Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les vents de la passion — Chapitre 3 · Mary
Auteur
Les vents de la passion
Chapitre 3 · Mary
Ines ouvre les yeux, une vive douleur envahit sa tête. Elle est allongée sur un lit, dans la pénombre. Elle tente de se relever mais la douleur lui donne des vertiges et sa tête retombe lourdement sur un oreiller dont elle détecte l'odeur âcre. L'obscurité recouvre ses yeux et elle perd connaissance.
Quand elle ouvre à nouveau les yeux, elle distingue deux silhouettes floues au-dessus d'elle et perçoit des voix.
— Elle revient à elle… sa plaie est propre, elle va se remettre.
— Tenez-moi au courant, Monsieur Brook.
— Entendu « captain » !
— Tenez-moi au courant, Monsieur Brook.
— Entendu « captain » !
Une des silhouettes disparaît, et l'autre pose un linge humide sur son front. Ines ressent la fraîcheur, mais sa vue reste trouble.
— Où suis-je ? balbutie la jeune femme.
— Restez tranquille, ne cherchez pas à vous lever, vous ne tiendriez pas debout, répond la silhouette avec un accent anglais prononcé.
— Restez tranquille, ne cherchez pas à vous lever, vous ne tiendriez pas debout, répond la silhouette avec un accent anglais prononcé.
Ines veut lui répondre, mais elle retombe dans un sommeil profond. Quand elle se réveille, sa vue est redevenue claire mais sa tête lui fait toujours mal. Elle essaye de s'asseoir mais ne réussit qu'à s'appuyer sur ses coudes. Elle réalise qu'elle est nue sous un drap de toile, dans une cabine de bateau, vu le mouvement incessant de la pièce. Soudain la porte s'ouvre et un homme d'environ quarante ans entre et referme la porte derrière lui.
— Vous êtes réveillée, perfect ! Allongez-vous sur le côté pour que je puisse regarder votre plaie, s'il vous plaît…
Ines obéit, l'homme ne semble pas agressif et paraît vouloir l'aider.
— Qui êtes-vous ? demande la gitane.
— Je m'appelle Howard Brook, je suis médecin, et pour cela les autres ici me surnomment le Doc.
— Je m'appelle Howard Brook, je suis médecin, et pour cela les autres ici me surnomment le Doc.
Brook retire le bandage qui ceint le crâne d'Ines. La plaie violacée est propre et ne saigne plus. Il pose une compresse propre sur la blessure, ce qui fait sursauter la jeune femme.
— Je sais, c'est encore sensible, mais je vous ai recousu, vous devriez aller de mieux en mieux. Le « captain » passera vous voir bientôt. En attendant, restez allongée, je vais vous apporter de la nourriture et de l'eau, et il y a un seau au pied du lit pour vos besoins.
Brook quitte la pièce. À peine la porte refermée, Ines tente de se lever mais comprend vite que l'homme avait raison : entre le tangage et sa tête, elle est incapable de rester debout et s'affale lourdement sur le sol. Elle ne veut pas qu'on la trouve ainsi, nue au milieu de la cabine, et cherche des vêtements du regard, mais n'en voit nulle part. La porte s'ouvre à nouveau et Brook entre avec une assiette et un gobelet. Il pose tout sur une table et vient aider Ines à remonter sur la couchette.
— My goodness ! Soyez raisonnable, vous n'avez pas de force !
— Je suis là depuis longtemps ?
— Quatre jours. Vous avez reçu un sacré coup de crosse derrière la tête, cela aurait pu vous tuer, mais visiblement vous avez la tête plus dure qu'un mousquet !
— Où suis-je ?
— À bord du Phoenix, une goélette du Captain Mary Ruthless.
— Je suis là depuis longtemps ?
— Quatre jours. Vous avez reçu un sacré coup de crosse derrière la tête, cela aurait pu vous tuer, mais visiblement vous avez la tête plus dure qu'un mousquet !
— Où suis-je ?
— À bord du Phoenix, une goélette du Captain Mary Ruthless.
Des bribes reviennent à sa mémoire : des coups de feu, la cohue près d'un escalier, puis plus rien, sauf le cri d'une jeune femme : Ines ! La porte s'ouvre à nouveau et un homme plus jeune, l'air déterminé, approche du lit.
— Comment va-t-elle ?
— De mieux en mieux, Captain ! Notre colombe a tenté de s'envoler ! ricane Brook, mais elle ne peut pas encore se lever.
— De mieux en mieux, Captain ! Notre colombe a tenté de s'envoler ! ricane Brook, mais elle ne peut pas encore se lever.
