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Couverture de Ce que Marianne s’autorise, par EntreDeux
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Ce que Marianne s’autorise — Chapitre 5 · Le dîner

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Ce que Marianne s’autorise

Chapitre 5 · Le dîner

Lorsque Antoine m’annonça, quelques jours plus tard, que Philippe viendrait dîner le samedi suivant, je tenais une pile d’assiettes que je venais de sortir du lave-vaisselle et je faillis en laisser échapper une, moins à cause de la surprise que de la brusque contrariété que cette nouvelle provoqua en moi. Mon mari avait parlé de cette invitation avec le naturel de quelqu’un qui organise une soirée parfaitement ordinaire, expliquant qu’ils devaient revoir ensemble les remplacements prévus au cabinet pendant les prochaines vacances et que Philippe pourrait ainsi rester manger après leur travail, avant d’ajouter qu’il avait accepté presque immédiatement et de me demander si cela me dérangeait.
Je reposai les assiettes dans le placard avant de lui répondre que non, sans trouver de raison suffisamment convaincante pour m’opposer à la venue d’un homme que nous recevions depuis des années et dont la présence n’avait jamais posé la moindre difficulté particulière. Antoine me remercia d’un baiser sur la joue, proposa de s’occuper du vin et retourna dans son bureau, me laissant seule dans cette cuisine où Philippe était venu chercher une enveloppe quelques jours auparavant et dont certains détails, depuis lors, me revenaient à l’esprit avec une précision dont j’aurais volontiers fait l’économie.
Je n’attendais pas sa visite avec l’impatience que m’aurait inspirée un homme séduisant. Son ventre énorme, ses joues rouges et cette suffisance tranquille qui accompagnait ses paroles continuaient à me déplaire. Pourtant, tandis que je rangeais les derniers verres, je surpris ma main posée sur le bord du plan de travail à l’endroit presque exact où je m’étais appuyée lors de notre rencontre. Le souvenir revint plus net que je ne l’aurais voulu : la largeur de sa paume contre mon ventre, la lenteur précise avec laquelle ses doigts avaient trouvé mon clitoris, puis la façon dont il avait continué exactement le même mouvement, sans accélérer, jusqu’à ce que je jouisse silencieusement contre le bois. Cette précision me manquait davantage que l’homme lui-même.
Pendant les deux jours qui précédèrent le dîner, Philippe ne m’écrivit pas, ce qui me procura d’abord un soulagement véritable avant de faire naître une curiosité que je trouvai parfaitement ridicule. J’avais refusé ses propositions, laissé ses derniers messages sans réponse et n’avais aucune raison de souhaiter qu’il poursuive ses avances, mais je me surpris malgré tout à regarder mon téléphone lorsqu’il vibrait, puis à ressentir une légère déception en découvrant le nom d’une collègue ou une notification sans importance. Cette attente involontaire m’agaçait d’autant plus que je n’aurais probablement pas répondu s’il m’avait effectivement écrit, et je finis par laisser mon appareil au fond de mon sac pendant mes tournées pour ne plus me retrouver à vérifier machinalement son écran.
Le samedi, Antoine rentra peu après midi avec quelques courses supplémentaires et une bouteille qu’il avait choisie chez un caviste, visiblement satisfait à l’idée de passer une soirée avec son collègue sans avoir à se préoccuper des consultations ni des urgences du cabinet. Nous préparâmes ensemble une partie du dîner, lui épluchant les légumes pendant que je surveillais la cuisson de la viande, et je retrouvai dans cette activité commune une tranquillité que j’appréciais sincèrement, même lorsque mon regard rencontrait par hasard la table de la cuisine ou le bord du plan de travail. À plusieurs reprises, Antoine passa derrière moi pour récupérer quelque chose dans un placard, m’effleura la taille ou déposa un baiser dans mon cou, et je me surpris à rechercher davantage ces petites marques d’affection, comme si sa présence pouvait dissiper l’embarras que me causait la perspective de recevoir Philippe.
