Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sex in the Box - Chaque corps a son secret — Chapitre 8 · Épisode 4 : Small Talks
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sex in the Box - Chaque corps a son secret
Chapitre 8 · Épisode 4 : Small Talks
Le soleil tape généreusement sur la terrasse, faisant miroiter l'eau turquoise de la piscine à débordement. Le premier jeu ne s'est achevé qu'il y a deux petites heures, mais les confitions de vie de la maison permettait de facilement passer à autre chose sans trop de noeuds au cerveau.
Léonard et Samira barbotent tranquillement, leurs corps se laissant porter par les remous doux du bassin. Léonard, torse nu, bronzage impeccable, laisse sa chaîne en argent luire sous les éclats du soleil. Samira, dans un maillot noir échancré qui ne cache presque rien de ses hanches hautes et de sa poitrine ferme, glisse langoureusement sur le dos, ses seins pointant à peine sous le tissu trempé.
Lucas, assis au bord, les pieds plongés dans l'eau fraîche, sirote nerveusement une bière. T-shirt large toujours vissé sur le dos, short long jusqu'aux genoux, il regarde, essaie de participer… mais ses yeux ne cessent de déraper vers Samira, hypnotisé par la moindre goutte qui perle sur sa peau dorée.
— Franchement, souffle Léonard en battant des jambes avec nonchalance, on se la raconte pas, mais là… c'est la belle vie.
Il se redresse un peu, ses biceps luisants d'eau, et lance un sourire carnassier vers Lucas :
— T'attends quoi pour plonger, Lucas ? On va pas te bouffer.
Lucas rit un peu, gêné, levant sa bière comme un bouclier :
— Ouais, non… tranquille, je regarde, c'est bien aussi.
Son regard file à nouveau malgré lui sur le décolleté trempé de Samira, qui remonte lentement le long de l'échelle, dévoilant au passage une chute de reins parfaite, la courbe de ses fesses à peine contenue par le maillot.
— Tu sais, commente Samira en s'asseyant souplement à côté de Lucas, l'eau dégoulinant le long de ses cuisses musclées, c'est encore meilleur quand tu te mouilles un peu.
Elle croise les jambes, laissant volontairement son genou toucher celui de Lucas, qui avale sa salive un peu trop bruyamment, les joues déjà rouges.
— Mais bon, t'as peut-être raison… faut garder un peu de mystère, ajoute-t-elle avec un clin d'œil entendu.
Léonard se marre, sort de l'eau d'un bond souple et s'installe à côté d'eux, les pieds trempant toujours :
— Lucas, c'est clair : toi, t'es le mec qui va nous sortir un secret explosif à la fin. Le genre que personne voit venir… genre "en fait j'ai une double vie, j'suis escort ou j'ai trois queues." (Il rit.) Franchement, j'suis sûr que c'est TOI qui va nous retourner la tête.
Lucas secoue la tête en riant, nerveux, sirotant sa bière pour masquer son trouble :
— Mais n'importe quoi… Vous allez être grave déçus. Je suis genre… le mec le plus normal du monde, moi.
Samira le regarde, l'œil brillant, ses cheveux encore mouillés collant à sa peau :
— C'est ça qui est flippant, Lucas… les plus sages, c'est toujours ceux qui cachent le plus gros bordel dessous. (Elle laisse filer sa voix, doucement.) T'as peut-être une salle cachée chez toi… des jouets… une petite cave SM ?
Lucas éclate de rire, rouge vif :
— Mais arrêtez ! Vous matez trop de films, sérieux !
Léonard ricane :
— Ou alors… c'est dans le slip que ça se joue, hein. Le mec discret qui traîne une bite de 25 cm, là où tu t'y attends le moins…
Lucas se marre, secoue la tête, mais baisse aussitôt les yeux, cherchant visiblement à faire oublier qu'il est en train de virer tomate :
— Vous êtes des malades, tous les deux.
Samira rigole doucement, mais laisse glisser sa main sur sa cuisse encore perlée d'eau, dans un geste lent, presque absent, qui ne passe pas inaperçu. Léonard, lui, passe ses bras derrière sa tête, l'œil pétillant :
— Nan mais soyons sérieux deux secondes… Si on devait miser sur qui cache le secret le plus ouf, vous pariez sur qui, là ?
Samira se redresse légèrement, pensant quelques secondes, sa poitrine se soulevant doucement sous le tissu trempé :
— Franchement… Maëva, elle est trop frontale. Ça cache sûrement un truc, mais trop visible. Clément… il a déjà sorti la grosse artillerie, mais ça aussi, c'est peut-être un leurre. Moi je mise sur Alex ou Éléonore. Les calmes… toujours les plus dangereux.