Ines dévisage le capitaine : ses traits sont fins, et sa taille également. Bien que sa voix soit grave, que son visage soit hâlé et que ses cheveux courts lui donnent un air masculin, Ines n'est pas dupe, il s'agit d'une femme. Bêtement, elle se sent soulagée, car elle réalise qu'elle est nue sur le lit. Elle saisit le drap pour cacher son corps. Ce réflexe de protection amuse Mary, qui lui sourit enfin.
— Qu'on lui donne des vêtements propres et qu'aucun homme, à part vous, Monsieur Brook, n'entre ici, ou vous en répondrez de votre vie ! Maintenant, laissez-nous un moment.
Brook hoche la tête et se retire sans un mot. Ines fixe Mary et attend qu'elle parle la première.
— Je suis le capitaine de ce navire. Tu as été capturée lors de l'abordage de la Daphnée, une frégate française. Qui es-tu ? Nous savions qu'un seigneur français se trouvait à bord, es-tu son épouse ?
La jeune servante regarde Mary avec un air perdu et lui répond :
— Qui est Ines ?
Mary ne comprend pas la question, et cela l'agace un peu, mais Brook l'a prévenue qu'après un tel choc à la tête, il était possible que la blessée ait besoin de temps pour recouvrer toutes ses capacités, y compris la mémoire. Ines observe la capitaine et se dit qu'en robe elle doit être jolie…
— Je ne connais pas d'Ines, et j'ignore ton nom aussi. Comment t'appelles-tu ?
— Je… je ne sais pas… je ne me souviens pas de grand-chose. Il y avait beaucoup de bruit, des gens hurlaient, et j'ai entendu crier ce nom : Ines, après, plus rien.
— Je… je ne sais pas… je ne me souviens pas de grand-chose. Il y avait beaucoup de bruit, des gens hurlaient, et j'ai entendu crier ce nom : Ines, après, plus rien.
Mary est embarrassée. Les hommes qui ont capturé cette jeune femme lui ont dit que c'était sûrement l'épouse du seigneur, qu'elle tentait de fuir avec lui lorsqu'ils l'ont faite prisonnière. Sûr qu'elle a passé une robe de servante en espérant ne pas être reconnue ! Ce qui pose problème, c'est que si ce n'est pas elle, elle ne vaut rien, rien de plus qu'une fille à soldat.
— As-tu souvenance d'un seigneur à bord de la Daphnée ? réessaye Mary.
— Je l'ignore, je ne sais pas pourquoi j'étais sur ce bateau. Qu'allez-vous faire de moi ? demande Ines, comprenant que son avenir est peut-être incertain.
— Je l'ignore, je ne sais pas pourquoi j'étais sur ce bateau. Qu'allez-vous faire de moi ? demande Ines, comprenant que son avenir est peut-être incertain.
— Le Seagull, mon second bateau, a été très endommagé lors de l'assaut de la Daphnée. Il a sombré quelques heures après le combat, et j'ai perdu presque tout l'équipage. Donc si tu es noble, je vais rançonner ta famille et rétablir ma situation. Sache qu'on ne trompe pas Mary Ruthless : si tu me mens, je serai sans pitié. Brook dit que ta mémoire devrait revenir dans un ou deux jours au plus. D'ici là, tu resteras dans cette cabine. Après, selon qui tu seras, je déciderai de ton sort.
Mary quitte la cabine et remonte sur le pont. John Smith, son vieux second, lui demande si l'otage a parlé.
— Non, pas encore, je l'ai impressionné mais je devais me montrer cruelle, pour l'inciter à parler.
— Tu es cruelle face à l'ennemi, mais jamais avec une jeune femme, Mary ! Tu le sais et je le sais aussi, répond John Smith. Mais ainsi nous serons bientôt fixés.
Mary sourit, John la connaît parfaitement.
— Nous allons faire escale à l'île Sainte-Marie, nous avons besoin de réparer et de recruter des hommes. D'ici là, elle aura parlé, et nous verrons ce qu'il convient d'en faire.
La nuit est tombée, et tard dans la soirée, Mary rend de nouveau visite à sa prisonnière. Elle essaye de la faire parler d'elle, espérant que cela l'aidera à retrouver la mémoire. Ines répond quand elle le peut. Le lendemain, les deux jeunes femmes passent du temps ensemble, à se parler.
— Pourquoi vous habillez-vous en homme ? Vous n'assumez pas d'être une femme ?
Surprise par une telle question, le visage de Mary se durcit.
