Réel
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice — Chapitre 5 · Engrenage
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice
Chapitre 5 · Engrenage
Ces petits riens que je sais de la vie d'Alice.
Chapitre 5
Engrenage
Deux jours plus tard j'ai rejoint Alice sur le parking du club de sport où elle m'y attendait. Après ce qui s'était passé j'étais fermé comme une huitre. J'étais en colère car lui ayant démontré ma fiabilité par le passé, je ne n'admettais pas qu'elle puisse me laisser dans l'ignorance de sa vie intime.
Elle me fit la bise et elle aborda d'entrée de jeu le sujet qui fâche en me remerciant à nouveau d'être venu remettre sa voiture en marche sur le parking. Saisissant la balle au bond je lui ai demandé si son nouvel amant n'était pas capable de dépanner une voiture en panne de batterie . Elle rétorqua qu'elle s'attendait à ma réaction mais que la réalité des faits était bien plus compliquée que son apparence.
— Je t'ai trouvée sortant d'un hôtel pouilleux en compagnie d'un maghrébin et ce ne serait qu'une apparence ? C'est une blague ? Pour moi ce sont des faits.
—Je ne dis pas que c'est faux mais tu ignores pourquoi j'étais là-bas ni ce que j'étais venu y faire.
— Enfiler des perles, participer à une réunion Tupperware ? Faire du tricot ou un scrabble ?
— Paul ton ironie n'est pas drôle, je peux t'expliquer ? J'en ai pour un moment, on peut monter dans ta voiture ?
—Allez, pourquoi pas…
Une fois installés, elle commença par me confier que sa présence à l'hôtel était en lien direct avec la disparition du carnet intime et la découverte de la photo découpée dans leur boite aux lettres.
— Bon sang c'est ce mec qui la fait ça ? Pourquoi ne m'avoir rien dit ? Il avait participé à la fameuse chasse aux biches ? J'aurais dû m'en douter ! Merde ! Et maintenant il te saute ! Bordel tu ne pouvais pas me prévenir, je t'avais bien dit que…
—Justement non, je ne le pouvais pas. Et c'est même un peu de ta faute car tu m'avais fichu la trouille en affirmant que tu allais t'en charger radicalement. J'ai eu peur que cette affaire ne dégénère et que ton remède soit encore pire que le mal, que ce soit pour toi ou pour moi. De toutes les façons ce n'est pas lui qui était en possession du cahier.
— Je ne suis pas convaincu que cela aurait été pire et puis je ne pige pas, si ne n'est pas lui qui avait ce foutu cahier ? Le roumain ?
— Pas davantage, même s'il est concerné. Mais pour que tu puisses bien comprendre les raisons de ma présence à l'hôtel je dois te raconter tout depuis le début.
- Je t'écoute.
— Il faut maintenant remonter à quelques mois en arrière.
— Ah oui tout de même, je comprends mieux ton changement de personnalité
— Oui hé bien c'est comme ça qu'est-ce que tu veux que je te dise et ça explique bien mon changement. Tout a commencé le jour où revenant de déjeuner chez moi, je venais comme à l'habitude de me garer sur mon emplacement réservé. Alors que je descendais de voiture j'ai vu s'approcher de moi un monsieur souriant, la soixantaine, rien d'inquiétant en soit. Vêtu d'un pardessus sombre, il portait une courte barbe, il avait les cheveux poivre et sel coupés court, bref il présentait bien.
Il m'apostropha par un « bonjour » me demandant aussitôt si je travaillais ici. Après lui avoir rendu son bonjour je lui ai dit qu'effectivement je travaillais là et je lui ai demandé le pourquoi de cette question. Il voulait savoir si je connaissais madame Alice G.
— Oui je la connais, c'est à quel sujet ? Que lui voulez-vous ?
— C'est une affaire d'ordre privé. Je souhaite juste la rencontrer pour lui en parler.
— C'est impossible. Il vous faut prendre un rendez-vous au secrétariat en exposant les motifs de votre demande.