Léonard hoche la tête, sérieux d'un coup :
— Ouais… Alex, elle a ce truc… genre tu sais jamais trop ce qu'elle pense. Et Éléonore… mec, j'suis sûr qu'elle peut te découper en morceaux avec un sourire poli.
Lucas rigole, un peu plus détendu :
— Ouais… ou alors Clément, il est là juste pour nous hypnotiser avec sa… enfin vous voyez, et pendant qu'on mate, il nous la met à l'envers.
— Ohhh, Lucas qui sort les crocs ! s'exclame Léonard en rigolant. J'adore.
— Ohhh, Lucas qui sort les crocs ! s'exclame Léonard en rigolant. J'adore.
Samira claque la langue, un sourire en coin :
— Moi je dis… on n'a encore rien vu. La prod va nous en coller une sévère sous peu, et là… ça va se crêper sérieusement.
Un petit silence suit, alors qu'ils profitent tous de la chaleur douce. Léonard se tourne vers Lucas, le ton plus joueur :
— Et toi, champion, tu nous rejoins quand dans la flotte ? Allez, fais pas le timide… Samira est déjà toute chaude.
Lucas, mort de rire, lève les mains en défense, mais son regard file une dernière fois vers le corps humide de Samira, étincelant sous le soleil… et quelque chose dans ses yeux dit qu'il pourrait bien, bientôt, sauter le pas.
**
Le sauna vibre de cette chaleur lourde qui colle à la peau, étouffante et presque hypnotique. La lumière tamisée ondule doucement sur les murs de bois blond, jouant avec les volutes de vapeur.
Clément est déjà là, assis en arrière, les bras écartés sur le dossier, la tête légèrement penchée en arrière. Torse nu, en simple short de sport noir, sa peau ruisselle lentement, gouttes de sueur glissant le long de ses pectoraux denses, descendant paresseusement vers ses abdos saillants. Il semble totalement absorbé par la chaleur, comme s'il l'apprivoisait.
Julien entre, serviette nouée bas sur les hanches, torse large et musclé lui aussi déjà luisant rien qu'à la chaleur ambiante. Il referme la porte derrière lui, balayant la pièce d'un regard avant de souffler :
— Ah… tu carbures déjà.
Clément entrouvre un œil, esquisse un sourire en coin sans vraiment bouger :
— Fallait évacuer un peu la pression.
Julien s'assoit à quelques pas, cale son dos contre le bois brûlant, laisse sa tête retomber en arrière. Un long silence suit, rythmé seulement par leurs respirations profondes, la sueur perlante amplifiant la tension physique.
Puis Julien, l'œil à demi ouvert, tourne légèrement la tête vers Clément :
— Faut qu'on en parle… Sérieusement, ton coup ce matin, mec… Personne s'y attendait.
Clément reste calme, sa voix basse, rocailleuse :
— C'était le but.
Julien ricane légèrement, essuie la sueur qui coule le long de sa nuque :
— Ouais ben… on peut dire que t'as marqué ton territoire. (Il s'interrompt, le ton plus curieux.) Mais franchement… c'est quoi le vrai délire derrière ? T'avais préparé ton coup ou c'est parti en vrille avec Maëva ?
Clément rouvre les yeux, fixe un point vague devant lui avant de lâcher, le ton plus sec :
— Elle m'a saoulé. Avec son air de patronne, son besoin d'attirer toute l'attention. À force de provoquer, elle voulait un show… elle l'a eu. Mais pas à sa manière.
Julien hoche lentement la tête, son regard balayant la pièce sans vraiment le fixer, les gouttes de sueur roulant doucement sur ses pectoraux, son souffle un peu plus court :
— Tu t'es bien imposé, ouais. Mais tu sais comment ça marche… Plus t'es visible, plus tu deviens une cible.
Clément pivote légèrement la tête vers lui, un sourire en coin :
— Je compte là-dessus. J'suis pas venu ici pour passer inaperçu. Et puis… (il marque une pause, ses yeux plissés par la chaleur) j'ai gagné un putain d'indice sur Maëva. J'suis curieux de voir si son secret est aussi gonflé qu'elle le fait croire.
Julien laisse échapper un petit rire étouffé, secoue la tête, sa main glissant machinalement sur sa cuisse luisante de sueur :
— Ça promet d'être croustillant. Elle est pas du genre à jouer petit bras, ça on l'a tous vu.
