Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ce que Marianne s’autorise — Chapitre 2 · Le regard
Ce chapitre est une rediffusion d'un texte déjà publié par le passé
Auteur
Ce que Marianne s’autorise
Chapitre 2 · Le regard
Le lendemain matin, je pensai à Monsieur Delorme au moment de m’habiller, ce qui m’agaça suffisamment pour que je choisisse presque aussitôt la première robe qui se trouvait devant moi, comme si la rapidité de ma décision pouvait prouver que ce qui s’était passé la veille n’avait aucune importance. J’avais pourtant passé une bonne partie de la soirée à me demander pourquoi cet incident m’avait autant troublée, sans parvenir à trouver une explication qui me satisfasse entièrement.
Je n’avais jamais été une femme particulièrement soucieuse de séduire, du moins pas depuis plusieurs années, et je ne comprenais pas très bien pourquoi le regard embarrassé d’un patient avait suffi à modifier la manière dont je considérais mon propre corps. Il ne m’avait adressé aucun compliment, n’avait fait aucun geste déplacé et semblait même avoir été plus gêné que moi par ce qu’il avait aperçu. Pourtant, lorsque je m’étais regardée dans la glace après ma douche, j’avais encore retrouvé cette curiosité nouvelle pour ma poitrine, ces seins que je jugeais depuis toujours trop souples et dont la forme naturelle avait manifestement plu à un homme qui ne s’attendait pas davantage que moi à les découvrir.
Je ne changeai cependant rien à mes habitudes. Je ne mis pas de soutien-gorge, parce que je n’en portais presque jamais pendant mes tournées lorsqu’il faisait chaud, et je ne cherchai pas davantage à savoir si ma robe me mettait particulièrement en valeur. C’était un modèle simple, en coton léger, assez près du corps au niveau de la taille mais plus ample sur les hanches, avec une encolure arrondie qui dégageait une partie de mes épaules. Je l’avais déjà portée plusieurs fois sans y prêter la moindre attention et n’avais aucune raison de la considérer différemment ce matin-là.
Ce fut seulement devant la glace de l’entrée, mes clés déjà à la main, que je remarquai que j’avais pris soin de laisser mes cheveux détachés plutôt que de les relever comme je le faisais habituellement, et que je m’étais attardée quelques secondes supplémentaires sur mon visage. J’avais même passé un peu de mascara, geste suffisamment rare les jours de tournée pour que je me demande aussitôt à qui je cherchais à plaire.
Antoine apparut derrière moi tandis que je rangeais mon rouge à lèvres dans mon sac. Il portait encore son pantalon de pyjama et une chemise qu’il n’avait pas boutonnée jusqu’en haut, les cheveux légèrement désordonnés par le sommeil. Il m’embrassa dans le cou, posa les mains sur mes hanches et me demanda si j’avais prévu quelque chose de particulier après ma tournée.
Je lui répondis que non, que j’avais simplement eu envie de me maquiller un peu, et il sourit en me disant que cette robe m’allait particulièrement bien. Sa remarque me fit plaisir, d’autant qu’elle n’avait rien d’automatique : Antoine n’était pas avare de compliments, mais il lui arrivait rarement de remarquer un changement aussi discret dans ma manière de m’habiller. Je tournai la tête pour l’embrasser et sentis ses mains se resserrer un instant autour de ma taille avant qu’il me laisse partir.
Dans la voiture, je repensai à ce petit échange avec une satisfaction mêlée d’agacement. Mon mari m’avait regardée, m’avait trouvée jolie et me l’avait dit, exactement comme j’aurais pu le souhaiter. Pourtant, je savais que j’attendais autre chose de cette journée, et cette évidence me contraria suffisamment pour que je monte le volume de la radio avant de quitter notre rue.
Ma matinée fut suffisamment chargée pour que Monsieur Delorme disparaisse rapidement de mes pensées. Une prise de sang difficile, un pansement qui évoluait mal, une patiente âgée dont la fille m’attendait pour me poser une dizaine de questions auxquelles le médecin avait déjà répondu la veille : à dix heures trente, j’avais pris du retard et ne pensais plus qu’à la possibilité de le rattraper avant midi.
