Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Visioconférence avec Aurélia à 17h... — Chapitre 1 · Chapitre 1 — Première visioconférence
Auteur
Visioconférence avec Aurélia à 17h...
Chapitre 1 · Chapitre 1 — Première visioconférence
Une simple visioconférence peut-elle réveiller un désir oublié ?
Aurélia, épouse et mère de famille, doute de son pouvoir de séduction. Jusqu'au jour où les échanges avec Olivier, un collègue, prennent une tournure inattendue. Entre regards troublants, sous-entendus et tentation, un jeu dangereux s'installe derrière les écrans.
Jusqu'où oseront-ils aller ?
AURÉLIA : LE BESOIN D'ÊTRE DÉSIRÉE
Aurélia, épouse et mère de famille, doute de son pouvoir de séduction. Jusqu'au jour où les échanges avec Olivier, un collègue, prennent une tournure inattendue. Entre regards troublants, sous-entendus et tentation, un jeu dangereux s'installe derrière les écrans.
Jusqu'où oseront-ils aller ?
AURÉLIA : LE BESOIN D'ÊTRE DÉSIRÉE
La matinée avait commencé dans la précipitation habituelle. À huit heures cinquante, tandis qu'elle rangeait le lave-vaisselle, le rappel du calendrier électronique avait sonné sur son téléphone, lui rappelant une réunion à neuf heures. Vingt minutes plus tard, son fils devait être conduit chez le dentiste par son mari. Un ballet d'horaires serrés, de clés égarées et de « Tu as pensé à ton carnet ? » lancés dans l'escalier. Aurélia avait monté les marches deux à deux, s'était engouffrée dans la chambre qui lui servait de bureau depuis le premier confinement. La pièce sentait la cire d'abeille et le vieux papier, une odeur rassurante et un peu triste. Elle avait enfilé à la hâte un chemisier blanc propre, repassé la veille, et avait renoncé à passer une jupe. Personne ne verrait le bas de son corps. Elle avait gardé sa culotte en coton beige et son soutien-gorge assorti, des pièces pratiques, achetées par lots de trois. Le confort avant tout.
Pendant la première réunion, elle s'était montrée concentrée, efficace. Elle prenait des notes sur les nouveaux protocoles de recrutement, posait des questions pertinentes. Pourtant, son regard était inévitablement attiré par sa propre vignette, dans le coin de l'écran. Le reflet numérique lui renvoyait l'image d'une femme de quarante-deux ans, les traits un peu tirés, les cheveux châtain clair ramassés en un chignon qui commençait à se défaire. Elle s'était demandé, non sans une pointe d'amertume, si c'était ainsi que les autres la voyaient. Une professionnelle compétente, certes, mais une femme dont la féminité s'était effacée derrière les routines. Son mari l'embrassait toujours le matin, lui prenait la main devant la télévision le soir, mais son regard, ce regard précis et chaud qui la déshabillait des années auparavant, s'était éteint. Il la voyait, mais il ne la regardait plus.
Une légère fantaisie avait traversé son esprit alors qu'un des directeurs techniques expliquait un point ardu. Elle s'était imaginée demandant soudain, d'une voix douce :
— Et vous, monsieur Dubois, êtes-vous en caleçon ou en pyjama en bas ?
L'idée l'avait fait sourire intérieurement, lui apportant une bouffée de légèreté inattendue. Ce petit jeu secret, ce rappel que derrière les costumes sérieux se cachaient des corps ordinaires, des faiblesses, lui avait redonné un semblant d'insouciance.
Une heure plus tard, une seconde réunion était convoquée, plus technique, pour évoquer un problème spécifique de gestion des accès. Elle avait reconnu le nom d'Olivier parmi les participants. Olivier, l'informaticien. Elle l'avait croisé quelques mois plus tôt pour ce satané badge. Elle se souvenait d'un homme d'une quarantaine d'années, pas spécialement beau, mais doté d'un charme tranquille, d'une voix posée. Il lui avait semblé sympathique. En le voyant apparaître dans un nouveau carré vidéo, elle avait éprouvé une curiosité soudaine. Il était chez lui aussi, vêtu d'un simple tee-shirt gris. Il paraissait concentré, les sourcils légèrement froncés.
