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✦ Jane Does Les frasques d'Édith XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Les frasques d'Édith — Chapitre 3 · Nuit De Maxime (acte 1)

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Les frasques d'Édith

Chapitre 3 · Nuit De Maxime (acte 1)

Les jours succèdent aux jours et les souvenirs aussi bons soient-ils ne suffisent plus toujours pour apaiser les envies. Après des semaines sages, sans attentes particulières, la jolie trentenaire se sent des fourmis dans les jambes. Un réel besoin de compagnie accompagne de plus en plus souvent les images que son cerveau lui restitue, suite à ces deux soirées durant lesquelles, elle a été une actrice fabuleuse. Et chaque soir, ces moments très excitants viennent la titiller. Alors se toucher des deux mains n'a vraiment qu'un intérêt immédiat. Juste pour le fun, pour remettre en place une libido débordante.
Elle revit au plus profond d'elle-même cette soirée avec un homme sans visage, un jeu un peu pervers qui s'il lui a bien plu laisse une trop grande part aux risques. La soirée avec Marie et Pierre s'est trouvée plus à son avantage. Elle pourrait aussi leur faire une demande pour la renouveler, mais finalement elle y renonce, ne voulant pas d'attaches affectives toujours possibles sur la durée. Reste que son corps ne sait plus se contenter de ses caresses, de ses séances de masturbation alimentées par les flashs de ce qui est arrivé, aussi bien dans la chambre d'hôtel, que chez le couple.
Alors, pour tuer l'ennui et puis on ne sait jamais, dégoter la perle rare, Édith se plonge de nouveau dans d'interminables recherches sur des sites très dédiés à une sexualité débridée. Bien sûr elle doit faire un choix rigoureux, éviter les pièges pas toujours subtils de gros lourdauds qui racontent n'importe quoi. Pour ce faire elle se fixe une ligne de conduite, édicte des critères plus ou moins souples et se lance dans des dialogues qui peuvent capoter parce que la personne avec qui elle correspond se vend lamentablement. C'est monnaie courante. Souvent les types s'inventent des vies, alors qu'à la maison leurs femmes font la bouffe ou torchent les enfants.
Édith déploie des ruses de sioux pour débusquer les tricheurs, les menteurs de tous poils. Mais voilà, il arrive aussi que parfois, un profil sorte de l'ordinaire et qu'elle s'attarde plus longuement dans une discussion qui peut s'avérer intéressante. Ce qui ne veut absolument pas dire qu'elle adhère à tout. C'est juste que le bonhomme avec qui elle échange sur le tchat lui semble plus conforme à ses espérances. Et c'est donc ainsi que très tardivement même, un soir, un homme au demeurant fort courtois vient frapper son imagination.
D'abord, il y met les formes. Présentation soignée et polie, une certaine déférence dans sa manière de lui écrire font que la brunette ne le zappe pas dans les minutes qui suivent. Le mec dit se prénommer Maxime. Elle a choisi un pseudonyme auquel elle reste fidèle à chacune de ses connexions. Sur ce lieu de débat, elle s'appelle : Charlotte.
— Bonsoir Charlotte.
— Bonsoir !
— Vous avez des attentes spéciales ici ?
— Qui êtes-vous ?
— Je suis Maxime… Max pour mes amis.
— Bien ! Nous nous contenterons donc de Maxime, nous ne sommes pas encore suffisamment intimes pour que j'entre dans le cercle de vos connaissances.
— C'est vrai. Mais Charlotte, c'est votre prénom de baptême ?
— Pas du tout. Vous devrez cependant vous en contenter dans l'état actuel de notre dialogue.
— Je comprends. Votre méfiance est légitime. Ces sites ne sont pas toujours très bien fréquentés.
— Et vous ? Vous venez ici dans quel but, si ce n'est pas trop indiscret ?
— Ben ! Voyez-vous Charlotte, j'ai cinquante et un ans et je suis veuf. J'aimerais parfois un peu de compagnie…
— Vous n'avez donc ni chat ni chien ? Ce sont aussi des animaux de compagnie, fort agréables non ?
— Évidemment ! Mais pas suffisant, au moins pour calmer certaines de mes faims.
— Vous avez donc un gros appétit ?
— Je jeûne depuis si longtemps ! Et pour tout vous dire, je ne saurais me contenter d'un repas normal. Disons que mes attentes sont plus particulières…
— Ah ah ! Ça demande quelques éclaircissements, ne croyez-vous pas ?