— Non c'est n'est pas envisageable. C'est personnel, même très personnel disons le et… pour le moins délicat. Vous pourriez peut-être m'accompagner jusqu'à son bureau ? Pardonnez-moi, ce n'est pas que je n'ai pas confiance en vous, mais la discrétion impose que je ne vous en dise pas davantage.
— Si, si, vous pouvez fort bien m'en dire davantage car il se trouve que suis Madame Alice G.
— Ah c'est bien ce qu'il me semblait, j'étais certain de vous avoir reconnue.
— Pourtant je n'ai pas le souvenir que nous nous soyons déjà rencontrés, nous ne nous connaissons pas que je sache ?
— Il est exact que nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais si vous ne me connaissez pas, moi au contraire je vous connais et même davantage que la plupart de ceux qui vous entourent. Mais il serait gênant d'en parler sur ce parking, nous serions plus tranquille dans votre bureau.
Ses propos énigmatiques commençaient à m'agacer.
— Je n'ai pas de secrets, vous pouvez parler ici, il n'y a personne qui nous écoute.
— Au risque de me répéter permettez-moi d'insister sur le fait il s'agit d'un sujet bien délicat, personnel, et plus que tout… intime vous comprenez ?
A cet instant je me suis sentie déstabilisée par la manière qu'il avait eu d'insister sur ce « intime ». Se pouvait-il que cet homme évoque mon cahier intime…
— Comprenez-moi, je dois vous montrer un document qui se trouve être en ma possession. Il concerne votre vie… privée, intime je le répète une fois encore… Vous saisissez ?
Oh que oui, je n'avais guère de doute sur la nature du document qu'il évoquait. Il était là planté devant moi et se frottait lentement les mains l'une dans l'autre. En m'efforçant d'être souriante je lui ai dit :
— Bon, c'est d'accord, veuillez me pardonner, je vous prenais pour un... importun… Je vous remercie, mais ce que vous prétendez détenir je ne le vois pas en vos mains, où se trouve-t-il ?
Il s'est alors retourné et a fait un signe de la main. Plus loin, à cinq ou six emplacements de stationnement de nous, la portière arrière droite d'une Mercedes noire s'est ouverte. Je distinguais au travers du pare-brise un homme derrière le volant. Une femme très brune est apparue lentement. Plutôt grande, elle portait de larges lunettes de soleil. Elle portait ample un trench gris, sur une robe longue et chamarrée. Elle tenait à l'épaule un sac beige de grande dimension. C'est avec une forme de nonchalance qu'elle nous a rejoints.
— Chérie, je te présente Alice et Alice je vous présente Nadine ma compagne…
Avançant le bras elle m'a tendu la main en me toisant de la tête aux pieds. Sa poignée de main était douce, chaude, langoureuse, troublante.
— Allons-y, nous ne voudrions pas vous mettre en retard, nous n'ignorons pas les responsabilités qui sont les vôtres.
Je les ai invités à me suivre. Cheminant dans les couloirs l'homme et la femme répondaient courtoisement aux bonjours qu'ils recevaient. Nous arrivâmes dans mon bureau lequel est isolé par une porte double matelassée comme tu le sais Paul.
— Dites donc Alice; vous permettez que je vous appelle Alice bien entendu; vous êtes bien vraiment bien installée. Ce bureau est splendide, spacieux, avec cette moquette on se croirait dans un salon. Et en prime vous avez une vue magnifique sur le parc ! Mais il faut avouer que la plus jolie plante c'est tout de même vous.
Je ne savais comment réagir à ces commentaires flatteurs et à ce moment je voulais surtout être certaine qu'ils me rendant le carnet.
Alors que je m'asseyais derrière mon bureau et que je les invitais à en faire de même, lui est retourné vers la porte pour, à ma grande surprise, la verrouiller. Il s'est justifié en disant qu'ainsi il n'y aurait pas de risque d'entrée gênante.
J'observais sa compagne, éminemment soignée, elle présentait une physionomie charpentée, une allure de maitresse femme. Elle devait être proche de la soixantaine. Son maquillage mettait en valeur de jolis yeux bleus soulignés de charmantes petites pattes d'oie.
