Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le journal intime de Clémence — Chapitre 11
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le journal intime de Clémence
Chapitre 11
Vendredi 14 juin
‒ Quelle nuit !
‒ Ah, ça, tu l'as dit !
On se maquillait toutes les deux, Camille et moi, côte à côte, devant la glace au-dessus du lavabo. ‒ On entend vraiment tout, mais alors là ce qui s'appelle tout, dans ces apparts.
‒ Ça a des avantages, avoue !
‒ C'est vrai qu'ils ont eu l'air d'apprécier, nos mecs, ça, on peut pas dire.
‒ Et pas seulement eux !
Elle l'a dit sur un tel ton qu'on a été prises d'un interminable fou rire toutes les deux. Elle en pleurait.
‒ Arrête ! Arrête ! Tu me fais couler mon maquillage.
‒ En attendant en douce que c'était drôlement agréable d'entendre, si, c'est vrai, hein, mais…
‒ Mais ?
‒ Mais ç'aurait encore été mieux de voir, non ?
‒ Oui, ben alors là faut pas rêver.
‒ Suffirait de savoir s'y prendre. Et de saisir l'occasion quand elle se présente.
Elle a hoché la tête avec un petit sourire.
‒ Ah, ça, tu l'as dit !
On se maquillait toutes les deux, Camille et moi, côte à côte, devant la glace au-dessus du lavabo. ‒ On entend vraiment tout, mais alors là ce qui s'appelle tout, dans ces apparts.
‒ Ça a des avantages, avoue !
‒ C'est vrai qu'ils ont eu l'air d'apprécier, nos mecs, ça, on peut pas dire.
‒ Et pas seulement eux !
Elle l'a dit sur un tel ton qu'on a été prises d'un interminable fou rire toutes les deux. Elle en pleurait.
‒ Arrête ! Arrête ! Tu me fais couler mon maquillage.
‒ En attendant en douce que c'était drôlement agréable d'entendre, si, c'est vrai, hein, mais…
‒ Mais ?
‒ Mais ç'aurait encore été mieux de voir, non ?
‒ Oui, ben alors là faut pas rêver.
‒ Suffirait de savoir s'y prendre. Et de saisir l'occasion quand elle se présente.
Elle a hoché la tête avec un petit sourire.
* * *
‒ Tu sais ce que je crois ?
‒ Non. Vas-y ! Dis !
‒ C'est que ton string, notre dentiste, il a inventé que quelqu'un l'avait piqué, mais qu'en réalité c'est lui qui l'a gardé.
‒ J'y ai pensé aussi, oui. C'est le plus probable. Ça mérite une sanction d'ailleurs.
‒ C'est aussi mon avis.
‒ Pas tellement pour me l'avoir piqué, non. Non ! Ça, je peux comprendre, mais pour pas nous l'avoir dit. Alors pour la peine il verra rien du tout aujourd'hui. Pas même le moindre petit début de commencement de quoi que ce soit. Il aura beau supplier…
‒ Oui, ben de toute façon…
‒ Quoi ?
‒ Regarde là ! Sur la porte.
Il y avait un panneau : Exceptionnellement fermé pour la journée.
‒ Le salaud ! Non, mais quel salaud ! Oh, mais il perd rien pour attendre.
Et on a fait demi-tour.
‒ Non. Vas-y ! Dis !
‒ C'est que ton string, notre dentiste, il a inventé que quelqu'un l'avait piqué, mais qu'en réalité c'est lui qui l'a gardé.
‒ J'y ai pensé aussi, oui. C'est le plus probable. Ça mérite une sanction d'ailleurs.
‒ C'est aussi mon avis.
‒ Pas tellement pour me l'avoir piqué, non. Non ! Ça, je peux comprendre, mais pour pas nous l'avoir dit. Alors pour la peine il verra rien du tout aujourd'hui. Pas même le moindre petit début de commencement de quoi que ce soit. Il aura beau supplier…
‒ Oui, ben de toute façon…
‒ Quoi ?
‒ Regarde là ! Sur la porte.
Il y avait un panneau : Exceptionnellement fermé pour la journée.
‒ Le salaud ! Non, mais quel salaud ! Oh, mais il perd rien pour attendre.
Et on a fait demi-tour.
16 heures
Elle était là, Laëtitia. Au bord de la piscine.
‒ Bonjour !
Elle s'est redressée sur un coude.
‒ Ah, c'est vous !
‒ Je vous dérange pas ?
‒ Non ! Non. Pas du tout. Bien sûr que non ! Justement je voulais vous voir.
Je me suis installée. À côté d'elle.
Elle s'est tournée vers moi.
‒ Oui. Pour le chien. Je voulais vous dire… J'y suis tellement attachée à cette bête. J'arrive pas à me décider. D'autant que l'allergologue essaie un nouveau traitement. Alors si ça marche… Je sais plus quoi vous dire du coup. J'attends. J'espère qu'elle va pas le prendre trop mal votre amie.
‒ Oh, non ! Non. Je lui expliquerai. Elle comprendra.
‒ Bon, mais… et vous ? Toujours en stand by le dossier ?
‒ Plus que jamais. Je le comprends pas. Je le comprends plus. Il y a des jours, il est amoureux comme pas deux. Et puis il y en a d'autres, j'ai l'impression qu'il me supporte plus. Que je suis de trop.
‒ Excusez-moi de vous demander ça, mais il aurait pas quelqu'un d'autre par hasard ?
‒ Je me suis posé la question, mais je crois pas, non ! Non. Le plus vraisemblable, c'est que ça vient de moi.
‒ Ça, c'est toujours ce qu'ils essaient de nous faire croire. Que tout est de notre faute. Il faut surtout pas entrer dans le jeu.
