Le vent du large
Chapitre 1
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✦ Jane Does Le vent du large XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le vent du large — Chapitre 1

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Jane Does
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Le vent du large

Chapitre 1

Tout est calme, mais j'ai mal dormi. Un peu de tangage et de roulis, un mal de mer prononcé et une mer d'huile de nouveau ce matin, alors je mets le museau sur le pont. Paul est à la barre, et nous voguons sans à coup, alors que le début de nuit d'hier était si agité.
— Salut Myriam ! Ça va, pas trop secouée cette nuit ?
— Ben... l'estomac au bord des lèvres, mais ce matin, on dirait que tout est plus serein.
— Ouais... grand beau temps pour les cinq jours à venir. Demain, nous devrions longer les côtes du Portugal.
— Plus de grain dans les jours à venir alors ?
— Non ! La météo annonce « ciel bleu et peu de mers ».
— Tu veux un café peut-être ?
— Pas de refus... Minouche et Franck sont encore au lit ?
— Je suppose. Tu l'as relevé à quelle heure ?
— Juste avant le coup de vent... j'ai préféré assurer, il a bien quelques notions de navigation, mais avec l'océan, c'est toujours imprévisible.
— Bon ! Je vais te chercher ton jus... tu veux un truc à manger ?
— Un fruit...
— N'importe lequel ?
— Non... une banane...
— Ça marche.
Je prépare du caoua dans la kitchenette et c'est vrai que ça ne secoue plus du tout. Ensuite, je sers deux tasses, et réserve le reste du café dans une bouteille thermos. Puis, je prends une banane dans la corbeille à fruits et remonte dans le poste du pilote. Paul... c'est un marin confirmé et c'est son bateau. Il a réussi à me décider à la faire cette foutue croisière dont il me rebat les oreilles depuis des mois. J'avoue que la flotte et moi, ce n'est pas une grande histoire d'amour. Bon ! Nager un peu l'été dans l'océan en restant assez proche de la plage, passe encore. Mais là ! Il doit y avoir sous le bateau une hauteur de plusieurs dizaines de mètres de cette masse mouvante. Et... je ne peux pas dire que je sois très sereine.
J'apporte le jus et le fruit à Paul. En arrivant derrière lui, il a fière allure avec ses tifs dans le vent et sa veste imperméable. C'est sûr que cette nuit, il a dû se prendre quelques paquets de mer et que son habit l'a vraisemblablement un peu préservé. Il est châtain et nous avons tous, peu ou prou le même âge. Le couple de ses amis, trentenaires sympas, bouge un peu dans les couchettes de la seconde cabine. Et... les sons qui montent vers nous s'apparentent à des vocalises amoureuses. Ces deux-là se fichent pas mal de l'état de l'atlantique ce matin. Ils ont une autre occupation plus... intéressante. Pas très discrète Minouche, si j'en juge par les gémissements qui montent de l'endroit où elle et son homme se trouvent.
Du coup, je sens peser sur moi le regard de notre pilote dont les yeux se troublent un peu. Pas insensible donc à ces gémissements de plaisir dont les amoureux nous gratifient. Et... je ne suis pas loin de croire que c'est contagieux, puisqu'un long frisson me parcourt l'échine. Je détourne la tête, ne voulant même pas y songer. Je ne suis pas spécialement attirée par l'homme à la barre. C'est seulement le contrecoup de ma peur rétrospective nocturne et les bruits de ce qui se déroule au niveau bas du navire qui me font cet effet. Et tout autour de nous, il n'y a rien d'autre qu'une immensité bleutée. Sous nos pieds, la fête est finie et c'est ainsi qu'une dizaine de minutes plus tard, la bouille souriante de Minouche nous apparaît.
Une tasse de café à la main, elle est juste vêtue d'un slip de bain si mini, qu'il est plus affolant que si elle ne portait rien du tout. À la main une tasse de café je suppose, et elle émerge donc, seins à l'air et joyeuse.
— Il fait beau ! Chouette alors ! Paul... tu crois qu'on peut se baigner ?
— Ben... pour ça, je dois stopper le bateau. Franck est levé aussi ?
— Oh oui ! Il arrive ! Lui aussi a envie de plonger dans la piscine...
— Oui, après la gymnastique matinale, un bon bain, quoi !
Le pilote rigole de sa blague et je sens la nana un peu touchée par les paroles de Paul.
— Euh... pardon, on ne s'est pas rendu compte que... vous nous entendiez... je suis navrée.
— Ne le sois pas ! C'était assez... agréable.
—... ? Myriam, tu viens aussi piquer une tête ?
— Euh ! Le bateau ne risque pas de trop s'éloigner ? Je n'ai pas envie de nager jusqu'à la côte...
Paul rit de plus belle et je pige ce que mes propos ont de si risibles. On n'aperçoit même pas le trait du rivage, alors inutile de dire que nous sommes très loin des plages de sable. C'est la frimousse du mari de la diva des couchettes qui s'annonce sans crier gare.
— La côte ? Mais nous en sommes à au moins trois ou quatre milles... on ne la devine même plus. Et si vous allez dans la flotte, Paul et moi resterons ici, pour éviter un problème.
— Mais tu ne veux pas aller te baquer avec ma femme ? J'irai ensuite avec Paul... comme ça, tout le monde est content.
— Ben... pourquoi pas ? Tu viens Myriam, puisque les hommes nous surveillent, nous ne risquons rien...
— Après toi !
Je suis un peu anxieuse, mais si nous ne nous éloignons pas de la coquille de noix, je devrais pouvoir m'en sortir. Déjà, Minouche vient de faire jaillir une gerbe d'eau en s'enfonçant dans la masse liquide. Elle remonte tel un bouchon, s'ébroue quelques secondes et me hurle.
— Viens ! Viens, Myriam, elle est trop bonne.