Pourtant, lorsque je garai ma voiture devant sa maison, je ressentis immédiatement quelque chose de différent.
Je restai quelques secondes derrière le volant, les mains posées sur le volant, avant de prendre ma mallette. Je savais désormais que Monsieur Delorme m’avait regardée comme une femme et non simplement comme l’infirmière chargée de son traitement. Cela ne transformait pas notre relation, qui demeurait parfaitement professionnelle, mais une forme d’innocence avait disparu. Jusqu’à la veille, il était pour moi un patient d’une cinquantaine d’années dont je connaissais le traitement, la date de début des soins et quelques habitudes de vie ; désormais, je possédais une information supplémentaire sur lui, quelque chose de beaucoup plus intime dont nous n’avions aucune raison de parler et qu’il aurait probablement préféré me cacher.
Il m’ouvrit avec sa réserve habituelle, me salua poliment et s’écarta pour me laisser entrer. Je remarquai presque aussitôt qu’il faisait davantage attention à la direction de son regard, comme si l’incident de la veille avait laissé chez lui une gêne qu’il cherchait à dissimuler derrière une correction un peu excessive. Il ne regarda pas ma robe, du moins pas ouvertement, et je ressentis un soulagement sincère en constatant qu’il ne cherchait pas à profiter de ce qui s’était passé.
Nous gagnâmes la cuisine et je commençai mon soin. Pendant quelques minutes, nous retrouvâmes la banalité de nos visites précédentes, parlant de la chaleur, d’un problème de circulation sur la route du bourg et du temps qu’il faudrait encore avant qu’il puisse reprendre normalement ses activités. Je travaillais avec les mêmes gestes précis, vérifiant l’évolution du pansement et préparant le matériel nécessaire, tandis qu’il répondait tranquillement à mes questions.
Pourtant, je ne le regardais plus tout à fait de la même manière.
Je remarquais maintenant des détails auxquels je n’avais jamais prêté attention : sa façon de se tenir lorsqu’il me parlait, le calme de sa voix, ses avant-bras lorsqu’il retroussait ses manches, cette carrure assez forte que mes yeux avaient enregistrée pendant des semaines sans que j’y associe quoi que ce soit. Il avait des mains larges, avec des doigts solides et des ongles courts, probablement les mains d’un homme habitué à effectuer lui-même de nombreux travaux dans sa maison. Je n’y trouvais rien de particulièrement séduisant, mais il me surprenait de constater que je les regardais aujourd’hui comme les mains d’un homme et non plus seulement comme celles d’un patient.
Il me demanda combien de visites il restait encore. Je vérifiai rapidement mon planning et lui annonçai que, si l’évolution demeurait aussi bonne, je passerais encore deux fois avant la fin des soins. Il acquiesça simplement, mais son expression changea légèrement, juste assez pour que je me demande s’il aurait préféré une autre réponse.
Lorsque je dus me pencher pour prendre une compresse au fond de ma mallette, j’eus un bref mouvement d’hésitation. La veille, ce geste parfaitement ordinaire avait provoqué l’incident dont je n’arrivais pas à me détacher, et je savais que l’encolure de ma robe, bien que moins large que celle de mon petit haut, pouvait s’écarter lorsque je me penchais franchement en avant.
Je fis pourtant mon geste normalement.
Le coton glissa légèrement contre ma poitrine et je sentis l’air circuler sous l’encolure pendant que je cherchais le matériel. Je ne pris aucune précaution particulière pour ramener le tissu contre moi, mais je ne cherchai pas non plus à prolonger le mouvement. Lorsque je me redressai, Monsieur Delorme regardait la fenêtre, avec cette application un peu trop visible de quelqu’un qui souhaite précisément prouver qu’il ne regarde pas ailleurs.
Je faillis sourire.
Ce qui m’amusait n’était pas tant l’idée qu’il ait pu apercevoir quelque chose que cette retenue dont il faisait preuve, comme s’il craignait désormais de commettre une indiscrétion en laissant simplement son regard suivre mes gestes. Je connaissais pourtant suffisamment les hommes pour savoir qu’ils ne se comportaient pas tous ainsi. Certains auraient profité de l’incident pour multiplier les plaisanteries, d’autres auraient trouvé un prétexte pour prolonger la situation, et quelques-uns n’auraient probablement même pas cherché à dissimuler leur curiosité.
