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✦ Jane Does Les frasques d'Édith XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les frasques d'Édith — Chapitre 2 · Nuit de Douceurs

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Les frasques d'Édith

Chapitre 2 · Nuit de Douceurs

Un mois ! Un mois déjà, qu'Édith s'est fait plaisir. Trente longs jours depuis sa sortie nocturne, sa rencontre avec un parfait inconnu. Elle se souvient de cette chambre noire, de ces caresses entrainant des plaisirs décuplés. La peur, la honte et puis tous ses sens démultipliant le ressenti de ce qui se passait. Oui ! Ça reste un souvenir ineffaçable dans sa mémoire. Mais… elle digère depuis des jours ce moment fabuleux. Si elle n'épargne pas son corps de la visite de ses mains, elle prend vite conscience de cette envie de revivre des instants tout aussi magiques.
Alors sans trop savoir ce qu'elle veut, depuis quelques soirs, elle se remet à pianoter sur des sites plutôt « olé-olé ». Dans le fatras de farfelus qui engagent la conversation sans une once de politesse ou de respect, c'est comme rechercher une aiguille dans une botte de paille. En premier lieu Édith écarte sans pitié les inconvenants, se basant sur une lecture stricte des messages d'accroche des loustics qui lui écrivent. Pas polis, ils sont donc zappés immédiatement et il en est de même pour les : « tu prends combien ? », les : « tu baises ? ».
Plus restrictive pour ne pas dire plus difficile, elle repousse également d'emblée tout ce qui n'a pas au minimum plus de quarante-cinq ans. Il arrive soudain un message qui attire plus son attention. Âge idéal, français écrit soigné, celui dont les doigts viennent de tracer les lignes qui s'affichent sur son écran semble avoir un peu plus de conversation que la moyenne. Elle s'attarde pour lire les quelques lignes, si différentes des âneries habituelles. Dès les premiers petits mots, elle se sent plus encline à entamer un dialogue. Ce qui ne veut pas dire que ça peut aller plus loin !
Non ! Juste le sentiment que celui qui lui écrit, qui l'interpelle, par le biais du tchat du site en direct, a une certaine assurance, qu'il manie bien le verbe et puis surtout qu'il la vouvoie, signe pour Édith d'un vrai respect pour les femmes. Pas vraiment qu'elle soit contre le « tu », mais pour elle, la phase où les deux sont encore inconnus se doit d'être entièrement courtoise. Pas de dialogues crus, pas de mots orduriers dans la première plage de communication si importante à ses yeux. Celle qui détermine la confiance et qui vise à une rencontre réelle.
Ça commence chez elle par le choix du pseudo de son correspondant. Si celui-ci est à ses yeux, idiot ou pervers, l'autre derrière son clavier n'a aucune chance d'avoir plus qu'un bonjour. Donc en cet instant l'inconnu qui l'apostrophe très gentiment écrit bien. Il entre dans ses critères d'attente en matière d'âge et il n'aborde pas brutalement le sujet du sexe. Son surnom est un simple prénom, et en l'occurrence « Pierre ». L'amorce d'un échange subtil et d'une certaine manière chaste se fait donc tout en souplesse. Pas d'attaque frontale, même si chacun de son côté sait le pourquoi de sa présence ici.
En quelques phrases, il lui dévoile une situation qu'il prétend complexe. Marié avec une femme de dix ans sa cadette, il aimerait trouver une compagnie féminine pour essayer des coquineries avec eux deux. Il lui propose un plan à trois avec sa femme Marie et lui. À ses dires, bien entendu pris avec circonspection par Édith, les menteurs sont si fréquents sur ce genre de site, il exprime cette idée de sexe à trois. Mais il le fait avec une élégance et un mélange de douceur et de candeur, affirmant qu'il s'agit d'un premier contact, d'une première expérience aussi.
Et enfin il se lâche en évoquant bien sûr, une suite de clichés sur des situations improbables, mettant en scènes deux femmes devant lui. Il assure à la brune que son épouse le presse de plus en plus pour que cette expérience devienne une réalité. Il lui raconte aussi qu'ils sont ensemble devant leur écran et qu'un échange par visio est possible si elle s'en sent le courage. Au bout d'une demi-heure de palabres, de petits riens permettant à Édith de se rendre compte que l'autre ne ment pas, il allume sa webcam et l'image d'un couple apparait.
