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✦ Coquine-Aur Chrysalide XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Chrysalide — Chapitre 5 · Reborn

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Coquine-Aur
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Chrysalide

Chapitre 5 · Reborn

La séance chez ma psy fut plutôt agréable par rapport aux précédentes, j'étais complètement sur mon petit nuage.
—Je sens un blocage chez vous, tout de même, ce garçon vous plait, mais vous semblez vous empêcher de faire ce dont vous avez envie au fond de vous.
—Je ne sais pas, j'ai peur d'aller trop loin avec lui.
—Ah, toujours cette fameuse peur, vous pensez qu'il vous fera la même chose que votre agresseur.
Rien que cette mention me fit grincer des dents.
—Je ne pense pas, c'est juste que je ne veux pas être une fille facile, et puis, il n'y a pas d'obligation à faire ce genre de choses, si ?
—Bien entendu que vous n'êtes obligée à rien. Mais, le regard des autres, en quoi regarde-t-il vos envies, votre relation avec ce garçon ?
—C'est je pense pour moi, pour garder le contrôle. J'ai eu des envies avec lui, qui sont inconnues pour moi, c'est la première fois, vous comprenez ?
—Du désir sexuel ?
Je ne sus quoi répondre, zut, elle avait mis le doigt sur quelque chose, j'avais envie de lui plaire, envie de plaisir avec lui, mon corps le voulait, mon esprit, lui, le refusait.
—Vous en avez déjà eu ? Vous avez déjà pris du plaisir seule ?
—Seule ? Me…. Toucher, chuchotai-je. Non, jamais.
—Peut-être est-il temps de vous reconnecter avec votre corps, lui donner ce qu'il réclame. Si vous en avez envie bien entendu.
—Vous me demandez de me… enfin, ce sont les mauvaises filles qui font ça. Je ne suis pas une trainée, m'insurgeai-je.
—Si vous le dites, mais votre corps, visiblement, demande autre chose. Vous n'êtes pas obligée de le faire, laissez juste parler vos envies. Soyez vous-même, faites-vous confiance, ça ne peut que vous faire du bien. Vous semblez vous préoccuper beaucoup de ce que les autres pensent de vous, et même de ce que vous-même pensez de vous, est-ce si important ?
Là encore, je ne sus quoi répondre, c'était moi que je jugeais, et il n'y avait de pire bourreau que moi. Découvrir mon corps, laisser parler mes envies, mon dieu, j'en avais des frissons de vertige d'avance. J'étais perdue, et avec encore plus de questions qu'auparavant. Je quittai la séance, rentrai chez moi et m'allongeai sur mon lit, les bras en croix, les pensées contrastées. Devais-je céder à l'appel de la chair ? Me toucher, regarder du porno, je ne savais même pas par où commencer.
J'avais des questions, et la psy m'avait laissé sur un Cliffhanger plutôt désagréable, le vertige de l'inconnu, et pire que tout, personne à qui en parler. Surtout pas à mes parents, encore moins à mes frères, boutonneux et en rut comme les jeunes de leur âge, Vincent, c'était à cause de lui que j'avais le ventre noué, les hormones en fusion, comme si elles sortaient d'un haut fourneau, restait Juliette, mais lui parler de ça, vraiment ?
—Allons, me dit-elle au détour d'un couloir à la fac après une matinée de cours, tu as quelque chose à me dire ? Tu veux que je te laisse l'appart pour votre première fois, c'est ça, jubila-t-elle ?
—Non, m'insurgeai-je, pas du tout, il faut qu'on discute de trucs….
—J'ai pas entendu, ria-t-elle.
—Des trucs…
—Toujours pas.
—De trucs de filles, murmurai-je un peu plus fort.
—Ah, t'as tes règles, t'as rien sur toi ?
—T'es con, enfin, fais pas celle qui n'a pas compris, tu vois très bien.
—De sexe, c'est ça, tu as décidé de te lancer avec Vincent, cria-t-elle presque.
