Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Anabelle — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Anabelle
Chapitre 1
Anabelle – Épisode 1
Dire qu'il existe un lien entre le réchauffement climatique et les angoisses qu'il provoque chez certains me semble plausible mais, en ce qui me concerne et sans que la moindre angoisse climatique ne m'ait jamais traversé l'esprit, je supporte mal la chaleur. Entendons-nous, je ne me douche pas à l'eau froide et ne dors pas dans le congélateur, mais les plages de la Grande Bleue l'été par 35 degrés à l'ombre, non. Sitôt que Phébus chatouille le thermostat au-dessus de 25 degrés j'adapte mon quotidien, et au-delà de 30 j'adopte des mesures de protection, pour moi mais aussi pour mes proches.
Mais non, ce n'est pas la dictature du patriarche qui boucle tout le monde à la maison en fonction de l'indice UV du jour, je n'ai rien d'un taliban du climat ou d'un ayatollah du thermomètre, chacun étant libre de se rôtir la couenne comme il le souhaite pour autant qu'il ne me demande pas de faire pareil.
Ce jour-là, le mercure frisait déjà les 25 degrés à neuf heures du matin. Il était convenu que je prenais en charge deux de mes petits-enfants en gros de sept heures à dix-sept heures, sachant que l'astre solaire nous préparait une journée sudatoire et une attaque en règle des épidermes.
Par chance, ma fille habitait à quelques minutes de voiture d'une magnifique et vaste forêt, c'est donc sous les frondaisons que je me baladais ce matin-là, évitant aux enfants de frire comme un Bavarois sur la Costa Brava. L'aîné, cinq ans, trottinait devant pendant que sa petite sœur de trois ans s'accrochait à moi pour que je la porte. Le métier de grand-père à mi-temps c'est épanouissant, le rapport au temps n'est plus le même que pour les actifs, donc pas de raison de s'énerver inutilement.
Ayant élaboré un habile subterfuge avec ma petite-fille, la découverte de champignons (alors qu'en plein été ils sont plutôt rares…) celle-ci marchait les yeux rivés aux bas-côtés du chemin, aidée discrètement par la main du grand-père rectifiant les trajectoires hasardeuses. Le rythme s'avérant paisible, j'avais tout le loisir de contempler la forêt alentour, ce dont je ne lassais pas. Mon regard a été attiré par une affiche placardée sur un majestueux hêtre.
Voulant la balade un poil didactique, un prof à la retraite ça reste un prof, j'ai appelé mon petit-fils, occupé à sélectionner la branche parfaite pour en faire je ne sais quoi, afin qu'il décrypte lui-même le message. Sur la feuille punaisée et plastifiée (on sentait le souci de perfection) figuraient une photo de chien et un commentaire.
Jasper a disparu dans la forêt de ***depuis le 19 août. Il porte un collier de cuir rouge. Il n'est pas méchant et se laisse facilement approcher. Si vous l'apercevez, merci d'appeler le *******
- Ils doivent être tout tristes ceux qui ont perdu leur chien. Tu crois qu'on peut le retrouver ?
- Je ne sais pas mon petit bonhomme, tu sais, des fois, les chiens ils suivent un autre chien (il était encore un peu jeune pour que le lui explique l'attrait des clébards pour les femelles en chaleur…) et ils se perdent, mais ils savent aussi retrouver leur chemin grâce à leur flair.
- Il faut noter le numéro, grand-papa, comme ça si on le retrouve on peut appeler les gens.
- Je ne sais pas mon petit bonhomme, tu sais, des fois, les chiens ils suivent un autre chien (il était encore un peu jeune pour que le lui explique l'attrait des clébards pour les femelles en chaleur…) et ils se perdent, mais ils savent aussi retrouver leur chemin grâce à leur flair.
- Il faut noter le numéro, grand-papa, comme ça si on le retrouve on peut appeler les gens.
Un grand-père c'est compréhensif même quand les chiens ne sont pas forcément ses animaux préférés, alors j'ai noté le numéro dans mon téléphone sous « Jasper ». Pour moi qui pratique en amateur la photo animalière, j'avoue qu'après plusieurs heures de planque voir débouler un chien non tenu en laisse, aboyant et me montrant les dents, ça me gonfle rapidement et mes commentaires à son propriétaire, quand je le trouve, sont rarement aimables. J'ajouterai que, champignonneur à mes heures, trouver à côté d'un bolet des déjections canines ne m'aide guère à éprouver pour ces bêtes ou leur possesseur le moindre sentiment. La forêt est certes à tout le monde, mais on ne peut pas en faire un vaste cynodrome, encore moins un « étrondrome » !
Nous étions sur le chemin du retour, la prochaine étape étant dîner + sieste, quand mon petit-fils s'est arrêté net.
Nous étions sur le chemin du retour, la prochaine étape étant dîner + sieste, quand mon petit-fils s'est arrêté net.
- Grand-papa ! Regarde, là, derrière le tas de bois ! Il y a le chien de la photo !
