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✦ Exorium Le journal intime de Clémence XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le journal intime de Clémence — Chapitre 6

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Exorium
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Le journal intime de Clémence

Chapitre 6

Samedi 1er juin
Ce qu'il m'a fait là, Pierre ! Non, mais ce qu'il m'a fait là…
‒ J'ai pas beaucoup de temps.
Ça a été sa première phrase quand il m'a rejoint dans ma chambre tout à l'heure. J'ai pas beaucoup de temps ! Ben voyons ! Et pourquoi il avait pas beaucoup de temps ? Qu'est-ce qu'il avait de si important à faire ?
‒ Comme si tu le savais pas ! Je te rappelle quand même qu'on est en pleine période d'examens.
Et ça l'empêchait de me consacrer une après-midi par semaine ?
‒ J'ai un retard, si tu savais, mais un retard !
Ben voyons ! J'ai pas insisté. J'aurais fini par m'énerver. Il m'a prise contre lui. 
‒ C'est juste l'affaire de deux-trois semaines. Après, on aura plein de temps à nous.
Oui, oh, alors ça ! Il m'a caressée. On a fait l'amour. Il m'a gardée contre lui une dizaine de minutes. Et puis…
‒ Faut que j'y aille ! Faut vraiment que j'y aille !
‒ Attends, Pierre, attends ! Un peu. Juste un peu.
Il s'est résigné. Avec un soupir. Je lui ai piqueté le torse de petits baisers. Je l'ai pris dans ma main tout fragile. Attendrissant. L'ai agacé du bout du pouce.
‒ Non, Clémence, non. Arrête ! Maintenant faut que j'y aille ! Non. Arrête, écoute !
Je n'ai rien écouté du tout. J'ai continué. Il a repris consistance. S'est redressé sous mes doigts. S'est abandonné. J'ai progressivement accéléré le rythme. Il a fermé les yeux, respiré plus vite. Je l'ai fini. Et me suis offert un grand fou rire intérieur : s'il filait tout droit – comme c'était probable – chez son avocate, il allait sûrement lui falloir un bon bout de temps à celle-là pour le remettre en état de marche.
18 heures
Je me suis offert la mega crise d'angoisse. Pierre me larguait pour sa pétasse d'avocate. Et il se fichait de moi en plus.
‒ Mais ma pauvre, tu t'es bien regardée ? À part te tirer qu'est-ce tu veux qu'on fasse de toi ? T'as aucun intérêt. Pour personne. Et t'en auras jamais aucun…
Ça a fini par prendre de telles proportions que j'ai éprouvé l'impérieux besoin d'en parler à quelqu'un. Là, tout de suite. Pour me rassurer. Ma mère ? Fallait pas y songer. Elle allait me chanter les louanges de Pierre en long, en large et en travers. Et me répéter, sur tous les tons, que je savais pas m'y prendre avec lui. Sophie ? Ça répondait pas. Et ça a été Maeva. J'aurais mieux fait de m'abstenir. Parce qu'elle a fini de me saper le moral.
‒ Faut reconnaître qu'une avocate et un notaire, ça a quand même toutes les chances de bien s'entendre. Ça a forcément des tas de points communs. Ne serait-ce que pour le boulot. Et puis – c'est ce qu'elle me disait ma sœur – suffit de les voir ensemble pour se rendre compte que… Non, tu sais, franchement, moi à ta place… Parce qu'il y a pas que Pierre dans la vie. Des types t'en as à tous les coins de rue.
Je lui ai raccroché au nez. Quelle garce ! Non, mais quelle garce !
22 heures
Ça m'a prise comme ça. D'un coup. L'envie de l'entendre Julien.
‒ Ça va ? Qu'est-ce tu fais 
‒ Comme si tu le savais pas !
‒ Sur ton lit ou sur le mien ?
‒ Le tien.
‒ Avec les photos ?
‒ J'arrête pas de les regarder. Depuis que t'es partie j'arrête pas.
‒ Et une de mes culottes, je parie.
‒ Un string.
‒ Lequel ?
‒ Le noir. Avec le petit nœud rouge devant.
‒ J'en étais sûre. Je l'ai pas emmené exprès. Pour te le laisser.
 Il s'est tu. On s'est tus. Je l'ai écouté respirer. Ça m'a donné envie. Tout doucement. Tout léger. En effleurements.
‒ Dis, Clémence…
‒ Oui ?
‒ On en fera d'autres des photos, hein ?
‒ Oui, Julien.
‒ Des où tu seras complètement toute nue pour moi.
‒ Oui, Julien.