—Mais non, mais, chuuuut, je ne veux pas que la Terre entière soit au courant de ça, enfin !
Je la tirai par le bras jusqu'aux jardins où nous pûmes manger notre habituel sandwich malgré les frimas de l'hiver.
—Alors, tu as envie de vivre ta première fois avec lui, me lança-t-elle en mordant dans son pain ciabatta ?
—Mais non, enfin, encore cette obsession ! Non, je voulais savoir, tu vois, avec Vincent, eh ben, en fait, la psy m'a parlé de, enfin, j'ai des…. Enfin, tu vois quoi.
—Je ne comprends rien cher maître, sujet, verbe complément, et on les prend dans l'ordre.
—La psy m'a dit que j'ai des envies que je refoule, et je ne sais pas trop quoi en penser.
—Des envies de ? M'obligea-t-elle.
—De sexe, murmurai-je.
—Et tu en penses quoi ? Se fit-elle plus sérieuse.
Les yeux plongés dans les miens, je voyais qu'elle était sérieuse, elle mâchait son casse-croûte avec élégance, même dans ces moments. Elle semblait en avoir fini de se moquer de moi pour m'écouter vraiment, je finis ma bouchée en même temps que je réfléchissais.
—Ben, je ne sais pas vraiment, je n'ai jamais eu ce genre de pensées avant, tu vois, Vincent, j'ai envie de le revoir, mais j'ai peur d'aller plus loin.
—Plus loin que quoi ? Vous avez fait quoi déjà ?
Je rougis de tout mon être, allais-je oser raconter ces détails aussi intimes ?
—Nous nous sommes embrassés, et pris dans les bras.
—C'est très bien déjà, et tu as aimé ? Me demanda-t-elle.
—Oui.
—Tu veux encore l'embrasser ?
—Oui, rougis-je derechef.
—N'en aie pas honte ma belle, le désir n'est pas sale, au contraire, il est beau quand il est partagé. Tu sais, Vincent n'a d'yeux que pour toi, les rares fois où il ouvre la bouche, c'est pour me dire combien tu es merveilleuse et belle. Il est fou de toi, et il a le sourire pour toi. Tu as envie de quoi avec lui ?
—Je ne sais pas, tu sais, il a mis ses mains sur moi, et j'ai aimé, c'était si fort, et puis…
Elle me regarda comme si elle m'encourageait à poursuivre, mais je ne pus que lui chuchoter à l'oreille les baisers dans le cou, sur les lèvres et les frissons que ça m'avait fait.
—Tu étais excitée, ma belle, rien de plus, ton corps avait envie qu'il continue, et ton esprit l'a empêché. Ce sont des réactions normales de ton corps, et tu as juste à te laisser aller, je suis certain que Vincent en a envie aussi.
—Mais il va penser que je suis une salope !
—Je ne pense pas, même pas du tout, et puis, nous sommes au 21ème siècle, c'est un homme, certes plus vieux que nous, mais qui a tout de même évolué depuis l'homme des cavernes. Ce que tu veux vivre avec lui est normal, tu n'es une salope qu'à tes propres yeux.
Elle m'avait mouché, une fois de plus, j'étais bouche bée, le sandwich entre les mains, les yeux dans les siens, et le corps traversé de sentiments étranges, entre le plaisir de me rappeler ces baisers échangés, la découverte de mon propre corps, l'envie de revivre ça, le vide d'inconnu devant mes pieds et la trop faible lumière qui éclaire mais ne me fait pas voir les murs de la caverne.
—Tu sais, le mieux est de parler de tout ça avec lui, tu ne crois pas ?
—Mais… Mais, que va-t-il penser de moi ?
—T'a-t-il déjà forcée ? Tu m'as dit toi-même qu'il a pensé à ton consentement avant tout et qu'il s'est arrêté net quand tu l'as demandé. Si tu as peur de le faire en vrai, fais-le par messages, par sms, ça fera passer votre timidité à tous les deux.