Si Édith est brune, Marie est presque rousse, à moins que la lumière de la lampe proche de leur ordinateur n'altère la couleur réelle de sa chevelure ? Et puis elle a un petit air de professeur des écoles, lunettes rondes sur le nez. Assise près de son mari, elle parait intimidée par l'œil de la caméra. Elle demande gentiment à Édith si elle désire se montrer. Après une seconde ou deux d'hésitation les deux femmes se font face par écrans interposés. Et l'épouse et ce Pierre toujours aussi inconnus, ainsi qu'Édith se livrent un peu plus.
Ça se fait en toute simplicité, à partir du moment où les choses sont normalisées et que rien ne semble clocher. Entre elles, il n'est pas question directement de ce qui les amène sur un tel site. Seules quelques allusions se trouvent noyées dans une discussion cordiale, presque joviale même. Marie laisse à son mari le soin de peaufiner avec cette brune sympathique une possible rencontre. Pour l'instant les deux nanas ne discutent que de futilités. D'enfants que ni l'une ni l'autre n'a, des regrets que cette absence engendre également.
C'est donc ainsi que les numéros de téléphone s'échangent. Première étape pour une ouverture sur une soirée plus intime, mais aussi plus proche pour ces trois-là qui viennent de se quitter en fermant les ordinateurs, s'envoyant un bisou virtuel. Édith médite longuement ce qui vient de se produire. Elle revoit des images insensées qui courent dans sa tête. Une nuit de folie avec juste un corps dont les traits du visage lui sont encore à ce jour absolument étrangers. Un homme à la poitrine de femme, mais là… il s'agit de toute autre chose.
Une femme et un homme ensemble avec elle dans des jeux intimes, dans des moments de plaisir. Comment passer outre à ce tabou de l'homosexualité qui pour d'obscures raisons la freine ? Une éducation, une mentalité qui toute sa vie lui ont interdit de faire ce pas auquel du reste, elle n'a jamais vraiment pensé. Toucher, caresser ce qui chez elle est identique à cette autre ? Édith se pose mille questions dont elle n'aura aucune réponse. Pire encore, celles-ci en génèrent de nouvelles encore plus bizarres. Qu'est-ce que va faire le mari si d'aventure… sa femme et elle jouent sur un lit ?
Difficile pour son esprit de visualiser correctement des scénarios que pond sa cervelle. Elle a tendance à embellir parfois, mais également à zapper certains détails « scabreux » de l'affaire. La jeune brune ne sait pas trop sur quel pied danser. Les dix chiffres du numéro de téléphone dansent là, devant ses yeux, et elle ne sait plus trop quoi penser. La femme, cette Marie a l'air gentille, sympa. Bien sûr, son Pierre aussi, mais il reste un homme tout de même. Que lui ont-ils dit ? Elle fouille dans sa mémoire. Ah oui ! Ce serait pour eux, vraiment une première fois !
Difficile à avaler lorsqu'Édith se remémore l'aplomb de cette petite frimousse aux tifs roux. Pas impossible non plus ! N'a-t-elle pas elle aussi osé se rendre de nuit dans une chambre sans lumière ? Baiser avec un inconnu ? Les hommes, les femmes, les êtres humains quoi, sont capables de bien de choses. Des meilleures comme des pires bassesses. La jeunette s'endort avec un énorme point d'interrogation en suspens sous son crâne. Son sommeil, bien long à venir se trouve de plus, troublé par des rêves débridés.
— oOo —
L'index qui tapote sur les touches du téléphone est fébrile. Puis la première sonnerie claire est suivie d'une seconde. Là ou pas ? Édith sait qu'à la cinquième, la machine va la rediriger vers la messagerie. Elle se dit que jamais elle n'aura le courage de laisser un mot dans la boite vocale. C'est au quatrième bip qu'une voix posée et douce s'incruste dans l'oreille de la brune.
— Allo ! Allo !
— Ah Marie ?
— Oui Bonjour ! Qui êtes-vous ?
— Je suis… Édith ! Vous vous souvenez, nous nous sommes vu un soir de la semaine dernière sur nos ordinateurs.
— Ah d'accord ! Oui… vous avez une jolie voix. Celle que j'avais gardée par le biais de notre PC portable était différente.
—… ! Je suis heureuse de vous entendre. Votre mari et vous allez bien ?
— Ma foi… oui ! Vous avez donc fait un choix ? Vous savez depuis que nous avons dialogué, notre vie intime a retrouvé une sorte de seconde jeunesse… enfin surtout Pierre. Je le soupçonne d'imaginer des tas de trucs inavouables. Mais comme j'en profite allégrement…
— Oui ? Mais vous… vous n'y avez pas songé un petit peu ? À moins que ce ne soit juste pour lui faire plaisir ?