Alors, sous les deux paires d'yeux masculines, je prends mon élan. Voilà ! Plus de son, plus d'images, tout mon corps s'enfonce dans la baille. C'est vrai qu'elle n'est pas très froide. Je nage un peu, dans la direction de la forme blanche qui se tient à quelques brasses de moi. Elle me sourit en moulinant doucettement des bras pour rester à la surface.
— Ça fait drôlement du bien... et ça remet les idées en place. Je suppose que comme Paul, tu as entendu également... nos exploits matinaux ?
— Ben... difficile de faire autrement... tu sais !
— Ouais... mais c'est la nature aussi et... je sais bien que je suis toujours un zeste trop expressive, mais bon ! Et toi, quand vas-tu te décider à sauter le pas avec ton Paul ?
— Avec Paul ? Mais non, voyons !
— Oh la-la ! Le pauvre, il doit mariner dans son jus et nous qui en rajoutons une couche avec nos moments câlins corsés. Zut ! Je pensais que toi et lui... ça matchait.
— Mais non ! Qu'est-ce qui peut bien te faire croire une chose pareille, voyons. C'est seulement un ami.
— Ah ? Tu es certaine de ce que tu avances là ? Pour toi peut-être, mais de son côté, je suis persuadée qu'il en pince pour toi. Et pour avoir vu les trésors de patience qu'il a déployés pour que tu nous accompagnes, je suis certaine que tu comptes beaucoup plus que tu ne le penses pour notre ami Paul !
—... ? Que veux-tu que je te réponde à cela ? Il n'y a rien entre lui et moi. Je serais la première avertie, non ?
— Ouais... Il suffit d'ouvrir les yeux pour le comprendre... et Franck et moi ne sommes pas aveugles.
— Arrête avec ça bon sang, puisque je te dis que...
— Mais oui, mais oui ! Tu as raison.
— Bon... j'en ai assez entendu, je remonte à bord.
— Dis à Franck de venir faire trempette en ma compagnie. Il en a aussi besoin et... envie surtout.
— D'accord.
Et je nage vers le bateau qui immobile sur l'océan est à une vingtaine de mètres de nous. Je retrouve sans déplaisir l'échelle qui me permet de revenir vers les deux hommes restés sur le navire.
— Franck ! Ta miss te réclame !
— Ah ! Amour, amour quand tu nous tiens, hein mon pote... Minouche a raison et pardon, mais tu pues vraiment le cul. Un bon bain va te faire le plus grand bien...
Paul sentencieusement vient de l'inviter à rejoindre sa pouliche et nous voici, lui et moi de nouveau tous les deux seuls à bord. À la dérobée, j'observe ce grand gaillard, qui de son côté mate la blonde qui marsouine près de son mâle à quelques mètres de notre frêle esquif. Les mirettes de Paul s'attardent sur les deux formes qui se chamaillent dans la flotte. Un soupir vient rendre encore plus palpables les pensées de notre pilote. Puis. Alors que je chouffe moi aussi la sirène qui se serre contre son dauphin, je sens la chaleur des prunelles de Paul qui brulent ma peau. Est-il possible que la miss ait raison ? Il y a dans les yeux qui me dévorent quelque chose de fiévreux. Pourquoi est-ce que j'ai le sentiment que j'ai bougrement chaud ?
— xXx —
Les deux nageurs sont étendus à l'avant du voilier et nous naviguons sur une mer d'huile. Je reste en retrait, un livre à la main, à l'arrière du bateau. Le pilote automatique garde le cap et Paul vient s'assoir près de moi.
— Qu'est-ce que tu lis, Myriam ?
— Oh... L'inconnue de la Seine... tu vois ?
— Musso... un bon auteur !
— J'aime beaucoup... ses livres.
— Il a de la chance alors !
—... ? Pourquoi dis-tu cela ?
— Comme ça, histoire de parler ! Et puis nos deux tourtereaux me fichent le bourdon. À se relécher de la sorte, il me montre combien c'est chiant de ne pas avoir de petite amie.
— Quoi ? Ils sont encore en train de se cajoler ? Quelle santé !
— Ils sont amoureux et c'est bien connu, les gens qui s'aiment se moquent pas mal des gens honnêtes qui les reluquent.
— Ça te fait quelque chose de les savoir heureux ?
— Ben... ce n'est pas tant le fait qu'ils soient heureux qui m'émeut, mais plutôt la promiscuité qui interdit de ne pas voir ou entendre. Et... je ne suis pas de bois, que diable.
—... ?
Qu'attend-il que je réplique ? Que je fasse comme la blonde qui roule sans arrêt des pelles à son compagnon ? C'est certain que c'est chaud entre les deux amants, mais je n'ai pas l'âme d'une aventurière ou d'une cochonne qui baiserait n'importe où, et surtout avec n'importe qui. Pas que Paul soit un total étranger, mais pour ce genre de jeux entre adultes, j'ai absolument besoin d'un peu d'affinité et d'un vrai degré de connivence. Et là ! Paul et moi sommes seulement bons amis. Je ne peux nier cependant que les deux qui se tripotent au vu et su de tous ne me laissent pas indifférente. Mais de là à me vautrer dans les bras de notre pilote, il y a un vrai fossé. Pas encore prête à franchir ce pas !
J'admets ne pas être une oie blanche non plus. Est-ce une raison suffisante pour me laisser faire ? D'abord, il ne manifeste aucunement son attirance pour la femme que je suis. Et faire comme eux sur une simple pulsion due à la vision et à la perception des attouchements de nos amis, non merci. Si je couche, c'est parce que le complice et moi avons, ou aurions, un minimum d'atomes crochus. Le cul pour le cul, non très peu pour moi ! Paul garde un périmètre de sécurité, ce qui ne m'engage pas à penser que, pour reprendre les termes de Minouche, il en pince pour moi. Et... comme c'était à prévoir, la blonde ne semble pas très farouche ou complexée. La patte de son mari disparaît, happée par le triangle sombre du tissu de son maillot de bain !