Je restai interdite car, je n'avais pas la moindre idée de ce que je devais faire, ni comment procéder, comment amener le sujet. Nous retournâmes chacune dans nos pénates bosser notre thèse avant que mon portable ne m'appelât de nouveau, et si j'osais lui envoyer un message ? Zut ! Quoi lui écrire, quoi lui dire ?
—Bonsoir Vincent, j'espère que ta journée s'est bien passée.
Mon dieu, j'avais tellement honte de moi-même, quel truc de merde ! Message bateau, froid comme un cimetière, tu parles d'une accroche.
Fébrile, transpirante, j'attendis la suite avec une impatience mêlée de honte, comment avais-je pu faire un truc aussi plat ? Il ne me fallut qu'une dizaine de minutes horribles pour avoir la suite.
—Une belle journée, maintenant que j'ai de tes nouvelles, et la tienne ?
Il répondit, et il était charmant en plus, qu'allait-t-il penser de moi ? Lui répondre, en étant meilleure, je pouvais le faire.
—Bien, tu sais, la routine habituelle, les cours et la rédaction de ma thèse. Je suis heureuse de te lire moi aussi.
—Je pense souvent à toi, tu sais, et si tu parviens à t'échapper de ton travail, je serais ravi de te revoir.
Merde, moi aussi j'en avais envie ! Et il m'avouait ses sentiments, quel bonheur !
—Oui, nous pourrions aller marcher quelque part.
—Vu la saison et ce qu'ils annoncent comme temps, il faudra que ce soit en terrain couvert 😊
Zut, je n'y avais pas pensé, entre la goutte au nez et les gros pulls, il y avait des chances que ça soit tout sauf glamour en effet.
—Que dirais-tu de manger une gaufre alors, histoire de ne pas se ruiner et de pouvoir papoter ?
—Rien ne pourrait me faire plus plaisir !
Qu'il était touchant ! Je me sentis fondre, mon cœur se gonfla de bonheur, mon ventre m'envoya des papillons de plaisir que Juliette m'avait avoué être de l'excitation sexuelle, ce pourrait-il que ça soit ça ?
—Demain ? C'est samedi, il y aura sans doute du monde en ville pour les courses de Noël, mais on parviendra à trouver un endroit calme pour papoter.
—Avec plaisir, à l'heure qui te conviendra. J'avoue que j'ai hâte.
—Moi aussi, lui confessai-je.
J'avais évité l'écueil de lui avouer mon désir, mais était-ce quelque chose à avouer ? J'étais perdue, avec un feu inédit qui brûlait en moi, tendait mes seins et liquéfiait mon ventre. Je me déshabillai pour enfiler mon pyjama triste, mes seins pointaient, et ce n'était pas le froid, une humidité inhabituelle irradiait de mon bas-ventre. Les images plein la tête, je me couchais des images plein la tête, des envies inédites, et si j'osais ?
Mes mains frôlèrent le tissu qui collait à ma peau, et je n'en fus pas insensible, mes seins réclamaient leur dû. Je les touchai, ils m'envoyèrent des milliers de décharges d'énergie dans tout mon corps, d'une forme inconnue qui fit brûler mon ventre et tremper mes chairs comme jamais. Je ne poussai pas plus loin ma découverte, déjà rougie par cet effort et estourbie par l'immensité de la Terra Incognita devant moi. Vincent m'avait envoyé un message.
—Bonne nuit douce Charlotte, je me languis de te revoir, de me noyer dans tes yeux et dans les arabesques que dessine ta crinière de feu. Tu as su toucher mon cœur comme jamais, j'aimerais te rendre tout le bien que tu m'offres. Tu es une femme merveilleuse.
Je fondis presque en larmes en lisant ces lignes. Tout était touchant en lui, il était doux, il me respectait et il savait appuyer là où il y avait une brèche dans ma carapace.