— Oh ! Pas du tout. Mon idée, ma demande en fait, il la trouvait plutôt saugrenue. Enfin jusqu'à ce que vous apparaissiez sur notre écran. Seriez-vous tentée par une rencontre réelle ?
— Si je vous téléphone… c'est pour avoir votre avis, votre sentiment sur ce genre de… bizarreries. J'avoue que j'ai beaucoup pesé le pour et le contre. Avant de m'engager, je voulais savoir, ce qui de votre côté vous poussait à ce jeu… pervers.
— Disons que je suis aussi plus jeune que Pierre et que… je veux lui faire plaisir. Ce qui n'interdit pas que j'en prenne un peu au passage.
— Je comprends ! Mais pourquoi une femme ? Vous auriez pu aisément dénicher des tas d'amants. Il y a surement toujours une ribambelle d'hommes prêts à se dévouer dans ces cas de figure.
— Je n'ai pas l'impression qu'avec une femme je vais le tromper, que je le tromperais, je veux dire ! Et puis, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il pourrait participer au festin, si la partenaire n'y voit pas d'inconvénients… Qu'en pensez-vous ?
— Moi ? Enfin… je ne sais que répondre à cela. Mais vous verriez une rencontre, comment dans l'idéal ?
— Une dinette, à la maison, et puis si le courant passe, le plus simplement du monde. Pas besoin d'échafauder de grandes théories. Elles se révéleraient toujours fausses de toute manière.
—…
— Vous êtes bien silencieuse d'un coup. Vous savez Édith, c'est vraiment une découverte pour lui et moi. Nous avons vingt-deux ans de vie commune et… rien que l'idée de ce que vous savez redonne déjà un coup de fouet à Pierre. Je présume donc qu'un passage à l'acte va me le transformer. Et j'avoue que votre fraicheur, votre petit minois sympathique nous ont bien plus d'emblée. Mais c'est bien à vous de décider.
—… oui ! Oui je sais bien. Mais je vis seule depuis un bout de temps et… pour tout vous raconter, je n'ai jamais eu aucun rapport avec un corps ressemblant au mien.
— Eh bien ! Un aveu sincère, nous serions deux à apprendre si… vous osez !
— Et… vous seriez partant quand ?
— Mais dès que le moment vous arrange… nous sommes… jeudi ! Vous en avez envie ? Vous êtes disponible samedi soir ? Nous pouvons largement préparer une dinette pour ce soir-là…
— Euh… oh ! Et puis après tout nous n'allons pas mourir idiotes, n'est-ce pas ? D'accord pour samedi soir.
— Merci… je vous embrasserais si vous étiez près de moi. Merci… mille fois merci !
Marie et Édith se parlent encore quelques minutes, règlent quelques détails pour ce qui s'annonce prometteur. Puis un étrange silence envahit la maison de la brune lorsqu'elle raccroche. Est-ce elle ou Marie qui met fin à la discussion ? Elle ne sait plus vraiment. La jeune femme tremble presque de son audace. Là, il s'agit désormais de se montrer à la hauteur du défi. Faire l'amour dans l'intimité avec un homme, sans jamais voir son visage, c'est une chose. Le faire avec une femme alors que son mari va suivre tous les ébats parait dingue à Édith. Elle sourit de cette pensée farfelue, qui risque bien de devenir une réalité après demain soir.
Et cette idée lui crispe les nerfs, mais lui donne également une sorte de feu au ventre. Marie et son mari vont sans doute passer de bons moments en rêvant à cette soirée. Elle n'a que sa main pour la délivrer de cet étau qui lui étreint les tripes. Et c'est bien au bout d'une masturbation aux accents de jouissance qu'elle finit par s'endormir dans son grand lit. Une nuit sans rêve, huit heures d'un sommeil sans heurt, débouche sur un rayon de soleil, promesse d'une journée radieuse. Tout se bouscule dans sa caboche et les tergiversations recommencent. Une minute c'est « Oui j'irai ! », la suivante « Non je ne peux pas faire ça ! ».
Ce subtil duel intellectuel l'accompagne tout au long de ses tâches quotidiennes et le dernier soir avant la rencontre, Édith est toujours aussi indécise. La nuit censée porter conseil ne lui offre même pas un répit réparateur. Elle doit de nouveau extirper d'elle cet incroyable démon qui se manifeste par une chaleur sans nom. Mais c'est moins simple que la veille. Son corps ne réagit pas exactement de la manière habituelle. Trop tendue, trop énervée toutes ces heures, il lui faut insister beaucoup pour qu'un vague orgasme daigne à demi calmer sa peur. Oui ! Sa peur de l'inconnu.