Un silence s'installe à nouveau. Le bois craque légèrement sous la chaleur, les deux hommes suintent lentement, la lumière rougeâtre sculptant chaque ligne de leurs corps. Une intensité brute flotte entre eux : pas sexuelle, mais animale, presque une rivalité sourde, virile, où les regards s'évitent soigneusement tout en jaugeant.
Julien finit par souffler, le ton plus grave :
— T'as une stratégie, toi ? Ou tu joues à l'instinct ?
Clément baisse légèrement la tête, roule ses épaules épaisses :
— J'suis pas là pour faire des alliances à la con. Je regarde, j'écoute… et j'avance. Instinct, ouais. Mais avec les yeux ouverts.
Julien hoche la tête lentement, passe sa main sur son torse détrempé, laissant échapper un souffle long :
— Ça va pas être une partie de plaisir, ça c'est clair.
Clément lâche un sourire dur, ferme les yeux à nouveau, la voix basse et tranquille :
— Ça, c'est parfait pour moi.
Julien se lève, laissant sa serviette glisser un peu plus bas sur ses hanches alors qu'il s'étire longuement, muscles bandés sous la lumière chaude. Il lance, mi-ironique, mi-sérieux :
— J'sais pas si on va finir déshydratés… ou complètement cramés, ici.
Clément ouvre un œil, un demi-sourire en coin :
— Les deux, sûrement.
Julien rigole doucement, attrape sa serviette pour la resserrer et s'éclipse, laissant Clément seul à la moiteur suffocante du sauna. La caméra reste braquée quelques secondes sur lui, captant chaque goutte de sueur qui glisse lentement sur sa peau ruisselante.
**
La fin d'après-midi s'étire lentement, la lumière du soleil couchant caressant les parois vitrées de la cuisine d'un éclat ambré. Maëva est installée sur un tabouret haut, jambes croisées, un short en jean très court dévoilant la finesse nerveuse de ses cuisses, débardeur noir qui moule sa poitrine. Elle feuillette distraitement un magazine posé sur le plan de travail, un sourire vague au coin des lèvres.
Alex est debout près de l'îlot, verre de vin rosé à la main. Son allure est décontractée : short ample, brassière foncée. Elle observe la scène, tranquille, l'œil à moitié rieur, à moitié songeur.
— Tu trouves pas qu'il flotte une ambiance bizarre depuis ce matin ? lance Maëva sans lever la tête. Genre… tout le monde joue cool, mais c'est limite si on se saute pas à la gorge en douce.
Alex sourit, sa voix douce, presque un murmure :
— C'est normal, non ? Le jeu vient à peine de commencer. Chacun jauge un peu les autres… chacun teste ses limites.
Maëva referme le magazine, le laisse glisser sur le comptoir, et attrape une fraise sur un plateau de fruits coupés. Elle la croque lentement, regard planté vers l'extérieur.
— Mouais… y'en a qui testent plus que d'autres.
Elle marque une pause, sourit en coin, sans nommer personne. Alex incline la tête, un éclat complice dans le regard :
— Tu parles de Clément, je suppose.
Maëva laisse échapper un petit rire, joue du bout des doigts avec la queue de la fraise.
— T'en connais beaucoup d'autres qui sortent leur bite pour prouver un truc ?
Alex rigole doucement, posant son verre :
— C'était… audacieux. Mais tu cherches ça aussi, non ? Provoquer. Pousser à bout.
Maëva hausse une épaule, faussement innocente :
— J'aime voir jusqu'où les gens sont prêts à aller. Rien de mal à ça.
La porte s'ouvre à ce moment précis. Éléonore entre, impeccable comme toujours : robe crème parfaitement ajustée, cheveux lissés avec soin, visage neutre. Elle s'approche du plan de travail, met la bouilloire en route sans un mot.
Alex lui adresse un sourire poli :
— Salut Éléonore. Ça va ?
Éléonore hoche la tête, l'air distant :
— Très bien, merci.
Maëva la suit du regard, un éclat taquin dans les yeux :
— Elle est toujours aussi polie, hein… Ça force presque le respect.
Éléonore garde les yeux rivés sur la bouilloire, répond d'un ton sec mais contrôlé :
— Être polie n'empêche pas d'être attentive. Je vous entends très bien depuis tout à l'heure.
Maëva glousse doucement, se redresse légèrement, les coudes appuyés sur le comptoir :
— Oh mais on le sait bien. On comptait sur toi pour écouter. Tu rates rien, toi… pas vrai ?
Éléonore pivote lentement, tasse à la main, son regard froid accroché à Maëva :
— Contrairement à certains, je n'ai pas besoin de parler fort pour exister.