— Lorsque je t'aurai promenée au milieu de mes hommes, tu auras la réponse. Il n'est pas bon d'être une fille sur un bateau pirate.
— Ils vous obéissent pourtant ?
— Mes parents commandaient ce navire avant moi. Ma mère est morte lors d'un abordage lorsque j'avais huit ans. Mon père m'a… disons élevée… en m'emmenant partout sur son bateau. J'ai tué mon premier ennemi à quatorze ans, avec une hache. À dix-neuf ans, mon père a été capturé par les Anglais, ramené et pendu à Londres. Avec l'aide de John Smith, son second, j'ai pris la suite du commandement. Mais pour être respectée, j'ai dû, bien souvent, verser le sang de certains de mes matelots. Je n'avais pas le choix, car je devenais femme et je devais me faire respecter et obéir, ou être violée et assassinée.
— Ils vous obéissent pourtant ?
— Mes parents commandaient ce navire avant moi. Ma mère est morte lors d'un abordage lorsque j'avais huit ans. Mon père m'a… disons élevée… en m'emmenant partout sur son bateau. J'ai tué mon premier ennemi à quatorze ans, avec une hache. À dix-neuf ans, mon père a été capturé par les Anglais, ramené et pendu à Londres. Avec l'aide de John Smith, son second, j'ai pris la suite du commandement. Mais pour être respectée, j'ai dû, bien souvent, verser le sang de certains de mes matelots. Je n'avais pas le choix, car je devenais femme et je devais me faire respecter et obéir, ou être violée et assassinée.
Ines comprend mieux cet air bravache qu'arbore Mary, presque naturellement.
— Vous êtes très jolie, répond-elle doucement.
Mary sourit, il y a bien longtemps qu'on ne le lui a pas dit. Elle regarde Ines et réalise qu'elle a plaisir à parler avec une autre jeune femme, sans avoir à tenir son rôle de cheffe, cruelle et sans pitié. Elle observe Ines comme on admire une œuvre d'art, dans sa robe un peu trop courte qui met en valeur tous les atouts de la jeune femme. Cette robe, volée à une princesse indienne, semble avoir été taillée pour elle. Le visage de Mary se détend au point qu'elle ne se braque même pas lorsque Mary lui propose d'essayer sa robe, juste pour voir comment elle est en femme. Elle hésite à peine, ce jeu l'amuse, et elle finit par éclater de rire.
— D'accord, essayons !
Mary a peu l'occasion de se divertir, et cette idée l'a séduite.
En riant, Ines retire sa robe. Elle est nue dessous, et tandis qu'elle se dénude aussi, Mary est fascinée par sa beauté : ses hanches parfaitement dessinées, ses seins dressés qui pointent, ses petites fesses rondes, et ses jambes, fines et longues, terminées par deux jolis pieds.
— Tu es très jolie aussi, tu as une superbe chevelure, chuchote Mary.
Nues toutes les deux, Ines contemple le corps de sa geôlière : sa poitrine un peu plus présente que la sienne, son ventre à peine bombé… Elle pose ses doigts sur le ventre de Mary et les promène jusqu'au bord de son pubis. Puis elle répond tout bas :
— Vous êtes douce, comme j'envie vos amants !
Manifestement troublée, Mary rougit et lui rend la robe. Elle enfile son pantalon et sa chemise, puis quitte précipitamment la cabine, sans un mot.
Ines reste nue, elle s'allonge sur la couchette et ferme les yeux. Sa main gauche vient caresser sa poitrine, un doigt effleure ses tétons qui durcissent aussitôt, puis sa main droite descend sur son ventre. Lentement, ses doigts se promènent dans sa toison et cherchent, impatients, le chemin vers sa fente qu'elle sait déjà humide. Quand son index commence à écarter ses lèvres, un soupir s'échappe de la bouche entrouverte de la jeune servante. La première phalange s'enfonce ostensiblement et masse les parois de son vagin. Très vite, le majeur se joint à lui, et le corps d'Ines ne cesse d'onduler, de se cabrer, jusqu'au moment où une explosion se produit dans son ventre. Elle ne peut retenir un cri, et dans sa tête surgit un visage : Aurore.
Ines reste comme figée, la main entre ses cuisses mouillées de plaisir. Aurore ! Sa maîtresse, sa bien-aimée, la Marquise ! C'est elle qui l'a appelée avant qu'elle ne sombre dans l'inconscience. Ines est prise de frissons : et si Aurore était morte ? Si une balle ou une épée lui avait pris la vie, après qu'elle ait été assommée ? Elle veut la retrouver, la rejoindre, mais pour cela il faut déjà qu'elle survive, et si elle n'est pas la marquise, ses ravisseurs la tueront.
