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Couverture de Le sauvetage de Laura, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le sauvetage de Laura — Chapitre 5

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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unzeste85
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Le sauvetage de Laura

Chapitre 5

Les ennuis continuent
Toulouse, quelques mois plus tard.
Ce soir, Laura est un peu pompette et elle s'accroche à mon bras en titubant légèrement et en riant comme une folle à propos de tout et de n'importe quoi. Tout lui semble drôle. Les choses les plus banales comme la tache sur le tablier du serveur ou le chien du patron qui se gratte l'oreille lui paraissent irrésistibles.
Ma compagne et, je l'espère, future épouse est une bonne mangeuse et une bonne buveuse. Elle aime la bonne chaire et aussi le bon vin. Comme les deux ne lui réussissent que très moyennement, elle a pris dernièrement quelques kilos et elle a une nette tendance à dire n'importe quoi quand nous sortons du restaurant. Ça ne me dérange pas car c'est pour moi le signe qu'elle est heureuse et j'ai toujours aimé les femmes un peu rondes. Moi aussi je suis heureux ; heureux et très amoureux.
Si nous partons tous les Weekends nous mettre au vert, c'est surtout pour lui changer les idées. Chaque semaine, nous choisissons une auberge sympa dans un patelin pas trop éloigné de Toulouse et où nous nous rendons le Samedi en fin d'après-midi. Nous prenons possession de notre chambre puis nous allons faire un tour à pied pour nous aérer avant le dîner. Enfin, quand je dis que nous nous aérons, ça dépend du temps et des lieux ; si les deux s'y prêtent, nous allons nous cacher derrière des buissons ou dans un petit bosquet et nous prenons un peu d'avance sur nos ébats de la nuit.
Nous nous rendons ensuite au restaurant de l'auberge assez tôt car nous aimons tous les deux profiter de notre soirée sans nous presser. En général, le repas nous prend bien deux bonnes heures au cours desquelles nous devisons à voix basse, échangeant mots doux et projets d'avenir interrompus seulement par les rires de Laura. Nous terminons souvent par un armagnac que nous buvons à deux car il ne s'agit pas d'être incapables de profiter de notre soirée. Une courte promenade digestive nous remet un peu les idées en place et nous voilà prêts pour une longue nuit d'amour.
J'ai réussi à convertir Laura à mes habitudes de sorte que nous nous levons vers onze heures après avoir longuement paressé au lit en échangeant câlins et caresses et nous petit-déjeunons assis l'un à côté de l'autre, partageant les viennoiseries et nous donnant à l'occasion la béquée. Vers treize heures, nous descendons rendre les clefs de la chambre et nous nous rendons ensuite au restaurant pour un repas léger. L'après-midi, nous faisons une longue promenade et nous en profitons pour visiter les endroits ou monuments intéressants tout en faisant le point sur la semaine passée et sur le programme de la suivante. Les deux procès dans les quels Laura est impliquée (sa plainte pour coups et blessures et sa demande de divorce) constituent nos principales préoccupations. Ensuite nous fermons cette agréable parenthèse et rentrons sur Toulouse.
Cette semaine a été plutôt éprouvante pour ma compagne et ce nouveau week-end est le bienvenu. La même semaine, elle a dû répondre à deux convocations : la première devant le juge des affaires familiales pour sa demande de divorce et l'autre devant le juge d'instruction pour une confrontation avec Manuel qui soutient mordicus qu'il ne l'a jamais touchée et qu'elle est tombée toute seule. Et comme par hasard c'est le moment que choisit son patron pour luis annoncer qu'elle va devoir assumer de nouvelles responsabilités dans le cadre d'un contrat qui vient d'être décroché par sa boite. Il n'était évidemment pas question pour elle de refuser des responsabilités qui pouvaient déboucher sur un promotion et, de toutes façons on ne lui demandait pas son avis.
Bref, trois causes de stress pour lesquelles je suis bien en peine de l'aider. J'avais bien pris deux après-midi pour l'accompagner au tribunal mais j'avais dû à chaque fois me contenter de poireauter dans la salle d'attente en essayant de capter quelques bribes de l'entretien avec le juge, entretien dont elle était sortie à chaque fois complètement lessivée. Quant à ses nouvelles responsabilités, je ne vois pas ce que j'aurais pu faire d'autre que de la féliciter et de l'assurer que j'étais persuadé qu'elle s'en tirerait à son avantage, alors que je n'en sais fichtrement rien vu que l'informatique de gestion n'a pratiquement aucun rapport avec la fabrication d'un avion.