Un petit silence suit. Alex intervient doucement, apaisante :
— On est tous un peu à cran, c'est normal… La pression du jeu, les premiers jours… Ça chauffe un peu les esprits.
Maëva sourit en coin, balaye Alex du regard :
— T'es trop sage, Alex. Toujours dans la modération… Mais j'suis sûre que toi aussi, tu caches des trucs bien salés.
Alex hausse les épaules, esquisse un sourire tranquille :
— Je pense qu'on a tous nos zones d'ombre. Mais tout n'est pas forcément à sortir sous les projecteurs.
Éléonore fixe Alex quelques secondes, ses yeux sombres semblant la jauger. Puis, calmement, elle ajoute :
— Exactement. Et certains feraient bien de s'en souvenir avant de tout étaler.
Maëva claque la langue, prend une autre fraise, la lèche du bout de la langue avant de la croquer lentement :
— T'inquiète pas… j'étale que ce que je veux bien montrer. Le reste… faut le mériter.
Son regard accroche celui d'Éléonore, insistant, presque un défi muet. Alex observe en silence, son verre à la main, laissant le courant glacial glisser autour d'elle.
Éléonore souffle sur son thé, ses lèvres pincées :
— On verra bien. Les masques tombent toujours… tôt ou tard.
Elle tourne les talons sans un mot de plus, laissant sa tasse fumer doucement alors qu'elle sort de la cuisine.
Le silence retombe un instant. Maëva se tourne lentement vers Alex, un sourire carnassier aux lèvres :
— Elle… elle va craquer. Je le sens. Et ce jour-là… je veux être aux premières loges.
Alex, toujours posée, hoche lentement la tête, l'œil brillant d'un éclat amusé :
— Si ça arrive… crois-moi, ce sera spectaculaire.
Maëva éclate d'un rire léger, se lève souplement, attrapant son verre de jus.
— Allez… on prend les paris ?
Alex lève son verre dans un geste complice :
— Toujours.
Elles trinquent doucement, leurs regards brillants sous la lumière dorée, un mélange subtil d'alliance tacite… et de méfiance bienveillante.
**
La pièce est toujours la même : capitonnée, feutrée, coupée du monde extérieur. Clément s'installe lentement dans le fauteuil, large, massif, où il s'enfonce avec cette nonchalance tendue qui le caractérise. Il étire ses épaules, souffle bruyamment, les bras relâchés mais le regard déjà durci.
L'écran s'allume devant lui, vif contraste avec la lumière tamisée du Confessionnal. La voix de l'Hôtesse, douce et parfaitement posée, résonne :
— Clément. Suite à ta victoire lors de la première épreuve, tu as choisi d'obtenir un indice sur le secret de Maëva.
Clément hoche la tête lentement, la mâchoire serrée.
— L'indice te sera révélé… maintenant.
L'écran clignote, dévoilant une image simple mais intrigante : un petit carnet noir, vieilli, fermé, un minuscule cadenas argenté accroché à sa tranche. Juste en dessous, des lettres blanches apparaissent, nettes, précises :
— Ce qui est caché derrière l'écran… finit toujours par se révéler.”
Clément fronce les sourcils immédiatement, penche la tête, fixe l'écran en silence. Ses doigts pianotent nerveusement sur l'accoudoir.
— Putain… souffle-t-il. Ok…
Il se redresse légèrement, penché en avant maintenant, ses avant-bras reposant sur ses cuisses, les yeux vissés sur l'indice.
— Bon… un carnet fermé… ça crie “secret” ou “journal intime”, facile… Mais le cadenas… ça parle de verrouillage, protection… Y'a forcément un truc qu'elle planque bien serré.
Il plisse les yeux sur la phrase, la relit plusieurs fois, à voix basse, presque pour lui-même :
— “Ce qui est caché derrière l'écran…” … l'écran ? Pas un carnet papier, alors ? Ça sent la métaphore… les écrans, c'est Internet, les réseaux sociaux, tout ce bordel.
Il se frotte la mâchoire, lentement, ses muscles saillants se contractant sous la tension nerveuse.
— Derrière l'écran… elle montre un truc et elle en cache un autre. Typique, ça. Son petit jeu de contrôle, son sourire trop assuré… Elle joue la reine ici mais y'a un truc qui cloche. Depuis le début, j'le sens.
Clément se tait quelques secondes, fixant l'écran comme s'il attendait qu'il lui livre autre chose. Puis il souffle longuement, ses yeux brillants d'un éclat froid :
— J'pense qu'on est sur du sale… pas juste un secret bateau. Un truc qui a dû lui péter à la gueule, ou qui peut le faire à tout moment. Pourquoi sinon cette obsession du contrôle ?