Pas de doute, c'était lui. De race indéterminée, sorte de croisement entre un tabouret de bar (il était haut sur pattes) et un orang-outan (un pelage roux et une grosse tête), il nous regardait. Je me suis arrêté et l'ai appelé, par son nom, doucement, sans bouger.
Contre toute attente, il s'est approché, sous le regard fasciné de mes petits-enfants. Il avait une bonne tronche, pour un fugueur, le poil plein de teignes et de ronces, un peu efflanqué, c'est sûr qu'après trois jours en forêt il devait crever de faim. Remuant la queue, il s'est laissé caresser par les enfants, leur léchant même la main. Il s'est un peu méfié de moi (pas con, le toutou, il avait reniflé l'ennemi potentiel) mais à force de patience j'ai réussi à l'attraper par son collier, ce qui ne servait à rien parce que nous n'avions bien sûr rien pour l'attacher.
Contre toute attente, il s'est approché, sous le regard fasciné de mes petits-enfants. Il avait une bonne tronche, pour un fugueur, le poil plein de teignes et de ronces, un peu efflanqué, c'est sûr qu'après trois jours en forêt il devait crever de faim. Remuant la queue, il s'est laissé caresser par les enfants, leur léchant même la main. Il s'est un peu méfié de moi (pas con, le toutou, il avait reniflé l'ennemi potentiel) mais à force de patience j'ai réussi à l'attraper par son collier, ce qui ne servait à rien parce que nous n'avions bien sûr rien pour l'attacher.
- Bon, les enfants, Jasper n'a pas l'air de vouloir repartir en forêt alors Je vais appeler ses maîtres. Vous êtes d'accord qu'on le ramène en voiture maintenant si ce n'est pas trop loin et que l'on mange un peu plus tard ?
Tu penses, avoir sauvé de la forêt un chien perdu et le ramener chez lui ça ne se refuse pas, les gamins trépignaient de joie. J'ai appelé le numéro de l'affiche, pas de réponse, pas de répondeur pour laisser un message. Ça commençait mal…Je ne me voyais pas rapporter « Jasper » chez ma fille mais je ne pouvais pas non plus le laisser dans la forêt…
- Les enfants, j'ai une idée. On va ramener Jasper à la maison, lui donner à boire, à manger et on essaiera de téléphoner plus tard.
- Oui oui oui grand-papa, c'est une super idée ça ! On peut passer au magasin lui acheter à manger ?
- Oui oui oui grand-papa, c'est une super idée ça ! On peut passer au magasin lui acheter à manger ?
Curieusement, le chien nous a suivis sans qu'il soit besoin de le tenir, il marchait à côté de mon petit-fils, lequel était fier comme Artaban de ce compagnon à quatre pattes. Il a sauté dans le coffre de mon break sans hésiter, je n'en revenais pas. Au magasin pour animaux, le vendeur s'y connaissait en chiens et nous a conseillé des croquettes plutôt qu'une boîte, précisant qu'il ne fallait pas top lui en donner d'un coup et prévoir une gamelle d'eau fraîche.
Plutôt docile, Jasper à mangé et bu, il devait avoir soif car il a presque fini le saladier devenu gamelle à chien, avant de se coucher sur le tapis…et de s'endormir en ronflant !
Faire manger mes deux petits-enfants s'est avéré une tâche complexe, puisqu'il a fallu tenir compte sans cesse des bruits du chien, de sa respiration, et qu'il ne fallait pas faire de bruit pour ne pas le réveiller etc. Il est bien évident, dans ces conditions, que de proposer une sieste aurait été aussi sot qu'incongru, maintenant la nécessité était de ramener Jasper chez lui.
Deuxième tentative au téléphone, cette fois fructueuse. C'est une voix féminie assez jeune qui m'a répondu, presque fébrile quand j'ai révélé le motif de mon appel.
Plutôt docile, Jasper à mangé et bu, il devait avoir soif car il a presque fini le saladier devenu gamelle à chien, avant de se coucher sur le tapis…et de s'endormir en ronflant !
Faire manger mes deux petits-enfants s'est avéré une tâche complexe, puisqu'il a fallu tenir compte sans cesse des bruits du chien, de sa respiration, et qu'il ne fallait pas faire de bruit pour ne pas le réveiller etc. Il est bien évident, dans ces conditions, que de proposer une sieste aurait été aussi sot qu'incongru, maintenant la nécessité était de ramener Jasper chez lui.
Deuxième tentative au téléphone, cette fois fructueuse. C'est une voix féminie assez jeune qui m'a répondu, presque fébrile quand j'ai révélé le motif de mon appel.
- Bonjour Madame, je me permets de vous déranger afin de vous donner des nouvelles de Jasper.
- Oh… ! Vous l'avez vu ? Vous…vous avez vu Jasper ? Vous savez où il est ?
- Les deux, Madame, puisqu'il ronfle à mes pieds, chez ma fille, entouré de mes petits-enfants qui le surveillent comme le lait sur le feu.
- Oh… ! Vous l'avez vu ? Vous…vous avez vu Jasper ? Vous savez où il est ?
