Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les murmures de la guerre — Chapitre 1 · Les ombres du courrier
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les murmures de la guerre
Chapitre 1 · Les ombres du courrier
LES MURMURES DE LA GUERRE
Chapitre 1 : Les Ombres du Courrier
Septembre 1943, hôpital militaire, Midway.
Le vrombissement familier des moteurs du C-47 résonna à travers le ciel clair au milieu du Pacifique, annonçant l'arrivée tant attendue du courrier et des provisions. La jeune femme leva les yeux vers le ciel bleu, observant l'avion alors qu'il amorçait sa descente vers la piste d'atterrissage de la base aérienne. À l'hôpital militaire de l'île, le sergent Thompson fit sonner la cloche pour signaler l'arrivée du courrier, interrompant brièvement la routine bien réglée qui régnait parmi les infirmières et le personnel médical.
— Mademoiselle Nreca, vous avez du courrier, appela-t-il depuis l'entrée de l'aile des infirmières.
Ses pensées se bousculaient déjà, espérant qu'une lettre de Douglas lui parviendrait ce jour-là. Elle accepta l'enveloppe timbrée de l'armée avec un mélange de nervosité et d'anticipation. Son cœur battait plus fort alors qu'elle remarqua le tampon officiel du gouvernement sur l'enveloppe, indiquant qu'elle contenait des nouvelles importantes.
Elle s'éloigna précipitamment, trouvant un moment de calme près d'une fenêtre donnant sur le lagon paisible. Avec des mains tremblantes, elle ouvrit l'enveloppe et déplia la lettre soigneusement pliée. Les mots imprimés sur le papier blanc étaient formels et directs, transmettant la nouvelle qu'elle redoutait, mais savait inévitable.
***
Mademoiselle Elena Nreca,
Mademoiselle Elena Nreca,
Nous avons le regret de vous informer que votre fiancé, le sergent Douglas McGill, servant au sein de la 1ère Division d'Infanterie, a été porté disparu et présumé mort au combat, suite aux combats intenses menés avec les forces ennemies en Sicile, Italie. Malheureusement, tous les efforts pour le localiser ont été infructueux, et il est maintenant déclaré mort au service de son pays.
Nous comprenons la douleur et la tristesse que cette nouvelle peut engendrer. Veuillez accepter nos plus sincères condoléances pour votre perte. Le sergent McGill a servi avec honneur et courage, et sa mémoire sera honorée par ceux qui l'ont connu et aimé.
Veuillez agréer, mademoiselle Nreca, l'expression de nos sentiments respectueux.
***
***
Les mots sur la lettre tournoyaient devant ses yeux embués de larmes. Ses mains tremblaient de plus belle alors qu'elle luttait pour assimiler la réalité de ce message. Douglas, l'amour de sa vie, était parti. Avec lui tous leurs projets : la maison blanche aux volets bleus dans le New Jersey et leurs enfants jouant dans le jardin avec leur berger colley. Les sanglots l'étreignirent violemment, secouant son corps tandis que la jeune femme s'effondrait contre le rebord de la fenêtre. Son souffle se mêlait aux sanglots étouffés, remplissant la pièce de sa douleur inexprimable.
Des pas précipités résonnèrent dans le corridor, et bientôt deux de ses collègues infirmières, Nancy et Caroline, entrèrent dans la pièce. Elles l'entourèrent de leurs bras réconfortants, murmuraient des paroles apaisantes et séchaient ses larmes avec douceur. Malgré leur présence chaleureuse et leur soutien silencieux, elles ne purent apaiser totalement la tourmente intérieure d'Elena.
Elle se redressa avec effort, repliant soigneusement la lettre et la glissant dans la poche de sa blouse blanche immaculée. Malgré le tourbillon d'émotions qui la dévorait, une partie d'Elena savait que la vie continuerait, que ses responsabilités à l'hôpital ne prendraient pas de pause pour son chagrin personnel. À partir de ce jour, l'infirmière épanouie qu'elle était perdit un certain goût aux petits plaisirs de la vie ; un voile de froideur s'abattit sur elle au fur et à mesure qu'elle apprenait à accepter la dure réalité.
Les infirmières, comme Elena, étaient des soldats à part entière, tenues par le devoir et l'honneur de soigner les blessés et de soutenir les troupes. Le cœur lourd mais résolu, elle retourna à son poste, prête à affronter les jours à venir avec la force que Douglas lui avait toujours inspirée. C'était ce qu'elle avait de mieux à faire, à présent.
Plusieurs mois après la nouvelle, Elena continuait de travailler à l'hôpital militaire sur l'île. Les combats s'étaient progressivement calmés dans la région à mesure que l'armée américaine gagnait du terrain sur les Japonais. Avec moins de blessés à traiter qu'auparavant, le personnel tournait, mais Elena restait fidèle au poste. Elle acceptait même de remplacer certaines de ses collègues lors des quarts de nuit, déterminée à contribuer autant que possible, ou plutôt, déterminée à occuper son esprit.
Malgré ses efforts, le surmenage commençait à se faire sentir. Un jour, sa supérieure, Elleen Hodge, surprit Elena assoupie pendant son service. Madame Hodge était une petite femme rondelette et aux traits sévères. Personne n'osait la contredire, pas même les officiers de la base. Veuve, il ne lui restait que deux fils, tous deux engagés dans la Navy. Tout le monde savait qu'elle faisait un excellent travail, malgré le manque de moyens sur place. Son fort caractère lui a notamment permis d'obtenir du matériel pour l'hôpital, difficile à obtenir en temps de guerre, et d'améliorer les conditions de vie des infirmières dans les dortoirs. Témoin de l'épuisement physique et psychologique qu'Elena endurait, et consciente de l'importance du repos, Madame Hodge força la jeune femme à prendre quelques jours de congé. Elle lui conseilla également de participer davantage à la vie de la base pour se détendre un peu.
En effet, les pilotes basés sur l'île organisaient régulièrement des événements récréatifs et sportifs, tels que des bals, des spectacles et des activités sportives, auxquels les infirmières se joignaient occasionnellement. Les officiers se permettaient parfois même d'inviter des infirmières au mess. Ce serait une occasion idéale pour Elena de se détendre et de rencontrer d'autres membres du personnel militaire dans un cadre moins formel.
Ces moments offriraient à la jeune femme une opportunité bienvenue de prendre du recul par rapport aux rigueurs de son travail quotidien à l'hôpital, tout en contribuant à renforcer le moral et l'unité au sein de la communauté militaire sur l'île.
Ces moments offriraient à la jeune femme une opportunité bienvenue de prendre du recul par rapport aux rigueurs de son travail quotidien à l'hôpital, tout en contribuant à renforcer le moral et l'unité au sein de la communauté militaire sur l'île.
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Commentaires ()
Une histoire bien écrite et qui prend son temps. Espérons que le public sera au rendez-vous :).