Il se cale au fond du fauteuil, sa respiration lente, mais ses yeux restent rivés sur l'image du carnet, la mâchoire crispée.
— Ça va se jouer là-dessus… Elle va tomber de haut si j'met la main dessus avant tout le monde.
Il rit doucement, sans humour, un ricanement sec.
— Elle voulait du spectacle… elle va en avoir.
Clément ferme brièvement les yeux, s'humecte les lèvres, puis rouvre doucement les paupières, le regard plus décidé que jamais :
— Allez, Maëva… t'es ma priorité maintenant.
La voix de l'Hôtesse revient, douce, presque complice :
— Merci, Clément. Fin de session.
L'écran s'éteint d'un coup sec, laissant Clément seul dans la lumière assourdie du Confessionnal. Il reste immobile quelques instants, le regard dur, les mains crispées sur les accoudoirs, avant de souffler un dernier mot, bas, presque pour lui-même :
— Et crois-moi… j'suis pas du genre à lâcher.
La caméra s'attarde sur son visage fermé, la tension vibrant encore, puis fond lentement au noir.
**
La nuit s'étire lentement dans la villa, le salon baigne dans une lumière chaude et feutrée. Samira, lovée sous un plaid léger, joue distraitement avec la tige de son verre de vin. Julien, torse nu, jambes écartées sur le fauteuil bas, termine son verre d'un trait, le regard perdu dans le vide. Alex est assise en tailleur sur le grand canapé, les cheveux un peu en bataille, sirotant tranquillement une tisane.
— J'ai eu un flash, là, lâche Samira, sa voix douce mais teintée de fatigue. Vous réalisez que tout ce qu'on fait depuis qu'on est arrivés… c'est être observés. Genre, non-stop.
Julien soupire en hochant la tête :
— Ouais… même quand tu penses avoir un moment solo, y'a toujours une putain de caméra dans un coin. T'as beau t'y préparer, ça reste… bizarre.
Alex sourit doucement, son regard fixe un point sur le mur :
— Je trouve ça presque hypnotique… Ce truc de se savoir regardé, tout le temps. Au début ça crispe, mais après… on lâche prise.
Samira rigole doucement :
— Toi, t'as l'air trop à l'aise. Ça m'énerve presque !
Alex hausse une épaule, malicieuse :
— J'ai appris à composer avec l'image qu'on donne. Parfois… faut la contrôler. Parfois… faut juste la laisser venir.
Julien grince des dents en se penchant en avant, posant les coudes sur ses genoux :
— Perso, le moment où j'ai le plus halluciné, c'est quand j'ai dû enlever ma chemise pendant le jeu. J'me disais : "Ok, là… tu donnes tout. Et derrière, y'a des milliers de gens qui vont zoomer sur chaque détail." C'est violent.
Samira hoche la tête, plus sérieuse :
— Ouais. Et c'est pas que physique… C'est mental aussi. Genre, dès que tu parles, tu dévoiles un bout de toi. Et ça, c'est peut-être encore plus flippant.
Un petit silence suit. Alex trace des cercles sur son verre, son regard pensif :
— Et en même temps… c'est ça qui est addictif, non ? Cette sensation d'être… mise à nu. Mais en public.
Julien lève son verre vide, un sourire ironique :
— On est tous en train de devenir accros à notre propre exhibition. Faut le vouloir pour rester ici, franchement.
Samira se cale un peu plus dans le canapé, un sourire en coin :
— Et toi Alex… tu serais prête à tout montrer ? Genre, à vraiment pas avoir de limites ?
Alex lève les yeux vers elle, réfléchit une seconde… puis son sourire s'élargit doucement :
— Tout dépend… ce que tu entends par “montrer”.
Son regard glisse entre Julien et Samira, pétillant, légèrement mystérieux.
Julien éclate d'un petit rire nerveux, secouant la tête :
— Et voilà… toujours cette réponse à la Alex : tu dis tout, mais tu dis rien.
Ils rigolent tous les trois, un peu plus détendus. Mais dans l'air flotte une tension douce, presque imperceptible : cette prise de conscience qu'au-delà des regards échangés… c'est leur propre regard sur eux-mêmes qui est en train de changer.
Un dernier silence s'installe, complice. Puis Samira murmure, mi-sérieuse, mi-taquine :
— Bon… on va peut-être finir à poil plus vite qu'on le croit, finalement.
Julien se marre franchement, tandis qu'Alex, le regard brillant, murmure :
— Le jeu ne fait que commencer…
— Le jeu ne fait que commencer…
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