C'est bien de cela qu'il s'agit ! La trouille de ne pas être prête, de ne pas pouvoir, de ne pas oser. Dans un face à face normal avec un homme, pas ce genre de problème ! Avec ce Pierre que son cerveau apparente à un voyeur, il lui apparait que c'est, ça va être difficile. Sans raison à opposer à ce blocage de son cerveau bien sûr. Et toute la matinée du samedi qui précède l'action, les réflexions les plus folles la submergent. Arrive enfin l'instant précieux de la douche et de ses préparatifs pour sortir… ou pas !
La salle de bains est un de ses endroits privilégiés dans la maison de la trentenaire. Avec la cuisine ce sont les deux lieux où elle aime se ressourcer. Et dans l'espace très intime de la douche que bien peu de personnes ont eu l'honneur de partager avec la brune, elle se sent revivre. Cette eau domestique qui lui coule en cascade du sommet du crâne sans épargner aucun pouce de peau est un délice. Mais dans son sanctuaire elle passe également un temps fou à se masser, parfumer pour ne pas dire caresser. Il arrive relativement souvent que l'exercice du shampouinage de son épiderme se termine en une gigantesque masturbation.
Mais là, les images qui flottent à la lisière de son cerveau sont toutes axées sur ce qui peut, ou pourrait découler de cette rencontre tant redoutée et pourtant appelée de tous ses vœux. Et les mains qui savonnent, qui frottent et effleurent, finissent par faire naitre un appétit sexuel complexe. Pas seulement celui de se donner un plaisir solitaire, non ! Mais le fait de visualiser dans sa tête une bouche, peu importe à qui elle appartient, la fait saliver. Et pas simplement de la bouche. Son ventre aussi lui envoie des ondes plus que positives. La cérémonie de la baignade l'entraine vers un impossible retour.
Elle le sait, le sent ! Plus question de faire machine arrière. Elle va aller à ce rendez-vous avec ce couple. Édith ne sait pas si elle peut aller au bout de sa démarche, mais au moins comprend-elle qu'elle ne dira pas « non » sans avoir essayé. Cette décision lui est dictée par son corps qui s'excite à la seule idée de caresses inédites et de douceurs très intimes. Édith passe donc la majeure partie de cette fin de journée à se pomponner, se rendre belle et elle l'espère, désirable. Une culotte noire et ornée de dentelle rouge, un soutien-gorge pigeonnant se mariant parfaitement sur lesquels sont passés une jupe relativement courte et un chemisier dont les deux derniers boutons restent béants.
Vient maintenant le tour du visage de se trouver être l'objet de toutes ses attentions. Un maquillage subtil juste rehaussé d'un trait de crayon pour les sourcils, et pour parachever cette image qu'elle veut projeter à ces deux qui l'attendent, un gloss brillant bien que d'un rose très discret. Voici l'amazone prête à sortir. Durant cette opération « salle de bains », ses doutes se sont envolés, mais dès sa sortie de l'endroit dédié à sa seule propreté et beauté, c'est à la vitesse d'un cheval en course qu'ils rappliquent. De nouveau sa valse-hésitation qui tourne en boucle derrière sa frange de cheveux qui lui tombe sur le front. Elle doit se faire violence pour monter dans sa voiture. Par contre, curieusement, dès qu'elle est au volant, elle retrouve sa ferme détermination.
— oOo —
La route est relativement courte. Guère plus d'une quinzaine de bornes sépare la brune de la maison du couple. Son GPS lui indique d'un coup qu'elle est proche de sa destination finale. Elle s'engage donc dans l'entrée d'un chemin privé au bout duquel, une jolie demeure voit les phares de sa petite berline balayer la façade. Impossible donc d'arriver de manière discrète. Peu importe, cette fois, Édith est dans l'action. Plus moyen de reculer, les occupants des lieux ont fatalement aperçu les loupiotes de sa voiture. Du reste au-dessus des trois marches, sur le perron donnant accès à la demeure, un lampadaire vient lui aussi d'éclairer de sa lumière crue le voisinage.
Une silhouette fine se tient devant le battant de chêne et Édith repère de suite Marie qui lui fait un petit signe de la main. Elle s'avance donc vers la femme, vers son destin en fait. Si elle reconnait celle avec qui elle a beaucoup tchatché sous l'œil d'une caméra, il lui parait pourtant qu'elle a quelque chose de changé. Sur le coup, difficile de voir là, dans l'émotion de ces retrouvailles, ce qui différencie cette nana de celle vue sur son écran. Marie s'est rapidement approchée et face à face aucune des deux ne sait vraiment comment réagir.