— Bien sûr. Mais auparavant, j'aimerais m'assurer que vous êtes bien ce que vous prétendez être ! Tant de fous se font passer pour des dames ici.
— Je sais, mais ça me parait difficile de vous prouver quoi que ce soit, du moins pour l'instant. À ce stade de notre discussion, je veux dire.
— En tout cas, qui que vous soyez, le dialogue est courtois, et vous écrivez bien. Ça dénote une certaine éducation !
— Je reconnais que notre échange est agréable. Donc vous ne voulez pas me dire ce qui vous fait rêver ?
— Et vous ? Si vous me racontiez… on ne vient jamais sur ce genre de site par hasard.
— Je suis seule, divorcée depuis un bout de temps. Et la solitude prend bien des formes, crée aussi des besoins. Celui de parler, si je puis dire, puisqu'en fait nos échanges ne sont pas verbaux pour le moment.
— Pas de besoins physiques ? Parce que je vous avoue, Charlotte, que moi j'ai une certaine partie de mon corps qui ne demande qu'à reprendre du service… du sévice aussi.
— Du sévice ? C'est volontaire le retrait d'un « « R » dans ce mot ?
— Plus ou moins oui ! Vous imaginez le message que je vous adresse ?
— Grosso-modo ! Et pour mon information personnelle, vous seriez sans indiscrétion, de quel côté du manche du fouet ?
— Oh ! Fouet me semble un bien grand mot. Mais sachez, Charlotte que j'aime… j'aimais devrais-je écrire, j'aimerais me semble plus approprié finalement, oui ! J'aimerais trouver une douce amie pour des moments pendant lesquels elle mettrait à ma disposition son âme et par extension son corps.
— Vaste programme ! Je ne suis pas, Maxime, une adepte des coups. Pas plus que je n'aime la douleur.
— Mais ma très chère amie, qui vous parle de douleur ou de coups ? Je reste plus nuancé dans ma recherche d'un plaisir différent. Vous savez faire faire à une dame des choses qui sortent de l'ordinaire, peut s'avérer très stimulant. Pour la partenaire également, je suppose. Pas besoin de frapper pour obtenir un abandon total.
— Détaillez-moi un peu votre vision de ce que vous m'écrivez, j'avoue que je m'y perds un peu.
— D'accord ! Dites-moi, Charlotte, êtes-vous émoustillée par ce que je vous fais entrevoir, parce que je sens que vous savez parfaitement à quoi je fais allusion depuis quelques minutes.
— Racontez-moi ! Je veux le lire pour me faire une idée plus claire de ce que sont vos espoirs.
— Alors… vous êtes ? Brune ? Blonde ? Grande ou petite… maigre ou comment dire un peu enveloppée ? J'ai besoin de vous visualiser pour me mettre en situation.
—… ? Alors, je suis une femme de trente-trois ans pour quelques mois encore, divorcée, comme dit précédemment, je mesure un mètre soixante-douze, chevelure brune mi-longue et je pèse environ cinquante-huit kilos. Mais ça peut fluctuer légèrement de quelques grammes, en plus ou en moins en fonction des jours.
— Je vois ! Une fort belle femme donc ?
— Je m'estime mal placée pour vous donner mon avis sur la question.
— Alors… imaginons que vous veniez à un rendez-vous dont nous conviendrions tous les deux. Je vous demanderais pour celui-ci par exemple de porter telle ou telle tenue. Et puis nous irions nous balader bras dessus bras dessous. Au fil du chemin, je vous ferais montrer de vous un peu plus, jusqu'à ce que tout soit visible !
— Et la balade nous emmènerait dans quel lieu ? Parce que je suppose qu'elle se ferait au grand air ?
— Oui… le choix de la destination pourrait être l'objet d'une discussion préalable. Rien d'imposé, juste de la suggestion… Avez-vous déjà pratiqué les amours plurielles ?
— Vous êtes très curieux ! Joker pour cette question.
— Joker accepté… je la reformule donc. Aimeriez-vous avoir des… échanges avec plusieurs messieurs ?
— Échanges ? Il en existe toute sorte des possibilités de cet ordre-là ! Certains me semblent très hasardeux, par les temps qui courent.
— Bien entendu… mais ceux-ci se feraient toujours sous ma houlette et avec la garantie que toutes les règles définies au départ seraient respectées… hygiène et intégrité physique.