En fin d’après-midi, lorsque je montai me préparer, j’avais décidé de ne faire aucun effort particulier et d’enfiler simplement un pantalon avec un chemisier que je portais régulièrement, mais je restai devant mon armoire plus longtemps que prévu, passant d’un vêtement à l’autre sans être réellement satisfaite de ce que je choisissais. Je finis par sortir une robe bleu nuit, assez simple, légèrement cintrée à la taille, dont le tissu souple descendait jusqu’au-dessus des genoux et suivait agréablement mes hanches. Elle n’était ni provocante ni particulièrement décolletée, mais elle mettait mes jambes en valeur et soulignait la courbe de mes fesses, que j’aimais depuis longtemps, même aux époques où je cherchais à dissimuler le haut de mon corps.
Je pris le temps de me coiffer, laissai mes cheveux détachés et ajoutai une paire de boucles d’oreilles discrètes avant de me regarder dans la glace, éprouvant ce plaisir nouveau que je retrouvais depuis quelque temps à constater qu’une robe bien choisie et quelques minutes consacrées à mon apparence pouvaient transformer l’image que j’avais de moi-même. Je savais qu’Antoine me trouverait jolie. Devant le miroir, je retouchai pourtant une dernière fois le tombé de la robe, en pensant malgré moi au regard de Philippe.
Lorsque je descendis, Antoine leva les yeux de ses documents et resta quelques secondes à me regarder avec un sourire admiratif, avant de s’approcher pour m’embrasser en me disant que j’étais magnifique. Je lui répondis en passant les bras autour de son cou, touchée par cette spontanéité qui ne lui avait jamais totalement manqué malgré les années, puis l’aidai à terminer la préparation de l’apéritif tandis que nous attendions l’arrivée de son collègue.
Philippe sonna peu après dix-neuf heures, avec quelques minutes de retard et une bouteille de vin à la main. Je lui ouvris alors qu’Antoine rassemblait encore ses dossiers dans son bureau et retrouvai cet homme massif, toujours aussi peu séduisant, dont la chemise sombre tirait sur le ventre malgré la veste qu’il portait, avec ses joues rougeâtres et son crâne presque dégarni. Ses rares cheveux gris, soigneusement peignés vers l’arrière, lui donnaient un air appliqué qui ne changeait rien à mon impression première.
Son regard descendit sur ma robe avant de remonter vers mon visage, avec une lenteur suffisamment marquée pour que je comprenne qu’il appréciait ce qu’il voyait, puis il me complimenta d’une voix plus douce que celle qu’il employait habituellement lorsqu’il plaisantait avec Antoine. Je souris malgré moi en le remerciant, puis m’écartai pour le laisser entrer, consciente que nous nous retrouvions pour la première fois depuis cet après-midi dont nous étions les seuls à connaître le déroulement.
Il passa près de moi, laissant derrière lui un parfum appliqué trop généreusement, puis s’arrêta dans l’entrée tandis que je refermais la porte. Lorsque je me retournai, il se tenait à moins d’un pas, la bouteille toujours entre ses mains épaisses, et ce silence partagé me parut plus embarrassant que les compliments qu’il aurait pu me faire.
— Tu ne réponds plus à mes messages, Marianne.
Il avait baissé la voix, sans perdre tout à fait cette expression satisfaite que je lui connaissais depuis des années. Je lui répondis que j’avais été occupée, puis ajoutai qu’il avait sans doute compris que je ne souhaitais pas recevoir de visite imprévue, ce qui lui fit incliner légèrement la tête avec un sourire que je ne parvins pas à interpréter.
Il aurait pu insister, chercher à me toucher ou profiter de ces quelques secondes pour retrouver la familiarité de notre précédente rencontre, mais il se contenta de me tendre sa bouteille. Lorsque je la pris, nos doigts se rencontrèrent autour du verre et je sentis de nouveau la chaleur de sa main, presque avec surprise, tant ce contact bref différait de l’impression désagréable que me causait encore son apparence. Je ne retirai pas immédiatement mes doigts, bien que rien ne m’empêchât de le faire, et je dus reconnaître que cette proximité me troublait plus que je ne l’aurais imaginé en lui ouvrant la porte.
Antoine arriva quelques secondes plus tard et serra chaleureusement la main de son collègue, tandis que je m’éloignais vers la cuisine pour déposer la bouteille et préparer les premiers verres. Je les entendis plaisanter dans l’entrée avant de gagner le salon, puis parler de leurs dossiers avec cette facilité des hommes qui se connaissent depuis des années et n’ont pas besoin de chercher longtemps un sujet de conversation.