Elle ouvrit son sac alors que lui s'asseyait. Elle extirpa un paquet soigneusement emballé de papier kraft et ficelé avec un lien rose. Elle me le tendit. Tout en me le présentant, elle le retenait du bout des doigts en me fixant dans les yeux. Elle finit par le lâcher.
Je le déballais pour laisser apparaitre mon cahier intime. Ouf, il est là me suis-je dis… avant que l'inquiétude me revienne en pleine figure… Je sentais mes joues s'empourprer, mon cœur s'accélérer, j'avais la gorge sèche. En première de couverture figurait la cliché qui avait été utilisé pour le découpage photo reçu à mon domicile. Silencieuse je feuilletais les pages machinalement, sans savoir pourquoi. Mes idées se mettaient en place. C'était donc eux qui s'étaient livrés à cet acte ignoble. Incapable de réaction, j'ai fini par me ressaisir et je leur ai demandé comment ils avaient trouvé ce cahier.
— Absolument délicieux, très ludique, très excitant dit l'homme, nous l'avons consulté à plusieurs reprises, ça nous a donné des idées…
— Excusez-moi, mais non ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire. Je souhaite simplement savoir de quelle manière il est parvenu entre vos mains ?
— Mais c'est tout bête répondit la femme d'une voix douce et mielleuse. Il faut que vous sachiez que Richard était un ami de très longue date. Il arrivait que nous passions chez lui. Un jour ; il y a déjà longtemps ; mon mari est passé chez lui pour présenter une jeunesse qu'il éduquait.
A cette occasion Richard leur a présenté votre cahier en expliquant l'histoire de sa réalisation au fil de vos aventures. Mon mari et cette petite l'ont consulté attentivement. Il faut dire que l'idée et très originale. Qu'il s'agisse de vos sensations physiques et psychiques dans l'acte sexuel, de vos fantasmes, de toutes vos descriptions, tout est d'une précision rédactionnelle savoureuse. La façon dont Richard exposait ce qu'il vous planifiait comme programmes d'éducation ainsi que les annotations complémentaires que vous apportiez c'est un pur régal… C'est plein de promesses…
Votre image de cheffe de service réputée si professionnelle dissimule une sacrée… libertine pour ne pas dire salope...
Je n'ai pas voulu réagir à ce dernier commentaire.
— Peut-être mais ça n'explique en rien comment notre cahier est arrivé entre vos mains ? Je sais que ce n'est pas Richard qui vous l'avait remis...
— Alice je comprends votre irritation, vous avez raison, cela mérite une petite explication. Avant toute chose veuillez m'excuser; j'aurais dû le faire avant ; permettez-moi de me présenter, je suis Monsieur Charles. Mon patronyme importe peu. Je suis aussi appelé Monsieur le Comte.
Revenons à votre interrogation. C'est assez simple. Ayant appris le décès de Richard je me suis rendu chez lui dès le lendemain. Pourquoi ? Parce qu'il me fallait impérativement récupérer des photos et le film réalisés à l'intérieur de notre pavillon de chasse lors de la partie à laquelle vous aviez vous-même participé. Depuis longtemps je disposais des clés du domicile de Richard.
J'ai demandé à Malik et Adrian de m'accompagner. Vous vous souvenez bien d'eux je pense ? Question idiote, car bien sûr vous vous rappelez d'eux, vous ne pouvez pas les avoir oublié puisque; invités à notre chasse aux biches par Richard qui les connaissait de longue date; n'aviez vous pas baisé avec eux?
Nous avons cherché et fini par trouver nos photos et notre film. Mais pendant que nous cherchions; c'est là que ça devient intéressant ; nous sommes également tombés sur votre carnet intime. C'est bien son titre ? Connaissant son contenu, évidement je ne pouvais pas le laisser là au risque qu'il tombe dans des mains mal intentionnées.
— Vous imaginez Alice ce qu'aurait pu en faire un maître chanteur ? Vous soutirer de l'argent, nuire à votre famille ou votre emploi ou encore que sais-je dit sa compagne.