Et lorsque je détourne les yeux de cette scène assez « rock en roll », c'est pour m'apercevoir que Paul n'est pas de bois. Son short présente un renflement significatif qui en dit bien plus long que des mots. Bien sûr qu'il bande devant ce que je juge obscène. Ai-je tort ou raison ? Je m'en tape ! Je ne sais pas où les deux amants vont s'arrêter et je choisis donc de ne pas assister à la suite des événements. Pour cela, c'est assez simple. Il me suffit de quitter le pont et de filer sur ma couchette, à l'intérieur du bateau. Ce qui, soit dit en passant, n'arrête nullement les gloussements féminins de me titiller les oreilles. Et quand ils s'accompagnent de ahanements plus masculins, pas besoin de dessin pour savoir ce qui se déroule au-dessus de ma caboche.
Enfin, les roucoulades s'estompent petit à petit. La petite affaire des deux amants est sans doute ou finie ou sur le point de l'être. J'en ai la confirmation quand je perçois des bruits de pas, puis un grand « plouf » qui m'indique que l'un des deux partenaires vient de plonger dans la baille. Nous ne voguons plus, le bateau est balloté par une houle minimale. D'autres sons et je sais que l'un de ceux qui restent sur le pont va descendre dans la cabine. La frimousse da Paul s'encadre soudain dans l'embrasure du rideau de ma couchette.
— Ça va Myriam ? Tu dors ?
— Non ! Difficile de dormir avec le tintamarre de tes deux amis.
— C'est vrai qu'ils sont sans gêne. Mais...
— Comment peux-tu supporter ce genre de truc sous tes yeux, Paul ? Ils peuvent aussi faire ça à l'abri des regards des autres, non ?
— Il y a quelque chose qui t'a échappé, ma belle !
— Ah bon ? Et quoi donc ?
— C'est un peu... moi qui les ai choisis comme coéquipiers surtout pour cela.
—... ? Quoi ? Tu veux dire qu'ils savaient que tu... Non ? Tu les as embarqués pour ça ? Tu...
— Appelons un chat, un chat veux-tu ! Je suis un peu voyeur et ça m'excite ces situations. Je ne touche pas, par contre. Sauf si bien entendu les couples sont d'accord. Mais ce n'est jamais moi qui fais le premier pas.
—... ? Et... ça t'arrive souvent ?
— Oh ! Tu ne peux pas imaginer de quoi les gens sont capables pour avoir des remises sur un voyage.
— Mais... moi, je pensais que...
— Toi ? Toi, ma belle, c'est bien différent. Toi... comment te dire ? Tu es très spéciale pour moi.
— Spéciale ? Et en clair dans ta tête ? Tu sous-entends quoi, par spéciale en fait ? Je n'arrive pas à piger ce que tu veux me faire passer comme message.
— Ben, ça me parait pourtant simple. Tu n'es pas comme eux, et j'aurais plaisir à faire avec toi un bout de chemin. C'est un peu aussi pour cela que j'annonce la couleur d'emblée. Pas question de te tromper sur la marchandise. Je ne suis pas parfait et j'aime certaines situations qui me donnent un réel plaisir. Par exemple, voir et entendre les deux tout à l'heure faire l'amour.
—... ? Tu penses réellement qu'une femme peut accepter de « faire un bout de route » avec quelqu'un qui lui raconte qu'il est pervers.
— C'est mieux que de l'apprendre par la bande, non ! Et puis je veux être honnête jusqu'au bout. J'ai eu mille fois envie de te serrer dans mes bras, mille et une occasions aussi de t'embrasser, mais je tenais à te mettre au courant de mes petits travers avant de... d'oser, en fait.
— Je te remercie de ton honnêteté ! Mais comment peux-tu seulement imaginer que, d'une part je serais assez folle pour avancer dans la vie avec ta main dans la mienne en sachant ce qui te... branche ?
— J'ai juste espéré que tu puisses toi aussi partager un peu de mes « lubies ». Mais ta réaction devant les préliminaires de ces deux là-haut... m'a un peu refroidi, je l'avoue. Je tiens seulement à te dire que... tu me plais, que j'ai envie de toi, mais que je ne suis pas prêt à lâcher ou à refouler mes instincts de voyeur.
— Paul... de mon côté, je crois que j'aurais tellement aimé, mais tu me fiches la trouille avec tes délires. Je... je crois pas que je supporterais de te savoir en train d'épier des gens qui font l'amour, tu saisis ?
— Et... il n'est pas possible que tu partages avec moi cette... perversion, comme tu l'appelles ?
— Tu connais un autre vocable pour nommer ce que tu fais ? Et...
— Nous avons une chance de pouvoir essayer d'ici la fin de notre voyage !
— Hein ?
— Tu sais les deux, là-haut... ils sont heureux de me faire plaisir. Et que nous soyons deux à les suivre des yeux ou que je le fasse seul, pour Myriam et Franck il n'y a guère de différence.
—... Paul !
— Oui ?
Il a le visage penché sur la couchette où je suis étalée. Pourquoi et comment nos lèvres entrent-elles en communication ? Il est difficile pour moi de bouger et... c'est terriblement agréable de sentir cette langue folâtrer avec la mienne. Le premier baiser est toujours une sorte d'instant magique. Instinctivement, mes bras encerclent le torse de Paul et... je m'abandonne véritablement à cette pelle qui me donne des frissons. Il est fort, il est sympa ! Est-ce une raison suffisante pour... lui donner ce qu'il espère ? Je vacille sur les bases de mes certitudes. Mon corps tout entier s'enflamme et ce qui me retient d'aller plus loin, c'est justement la présence à bord des deux qui rient fort sur le pont.
Je réagis, alors que les mains de mon embrasseur s'attaquent déjà à la ficelle qui tient les bonnets de mon soutien-gorge sur mes seins.
— Non ! Non, Paul... s'il te plaît !
Il stoppe net son geste, me regarde avec des yeux fiévreux... Je me sens obligée de me justifier.
