Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un pas de côté — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un pas de côté
Chapitre 4
Pendant les semaines qui suivirent, ma vie fut résolument scindée en deux parties distinctes.
Le jour, j'allais en cours, j'étudiais sérieusement, je rentrais immédiatement chez moi en fin de journée. J'étais amical, mais un peu distant avec mes camarades de promo, et je faisais en sorte d'éviter Théo au maximum. Je refusais toutes les sorties au bar sous prétexte d'avoir des cours à rattraper, ce qui m'attira quelques moqueries face à ce zèle soudain, mais qui fut globalement accepté comme explication à mon changement de comportement. Nous avions un examen à la fin du mois, et avec toutes nos soirées arrosées, aucun d'entre nous n'était particulièrement en avance sur le programme. Le soir, je m'occupais souvent de préparer le repas, j'étais particulièrement attentionné avec mon copain, je lisais enfin les livres accumulés dans ma pile à lire. Bref, de l'extérieur, je vivais une vie plus saine et équilibrée, et tout se déroulait à merveille.
La nuit en revanche, les rêves me torturaient. Je m'empêchais si totalement de penser à l'incartade avec Théo lorsque j'étais éveillé que mon cerveau se vengeait sitôt que je sombrais dans le sommeil. Certes, je ne rêvais pas de nouvelles situations entre nous, mais chaque nuit, je revivais le bref instant dans le hall d'entrée dans les moindres détails. Moi à genoux, les lèvres écartées, sa main dans mes cheveux, la sensation délicieuse de m'étouffer tandis qu'il se poussait dans ma gorge, tout était si réaliste que je me réveillais avec une trique infernale. Une fois, je réveillai même mon copain pour lui faire une fellation au beau milieu de la nuit, seule solution que je trouvai pour me libérer de cette excitation qui ne me lâchait pas.
Nous n'avions échangé aucun message depuis que c'était arrivé. Je tentais tellement de me persuader que ce n'était qu'une illusion que je ne voulais pas évoquer le sujet, ne serait-ce que pour lui dire que cela ne se reproduirait plus jamais. Et pourtant, j'étais blessé qu'il ne me recontacte pas, qu'il ne soit pas inquiet de mon silence, de mon absence, que je ne lui manque pas un instant alors que je pensais à lui toutes les nuits. Je ne savais que faire pour abréger ce supplice, à part espérer qu'avec le temps, mes émotions s'apaisent, et que je puisse lui faire face sereinement lorsque je serai obligé de lui parler de nouveau - car je savais bien que je ne pouvais pas l'éviter éternellement.
Je réussis cependant à ne pas le voir pendant 3 semaines. De tout ce temps, il n'avait pas quitté mes pensées une seule nuit. J'avais efficacement redirigé mon énergie vers mes études pendant la journée, et lorsque vint le moment de passer l'examen qui me servait d'excuse depuis des jours, je le finis rapidement et avec la satisfaction de connaître la réponse à toutes les questions. Dès que nous fûmes sortis de la salle de classe, néanmoins, je sus que je ne pourrais plus repousser l'échéance. Toute la promo allait boire un verre pour fêter ça, et je ne pouvais plus prétendre avoir besoin de travailler pour éviter l'évènement. Et puis, j'avais moi aussi envie de célébrer.
Je suivis le groupe au bar, un groupe bien plus conséquent que d'habitude, ce qui me permit d'éviter Théo assez facilement. Nous avions décidé de changer de lieu de beuverie cette fois-ci, pour aller dans un établissement qui avait une grande cour intérieure couverte, pratique pour les fumeurs, et surtout énormément de place. Je me retrouvais assis à une gigantesque table en bois, entre plusieurs camarades de promo que je connaissais assez peu. Théo n'était pas visible de là où je me trouvais, et je m'en réjouis. J'enchaînai joyeusement les bières, heureux de cette sortie après mon isolement forcé, de ma réussite à l'examen, et de l'alcool qui me chauffait les veines et me détendait après des semaines de tension accumulée.