- Les deux, Madame, puisqu'il ronfle à mes pieds, chez ma fille, entouré de mes petits-enfants qui le surveillent comme le lait sur le feu.
C'est peu dire que la dame s'est montrée reconnaissante une fois achevé le récit de la découverte du clébard, jamais dans ma vie on ne m'avait autant remercié. Les effusions terminées, j'ai proposé de faire réintégrer ses pénates au canidé, puisque sa propriétaire habitait à un petit quart d'heure de voiture de chez ma fille.
- Écoutez, moi je suis au travail en ce moment et je ne peux pas me libérer, mais ma maman est à la maison, elle garde ma fille qui à cette heure-ci doit dormir. Je vais lui téléphoner et la prévenir de votre arrivée, et je vous rappelle au plus vite.
En effet, quelques minutes plus tard Madame a rappelé, confirmant que la grand-mère m'attendait afin d'accueillir le canis familiaris.
Il a fallu réveiller Médor, son escapade forestière semblait l'avoir un tantinet fatigué, mais il n'a pas montré les crocs quand je l'ai chargé dans la bagnole (par chance j'ai un break assez grand). Par contre, moi, j'ai dû hausser le ton pour que mes deux petits-enfants acceptent de s'asseoir dans leur siège enfant, ils voulaient rester aux côtés du chien fugueur. Nous voici donc partis pour nos quinze dernières minutes cynophiles, pas mécontent de restituer le toutou qui dégageait quand même des fragrances un peu agressives.
Pas si con le Jasper, car il a reconnu la maison et s'est mis à gratter furieusement à la porte en aboyant, pas besoin de sonner. La porte à peine entrouverte il s'est rué à l'intérieur, apparemment content de se retrouver en territoire connu.
C'est une Dame qui nous a ouvert, j'en ai encore la rétine qui palpite. Environ mon âge, c'est à dire la soixantaine, je dirais…épanouie, elle portait une longue robe d'été verte de style disons…méditerranéen, à pois, aux fines bretelles (il faisait 34°) et au décolleté carré, boutonnée devant et fendue sur le côté, une ceinture ceignant la taille de cette apparition et dessinant ses hanches bien marquées. Adorable. Une magnifique crinière argentée encadrait son ravissant visage, ses yeux bleus pétillaient de vie derrière ses lunettes et ses gestes les plus simples me paraissaient tenir d'une chorégraphie parfaite, dégageant une harmonie indescriptible. Encore ébloui, j'ai failli me pâmer de sidération lorsque Madame a souri. Était-ce Dieu possible d'avoir ainsi créé pareille allégorie de la séduction ?
Il a fallu réveiller Médor, son escapade forestière semblait l'avoir un tantinet fatigué, mais il n'a pas montré les crocs quand je l'ai chargé dans la bagnole (par chance j'ai un break assez grand). Par contre, moi, j'ai dû hausser le ton pour que mes deux petits-enfants acceptent de s'asseoir dans leur siège enfant, ils voulaient rester aux côtés du chien fugueur. Nous voici donc partis pour nos quinze dernières minutes cynophiles, pas mécontent de restituer le toutou qui dégageait quand même des fragrances un peu agressives.
Pas si con le Jasper, car il a reconnu la maison et s'est mis à gratter furieusement à la porte en aboyant, pas besoin de sonner. La porte à peine entrouverte il s'est rué à l'intérieur, apparemment content de se retrouver en territoire connu.
C'est une Dame qui nous a ouvert, j'en ai encore la rétine qui palpite. Environ mon âge, c'est à dire la soixantaine, je dirais…épanouie, elle portait une longue robe d'été verte de style disons…méditerranéen, à pois, aux fines bretelles (il faisait 34°) et au décolleté carré, boutonnée devant et fendue sur le côté, une ceinture ceignant la taille de cette apparition et dessinant ses hanches bien marquées. Adorable. Une magnifique crinière argentée encadrait son ravissant visage, ses yeux bleus pétillaient de vie derrière ses lunettes et ses gestes les plus simples me paraissaient tenir d'une chorégraphie parfaite, dégageant une harmonie indescriptible. Encore ébloui, j'ai failli me pâmer de sidération lorsque Madame a souri. Était-ce Dieu possible d'avoir ainsi créé pareille allégorie de la séduction ?
- Bonjour Monsieur, bonjour les enfants, entrez vite, ne restez pas en plein soleil ! Alors c'est vous qui avez retrouvé ce coquin de Jasper ? Ma fille en pleurait de joie au téléphone, pensant ne jamais le revoir. Asseyez-vous, je vous en prie ! Les enfants, vous voulez du sirop, bien frais ? Menthe ou fraise ? Tenez, en attendant mangez un morceau de gâteau ! Et vous Monsieur ?
J'ai failli rester muet, admirant béat ce tourbillon de grâce et de légèreté, les mouvements de sa robe donnant l'impression que Madame flottait, gracile, affranchie des lois de la pesanteur. Bordel Laurent, (c'est mon prénom) t'as soixante-quatre berges, t'es marié, tu ne vas quand même pas fantasmer sur une grand-mère que tu as vu dix minutes, toute sémillante qu'elle soit ?