— Vous vous proposeriez donc en qualité de mentor ?
— Un guide, oui je pourrais devenir un conseiller. Vous êtes tentée ?
— Je ne sais pas trop ! Ça demande réflexion.
— Oui je comprends ! Mais comme ça, à brule-pourpoint, la balance pencherait objectivement plus vers le oui, ou du côté du non ?
— Ni oui ni non, je suis dubitative.
— Vous avez tout votre temps pour y réfléchir… le seul inconvénient c'est que souvent ici, pour se retrouver dès que l'on s'est déconnecté… Voici mon numéro de téléphone Charlotte. Je veux vous faire confiance.
— Merci ! Pour vous remercier de celle-ci, je vous donne mon prénom réel : Édith !
— Édith ! Ça sonne bien à l'oreille. Mon âge ne vous effraie pas ?
— Non ! Il serait même un gage de sureté pour moi. Merci pour le numéro !
— Vous pouvez m'appelez quand vous le désirez, je suis seul, donc pas de risque de déranger qui que ce soit…
— Je vous souhaite une bonne nuit et encore merci pour ce moment de dialogue courtois.
— Bonne nuit jeune femme ! Et que ces heures de sommeil vous portent conseil. Je vous embrasse virtuellement.
L'écran se vide des phrases qui s'y alignent depuis le début du tchat. Édith digère lentement ce qu'elle vient de lire. Elle note soigneusement les dix chiffres du portable de ce Maxime. Et la tête remplie de nouvelles images, toutes irréelles parce que c'est tout nouveau pour elle, elle passe dans sa salle de bain. Une douche s'impose et durant celle-ci, ses mains filent le parfait amour avec son corps. Une branlette appuyée sous la pomme de douche qui crache son eau tiède. Bizarre comme ce type l'a mise en émoi. Et sa proposition ? Elle danse déjà sous la tignasse brune.
— oOo —
Les heures s'amoncellent rapidement. Jours qui deviennent une semaine, puis deux. Tout à fait par hasard, le post-it où Édith a scrupuleusement griffonné le numéro et le prénom « Maxime » refait surface à l'occasion de l'époussetage de son bureau. Un instant la jeune femme se demande ce que c'est que ce papier, puis remonte derrière son front l'échange avec le type avec qui elle a longuement discuté. Un coup de chaud la surprend soudain et sans trop savoir pourquoi, elle appelle en masqué ce gaillard. Au bout de cinq sonneries, une voix caverneuse l'invite à laisser un message.
La brune s'en garde bien. Puisque l'homme n'a pas répondu, tant pis, elle va oublier. Mais cette histoire lui trotte dans la cervelle tout l'après-midi et sans vraie raison, une heure plus tard, elle refait un appel, toujours sans livrer son numéro. Et là, ô miracle, la première sonnerie à peine terminée que l'homme est au bout du fil.
— Allo !
— Allo ! Maxime ?
— Euh… oui ! Qui êtes-vous ?
— Édith ou plus exactement Charlotte. Vous me remettez ?
— Charlotte… ? Non pas vraiment !
— Nous avons échangé il y a pas mal de temps sur un site assez… déluré.
— Ah ! Oui ! Ça y est je me souviens. Un échange très cordial au demeurant. Vous êtes donc vraiment une femme ! J'ai eu un grand doute puisque vous n'aviez pas donné suite à cet échange… sur ce genre de site, c'est chose courante que des hommes peu scrupuleux se fassent passer pour des femmes.
— Je sais bien. Mais j'avais aussi besoin de faire le point, d'assimiler tout ce que vous m'aviez raconté.
— Et ? Le verdict ? Je crois me souvenir que nous en étions au stade de l'hésitation ! Vous avez donc cette fois pesé le pour et le contre ?
— Disons que je serais bien tentée, mais j'aimerais savoir à quoi je dois m'attendre.
— Vous avez parfaitement raison et plus encore le droit d'en rediscuter. Je vous propose une dinette en tête à tête dans un restaurant, juste pour le plaisir de se rencontrer, de se parler. Faire connaissance devant un bon plat et au milieu d'autres personnes ! De quoi vous rassurer si vous osez.
— Et nous pourrions faire cela samedi soir ?
— Samedi ? C'est demain, vous le savez ?
— Oui… demain soir ! Ça me parait très… bien, qu'en pensez-vous ?