— Pas comme ça, Paul ! Pas comme ça, tu comprends ?
— Tu... n'en as pas envie ?
— Je dois réfléchir à tout ce que tu viens de me raconter. J'avoue que je suis surprise par... un comportement qui n'est pas habituel pour moi. Je... il nous reste du temps avant d'arriver à destination... non ?
— Oui ! Tu me promets d'essayer ?
— Essayer quoi ? Qu'est-ce que tu attends exactement de moi, Paul ?
— Que tu oublies un peu cette sacrosainte morale qu'on nous a inculquée dans notre jeunesse. Nous sommes des adultes et ce n'est pas faire du mal aux autres que d'aimer voir... et puis ils savent toujours que je suis là et ils acceptent ou non. Mais je ne vais jamais, tu m'entends, jamais plus loin que les autres ne me le permettent.
—... ? Je suis incapable de te promettre quoi que ce soit de ce genre...
— Je ne te demande rien. C'est seulement à toi de décider. Mais je suis amoureux de toi Myriam et... j'aime aussi ces situations ambiguës où des gens font l'amour sous mes yeux. Et je ne veux pas te tromper en te racontant des balivernes. Tu mérites d'être respectée et elle commence là, la considération que je te porte : par te dire la vérité... toujours !
— Merci... merci Paul !
Il se recule de quelques pas, ne cherchant plus à m'embrasser et encore moins à me tripoter. Il retourne avec un sourire sur le pont ou Myriam et Franck ne font plus aucun bruit. Alors, déboussolée par tout ce qui vient de se passer, je referme mon bouquin sur une étagère sur le côté de ma couchette. Je m'extirpe de celle-ci et j'hésite. Retourner à l'air libre et au soleil ou... rester ici. Tout ce que m'a rapporté le navigateur me tourne dans le ciboulot. Ai-je vraiment envie de partager ce genre de bizarrerie avec cet homme ? Qu'est-il capable de me réclamer ensuite, si je lui donne satisfaction maintenant ? Merde alors ! C'est incroyable, je devrais être dégoutée, n'avoir qu'une seule envie, celle de ficher le camp le plus rapidement possible. Eh non, pas du tout ! Je suis là à ruminer le pour et le contre. Quel affligeant comportement à mes yeux !
— xXx —
À l'avant du bateau, deux corps nus. Franck couché sur le ventre ne bronche pas, sa peau léchée par un soleil qui descend sur l'horizon. Minouche est également étalée de tout son long, mais sur le dos. Sa blondeur est naturelle, à n'en pas douter. La touffe de poils qu'elle arbore au niveau du pubis ne ment pas. Deux seins se dressent sur son buste, aréoles marron foncé surmontées de deux tétons d'une longueur extravagante. Une jolie poitrine en fait qui ne demande rien à personne. Dorment-ils ? Je rougis de détailler de cette manière ce couple qui ne cache rien de sa nudité. La pudeur n'a pas droit de cité sur le pont ? Et dans mon dos, je sens bien que Paul m'observe. Je me rapproche du siège sur lequel il est assis, surveillant l'horizon.
— C'est beau, tu ne trouves pas, Myriam ?
—... !
À quoi fait-il allusion ? À ce décor marin avec en toile de fond le soleil couchant ? Ou à ces deux loulous qui profitent de ce voyage... pour faire plaisir au navigateur ? Minouche vient de m'apercevoir et elle se redresse, s'assoit, me sourit gentiment. Sa main se lève dans un signe que j'attribue à un « coucou ». Enfin, elle frôle les fesses plus blanches de son homme. La marque du slip est nette. Lui remue la croupe, avant de faire un demi-tour et de présenter au soleil faiblissant, son côté face. La main féminine restée en suspens lors de la volte-face de Franck se replace lentement sur la boursouflure de son sexe au repos. Et... je devine le poignet qui fait de petits mouvements saccadés.
Devant mes yeux et ceux forcément de Paul, la blonde masturbe lentement son mari. Lui ne bronche pas, se laissant faire. Je ne quitte pas ce spectacle étrange qui se veut érotique au possible. Elle insiste, et ses yeux ne contemplent absolument pas ce que sa patte fabrique. Non ! C'est dans ma direction qu'ils sont dirigés. Prise entre les deux feux trop chauds des regards de Minouche et de Paul, je me sens quasiment envoutée par la branlette qui se poursuit à la proue. Il me semble qu'elle prend son temps et que cette masturbation n'est pas faite pour amener Franck à la jouissance. Non ! C'est à moi qu'elle est destinée et si c'est bien le cas, c'est réussi. Parce que je dois admettre que c'est... palpitant. Un murmure sur ma gauche... Paul me parle ?
— C'est trop bon, n'est-ce pas ? Je suis si heureux que tu assistes à ce genre de... jeux. Ça ne te plairait pas de jouer aussi ?
—... ?
— Dit ! Tu n'as pas envie d'aller les rejoindre ?
— Mais...
— Allons ! Tu ne veux vraiment pas être un peu... salope ? Juste avec elle... que je bénéficie d'une vue complète sur toi, sur elle, sur vous ?
— Je...
— Allons ! Je sens que c'est le bon moment. Tu es excitée, j'en jurerais.
—... !
— Il te suffit de faire les quelques enjambées qui te mènent à eux... tu ne risques rien, je t'assure.
—... Tu... c'est dingue ça, hein ?
— Mais non ! C'est la vie et... m'être ouvert à toi de mes petits travers fait-il de moi un monstre pour autant ? Alors que tu me montres que tu es capable de faire un truc qui me donne des frissons, imagine l'état dans lequel ça me met !
— Nous ne sommes même pas amants, Paul ! Et peut-être ne le serons-nous jamais.
— Un défi, et j'adore relever des défis. Cette croisière est une sorte de baptême pour toi et moi.
— Quoi ?
