 3 · Journées croisées

Le samedi commence à sept heures et demie pour Auguste, avec un ciel bas et un café brûlant dans un gobelet en carton, sur le boulevard Auguste-Blanqui, entre les tréteaux du marché et les cageots vides empilés contre les grilles. Grégoire est déjà là, veste bleue, sourire de circonstance, et ils font ce qu'ils font tous les samedis : ils serrent des mains, ils écoutent, ils prennent des nouvelles, ils distribuent des tracts sur la permanence et les permanences juridiques du mardi. La poissonnière l'appelle par son prénom, le fromager lui tend un bout de comté, une dame de soixante-dix ans l'arrête vingt minutes pour lui parler de la résidence où l'ascenseur est en panne depuis mars, et Auguste note tout sur son carnet, colonne de gauche, en abrégé, parce qu'il sait déjà que ce dossier repartira lundi matin chez Daphnée.
— Vous avez bien parlé, jeudi, à la télé, dit la dame en le retenant par la manche. Ma fille elle porte le voile, elle a arrêté le foot à cause de ça. Vous direz au député que c'est bien.
— Je lui dirai, madame. Et si votre fille veut venir nous voir, on a un créneau mardi.
Grégoire, à trois mètres, entend et hoche la tête, sérieux, puis se penche vers lui entre deux mains serrées :
— Tu as son nom ? Note-la, elle a une fille qui a arrêté le foot, c'est exactement notre sujet.
— Déjà noté.
À neuf heures dix, le téléphone d'Auguste vibre dans sa poche. Il le sort discrètement, entre deux cageots. Leslie. Une photo. Elle est dans son lit, la lumière du matin sur la peau, le drap remonté sur un sein et pas sur l'autre, et le sourire en coin de quelqu'un qui sait très bien ce qu'elle fait. Il regarde, il remet le téléphone dans sa poche, il regarde à nouveau trente secondes plus tard. Un message suit, puis un deuxième.
— Tu travailles bien, j'espère.
— Je suis au marché, répond-il.
— Donc tu ne peux pas regarder. Dommage.
Il ne dit rien à Grégoire. Rien du tout. Il serre des mains, il distribue ses tracts, il a une conversation parfaitement articulée sur les subventions aux associations sportives, et dans sa poche, un petit enfer tiède se réchauffe à chaque vibration. À neuf heures quarante, un vocal. Il s'écarte sous prétexte d'aller chercher du café, il colle le téléphone à son oreille, et la voix de Leslie, basse, un peu éraillée de sommeil, lui dit à peu près ce qu'elle est en train de faire dans son lit, seule, en pensant à lui. Il en ressort avec les joues rouges et un café qu'il a oublié de payer, il revient en courant.
— Ça va ? demande Grégoire.
— Ça va. Pourquoi ?
— Tu es tout rouge.
— Il fait chaud.
Il fait onze degrés.
À la même heure, à quatre kilomètres de là, Zineb est assise dans un bureau du Palais Bourbon, les pieds croisés sous la chaise, deux écrans allumés et un thé froid à côté du clavier. Le samedi, l'Assemblée est un tombeau. Pas de séance, pas de sonnerie, pas de troupeau de députés dans les couloirs, juste le bruit des radiateurs et le pas d'un agent de sécurité qui passe toutes les demi-heures. C'est exactement pour ça qu'elle est venue : personne pour lui parler, personne pour lui demander un truc urgent, une journée entière pour finir le dossier de presse du projet de loi sur le sport et la laïcité, les fiches par journaliste, les angles, les chiffres, les portraits, tout ce qu'elle repousse depuis deux semaines. Elle a mis un casque sans musique, elle travaille comme on nage, et à midi et demi, elle a déjà bouclé la moitié de ce qu'elle avait prévu.
Kamal arrive à quatorze heures. Il a pris le RER, il a passé la sécurité avec un laissez-passer qu'elle a fait établir la veille, et il apparaît dans l'embrasure avec un sac de courses et l'air de quelqu'un qui n'est jamais entré dans un endroit pareil. Il regarde les moulures, la hauteur du plafond, les rayonnages, et il dit, à voix basse :
— C'est quand même très beau, chez ton patron.