Monsieur Delorme, lui, semblait déterminé à me laisser oublier ce qui s’était passé.
Je lui en étais reconnaissante, mais je devais reconnaître qu’une part de moi en éprouvait une déception presque enfantine.
Lorsque je terminai le pansement, il me proposa un verre d’eau que j’acceptai volontiers. Nous restâmes quelques minutes près de la table de la cuisine, parlant de choses parfaitement ordinaires, puis il me demanda d’une voix un peu hésitante s’il ne m’avait pas trop embarrassée la veille.
Je relevai les yeux vers lui.
Il paraissait sincèrement préoccupé par ma réponse, et cette gêne me toucha davantage que je ne l’aurais imaginé. Je lui expliquai que non, qu’il n’avait rien fait de déplacé et que j’avais simplement été surprise par la légèreté de mon vêtement. Il acquiesça, visiblement soulagé, puis ajouta qu’il n’avait surtout pas voulu me mettre mal à l’aise.
— Je sais bien, lui répondis-je avec un sourire. Ne vous inquiétez pas.
Nous restâmes silencieux un instant. J’aurais pu ajouter quelque chose, lui dire que je ne lui en voulais pas d’avoir regardé ou même lui faire comprendre que sa réaction ne m’avait pas déplu, mais cette idée me parut aussitôt déplacée. Je n’étais pas venue chez lui pour obtenir des compliments et je ne souhaitais pas transformer une maladresse en conversation intime avec un patient.
Je rangeai donc ma mallette, vérifiai une dernière fois le pansement et pris congé.
En me raccompagnant jusqu’à la porte, il me remercia comme d’habitude, avec cette politesse tranquille qui m’avait toujours plu chez lui. Je descendis les deux marches du perron, puis me retournai pour lui souhaiter une bonne journée. Il était resté dans l’encadrement de la porte et, pendant une seconde, son regard descendit vers mes jambes avant de remonter presque immédiatement vers mon visage.
Cette fois, je le remarquai sans pouvoir prétendre qu’il s’agissait d’un accident.
Je lui souris, puis rejoignis ma voiture.
Ce fut seulement lorsque je fus installée derrière le volant que je pris conscience de ma propre déception. J’avais obtenu exactement ce que j’aurais dû souhaiter : un homme correct, conscient de son embarras, qui ne cherchait ni à profiter de la situation ni à transformer une maladresse vestimentaire en invitation. Pourtant, il m’avait suffi de surprendre son regard sur mes jambes pour éprouver de nouveau cette satisfaction que je ne connaissais plus depuis longtemps.
Je repris ma tournée sans chercher davantage à comprendre cette contradiction.
À midi, j’avais presque cessé d’y penser lorsqu’un homme me tint la porte de la pharmacie où je venais récupérer du matériel. Il devait avoir mon âge, peut-être un peu moins, portait une chemise claire et me sourit en me laissant passer. Je le remerciai, continuai mon chemin, puis surpris quelques secondes plus tard son regard dans le reflet d’une vitre.
Il regardait mes jambes.
La veille encore, je n’aurais probablement même pas remarqué cette attention, ou je l’aurais considérée comme une manifestation banale de la curiosité masculine, mais cette fois je me surpris à ralentir légèrement avant de rejoindre le comptoir. Je n’avais aucune intention de chercher à le revoir, encore moins de lui adresser la parole, et lorsqu’il quitta la pharmacie quelques minutes plus tard, je ne tentai même pas de savoir dans quelle direction il était parti.
Je gardai pourtant le sourire.
Au cours des visites suivantes, je remarquai d’autres attentions auxquelles je n’aurais probablement pas accordé d’importance quelques jours auparavant. Un homme me salua un peu plus longuement que nécessaire, un autre accompagna son bonjour d’un compliment sur ma robe, tandis qu’un jeune pharmacien avec lequel je travaillais depuis plusieurs années sembla découvrir que je possédais autre chose qu’une blouse, une mallette et un planning toujours trop chargé.