— Écoutez, si ça vous convient, je serais idiot de refuser. Disons vingt heures devant le restaurant ?
— D'accord pour moi ! Dois-je adopter une tenue ou une attitude quelconque ?
— Venez telle que vous êtes Édith. Il ne s'agira en fait que de présentations et de définir les grandes lignes d'une autre éventuelle rencontre.
— Ça me convient parfaitement !
Ils discutent encore quelques minutes et Édith se fait préciser l'heure et le lieu de ce qui ressemble bien à un rencard. Enfin c'est Maxime qui coupe la tonalité. La jeune femme dès qu'elle raccroche se mord déjà les doigts d'avoir fait ce pas vers l'autre. Puis en y réfléchissant bien, il ne s'agit que d'un repas tout bête, dans un restaurant dont ce Maxime vient de lui communiquer les informations. Rien de plus simple de regarder sur la toile de quoi il s'agit. L'enseigne est réputée et jouit d'une bonne presse.
Ce qui calme un peu les craintes de la jeunette. Bon, la voix de ce mec, lui a paru un peu autoritaire, mais sans plus. Et puis après elle, le déluge. Demain est encore bien lointain et changer d'avis n'est pas interdit. C'est le raisonnement que se tient une Édith survoltée. Sa tête lui dicte une conduite que son corps tout entier s'empresse de réduire à peau de chagrin. Et si la nuit qui arrive doit permettre d'y voir plus clair, il est sûr aussi qu'elle est entrecoupée de nombreux sursauts qui sont autant de réveils frustrants. De longues plages où elle nage en plein délire érotique.
L'aube nouvelle n'apporte pas d'améliorations notables, mais pas d'altérations non plus en fait. Sa matinée, Édith l'occupe avec des tâches domestiques aussi indispensables que secondaires. Puis viennent ces heures qui la rapprochent de son entrevue avec le bonhomme. Et c'est un peu panique à bord. Et pour finir, c'est bien à quelques secondes près qu'elle vient garer sa petite citadine près d'une grosse berline ou un type attend. Chacun descend de son véhicule et le gars la fixe d'une manière insistante.
— Édith ?
— Vous… vous êtes Maxime ?
— Oui ! Et mon Dieu, vous êtes encore plus belle que la description que vous m'avez faite de vous. Un régal pour les yeux. Je vous vois un peu tendue ! N'ayez aucune crainte, je ne mange personne.
—… !
— Nous entrons où vous voulez déjà faire demi-tour ? J'ai l'air d'être votre père, face à vous.
— Je… comment vous dire cela ? Plus jeune, je n'aurais même pas accepté un rendez-vous. Je crois que vous avez un côté rassurant.
— Ouf ! J'ai eu peur ! J'ai vu l'instant où vous alliez me planter là, au beau milieu de ces places de stationnements.
— Non ! Ne craignez rien. Si ça ne colle pas, je saurai être polie et vous en faire part.
— C'est bien ! Venez alors. Ce restaurant appartient à un de mes amis et la carte est chargée, un choix de roi… en l'occurrence de reine pour vous.
La jeune femme entre donc dans un sas avant de se retrouver près d'un long bar. Une autre jeune femme, coiffée d'un chignon blond arrive immédiatement. Elle connait le client qui vient d'entrer en compagnie d'une jolie brune.
— Bonsoir Monsieur Maxime. Votre table est prête. Le patron va venir vous saluer. Il nous a prévenus de votre venue.
— Annabelle… je vous présente une amie. Charlotte pour les intimes, Édith pour le monde. Édith une belle serveuse qui porte le prénom d'Annabelle. Je crois deviner que cette créature de rêve n'aime que les personnes de son sexe, à l'exception de son mari.... Bien ! Vous me suivez Édith ?
— Enchantée, madame… ou mademoiselle ! Oui, je crois comprendre Maxime !
— Si vous voulez bien me suivre, c'est par ici.
La blonde louvoie dans la salle. Une table pour deux, ornée d'un vase de fleurs et d'une lampe encore éteinte. La nuit n'est pas encore tombée. L'homme galant aide son invitée à s'assoir alors qu'un serveur zélé, sorti d'on ne sait où arrive déjà pour la commande d'un apéritif.
— Madame ! Monsieur ! Bienvenue au restaurant. Vous désirez un apéritif ?