La tournure de l'entretien atténuait mes craintes mais quelque chose me disait de rester sur mes gardes. C'était justifié, la suite le démontre. C'est elle qui reprit la parole.
— Nous autres c'est différent, nous ne sommes pas des gens malhonnêtes. Nous aimons simplement les plaisirs de la vie, du sexe…nous sommes épicuriens, libertins... Il n'est pas question de vous soutirer quelque argent. Et cerise sur le gâteau il se trouve que vous nous plaisez… Si, si, ne soyez pas gênée.
Nous devons vous confier que nous sommes à l'initiative de l'existence d'un petit cercle de libertins. La consultation attentive de votre cahier a renforcé l'impression très forte que nous avions eu Charles et moi en visionnant le film tourné dans notre pavillon de chasse à l'insu des participants. Nous étions absents ce jour-là, nous étions retenus par une obligation de dernière minute. Dans ce film que nous avons visionné plusieurs fois nous vous avions trouvée très motivée, vraiment irrésistible…Vous nous avez mis l'eau à la bouche ma douce…
Et c'est ce qui fait que nous trouvons normal de vous inviter aujourd'hui à rejoindre ce réseau amical pour participer à nos folies libertines…
Souriant de manière nerveuse j'ai réagi dans la foulée.
— Euh non, merci, sans façon, je vais sans doute vous décevoir mais ce n'est certainement pas dans mes projets, absolument pas. C'est très gentil à vous de m'avoir ramené ce carnet, de l'avoir soustrait à de potentielles mains malveillantes mais cela signe aussi la fin de cet épisode de ma vie.
Subitement lui se leva et, posant les poings sur le bureau en me toisant d'un regard sombre, il me dit sur un ton ferme, lentement, en pesant bien sur les mots :
— Attendez, que je sache vous n'êtes pas idiote ? Vous vous imaginez quoi Alice ? Que vous avez le choix ? Qu'un refus pourrait nous faire renoncer à notre invitation ? Vous savez j'ai aussi un film en plus de votre livre intime, vous me comprenez bien ou je dois vous faire un dessin ?
Ses propos, son chantage à peine voilé, me mirent en colère. Pour qui se prenaient-ils ces deux là ? Je n'étais pas disposée à me laisser impressionner, ils commençaient à me gonfler. Dune voix acerbe je les ai attaqués frontalement.
— Décidément je me demande si vous ne seriez pas cinglés vous deux, des malades. Je n'ai pas l'intention de me livrer à vos délires, ni céder à votre chantage ! Si vous persistez vous pourriez bien avoir de gros ennuis croyez moi ! Je connais du monde bien placé à la Police tout comme au tribunal correctionnel. Je pourrais bien déposer plainte si vous insistez. Je crois que l'on s'est tout dit, vous connaissez le chemin, au revoir.
— Comme vous voulez mais réfléchissez aux conséquences avant de déposer plainte. Je ne suis pas certain que vous sortiez indemne d'une procédure judiciaire. Le seul côté positif que j'y trouve serait d'être très amusant pour les flics.
Comme vous venez de me le dire à l'instant c'est un au revoir. Votre révolte, aussi pathétique soit-elle, me plait, elle donne du piment. Au cas où vous reviendriez à une position plus raisonnable, permettez-moi de vous laisser un numéro pour me joindre dit-il en jetant une carte sur mon bureau. Ne la jetez pas.
— Vous êtes une ingrate, mon mari a horreur de ça et vous serez punie pour ça ajouta sa femme en tournant les talons.
— Punie? Voila autre chose, la bonne blague !
Je me suis enfermée dans mon bureau après leur départ.
J'étais soulagée mais en colère, inquiète par-dessus tout pour ne pas dire angoissée. Je ne voyais aucune issue à cette situation. Je me suis mise à réfléchir à ce qu'il m'était possible d'entreprendre concrètement contre ces gens. Je ne trouvais rien, c'était le noir total.
Mon raisonnement était confus. J'ai rangé dans mon sac la carte anonyme sur laquelle il avait mis son numéro.