— J'ai toujours eu la ferme intention de te dire ce que je ressentais, c'est l'occasion ou jamais. Et puis... si tu es revenue au poste de pilotage, c'est bien un peu pour me prouver que tu veux adhérer à mes idées, non ?
—... ? Tu es encore plus cinglé que je ne le pensais... plus fou que moi. C'est tout petit un bateau. Où voudrais-tu que je me cache pour échapper à tout ceci ?
— Pourquoi veux-tu faire comme si tu ne savais rien ? Viens près de moi ! Allons, viens ici !
C'est drôle, mais il a la voix éraillée, perturbée par ses paroles ou n'est-ce que le prolongement logique de ce qui se joue à quelques mètres de nous ? Je finis par combler le trou qui nous sépare. Et... du coup, Paul ne se prive pas pour laisser sa main flirter avec mes cuisses. Pas encore franchement une caresse, mais des attouchements qui y ressemblent pourtant. Et... je ne tente pas d'endiguer ce qui me parait incroyable.
— Ta peau est douce, du velours, oh ! Myriam... tu ne veux pas aller les rejoindre ?
— Paul...
Ses fesses quittent son siège. Sans doute a-t-il réactivé le pilotage automatique. Et me voici toute tremblante contre cet homme qui plonge ses yeux dans les miens. Il est fort, et... lui aussi bande d'une manière qui ne laisse planer aucun doute sur ce qu'il espère. Un baiser de feu, oui ! Je suis enflammée par ce palot que nous échangeons sous les prunelles du couple braquées sur nous. Tout bas, Paul m'invite une fois de plus à aller au-devant de Minouche et de son compagnon.
— Vas-y ! Ils en bavent d'envie, ça se ressent jusqu'ici.
— Mais...
— Chut ! Allez...
Je ne sais que faire. Et du coup, la blonde se remet sur ses longues gambettes. C'est elle qui vient au-devant de moi. Je panique pour de bon. Cette fois, elle est toute proche. Nous n'avons pas seulement couché ensemble, lui et moi que déjà... il veut me propulser dans les bras de cette... nana. Le pire, c'est bien que je suis sans réaction. Je ne fais aucune difficulté quand elle me prend la main pour m'entraîner vers la proue et le grand matelas sur lequel elle se tenait couchée quelques secondes plus tôt. Pas un mot, elle se contente de me tracter vers le lieu où Franck est toujours allongé, sexe tendu remontant jusqu'à son nombril. Une fois là, elle me fait un signe du menton. Une manière de me demander de me coucher moi aussi.
Et... mes genoux fléchissent alors que le mâle me prend par la taille. C'est dans un brouillard que j'exécute le mouvement qui m'amène à prendre place sur la couche improvisée. Minouche, une fois que je suis installée, fait de même. Je suis coincée entre elle et son mari. Eux sont nus, et je ne porte qu'un maillot de bain plutôt fin. La bouche qui se rapproche de mon visage n'est pas masculine. Et je n'ai guère de latitude pour reculer, le corps mâle m'interdisant de bouger vraiment. Tel un coup de tonnerre, deux lippes bouillantes se pressent sur mes lèvres. Comment et pourquoi est-ce que je laisse faire en ouvrant le bec, comme si c'était tout naturel pour moi, d'embrasser une autre nana ?
Je suis sur le flanc gauche et Franck pousse son bassin au-devant de mon fessier. Oh ! Bien sûr, il ne fait qu'appuyer contre celui-ci, mais c'est suffisant pour que son sexe soit largement perceptible. Il se balance mollement ses hanches alors que Minouche insiste dans ses embrassades particulières. Lorsque sa bouche coule vers mes seins sous le voile aérien qui les masque, elle n'a aucune difficulté à tirer sur le flot qui les retient prisonniers. De petites dents viennent en agacer la cerise qui sous la caresse se gorge de sang et gonfle énormément. La langue aussi titille, joue sur les tétons et les mâchoires serrent les lèvres en les aspirant. Effet immédiat, je me sens transportée dans un univers où mon cerveau peine à s'inscrire.
Derrière moi, cerclant mon ventre, une main masculine rampe vers le cache-sexe bien inutile, et déjà les doigts s'insinuent entre tissu et peau. Un index ? Un majeur, qui sait, s'enroule dans les cheveux soyeux et longs, qui forment une toison brune assez dense. Je ne respire plus, comme si le fait d'attendre l'arrivée de ces visiteurs me coupait le sifflet. Et je rue un peu, alors sans dire un mot, le mari de la blonde retire sa patte. Il s'imagine sûrement que c'est un geste de refus, je ne le détrompe pas. Cette fois, je suis sur le dos et Minouche se couche littéralement sur moi. Je ne saisis pas de suite ce qu'elle veut ou fait. Ce n'est que lorsque nos deux poitrines sont l'une contre l'autre que je percute.
Nos seins s'écrasent sous le poids de la blonde et de temps à autre elle soulève le haut de son buste en appuyant ses bras sur la naissance de mes épaules. Nos nichons se trémoussent les uns contre les autres et elle profite des sensations très spécifiques qu'elle me transmet pour me rouler des pelles que je dois dire, je savoure avec une exquise gourmandise. De plus, je ne le vois pas, mais je sais que Paul est à l'affut. Qu'il nous couve des quinquets, profitant de chaque séquence, de chaque fragment de peau qu'il peut apercevoir de son siège. Est-ce qu'il bande ? Sûrement puisqu'il présentait déjà avant nos prouesses, un état d'excitation avancé.
Qui libère le bas de mon ventre en désolidarisant les deux ficelles qui nouées sur mes hanches maintiennent mon slip de bain sur ma foufoune ? Elle ou lui ? Je ne cherche pas à savoir. Je réalise que le lit est d'un coup plus spacieux. En fait, Franck s'est retiré le plus près possible du bord du bateau et nous avons quasiment tout le matelas pour nous seules. Et les jambes de la belle décrivent un arc de cercle qui les amène de part et d'autre de mon visage. Et je vois fondre au-dessus de ma bouille, un entrejambe dont l'entaille est brillante des sécrétions intimes de la miss. Je n'ai guère le temps de réfléchir que celles de son homme doivent également s'y mêler, puisqu'ils ont fait l'amour quelques minutes plus tôt.