—Vincent, tes mots me vont droit au cœur, j'ai très envie de te revoir. Passe une bonne nuit.
—Je pense à toi, donc, elle sera bonne.
Le lendemain, je me levai fraiche ou presque comme un gardon, je me douchai, je m'apprêtai comme rarement, je trouvai dans mes tiroirs la lingerie que m'avait offerte Juliette. L'ensemble rouge et noir en dentelle était superbe, par défi, je l'enfilai, je me sentais belle dedans, je me contemplai dans le miroir. La culotte soulignait mes hanches, mes fesses, les bonnets dessinaient mes seins, je n'étais plus la même, ou si, en plus jolie, transfigurée. Jamais je n'aurais imaginé porter ça pour le plaisir, mais, pour moi, pour ce jour, pour nous, pour lui, j'en avais envie. Je revêtis ma tenue habituelle, un t-shirt Opeth qui moulait un peu trop mes seins et un jeans quelconque. Je fis l'effort, mais ça n'en était pas un, car je me sentais bien, belle, j'avais confiance en moi, j'avais envie à la fois de me sentir bien et de lui plaire. C'était un sentiment très nouveau pour moi. Je coiffai ma crinière, mes longs cheveux roux qui regagnaient de leur superbe après le shampooing, un peu de khôl sous les yeux et me voilà partie.
Il était à peine dix heures lorsque nous nous retrouvâmes l'un et l'autre face à un salon de thé qui servait des viennoiseries du tonnerre, des gaufres savoureuses et de crêpes odorantes. Il était déjà là, devant l'échoppe qui venait d'ouvrir, il portait un long manteau de laine noire, ses cheveux étaient un peu ordonnés, il s'était rasé, et, derrière ses yeux embrumés par les frimas de l'hiver, il me sourit.
Nous nous regardions comme deux chiens de faïence, personne n'osait, je regardais ses traits, son air fragile, ses doutes, et ses lèvres que je voulais saisir. Allez, courage ma vieille, tu peux le faire !
Je m'approchai de lui encore plus, à sentir la laine contre moi. Tout de suite, ses bras vinrent m'offrir un havre de douceur comme j'en voulais depuis des années. J'avais refusé toutes les avances de tous les hommes jusqu'à présent, et là, je pouvais réaliser ce que j'avais manqué. Une étreinte comme j'aimerais en avoir tous les jours. Son manteau était froid, mais je sentais la chaleur de son être, et il posa son menton dans mes cheveux, quel bonheur.
Je levai la tête pour attraper ses lèvres qu'il me donna sans aucune réserve. Ce baiser était comme les autres, entier, plein, sensuel comme jamais. Ses mains étaient dans mon dos, et à travers les couches de vêtements, je le sentais vouloir fusionner en moi. Je ne le freinais pas le moins du monde, moi aussi j'avais envie de me lover en son sein.
L'odeur de crêpe nous fit nous séparer, le sourire béat aux lèvres. Il me proposa d'entrer, ce que je ne refusai pas. Nous commandâmes deux chocolats chauds et deux gaufres liégeoises, et prîmes place sur une table pour deux, les yeux dans les yeux. Il nous fallut un peu de temps pour briser la glace, nos mots étaient rares, maladroits, une crêpe fut nécessaire pour que nous arrivions à en rire. Nous brisâmes la glace par petites touches, parlant musique, cinéma, livres, pas de nos passés, pas de ce que nous avions vécu, mais de l'avenir.
Il prit ma main, et ce geste me fit fondre. Je caressai ses doigts, appréciai la douceur de sa peau, la tendresse de ses manières, et s'il me transmettait des milliers de frissons de plaisir à en tordre mes seins et mon ventre, je n'avais aucune envie de la lâcher. Nous parlions, de tout, de Juliette qui nous avait tant aidés, de Noël qui aurait lieu dans quelques semaines, et que j'allais passer dans ma famille. Zut, lui était seul désormais !
