Inspiré du réel
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous mon emprise — Chapitre 5 · Chapitre 5 — le piège du verre
Autrice
Sous mon emprise
Chapitre 5 · Chapitre 5 — le piège du verre
Depuis trois jours, Camille régnait sans partage.
La petite clé d’argent reposait contre sa peau, suspendue à sa chaîne, et chaque tintement de métal me rappelait que ma liberté appartenait désormais à son bon vouloir. Elle était devenue plus exigeante, plus tranchante.
Pourtant, ce mardi soir, dans son salon noyé d’ombre où ne flottait que l'odeur d'un whisky tourbé, quelque chose d’imperceptible avait changé dans l'air.
Elle m’avait ordonné de rester assis sur le parquet, vêtu d’un déshabillé de soie noire, les jambes repliées pour supporter la pression constante du bijou et l’étau rigide de la cage.
Mais pour la première fois, je ne baissais plus les yeux. Je la regardais. Je fixais le creux de sa gorge, ses doigts qui tapotaient son verre de cristal, la façon dont son sourcil gauche tressaillait à chaque fois qu’elle cherchait à masquer une seconde d'hésitation.
— Tu as l’air bien trop calme, remarqua-t-elle en s’asseyant sur le canapé en face de moi, la voix traînante. Tu t'es déjà habitué à ton sort ? C'est décevant. J'espérais plus de résistance.
— Je connais simplement mes limites, répondis-je d’un ton neutre, presque détaché.
Elle eut un rictus narquois. La docilité sans panique la privait de son carburant favori. Elle vida son verre d’un trait, se pencha en avant et posa sur la table basse un jeu de cartes encore sous blister, vestige d’un cadeau oublié sur son buffet.
— Tu crois connaître tes limites, corrigea-t-elle en brisant le plastique d'un coup d'ongle. Faisons un pari. Un seul. Un jeu de menteur, trois manches sèches. La règle est simple : on tire chacun deux cartes face cachée. Celui qui annonce la plus forte valeur l'emporte, à moins que l'autre ne crie au bluff. Si tu te couches ou si tu mens mal, je double ton temps sous clé : un mois entier sans que tu puisses effleurer la moindre liberté.
Je relevai lentement la tête, feignant une crispation au coin des lèvres.
— Et si par miracle je gagnais ? demandai-je, la voix délibérément hésitante.
Elle éclata d’un rire bref, arrogant, le regard étincelant d’un mépris joueur.
— Si tu gagnes... tu prends ma place. Tu auras le droit absolu d’exiger de moi ce que tu veux pendant un mois aussi, sans que je puisse dire un mot. Mais soyons réalistes : tu n'as jamais su bluffer de ta vie. Tu te décomposes dès que tu as peur.
— Marché conclu, lâchai-je sans une seconde de battement.
Un pli minuscule apparut entre ses sourcils. Camille battit les cartes avec une dextérité sèche, ses ongles vernis claquant sur le carton.
Elle distribuait, sûre de son emprise, convaincue que l'angoisse des six mois supplémentaires paralyserait mon jugement.
Elle ignorait un détail capital. Pendant nos années d'amitié, bien avant que nos vies ne basculent dans cette dérive secrète, j’avais passé des centaines d’heures à l’observer jouer aux cartes avec Marc et Lucas. Je connaissais par cœur son mécanisme d’autodéfense : lorsqu’elle tenait une main médiocre mais voulait terrifier son adversaire, elle fixait droit dans les yeux avec une intensité agressive. Lorsqu’elle avait réellement un jeu imbattable, son regard fuyait une fraction de seconde vers le verre ou vers sa montre.
Première manche : elle me fixa avec férocité en annonçant une paire d'as. Je me couchai docilement. Elle sourit, ramassa ses cartes sans les montrer. 1-0 pour elle.
Deuxième manche : elle annonça un roi et une dame avec ce même regard prédateur, presque triomphant.
— Tu mens, dis-je d’une voix sourde.
Elle cligna des paupières. Abasourdie, elle retourna ses cartes : un sept et un trois. Une égalité parfaite. L’amusement dans ses yeux s’effaça d’un coup, remplacé par une tension sourde. 1-1 partout.
— Coup de chance, cracha-t-elle en battant le paquet une nouvelle fois, les gestes un peu plus fébriles.
Pour la dernière manche, elle glissa ses deux cartes vers elle, les souleva d'un millimètre, puis son regard plongea fugitivement vers le fond de son verre vide avant de revenir sur moi. Elle avait touché un monstre. Elle était persuadée de tenir ma reddition finale au bout de ses doigts.
— Paire de dames, annonça-t-elle, le menton levé, défiant ma raison. Tu veux vérifier ou tu rampes tout de suite ?
Je ne regardai même pas mes cartes posées face contre table. Mon cœur battait avec une régularité de métronome. Le piège n’était pas le sien ; c’était le mien. Depuis le début, j’avais laissé grandir son illusion d'invincibilité pour qu’elle commette l’erreur ultime : miser son autorité sur une certitude aveugle.
— Tu as une paire de dames, Camille. Je le sais.
Elle sourit, prête à savourer son triomphe.
— Mais le règlement du menteur exige que j'annonce plus haut ou que je suive, continuai-je d'une voix d'acier en avançant mes deux doigts sur mes propres cartes. Paire de rois.