Tout le reste de l'après midi je n'ai pas eu la tête au travail, cette affaire tournait en boucle dans mon esprit. J'ai pensé t'appeler mais je ne voyais pas ce qu'il te serait possible de faire contre ces salauds.
J'essayais d'imaginer une plainte mais franchement s'était effectivement l'assurance de déballer ma vie intime sur la place publique, d'un divorce à la clé, potentiellement la possibilité de ne pas obtenir la garde de mes enfants, la probabilité de grosses répercussions professionnelles, bref une spirale de merde… Ce con avait raison.
—Sans doute, c'était prévisible. Et du coup tu as fais quoi ?
—Rien dans l'immédiat. Marc m'a demandé si ma journée s'était bien passée, il me trouvait énervée. J'ai passé une nuit blanche. Exceptionnellement le lendemain matin j'ai pris le temps de conduire mes enfants à l'école en voiture. Je me suis stationnée sur un parking à une centaine de mètres comme le font tous les parents. Je suis allée les accompagner jusqu'à la porte. Alors que je revenais à ma voiture, j'ai aperçu sur le pare brise une grande enveloppe blanche coincée sous le balai d'essuie glace. J'en ai eu le souffle coupé. Je devinais ce que c'était avant même d'avoir vu le contenu. J'ai jeté un coup d'œil aux alentours mais je n'ai vu personne de suspect. J'avais été suivie. Je me suis saisie de l'enveloppe. Montée dans ma voiture, tremblante, je l'ai décachetée. Comme je le subodorais elle contenait une photo. La même que la précédente à la différence prêt que l'on voyait distinctement les deux bites que j'avais en mains. En supplément avait été écrit : Souriez demain on enlève le haut.
— Quels salopards !
— Oui c'est ça hélas. Arrivée au bureau après avoir expédié des affaires courantes je me suis enfermée et sans hésitation j'ai appelé le numéro figurant sur la carte que ce type avait laissé. Il fallait que cesse ce jeu dangereux. Il a décroché et après m'avoir salué il m'a demandé ce qui lui valait ce plaisir.
—Je lui ai répondu que leur comportement était ignoble, que ce qu'il venait de faire me révulsait. Il me semblait déstabilisé, il affirmait ne pas comprendre et m'a demandé de m'expliquer. Je lui ai dit ce que j'avais trouvé sur mon pare brise, il m'a certifié que lui et sa femme n'y étaient pour rien, il voyait là une initiative personnel d'une tierce personne, Adrian ou son chauffeur bien que pour ce dernier ça le surprendrait. Dubitative mais quoiqu'il en soit je lui ai demandé à ce que nous puissions nous rencontrer prochainement pour faire le point sur cette affaire dans un lieu discret
Il m'a répondu que ce serait cet après midi dans mon bureau. J'ai répondu que non, que je n'y tenais pas. Il a rétorqué que lui y tenait, précisant qu'il n'y avait rien de négociable sur le sujet, que sa position lui permettait de décider de tout, point barre.
J'ai accepté
A à mon arrivée sur le parking à 13h30 le couple était déjà présent mais à la différence de la veille le chauffeur était à leur coté. Tous trois prenaient le soleil en discutant. Le chauffeur, je le connaissais bien.
— On ne vous présente pas, vous vous connaissez.
— Effectivement je vous ai reconnu, c'est vous qui étiez le responsable de la chasse, François si j'ai bonne mémoire.
Nous nous sommes tous quatre serrés la main avant de prendre la direction de mon service. Me retournant j'ai vu que le chauffeur nous avait emboité le pas.
— Mais vous ne comptez pas amener votre chauffeur pas avec vous ?
— Pourquoi pas ? Vous comme nous n'avons pas de secret pour lui. Allons ne perdons pas de temps, dépêchons nous.
Nous avons donc rejoint mon bureau. Je devais avoir le visage fermé car en croisant mon adjointe, incrédule, elle m'a interrogée du regard en fronçant les sourcils. Je l'ai rassurée en disant tout va bien, c'est personnel, je n'en ai pas pour longtemps.
