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Couverture de Ce que Marianne s’autorise, par EntreDeux
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Ce que Marianne s’autorise — Chapitre 4 · Les jours suivants

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Ce que Marianne s’autorise

Chapitre 4 · Les jours suivants

Le lendemain du passage de Philippe, Monsieur Delorme était ma quatrième visite. Son médecin avait prolongé les soins d’une semaine et, lorsque je garai la voiture devant sa maison un peu avant neuf heures, je ne descendis pas immédiatement. Depuis cette première matinée où j’avais retiré mon pull sans réfléchir à ce que mon haut laissait voir, son regard avait pris dans mon esprit une importance que je n’aurais jamais imaginée quelques jours auparavant. Je me souvenais de son embarras, de sa manière de détourner les yeux et surtout de cette satisfaction que j’avais ressentie en comprenant qu’un homme pouvait me trouver attirante alors que je n’avais rien fait pour provoquer son attention.
Mais ce matin-là, l’image de Philippe se mêlait à celle de Delorme avec une insistance dont je me serais volontiers passée. Je revoyais sa silhouette lourde, ses joues rouges et cette assurance qui m’avait toujours déplu, sans pouvoir écarter le souvenir beaucoup plus troublant de notre rencontre. Ce n’était pas sa compagnie qui me manquait, mais la facilité avec laquelle il avait réveillé un plaisir que je croyais presque oublié.
Le soir précédent, j’avais retrouvé Antoine comme d’habitude. Il était rentré un peu plus tôt que prévu, avait préparé la table pendant que je terminais le repas et m’avait raconté les difficultés de sa journée avant de me demander si Philippe avait bien récupéré son enveloppe. J’avais répondu que oui, avec un naturel qui m’avait presque effrayée, puis nous avions dîné tranquillement, comme nous le faisions depuis des années. Il avait été affectueux, attentif à ma fatigue et même un peu plus tendre que d’ordinaire lorsque nous nous étions installés sur le canapé, tandis que je me rapprochais de lui avec un plaisir sincère, heureuse de retrouver cette chaleur familière qui n’avait jamais complètement disparu de notre mariage.
Lorsque nous nous étions couchés, Antoine m’avait attirée contre lui avec sa tendresse habituelle. J’étais restée éveillée quelques minutes de plus, sensible à la chaleur de son corps et à sa respiration tranquille, tandis que les souvenirs de l’après-midi revenaient par moments sans que je cherche à les retenir. Il suffisait de me tourner vers mon mari pour retrouver ce que j’aimais chez lui ; pourtant, le souvenir de Philippe persistait.
Ce matin, Antoine m’avait trouvée devant l’armoire en train d’hésiter entre deux robes. Il avait souri en remarquant que je consacrais davantage de temps à m’habiller depuis quelques jours, puis m’avait conseillé de choisir la robe chemisier, celle qui marquait légèrement ma taille et découvrait mes jambes lorsqu’elle s’ouvrait en marchant. Il la trouvait jolie, m’avait-il dit, et j’avais apprécié cette attention, même si je ne pouvais m’empêcher de penser que mon mari ignorait encore presque tout de ce qui occupait désormais mes pensées lorsque je choisissais mes vêtements.
La robe était légère, boutonnée du col jusqu’aux genoux, avec une ceinture souple qui suivait la finesse de ma taille sans serrer. Je l’avais achetée l’été précédent parce qu’elle me semblait pratique pour travailler, mais je m’étais rarement interrogée sur l’effet qu’elle pouvait produire lorsque je bougeais. Ce matin-là, en revanche, j’avais pris le temps de l’essayer devant la glace, d’observer la manière dont elle tombait sur mes hanches et de constater qu’elle mettait également en valeur mes fesses, l’une des rares parties de mon corps dont je n’avais jamais eu à me plaindre. Malgré ma maigreur, elles étaient restées rondes, hautes et fermes, suffisamment pour donner à ma silhouette une courbe que j’aimais retrouver dans certains vêtements ajustés, alors que ma poitrine, dont la souplesse me déplaisait encore certains matins, continuait à me sembler beaucoup moins flatteuse.
Devant la maison de Delorme, je baissai les yeux vers ma robe et restai quelques secondes immobile. J’avais quitté la maison correctement vêtue, les boutons fermés jusqu’à une hauteur raisonnable, l’ourlet descendant suffisamment bas pour ne provoquer aucune difficulté pendant ma tournée. Pourtant, avant d’ouvrir la portière, je détachai deux boutons supplémentaires au niveau du décolleté, puis un autre vers le bas, juste au-dessus du genou. Je vérifiai rapidement mon reflet dans le rétroviseur avant de descendre de voiture, consciente d’avoir pris cette décision sans pouvoir l’attribuer à la chaleur ou au hasard. Le tissu léger frôlait mes cuisses chaque fois que je bougeais, et je sentis le contact comme une présence supplémentaire.