La réunion avançait, ponctuée par les interventions des uns et des autres. Aurélia écoutait, mais une partie de son attention était désormais captée par Olivier. Elle remarquait que son regard, parfois, quittait le document partagé pour se poser sur sa propre vignette. Ce n'était peut-être qu'une impression. La fatigue, le désœuvrement. Pourtant, lorsqu'elle ajusta sa position sur sa chaise, s'étirant discrètement pour dénouer une tension dans le dos, elle crut voir ses yeux se fixer un instant de trop. Son cœur fit un petit bond incongru. Elle se reprit aussitôt. Elle devenait ridicule. Il regardait probablement autre chose, un élément de son propre écran, une notification.
C'est alors qu'elle vit son geste. Alors qu'elle expliquait un point de procédure, la main droite d'Olivier quitta sa souris et descendit lentement, hors du champ de la caméra, sous son bureau. Le mouvement était net, intentionnel. Il ne cherchait pas un stylo tombé ; sa tête ne baissa pas pour regarder. Il garda les yeux sur l'écran, ou du moins dans sa direction. Aurélia sentit un léger picotement lui parcourir la nuque. Que faisait-il ? Il pouvait se gratter la cuisse, ajuster son pantalon, chercher son téléphone. Les possibilités banales étaient légion. Mais une autre hypothèse, absurde, déplacée, monta en elle avec une force surprenante. Et s'il se touchait ? Et s'il se caressait, là, maintenant, pendant qu'elle parlait ?
La pensée était si incongrue, si folle, qu'elle en eut presque honte. Elle interrompit sa phrase une seconde, reprit son souffle, acheva son explication d'une voix qu'elle espéra ferme. Pendant ce temps, son esprit tournait à toute allure. Elle n'avait aucune preuve. Elle n'avait rien vu. C'était le fruit de son imagination, surexcitée par la solitude, par le besoin inconscient de se sentir désirable. C'était pathétique. Et pourtant, cette idée seule, la simple possibilité qu'un homme, dans l'intimité de son chez-lui, puisse éprouver du désir pour elle au point de… Cette possibilité libéra en elle une chaleur sourde, diffuse. Elle se sentit soudain moins transparente, moins ordinaire. Elle existait, dans le regard, ou dans l'esprit, de quelqu'un.
Elle tenta de se reconcentrer sur les échanges, mais son corps avait changé. Elle était plus consciente de sa posture, de la façon dont son chemisier moulait sa poitrine — le tissu semblait soudain plus lourd contre sa peau, comme si elle venait de le remarquer pour la première fois. Une légère chaleur lui montait aux joues. Elle sentait le contact familier du coton de sa culotte, cette pièce si ordinaire, qui lui parut tout à coup presque indécente dans ce contexte. Elle n'osait plus bouger, de peur que le moindre geste ne soit interprété — par qui ? par elle-même ? — comme une provocation. La réunion se termina sans qu'elle ait obtenu la moindre réponse à ses questions muettes. Olivier formula ses conclusions techniques, d'une voix parfaitement neutre, et se déconnecta après un bref signe de tête.
Le silence retomba dans la chambre. Aurélia resta immobile devant l'écran noirci, les doigts posés sur le clavier froid. Le tumulte intérieur contrastait avec le calme plat de la pièce. Elle pensa à son mari, à la douce familiarité de leur lit, à la rareté désormais des étreintes qui la laissaient haletante et conquise. Elle pensa à son corps, ce corps qu'elle trouvait si moyen, avec sa petite poitrine et ses hanches un peu larges, mais dont son mari avait tant aimé, autrefois, les rondeurs des fesses. Un besoin obscur, longtemps enfoui, venait de se réveiller. Ce n'était pas un désir pour Olivier, qu'elle connaissait à peine. C'était le désir d'être désirée. De se savoir capable, encore, de susciter ce frémissement secret dans le corps d'un homme. Peut-être n'avait-elle rien vu. Peut-être le geste d'Olivier n'était-il que banalité, une main cherchant un stylo, une cuisse à gratter. Mais le doute lui-même était devenu un territoire nouveau, inexploré, et elle se surprit à avoir très envie d'en connaître les contours.