Pendant près d’une heure, ils travaillèrent sur les remplacements du cabinet, les congés de plusieurs collègues et quelques difficultés d’organisation auxquelles Antoine souhaitait trouver une solution. Je passais de temps en temps dans le salon pour apporter quelque chose ou débarrasser les verres, écoutant distraitement leurs échanges tout en surveillant la cuisson du dîner, mais je remarquai rapidement que Philippe ne me regardait plus exactement comme auparavant. Son attention possédait maintenant une familiarité particulière, presque une certitude, et lorsque je traversais la pièce, je sentais ses yeux suivre ma silhouette avec une insistance qui me gênait autant qu’elle éveillait en moi la satisfaction de savoir qu’un homme pouvait encore me désirer.
Je surpris une fois son regard au moment où je me relevais pour reprendre un verre sur la table basse. Il se détourna aussitôt vers le dossier qu’Antoine lui montrait, puis revint plus tard à moi d’un simple mouvement des yeux ; je ne savais plus si cette prudence inhabituelle répondait à mon silence des derniers jours ou s’il attendait seulement que je fasse un pas.
Lorsqu’il me tendit son verre vide, je m’approchai pour le reprendre et laissai cette fois volontairement mes doigts rencontrer les siens, un contact si bref qu’il aurait pu passer pour accidentel si je n’avais pas su exactement ce que je faisais. Philippe leva les yeux vers moi sans modifier son expression, puis continua à parler avec Antoine de la répartition des gardes, mais je vis son pouce se déplacer légèrement contre le bord du verre avant qu’il me le laisse prendre, et cette réponse minuscule me suivit jusqu’à la cuisine avec une intensité disproportionnée.
Je reposai le verre près de l’évier, contrariée d’avoir recherché ce contact après avoir refusé les invitations de Philippe. Je n’avais aucune envie de devenir sa maîtresse régulière ; je gardais pourtant dans les doigts la sensation de sa main contre la mienne.
Antoine vint me rejoindre pour vérifier si nous pourrions bientôt passer à table, posa les mains sur mes épaules et m’embrassa dans le cou avant de me demander si tout se passait bien. Je lui répondis que oui, heureuse de retrouver un geste tendre qui ne demandait aucune explication, puis lui proposai de sortir les assiettes tandis que je terminais la sauce. Il se mit aussitôt au travail, avec cette bonne volonté un peu maladroite qui me faisait sourire depuis notre mariage, et nous préparâmes ensemble le service sans que je lui laisse deviner combien la présence de son collègue m’occupait désormais l’esprit.
Lorsque nous appelâmes Philippe, il apparut dans l’encadrement de la porte en complimentant l’odeur du dîner et plaisanta sur son appétit, puis vint aider Antoine à porter le plat jusqu’à la table. Je le regardai se déplacer dans la cuisine, sa veste enfin retirée, avec ce ventre énorme et cette manière de prendre toute la place disponible, retrouvant l’agacement qu’il m’avait toujours inspiré lorsqu’il s’approchait trop près d’un meuble ou se penchait devant quelqu’un. Pourtant, lorsqu’il passa à côté de moi pour attraper le plat, je ne m’écartai pas autant que j’aurais pu le faire et sentis sa manche effleurer mon bras, contact insignifiant en lui-même mais auquel je prêtai une attention étonnamment persistante.
Nous nous installâmes à table, Philippe en face de moi et Antoine à ma droite. La conversation reprit naturellement autour du cabinet, puis s’éloigna peu à peu des questions professionnelles pour aborder les vacances, les restaurants et quelques connaissances communes, auxquelles je participais plus facilement que je ne l’aurais cru. Philippe parlait toujours beaucoup, racontait ses anecdotes avec des gestes larges et riait volontiers de ses propres plaisanteries, mais il se montrait également attentif à ce que je disais, me posant plusieurs questions sur mes tournées et sur les difficultés que je pouvais rencontrer avec certains patients.
Je lui répondis sans chercher à prolonger particulièrement nos échanges, mais je remarquai qu’il me regardait souvent pendant que je parlais, avec une attention qui ne ressemblait pas tout à fait à la curiosité ordinaire d’un collègue de mon mari. Lorsqu’il me complimenta une nouvelle fois sur ma robe, Antoine sourit en remarquant que Philippe avait toujours su reconnaître les jolies femmes, ce qui me fit lever les yeux vers lui avec une surprise que je dissimulai derrière mon verre.