— C'est bon Jules ! Je m'occupe personnellement de ces messieurs-dames !
Celui qui vient d'apostropher le serveur est visiblement le patron. Une veste blanche sur une chemise d'une couleur identique, une cravate, un pantalon noir aux plis impeccables, la quarantaine, bien mis, le gars a un sourire qui montre des dents bien alignées.
— Édith ! Voici le propriétaire des lieux. Mon ami Ernest. Un vrai chef. Ernest, voilà Édith, une amie de fraiche date.
— Bonjour madame. Je ne sais pas comment fait ce vieux beau pour dénicher les plus belles femmes du monde. Enchanté de faire votre connaissance. Maxime, tu as vu Annabelle ?
— Oui ! J'ai fait également les présentations. Annabelle c'est l'épouse d'Ernest, c'est vrai que je ne vous l'ai pas précisé.
—… ! Merci de votre accueil ! Nous aurons sans doute la possibilité de nous revoir durant le diner ?
— Je vous promets que nous viendrons prendre le digestif, ma femme et moi en votre compagnie. C'est une habitude que nous perpétuons à chacune des visites de Maxime. Encore que depuis que sa malheureuse épouse nous a quittés, nous ne l'avons guère revu. Je vous souhaite donc un bon appétit à tous les deux, et si Édith, quelque chose vient à vous manquer… n'hésitez pas, Annabelle n'est jamais bien loin !
— D'accord !
— Je le soupçonne de dire la même chose à tous ses clients.
— C'est normal, je n'ai que des amis puisque tous reviennent souvent, sauf toi… mais je comprends et ça me fait plaisir de te revoir.
Il est parti et la brune se détend un peu. Sauf mise en scène improbable, le type n'a pas menti, sur son veuvage du moins. Elle se sent plus rassurée. Ce Maxime est connu dans ce restaurant et ne doit pas faire n'importe quoi. Il a l'air aussi d'être apprécié par les propriétaires du restaurant, un bon point supplémentaire. Il est lui aussi assis sur son siège, les deux verres d'un cocktail maison sont devant eux. Et lui lit la carte. Celle d'Édith ne comporte aucun prix !
Hors d'œuvres très fins, délicieuses mises en bouche qui amènent les convives à oublier un peu leur tracas pour déguster. La brune n'en pense pas moins. Sous sa tignasse, des milliers de questions restent en attente. Mais Maxime ne semble guère pressé d'en venir au vif du sujet. Ce qui les amène là n'est pas anodin et ils ont tellement de choses à se dire. Elle n'ose pas non plus attaquer de front et lui continue à mastiquer sans s'affoler. Ce n'est qu'au début du plat de résistance qu'enfin il s'épanche.
— oOo —
— Alors ma belle amie, comme ça vous avez osé franchir un cap ? J'en suis heureux.
— Vous avez vous-même souligné que ce n'était qu'un diner.
— Bien sûr ! Mais j'avoue que j'aurais un immense plaisir à vous… ça me fait drôle de vous dire vous, un immense plaisir à vous mener loin des sentiers battus.
—… ? Vous pouvez me tutoyer si cela vous chante. Je ne suis pas sûr de comprendre.
— À la bonne heure. Tu sais, j'en suis persuadé que tu es jolie, que pas mal de mecs doivent rêver de passer un moment en ta compagnie. J'aimerais te faire découvrir tes envies insoupçonnées. J'imagine déjà ton petit derrière prêté à quelques gentils messieurs. Tu as déjà eu des rapports avec plusieurs hommes ? En même temps je veux dire ?
À cette question plutôt directe, Édith se sent le rouge monter aux joues. Elle vient de stopper l'ascension de sa fourchette vers sa bouche. Elle reste coite et Maxime la fixe dans l'attente de ce qu'elle va dire.
— Tu ne veux pas en parler ?
— Non ! Ce n'est pas cela. Vous touchez à l'intime là et… non, je n'ai jamais fait cela.
— Tu n'as pas envie de tenter le coup ? Tu pourrais en retirer un plaisir formidable.
— Je ne sais pas vraiment si ça me plairait. Et puis les risques encourus… il traine tant de saloperie de nos jours.
— Pour cela, il te faut simplement m'accorder un peu de crédit et une confiance aveugle. Tiens par exemple pour la première fois, deux ou trois hommes que tu ne verrais pas.
— Que je ne verrais pas ? Comment ça ?