Le droit est un domaine qui partage avec la médecine le privilège ( si l'on peut dire) d'être aussi complexe que varié et oblige les avocats à se spécialiser comme il est d'usage dans les professions médicales. Laura a donc dû s'assurer les services de deux avocats différents, un pour son divorce et l'autre pour sa plainte au pénal. Ils n'ont que peu de relations entre eux, par contre ils se rejoignent sur l'opinion qu'ils ont de Laura, opinion qu'ils m'ont communiquée à la fin de l'entrevue avec le juge chargé de l'affaire pour laquelle Laura était convoquée. Son attitude à la fois tranquille et respectueuse lui attirent une certaine bienveillance de la part du (des deux) juge. Elle répond avec le maximum de clarté possible aux questions qui lui sont posées, ne s'écartant jamais du sujet et se gardant bien d'interrompre son avocat, pas plus que le juge.
D'après chacun des deux spécialistes du droit civil et du droit pénal, les affaires de Laura sont bien engagées et ils sont optimistes quant au résultat final, d'autant plus que les deux dossiers sont plutôt solides. Laura a bien besoin de ces encouragements pour se déstresser mais ils parviennent à lui insuffler leur confiance et leur optimisme.
Moi, je veux bien les croire et de toutes façons, ce qui m'intéresse c'est que Laura et moi soyons débarrassés de tous ces problèmes le plus rapidement possible afin de pouvoir bâtir notre future famille. Je commence à avoir des envies de paternité et Laura de maternité et c'est ensemble (et pas à la saint glinglin) que nous voulons les satisfaire. Laura est en quête d'une normalité que Manuel a fait voler en éclats ; oublier ses années d'enfer dans la banalité d'une vie de famille de français moyens.
Ce qui me dérange, par contre, c'est sa relation avec Manuel. Depuis qu'ils sont séparés et qu'il ne peut plus l'atteindre, ses sentiments pour lui sont passés de la crainte au mépris le plus profond. Je peux comprendre ça mais le problème c'est qu'elle ne s'en cache pas et que chaque fois qu'ils se croisent au tribunal, elle le toise d'un regard méprisant, comme elle regarderait une merde déposée sur le bord d'un trottoir par un chien mal dressé. Tout le monde s'en rend naturellement compte et Manuel le premier. Inutile de préciser que ça ne lui plait pas du tout. Passer du jour au lendemain du statut de maître tout puissant à celui de crotte de chien aux yeux de celle dont il croyait pouvoir faire ce qu'il voulait, ça ne passe pas et il n'est pas près de lui pardonner ce changement d'attitude. Manuel est un homme orgueilleux et vindicatif et les regards qu'il jette sur son ancienne compagne sont maintenant chargés de haine.
Moi, il me fait peur ; pas pour moi, car en cas d'agression sur ma personne, j'ai de quoi me défendre (encore que même une merde de chien peut se trouver un flingue et s'en servir), mais pour Laura car je ne peux pas lui coller aux basques vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour la protéger et les flics non plus. J'ai essayé de lui en parler et de lui conseiller de se contenter d'ignorer ce sale individu mais elle ne veut rien entendre.
— C'est un peu trop facile ! on voit bien que ce n'est pas toi qui a eu affaire à ce salaud. Je veux qu'il sache ce que je pense de lui !
Malheureusement, je ne parviens pas à la faire changer d'avis. Il ne me reste plus qu'à être présent à ses côtés chaque fois que cela sera possible en espérant que ça suffira.
Mais pour l'instant, nous avons tous les deux des préoccupations différentes et bien plus agréables. Tout à l'heure, pendant notre petite promenade coquine d'avant le repas, Laura m'a clairement fait comprendre qu'elle avait l'intention d'oublier ses soucis et serait particulièrement exigeante ce soir après le repas. Et elle a beau être un peu pompette et tituber au point de se prendre les pieds dans le tapis qui orne l'entrée, elle sait parfaitement où elle va et nous conduit directement à la chambre dont la tapisserie fleurie va être le témoin silencieux de nos ébats qui risquent de l'être beaucoup moins. Moi, je m'empresse d'accéder à ses désirs car, d'une part ce sont aussi les miens et d'autre part, elle a posé sa main sur mes fesses et je ne tiens pas spécialement à m'exhiber en public.