OLIVIER : LE TROUBLE DERRIÈRE L'ÉCRAN
— Note de l'auteur : la narration bascule ici à la première personne, dans la tête d'Olivier. —
L'écran de mon bureau portable brille avec cette lumière blafarde typique des matins gris, celle qui ne promet rien de bon pour la journée. Ma souris clique machinalement sur le bouton de raccourci, la visio s'ouvre, la mosaïque de têtes apparaît. Mon visage est en haut à droite, je le trouve plus fatigué que d'habitude. Je zoome sur la grille. Un responsable RH, le gars du contrôle de gestion, deux chefs de service dont j'ai oublié le nom. Et puis il y a elle. Aurélia. Je la reconnais tout de suite, le nom m'apparaît sous la vignette avant même que son visage ne me revienne en mémoire. Je ne l'ai pas vue depuis… quoi ? Six ou sept mois ? Un problème de badge, elle m'avait contacté parce que le lecteur du hall refusait de la reconnaître. Un truc débile, un mauvais encodage dans la base. On s'était croisés à l'accueil, le temps de tester une nouvelle carte. Je me souviens d'un sourire poli, un peu réservé, et d'un parfum discret, floral, quelque chose comme de la lavande ou du lilas, léger. Elle portait un tailleur sobre. Je lui avais trouvé un charme tranquille, sympa, mais c'était tout. Je ne l'avais pas re-regardée après avoir réglé le problème.
Mais là, aujourd'hui, sur cet écran de quinze pouces, c'est différent. La réunion est un pensum. On parle d'optimisation des effectifs pour le projet Helios, des plannings de télétravail, des indicateurs de productivité. Des mots qui sonnent creux et qui s'enchaînent sans produire le moindre sens. Ma concentration se dissout. Je me mets à parcourir les vignettes les unes après les autres pour tromper l'ennui. Et mon attention, invariablement, finit par revenir à la sienne. Elle est chez elle aussi, ça se voit. Un mur derrière elle, de la couleur du sable, un cadre avec une photo de famille trop petite pour que je distingue quoi que ce soit. Elle est assise, les épaules droites, un chemisier blanc. Ses cheveux châtain clair sont rassemblés en un chignon pas très serré, quelques mèches s'en échappent sur la nuque. Elle a le nez un peu long, les yeux marron. Des traits ordinaires, en somme. Elle n'est pas le genre de femme qui fait se retourner les hommes dans la rue, ou alors si, mais discrètement. Ce qui me frappe, c'est son air posé. Elle écoute, note quelque chose sur un cahier à côté de son clavier, hoche parfois la tête. Un geste simple attire mon attention : elle passe une main derrière son oreille pour y glisser une mèche rebelle. Le mouvement est lent, presque nonchalant, et je vois la ligne de son cou se tendre légèrement. C'est juste un cou. Un cou de femme de quarante ans passés. Mais je ne m'en détache plus.
Je me sens con. Qu'est-ce que je fais ? C'est une réunion de boulot, bordel. Je devrais suivre les graphiques qu'ils partagent à l'écran, pas m'attarder sur la peau de la nuque d'Aurélia. Je reviens sur la présentation, j'essaie de suivre les chiffres. Le type du contrôle de gestion explique quelque chose sur les coûts marginaux. Sa voix est monocorde. Mon esprit dérive à nouveau. Et si elle était juste en chemisier ? Juste le haut. Qu'est-ce qu'elle porte en bas ? Un jean ? Un pantalon de pyjama ? Rien ? L'idée surgit comme ça, brute, sans cérémonie. Elle est absurde. Je ne suis pas un adolescent. Mais elle s'installe, tenace.