—Tu veux passer Noël avec moi ? Demandai-je.
—Avec ta famille ?
—Euh, oui, lui confirmai-je, c'est un moment de partage avec ceux que l'on aime, et, quel genre de petite amie serais-je si je te laissais seul en ce jour ?
—Tu es ma petite amie ? Pour de vrai ?
—Je crois que nous avons toi et moi des termes un peu datés, mais, oui, tu es mon petit-ami, ou mon copain, je crois que c'est comme ça qu'on dit.
Nous rîmes de notre propre empotement, de nos manières en décalage avec notre époque, mais nous étions ainsi, et il porta ma main à sa bouche pour y glisser un baiser. Puis, nous décidâmes d'aller marcher un peu en ville, en amoureux, enlacés. Il ne me laissa cependant pas faire le premier pas dehors sans m'offrir un doux baiser dont il a le secret, et le tourbillon d'émotions de continuer à me faire noyer dans des nuages cotonneux de sensualité. Le cœur tambourinant, les yeux perdus, nous nous promenâmes dans les rues plutôt bondées de ce samedi de courses d'avant Noël. Bras dessus-bras dessous, main dans la main, nous étions un couple parmi d'autres, mais, je le fis sortir des sentiers battus pour aller vers des coins moins fréquentés, plus intimes, peu de paroles, à part des mots sucrés, des mots doux, qui flattaient mon ego de petite grosse, et emplissait mon cœur de princesse refoulée de sentiments inédits.
Un banc, dans un parc, nous discutâmes encore avant de retrouver la chaleur de l'appartement de Juliette, je n'avais pas envie de le quitter. Arrivés, il me servit un thé brûlant qui réchauffa mes doigts meurtris par le froid, et des petits sablés maison qu'il avait fait la veille. Cette fois-ci, nous étions dans le canapé où il dormait, et je me collai à lui, il m'accueillit bien volontiers contre son corps et ses mains ne firent rien d'inconvenant que de me raccrocher à lui, sur mon flanc. J'étais bien, comme un chat qui ronronnerait sur les genoux de son maître. Ses doigts agaçaient un bout de ma peau, mais sans être inquisiteur, il ne me forçait pas, loin de là, quel bonheur. Il passait sa main pour caresser mes cheveux. Peu de paroles sinon celles du bonheur d'être là, tous les deux, ensemble.
Je me sentais fondre de plaisir, de félicité, et j'arrivais presque à dompter ces papillons qui œuvraient en mon ventre et qui tendaient mes seins. Ses caresses mettaient mes sens en ébullition, et je fus obligée de retirer mon pull pour me retrouver avec mon t-shirt un peu trop moulant. Ses yeux s'écarquillèrent lorsque je me dévêtis, et il tourna pudiquement le regard.
Je pris ça comme une marque de respect, et je m'allongeai sur lui, encore, ma tête sur ses genoux. Ses doigts vinrent chatouiller mes cheveux, mon bras. Sa peau contre la mienne me faisait un bien fou, et je vivais un conflit. Profiter de ses caresses et l'embrasser encore. Je cédai à la seconde option, me redressai, plantai mon regard dans le sien, il passait tellement de choses entre nos quatre rétines. Je l'embrassai, passionnément, comme toujours, ses lèvres collées aux miennes, et tant pis si nos lunettes se touchaient. Le feu qui brûlait en moi me poussa à passer ma main dans ses cheveux, à me crisper, à le dévorer. Il me serra dans ses bras, sagement, dans mon dos, il pouvait largement les mettre sur mes fesses, sur mes seins, il n'en faisait rien. Avait-il peur ? Ou me respectait-il ? Ou ne me désirait-il pas ?