La broussaille humide s'approche dangereusement de mon nez, je ferme les paupières et du coup, sur la bouche, j'ai le con trempé de Minouche. Je ne fais rien. Pas besoin puisqu'elle se tortille langoureusement, frottant sa chatte sur mon visage en poussant de drôles de petits cris. Quand est-ce que par pur réflexe, ma langue vient au-devant de cette fente baveuse ? Impossible à dire ! Peut-être est-ce le fait de sentir que mes grandes lèvres sont largement ouvertes par cette amante qui semble connaître son affaire ? Elle me lèche lentement, prenant bien soin de n'épargner aucun recoin, n'omettant aucun pli ou repli. Et les sensations sont d'une extrême douceur. Tout chez moi se met à trembloter sans discontinuer alors que le câlin lingual perdure.
Minouche s'excite de plus en plus en gémissant, elle m'écrase la face, resserrant parfois ses cuisses sur mes tempes sans se rendre compte qu'elle me fait mal. C'est évidemment involontaire et je ne cherche pas du tout à lui rendre la monnaie de sa pièce. Elle n'a pas particulièrement de réclamation non plus. Elle s'agite, s'active un long, très long moment au cours duquel je perds le fil de mes idées et un peu les pédales également. J'ai l'impression que d'un coup, elle se raidit complètement, elle ne crie plus, ne respire plus non plus. Tétanisée, je la sens hyper tendue. Un orage violent s'abat sans crier gare. Cette fois, elle se défoule totalement dans une débauche de hurlements qui me vrille les tympans.
Parallèlement à cette incroyable scène, son ventre se libère de la pression accumulée depuis quelques instants. La façon de le décrisper est éloquente. Un véritable geyser s'échappe de son sexe, liquide clair sans vraiment d'odeur spéciale, qui m'éclabousse le visage et ses doigts se plantent dans ce qu'ils peuvent accrocher. Ce sont les muscles internes de mes cuisses qui font les frais de cette soudaine explosion. Enfin, son extase atteint son apogée et le corps tout entier de la dame retombe sur le mien dans la position de ce soixante-neuf qu'elle a elle-même imprimé. Je ne bouge plus non plus, mais je perçois du mouvement dans les environs.
C'est lorsque je sens le sexe raide de Franck se lover sur mes grandes lèvres que j'exprime avec une vigueur revenue, un vrai refus.
— Non ! Non !
La queue se retire de l'endroit où elle a failli entrer et de nouveau, le sentiment que ça remue sur le lit. Le bateau qui tangue ou un mouvement de l'homme ? Je suis fixée en quelques fractions de seconde lorsque je le vois s'agenouiller derrière sa femme. C'est-à-dire que j'ai une vue montante sur son service trois-pièces dont l'un des morceaux ressemble à un piquet de pâture. Par sa rigidité, pas par sa longueur ! Je visionne donc le bassin qui avance la trique vers son objectif situé sous mon menton. Le mâle attrape les hanches de sa partenaire, sans se soucier de ma présence sous elle. Minouche se remet en position de prière et... j'ai, pour la première fois de ma vie, une vue sur un coït en gros plan. Et il la lime si fort, que ses bourses viennent frapper l'intérieur des cuisses rebondies, en frôlant mon front ou mon nez de temps en temps.
Je ne peux pas m'extirper de ma fâcheuse posture, prisonnière du corps de la blonde. Ça ne dure pas une éternité. La cadence augmente un court instant et puis c'est à son tour de se vider en elle. C'est dingue ! Les sons et les odeurs loin de m'indisposer me donnent même une envie supplémentaire. Je vois Franck qui se colle le ventre contre le cul de sa belle et... dans un « han » de bucheron, j'imagine qu'il déverse son trop-plein dans le calice que sa queue investit depuis quelques minutes. Quand elle se retire, elle entraîne dans son sillage une traînée blanchâtre qui vient pour faire bonne mesure, maculer mon minois encore humide de la douche reçue précédemment. Tout notre joli monde en a enfin terminé avec cette séance sexuelle, et je dois dire que je l'ai vraiment apprécié.
— xXx —
De gros nuages montent dans un ciel azuréen. Notre skipper est inquiet, ça se ressent dans son comportement. Un grain s'annonce et notre coquille de noix est de taille réduite face à des éléments qui peuvent se déchaîner assez violemment. Les amoureux, trop occupés à se bécoter un peu partout se soucient bien peu de ce brusque changement de temps. Je suis près de Paul et il doit prendre une décision. Changer de cap et diriger notre bateau vers un endroit plus sûr, attendre à l'abri d'un port que la tempête s'éloigne ? Il n'hésite que quelques secondes et je sens le virage entrepris pour nous mettre en sécurité. Nous apercevons à peine le trait de côte que déjà les premiers coups de vent nous rattrapent.
Juste le temps de nous engouffrer dans le chenal d'entrée de l'asile où nous allons accoster que l'océan montre des signes de fureur. Une fois le bateau amarré à quai, Minouche et Franck décident d'aller faire un tour et nous sommes donc seuls dans la cabine. Il pleut des cordes et... bien évidemment, l'espace réduit n'offre que peu de possibilités pour nous maintenir loin l'un de l'autre. Ce qui se noue là est presque inévitable. Quand me prend-il la patte ? Je ne m'en rends compte que par la chaleur que la sienne me transmet. Et... ce contact sibyllin enflamme tous les pores de ma peau. C'est un vrai brasier. Je ne réagis pas et qui ne dit mot... consent.