— C'est pas chez lui, c'est à la République.
— C'est beau quand même.
Il pose le sac, il sort deux sandwichs, une salade, une bouteille de citron pressé, et il s'installe sur la chaise visiteurs, en face d'elle. Elle n'a pas arrêté de taper.
— Tu as mangé ce matin ?
— Kamal.
— Réponds.
— Un thé.
— Un thé, c'est pas un repas.
Elle lève les yeux, le regarde, et il y a dans son regard à elle quelque chose qui n'est pas de l'agacement.
— Tu es venu pour me faire la leçon ou pour me voir ?
— Pour te voir. Mais je commence par la leçon, c'est dans l'ordre.
Elle rit, elle retire son casque, elle pousse son clavier. Ils mangent ensemble, elle assise sur le rebord du bureau, lui sur sa chaise, et ils parlent de choses sans importance : sa sœur qui a accouché, le voisin qui refait sa salle de bain, le prix du carburant. Au bout d'un moment, elle lui demande de se lever, et elle se plante devant lui, très près, et elle prend son temps. Elle défait un bouton de son chemisier, puis un autre, puis elle écarte le tissu, et dessous il y a un string noir, fin, ridiculement petit, qui n'a rien à faire un samedi après-midi de travail.
Kamal regarde, se tait, puis dit :
— Depuis quand ?
— Depuis ce matin. Je l'ai mis en pensant à toi.
— Et tu as travaillé avec ça ?
— Toute la matinée. Et j'ai été très efficace.
Il l'attrape par la taille, elle rit, il l'embrasse, et ils restent là debout, contre le bureau, à se caresser par-dessus les vêtements, sans se presser, parce qu'ils ont tout l'après-midi et parce que le lieu impose une espèce de lenteur. Il glisse la main sous sa jupe, il trouve le string, il le tire un peu, elle gémit contre sa bouche et lui souffle :
— Ferme la porte à clé.
Il la ferme.
Pendant ce temps, à Orléans, Daphnée traverse un hall de parc des expositions avec un carton de flyers sous le bras. Le salon s'appelle Familles en fête, il y a des stands de poussettes, de la mousse au plafond, des clowns, une scène avec de la zumba, et au fond, entre deux stands de crêpes, le barnum de l'association, avec ses affiches, ses badges, ses piles de brochures sur les droits des femmes, la garde d'enfants, le harcèlement, le consentement. Elle est en jean brut, en bottines, en chemise blanche nouée à la taille, et elle tient son stand d'une main ferme, elle accroche les passants, elle explique, elle argumente, elle recadre trois types venus demander si le féminisme c'est pas un peu fini quand même.
— Revenez dans dix ans, on en reparle, leur dit-elle.
Vers midi, un policier en tenue s'arrête devant le stand. Il est grand, brun, la coupe courte, la mâchoire carrée, il tient sa casquette à la main et il regarde les affiches avec un intérêt sincère, presque timide. Il est affecté à la sécurisation du salon, il tourne depuis le matin, il s'arrête parce qu'il a lu un des titres et que ça l'a interpellé.
— C'est vous qui écrivez ça ?
— C'est moi qui le crie, en général. Pourquoi, ça vous étonne qu'un flic s'intéresse ?
— Ça m'étonne qu'on pense que ça m'étonne.
Elle le regarde, sourcil levé, et décide que ce type n'est pas complètement con. Il s'appelle Éric, trente-quatre ans, il est de la brigade de proximité, il a fait une licence d'histoire avant de passer le concours, il parle de la difficulté des mains courantes pour les violences conjugales, il connaît la question des femmes voilées sur les terrains de sport parce qu'il a lui-même pris une plainte dans une salle du Loiret, et au bout de vingt minutes de discussion, Daphnée s'aperçoit qu'elle ne l'a pas encore envoyé balader. Elle lui donne un badge, il le met, il reste.