Bien sûr, je ne pus profiter jusqu'au bout de cette soirée en paix. Je revenais du comptoir, deux pintes de bière blonde dans les mains, quand je vis que Théo s'était glissé à ma place en mon absence. Avec un certain fatalisme, je me dis qu'il était impossible que cela se passe autrement - moi-même, je surveillais sa position dans le bar depuis que nous étions arrivés. Avec un brin de honte, je me rendis aussi compte que depuis le début de la soirée, j'espérais qu'il fasse le premier pas et me rejoigne. J'allai poser les bières sur la table. J'aurais pu aller chercher une place ailleurs, prétendre que j'avais envie d'aller parler à un autre groupe, mais je lâchai prise et me glissai à côté de Théo sur le banc. Il n'y avait pas vraiment de place pour deux, et soudain nous fûmes serrés l'un contre l'autre. Je sentis un soupçon de tabac, et aussi l'odeur de sa peau, que je connaissais si bien depuis notre dernier moment ensemble. J'eus un frisson.
— Hello.
Il avait parlé d'une voix basse, qui n'était destinée qu'à moi. Je compris immédiatement qu'il n'avait pas l'intention de faire semblant de vouloir parler au reste du groupe. De toute façon, personne ne faisait attention à nous, les conversations avaient repris en mon absence.
— Hello.
Je bus une gorgée de bière. Son épaule était collée contre la mienne, sa cuisse contre ma cuisse, mais il ne faisait pas mine de vouloir se rapprocher plus.
— Ça fait un bout de temps qu'on ne s'était pas parlé. Ça va ?
— Ça va, ça va. J'avais juste pas mal de taf. J'étais super à la bourre sur les cours, je devais tout rattraper avant l'exam d'aujourd'hui.
— Ça va, ça va. J'avais juste pas mal de taf. J'étais super à la bourre sur les cours, je devais tout rattraper avant l'exam d'aujourd'hui.
Il hocha la tête en silence. Pendant quelques minutes, nous nous contentâmes de boire nos verres sans rien dire. J'étais déjà un peu ivre, et je ne pouvais m'empêcher de me laisser aller contre lui, pour sentir la chaleur de son corps contre ma peau, entendre le bruit de son souffle prêt de mon oreille. Je n'osais pas le regarder. Même sans poser les yeux sur lui, et pour la première fois depuis des semaines, sans être endormi, je me mis à repenser à la dernière fois. Je pensai à sa queue qui me distendait les lèvres, aux soubresauts qui avaient parcouru son sexe quand il s'était vidé dans ma gorge, et je commençai à bander. Dans une redite pathétique de la soirée précédente, je pris ma veste et la posai sur mes jambes pour cacher toute érection embarrassante. Je décidai de relancer la conversation pour me distraire.
— Et toi alors ? Depuis la dernière fois ?
Prononcer les mots "la dernière fois" me fit rougir brutalement, et j'espérai que cela pourrait être mis sur le compte de l'alcool.
— Oh, je me suis occupé.
Je l'entendais sourire. Il reprit :
— Je suis pas mal sorti, j'ai revu des vieilles connaissances que je n'avais pas croisées depuis longtemps. C'était fun.
Une pointe brûlante de jalousie me transperça le ventre. D'un coup, je l'imaginais embrasser d'autres garçons, les laisser le sucer, peut-être même les baiser, et cette idée m'était intolérable. Je m'en voulus brutalement de l'avoir ignoré pendant trois semaines, de lui avoir laissé l'opportunité d'aller coucher avec d'autres mecs. Je ressentis un besoin féroce qu'il soit à moi et seulement à moi, une possessivité absurde et monstrueuse, irrépressible. Je résistai encore cinq minutes, vidant ma bière en silence, l'estomac noué - puis je me levai.
Sans me retourner, je marchai d'un pas rapide vers les toilettes, poussai la porte. C'était une grande pièce toute en longueur, avec à droite une rangée de portes pour l'instant toutes entrouvertes. Je sortis mon téléphone, et après des jours à résister à cette envie, j'envoyai un SMS à Théo.
— Rejoins-moi, j'ai besoin qu'on parle.
Une coche, deux, passage de gris à bleu. Il l'avait lu. J'attendis en tremblant de tout mon être. Malgré les bières que j'avais bues, je me sentais soudain manquer de courage. Un grincement de porte dans mon dos, son reflet dans un des miroirs. Je me retournais.
Il ne souriait pas, cette fois-ci. Il vint jusqu'à moi, se plaça juste en face, son visage proche du mien. Il était un peu plus grand que moi.
Il ne souriait pas, cette fois-ci. Il vint jusqu'à moi, se plaça juste en face, son visage proche du mien. Il était un peu plus grand que moi.