Alors pour couper court au malaise qui peut s'installer, c'est Édith qui avance son visage vers la petite rouquine.
— Bonsoir Marie ! On se fait la bise ?
— Ben… oui ! Ça brisera peut-être plus vite la glace entre nous ! Et puis, on se tutoie tout de suite aussi ?
— Comme tu veux ! Pierre n'est pas là ?
— Si… mais c'est le maitre queue de la maison. Il est aux fourneaux. Ce soir nous avons une invitée de marque.
— De marque… j'aime bien le terme.
— Entrons ! Il fait bon, mais la fraicheur tombe vite sur nos campagnes.
En posant sa main dans le dos de l'arrivante, Marie guide la jeune femme dans le hall d'entrée. Immédiatement ses narines détectent le parfum agréable de la maitresse de maison. Une fragrance aux senteurs musquées, très agréable. Et dans la lumière tamisée de ce vestibule, Édith étudie « sur pied » la tenue de l'hôtesse. Elle porte une robe en lamé, genoux couverts, d'une élégance rare. Elle s'est donc mise sur son trente-et-un pour elle ?
— Jolie votre maison ! Il doit faire bon vivre chez toi.
— Viens ! Passons au salon, Pierre va nous y rejoindre. Tu vas faire sa connaissance aussi.
Précédée par la femme rousse, la brune à peu près d'une taille identique franchit donc la porte d'un salon spacieux. Plutôt traditionnel, occupé par un long sofa et deux fauteuils, le tout encadrant une table basse en bois verni, et le sacro-saint meuble où git sagement un téléviseur fait face à ces sièges de cuir blanc cassé. Une moquette épaisse couvre le sol de la pièce. Alors, dans la lueur de la lampe, comme un flash… L'arrivante sait soudain ce qui a changé chez Marie. Son visage ovale est sans lunettes, celles qui lui donnaient un air de professeur de français.
Édith sourit intérieurement de cette image désuète. Et soudain le type est sur le seuil qui les regarde.
— Bonsoir, Édith ! Heureux de vous recevoir. Vous n'avez besoin de rien ?
— Non mon chéri. Tu es bientôt des nôtres ?
— Oui ! Tu peux servir l'apéro, Marie je suis à vous dans cinq petites minutes. Tout va comme vous le voulez ? Vous avez fait connaissance toutes les deux ?
— Ne t'inquiète pas Édith, Pierre est un anxieux. Il a toujours peur que ça dérape ou je ne sais quoi de similaire. Tu vois bien que nous sommes presque déjà des amies mon cœur. Alors, occupe-toi de notre dinette et nous deux échafauderons des plans sur la comète.
— À tout de suite, alors puisque ça va bien.
Il est reparti aussi rapidement qu'il est apparu. Marie ne quitte pas des yeux la brune intriguée.
— Voilà, ça c'est tout Pierre. Prêt à céder à tous mes caprices, mais toujours à l'affut du moindre grain de sable qui peut enrayer la machine. J'ai dû le supplier longtemps pour qu'il me donne satisfaction
— C'est toi qui désires donc ce genre de… plan ?
— Oui ! Mais je veux aussi commencer avec une femme. J'ai trop peur de le tromper et avec un mec, il me semble que ce serait… je ne sais pas comment dire cela.
— Oui, je vois ! L'impression que lui risquerait d'être délaissé ?
— Un peu et puis, je ne sais pas comment il réagirait en me voyant jouir dans les bras d'un autre homme.
— Et en quoi le faire avec une femme cela diffère-t-il d'un type ?
— Ben… il y a le côté « épineux » de la chose si tu me suis bien. Et je serai peut-être plus à l'aise si un jour, nous renouvelons l'expérience.
— Plus à l'aise ? Tu peux m'expliquer Marie ?
— Bien entendu. Une fois que lui aura fait l'amour avec une autre femme et moi… il sera plus simple de lui faire avaler la pilule, tu comprends. Et moi, ça me débridera aussi sans aucun doute. La parité en quelque sorte !
— Oui, ton raisonnement se tient. Mais… est-ce que je vais de mon côté être capable d'assumer jusqu'au bout ce que vous attendez de moi ?
— Nous ne le saurons jamais qu'en tentant le coup.
— C'est vrai aussi… mais tu ne peux pas savoir, j'ai peur et… en même temps ça m'excite.
— Ah, Édith, bien sûr que je le ressens également. Nous sommes à égalité dans ce domaine. J'ai des crampes à l'estomac depuis hier matin. Je ne te raconte pas la manière employée par mon mari pour me détendre la nuit passée. Tu n'as pas la chance toi d'avoir un ami, un mari pour te câliner ?