Mon mari semblait réellement satisfait de cette attention. Il me regardait avec une fierté tranquille, comme il le faisait parfois lorsque nous sortions ensemble et qu’un homme remarquait mon élégance, puis reprenait la conversation avec son collègue sans soupçonner que ce dernier connaissait désormais de moi beaucoup plus que ma silhouette ou la couleur de mes cheveux. Je ressentis une pointe de culpabilité en retrouvant cette confiance sur son visage, mais je ne pouvais m’empêcher d’apprécier le plaisir évident qu’il éprouvait à me voir ainsi complimentée.
Au cours du repas, Philippe rapprocha légèrement sa chaise de la table et son pied rencontra le mien. Je retirai d’abord ma jambe, croyant à un mouvement involontaire, puis remarquai qu’il me regardait avec une expression à peine amusée avant de reprendre sa conversation avec Antoine. Je croisai les jambes de l’autre côté et continuai à manger, mais ce contact resta dans mon esprit plus longtemps qu’il ne l’aurait dû. Quelques minutes plus tard, je tendis de nouveau le pied et laissai le bout de ma chaussure toucher la sienne. Philippe ne bougea pas immédiatement, puis déplaça son pied jusqu’à ce que nos chaussures se retrouvent côte à côte. Je restai ainsi quelques secondes, consciente de la chaleur qui montait entre mes cuisses, avant de retirer doucement ma jambe. Lorsque je relevai les yeux, il me regardait toujours, mais son sourire avait perdu quelque chose de sa satisfaction habituelle.
La conversation se poursuivit jusqu’au moment où Antoine commença à ouvrir la seconde bouteille, toujours assis à ma droite, tandis que je me penchais pour reprendre l’assiette de Philippe. Sa main était posée sur le bord de la table, tout près de la mienne, et je regardai un instant ses doigts épais, son alliance serrée autour de l’annulaire, avant de poser volontairement deux doigts contre le dos de sa main.
Philippe leva les yeux vers moi, sa main soudain immobile ; pour une fois, son expression ne contenait aucune de ces certitudes qui m’agaçaient tant, seulement la surprise discrète de me voir prendre l’initiative alors qu’Antoine se trouvait juste à côté.
Je n’avais pas prévu ce geste et je ressentis une satisfaction étrange en constatant qu’il me laissait en décider la durée, sans chercher à refermer ses doigts sur les miens. Je gardai le contact quelques secondes pour retrouver la chaleur de sa peau, puis repris les assiettes pendant qu’Antoine versait le vin et poursuivait tranquillement la conversation.
Je retournai dans la cuisine avec une agitation que je ne pouvais plus attribuer seulement à la peur d’être découverte. Après avoir tenu Philippe à distance pendant plusieurs jours, je venais de rechercher sa main à quelques centimètres de mon mari et, dans les yeux de cet homme si souvent trop sûr de lui, j’avais aperçu une surprise dont je gardais malgré moi une satisfaction discrète. Je posai les assiettes sur le plan de travail, entendis Antoine rire dans la salle à manger, puis repris mes préparatifs sans parvenir à retrouver tout à fait ma tranquillité.
Un peu plus tard, le téléphone d’Antoine sonna alors que nous terminions le plat : un collègue souhaitait régler un remplacement de dernière minute, et mon mari s’excusa pour gagner son bureau, où il pourrait retrouver les plannings. Je me levai pour apporter le dessert ; Philippe proposa de m’aider et me suivit jusqu’à la cuisine, où je déposai les assiettes près de l’évier avant d’ouvrir le réfrigérateur, consciente qu’il venait de s’arrêter derrière moi, assez près pour que je distingue sa respiration et le froissement de sa chemise.
Je ne me retournai pas immédiatement. Je savais qu’il me regardait, mais au lieu de lui demander de rejoindre Antoine, je sortis le dessert et refermai lentement le réfrigérateur ; lorsque je me redressai enfin, son ventre effleura mon dos et je sentis la chaleur de son corps à travers le tissu de ma robe.
Je retrouvais son parfum trop fort, sa respiration sonore, cette corpulence qui rendait sa proximité encombrante, sans éprouver pour autant le désir qu’il s’éloigne. Il gardait les mains près de lui et attendait, avec une hésitation qui contrastait tellement avec son aplomb habituel que je restai quelques instants immobile devant le plan de travail, le dessert encore dans son emballage.