‒ Tu me promets ? J'aime trop ça te voir. Si tu savais ! Sans arrêt j'y pense. Toute la journée. Je ne vis que pour ça. Te voir. Juste te voir.
Son souffle s'est emballé. Il a gémi.
‒ Oh, c'est trop bon. Et tu es là. Tu es là…
Moi aussi c'est venu. Ça m'a débordée. Je n'ai pas raccroché. Je lui ai laissé mon plaisir.
Dimanche 2 juin
J'ai passé la matinée à essayer d'avoir Pierre sur son portable. Sans succès. Je tombais systématiquement sur sa messagerie. L'après-midi aussi. J'ai fini par aller sonner chez lui. Il n'y avait personne. Même pas ses parents. Si j'avais besoin d'une confirmation… Je la hais cette fille. Je la hais.
Julien non plus n'était pas à l'appart quand je suis rentrée. Mais lui, c'est plutôt bon signe. C'est qu'avec Camille, c'est en train de se rabibocher.
Lundi 3 juin
Il était déjà là, derrière la haie, fidèle au poste. On l'a ignoré. On a rejoint notre banc. Sophie a laissé tomber sa tête sur mon épaule, glissé une main dans mon corsage.
‒ Non… Chuuut… Qu'est-ce qu'il va penser ?
‒ Mais on s'en fout de ce qu'il va penser ! Et elle a continué. S'est faufilée à l'intérieur du soutien-gorge.
‒ Tu aimes. Il grimpe le bout.
Elle m'a sorti un sein. A laissé sa main délicatement posée dessus.
‒ Tu sais ce que j'aimerais un jour ? C'est que tu me les laisses. Du matin quand tu te lèverais jusqu'au soir. Je passerais la journée avec eux. À les apprendre. À les aimer.
On s'est tues. J'étais bien. On était bien. Quand on a quitté – à regret – notre repaire de verdure il s'est débrouillé pour se trouver sur notre chemin, le type.
‒ Bonne journée, les filles !
On a spontanément répondu. En chœur.
À vous aussi…
‒ Oh, la mienne elle sera bonne. Elle sera forcément bonne. Tout ensoleillée. Grâce à vous.
16 heures
J'y suis allée. J'ai longtemps hésité, mais Il était à l'arrière de la maison, le cabinet. Après avoir suivi des tas de panneaux et de flèches. La secrétaire a à peine levé les yeux de son ordinateur. ‒ Oui. C'est pour quoi ?
‒ Je voudrais voir Maître Ducret.
‒ Vous avez rendez-vous ?
‒ Non, mais…
‒ Il faut prendre rendez-vous.
Une porte s'est ouverte. Elle ! C'était elle. Grande. Blonde. Très classe. Exactement comme je l'imaginais. Elle m'a souri. Sourire professionnel. Commercial.
‒ C'est à quel sujet ?
‒ Elle n'a pas rendez-vous.
‒ Je vais la prendre. Legrand s'est décommandé. Je vais la prendre.
‒ Je vous écoute…
‒ Oui, bon… Alors voilà ! J'aurais voulu savoir… Pour se pacser. Ce qu'il fallait faire. Les papiers. Les démarches. Tout ça.
‒ Oh, c'est assez simple. Et malgré tout quand même assez compliqué. La paperasserie en France, vous savez ! Alors le mieux, je vais vous donner un dossier. Vous l'étudierez, vous commencerez à le remplir et vous reviendrez me voir. Avec le jeune homme de préférence.
Oui, ben alors ça il y avait pas de risque. Parce que mon mec c'était aussi le sien à cette connasse. Sauf que moi je le savais. Pas elle.
23 heures
Du bruit. Julien. Qui rentrait. Des chuchotements. Un fou rire étouffé. Il n'était pas tout seul. Camille ? Oui, sûrement. La porte de sa chambre. Des murmures. Un coulis de voix. Et puis le silence. Transpercé d'un gémissement étouffé. Un autre. Une multitude d'autres. Ça s'est emballé. ‒ Oh, mon amour ! Mon amour ! Mon amour ! Maintenant ! Maintenant !
Une longue plainte. Interminable. Des cris éperdus. En salve. C'est retombé. Le coulis de voix à nouveau. Apaisé. Serein. Je m'en suis bercée. Je l'ai accompagné. Du bout des doigts d'abord. Et puis…
Mardi 4 juin
J'étais en train de déjeuner quand Julien s'est extirpé à pas de loup de la chambre. Il a refermé tout doucement la porte, un doigt sur les lèvres.
‒ Elle dort. Et ça a l'air parti pour un bon moment.
Il s'est versé un grand bol de café noir, s'est assis en face de moi.
‒ T'as entendu ?