Deux bras solides me ceignent les épaules, me pressent contre un torse solide et... s'ils sont bien différents des baisers échangés avec Minouche, je dois dire que ceux plus virils de Paul ont un effet identique sur moi. Je suis transportée d'aise et l'envie qui me creuse les reins n'a rien de virtuel. Mes légers vêtements ne résistent pas longtemps à l'assiduité de l'homme. Tout se passe comme dans une sorte de rêve. L'impression que c'est bien moi cette femme qui se laisse dépouiller de toutes mes fringues et cependant, il me reste le sentiment que quelque part, je ne suis que spectatrice de mon propre abandon. Ça se passe en douceur et... dans l'espace clos du bateau, avec la pluie pour témoin, nous faisons l'amour sur la couchette du marin.
Pas d'originalité dans l'action ! Simplement, un coït basique, mais si profondément et si humainement délicat que j'éprouve un réel plaisir à sentir naviguer en moi le sexe gonflé de Paul. Là aussi, ça ne dure que le temps strictement nécessaire à son éjaculation. Celle-ci a lieu sur ma bedaine, le retrait de la gaule de mon ventre me tirant un soupir d'exaspération. Je déteste cette finition qui me prive sans doute du meilleur de ce rapport qui n'est pour ma pomme, pas abouti. Cette sortie intempestive de la bête de son nid me laisse ivre d'un désir inassouvi. Mais sans doute mon amant a-t-il de bonnes raisons de ne pas être allé au terme de son plaisir interne ? Un vrai déchirement pour mon cerveau qui attendait plus, qui espérait... mieux !
De longues secondes, nous restons allongés sur le flanc. Difficile au vu de l'étroitesse de la couchette de se tenir côte à côte. Alors une paume masculine vient barboter dans cette colle blanche qui souille mon abdomen. C'est drôle, mais je me sens comme frustrée de n'avoir pas senti la queue m'éclabousser le vagin. C'est une sensation très mitigée, entre lésée et délaissée. Le ressent-il ? Il me caresse de nouveau, et ses doigts qui glissent dans son sperme font monter dans me cerveau une autre fièvre. Ils sont désormais sur mon clitoris et lentement, l'un d'entre eux décrit de petits cercles sur le bouton. Je me cabre, oubliant pour un temps ma déception.
Est-ce par pur réflexe que j'envoie mon bras errer dans les environs de l'oiseau qui n'est pas tout à fait mort ? Paul finit par rebander et je suis de nouveau en transe. Toute attente, et prête à renouveler l'acte et il saute hors de la couchette. Pas pour me délaisser vraiment, non. Seulement pour prendre une position plus en adéquation avec ce qu'il veut. Ses bras musclés me repoussent contre la coque et il grimpe contre moi, mais tête-bêche. Cette fois, sa langue remplace son vit. Et il léchouille ce qui sèche sur mon bas-ventre. Toujours sur le flanc, l'opération est délicate. J'ai face à mon visage son entrejambe également et plus particulièrement le nœud qui a repris une belle consistance. Sous sa bouche avide, je frémis.
Je ne mesure pas bien sûr, le laps de temps que durent ces attouchements. En revanche, il me devient insupportable de subir, sans de mon côté entrer en action. Dès lors, j'entrouvre les mâchoires et pompe avec sérieux la bite de Paul. Il est sûrement satisfait par cette gâterie, au point d'onduler doucement du bassin, histoire de me limer pendant que je le suce. Et puis tout s'embrouille parce que je suis incapable de bien gérer l'aspiration de mon clitoris par ses lèvres gourmandes. Je ne lui prodigue plus que par intermittence la pipe entreprise. C'est pourtant par un dernier coup de reins forcené qu'elle s'enfonce dans mon gosier. Et là... elle pleure pour la seconde fois.
Mon Dieu ! Moi qui ne suis jamais allée aussi loin dans une fellation, je goûte à ce plaisir bizarre du déchargement de cette coulée dans mon palais. Incroyable ! La ration qui s'écoule par saccades dans ma bouche et pas moyen de repousser cette tige qui obstrue ma gorge. Tout se déverse là comme s'il s'agissait de mon sexe. Tant et si bien que je dois choisir entre m'étouffer en gardant la manne dans mon palais ou déglutir cette semence. Il est évident que je finis par avaler la substance avec une sorte de haut-le-cœur. Ce qui fait prendre conscience à Paul que... je risque l'étouffement. Alors il retire lentement sa queue de ma bouche.
Nous nous réveillons sur un grand soleil revenu, et surtout par le boucan que font Minouche et son homme en rentrant. Pas besoin d'être devin pour voir qu'ils ont fait la fête. Visiblement, les relents d'alcool ne sont pas totalement dissipés et alors que Paul sort de la couche où nous avons conclu, Franck, les cheveux en bataille, encore sous l'emprise de la picole vient directement vers l'endroit où je me prélasse toujours. Il en écarte le rideau et... tire le drap sous lequel je suis nue. Ses propos reflètent exactement son état.
— Putain ! Dommage que tu ne veuilles pas baiser avec moi. Tu es super bien roulée... ça doit être un vrai bonheur d'entrer dans ce cul de diablesse.
— Franck ! Pas de ça sur mon bateau, d'accord ? Que tu sois bourré n'est pas une excuse à mes yeux.
— Ouais Paul ! Tu veux te la taper tout seul, c'est ça ? Mais je suis partageur, moi. Tu peux baiser ma femme autant que tu veux, alors un juste retour d'ascenseur serait sympa.
— Ça suffit. Les femmes ne sont pas des marchandises et Minouche tout autant que Myriam mérite notre respect.
— Je sais ! Mais ta copine m'a filé une sacrée envie, quand elle et ma femme ont... tu les as assez suivis des yeux, hein mon salaud !
— Ça va ! Calme-toi et va dormir. Nous allons reprendre notre route, le grain est loin maintenant. Tu ne t'avises pas d'être déplaisant ou méchant avec qui que ce soit sur mon bateau, c'est tout.
— Déplaisant ? Mais non Paul ! J'ai juste le vin amoureux... et Myriam est trop belle.