Elle se figea. Une seconde d'éternité s'étira dans la pièce. Elle savait qu'elle avait une vraie main, mais elle ne pouvait pas concevoir que j'aie osé risquer six mois de soumission sans regarder mon jeu. Sa respiration se bloqua.
— Tu bluffes, siffla-t-elle. Tu n'as même pas regardé !
— Retourne-les.
Ses doigts tremblaient presque lorsqu'elle fit glisser mes deux cartes pour les exposer à la lumière. Un valet de cœur et un quatre de pique. Un misérable jeu poubelle.
Elle ouvrit la bouche pour crier victoire, mais les mots moururent dans sa gorge. Car selon la règle qu'elle avait elle-même dictée, elle n'avait pas crié au bluff avant de regarder. Elle avait validé l'affrontement en découvrant mon jeu sans porter formellement l'accusation. Elle s'était précipitée, trahie par sa propre impatience.
— Tu n'as pas dit le mot, Camille, articulai-je avec une lenteur impitoyable. Tu as touché mes cartes. Selon tes propres règles, la manche est terminée. Tu as perdu.
Le silence qui s’abattit sur la pièce fut assourdissant. Son visage se vida de ses couleurs. La maîtresse incontestée venait de trébucher sur son propre terrain, victime de l'excès de confiance qui l'aveuglait depuis des jours.
Je me relevai lentement du parquet. La douleur familière du métal et du polymère me rappelait d’où je partais, mais mon regard ne portait plus la moindre trace de peur. J’avançai vers elle, dominant pour la première fois sa silhouette assise sur le cuir.
— Donne-moi la chaîne, ordonnai-je.
Elle serra les dents, ses pupilles dilatées par un mélange violent de colère, de choc et d'une stupeur qui frisait la fascination. Sans un mot, ses doigts montèrent à sa nuque. Elle détacha le fermoir d'argent et me tendit la petite clé.
Le métal était encore chaud de sa peau. D'un geste net, je déverrouillai le petit cadenas doré à mon entrejambe. Le claquement du cylindre résonna comme une délivrance. En quelques secondes, je me débarrassai de la cage rose et du plug d'acier, laissant mon corps respirer enfin après des jours de contrainte absolue.
Puis, je ramassai les deux objets sur la table.
Camille me regardait, le souffle court, réalisant avec une lenteur terrifiante ce que le renversement impliquait.
— Tu... tu ne ferais pas ça, bégaya-t-elle, son assurance s'effritant enfin sous le poids de la réalité.
— Tu as dit que j'avais tous les droits pendant un mois, chuchotai-je en m'agenouillant sur le canapé pour encadrer son corps entre mes bras, mon visage à quelques millimètres du sien.
— Déshabille-toi, Camille. À genoux sur le tapis.
— Déshabille-toi, Camille. À genoux sur le tapis.
Elle tenta de soutenir mon regard pour y déceler une hésitation, une faille, mais elle ne trouva qu'une détermination froide, calquée sur celle qu'elle m'avait infligée. Lente, hésitante, presque incrédule, elle fit glisser son chemisier sur ses épaules, dévoilant sa poitrine parfaite qui se soulevait au rythme d'une angoisse nouvelle.
Puis sa jupe tomba, suivie de son sous-vêtement.
Elle descendit sur le parquet, ses genoux heurtant le bois avec cette même docilité qu'elle avait exigée de moi soixante-onze heures plus tôt.
J'attrapai le flacon de gel. L'acier poli du plug brillait sous la lampe, surmonté de son faux diamant rose étincelant. Lorsque la pointe froide effleura son anus, un soupir tremblant s'échappa de ses lèvres entrouvertes.
— Détends-toi, murmurai-je à son oreille, reprenant ses propres mots avec une ironie tranchante. Tu vas le garder jour et nuit. Chaque fois que tu marcheras dans la rue, chaque fois que tu croiseras Marc ou Lucas, ce bijou te rappellera qui a gagné la partie.
D'une pression lente et implacable, je fis glisser l'acier au fond d'elle. Camille cambra le dos, les ongles plantés dans la moquette, un gémissement rauque étranglé dans sa gorge tandis que la base du diamant venait se plaquer contre sa chair.
Sans lui laisser le temps de reprendre son souffle, je la fis basculer sur le dos. Son sexe réagissait déjà à la tension, durci par le vertige de la défaite. Je passai l’anneau de résine polymère rose bonbon à la base de ses bourses, enfermant sa verge dans le tube rigide qui comprimait impitoyablement toute possibilité d'expansion.
J'insérai le cadenas doré.
Clic.
Le verrouillage claqua, net, définitif. Camille ferma les yeux, une larme de frustration et d'abandon brûlant le coin de sa paupière. Elle était scellée dans sa propre prison, captive de la parure rose qu'elle avait conçue pour m'asservir.
J'enfilai la chaîne d'argent autour de mon cou, laissant la petite clé reposer sur mon torse, bien en évidence. Puis, glissant ma main sous son menton, je forçai son visage à se lever vers le mien.
— Le jeu ne fait que commencer, Camille. Et cette fois, c'est moi qui tiens en laisse. À partir de maintenant tu diras Maître David à chaque fin de tes phrases. Est-ce bien compris ?
— Oui, Maître David, a-t-elle dit en baissant les yeux.
À suivre…
N'hésitez pas à commenter et à liker.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'autrice en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'autrice : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()