Une fois dans la chambre, elle pousse un rugissement de sauvage et se rue sur moi pour m'arracher mes vêtements. C'est la première fois qu'elle me fait un truc pareil. Moi, je suis plutôt content ; mes vêtements beaucoup moins et ils émettent de sinistres craquements qu'il va falloir expliquer à la couturière qui s'occupe des ourlets de mes pantalons. Lorsqu'elle a fini de me mettre complètement à poil en un temps record, elle m'envoie valdinguer sur le lit et se dessape à son tour en me toisant d'un air vainqueur. Je crois qu'on va bien rigoler cette nuit.
Elle commence par un superbe plongeon dont l'atterrissage sur mon buste me coupe complètement la respiration et se met à frétiller comme un gardon tout en me couvrant de baisers mouillés. Elle se relève bientôt et court chercher le pot de miel qui ne nous quitte jamais (certains trimbalent avec eux des instruments de torture destinés aux vagins et autres orifices ; nous c'est le miel). D'habitude, elle utilise le miel pour rendre plus douces les pénétrations vaginales mais aujourd'hui, c'est mon engin qui fait l'objet de toutes ses attentions. Elle le bichonne, l'enduit tendrement sur toute sa longueur, longueur qui a une certaine tendance à augmenter au fur et à mesure (le diamètre aussi), ce qui l'oblige à de nombreuses rectifications.
Elle parvient néanmoins à obtenir une bite au maximum de sa taille et parfaitement enduite de miel doré et après avoir léché consciencieusement ses deux menottes pendant que j'admire son chef d'œuvre, elle l'embouche et se met à le sucer avec gourmandise. J'ignore quelle est l'origine de son expérience sexuelle mais elle parvient à m'amener plusieurs fois au bord de l'orgasme puis à calmer le jeu avant qu'il ne soit trop tard. Quand elle estime que je ne vais bientôt plus pouvoir tenir, sa bouche quitte mon sexe et rejoint mes lèvres pour un petit entracte le temps que je reprenne le contrôle. Je me positionne à mon tour entre ses cuisses et me mets moi aussi à honorer la source de ses plaisirs dont j'ai maintenant l'usage exclusif. Quand elle commence à s'approcher de l'orgasme, elle me demande de patienter, me remet un peu de miel et, se levant, elle va se positionner face au mur, les deux mains posées dessus, penchée en avant et les jambes écartées.
Comprenant le message, je viens me positionner debout derrière elle, plie légèrement les jambes pour me trouver à la bonne hauteur et la pénètre en douceur tout en empaumant ses deux seins et en l'embrassant dans le cou. Nous faisons durer le plaisir aussi longtemps que nous en sommes capables et terminons en apothéose en mélangeant miel, foutre et sécrétions vaginales.
Laura fonce se rincer dans la salle de bains en essayant d'éviter d'en mettre partout puis revient avec le miel dont elle m'enduit de nouveau le sexe. Nous rejouons le même scénario plusieurs fois tant qu'il nous reste du miel. Cette nuit nous en avons utilisé un pot entier. Dommage que nous n'en ayons eu qu'un seul. Le lendemain matin, nous sommes tous les deux sur les genoux et nous décidons de sauter le petit-déjeuner. On compensera à treize heures.
L'après-midi, nous n'avons ni l'un ni l'autre envie de parler de la semaine qui se termine. En parler ferait revenir le stress de Laura et mes inquiétudes à propos de Manuel. Nous nous contentons donc de visiter le village qui présente un intérêt touristique grâce à une rue bordée de maisons anciennes ainsi qu'à quelques artisans d'art, et au petit château qui est ouvert au public. Le faire visiter, c'est ce qui permet à son propriétaire d'assurer son entretien. Un jardin à la française de dimensions modestes mais remarquablement bien entretenu lui fournit un cadre sophistiqué très agréable. Quelques bancs permettent aux visiteurs de profiter de la vue et nous nous asseyons au soleil une petite demi-heure avant de rejoindre la voiture et de repartir sur Toulouse. Le retour est un peu, disons… silencieux. Ce salaud de Manuel pourrit l'ambiance même quand il n'est pas là.