‒ Il aurait fallu être sourde
‒ Tu as aimé ?
J'ai lentement acquiescé. Sans le quitter des yeux.
‒ Tu as ?
‒ J'ai… Tout à la fin. Après vous. Pendant que vous parliez.
‒ Tout le temps j'ai pensé à toi. Tout du long. Pas une seconde j'ai arrêté.
9 heures
On ne s'est pas posé la question. On ne s'est pas concertées. On a pris aussitôt, d'un même pas, la direction du banc. Et on a éclaté de rire.
‒ Ça devient une habitude.
‒ Dont on aurait du mal à se passer maintenant, hein !
‒ Il sera là, tu crois ?
‒ Tu en doutes ?
‒ Non. À vrai dire, non.
Il n'était pas là.
‒ Il a peut-être eu un empêchement. Quelque chose qui l'a retardé. Il va arriver.
On a attendu. Dix minutes. Vingt minutes.
‒ On va être en retard en cours.
‒ On s'en fout.
Une demi-heure.
‒ Il viendra plus.
‒ Faudrait pas qu'il ait eu un accident.
‒ Oui, oh, tu parles ! C'est juste qu'il en a rien foutre de nous. Mais nous non plus on n'en a rien à foutre de lui. Un vieux comme ça !
‒ Bon, allez ! Ça sert à rien d'attendre.
Elle s'est levée. A soupiré.
‒ Quand je pense que j'avais pas mis de culotte. Exprès pour lui.
13 heures
Je finissais ma barquette de céleri rémoulade quand quelqu'un m'a posé la main sur l'épaule. Stéphane.
‒ Ben, qu'est-ce tu fais là, toi ?
‒ S'il y a un endroit où je suis à peu près sûr de pouvoir te trouver à cette heure-ci, c'est bien le resto U.
‒ Oui, oh, alors ça ! J'y suis pas tous les jours non plus.
Il s'est assis en face de moi.
‒ En tout cas ça a l'air d'aller, toi… Tu es resplendissante.
‒ Ça va, oui ! J'ai pas à me plaindre.
‒ En fait si je voulais te voir, c'est que je suis en train de monter ma propre troupe de théâtre. C'est en train de prendre sérieusement tournure. On a même eu des subventions. Pas grand-chose, mais enfin on en a eu. Donc, du coup, je suis à la recherche de bons acteurs. Pour ne pas dire d'excellents acteurs. C'est pourquoi j'ai pensé à toi.
‒ Flatteur !
‒ C'est pas une réponse.
‒ Je sais pas, Stéphane ! Je sais pas. J'ai mes études. Ça passe avant tout. Et puis des tas d'autres occupations. Alors je sais pas.
‒ Prends ton temps ! Réfléchis ! T'es pas obligée de me répondre tout de suite.
‒ T'es chiant ! Parce que je vais dire oui. Tu sais bien que je vais pas pouvoir m'empêcher de dire oui.
17 heures
Elle s'est levée du canapé d'un bond. Comme si je l'avais prise en faute. Une petite brune aux yeux verts. Légèrement potelée.
‒ Salut !
‒ Salut ! T'es Camille, je suppose.
‒ Oui. Et toi, Clémence.
‒ Voilà oui.
‒ Ça dérange pas que je sois là ?
‒ Non. Bien sûr que non. J'amène bien mon copain, moi, des fois.
‒ De toute façon je serai pas là tout le temps.
‒ Oh, tu peux si tu veux, hein ! Je m'en fiche, moi !
‒ Oui, mais non. Non. Parce que je voudrais pas que ça recommence comme avant.
‒ Que ça recommence quoi ?
‒ Un mec il a besoin qu'on lui lâche la grappe. Qu'on soit pas tout le temps sur son dos. Surtout Julien. J'ai mis du temps à le comprendre, ça. Parce que nous, les filles, on fonctionne pas pareil. Quand on aime quelqu'un on voudrait tout le temps être avec. Eh bien, c'est la pire des choses qu'on puisse faire. Mais je t'ennuie avec mes histoires.
‒ Pas du tout, non. Pas du tout.
Quand Julien est arrivé – pas loin de deux heures plus tard – on s'activait ensemble aux fourneaux et on discutait comme deux vieilles copines.
‒ Bon, ben on a fait connaissance, les filles, à ce que je vois. Et on a l'air de bien s'entendre.
‒ Ça pourrait être pire. Ça pourrait être pire…
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plemagne
1 août 2025 à 22:11
Ah oui, ça c'est bien écrit. Il y a l'érotisme suggéré par les situations, mais il y a aussi les personnages auxquels on s'attache et le style. J'en redemande.
Soyez respectueux
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