Nous sommes rentrés dans mon bureau que Charles a aussitôt verrouillé. Comme la veille nous nous sommes assis, le chauffeur restant quand à lui debout, bras croisés au niveau de la porte. J'avais chaud alors que j'étais pourtant en tenue légère, avec laquelle tu m'as déjà vue. Je portais une jupe plissée écossaise, une veste blanche finement rayée de noir sur un chemiser blanc.
— Vous nous voyez sincèrement désolés de ce qui vous est arrivé ce matin même mais nous n'y sommes pour rien. C'est bien une initiative regrettable d'un tiers, Adrian en l'occurrence. Je vous assure que cela ne se reproduira pas. Il n'est pas dans nos us et coutumes de faire chanter les gens, encore plus les femmes, même pour les attirer.
—Je vous en remercie, vous vous êtes donc en mesure de me restituer cahier si j'ai bien compris ?
— Non ça ne me sera pas possible. Je l'ai trouvé chez Richard et par conséquent il entre en quelque sorte dans sa succession, je le rendrai donc prochainement à sa sœur.
— Mais vous n'y pensez pas ? Comment va-t-elle réagir ? Vous réfléchissez aux conséquences possibles lorsqu'elle prendra connaissance de ce qui figure dans ce cahier ?
— Ce n'est pas notre problème c'est le votre. Nous sommes honnêtes jusqu'au bout, pas de chantage mais pas de passe droits non plus, en prime nous vous faisons part de notre décision. La suite ne nous appartient pas, après c'est à vous d'assumer.
— J'espérerais que par empathie vous renonciez au projet qui est le votre à mon égard, c'était pure utopie. Je vois qu'il n'y a rien à espérer de vous de ce côté. Vous me faites courir un risque et c'est à moi de l'assumer…C'est tout de même un peu une forme de chantage... Mais admettons que je cède vos désirs, vous me restitueriez mon cahier ?
—Absolument, je pourrais oublier de rendre le cahier à sa soeur mais seulement dès je n'aurais plus de doute sur votre acceptation à participer à nos jeux, sur votre implication sans réserve.
—Tu étais coincée, piégée par ce que tu avais raconté sur ce carnet.
— C'est tout à fait ça. Alors sans réfléchir, je me suis jetée à l'eau et j'ai dit, c'est bon je me soumets à vos désirs.
— A la bonne heure, vous nous voyez satisfaits de vous voir devenue raisonnable. Nous n'allons donc pas clore ce cahier de vos envies intimes… Nous allons plutôt le faire revivre en concrétisant les projets de Richard. Par exemple nous pourrions bientôt réaliser l'une de ces expériences qu'il avait programmé pour vous au cinéma Béverley ou au club la Cheminée à Paris ? Du reste nous ne connaissons pas ces deux établissements. Ce sera une occasion de combler cette lacune pour notre plus grand plaisir mais plus encore de vous permettre d'assouvir ces fantasmes les plus osés qui vous font vibrer…
Il continua en m'assurant qu'en contrepartie qu'ils mettraient un point d'honneur à ce que jamais au grand jamais ma vie familiale ou professionnelle n'ait à pâtir d'une indiscrétion quand à ma vie secrète, ils s'y engageaient.
Naturellement je n'étais plus surprise de leur refus de me laisser en paix avec cette histoire, l'empathie ne devait pas faire partie de leur vocabulaire. Que ce personnage focalise sur ce cahier me surprenait, je m'attendais plutôt à ce qu'il aborde mon intégration dans leur cercle libertin. Quand à leur garantie de discrétion, je ne savais pas trop quoi en penser, je ne pouvais qu'espérer qu'ils tiennent parole;
Je lui confiais mon étonnement.
— Non le livre est très intéressant je vous assure. Vous y exprimez des idées, des envies, j'ai l'intention de respecter la trame que vous avez esquissée. Je souhaite bien mettre en œuvre les projets de Richard. S'il était toujours là, avouez que vous seriez livrée avec plaisir étapes par étapes à qu'il vous aurait proposé, on est bien d'accord ?