- Euh….je prends volontiers un café.
A peine mon café servi par cette gracieuse grand-maman, des pleurs ont retenti à l'étage.
- Ah, ma petite-fille est réveillée, je vais la chercher. J'en ai pour quelques minutes, le temps de la changer. Reprenez du gâteau les enfants, et servez-vous à boire.
- Merci Madame !
- Pas Madame, Anabelle. Je m'appelle Anabelle ! A tout de suite.
- Merci Madame !
- Pas Madame, Anabelle. Je m'appelle Anabelle ! A tout de suite.
Nous étions donc là, mes deux petits-enfants et moi, assis dans le salon d'une maison encore inconnue il y a un quart d'heure, un chien couché à côté de nous et qui ronflait comme un sonneur. Anabelle est réapparue, j'insiste sur ce mot car pour moi elle avait disparu et j'en étais triste. Sa réapparition m'a de nouveau enchanté, tout en elle dégageait une féminité parfaite, une élégance naturelle, une grâce de danseuse sans en avoir la maigreur. Elle tenait par la main une petite blondinette de trois ans, Justine, qui instinctivement s'est dirigée vers Morgane, ma petite-fille elle aussi âgée de trois ans. Le retour du chien n'a pas eu l'air de l'intéresser outre mesure, elle l'a juste gratifié d'une brève caresse sur la tête. Moins de dix minutes se sont écoulées avant que les trois enfants ne jouent ensemble, emplissant de leurs rires le salon mais sans troubler le sommeil du clébard qui pionçait toujours, émettant parfois des bruits incongrus.
- Vous savez, Monsieur…
J'ai mobilisé mon plus beau sourire avant d'interrompre Anabelle
- Laurent, pas Monsieur.. !
Son sourire en retour m'a fait frôler l'incident cardiaque.
- D'accord, Laurent. Vous ne le savez pas, mais ma fille est en plein divorce, difficile, très difficile même, et ce chien est pour elle un véritable réconfort. Lorsqu'il s'est sauvé, j'ai cru qu'Isabelle (sa fille, j'imagine…) allait craquer, j'ai eu peur. A trente-cinq ans, avec un boulot exigeant, elle se retrouve seule avec sa gamine et le chien, ce n'est pas facile.
- Mais vous êtes là, Anabelle, je vous vois pétillante de vie, épanouie, virevoltante, vous devez communiquer à votre fille une part de votre formidable énergie, non ?
- Si seulement…En fait je viens garder Justine trois fois par semaine, c'est beaucoup pour moi, je n'ai plus vingt ans, mais je n'ose pas dire à Isabelle que j'aimerais diminuer un peu ma présence, en tout cas pas pour le moment. Vous êtes aussi grand-père, vous me comprenez certainement Laurent.
- Oh que oui, Anabelle, rien n'est simple non plus de mon côté, mais je vous épargnerai les détails afin de ne pas gâcher vos retrouvailles avec Jasper. D'ailleurs regardez, il a fini sa sieste et joue avec les enfants ! Bon Anabelle, j'ai été enchanté de faire votre connaissance, mais il faut que je ramène chez eux mes cynologues en herbe !
- Oh, déjà ? C'est dommage…Ils jouent bien ensemble, c'est magnifique pour Justine car il n'y a pas beaucoup d'autres gamins dans ce quartier, elle ne va pas être contente. Laissez-moi votre numéro Laurent, je crois bien que ma fille veut vous contacter.
- Mais je l'ai eue au fil tout à l'heure, elle m'a chaleureusement remercié, pour moi mission accomplie ! D'après ce que vous m'avez raconté, elle a bien d'autres choses plus importantes à gérer qu'un papy qui ramène son toutou ! Inutile de revenir là-dessus.
- Mais vous êtes là, Anabelle, je vous vois pétillante de vie, épanouie, virevoltante, vous devez communiquer à votre fille une part de votre formidable énergie, non ?
- Si seulement…En fait je viens garder Justine trois fois par semaine, c'est beaucoup pour moi, je n'ai plus vingt ans, mais je n'ose pas dire à Isabelle que j'aimerais diminuer un peu ma présence, en tout cas pas pour le moment. Vous êtes aussi grand-père, vous me comprenez certainement Laurent.
- Oh que oui, Anabelle, rien n'est simple non plus de mon côté, mais je vous épargnerai les détails afin de ne pas gâcher vos retrouvailles avec Jasper. D'ailleurs regardez, il a fini sa sieste et joue avec les enfants ! Bon Anabelle, j'ai été enchanté de faire votre connaissance, mais il faut que je ramène chez eux mes cynologues en herbe !
- Oh, déjà ? C'est dommage…Ils jouent bien ensemble, c'est magnifique pour Justine car il n'y a pas beaucoup d'autres gamins dans ce quartier, elle ne va pas être contente. Laissez-moi votre numéro Laurent, je crois bien que ma fille veut vous contacter.