Je ne pouvais évidemment pas savoir si ces hommes me regardaient réellement davantage qu’auparavant ou si j’étais simplement devenue plus attentive à leurs réactions. Peut-être avais-je traversé ces regards pendant des années sans les remarquer, trop occupée à travailler, à respecter mes horaires et à retrouver au plus vite le confort de ma maison après des journées souvent fatigantes.
Cette incertitude me plaisait presque autant que les regards eux-mêmes.
Je n’avais pas besoin de savoir ce que chacun pensait de moi, ni même de vérifier qu’il existait véritablement une intention de séduction derrière une attention ou un sourire. Il me suffisait parfois de sentir que ma présence pouvait encore retenir le regard d’un homme et que la femme que j’étais n’avait pas complètement disparu derrière l’infirmière, l’épouse et les habitudes qui remplissaient désormais l’essentiel de mon existence.
Lorsque je rentrai en début d’après-midi, Antoine travaillait exceptionnellement à la maison. Je passai devant son bureau avec ma mallette et il leva les yeux de son écran pour me demander si ma matinée s’était bien passée. Je lui répondis que oui, déposai un baiser sur ses cheveux et restai quelques instants derrière lui pendant qu’il me racontait une difficulté rencontrée avec un patient du cabinet. Il prit ma main, la serra doucement avant de retourner à son dossier et me promit qu’il essaierait de terminer suffisamment tôt pour que nous puissions dîner ensemble.
Je montai me changer avec une impression étrange que je n’aurais pas su lui expliquer.
Antoine avait été affectueux, attentif, exactement comme il l’était généralement lorsqu’il me retrouvait après une matinée de travail. Il m’avait même complimentée sur ma robe quelques heures auparavant et je n’avais aucune raison de lui reprocher de ne pas interrompre son travail pour me regarder plus longuement. Pourtant, en repensant aux hommes croisés pendant ma tournée, je me demandai depuis combien de temps mon mari ne m’avait pas observée avec cette curiosité légèrement indiscrète qui m’avait troublée chez Monsieur Delorme.
Dans la chambre, je retirai ma robe avant d’aller chercher un pantalon dans l’armoire. Je passai devant la glace sans m’arrêter, puis revins pourtant sur mes pas quelques secondes plus tard. Je ne cherchai pas cette fois à examiner mes seins ni à dresser mentalement la liste de ce qui me déplaisait chez moi, mais regardai l’ensemble : ma grande silhouette mince, mes jambes longues, mes épaules étroites, ma poitrine souple, mon ventre plat sans être particulièrement travaillé et les quelques marques laissées par les années sur un corps auquel je n’avais jamais véritablement accordé beaucoup de valeur.
J’avais toujours eu tendance à le regarder par morceaux, comme si je cherchais systématiquement à identifier ce qui pouvait être amélioré. Mes jambes me plaisaient, mais mes hanches me semblaient trop étroites ; j’aimais la finesse de ma taille, mais trouvais mes épaules trop osseuses ; je pouvais reconnaître que ma silhouette était élégante sous une robe et me trouver presque aussitôt décevante une fois déshabillée. Je n’avais jamais vraiment essayé de considérer l’ensemble, encore moins d’imaginer ce qu’un homme pouvait voir lorsqu’il me regardait sans connaître toutes les critiques que je m’adressais.
Je tournai légèrement sur moi-même, observai ma silhouette de profil, puis ramenai mes cheveux sur une épaule. Je retrouvai la forme familière de mes seins, leur souplesse naturelle et cette poitrine que j’avais longtemps souhaité différente, mais je ne ressentis pas cette fois le besoin immédiat de la dissimuler.
Je restai quelques instants devant le miroir avant d’enfiler un pantalon léger et un haut confortable.
Le soir, Antoine rentra dans la chambre alors que je terminais de ranger du linge. Il m’embrassa dans le cou, passa les bras autour de ma taille et me demanda si j’avais envie de sortir dîner le week-end suivant. Nous n’avions rien prévu de particulier et l’idée me plut, d’autant qu’il proposait rarement ce genre de sortie sans attendre une occasion précise.