Je laissai alors ma main descendre le long de ma hanche, cherchai la sienne sans tourner la tête et, lorsque mes doigts rencontrèrent les siens, les retins doucement contre le côté de ma taille. Sa main resta un instant immobile dans la mienne, comme si cette initiative l’avait surpris ; puis je sentis sa paume se poser plus complètement contre le tissu de ma robe. Je gardai quelques secondes ma main sur la sienne, puis la fis glisser un peu plus bas, l’invitant à suivre le mouvement. Sa main descendit sur ma hanche, puis, lentement, se glissa sous le tissu de la robe et remonta le long de ma cuisse. Le contact de ses doigts chauds sur ma peau nue fut immédiat. Je ne m’écartai pas. Au contraire, j’écartai très légèrement les jambes.
Sa main continua de remonter. Lorsqu’elle atteignit le haut de ma cuisse, je sentis qu’il hésitait. Je posai ma propre main sur la sienne par-dessus le tissu et la guidai plus haut, jusqu’à ce que ses doigts rencontrent l’humidité déjà présente entre mes jambes. Il ne fit aucun commentaire. Il se contenta de caresser doucement, d’abord en surface, puis plus précisément, le majeur trouvant mon clitoris avec la même lenteur que la fois précédente. Je dus m’appuyer des deux mains sur le plan de travail. Mon souffle se raccourcit. Le plaisir monta rapidement, presque trop vite, et je sentis mes cuisses trembler légèrement autour de sa main. Il continua exactement le même mouvement, sans accélérer, jusqu’à ce qu’une vague brève et silencieuse me traverse.
Je retirai sa main avant qu’il aille plus loin, consciente du temps qui passait. Lorsque je me retournai pour lui faire face, je retrouvai son visage rouge, son front légèrement humide et ce cou épais qui disparaissait à moitié dans le col de sa chemise. Pourtant, son sourire habituel avait hésité à paraître, et cette incertitude dans son regard me troubla davantage que son assurance : il semblait attendre de voir ce que j’allais faire.
Je restai quelques secondes devant lui, son ventre encombrant presque tout l’espace entre nous, puis posai la main sur son avant-bras, sans savoir si je souhaitais qu’il m’attire davantage contre lui ou si je cherchais seulement à prolonger le contact. Il baissa les yeux vers moi, ouvrit légèrement les doigts sans avancer davantage, et ce fut alors que nous entendîmes la voix d’Antoine dans le couloir : son appel venait de s’achever.
Je retirai ma main, repris le dessert sur le plan de travail et demandai à Philippe de prendre les petites assiettes, tandis qu’il retrouvait l’expression joviale du collègue venu aider à servir. Antoine apparut dans l’encadrement de la porte et plaisanta en remarquant que nous mettions bien longtemps à préparer un dessert déjà acheté, ce qui me fit sourire malgré mon embarras. Mes jambes étaient encore un peu instables et l’humidité entre mes cuisses me rappelait ce qui venait de se passer.
Nous retournâmes à table avec le plateau, et je repris place à côté d’Antoine en essayant de retrouver le fil d’une conversation qui me semblait désormais beaucoup plus lointaine. Philippe parlait de ses prochaines vacances avec sa femme, évoquant un restaurant où ils avaient prévu de dîner pour leur anniversaire de mariage, et je l’écoutais sans parvenir à regarder son visage, déconcertée par la facilité avec laquelle il retrouvait le ton du collègue invité à dîner.
Je regardai son alliance, toujours un peu trop serrée autour de son doigt épais, puis relevai les yeux vers Antoine qui lui répondait avec intérêt. Mon mari connaissait sa femme, l’avait rencontrée plusieurs fois et semblait considérer leur couple avec la même simplicité qu’il accordait à nos propres habitudes, sans imaginer que nous partagions tous les trois cette soirée autour d’une vérité que deux seulement connaissaient.
Je baissai les yeux vers ma propre assiette. Quelques minutes auparavant, j’avais guidé la main de Philippe sous ma robe ; à présent, Antoine me passait la corbeille à pain et s’inquiétait de savoir si le dessert m’avait plu, avec cette attention familière qui me serra soudain la gorge.
Je refusai le vin qu’Antoine me proposait encore et lui souris lorsqu’il posa la main sur la mienne ; de l’autre côté de la table, Philippe tenait son verre entre ses doigts épais, et je m’obligeai à regarder ailleurs.