- Mais je l'ai eue au fil tout à l'heure, elle m'a chaleureusement remercié, pour moi mission accomplie ! D'après ce que vous m'avez raconté, elle a bien d'autres choses plus importantes à gérer qu'un papy qui ramène son toutou ! Inutile de revenir là-dessus.
Anabelle avait vu juste, Justine a hurlé quand elle a compris que nous partions, inconsolable, ma petite-fille lui a emboîté le pas, et c'est dans un concert de cordes vocales martyrisées que nous avons quitté Anabelle, Justine et Jasper.
Deux jours plus tard, j'étais en train de faire des courses quand mon téléphone a sonné : « Jasper ». Je n'avais pas encore effacé cette entrée désormais inutile du répertoire de mon smartphone.
Deux jours plus tard, j'étais en train de faire des courses quand mon téléphone a sonné : « Jasper ». Je n'avais pas encore effacé cette entrée désormais inutile du répertoire de mon smartphone.
- Bonjour Monsieur, je suis Isabelle***, la fille d'Anabelle et la maman de Justine que vous avez rencontrées avant-hier. Je souhaitais vous remercier de votre expédition en famille pour ramener mon chien, c'est vraiment adorable. Ma fille me demande maintenant tout le temps quand Morgane revient jouer avec elle, je ne sais pas quoi lui répondre…et ma maman non plus. Est-ce que vous seriez disponible, mercredi prochain, pour venir à la maison dès quinze heures prendre le goûter avec vos petits-enfants ? Ma maman sera là aussi, moi je n'arriverai que vers seize heures, ne pouvant pas me libérer avant.
- C'est très gentil de votre part, mais en principe le mercredi je ne garde pas mes petits-enfants car ma fille a congé. Je vais lui demander, certain que Morgane et son frère ne vont pas hésiter pour répondre, et je vous rappelle au plus vite.
- C'est très gentil de votre part, mais en principe le mercredi je ne garde pas mes petits-enfants car ma fille a congé. Je vais lui demander, certain que Morgane et son frère ne vont pas hésiter pour répondre, et je vous rappelle au plus vite.
En fait, j'étais content pour mes petits-enfants, mais surtout, soyons honnêtes, je me réjouissais de revoir Anabelle !
Comme convenu et accepté par tout le monde, je me suis rendu chez Isabelle le mercredi proposé. C'est Anabelle qui nous a accueillis, encore plus craquante que la dernière fois, dans sa petite robe d'été à fleurs, chaussée de baskets, cette femme m'éblouissait, son charme relevait du surnaturel, je me sentais comme un adolescent lors de sa premières disco, ébloui par le sexe féminin en fleur. Une fleur de soixante ans, dans la plénitude de son épanouissement, sans artifices, une beauté naturelle au teint légèrement hâlé, au regard lumineux, un bouquet à elle seule.
Les enfants sont allés un moment dans le jardin, la chaleur avait heureusement diminué, je me suis alors retrouvé seul avec la fée Anabelle, éblouissante, qui emplissait tout l'espace et chamboulait mes neurones.
Comme convenu et accepté par tout le monde, je me suis rendu chez Isabelle le mercredi proposé. C'est Anabelle qui nous a accueillis, encore plus craquante que la dernière fois, dans sa petite robe d'été à fleurs, chaussée de baskets, cette femme m'éblouissait, son charme relevait du surnaturel, je me sentais comme un adolescent lors de sa premières disco, ébloui par le sexe féminin en fleur. Une fleur de soixante ans, dans la plénitude de son épanouissement, sans artifices, une beauté naturelle au teint légèrement hâlé, au regard lumineux, un bouquet à elle seule.
Les enfants sont allés un moment dans le jardin, la chaleur avait heureusement diminué, je me suis alors retrouvé seul avec la fée Anabelle, éblouissante, qui emplissait tout l'espace et chamboulait mes neurones.
- Vous avez pu vous libérer facilement, Laurent ?
- Oh oui, vous savez la retraite offre bien des avantages en matière d'emploi du temps, et la pression des enfants a pesé dans la décision !
- En tout cas ils ont l'air de s'entendre à merveille, c'est magnifique, mais je réalise maintenant avoir manqué à tous mes devoirs, parce que j'aurais dû demander à Isabelle d'inviter également votre épouse et votre fille ! Je suis désolé Laurent, c'est de ma faute…
- Oh Anabelle, ne créez pas de problèmes là où il n'y en a pas ! Mon épouse a une activité bénévole le mercredi et ma fille est sans doute bien contente d'avoir un après-midi pour elle, quant à moi je suis ravi de vous revoir ! Vous voyez, tout est parfait !
- Vous êtes un gentleman Laurent, c'est rare de nos jours…
- Oh oui, vous savez la retraite offre bien des avantages en matière d'emploi du temps, et la pression des enfants a pesé dans la décision !