Monsieur Delorme m’ouvrit presque immédiatement. Je vis son regard s’arrêter une fraction de seconde sur l’ouverture de ma robe avant de revenir vers mon visage et reconnus cette expression légèrement embarrassée que j’avais déjà surprise lors de mes visites précédentes. Il me salua avec sa politesse habituelle, s’écarta pour me laisser entrer et me demanda si cette chaleur précoce ne rendait pas ma tournée pénible. Je lui répondis qu’il faisait heureusement moins chaud que les jours précédents, puis gagnai la cuisine avec ma mallette, le laissant refermer la porte derrière moi.
Je remarquai qu’il m’observait lorsque je retirai ma veste légère, davantage peut-être qu’il ne l’aurait fait auparavant, mais sans cette insistance grossière dont Philippe avait fait preuve la veille. Delorme semblait toujours hésiter entre le désir de regarder et celui de conserver une attitude irréprochable, et cette retenue m’amusait presque autant que les rares instants où son attention lui échappait. Je n’avais aucune envie qu’il devienne entreprenant, encore moins qu’il imagine pouvoir se comporter avec moi comme Philippe l’avait fait, mais je trouvais agréable qu’il continue à me considérer avec cette curiosité dont je connaissais désormais l’existence.
Pendant que je préparais le matériel nécessaire à son soin, je me penchai vers ma mallette posée sur une chaise. Le décolleté de la robe s’écarta et je sentis le tissu quitter ma peau, laissant passer un peu d’air frais sur ma poitrine. Je savais que Delorme pouvait remarquer cette ouverture et ne me pressai pas de me redresser, mais lorsque je tournai finalement la tête vers lui, il regardait obstinément la fenêtre, avec cette application un peu excessive qui me fit retenir un sourire. Une chaleur discrète s’était installée entre mes cuisses, non pas parce que je le désirais vraiment, mais parce que son regard retenu me rappelait, par contraste, l’absence totale de retenue de Philippe.
Je poursuivis mon travail sans faire de commentaire. Le pansement évoluait bien, la cicatrisation progressait normalement et je pouvais déjà envisager l’arrêt prochain des soins si les résultats continuaient à être aussi satisfaisants. Nous parlâmes quelques minutes de son retour au travail, d’une difficulté rencontrée avec sa voiture et d’un voisin qui devait venir l’aider à terminer des travaux dans son jardin. Ses yeux revinrent brièvement vers moi avant de se fixer sur le pansement, et je continuai à préparer les compresses sans relever ce détour.
Lorsque je me déplaçai pour récupérer une compresse et la robe s’ouvrit légèrement sur ma cuisse. Je remarquai qu’il suivait le mouvement, puis qu’il détournait les yeux aussitôt que je me tournais vers lui. Il n’y avait rien de particulièrement spectaculaire dans cette attention, aucun geste qui aurait pu me mettre mal à l’aise, et pourtant je ressentis une satisfaction comparable à celle que j’avais éprouvée les jours précédents. J’avais conscience de posséder sur lui un pouvoir discret, presque dérisoire, qui ne demandait ni promesse ni rapprochement et dont je pouvais profiter tout en conservant cette distance professionnelle à laquelle il semblait tenir autant que moi.
Lorsque le soin fut terminé, je rangeai mon matériel avec la précision habituelle, vérifiai une dernière fois les consignes et lui annonçai que je reviendrais le lendemain matin. Il me proposa un café, que j’acceptai malgré les quelques minutes de retard accumulées depuis le début de ma tournée. Nous nous installâmes à la table de la cuisine, lui face à moi, et je pris le temps de boire quelques gorgées avant de reprendre notre conversation. Le tissu de la robe glissait sur mes cuisses chaque fois que je bougeais les jambes ; je les croisai lentement, consciente du frottement.
Delorme me demanda si je travaillais tous les week-ends, puis si je parvenais à trouver du temps pour moi avec des journées aussi longues. Je lui expliquai que les horaires variaient beaucoup, mais que j’avais fini par m’habituer à cette organisation et qu’Antoine comprenait parfaitement les contraintes de mon métier puisqu’il connaissait lui-même des journées parfois interminables. Je parlai de mon mari avec un naturel dont je fus presque surprise après les pensées qui m’avaient accompagnée jusque-là, et Delorme m’écouta sans chercher à obtenir des confidences personnelles.