Je le regardai intensément, arrangeai mes cheveux pour lui laisser libre champ, je vis qu'il lorgna une seconde vers mon décolleté et n'en pris pas ombrage. Je m'approchai de lui, le cou offert. Il comprit ce qu'il devait faire, j'avais envie qu'il picore mon cou, et il ne se fit pas prier. Des milliers de baisers, ses dents qui mordaient ma peau, il explora tout, tira sur mon vêtement pour en découvrir encore d'avantage. Chacune de ses caresses était un plaisir sans cesse renouvelé, un coup d'abrasif sur ma carapace, un frisson, un affluent de plus dans le fleuve qui coulait en moi.
Mes seins me faisaient mal tellement ils étaient tendus, mon ventre irradiait plus que Tchernobyl, j'avais envie de plus. Ebouriffée, le souffle court, je le fixai, entrai en son regard, sautai dans l'hyperespace de notre communion.
—Charlotte, j'ai peur, murmura-t-il.
—Peur de quoi ?
—Peur des envies qui sont les miennes, nous n'en avons pas parlé, mais, je ne veux pas t'imposer mes désirs, promets-moi de me dire si je te blesse.
Pour toute réponse, je l'embrassai encore, et le poussai au fond de l'assise pour m'asseoir sur ses jambes, à califourchon. Il soupira de l'érotisme de cette position. Sans quitter son regard, je pris ses mains pour les passer de mes hanches vers mes seins tendus à l'extrême. Le contact de ses paumes à travers les deux couches de tissu me fit déjà un bien fou, une sensation unique, une brulure tiède, une envie d'y revenir encore. Comme une porte qui s'ouvrait sur un bord de falaise, un tunnel creusé à travers la Terre.
Ses doigts étaient timides, apeurés de me blesser et gourmands de ce que je lui offrais. Il m'embrassa de plus belle, câlina mes seins, mes tétons dardés qui jaillissaient à travers la dentelle et l'étoffe. Que de frissons, des vagues de plaisir me transpercèrent, des particules subatomiques dans un accélérateur qui percutaient la matière à vitesse supraluminique. J'étais l'anomalie quantique, l'allégorie sublime, et ses mains maladroites, gourmandes, se repaissaient du moelleux de ma féminité. J'avais envie de plus, car le vertige ne passait pas. Je pris encore une fois ses mains pour les poser sous mon t-shirt. Sa peau brûla la mienne, une induction cutanée, un frisson ultime.
—Tu es si belle, Charlotte, me murmura-t-il en picorant mon cou de baisers.
Je me sentais fondre, ma matière se sublimer, nos épidermes découvraient un nouvel état de la matière, un plasma liquide, un feu solide, une transcendance inconnue. Ses mains cheminaient sur mes flancs, dans mon dos, et je n'eus qu'à le guider pour qu'il ne trouve la dentelle, l'écrin de mes seins. Si je pensais prendre du plaisir avant, le contact de son pouce sur mon téton par-dessus la tulle était une autre dimension. Il le titilla gentiment, de la pulpe de son doigt en mordillant mon cou. Je me sentais défaillir, partir, plus loin que je n'avais jamais été.
Le temps passa, je ne savais plus si cet espace-temps existait toujours, et un raclement de gorge dans le lointain nous fit bondir.
—Je suis rentrée, déclama doucement Juliette les bras chargés de sacs de boutiques.
Le soufflé était retombé, Vincent échappa ses mains de moi, je remis mes vêtements en place, et nous reprîmes une forme convenable.
—Je vous laisse si vous avez besoin de l'appartement pour…
Aucun de nous deux ne sut répondre. Elle continua sur des banalités, sur ses courses de Noël terminées, et sur le monde présent en ville. Vu l'heure, je m'éclipsai en donnant un dernier baiser à mon nouveau chéri sous le regard de Juliette. Une bise, écharpe, manteau et je regagnai ma chambre.