- En tout cas ils ont l'air de s'entendre à merveille, c'est magnifique, mais je réalise maintenant avoir manqué à tous mes devoirs, parce que j'aurais dû demander à Isabelle d'inviter également votre épouse et votre fille ! Je suis désolé Laurent, c'est de ma faute…
- Oh Anabelle, ne créez pas de problèmes là où il n'y en a pas ! Mon épouse a une activité bénévole le mercredi et ma fille est sans doute bien contente d'avoir un après-midi pour elle, quant à moi je suis ravi de vous revoir ! Vous voyez, tout est parfait !
- Vous êtes un gentleman Laurent, c'est rare de nos jours…
Au moment où j'allais lui répondre, sa fille est arrivée. Une beauté digne de celle de sa mère, une classe folle, très élégante, décidément je nageais en pleins fantasmes. Salutations chaleureuses, regard franc, je me demandais quel con avait bien pu la laisser tomber.
L'après-midi est passé très vite, les enfants se sont goinfrés des délices préparés par Anabelle, fine pâtissière. Au moment de partir, Isabelle a offert un petit cadeau à chacun de mes petits-enfants et une bouteille pour moi, qui me suis soudain senti très gêné, mon amour des clebs étant pour le moins limité.
L'après-midi est passé très vite, les enfants se sont goinfrés des délices préparés par Anabelle, fine pâtissière. Au moment de partir, Isabelle a offert un petit cadeau à chacun de mes petits-enfants et une bouteille pour moi, qui me suis soudain senti très gêné, mon amour des clebs étant pour le moins limité.
- Mais, Anabelle, Isabelle (nous étions convenus d'utiliser nos prénoms) n'importe qui aurait fait de même, en plus Jasper nous a suivis docilement, alors tout ça…vous me mettez mal à l'aise, franchement…
- C'est de bon cœur Laurent, ce chien représente beaucoup pour nous et puis les enfants adorent jouer ensemble !
- C'est de bon cœur Laurent, ce chien représente beaucoup pour nous et puis les enfants adorent jouer ensemble !
Ce sont eux, les mômes qui ont provoqué la suite, Morgane en porte-parole de la fratrie.
- Grand-papa, on revient quand alors ? C'est pas long en voiture, et comme Justine elle a pas de frère moi je suis d'accord qu'elle peut jouer avec Julien (mon petit-fils, donc…). Et toi Anabelle, si on revient tu as même pas besoin de fabriquer des gâteaux, tu pourras boire des cafés avec mon grand-père.
Nous avons éclaté de rire, cette spontanéité des enfants étant inimitable. C'est Isabelle qui a répondu.
- Tu sais Morgane, ton papa ton frère et toi vous pouvez venir ici quand vous voulez ! Ma maman est là trois jours par semaine, elle et ton papa vont s'organiser pour que Julien, Justine et toi vous puissiez jouer ensemble. Vous êtes d'accord, Laurent ?
J'aurais été le dernier des ânes de refuser, même si je ne savais pas encore comment m'organiser.
- Bien sûr ! Mais n'oubliez pas que moi, les enfants, je ne vous garde qu'un jour par semaine, ce n'est pas le mercredi, et que toi, Julien, tu vas à l'école qui recommence bientôt ! (Pour information, la scolarité obligatoire en Suisse commence, dans la plupart des cantons, pour les enfants qui ont 4 ans révolus au 31 juillet) Je ne suis pas sûr que ta maîtresse d'école serait ravie de te voir débarquer un matin avec Justine et Jasper ! Bon, si j'arrive à convaincre leur mère pour un autre mercredi après-midi, je m'adresse à qui ? A vous, Isabelle, ou à votre maman ?
- Le mieux est d'appeler directement Anabelle, puisque c'est elle qui est à la maison. Tu es d'accord, maman ?
- Mais oui, c'est d'une logique implacable. Je vous envoie mon contact, Laurent, et vous m'appelez quand vous voulez.
- Le mieux est d'appeler directement Anabelle, puisque c'est elle qui est à la maison. Tu es d'accord, maman ?
- Mais oui, c'est d'une logique implacable. Je vous envoie mon contact, Laurent, et vous m'appelez quand vous voulez.
Pour le mercredi qui a suivi la rentrée des classes, la météo s'annonçait radieuse. J'ai appelé Anabelle l'avant-veille, proposant une petite balade en forêt avec Jasper, à condition de le tenir en laisse ! L'adorable sexagénaire a tout de suite accepté l'idée, promettant que Jasper serait attaché. Pragmatique, j'ai aussi appelé Isabelle, lui demandant si elle pouvait nous prêter le siège enfant de sa voiture puisqu'il n'y en avait que deux dans la mienne. Je l'ai rassurée en expliquant que mon véhicule disposait d'ancrages type « Isofix » homologués. Après un concert de louanges sur mon sens de l'anticipation et de la sécurité, Isabelle m'a confirmé le prêt dudit siège, qui serait à ma disposition dans le garage de la maison.
La porte magique s'est ouverte sur une Anabelle à m'en couper le souffle, vêtue d'un joli bermuda et d'un simple débardeur sous lequel se dissimulaient de justesse ses généreuses rondeurs. C'est elle qui, pleine d'entrain, a proposé de se faire la bise, réalisant d'entrée cette sociabilisation impossible à refuser. Deux clics Isofix plus tard nous étions en route, Jasper dans le coffre qu'il connaissait et Anabelle à mes côtés.