— Un bandeau ma belle, ce genre de loup que mettent parfois les dames pour dormir… tu piges ?
—… J'ai déjà la trouille lorsque je vois les gens, alors avec ce truc !
— Tu chipotes là. Je sens chez toi un gout inné pour la découverte. Tu aimerais essayer ? On pourrait commencer par une promenade dans des endroits chauds. Tu me donnerais carte blanche et sans sous-vêtements, ton petit cul à l'air, à la vue de voyeurs, je suis certain que tu aurais une foule d'admirateurs.
— Et vous feriez quoi, vous ? Dans ce scénario qui vous fait rêver ?
— Bander tu veux dire. La pensée de cette vision de ton joufflu nu à la vue de tous me fait bander, c'est un cran au-dessus du rêve déjà !
— Je ne crois pas que je suis capable de faire ce genre de chose.
— Et tu n'as pas envie de te découvrir ? De savoir quel plaisir ça procure de se montrer, d'être désirée par des tas de types ? Pourquoi te refuser des émotions gratuites ? Je peux te guider, te montrer le chemin.
— Et si quelqu'un me reconnait ? Si après cela, j'étais harcelée ou traitée de pute ?
— D'une part, il est très facile de passer d'une région à une autre pour éliminer ce problème qui te retient. À quelques kilomètres de chez toi, il n'y a guère de chance pour que les gens te croisent le lendemain. Et puis tu imagines bien qu'avec ton physique, c'est ton cul ou ta chatte qui les obnubileraient… ils ne verraient pas vraiment ton visage. Quant au harcèlement… là encore je ne vois pas comment si personne n'a ton téléphone ou ton adresse. Je ne t'oblige à rien. Je pose des questions à l'aveuglette, pour savoir ce qui te plait dans le vice.
— Le vice ? Vous me voyez donc comme une perverse ?
— Il en faut une petite dose pour aller sur le site où nous nous sommes parlé, ne crois-tu pas ?
— Peut-être ! Sans doute que oui. Mais ce que vous me racontez là… est passablement glauque, non ?
— Je ne suis qu'un pauvre pécheur… tu gardes ton entière liberté. Tu n'es pas ma captive ni ma chose. C'est juste volontaire ce que je viens de te narrer. Et il devrait toujours en être ainsi. Le plaisir pour le plaisir, pas de contrainte. Mais tu devrais finir ton diner… ça va être froid.
Un long silence s'installe. Édith et Maxime ne parlent plus. Elle réfléchit, sentant bien qu'au fond d'elle, il a raison. Bien entendu qu'elle a envie de faire des trucs qui sortent de l'ordinaire. Son ventre ne s'y trompe pas lui. Elle sait qu'elle est remuée de l'intérieur et que ça se traduit par une lubrification excessive d'une partie de son anatomie que le type aimerait la voir dévoiler. Mais reste l'inconnu, ce saut dans un abime dont elle pourrait ne pas sortir indemne. Le dessert est là, appétissant et visuellement désirable. Des profiteroles dont elle raffole.
— Bon, ma belle ! Je vois mon ami et sa femme qui reviennent prendre le digestif à notre table.
— Ah ?
— Alors ! Vous avez bien diné ?
— Oui ! Mais tu poses la question juste pour le plaisir de nous entendre dire que c'était sublime ? Édith et moi avons savouré ce délicieux moment de partage.
— Tant mieux… Vous avez prévu une sortie nocturne ? La nuit s'y prête, un ciel fait pour les amoureux.
— Ça ne dépend que de madame… Annabelle et toi vous avez encore quelques clients.
— Oui, comme toujours ! Les samedis sont des jours chargés pour nous deux. Mais vous devriez allez danser. Une nouvelle boite s'est ouverte pas très loin d'ici. Une dizaine de kilomètres et je suis sûr qu'elle vous plairait.
— Nous allons en discuter. N'est-ce pas Édith ?
— Je suis lasse et je crois que je vais rentrer directement. Ce n'est que partie remise ! Peut-être aussi nous reverrons nous, Annabelle, vous, Maxime et moi ?
— Nous le souhaitons vivement. Notre Max mérite qu'on s'y attache un peu. Sous ses airs bourrus se cache un cœur d'or.