— Ne t'avise pas de la tripoter sans son consentement. Ce que tu viens de faire là, aller regarder sous son drap n'est pas acceptable. Alors, va te coucher... Et du reste où est Minouche ?
— Oh ! Elle arrive !
— Elle aussi a trop bu ?
— Je ne sais pas... je ne la surveille pas comme le lait sur le feu. Elle fait ce qu'elle veut. Son ventre lui appartient.
— Je vois...
J'écoute de ma place cette conversation tout en enfilant sous le tissu mon slip de bain. Puis je quitte l'habitacle pour aller prendre l'air sur le pont. Je cherche des yeux l'absente dont je suis certaine du retour et je la découvre assise à l'avant du bateau, la tête entre les mains.
— Eh ben ! Minouche tu vas bien ?
— Hein ? Ah ! C'est toi Myriam. J'ai trop fait la fête... j'ai le cœur au bord des lèvres. On repart bientôt ?
— Oui ! On va poursuivre notre voyage. Tu veux quelque chose pour te remettre ?
— Oh... je suis sûre que dès que nous serons de nouveau ballotés par les vagues, je vais gerber et ça devrait aller. Quelle nuit ! Et vous ? Vous êtes allés faire un tour ?
— Non... nous n'avons pas bougé.
— Ah ! Il te plaît notre Paul, non ? J'ai beau avoir trop bu, je sais encore ce que je raconte. C'est un beau mec et il est célibataire. Tu devrais peut-être tenter ta chance...
Elle lève les yeux vers moi et... sa voix s'éraille un peu ! Secouée par un énième haut-le-cœur ? Mais apparemment, ce n'est pas tout à fait le cas. Elle me dévisage avec minutie une longue minute.
— Attends ! Ça y est ! Vous avez baisé toi et lui, c'est cela ? Tu as l'air pimpante et fraiche comme une rose. Alors ? Dis-moi ? C'était comment ? Tu sais, j'en ai longtemps pincé pour lui, avant de rencontrer mon Franck.
— Arrête de dire des conneries Minouche. Paul et moi sommes seulement des amis. Et puis toi et ton homme... vous vous êtes bien trouvés, n'est-ce pas ?
— Ouais... avec lui, c'est toujours, comment t'expliquer ça... ? Inattendu, oui voilà, inattendu. Cette nuit, je me suis tapé je ne sais pas combien de marins et lui rigole. Mais c'est pour lui que je le fais.
—... ! Chut ! Tu as besoin de dormir, non ? Alors, couche-toi, parce que Paul arrive et... nous allons reprendre la mer.
— Ouais... je te raconterai ma soirée...
Elle s'étire un peu, passe devant moi pour gagner la cabine d'où notre skipper vient d'émerger. Au passage, elle lui saute au cou et pose ses lèvres sur celles de mon amant. Il la repousse gentiment.
— Non ! Non Minouche, je n'aime pas boire au goulot, tu pues la vinasse à vingt mètres...
Et il éclate de rire. Alors la blonde continue son chemin en chantonnant. Des paroles qui me parviennent partiellement, mais j'arrive à en définir la teneur.
« Il était un petit navire
Qui n'avait ja, ja, jamais navigué
Qui n'avait ja, ja, jamais navigué
Ohé, ohé...
Ohé, ohé Matelot
Matelot navigue sur les flots
Ohé, ohé Matelot »
Le reste se perd dans les marches qui mènent dans la cabine avant qu'un grand silence ne retombe sur le bateau. Nous larguons les amarres et Paul manœuvre pour sortir du port. La fin du voyage se fait paisiblement. Trois jours encore de navigation et les bâtiments de Matosinhos profilent leurs silhouettes lointaines. Nous voici rendus au port de Leixões à l'embouchure du fleuve côtier Leça. Je dois avouer que nous avons refait l'amour plusieurs fois Paul et moi. Je ne parle même pas du couple qui nous accompagne, non ! Eux ont été en rut quasiment tout au long de notre traversée et je me pose souvent la question de savoir si... sans cette promiscuité, Paul et moi aurions osé. Bien sûr, il n'y a aucune réponse possible, mais je suis heureuse de l'avoir fait.
— xXx —
Cinq ans déjà que notre périple nous a réunis et autant d'années que je vis une belle histoire. Chaque vacance, Paul et moi reprenons la mer, comme d'autres partent en camping-car. C'est notre petit truc perso à tous les deux. Il nous arrive de croiser Minouche et Franck, et ils ont maintenant un bout de chou de trois printemps. Elle ne m'a jamais raconté son escale alcoolisée, et je ne sais pas s'ils continuent leur libertinage. Ce que je sais, c'est qu'ils sont toujours accrochés l'un à l'autre et qu'ils demeurent amoureux. De mon côté ? Eh bien... j'ai mal au cœur, mais j'en sais aussi la raison.
Mon bidon s'arrondit depuis quelques mois et... ce qu'il contient est le résultat d'une soirée ou d'un après-midi plutôt tendre. À moins que ce ne soit celui d'un matin au réveil ? Enfin, c'est le fruit de nos amours qui germe là ! Alors... tout va bien. Le vent du large est devenu le symbole de notre amour. Paul aimerait un petit marin... moi, je suis plus prudente et une louloute me conviendrait tout autant. Laissons faire le temps et nous aimerons ce que le ciel va nous offrir. Nous l'aimons déjà depuis que nous savons qu'il est là, dans son nid d'ange. Alors... vive le vent... vive le vent du large !
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rtx42
6 février 2025 à 14:22
C'est très joliment écrit
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Frederyc
5 février 2025 à 00:13
Que d’hésitation et finalement une fin heureuse. Très belle histoire !
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Nounours1239
4 février 2025 à 18:37
Très joli.Très agréable à lire, et si proche de la vraie vie...
Merci
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kudu
4 février 2025 à 05:43
Bonjour.
Heureux de vous revoir et merci pour ce beau cadeau tout en douceur et en délicatesse.
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