Une fois en forêt, j'ai suggéré de tenir moi-même le toutou fugueur, les trois gamins couraient devant, je marchais par intermittence, le chien s'arrêtant sans cesse pour renifler des trucs qui devaient lui rappeler son escapade sylvestre.
La porte magique s'est ouverte sur une Anabelle à m'en couper le souffle, vêtue d'un joli bermuda et d'un simple débardeur sous lequel se dissimulaient de justesse ses généreuses rondeurs. C'est elle qui, pleine d'entrain, a proposé de se faire la bise, réalisant d'entrée cette sociabilisation impossible à refuser. Deux clics Isofix plus tard nous étions en route, Jasper dans le coffre qu'il connaissait et Anabelle à mes côtés.
Une fois en forêt, j'ai suggéré de tenir moi-même le toutou fugueur, les trois gamins couraient devant, je marchais par intermittence, le chien s'arrêtant sans cesse pour renifler des trucs qui devaient lui rappeler son escapade sylvestre.
- Anabelle, vous n'êtes pas obligée de me répondre, mais vous êtes mariée ?
- Ah…mariée…je l'ai été Laurent, pendant trente-cinq ans, avec le père d'Isabelle. Mais un beau matin, sans autre forme de procès, il m'a annoncé qu'il me quittait, me débitant d'une voix calme un discours manifestement préparé : « tu es trop conventionnelle pour moi, ta ménopause a fait de toi une femme à la sexualité monotone, mon désir pour toi est réduit à peu de chose… et bla bla bla…» Et il est parti, assez loin même car il a suivi sa nouvelle compagne en France. Il a fallu vendre la maison, Monsieur menant grand train avec sa blondasse botoxée, le fruit de la vente m'a juste permis d'acheter un petit appartement en ville, dans un quartier pas trop cher, mais il m'a fallu travailler deux ans de plus que prévu pour m'assurer une retraite pas trop misérable. Et puis, à peine celle-ci commencée, je me suis retrouvée baby-sitter parce que ma fille elle non plus n'a pas su garder son mari. Nous ne devons pas être très douées en la matière…
- Oh Anabelle, vous ne pouvez pas dire ça ! De nos jours un mariage sur deux ou presque se termine par un divorce, sans que l'on puisse systématiquement en attribuer la responsabilité à l'épouse ! C'est vrai que nous, les hommes, avons une tendance certaine à nous tourner vers des femmes plus jeunes, sans doute pour nous réconforter sur notre pouvoir de séduction lorsque la chevelure, si on l'a encore, vire au gris. Pourtant, il y a chez nos compagnes matures des trésors de séduction si l'on sait les voir, la maturité n'est pas une flétrissure, elle apporte bien des changements, c'est certain, mais il faut savoir les accompagner et les apprécier.
- Quelle classe, Laurent, vous êtes l'homme parfait ! Vous ramenez Jasper, vous gardez vos petits-enfants, vous ne méprisez pas les femmes matures en les considérant comme invisibles et sans intérêt…votre femme doit être comblée !
- Ah…mariée…je l'ai été Laurent, pendant trente-cinq ans, avec le père d'Isabelle. Mais un beau matin, sans autre forme de procès, il m'a annoncé qu'il me quittait, me débitant d'une voix calme un discours manifestement préparé : « tu es trop conventionnelle pour moi, ta ménopause a fait de toi une femme à la sexualité monotone, mon désir pour toi est réduit à peu de chose… et bla bla bla…» Et il est parti, assez loin même car il a suivi sa nouvelle compagne en France. Il a fallu vendre la maison, Monsieur menant grand train avec sa blondasse botoxée, le fruit de la vente m'a juste permis d'acheter un petit appartement en ville, dans un quartier pas trop cher, mais il m'a fallu travailler deux ans de plus que prévu pour m'assurer une retraite pas trop misérable. Et puis, à peine celle-ci commencée, je me suis retrouvée baby-sitter parce que ma fille elle non plus n'a pas su garder son mari. Nous ne devons pas être très douées en la matière…
- Oh Anabelle, vous ne pouvez pas dire ça ! De nos jours un mariage sur deux ou presque se termine par un divorce, sans que l'on puisse systématiquement en attribuer la responsabilité à l'épouse ! C'est vrai que nous, les hommes, avons une tendance certaine à nous tourner vers des femmes plus jeunes, sans doute pour nous réconforter sur notre pouvoir de séduction lorsque la chevelure, si on l'a encore, vire au gris. Pourtant, il y a chez nos compagnes matures des trésors de séduction si l'on sait les voir, la maturité n'est pas une flétrissure, elle apporte bien des changements, c'est certain, mais il faut savoir les accompagner et les apprécier.
- Quelle classe, Laurent, vous êtes l'homme parfait ! Vous ramenez Jasper, vous gardez vos petits-enfants, vous ne méprisez pas les femmes matures en les considérant comme invisibles et sans intérêt…votre femme doit être comblée !