En reprenant ma mallette, je regardai une dernière fois Delorme, plus jeune que Philippe, avec ses épaules larges et sa réserve presque obstinée. Rien ne s’était produit entre nous au-delà de quelques regards, mais sa retenue avait suffi à éveiller ma curiosité, là où l’assurance encombrante de Philippe m’avait surprise d’une manière entièrement différente.
Sur le pas de la porte, il me remercia pour le café et me souhaita une bonne journée. Je descendis les marches, rejoignis ma voiture et pris place derrière le volant, puis remarquai dans le rétroviseur qu’il était resté quelques secondes devant sa maison avant de rentrer.
Je reboutonnai ma robe avant de reprendre la route. Delorme ne m’avait rien demandé et n’avait pas cherché à prolonger mes gestes ; je conservai néanmoins, jusqu’à la visite suivante, le souvenir de son regard furtif sur ma silhouette.
Ma tournée continua normalement, sans que je puisse toutefois retrouver complètement l’insouciance des jours précédents. Je pensais à Philippe avec une irritation qui revenait chaque fois que je revoyais son visage satisfait, puis à Antoine avec une tendresse que ma culpabilité rendait presque excessive. Il m’arriva même, en m’arrêtant à un feu rouge, de me demander si j’aurais encore été capable de regarder mon mari avec autant de tranquillité s’il avait passé l’après-midi précédent avec une autre femme, et cette seule idée me déplut suffisamment pour que je cesse aussitôt de chercher des excuses à mon propre comportement.
Lorsque je rentrai déjeuner, Antoine était encore au cabinet. Je montai directement dans notre chambre, retirai ma robe et la suspendis soigneusement au lieu de la laisser sur une chaise comme je le faisais trop souvent. J’avais prévu d’enfiler un pantalon confortable pour l’après-midi, mais je restai quelques instants devant l’armoire à regarder les vêtements que je ne portais presque plus, ces robes achetées pour des occasions particulières, ces jupes que je trouvais trop ajustées pour travailler et quelques hauts dont j’avais oublié jusqu’à l’existence.
Je sortis une robe légère couleur crème et l’essayai par curiosité. Elle était plus près du corps que celle du matin, avec une taille bien dessinée et un tissu qui suivait agréablement mes hanches. Je me tournai devant la glace, observai le tombé du vêtement, puis décidai de la conserver pour le dîner du week-end qu’Antoine m’avait proposé. Je la reposai sur son cintre avec un soin presque inhabituel, avant de choisir finalement le pantalon que j’avais prévu de mettre en rentrant.
Mon téléphone vibra au moment où je quittais la chambre.
Philippe venait de m’envoyer un message pour savoir si je travaillais cet après-midi-là. Je m’arrêtai sur le palier, relus sa question, puis descendis jusqu’à la cuisine avant de lui répondre que j’avais encore quelques visites à effectuer et que je ne serais pas disponible. Il m’écrivit presque immédiatement qu’il devait passer dans le secteur et qu’il aurait volontiers pris un café.
Je regardai longtemps son message, moins parce que sa proposition me tentait que parce qu’elle confirmait une crainte que j’avais éprouvée dès son départ. Philippe semblait déjà considérer notre aventure comme le commencement d’une relation dont il suffisait désormais de trouver les occasions, avec cette assurance tranquille d’un homme qui avait obtenu ce qu’il souhaitait et n’imaginait pas sérieusement qu’on puisse lui refuser la suite. Je retrouvais presque physiquement son ventre trop lourd, ses mains épaisses, son souffle bruyant et cette expression satisfaite qui m’irritait toujours ; pourtant, le souvenir du plaisir qu’il m’avait procuré revenait avec une netteté gênante.
Je n’avais aucune envie de partager un repas avec Philippe ni de devenir sa maîtresse régulière. Je l’imaginais déjà avec son sourire satisfait, persuadé que notre première rencontre lui garantissait la suivante ; ce seul détail suffisait à me décider.
Je répondis simplement que ce ne serait pas possible.
Son « dommage » arriva quelques secondes plus tard, accompagné d’une remarque sur le plaisir qu’il avait eu à me voir la veille. Je laissai le téléphone sur la table sans poursuivre la conversation, puis préparai quelque chose à manger avant de repartir travailler.
Au fil des visites suivantes, je repris mes habitudes de travail : pantalon certains matins, robe d’autres jours, sans vérifier avant chaque départ ce que mes vêtements pouvaient laisser deviner. Delorme, lui, ne reparla jamais de notre première maladresse ; il préparait le café lorsque le soin était terminé et nous prolongions parfois de quelques minutes la conversation, près de la fenêtre de sa cuisine, au sujet de son jardin ou de son retour prochain au travail.