Annabelle vient de prononcer cette dernière phrase avec des trémolos dans la voix. D'un coup Édith se demande si cette femme n'a pas joué avec le feu. Une phrase qu'elle a prononcée à leur arrivée refait surface dans la cervelle de la brune. « Bonsoir Monsieur Maxime. » Un « monsieur » trop appuyé, trop cérémonieux pour être honnête ? Il n'est pas question de s'occuper des affaires de cette blonde. Alors, après avoir ingurgité une dose d'un cognac hors d'âge, le couple reprend ses activités. C'est vrai que la salle est encore bien remplie. Et Maxime est allé payer. Elle l'attend sagement près de sa voiture, s'apprêtant à le saluer avant de rentrer chez elle. Il est là ! Tout proche.
Ses yeux gris la caressent avec une rare insolence. Il n'esquisse pourtant aucun geste déplacé.
— Merci pour cette soirée agréable Maxime !
— C'est moi qui dois te remercier… tu ne veux vraiment pas que nous allions nous balader ?
— Dans les conditions que vous imaginez ? Je ne suis pas prête… encore.
— Cet encore  laisse un espoir alors ?
— Allez savoir !
— Je vais te poser une question, je peux ?
— Au point où nous en sommes !
— Est-ce que notre discussion t'a fait un peu d'effet ?
— … ?
— Est-ce que tu as mouillé, pour être plus clair ?
—… euh…
— C'est oui ou c'est non ? Ne joue pas la timide, tu ne l'es pas !
— Je dois avouer que…
— Oui ou non ?
Le ton est péremptoire. Il ne laisse plus de place à des tergiversations mal venues. Édith frissonne sur ce parking et puis baissant la tête, d'une toute petite voix :
— Oui !
— À la bonne heure ! Donc ça te plait. Retire ta culotte !
— Quoi ?
— Chut ! Contente-toi d'obéir ! Donne-moi ton slip !
—… !
La boule de chiffon plutôt humide est bel et bien entre les doigts du gaillard. Il sait qu'il vient de gagner la partie. À moins que ce ne soit la jeunesse brune qui manipule le vieux bonhomme ? Alors Maxime la prend par le bras. Il la fait avancer vers la portière « côté passager avant » de la voiture. Sa grosse berline, évidemment. Édith se laisse guider sans un mot. Une fois assise, il lui caresse la joue avec une tendresse inattendue. Il fait de nouveau le tour du véhicule pour se glisser sous le volant.
— Ouvre maintenant la boite à gants !
—… !
— N'aie aucune crainte ! Tu vas adorer notre petite virée.
La menotte qui tremble un peu obéit à l'injonction de ce Maxime qui se montre déterminé. Le coffre ouvert, de celui-ci l'homme attrape au vol une large bande de tissu sombre. Édith vient de comprendre… le loup dont il lui a parlé est là, dans la patte du gaillard. Et il va dans un instant se retrouver refermé sur sa nuque. Cette fois elle vogue vers une aventure peu banale. La peur, l'envie tout se mélange dans sa tête. Comment ce type a-t-il réussi en un laps de temps aussi court à la décider ? Elle entend le moteur qui ronronne. Cette fois elle est dépendante de celui qui est à ses côtés.
Mais soudain, elle en sourit ! La vie offre de bonnes surprises parfois. Et quoi de plus simple que de se laisser aller ? Qui vivra verra ! Au diable la bienséance…
Fin de la première partie…
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Photo de profil de OlivX
OlivX
2 juin 2021 à 12:06
Je me régale de cette histoire à côté de laquelle j'étais passé. Je file découvrir les 5 épisodes qu'il me reste à lire :)
Soyez respectueux
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Photo de profil de fab-io72
fab-io72
15 mai 2021 à 10:44
Merci pour cette lecture délicieuse. Une mise en situation parfaite, des personnages qui ce découvrent petit à petit, une ambiance à la fois érotique et mystérieuse avec à la fin une frustration dévorante de voir ce chapitre se terminer ^^
Avec l'impatience de découvrir la suite très bientôt.
Soyez respectueux
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Photo de profil de Frederyc
Frederyc
15 mai 2021 à 10:22
Excellentissimes !
Soyez respectueux
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Photo de profil de jipe06
jipe06
14 mai 2021 à 19:49
Belle mise en place d'un fantasme en cours de réalisation, Edith se laissant porter par les évènements dirigés de main de maître nous promet un summum d'excitation & de dépravation, toujours cette belle écriture au service d'une imagination fertile... merci Jane.
Soyez respectueux
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