Toulouse, un an plus tard.
Ça y est ! Le divorce a été prononcé et le délai pour faire appel est passé. Laura est libre et je vais pouvoir l'épouser. Ça ne va pas changer grand-chose à notre vie quotidienne étant donné que nous vivons ensemble depuis le jour où je l'ai délivrée de l'enfer que lui faisait vivre son époux. Laura ne demandait rien d'autre que d'être débarrassée de ce connard et quant à Manuel, il a été débouté de sa demande surréaliste de pension alimentaire ce qui l'a mis dans une fureur indescriptible. L'enfoiré se voyait déjà vivre aux crochets de son ex. sans avoir besoin de se crever le cul.
Nous avions convenu que nous attendrions de voir si notre entente nous permettrait d'envisager une union définitive et nous en avons maintenant la certitude. Nous nous aimons et, nos caractères ainsi que nos goûts, s'accordent suffisamment pour nous permettre d'espérer bâtir avec succès notre avenir en commun.
Nos parents respectifs sont au courant de nos intentions et se réjouissent déjà à la pensée de bientôt devenir Grands-parents. Ceux de Laura qui n'étaient pas au courant de ses problèmes de couple ont commencé par me considérer avec méfiance, se demandant pourquoi leur fille voulait changer de compagnon, mais ils ont été horrifiés lorsque qu'elle leur a raconté ses malheurs et du coup m'ont considéré comme le sauveur de leur enfant et m'ont accueilli les bras ouverts lorsque nous leur avons rendu visite dans le Nord. Quant aux miens, je les ai tout de suite tenus au courant de mon aventure avec Laura et ils n'ont posé aucun problème, bien au contraire.
Le verdict du tribunal concernant les coups et blessures doit intervenir incessamment et Laura attend avec impatience un coup de fil de son avocat. Elle me téléphonera dés qu'elle connaitra le résultat.
Je lui ai demandé de me téléphoner ci-possible entre midi et deux heures car je suis en réunion toute la matinée. La réunion dure un peu plus longtemps que prévu et ne se termine que vers midi et quart. Je me dépêche d'aller aux toilettes pour satisfaire un besoin pressant. Il me faut aussi me laver soigneusement les mains car un des feutres utilisés pour écrire sur le paperboard coulait et elles sont maculées d'encre bleue.
C'est l'occasion d'assister à une scène un peu scabreuse mais qui me fait bien rire. Alors que je vais ouvrir la porte des toilettes pour hommes, celle des toilettes pour femmes s'ouvre et Sophie qui fait maintenant partie du personnel apparaît. Elle affiche un air satisfait puis, me voyant, me regarde d'un air provoquant pendant qu'une voix affolée proteste à l'intérieur du local qu'elle vient de quitter.
— Attends ! je n'ai pas fini de…
Une petite brune qui travaille à la compta surgit à la suite de Sophie en essayant de remonter sa culotte, m'aperçoit et se fige dans l'entrée rouge comme une pivoine. Elle laisse retomber sa robe et d'en va en se dandinant et en essayant de finir de remonter une petite culotte rose que j'ai à peine eu le temps de contempler tout en gardant sa robe baissée ce qui n'est pas facile du tout. Me voyant me marrer, elle me fusille du regard, remonte sa robe puis l'objet du délit et repart aussi dignement qu'elle peut mais les oreilles écarlates en essayant de rattraper Sophie qui s'est bien gardée de l'attendre. Je ne connaissais pas cet aspect du tempérament de Sophie. C'est une jeune femme pleine de ressources.
Lorsqu'après avoir procédé à un nettoyage minutieux de mes mains je rejoins mon bureau, j'y découvre un petit mot rédigé par un de mes collègues qui m'avertit que Laura a téléphoné en mon absence et aimerait bien que je la rappelle. Je la rappelle immédiatement car j'ai hâte de savoir si elle a des nouvelles et lesquelles.
— Laura ?
— Guillaume ? ça y est ! Mon avocat m'a téléphoné. J'ai les résultats.
— Dis moi !