Les yeux dans le vide, des milliers de pensées se percutaient et toujours cette envie lancinante, à en devenir obsessionnelle, des images de lui, de moi, de nous, nus, enlacés, à faire des choses et des choses. Je nous vois nous unir, faire l'amour, je nous imagine transpirants, essoufflés, sa virilité qui prend possession de moi, sa bouche partout sur moi, des frissons me transpercent jusqu'à l'âme, des vagues de plaisir se succèdent, et je ne vois pas la fin de la mer. Il y a toujours cette Terra Incognita qui me fascine autant qu'elle me terrifie, que j'envie autant que je fantasme. Je reprends pied doucement, ma main sur mes seins tendus de désir, Vincent m'a envoyé un message.
—Merci, merci ma belle, ma douce, ma sublime, Charlotte, tu n'imagines pas la profondeur et ce que signifie le temps que tu passes avec moi et la sensualité dont tu as fait preuve avec moi. Je garde ton parfum sur moi et avec lui l'ardeur des sentiments qui naissent chaque jour un peu plus. Tu es divine, merci mille fois. Tu es certaine que tu ne regrettes pas et que pas un instant je ne t'ai forcée ?
—Vincent, mon doux, mon petit nounours, c'est moi qui te remercie de prendre soin de moi, de ne pas me presser, de respecter mes envies. Ce que tu m'offres est très fort pour moi aussi. Avec toi, je découvre que la sensualité n'est pas sale.
—Elle n'est pas sale, et ce que tu m'offres n'est que beauté, douceur, et pur plaisir. Chaque caresse de toi et je suis au paradis, chaque baiser est un concentré des plus beaux sentiments que la Terre puisse porter.
—J'étais si bien dans tes bras, lui avouai-je par message.
—J'aurais passé ma vie à te câliner, et je m'imagine lové contre toi, dans ton lit, à savourer la douceur de ton corps, et la chaleur de ton étreinte.
Mon Dieu, mais comment fait-il ? J'ai le ventre en ébullition, les seins tendus à pouvoir découper du verre avec ça. J'ai envie, oui, j'ai envie qu'il soit là, près de moi, contre moi, pour se câliner. J'ai envie de ses mains sur moi, de ses baisers, j'ai envie qu'il soit à moi, qu'il me fasse sienne.
—Je dois t'avouer que même si je suis dans un lit une place, il y a de la place pour toi, et j'aimerais que tu sois avec moi.
—J'aimerais, ma douce, j'aimerais tellement, mais j'ai peur d'avoir des réactions et des envies que tu n'approuverais pas.
—En es-tu sûr ?
—Oui, smiley rougissant.
—Quelles sont-elles ? Dis-le-moi.
—Tu me promets de ne pas me juger ?
—Je te le promets.
—J'aimerais embrasser tes seins, rougit-il par message.
Cette phrase me rend folle, oui, j'en ai envie, mes seins sont à lui, gorgés d'envie, tendus, même si je les trouve trop gros, là, je voudrais qu'ils soient le centre de ses envies, je voudrais qu'il les soulage.
—Ils sont à toi, tu sais, je sens que tu ne feras que leur faire du bien.
Je ne me reconnais pas, je ne sais pas qui est cette femme assoiffée de plaisir qui lui répond ça, je regrette sans le regretter.
—J'en rêve, tu sais, je rêve de te couvrir de baisers tendres, de caresses sensuelles, de faire de toi une femme comblée.
—Vincent, tu me rends folle, et je ne sais pas si ça me fait peur ou fondre, mais j'en veux encore.
—Si tu n'en as pas envie à 100%, je ne le ferai pas, je ne ferai jamais quelque chose que tu ne désires pas de tout ton être. Je préfère ne pas connaître ton amour que te blesser.
—Tout ce que nous avons fait, je le désire pleinement. Tu m'inspires juste des envies nouvelles, des sentiments inédits. Comme tout ce qui est nouveau, j'ai une part de peur.
—Nous irons à ton rythme, j'ai mes peurs aussi. Ce que je souhaite, c'est que nous progressions ensemble, on ne se force à rien, nous avons tout notre temps, n'est-ce pas ?