Ma main droite, qui tient la souris, se raidit. Je sens une tension familière, sourde, qui monte dans mon bas-ventre. Je devrais ignorer ça. Je devrais cliquer sur le document partagé, noter un truc, faire semblant d'être là. Mais son visage est sur mon écran, ce visage calme et ordinaire, et je ne parviens pas à détourner les yeux. C'est l'ennui, je me dis. La solitude de ce bureau à domicile, la chaleur étouffante du radiateur qui ronronne à côté de moi. Et c'est elle, cette femme capturée dans un carré de pixels, qui ne se doute absolument de rien. C'est ce contraste qui m'excite, je crois. La normalité absolue de la scène et ce qui est en train de naître dans ma tête, et maintenant dans mon corps. Je jette un coup d'œil rapide à ma webcam, le petit point vert est allumé. Personne ne peut voir en dessous de mon bureau. Personne ne peut savoir.
Je laisse ma main droite quitter lentement la souris et glisser sous le bureau, jusqu'à mon entrejambe. Je porte un jean, un vieux Levi's usé, confortable. Ma main se pose sur mon sexe à travers le tissu. Le contact est immédiat, troublant. Je garde la main immobile un instant, comme si je cherchais simplement une position plus confortable, mais je suis parfaitement conscient de ce que je fais. Je continue à contempler l'écran, je fais semblant d'être concentré. Je réponds même à une question, ma voix est parfaitement neutre, professionnelle.
— Oui, l'API du nouveau système est documentée, je peux envoyer le lien après la réunion.
Pendant que je prononce ces mots, mes doigts se resserrent légèrement contre le tissu. Je cherche son visage sur la grille. Elle penche légèrement le buste en avant, vers son cahier — je vois se dessiner la courbe de son sein gauche sous le chemisier blanc. Une chaleur précise monte en moi, se concentre là où repose ma main. Elle est en train d'écouter la réponse d'un autre participant, le menton dans la paume. Elle a l'air absorbée. Est-ce qu'elle sent mon regard ? Bien sûr que non. C'est idiot.
Mais l'idée persiste. L'idée que je suis là, la main posée sur mon sexe sous le bureau, en l'observant, et qu'elle l'ignore. Cela donne à mon geste une dimension nouvelle, interdite, délicieusement stupide. C'est un secret parfait. Mon cœur bat un peu plus vite. Je ne cherche pas à aller plus loin, pas ici, pas maintenant. Je reste simplement ainsi, la main immobile sous le bureau, conscient de la tension qui grandit en moi. Je la détaille. La forme de ses épaules sous le chemisier, la ligne de ses clavicules. Elle n'est pas maigre, elle a une silhouette de femme qui a vécu, qui a porté un enfant peut-être. C'est ça aussi, peut-être. Elle n'est pas une image lisse et parfaite. Elle est réelle. Elle a des petites marques de fatigue sous les yeux, un pli léger à la commissure des lèvres. Et cette réalité, cette imperfection, est incroyablement excitante.
La réunion s'achève enfin. Les « Merci à tous » et les « On se tient au courant » fusent. Aurélia, sur son carré, esquisse un petit sourire professionnel, un signe de tête. Puis son visage disparaît, remplacé par son nom et une icône grise. Je retire ma main, la repose sur le bureau. Elle est moite. Je respire un grand coup. Le silence qui envahit la pièce est brutal. Je me lève, je vais à la fenêtre, je regarde la rue mouillée. Qu'est-ce que je viens de foutre ? C'était rien. Un moment d'égarement. Une pulsion de mec seul derrière son écran. Ça arrive.
Mais en retournant m'asseoir, mon regard tombe sur la vignette désactivée, là où son visage était. Je ne peux pas prétendre que c'était rien. Quelque chose a changé. Elle n'est plus juste Aurélia des RH, celle du badge défectueux. Elle est devenue autre chose. Un point de focalisation. Une curiosité. Un désir simple et inexplicable, né dans l'ennui d'un mardi matin. Je ne sais pas ce que ça signifie. Je ne sais même pas si je veux que ça signifie quoi que ce soit. Mais c'est là. Et maintenant, je la vois.
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Commentaires ()
Un texte bien écrit qui ne demande qu'une suite, je serai là.
Merci pour ce partage.🙏👏
PS. J'aimais bien l'ancien pseudo également, pourquoi avoir changé ?