Je suis resté coi face à cette réplique, ne m'y attendant pas du tout de la part d'une quasi inconnue.
- Vous me prenez au dépourvu, Anabelle ! Eh bien disons…que la situation est assez compliquée.
- Je me demande bien pourquoi avec un homme comme vous…Vous excitez ma curiosité, vous en avez trop dit ou pas assez ! Alors ? pourquoi est-ce compliqué de vivre avec un homme aussi délicat que vous ?
- Oh Anabelle, vous me mettez au supplice….
- Je me demande bien pourquoi avec un homme comme vous…Vous excitez ma curiosité, vous en avez trop dit ou pas assez ! Alors ? pourquoi est-ce compliqué de vivre avec un homme aussi délicat que vous ?
- Oh Anabelle, vous me mettez au supplice….
Comment lui répondre ? Fait-on une déclaration d'amour à soixante-quatre ans sans passer pour un con ? Comment lui résumer ma vie ? Comment lui avouer que, marié depuis de longues années, sans faux pas, l'astre Anabelle, éblouissante, venait de mettre en lumière ce que je ressentais sans être à même de l'identifier et qui conduit irrémédiablement au délitement de la vie conjugale. La violence ? En aucun cas, il n'est nul besoin de vaisselle brisée ni de gifles pour que s'exerce ce poison, ce cancer des couples qui, insidieusement, sournoisement, installe en nous ses métastases invisibles. L‘adultère dites-vous ? Pas davantage que la violence, au pire il peut être une conséquence mais pas forcément la cause. Mais alors, quel est donc cet acide maléfique, qui ronge de l'intérieur l'amour de ceux qui n'y prennent pas garde, cet ennemi indétectable qui corrode petit à petit le lien entre les époux jusqu'à les faire se désunir ? A posteriori on réalise que de le combattre n'aurait pas été une tâche insurmontable, loin de là, quelques efforts réguliers de part et d'autre l'auraient contenu dans de raisonnables proportions au lieu que de le laisser croître et amplifier son emprise funeste. Mais je n'ai rien fait. Par paresse, par lâcheté, par ignorance ? Sans doute une addition des trois. J'ai laissé aller, mollement, mon épouse n'a pas non plus manifesté de véritable envie de le combattre, alors il a vaincu et là, sous mes yeux émerveillés le sourire d'Anabelle venait de dissoudre d'un seul coup d'un seul des années d'ennui. Eh oui, c'est lui le poison, l'ennemi, le fourbe, lui qui prend possession de votre âme sans tambours ni trompettes, prenant son temps, n'hésitant pas à emprunter des chemins détournés pour se faire discret. L'ennui c'est un divorce à petit feu, sans juge ni avocat, la justice ne le reconnaît pas comme un délit, on n'est jamais coupable d'avoir généré de l'ennui. Pourtant, dans le vocable courant on parle « d'ennui mortel », il doit bien y avoir une raison. Je ne voulais pas lui mentir, elle était trop craquante pour s'aventurer à lui raconter des salades.
- Anabelle, par lâcheté sans doute, par paresse certainement, j'ai laissé mon couple se dissoudre dans l'ennui, et je vous assure que si c'est moins douloureux qu'un abandon brutal, le résultat n'est guère différent. Mais, au risque de me ridiculiser, je vous confesse qu'à vous regarder, vous l'hymne à la vie, la tourbillonnante grand-mère, votre regard pétillant et votre féminité sont un puissant antidote à mon ennui lénifiant, que je croyais à jamais installé en moi, et je vous en remercie !
Il y a eu un silence gêné, presque pesant, me faisant amèrement regretter d'avoir fait preuve d'une excessive confiance en moi. J'ai craint le pire.
- Laurent, à mon tour d'être honnête, il y a bien longtemps que je n'ai pas entendu un homme reconnaître ses erreurs en matière de vie de couple, et ça me fait chaud au cœur de constater que cela existe ! Mon ex-mari n'a pas vraiment fait œuvre de modestie, son prestige de mâle dominant l'en avait rendu incapable. Bravo, Laurent, j'apprécie beaucoup votre humilité et votre clairvoyance !
Soupir de soulagement, rythme cardiaque apaisé, la promenade forestière s'est achevée sur un ton plus léger, les enfants criaient et jouaient, Jasper aboyait de bonheur (enfin, je crois…), le goûter s'est déroulé lui aussi dans une ambiance revigorante. Je n'avais d'yeux que pour Anabelle, j'adorais voir se plisser ses petites rides au coin des yeux quand elle riait, et les mouvements de sa robe longue (elle s'était changée en arrivant) accompagnaient gracieusement sa jolie silhouette, je fantasmais en imaginant mes mains saisir ses hanches épanouies et mes lèvres se poser sur les siennes, charnues à souhait, comme un adorable appel au baiser.
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Commentaires ()
Quel suspens ! Du hicthcock en mal d'amour..on ne bande pas de suite, ça change..lol j'étais passé à côté de vos récits.je vais m'y plonger désormais. Bravo