— Vous êtes de gauche ? demande-t-il.
— Je suis féministe, c'est déjà beaucoup.
— Et vous êtes chiante ?
— Beaucoup.
— J'aime bien.
Il repart faire sa ronde, il revient une heure plus tard avec deux cafés, il s'accroupit derrière le stand pour ne pas gêner, et à quinze heures, quand la foule se tasse, il lui propose de l'aider à porter les cartons. C'est là que ça bascule, parce qu'ils se retrouvent tous les deux dans le dégagement derrière les stands, un couloir de service entre des palettes et des barrières métalliques, et qu'ils se regardent une seconde de trop.
— Bon, dit Daphnée. On arrête de tourner autour.
— D'accord.
— Il y a un local technique là. Vous avez une clé ?
— J'ai un passe.
Elle le pousse dans le local, elle ferme la porte, et elle l'embrasse comme elle fait tout, sans préambule. Il est un peu surpris, puis plus du tout. Elle défait sa ceinture, elle le sort de son pantalon, et elle s'accroupit sur le béton, entre deux extincteurs, avec une application de professionnelle. Il gémit, il plaque une main contre le mur, il dit un truc incompréhensible, elle le prend jusqu'à la garde, gorge profonde, sans jamais s'arrêter, en le regardant de temps en temps pour vérifier l'effet. Il tient à peine trois minutes, elle le sent venir, elle accélère, et il jouit dans sa bouche avec un grognement sourd qu'on entend depuis le hall. Elle se relève, elle s'essuie la lèvre du revers du pouce, elle dit :
— Voilà. Maintenant on peut discuter normalement.
Pendant ce temps, à Paris, Auguste est au gymnase. Le tournoi de basket des jeunes bat son plein, les tribunes sont pleines de parents, de frères, de sœurs, un stand de gâteaux au fond avec une caisse en fer, et sur le panneau d'affichage, un thermomètre en carton peint à la main qui indique la somme déjà récoltée pour le voyage scolaire à Barcelone. Il manque encore sept cents euros. Auguste a pris le micro entre deux matchs, il a rappelé le principe, il a dit que le voyage c'était seize gamins du quartier dont huit qui n'étaient jamais sortis de France, il a dit qu'on pouvait payer un euro pour un lancer franc et que celui qui marquait gagnait un maillot dédicacé. Les gens jouent, les gens paient, les gens rient. Grégoire arbitre une rencontre des poussins avec un sifflet emprunté et une autorité comique.
Entre deux passages, dans les vestiaires, Auguste consulte son téléphone. Leslie a envoyé une vidéo. Neuf secondes. Elle est assise sur le bord de son canapé, la main entre les cuisses, et elle ne dit rien, elle respire. Il la regarde une fois, la remet, la regarde encore, puis une photo arrive, puis un vocal où elle dit, calmement :
— J'espère que tu es bien concentré sur ton basket.
Il ne dit rien à Grégoire. Il encaisse, il range, il sourit. À seize heures trente, à l'inauguration des nouveaux locaux du CROUS de Tolbiac, il coupe un ruban avec une paire de ciseaux trop petite, il écoute trois discours, il fait un mot sur le logement étudiant et la rentrée, il prend la photo avec la directrice, et dans sa poche ça continue de vibrer toutes les dix minutes. Il commence à avoir du mal à suivre les conversations.
Le dîner de l'association malgache du treizième commence à dix-neuf heures trente, dans une salle des fêtes prêtée par la mairie, avec des nappes en plastique, du rougail, du riz, des samoussas et un groupe de musique qui s'installe dans un coin. Auguste y va avec Grégoire, il mange, il discute, il écoute un homme lui raconter la construction d'une école à Antananarivo, il prend des notes, et à vingt-deux heures, il n'en peut plus. Il regarde son téléphone, il écrit :
— Je sors dans dix minutes. Où ?
— Chez moi. Porte cochère, tu connais.
Il s'excuse auprès de Grégoire, qui hausse un sourcil.
— Tu rentres ?
— Je sors.
— Tu sors où ?