Je commençai également à changer certaines habitudes en dehors de mes visites. Je pris davantage de temps pour me coiffer, retrouvai une paire de boucles d’oreilles que j’avais longtemps laissée dans un tiroir et ressortis plusieurs vêtements qui me plaisaient autrefois, sans éprouver le besoin d’attendre une occasion particulière pour les porter. Il ne s’agissait pas d’une transformation spectaculaire, et certains matins je quittais encore la maison presque sans maquillage, les cheveux attachés à la hâte et l’esprit déjà occupé par ma tournée, mais je prenais désormais plaisir à hésiter quelques instants devant l’armoire, à essayer une robe plutôt qu’une autre et à choisir simplement ce que j’avais envie de porter.
Antoine remarqua rapidement ces changements. Un soir, alors que je descendais après m’être changée pour sortir dîner avec lui, il s’arrêta au milieu du salon pour regarder la robe crème que j’avais choisie quelques jours auparavant. Je portais des chaussures à petit talon, mes cheveux étaient détachés et j’avais pris le temps de me maquiller avec un soin que je ne m’accordais plus très souvent. Il me trouva magnifique, me le dit avec une spontanéité qui me fit sourire, puis vint m’embrasser avant de me demander ce qui me valait cette élégance particulière.
Je lui répondis que nous sortions ensemble et que j’avais simplement eu envie de me faire jolie. Il n’en demanda pas davantage, mais, au restaurant, je remarquai qu’il s’attardait sur moi lorsque je retirais ma veste ou me penchais pour lui parler, comme au temps où nous découvrions encore le plaisir de sortir ensemble. Au milieu du repas, il posa sa main sur la mienne et la garda là pendant que nous évoquions nos prochaines vacances.
Sur le chemin du retour, Antoine me parla d’amis que nous n’avions pas vus depuis longtemps et nous rîmes d’une anecdote qu’il venait de me raconter. En entrant, il me retint par la main pour m’embrasser dans le vestibule, puis nous montâmes nous coucher encore amusés par notre conversation.
Cette nuit-là, Antoine s’endormit presque immédiatement après avoir éteint sa lampe, une main posée sur ma taille, tandis que je restais éveillée dans la pénombre de notre chambre. Le silence et l’obscurité firent revenir une agitation que le dîner avait tenue à distance. Je changeai plusieurs fois de position, remontai le drap sur mes épaules puis le repoussai presque aussitôt, avant de me tourner sur le côté avec suffisamment de précaution pour ne pas réveiller Antoine. Depuis plusieurs jours, certains souvenirs revenaient malgré moi, parfois au moment où je m’y attendais le moins.
Ce fut d’abord Monsieur Delorme qui me revint à l’esprit, avec son regard embarrassé lorsque j’avais retiré mon pull, puis cette façon de détourner presque ostensiblement les yeux dès qu’il craignait de me mettre mal à l’aise. Je revis ma robe légèrement entrouverte, son attention discrète et la satisfaction que j’avais éprouvée en comprenant qu’il me trouvait désirable. Ce qui me revenait surtout, c’était sa retenue : il préférait détourner les yeux plutôt que de me laisser croire qu’il attendait quelque chose.
Puis, sans que je l’aie véritablement voulu, le visage de Delorme céda la place à celui de Philippe, et je retrouvai le souvenir beaucoup moins élégant de son ventre, de sa respiration bruyante et de cette présence massive dont je n’avais rien aimé au premier regard. Je passais de l’un à l’autre sans parvenir à fixer longtemps une seule image. À la retenue de Delorme succédait l’assurance de Philippe, au plaisir d’être regardée le souvenir plus dérangeant d’une intimité que j’avais acceptée alors même que cet homme ne m’attirait pas.
Je fermai les yeux et laissai revenir ces impressions. Dans le silence de la chambre, les souvenirs semblaient se rapprocher les uns des autres. Ma main glissa sous le drap, d’abord sur mon ventre, puis plus bas. Je n’avais pas prévu de me toucher, mais la chaleur entre mes jambes était devenue trop présente. Je relevai légèrement le bas de ma chemise de nuit et écartai les cuisses sous le tissu. Mes doigts trouvèrent presque aussitôt l’humidité déjà là. Je caressai lentement, d’abord en surface, puis plus précisément, en essayant de retrouver la pression exacte que Philippe avait exercée avec son pouce.