— Oui je l'avoue…
— Après, pour ce qui est de votre intégration dans notre réseau libertin cela coule de source.
Nadine, sa compagne, était restée silencieuse. Mais à la suite de ce qu'il venait de dire, d'une voix douce elle demanda :
— Alice veuillez vous lever s'il vous plait.
— ???
— Oui, vous m'avez entendue. Vous venez bien à l'instant d'accepter nos jeux ? Alors commençons, levez-vous.
Je ne comprenais pas, mon regard interrogatif allait d'eux au chauffeur, mais je me suis levée.
— C'est bien, vous comprenez vite. Maintenant reculez un peu et... quittez moi votre culotte puis déposez la sur le bureau.
— De quoi ???
— Oui vous avez bien entendu, c'est agaçant de devoir tout répéter ! Dépêchez-vous...
— Mais vous êtes dingues ? Pas devant votre chauffeur ! Et puis c'est impossible, quelqu'un pourrait arriver, je risque même d'être vue depuis le parc...
— La porte est verrouillée et qu'à cela ne tienne, on va tirer le store. Pour ce qui est de la présence de François, il vous a vu en de toutes autres circonstances ha ha ha !
— Non je ne veux pas, soyez sérieux tous les deux, vous ne pouvez pas me demander ça, vous allez trop loin. Et d'abord je porte un collant.
— Nous vous le demandons pas... Nous l'exigeons ! Et puis avouez que c'est tout de même plus facile que de vous exhiber dans une vitrine de prostituée à Amsterdam. Quand au collant je ne vois pas le souci, vous voulez que François le retire ?
— Non non c'est bon.
— Vous serez sanctionnée pour vos tergiversations.
— Quoi ?
— Parfaitement, Nadine a raison, votre pudibonderie n'est pas de mise, vous serez punie pour chaque refus d'obstacle. Et ne m'obligez pas à aggraver ce que j'ai déjà en tête. Vous ignorez de quoi je suis capable surenchérît le comte.
Alors, vaincue, le cœur palpitant, les joues rouges, prête à pleurer j'ai quitté mes escarpins, remonté ma jupe, descendu mon collant. Je jetais des regards à la dérobée vers François qui restait impassible. Curieusement en ces circonstances mes pieds nus sur l'épaisse moquette me transmettaient d'agréables sensations. Hésitante j'ai néanmoins fait glisser ma culotte le long de mes jambes avant de la poser sur le bureau tout en cherchant à descendre ma jupe pour dissimuler la nudité de mon bas ventre.
— Non dit-elle, ne soyez pas pressée, remontez moi ça…Plus haut… Ah oui Charles… tu as raison c'est une belle môme, une très belle môme. Elle a la quarantaine resplendissante... J'adore cet écart qui lui reste en haut de ses cuisses même serrées… Exceptionnelle… Lentement faites moi un demi-tour… Ecartez vos jambes… Plus largement… Elle est bandante n'est-ce pas François ? Vous avez eu de la chance de l'avoir déjà connue en action… Dites moi Alice le terrain est un négligé, j'ai le sentiment qu'il est en jachère depuis le malheureux décès de Richard. Je vous prendrais un rendez-vous chez mon esthéticienne. Faites le tour du bureau, venez nous voir, approchez vous.
Elle humait ma culotte, dont elle s'était saisie, songeuse. J'étais troublée comme tu ne l'imagines même pas Paul.
Sidérée, dans un état second, j'ai obéit, je suis allée lentement vers eux en tenant ma jupe relevée Je regardais les murs cherchant à éviter leurs regards. Lui m'attrapa la main pour me diriger entre eux deux, toujours assis, lui devant et elle dans mon dos. J'ai senti leurs mains effleurer mes cuisses.
Crois le Paul, je sentais ma chatte frémir, je mouillais à mon corps défendant.