Je lui répondis que oui, puis me retournai pour l’embrasser. Il me serra contre lui avec cette tendresse tranquille que j’aimais toujours chez lui et nous restâmes un moment ainsi, sans parler, avant qu’il rejoigne la salle de bains.
Pendant le dîner, nous discutâmes de nos journées, de nos patients et du restaurant qu’il souhaitait réserver. La conversation était agréable, suffisamment naturelle pour que je me demande pourquoi j’avais passé une partie de la matinée à comparer son regard à celui d’hommes que je connaissais à peine. J’aimais Antoine, j’appréciais sa présence et je ne pouvais pas sérieusement lui reprocher de ne plus manifester à chaque instant l’empressement d’un homme qui découvre une femme pour la première fois.
Pourtant, lorsque nous montâmes nous coucher, il aborda de nouveau, presque incidemment, l’un de ses fantasmes.
Il me demanda si j’avais remarqué des hommes pendant ma tournée, puis ajouta avec un sourire qu’il était certain qu’on me regardait davantage que je ne voulais bien l’admettre. Habituellement, ce genre de question m’ennuyait assez vite, mais ce soir-là je disposais d’une réponse réelle, d’un souvenir précis qui me revint immédiatement en mémoire.
Oui, un homme m’avait désirée. Je l’avais vu dans son embarras, dans ses regards furtifs et surtout dans cette réaction physique qu’il n’avait pas réussi à dissimuler. Je savais même exactement quelle partie de mon corps avait provoqué son trouble.
Je ne racontai rien.
Antoine poursuivit quelques instants, me demandant si je n’avais jamais été curieuse de savoir ce qu’un inconnu pouvait penser en me regardant, puis il s’interrompit lorsque je lui répondis que je n’avais pas particulièrement envie de parler de cela ce soir-là. Il ne parut pas vexé, se contenta de m’embrasser sur le front et éteignit sa lampe après m’avoir souhaité bonne nuit.
Je restai éveillée un peu plus longtemps.
J’aurais pu lui parler de Monsieur Delorme sans rien lui révéler d’autre que ce qui s’était réellement passé. Antoine aurait probablement été amusé, peut-être même flatté de savoir qu’un homme s’était laissé troubler par ma poitrine, et nous aurions pu en rire ensemble comme nous l’avions parfois fait autrefois lorsqu’il remarquait un regard sur moi.
Mais je connaissais également sa curiosité lorsqu’il s’agissait de son fantasme. Il aurait voulu savoir à quoi ressemblait cet homme, ce qu’il avait exactement aperçu, comment j’avais réagi et si j’avais éprouvé quelque chose en comprenant qu’il me désirait. Ses questions n’auraient probablement eu aucune intention désagréable ; il aurait simplement cherché à faire entrer cet événement dans l’univers de ses propres envies, avec cette excitation nouvelle qui apparaissait chaque fois qu’il imaginait qu’un autre homme puisse s’intéresser à moi.
Je n’avais pas envie de lui donner ce souvenir.
Ce qui s’était passé chez Monsieur Delorme avait été entièrement imprévu, presque insignifiant, et pourtant j’avais éprouvé une satisfaction que je n’avais pas eu besoin de partager pour qu’elle existe. Je pouvais encore revoir son expression embarrassée, sentir le tissu léger de mon haut et retrouver cette curiosité pour mon corps qui m’avait accompagnée depuis la veille. Je n’avais rien décidé, rien organisé et surtout rien promis à personne.
Antoine remua légèrement près de moi et posa une main sur ma taille dans son sommeil. Je la recouvris de la mienne, puis me rapprochai de lui jusqu’à sentir sa chaleur contre mon dos. Sa présence me rassurait toujours, et je restai ainsi quelques minutes avant de fermer les yeux.
Le lendemain matin, en consultant mon planning, je retrouvai le nom de Monsieur Delorme parmi les visites prévues deux jours plus tard. Je vérifiai machinalement l’horaire, refermai mon agenda et terminai mon café.
Puis, avant de monter m’habiller, je regardai la robe que j’avais portée la veille, encore suspendue au dossier d’une chaise.
Je passai simplement la main sur son tissu avant de rejoindre la chambre.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()