— Non ! Mais je peux t'assurer que j'ai aussi un moyen très efficace et agréable de calmer mes nerfs.
—… ? Tu te masturbes souvent ?
— Chaque fois que c'est nécessaire.
— Bien sûr, que je suis bête, ce n'est pas une question à poser à une invitée.
— Ne te berce pas d'illusions. Je ne suis pas une oie blanche, c'est seulement que la situation est… équivoque.
De l'intérieur de la maison, la voix mâle de Pierre les apostrophe.
— Bon ! Les filles, la dinette est prête ! On passe à table ?
— Et ton apéro mon chéri ? Je t'ai servi une coupe de champagne… tu comptes la laisser ici au salon ?
— Non, Marie. Apporte-la-moi, avec le reste de la bouteille, nous dinerons au champagne, pour fêter la présence d'une hôte de qualité.
Les deux femmes quittent donc le divan confortable pour rejoindre Pierre qui les attend sous une sorte de verrière-terrasse.
— Tu vois Édith ! Tous les avantages de la nature, les moustiques et autres bestioles en moins.
— Un paradis quoi. En tout cas Pierre… votre cuisine sent rudement bon !
— Je veux croire qu'elle est aussi bonne qu'elle est odorante…
— Mon chéri est un vrai cordon-bleu, nous allons nous régaler…
— Nous pouvons peut-être trinquer à cette rencontre… qu'en dites-vous, mesdames ?
— Ça me va et toi Édith ?
— Je serais difficile… heureuse de faire votre connaissance à tous les deux.
— Et je me plais à penser, mesdames, que le meilleur reste à venir.
—… je vois mon cœur que notre coquine invitée te donne des ailes et du bagout, ce soir…
—… bon ! À la santé de nos amours…
— À la vôtre Pierre et Marie…
— Merci Édith.
Après ce second verre pris en compagnie du mari, la dinette se déroule gentiment, presque affectueusement. Les deux époux rivalisent d'audace et sont très discrets. Mais de temps à autre ils se prennent au jeu et racontent quelques anecdotes de leur vie intime. Des bouts d'existence qu'ils se plaisent à mettre en exergue, de peur que leur hôte ne se sente pas à l'aise ? Pourtant, la brune est déjà passée au stade supérieur, celui de l'attente, de l'enivrement de l'après-diner. Et pour plus encore corser les envies, elle retire ses escarpins pour avancer vers un des pieds de chacun de ceux du couple.
Le premier sur sa gauche rencontre donc la jambe de Marie qui surprise, lève d'un coup son minois. L'autre effleure aussi celle du mari, qui lui attrape immédiatement la balle au bond. Lui ne sachant pas que sa femme a droit au même sort ne montre rien. Ses orteils à lui flirtent avec la cheville qui se trouve dans les parages. Et il s'ensuit un joyeux manège dû à ces câlins sous la table. Les chaleurs d'Édith sont communicatives. Le repas n'est pas encore au dessert que déjà les grandes manœuvres sont en marche. Une évolution qui ne doit avoir de cesse qu'après consommation de ce fruit inattendu !
Pour évoluer, c'est certain que chacun doit y mettre du sien. Et la jolie menotte de Marie qui sur la nappe à grosses fleurs voit se poser celle de Pierre annonce la couleur. Le repas ne dure pas plus longtemps. Tout d'abord en remontant sa canne le long de la jambe d'Édith, le bonhomme garde les yeux rivés sur les quinquets verts de son épouse. Elle aussi sent la seconde patte de leur invitée qui glisse vers le haut de sa fourche. Un peu gêné, il est vrai, par la longueur du tissu de la robe. Pierre fait une sorte de signe et la tête couleur feu se détourne enfin vers le visage de la convive.
— Je… Édith, je peux t'embrasser ? J'en ai drôlement envie !
— Pourquoi demander ? Tu sais parfaitement pour quoi je suis là ! Alors fais ce que bon te semble. Si je suis gênée ou que je n'aime pas certaines choses, je saurai bien te le rappeler…
— Merci…
La rouquine s'est redressée et comme à regret la gambette fureteuse de sa nouvelle « amie » doit quitter la route en pente douce qui l'emmenait vers l'endroit où jambes et tronc se soudent. Pierre persiste dans la lente progression de son panard qui vient allégrement d'atteindre la limite d'un frou-frou qu'il devine, faute de le voir. Les bouches qui se rejoignent ont faim et soif de baisers. Les lèvres qui s'entrouvrent sous la langue d'Édith lui en rappellent deux autres sans plus de barbe. Elle est déjà presque du domaine des bons souvenirs cette fameuse nuit !