Le souvenir de ses mains épaisses revint avec une netteté gênante. Je me rappelai la largeur de sa paume, la façon dont il avait glissé deux doigts en moi tout en continuant de masser mon clitoris, sans jamais accélérer. J’essayai de reproduire ce rythme : des cercles lents, appuyés, puis un doigt qui entrait doucement. Mon souffle se raccourcit. Je pensai au poids de son ventre contre mon dos dans la cuisine, à l’odeur de sa peau, à la manière dont il n’avait pas eu besoin de me demander quoi que ce soit. En même temps, l’image de Delorme s’interposait : son regard qui s’était attardé sur le décolleté de ma robe, la tension dans ses épaules lorsqu’il avait détourné les yeux. Je ne savais plus exactement lequel des deux je cherchais à retrouver.
Mes doigts accélérèrent malgré moi. Je sentis la tension monter dans le bas-ventre, une chaleur qui se diffusait jusqu’à la poitrine. Je dus me mordre la lèvre pour ne pas faire de bruit. Le souvenir de Philippe était le plus précis : la façon dont il avait continué exactement le même mouvement pendant que je jouissais contre le plan de travail, la sensation d’être remplie sans qu’il soit particulièrement imposant, la précision de ses caresses. Je glissai un deuxième doigt et pressai plus fort sur mon clitoris, en essayant de reproduire ce qu’il avait fait. Lorsque je jouis, ce fut silencieux et long, les cuisses serrées autour de ma main, le visage tourné vers l’oreiller. Le plaisir fut réel, presque aussi net que celui ressenti avec Philippe, mais suivi immédiatement d’une vague de culpabilité.
Je restai immobile dans la pénombre, le souffle encore irrégulier, puis tournai la tête vers Antoine. Il dormait paisiblement à quelques centimètres de moi. Je remontai le drap, posai ma main sur la sienne et attendis quelques instants avant de me rapprocher.
Le lendemain matin, je me levai avant lui, préparai mon café et consultai les visites prévues pour la journée. Son nom ne figurait pas au programme de ce dimanche ; je ne devais le revoir que le lendemain, et cette constatation me procura un léger regret que je n’essayai pas particulièrement d’expliquer. J’aurais pourtant été incapable de dire ce que j’attendais encore de lui, tant il me semblait évident que nos relations devaient conserver leur cadre habituel.
Mon téléphone était posé près de la cafetière lorsqu’il vibra.
Philippe venait de m’envoyer un message pour me souhaiter un bon dimanche, sur un ton si ordinaire qu’il aurait pu s’agir d’un message adressé à n’importe quelle connaissance. Je le lus sans éprouver la moindre joie particulière, puis verrouillai l’écran et le posai près de mes clés.
Antoine entra quelques instants plus tard, encore mal réveillé, passa derrière moi pour attraper une tasse dans le placard et déposa un baiser sur ma joue avant de me demander si j’avais bien dormi. Je lui répondis que oui, lui versai du café et restai près de lui devant la fenêtre ouverte, à regarder le jardin encore humide de la nuit. Il posa une main sur mes reins en me demandant ce que nous pourrions faire de notre dimanche, puis proposa une promenade après le déjeuner si le temps restait agréable.
J’acceptai volontiers.
Lorsque Antoine remonta dans la chambre pour s’habiller, je repris mon téléphone et retrouvai le message de Philippe. Je le laissai sans réponse, reposai l’appareil près de la cafetière et sortis deux assiettes du placard pour préparer notre petit déjeuner.
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Chapitre 5 · Le dîner
Depuis quelques jours, Marianne tente de tenir à distance Philippe, le collègue de son mari. Pourtant, Antoine vient de l'inviter à dîner, et la soirée s'annonce aussi ordinaire que les précédentes. Entre les conversations polies autour de la table et les détails du quotidien qui semblent soudain chargés d'un poids nouveau, Marianne ne sait pas encore ce que cette soirée lui réserve.
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Photo de profil de Lise du sud
Lise du sud
27 octobre 2026 à 17:42
c'est amené doucement avec beaucoup de subtilité, j'aime beaucoup et ai hâte de découvrir la suite
Photo de profil de Jojo33bdx
Jojo33bdx
27 octobre 2026 à 10:23
Marianne est de plus en plus "torturée" par ces deux hommes. Son patient, dont le côté  respectueux l'attire et la rassure, et Philippe, qui malgré son côté beaucoup plus "rustre",  lui a tout de même  laissé un souvenir pour le moins marquant. 
Je suis de plus en plus curieux de découvrir l'évolution chez cette femme.
Photo de profil de mozart
mozart
26 octobre 2026 à 23:11
Marianne se pose des questions, retrouve une nouvelle façon de s'habiller, essaie de comprendre la situation qu'elle cherche avec Monsieur Delorme, ainsi que les relances de Philippe. Excellente suite.

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