— Je te raconterai.
— Tu ne me racontes jamais.
— Justement.
Il marche vite, presque en courant, les rues sont froides et vides. Il tape le code, il monte les quatre étages sans ascenseur, et Leslie l'attend sur le palier, adossée à sa porte, en tee-shirt trop grand et rien d'autre. Elle dit :
— Tu as mis du temps.
Il l'embrasse, il la pousse à l'intérieur, la porte claque. Le tee-shirt vole. Elle est nue, et cette fois elle n'a rien préparé, rien de joli, juste elle, ce qui est pire. Il la plaque contre le mur du couloir, il descend, il mord, elle gémit, elle lui arrache sa chemise, et ils se retrouvent par terre à moitié, elle le met dans sa bouche en le regardant, et là elle ne s'arrête plus. Gorge profonde, franche, elle y va jusqu'au fond, elle tient, elle ressort juste ce qu'il faut pour respirer, elle recommence, elle a une main à la base et l'autre crispée sur sa cuisse à lui, et Auguste doit s'appuyer au mur, la tête renversée, les doigts dans ses cheveux, à moitié fou. Quand il sent qu'il va partir, elle s'arrête, elle se relève, elle l'entraîne au lit et elle s'allonge, les jambes écartées, les bras au-dessus de la tête.
— Maintenant. Fort.
Il la prend d'un coup, profond, et elle lâche un son qui n'a plus rien de maîtrisé. C'est puissant, c'est dur, le lit recule de dix centimètres à chaque poussée, elle se cramponne aux draps, elle jure, elle le reprend par les hanches quand il ralentit, elle veut tout, elle veut plus loin, elle se cambre pour le prendre encore, et il la soulève à moitié pour changer l'angle, ce qui la fait crier. Ils tiennent longtemps comme ça, dans un acharnement des deux côtés, puis elle jouit en se tordant, les ongles plantés dans son avant-bras, et il continue, et elle gémit de trop-plein, et quand il sent que c'est la fin, il se retire et elle se met sur le dos, la bouche ouverte, les yeux fermés, et il jouit sur son visage, sur la joue, sur la bouche, sur le menton. Elle reste là, les yeux toujours fermés, en souriant, et elle dit :
— Ne bouge pas. Deux secondes.
Il s'écroule à côté d'elle. Aucun des deux ne parle pendant un moment.
À Paris, à la même heure, dans un bureau du Palais Bourbon, Zineb est en train de perdre le fil de son propre travail. Kamal a débarrassé les sandwichs, il a refermé les rideaux, et elle est assise sur le bord du bureau, la jupe remontée, le string de travers, la joue contre l'épaule de Kamal qui la prend debout, lentement. Le bureau grince, un cadre oscille contre le mur. Elle a la main plaquée sur sa propre bouche pour ne pas faire de bruit, parce qu'un agent passe dans le couloir toutes les demi-heures, et Kamal, vicieux, accélère justement quand elle essaie de se taire. Elle finit par jouir comme ça, étouffée, les dents serrées, en lui serrant le bras.
— Tu as fini de travailler pour aujourd'hui, dit-il.
— Il est vingt et une heures. J'ai un dossier à rendre.
— Rends-le demain.
Elle se rassoit, elle remet son string, elle rallume l'écran, et elle tape trois phrases avant de s'arrêter, les mains en l'air, parce qu'il s'est approché par-derrière et qu'il a passé les mains sous ses bras pour lui prendre les seins. Elle soupire, elle se laisse aller contre le dossier, et il descend le string, et elle dit, sans se retourner :
— Tu sais où ?
— Je sais où.
Il la prend par-derrière, sur la chaise, et elle se penche sur le clavier, la joue presque contre les touches, une main qui tient encore la souris sans savoir pourquoi. C'est plus brutal que la première fois, elle le lui a demandé comme ça, plus brutal, et il obéit, une main dans ses cheveux, l'autre sur sa hanche, et le bureau entier tremble. Elle jouit une deuxième fois en jurant en arabe, il la suit, il se retire au dernier moment, et elle s'effondre en travers du bureau en riant, le front sur une pile de fiches.