Ne plus songer qu'à ce qui va arriver là, ici dans la maison du couple, au demeurant fort sympathique. Et le baiser inconnu se transforme en lave brulante qui ébranle le corps de la brune. Le patin est si bien roulé que le souffle vient à manquer de part et d'autre. Il faut donc que les lippes se libèrent. Prendre de l'oxygène est une obligation. Et la frimousse qui se présente pour une seconde tentative de palot n'est plus tout à fait celle de Marie. Pas question de refuser à l'un ce qu'elle donne à l'autre. Et c'est un nouveau baiser brasier qui la fait chavirer. Comment se trouve-t-elle relevée, debout entre les deux amants ?
Tout est si flou dans cet instant magique où deux corps se pressent contre elle. Celui dans son dos et plus masculin, avec juste ce qu'il faut de rudesse pour que la différence soit ressentie. La brune se laisse peloter, embrasser. Mieux, elle répond à toutes les avances et c'est sur le canapé que se déroulent maintenant les préliminaires d'une partie de jambes en l'air. Marie timide au départ, ne donne pas sa part au chat. Elle s'est dénudée sous les yeux de son mari qui se frotte toujours à leur invitée. En la tirant par le bras, elle encourage Édith à s'allonger sur le sofa, reléguant du coup son mari au rang de spectateur.
Lui aussi retire ses fringues et la seule à rester vêtue, c'est leur nouvelle amie. Mais ce n'est que précaire. Déjà la rousse tripote sous la jupe et la culotte noire et rouge fait une glissade remarquée le long des cuisses de la convive. Dès que les frou-frous ont quitté les fesses de la brune, la place est conquise par la maitresse des lieux qui vient fourrer son nez dans ses affaires intimes. Pierre lui se contente de s'assoir sagement, aux premières loges d'une scène fascinante. Son épouse qui gougnotte la jolie femme étendue sur le divan, un plaisir des yeux, qu'il a tellement espéré, un vrai bonheur.
Chez lui, ça se concrétise par une érection qu'il ne maitrise plus. Sa queue relève la crête et de sa position assise, il peut tout à loisir détailler les actions de cette Marie dévouée. Il admire également la poitrine de la brune qui tend un chemisier encombrant pour des images moins sages. Alors, pourquoi ne pas mettre la main à la pâte ? Il se redresse, parcourt les deux mètres qui le séparent du bouquet vivant. Et un à un ses doigts dégrafent les boutons du tissu qui laisse apparaitre enfin un soutien-gorge parfaitement accordé à la boule de chiffon que sa femme a retiré du cul d'Édith.
Celle-ci garde tout le temps de l'opération les paupières closes. Il faut avouer que Marie a une langue si délicieusement douce, que chacun de ses passages sur les grandes lèvres est un pur bonheur. Elle ne fait aucun mouvement, voulant uniquement savourer les caresses particulières de cette partenaire singulière. Pierre, la baguette toujours battant la mesure, s'affaire désormais à libérer deux seins ronds, bien que pas très gros, de leur gangue de dentelle. Ce n'est que lorsque la femme allongée se raidit pour apprécier une montée de plaisir, que son dos quitte un instant la confortable assise de cuir, qu'il parvient enfin à désolidariser les deux pans du cache-seins.
Finalement, ils ont une taille raisonnable et les tétons d'un violet sombre semblent enflés d'énervement. De là à y poser sa bouche, il n'y a qu'un pas que l'homme franchit sans se poser de question. Si elle se laisse lécher la chatte, pourquoi ne pas aussi lui suçoter les nichons ? La tête brune se berce dans des aller et retour de droite à gauche. Abandonnée et de plus en plus détendue, elle n'est plus qu'une boule de plaisir en fusion. Tout son être aspire à du sexe poussé et les deux qui s'en préoccupent savent ce qu'il lui faut. Ses soupirs occupent le silence de ce salon où trois corps se découvrent.
Les nanas s'apprivoisent et sur la moquette de laine, dans un soixante-neuf digne d'un film porno, elles s'étreignent, se dévorent le minou avec une sorte de ferveur quasi religieuse. Le coup d'essai se transforme en coup de maitre. Les gémissements qui expriment ici l'immensité de leurs désirs tendent démesurément la queue du bonhomme redevenu voyeur par la force des choses. Il en a mal au bas du ventre de cette érection permanente. Pourtant, il ne s'en plaint pas. Il sait bien que dans une minute ou dix, il va avoir sa part du festin. Patience donc ! L'une ou l'autre aura besoin de ses services, au moins une fois dans la soirée ! Pas envie de se précipiter, juste donner du temps au temps et voir venir.