—Comment ne pas te donner raison ? Tu es un amour de petit ami :-)
—Et toi, la meilleure, la plus douce, la plus belle, je succombe tous les jours à la personne que tu es. Tu es une femme merveilleuse, n'en doute pas.
—J'aimerais être près de toi, mon doux Vincent, mon corps réclame tes câlins.
—Ferme les yeux, et je suis là, contre toi, à te murmurer des mots doux entre deux baisers, mes bras autour de toi.
Nous nous quittâmes sur ces belles paroles, et j'avais le corps encore plus consumé de l'intérieur. Mes nuits furent difficiles, mais profondes, avec des rêves qui me firent tremper mon entrejambe à tel point que je soupçonnai l'énurésie.
—Alors, vous allez coucher ensemble avec Vincent, c'est pour quand ? Me demanda Juliette le lundi à la fac entre deux cours.
—Pfff, nous n'en sommes pas là, enfin, nous savons nous tenir !
—Et toi ? Tu tiens ? Si j'en juge par tes seins, tu as du mal !
Je mis mes mains autour de ma poitrine pour la cacher encore plus. Zut, je pointais encore, et ce soutif ne cachait pas ça du tout.
—Hey, c'est pas grave, me rassura-t-elle, c'est le froid de l'hiver et un soutif en dentelle visiblement trop fin. Tu as pris goût à la lingerie à ce que je vois !
—Il faut avouer que ce que tu m'as offert est beau, confortable et il y a dedans un je ne sais quoi qui me fait sentir belle et à l'aise, j'ai confiance en moi.
—Et du coup, tu te soulages toute seule pour évacuer la tension sexuelle ?
—Pas du tout enfin, je ne fais pas ce genre de choses, tu le sais bien.
—Quoi ? Tu ne t'es jamais caressée seule ? T'as jamais joui seule ?
—Chuuuut ! T'as pas besoin de faire profiter toute la fac de cette superbe information, les autres pimbêches n'ont pas besoin de ça pour m'enfoncer encore plus !
—Attends, Cha', c'est grave, à vingt-trois ans, tu n'as jamais eu un orgasme, tu n'as pas appris à découvrir ton corps ? Il faut que tu remédies à ça !
—J'en ai pas besoin, d'accord, je le découvrirai avec Vincent quand nous serons prêts l'un et l'autre.
—Cha', ne sois pas si butée, découvrir ton corps, c'est apprendre ce qui te fait plaisir, c'est profiter, et surtout que tu vas pouvoir guider Vincent sur ce qui te fait plaisir. Tu sais, un couple, c'est la communication. Si tu attends qu'il trouve tout seul ce qui te plait, tu n'auras pas grand-chose, tu seras frustrée, et vous allez vous séparer. Ne te fais pas d'illusions, si tu ne prends pas de plaisir, lui non plus n'en prendra pas non plus. Tu veux que votre première fois soit un calvaire parce que vous ne savez pas du tout où vous allez ?
—Je ne veux pas de ces injonctions à la réussite à tout prix, répliquai-je, nous vivons dans une époque où tout doit être parfait, on doit tout réussir, tout est normé, sur-normé, liberté mon cul, on ne doit faire les choses que dans un certain cadre. Ça m'énerve, je ne veux pas qu'on me dise quoi faire.
—Ne t'énerve pas Cha', tempéra-t-elle, je te dis ça comme ça, tu fais comme tu veux, mais, tu sais, te découvrir, c'est aussi apprendre à t'aimer, à accepter ton corps, et les plus grandes barrières que tu rencontres sont celles que tu te mets toi-même !
Elle conclut sa phrase et me laissa en plan, seule dans les couloirs de cette fac sordide. Je l'avais vexée, je le sentais, mais la psy et elles m'avaient énervé, comment exiger ça de moi ? Ça serait se dépraver, seules les mauvaises filles font ça, moi, je n'avais besoin de rien d'autre que… Je ne savais pas en fait. De quoi avais-je besoin pour passer ces envies ?
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