— Voilà, dit-elle. Maintenant, tu me laisses travailler.
Elle travaille une heure. Il lit sur son téléphone, allongé sur la moquette, la tête sur son sac. À vingt-deux heures trente, elle ferme son ordinateur, elle se tourne vers lui, et elle dit :
— Bon. On peut recommencer.
À Orléans, le salon ferme à vingt heures. Daphnée a plié son stand, elle a porté les cartons, elle a dit au revoir aux bénévoles, et Éric l'attend devant la sortie de service, en civil cette fois, jean et blouson. Il a une voiture garée sur le parking arrière, une berline grise banale, et il tient sa portière ouverte.
— Vous voulez manger quelque chose ?
— Je veux m'asseoir.
Il la conduit à un routier ouvert, ils mangent des frites, ils parlent encore, deux heures, de son métier, du sien, de la violence, de la fatigue, des gardes à vue, de la manif, et à un moment elle lui prend la main sur la table et elle dit :
— Tu as une tête à savoir faire des choses.
— Faut vérifier.
Ils sortent, le parking est désert, il y a un lampadaire qui grésille. Elle s'appuie contre le capot de la voiture, elle l'attire, et cette fois elle ne va pas s'accroupir tout de suite. Elle le laisse déboutonner sa chemise, elle se laisse embrasser le cou, elle défait son jean elle-même, et quand elle est à moitié nue contre le capot froid, elle le repousse d'une main.
— Attends. Regarde-moi.
Il regarde. Elle se caresse devant lui, lentement, en le fixant, et elle prend son temps, exprès, jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus de rester planté là. Puis elle le fait venir, elle le prend à deux mains, elle le branle jusqu'à ce qu'il soit dur à faire mal, elle se penche, elle l'engloutit d'un coup, et là elle devient vraiment sale, sans ménagement, gorge profonde encore et encore, une main à la base, l'autre qui le griffe, la salive qui coule sur son menton. Il la relève par les cheveux, elle rit, elle se retourne, elle s'allonge sur le capot, les fesses en l'air, et il la prend là, debout derrière elle, dans le parking, sous le lampadaire. Elle gémit sans retenue, elle s'en fiche complètement, elle pousse en arrière, elle prend tout, et quand il ralentit pour tenir, elle l'insulte gentiment pour qu'il accélère. Il la fait jouir contre la tôle, elle plante ses ongles dans le capot, et il jouit juste après, sur son bas du dos.
Ils finissent chez lui, un appartement au troisième étage, avec des cartons pas défaits et une télé trop grande. Elle prend une douche, il la rejoint, elle le suce sous l'eau chaude, et ils sortent trempés, ils roulent sur le lit. Là elle veut tout, elle le veut partout, elle le chevauche, elle se retourne, elle le prend à nouveau par-derrière, et quand il est au bord, elle se redresse sur les genoux, elle se penche, elle le branle entre ses seins, la branlette espagnole, longue, huileuse, en le regardant avec un sourire de défi, jusqu'à ce qu'il jouisse sur sa poitrine et son cou. Elle reste un moment comme ça, essoufflée, puis elle s'allonge, elle pose la tête sur son épaule, et elle dit, très calmement :
— Demain, je repars à sept heures. Tu me fais un café.
Le lendemain, à dix heures, Auguste est à la permanence, avec une chemise propre et une fatigue qu'il ne peut plus cacher. Grégoire l'attend derrière la table, deux dossiers ouverts.
— Alors ? dit-il. Tu me racontes ?
Auguste s'assoit, sort son carnet, et il dit :
— On commence par le dossier de la dame de la résidence, l'ascenseur de mars.
— Tu éludes.
— J'élude.
Zineb, elle, est arrivée à onze heures, avec des cernes et un sourire qu'elle ne contrôle pas, et quand Daphnée est rentrée d'Orléans à midi, elle a posé son sac, elle a regardé les deux autres, et elle a dit :
— Bon. Qui commence ?
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