Elles sont belles ces deux femmes dont les bouches se perdent dans un entrejambe encore inconnu une heure plus tôt. Elles roulent sur le côté, et une fois c'est la rousse qui commande, pour l'instant suivant se retrouver sous le corps d'une Édith déchainée. Les petits soupirs sont gémissements et plaintes sans douleur. De longs spasmes parcourent ces deux corps dont tous les monts et vallons sont explorés de mille façons différentes. Il n'y a pas que les langues baveuses qui participent à cette fête. Les mains aussi qui s'accrochent à tout ce qui peut les approcher.
Jouissent-elles ensemble ? Marie pas plus qu'Édith ne peuvent le dire. C'est suffisamment bon à vivre pour qu'il n'en soit nul besoin d'en disséquer les séquences. Elles ont un orgasme dément que suivent les quinquets exorbités, d'un Pierre dans un état second. Mais après les derniers soubresauts des deux harpies en rut, les fesses de la brune sont les plus proches du gaillard. Il n'en peut plus de cette interminable vision de leurs ébats saphiques. Sa main se coule sur le popotin luisant de salive. Et comme la croupe ne tressaille pas à son approche, pourquoi ne pas s'étendre derrière elle ?
Ce qu'il fait d'un cœur léger, mais les bourses pleines. Il tâtonne une seconde, se love dans une position fœtale similaire à celle gardée par Édith. Lentement la bite cherche son chemin, coulissant dans cette merveilleuse raie culière si humide. La bête glisse plus bas, délaissant volontairement l'œillet au fond du sillon. Elle parvient après une reptation diabolique à se frayer sans peine un passage vers la chatte si bien préparée par Marie. Un dernier effort, un coup de reins permet la mise en place du sexe mâle. Pierre est surpris par l'étonnante facilité de l'intromission. Il plaque son bas-ventre contre le fessier de la belle invitée.
Une fois dans la place, il ne bronche absolument plus. C'est la brune qui dessine de petits mouvements en remuant sa croupe. Marie quant à elle, embrasse à « bouche que veux-tu » celle qui désormais est sa maitresse. D'une main qu'elle désire ferme, elle glisse entre les jambes entrouvertes d'Édith ses doigts pour accéder au sac de peau qui ballotte sous la verge de son mari. A-t-il vraiment besoin d'une aide quelconque ? Pas certain ! Il est déjà au bord de l'explosion. Avoir vécu en spectateur privilégié le rodéo des deux nénettes ne permet pas de grands exploits. Le frôlement de cette patte sur ses couilles déclenche quasi instantanément une éjaculation trop longuement contenue.
C'est dans un cri de loup qu'il se libère, sans se préoccuper de l'endroit. Sans préservatif, il se vide à grand renfort de soupirs. Le calme ensuite revient sur le salon. Trois corps sont côte à côte, repus, et plus rien de bouge. Seules trois poitrines reprennent un souffle perdu dans une bataille bien agréable. Ailleurs, dans la maison, un carillon se met en branle. La Comtoise de la salle à manger donne le signal du retour à la brune. Pas de grandes effusions, pas de serments. Il est possible qu'un jour elle revienne chez ce couple. Mais pour l'heure… elle va vivre et revivre en images cette soirée de folie…
Marie a surement encore du pain sur la planche. Pierre et elle doivent avoir aussi quelques souvenirs qui vont les tenir en haleine quelque temps. Un fort joli couple qui s'entend à merveille. Et l'épouse va pouvoir elle aussi continuer sur cette voie. Alors pas question de s'immiscer entre les deux amoureux. Rien à dire sur ce qui s'est passé, juste que c'était plutôt pas mal… que ça s'est fait dans une ambiance sympathique ! Une fois pour voir, savoir et puis les laisser à leurs désirs amoureux. Un bon plan qu'ils auraient sans doute plaisir à renouveler.
Mais Édith… a encore tellement de bonnes choses à découvrir !
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Chapitre 3 · Nuit De Maxime (acte 1)
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Hedone
17 septembre 2021 à 03:45
Quel homme n'a pas rêvé de cette soirée délicieuse ?
Offrir à sa chérie la plus douce des maîtresses tout en y goûtant aussi...
Merci Jane de si bien faire vivre cette histoire !
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kudu
12 mai 2021 à 04:28
Qu'en dit Monseigneur? Qu'il aille se faire foutre et il comprendra.
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