La suite du dîner fut plus calme. Philippe ne chercha pas à renouveler notre rapprochement, mais il m’arrivait de surprendre son regard lorsque je parlais ou me levais pour débarrasser, et je ressentais chaque fois ce mélange de gêne et de satisfaction que je n’avais plus besoin de chercher à comprendre. Il me complimenta une dernière fois sur le repas, puis participa à la conversation avec Antoine jusqu’à ce que l’horloge du salon approche minuit.
Lorsque Philippe finit par annoncer qu’il devait rentrer, je ressentis un soulagement sincère à l’idée de retrouver notre maison sans sa présence, mais ce soulagement ne fut pas aussi entier que je l’aurais voulu. Je le regardai remettre sa veste, tirer sur les pans du vêtement pour couvrir son ventre et récupérer les clés de sa voiture, retrouvant dans ces gestes ordinaires tout ce qui m’avait toujours paru peu séduisant chez lui. Avant de quitter la salle à manger, il tourna pourtant la tête vers moi, comme s’il attendait un signe que je ne lui donnai pas, et je fus contrariée de découvrir que je regrettais déjà la proximité recherchée quelques minutes plus tôt.
Antoine le raccompagna jusqu’à l’entrée et je restai légèrement en retrait pendant que les deux hommes échangeaient quelques dernières remarques sur leurs dossiers, convenant de se rappeler en début de semaine pour confirmer certains remplacements. Philippe remercia mon mari pour la soirée, puis se tourna vers moi et me souhaita bonne nuit d’un ton parfaitement correct, avant de s’approcher pour m’embrasser sur les joues comme il l’aurait fait devant n’importe qui.
Lorsque sa joue effleura la mienne, je retrouvai son parfum et cette chaleur familière qui me troubla une dernière fois, suffisamment pour que je laisse ma main se poser brièvement sur son bras au moment où il se redressait. Le geste était parfaitement convenable, semblable à celui que j’aurais pu avoir avec un ami de longue date, mais je sentis ses doigts se refermer une seconde autour des miens avant de me lâcher, sans que ni Antoine ni lui ne prononcent un mot.
Je le regardai descendre les marches du perron avec sa démarche lourde, rejoindre sa voiture et s’installer derrière le volant, puis je me rapprochai de mon mari lorsqu’il referma la porte.
Antoine passa un bras autour de ma taille et m’embrassa doucement sur la tempe, manifestement satisfait de la soirée, avant de me remercier encore pour le dîner et de proposer de m’aider à débarrasser les derniers verres. Je le suivis vers la salle à manger, où les chaises étaient restées légèrement écartées et où la place occupée par Philippe semblait soudain disproportionnée maintenant qu’il était parti.
Je récupérai les serviettes et quelques assiettes pendant qu’Antoine rassemblait les verres, puis nous retournâmes ensemble dans la cuisine, retrouvant ces gestes familiers que nous accomplissions presque chaque soir depuis des années. Mon mari ouvrit le lave-vaisselle, prit les assiettes que je lui tendais et commença à les ranger avec sa bonne humeur tranquille, tandis que je rinçais les derniers couverts, le regard fixé sur le même plan de travail où nous nous étions retrouvés seuls plus tôt dans la soirée.
Antoine me parlait encore du repas lorsque sa main se posa doucement sur ma hanche. Je tournai la tête vers son sourire affectueux et le laissai m’attirer contre lui avec un plaisir sincère, sans parvenir à oublier tout à fait la chaleur d’une autre main au même endroit.
Il m’embrassa, rangea son verre dans le lave-vaisselle et se tourna de nouveau vers moi, l’air amusé.
— Tu as remarqué comme Philippe te regardait ce soir ?
Je continuai à rincer une assiette, consciente que mon mari avait posé cette question avec une légèreté qui ne ressemblait ni à un reproche ni à de la jalousie, puis relevai les yeux vers lui sans répondre immédiatement.
Antoine souriait toujours.
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mozart
27 octobre 2026 à 22:05
Une suite inattendue. Une soirée particulière où Marianne se retrouve seule avec Philippe. Dans ses pensées contradictoires avec la réalité qu'elle ressent. Marianne cèdera t-elle encore, et sera t'elle la maitresse de Philippe. Excellent chapitre, bien ecrit et qui donne egalement beaucoup de plaisir à suivre.

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