— Manuel a pris six mois avec sursis et interdiction de m'approcher pendant deux ans. On va lui mettre un bracelet. D'après mon avocat, il ne va sans doute pas faire appel.
— Le bracelet ? Il l'a déjà ?
— On devrait le lui mettre d'ici quelques jours. Il faut qu'ils attendent d'en avoir. C'est toujours un peu long.
Cette histoire de bracelet ne me plait pas beaucoup. Pour l'instant, Manuel va où il veut et de toutes façons ils a certainement les compétences pour enlever lui-même son bracelet avant de sortir et le remettre en rentrant.
— Tu sais ce qu'on va faire ? Ce soir, je viens te chercher en sortant du boulot. Toi, tu m'attends tranquillement. On devrait bientôt prendre livraison de ta voiture. En attendant, je ferai le chauffeur le matin pour t'amener à ta boite et je viendrai te chercher en fin d'après-midi. Mais je ne veux pas que tu prennes les transports en commun. Il faudra qu'on essaye de faire coïncider nos horaires. Et puis, tu pourrais peut-être demander à ton employeur de t'autoriser certains jours à rester à la maison si le télétravail est compatible avec ton activité.
— Tu crois que Manuel pourrait essayer de me faire du mal ?
— Je n'en sais rien, ma minouchette ; tu le connais mieux que moi. Mais pour ce que j'en sais, il est orgueilleux et vindicatif ; le profil exact pour t'en vouloir à mort de lui avoir intenté un procès et de l'avoir gagné et pour décider de se venger en s'en prenant physiquement à toi ; ça, il sait très bien le faire.
Je sais bien que j'inquiète Laura et peut-être que je me fais du souci pour rien, mais chaque fois que je pense à Manuel , je vois dans ma tête la ‘'Une'' du journal avec pour titre ‘'FEMINICIDE'' ; alors je ne veux prendre aucun risque.
A dix-huit heures, je quitte le boulot après avoir téléphoné à Laura pour la prévenir. Je me demande si je ne vais pas lui proposer qu'on aille se faire un petit resto pour fêter la bonne nouvelle concernant le procès. J'aurais préféré que Manuel prenne plus cher, mais ça n'est déjà pas si mal. Par contre, quand j'arrive devant la boite où elle travaille, j'ai la mauvaise surprise de découvrir un chantier de travaux de voirie dans la rue, obligeant les véhicules à rouler à la queue-leu-leu et leur interdisant toute tentative de stationnement ni même de simple arrêt car une profonde tranchée sépare la chaussée du trottoir desservant l'immeuble où se trouvent les bureaux que sa société occupe. Il me faut continuer plus loin en espérant trouver une place de parking pas trop éloignée. Tant pis ! Je n'ai pas le choix et je dois me satisfaire d'un emplacement situé à plusieurs centaines de mètres.
Ça m'ennuie surtout pour Laura car, en ce qui me concerne, ça n'a rien à voir avec les kilomètres que je couvre pendant un match de rugby ou même pendant un simple entrainement. Je me gare et me dirige d'un pas allègre vers l'immeuble où m'attend certainement Laura. J'espère qu'elle m'attendra à l'intérieur. Je m'arrête quelques secondes pour regarder par-dessus les têtes des gens qui me précèdent et je l'aperçois au loin ; elle est juste devant l'entrée de l'immeuble ultra moderne où elle a la chance de travailler et elle essaye, elle aussi, de nous apercevoir, moi ou la voiture en tendant le cou et en se penchant au-dessus de la rambarde séparant le trottoir de la tranchée où s'affairent encore quelques ouvriers qui se préparent à partir. Comme je suis sur le trottoir d'en face, elle finit par m'apercevoir et nous nous faisons tous les deux un petit coucou de la main. C'est juste à ce moment-là que j'aperçois Manuel.
Il marche d'un air furtif une cinquantaine de mètres devant moi en essayant lui aussi d'apercevoir Laura qui ne semble pas l'avoir remarqué car, au lieu de rentrer se mettre à l'abri, elle vient à ma rencontre et donc aussi à la sienne puisqu'il est entre nous deux. J'agite frénétiquement les bras tout en criant pour la prévenir mais elle ne m'entend manifestement pas à cause des bruits de la rue et, se méprenant sur la raison de mes geste, agite elle aussi les bras en s'approchant un peu plus vite. Devant mon insistance à agiter les bras, elle finit par s'arrêter et, regardant autour d'elle, aperçoit finalement Manuel qui, se voyant repéré se met à courir vers elle en essayant de sortir un flacon de verre qu'il cachait dans son blouson.