— On parle de ce que tu veux, me dit-il calmement. Mais je ne crois pas vraiment que tu aies envie de parler.
Non, je n'avais pas envie de parler. Je me penchais vers lui et l'embrassai sauvagement, presque brutalement. Ses lèvres s'ouvrirent aussitôt et il me rendit mon baiser avec la même passion. Pendant de longues minutes, nos langues se provoquèrent, nos souffles courts se mélangèrent pendant que nos mains commençaient un lent manège sur nos corps impatients. Je m'écartai le premier, l'entraînai vers un des cabinets. Il résista.
— Juste une chose.
— Quoi ?
— Quoi ?
L'impatience faisait trembler ma voix.
— Si tu décides de faire ça aujourd'hui, je ne veux plus jamais que tu fasses semblant ensuite que c'était une erreur. Soit tu veux tout ça, soit tu ne le veux pas. Plus de ces conneries de m'ignorer trois semaines comme si rien ne s'était passé.
Je hochai la tête, mortifié. Je me serais attendu à tout sauf à des reproches. Il me fixa droit dans les yeux, resta figé un instant de plus, puis me suivit.
La porte se referma derrière nous, Théo referma le loquet d'une main, et déjà j'étais à genoux devant lui, j'ouvrais sa braguette et je prenais sa queue dans la bouche. Il eut un petit hoquet et murmura :
— Tu m'as l'air bien impatient, dis donc.
Je reculai la tête, tout en continuant de le branler rapidement d'une main, et levai les yeux vers lui. Galvanisé par l'alcool et l'excitation, je répondis en le regardant en face :
— Ça fait des semaines que je rêve de ta queue toutes les nuits.
Je vis clairement l'effet que cette déclaration lui fit se peindre sur son visage. Satisfait, je baissai le menton et repris son sexe en bouche. La dernière fois, j'avais joué un moment à sucer doucement son gland et à le caresser de ma langue, mais cette fois-ci j'avais envie que ça aille vite. Je voulais le sentir gicler sur ma langue, je voulais la preuve que je pouvais le faire jouir aussi bien que ces mecs qu'il avait baisés les semaines passées, enfin je le voulais à moi, tout entier. Sa verge était raide et chaude entre mes doigts tandis que je le branlais avec vigueur, et de l'autre main je commençai à lui caresser les bourses, tout en le suçant. La peur d'être découverts, qu'on remarque notre absence, me rendait fébrile, mais Théo ne semblait pas aussi inquiet - il avait renversé la tête en arrière contre le mur, et malgré mes caresses appuyées, et son gland que je poussais au fond de ma gorge à chaque mouvement, il ne semblait pas prêt à jouir tout de suite.
Il poussait de petits soupirs dont je me régalais tandis que je m'étouffais avec délice sur sa bite gonflée, et moi-même je devais me retenir de gémir bruyamment de peur qu'on m'entende de l'extérieur.
Enfin, après de longues minutes de ce traitement, et alors que ma mâchoire et mon poignet commençaient à me faire mal, il me saisit brutalement la main pour me faire arrêter. Je fis glisser sa hampe raidie hors de mes lèvres et le regardai. Il rouvrit les paupières, me fixa.
— Je vais pas tarder à éjac.
Je hochai la tête, m'apprêtai à le reprendre en bouche quand sa prise se raffermit.
— Non, non. Je veux te voir tirer la langue et me laisser jouir dessus comme le bon petit suceur que tu es. Ouvre la bouche.
J'obéis. J'ouvris les lèvres, tirai un peu la langue, et le laissai positionner son gland juste au-dessus alors qu'il commençait à se branler.
— C'est bien.
Je frémis de joie à ces mots. Oui, qu'il voit comme j'étais doué pour le satisfaire. Il se caressait rapidement, sans me quitter du regard, le souffle court. Une respiration plus brusque, un frémissement, et soudain il se vidait sur ma langue en de longs jets de sperme. J'attendis patiemment qu'il ait fini, puis j'avalai en le fixant droit dans les yeux. Je restai à genoux tandis qu'il se rhabillait lentement, reprenant son souffle. Il sortit en premier, refermant la porte derrière lui. Comme la dernière fois, je me retrouvais avec une érection douloureuse dans le jean, le goût de son foutre dans la gorge, et pourtant un sentiment de victoire que je ne voulais plus nier. C'était vraiment en train d'arriver. Théo était mon amant.
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