Le lendemain matin, Brook apporte un déjeuner et contrôle la plaie d'Ines. C'est en bonne voie selon lui : pas d'infection, et la jeune femme semble avoir retrouvé son équilibre. Après son départ, Ines fait sa toilette ; elle ne supporte pas cette chaleur qui colle à la peau, quand Mary entre d'un coup. Ines reste nue et va s'asseoir sur le lit.
— Bonjour, lance Mary.
Son regard est fuyant : il va sans cesse de la fenêtre à Ines, qui s'est basculée en arrière, sur ses coudes, les jambes légèrement écartées. Troublée, elle ajoute :
— Le… le doc m'a dit que tu allais de mieux en mieux… c'est bien.
Elle pose les yeux sur les jambes de sa prisonnière, sur ses cuisses fuselées à la peau dorée qui mènent le regard jusqu'à sa petite chatte. Mary a chaud, elle se sent rougir et fait un effort pour se ressaisir.
— Nous arriverons à l'île Sainte-Marie dans la soirée. L'équipage débarquera, mais toi, tu resteras à bord, sous ma surveillance. Peut-être aurons-nous des nouvelles de la Daphnée là-bas.
— Je me rappelle qu'il y avait un seigneur à bord, répond Ines. Un marquis, il était avec sa famille, mais je ne sais pas si j'en suis membre.
— Je me rappelle qu'il y avait un seigneur à bord, répond Ines. Un marquis, il était avec sa famille, mais je ne sais pas si j'en suis membre.
En répondant, Ines lève sa jambe droite et pose son pied sur le bord du lit, offrant plus largement son intimité au regard de Mary, qui semble sur le point d'exploser.
Mary attrape la robe sur la chaise, s'approche et la tend à Ines. Celle-ci se lève et, sans quitter le regard de Mary, prend la robe et la rejette sur le lit. Puis elle prend la main de sa geôlière et la pose sur son pubis, tout en déposant un baiser sur ses lèvres. Mary ferme les yeux, guidée par la main de la gitane ; elle sent ses doigts atteindre la fente d'Ines, et cela l'électrise. Elle prend sa captive dans ses bras et la fait basculer sur le lit. Leurs bouches se collent l'une à l'autre et leurs langues se rencontrent. Ines gémit tout bas en sentant les doigts de Mary fouiller sa petite grotte. La bouche de Mary descend sur ses seins, pince ses tétons, et Ines accueille cette douleur qui enflamme sa poitrine et son ventre. Elle déboutonne la chemise de la capitaine, laissant apparaître ses seins gonflés de désir. Mais cela ne suffit pas à la servante, qui déboucle le ceinturon et baisse le pantalon de Mary. Elle est nue dessous, et immédiatement Ines pose sa main entre ses cuisses. Ce n'est pas humide, c'est trempé !
Mary se fige, ses yeux incrédules regardent Ines comme pour lui demander : oseras-tu ? Mais la réponse est immédiate : deux doigts pénètrent sa vulve, ressortent et commencent à masser ses lèvres et son clitoris, puis retournent au creux de son ventre. Mary halète, son excitation est si forte, son désir si puissamment alimenté par le manque de plaisir, qu'elle s'abandonne aux caresses d'Ines. Il n'y a plus de ravisseuse ni de prisonnière, il n'y a que deux femmes incandescentes, deux bouches affamées, deux sexes mouillés, deux amantes heureuses de donner et de recevoir.
Lorsque leurs corps sont rassasiés, terrassés par la jouissance, elles restent longuement enlacées. Ines caresse doucement les pieds de Mary avec les siens ; Mary caresse ses longs cheveux noirs et murmure :
— Eh bien, nous voilà dans une situation bien inhabituelle. Que dois-je faire de toi maintenant ? Que dire à l'équipage ? Tu es… Oooh, comme tu as été douce et tu es si attirante !
Ines embrasse les lèvres de Mary, leurs langues se caressent doucement. Puis la jeune gitane pose sa main sur la joue de la pirate.
— Je me souviens maintenant, je suis Ines. Je suis une servante du Marquis. Je ne vaux rien pour toi, et si tu veux me donner en pâture à tes hommes, je préfère la mort, car…
Mary pose sa main sur la bouche de son amante.
— Chuuut ! Je ne le ferai pas. Je veux que tu restes près de moi, et je tuerai la première de ces fripouilles qui oserait s'y opposer.
Après un long baiser, elle ajoute :
— Sois ma femme, Ines, vis avec moi !
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