D'ici, je ne peux pas deviner la nature du liquide jaunâtre qu'il transporte mais ce n'est certainement pas un parfum qu'il souhaite lui offrir pour se faire pardonner. Laura doit tenir le même raisonnement que moi car elle fait demi-tour et court pour aller se mettre à l'abri.
Nous nous retrouvons donc tous les trois à courir dans la même direction ; Laura dont la course ressemble plutôt à une marche un peu plus rapide que d'ordinaire car le plus gros de l'énergie qu'elle déploie lui sert plus à remuer des fesses qui ont pris de l'ampleur depuis qu'elle se gave de sucreries et de plats cuisinés ; Manuel qui court au milieu de la rue et des voitures qu'il évite avec la virtuosité d'un toréador dans l'arène et risque bien de rejoindre ma compagne qui est maintenant son ex-femme avant qu'elle ne parvienne à retourner se réfugier dans son immeuble ; moi enfin qui le suit de loin en zigzaguant moi aussi et en regrettant d'être troisième ligne plutôt que trois-quarts aile car si je suis rapide, je n'ai pas le même talent pour me faufiler entre les voitures. Ce petit jeu entre nous trois va mal se terminer mais la question est : pour qui ?
A force de se zigzaguer entre les voitures, en essayant d'ouvrir le flacon Manuel finit par perdre du temps, ce qui me permet de rattraper une partie de mon retard sur lui, d'autant plus qu'il fait un geste maladroit et se renverse un peu de liquide sur le dos d'une de ses mains. Il pousse un cri de douleur et essaye de s'essuyer sur son blouson. C'est certainement du vitriol que contient le flacon ; de l'acide en tout cas si j'en juge à la vue de la fumée blanchâtre qui s'élève du blouson à l'endroit où il a frotté sa main.
La suite de ce drame à trois va se dérouler en moins de deux minutes qui vont certainement être les deux minutes les plus éprouvantes de ma vie.
Laura a réussi à atteindre la porte d'entrée de l'immeuble et appuie frénétiquement sur les boutons du digicode pour l'ouvrir. Elle panique complètement et pousse comme une forcenée sur la porte alors qu'il faut tirer.
Manuel franchit la tranchée en empruntant un passage aménagé sous la forme d'une grosse plaque de fonte mais est obligé de faire demi-tour et de prendre le passage suivant car une petite tranchée perpendiculaire à la première coupe le trottoir. Il parvient tout de même à presque rattraper Laura qui se bat toujours avec la porte d'entrée et il est sur le point de traverser au bon endroit. Je le vois brandir son flacon alors qu'il me reste encore une dizaine de mètres de retard sur lui. Je ne vais pas y arriver, j'en suis certain. Je crois que j' ai dû battre le record du monde de la distance et je termine par un superbe plongeon bien inutile, j'en suis maintenant persuadé. Tant pis ! Il fallait bien essayer. Il ne me reste plus qu'à espérer un miracle.
Et le miracle se produit, si l'on peut dire, sous la forme d'un coup de klaxon accompagné d'un bruit de pneu hurlant sur l'asphalte et d'un choc monstrueux dans mon dos qui me propulse, hurlant moi aussi mais de douleur, par-dessus la tranchée. D'instinct je me roule en boule et mon corps désarticulé percute celui de Manuel l'entrainant dans ma chute au fond du fossé, accompagné de la plaque de fonte. J'ai une ultime pensée pour Laura avant de sombrer dans le néant.
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Utilisateur supprimé
11 juin 2024 à 13:18
Quel fumier Manuel de vouloir se venger alors que tout les torts sont de son côté mais maintenant comment vont t'il surtout pour Guillaume va t'il s'en sortir sans trop de bobo et la c'est le mystère pour eux deux, on attendra la suite de l'histoire palpitante
Modifié 11 juin 2024 à 13:20
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
11 juin 2024 à 11:45
Euh. Il n'y a pas d'appel possible à un divorce.
Soyez respectueux
Répondre

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