Lui a glissé sa main pour toucher mon sexe. Avec douceur il s'est frayé un passage dans mes poils et il a introduit un doigt entre mes lèvres pour caresser puis sans difficulté pénétrer ma vulve. . Il fit remarquer que ma vulve était chaude et bien mouillée. Du pouce il excitait mon bouton. J'ai planté mon regard dans les yeux du chauffeur qui souriait mais ne bronchait pas. Le doigt intrusif allait et venait, progressivement plus profondément, plus rapidement, puis il ralentissait. Le geste devenait plus appuyé. Il savait y faire le bougre. Je mouillais, mes jambes se sont mises à trembler, je projetais mon bassin alternativement en avant et arrière. Nadine s'est levée pour se plaquer contre mon dos, empoignant sous les seins tout en me déposant des baisers dans le cou par petites touches. Le chauffeur a dit de me pincer les tétons, que j'aimais ça. Elle a avancé ses mains pour me saisir les bouts et les pincer, les étirer, elle ne s'en priva pas, j'aimais, le chauffeur avait raison. Je le regardais toujours droit dans les yeux en passant ma langue sur mes lèvres en gémissant. Ma respiration s'accélérait, je sentais que ça montait, j'allais jouir…
— Stop, stop ! On s'arrête! On arrête, pas question de jouissance, cette petite mise en bouche doit juste réamorcer votre fringale dit-elle sur un ton badin, me laissant frustrée.
C'est à regret je le concède que j'ai senti Monsieur le Comte dégager sa main avant qu'il ne me fasse sucer ses doigts.
Paul je t'assure que j'aurais capable de me faire baiser là s'ils en avaient décidé ainsi. Dans de telles circonstances je ne m'appartiens plus, je deviens une autre Alice, je ne me reconnais plus, je suis prête à tout, je me fais peur
— Tu ne me surprends pas car je commence à bien te connaitre et je te sais en manque de sexe depuis longtemps. Tu es passée d'une sexualité très active à rien du tout depuis la disparition de Richard. Ton corps réclame ce qui lui manque.
Monsieur Charles reprit la parole.
— Vous pouvez remettre votre collant, nous gardons votre culotte. Maintenant nous communiquerons par portables. Ce sera plus sûr pour recevoir nos instructions.
—Instructions ?
— Eh bien oui, des instructions de base. Vous devez comprendre que nos jeux demandent de l'organisation, qu'ils se planifient, qu'il faut donc de l'anticipation dans tout ça dit-elle en se dirigeant vers la porte.
Il faudra vous arranger pour avoir des disponibilités en journée mais aussi certains soirs, certains weekends, nous comprenons que cela vous demande un peu de temps pour justifier de vos absences auprès de votre mari ou dans votre travail. Il va vous être nécessaire de construire des alibis. Ne soyez pas inquiète, ce sera planifié à l'avance. Pensez à me communiquer vos périodes d'indisponibilités pour raisons privées et même celles de vos règles.
Encore une chose, j'allais oublier, je vous interdis désormais catégoriquement de porter des collants, ils laissent des marques disgracieuses à la taille, nous avons ça en horreur. Vous porterez des bas auto fixant ou sur notre demande des bas avec porte-jarretelles. Vos culottes devront laisser libres vos cuisses afin de pouvoir glisser la main. Vous devrez répondre prioritairement à mes appels téléphoniques et vous conformer sur le champ à mes exigences. J'attire votre attention sur le fait que moi ou Nadine pourront être amenés à vérifier si vous obéissez. En cas de manquement vous serez évidemment punie, c'est clair ? demanda Monsieur Charles.
Encore sonnée et alors que je les rejoignais lui m'a embrassé sur la joue mais elle sur les lèvres. Franchissant tous trois le seuil, lui ajouta à bientôt ma douce, à très bientôt.
— Et donc ils t'ont envoyé chez le maghrébin pour quelle raison ?
— Ah non Paul, tu n'y es pas du tout. Entre la fin de ce que je viens de narrer et le moment où tu es venu me dépanner il s'est passé bien des choses. Je vais te le raconter mais il se fait tard. Si tu veux on déjeune ensemble demain, de cette façon nous aurons plus de temps pour que je puisse t'expliquer et te dire où j'en suis.
En espérant avoir suscité votre curiosité et pour la satisfaire je vous annonce une suite prochaine des confidences de mon amie Alice.
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