‒ Ah, parce que vous aussi…
‒ Il aurait tendance, oui ! Mais bon, je le recadre.
‒ Comment vous faites ?
‒ Je suis avocate. Alors argumenter, ça me connaît.
‒ Peut-être qu'il vous laisse parler pour avoir la paix, mais qu'au fond de lui-même…
‒ C'est pas impossible, oui.
‒ C'est compliqué finalement d'avoir un mec, hein !
‒ Faut pas se prendre la tête, c'est tout. Et profiter des bons moments. Se dire que ça durera ce que ça durera. Et puis voilà !
Ah, elle voit les choses comme ça. C'est bon signe. Très bon signe. D'autant que je crois pas qu'ils soient vraiment sur la même longueur d'ondes, Pierre et elle. Quoique… j'en sais rien finalement.
‒ Bonjour !
Elle s'est redressée sur un coude.
‒ Ah, c'est vous !
‒ Je vous dérange pas ?
‒ Non ! Non. Pas du tout. Bien sûr que non ! Justement je voulais vous voir.
Je me suis installée. À côté d'elle.
Elle s'est tournée vers moi.
‒ Oui. Pour le chien. Je voulais vous dire… J'y suis tellement attachée à cette bête. J'arrive pas à me décider. D'autant que l'allergologue essaie un nouveau traitement. Alors si ça marche… Je sais plus quoi vous dire du coup. J'attends. J'espère qu'elle va pas le prendre trop mal votre amie.
‒ Oh, non ! Non. Je lui expliquerai. Elle comprendra.
‒ Bon, mais… et vous ? Toujours en stand by le dossier ?
‒ Plus que jamais. Je le comprends pas. Je le comprends plus. Il y a des jours, il est amoureux comme pas deux. Et puis il y en a d'autres, j'ai l'impression qu'il me supporte plus. Que je suis de trop.
‒ Excusez-moi de vous demander ça, mais il aurait pas quelqu'un d'autre par hasard ?
‒ Je me suis posé la question, mais je crois pas, non ! Non. Le plus vraisemblable, c'est que ça vient de moi.
‒ Ça, c'est toujours ce qu'ils essaient de nous faire croire. Que tout est de notre faute. Il faut surtout pas entrer dans le jeu.
‒ Ah, parce que vous aussi…
‒ Il aurait tendance, oui ! Mais bon, je le recadre.
‒ Comment vous faites ?
‒ Je suis avocate. Alors argumenter, ça me connaît.
‒ Peut-être qu'il vous laisse parler pour avoir la paix, mais qu'au fond de lui-même…
‒ C'est pas impossible, oui.
‒ C'est compliqué finalement d'avoir un mec, hein !
‒ Faut pas se prendre la tête, c'est tout. Et profiter des bons moments. Se dire que ça durera ce que ça durera. Et puis voilà !
Ah, elle voit les choses comme ça. C'est bon signe. Très bon signe. D'autant que je crois pas qu'ils soient vraiment sur la même longueur d'ondes, Pierre et elle. Quoique… j'en sais rien finalement.
19 heures
Camille entassait, en vrac, des vêtements dans un grand sac rouge.
‒ Qu'est-ce tu fais ? Tu t'en vas ?
Ben, oui ! Oui. C'est pas que ça m'enthousiasme, mais faut que je monte passer le week-end chez mes parents. Vont me faire une crise sinon. J'appréhende. Tu peux pas savoir ce que j'appréhende.
‒ Pourquoi ? Ils sont si chiants que ça ?
‒ C'est surtout qu'ils vont me prendre la tête avec Julien. Ils peuvent pas le voir. Alors de savoir que je me suis remis avec…
‒ Pourquoi tu leur as dit ? Fallait pas leur dire.
‒ Je sais pas mentir. J'ai jamais su.
‒ Qu'est-ce tu fais ? Tu t'en vas ?
Ben, oui ! Oui. C'est pas que ça m'enthousiasme, mais faut que je monte passer le week-end chez mes parents. Vont me faire une crise sinon. J'appréhende. Tu peux pas savoir ce que j'appréhende.
‒ Pourquoi ? Ils sont si chiants que ça ?
‒ C'est surtout qu'ils vont me prendre la tête avec Julien. Ils peuvent pas le voir. Alors de savoir que je me suis remis avec…
‒ Pourquoi tu leur as dit ? Fallait pas leur dire.
‒ Je sais pas mentir. J'ai jamais su.
22 heures
Comme prévu, les parents de Julien n'étaient pas là.
‒ Comment on s'y prend alors ?
‒ Le plus simplement du monde. Je te laisse là. Je vais les rejoindre. Et toi, pendant ce temps-là, t'assures le spectacle.
‒ Tu vas leur dire quoi ?
‒ Que je t'ai raconté que j'avais quelqu'un à voir absolument. Un copain. Que j'en avais pas pour longtemps. Que tu te couches en attendant.
‒ Ils vont pas trouver ça bizarre que je tire pas les rideaux ?
‒ T'y penses pas parce que ta chambre, chez toi, elle donne sur la forêt.
‒ Comment on s'y prend alors ?
‒ Le plus simplement du monde. Je te laisse là. Je vais les rejoindre. Et toi, pendant ce temps-là, t'assures le spectacle.
‒ Tu vas leur dire quoi ?
‒ Que je t'ai raconté que j'avais quelqu'un à voir absolument. Un copain. Que j'en avais pas pour longtemps. Que tu te couches en attendant.
‒ Ils vont pas trouver ça bizarre que je tire pas les rideaux ?
‒ T'y penses pas parce que ta chambre, chez toi, elle donne sur la forêt.
Il a refermé la porte. Je me suis assise au bord du lit. J'ai fait semblant de consulter mon portable. D'envoyer des SMS. Pendant une bonne dizaine de minutes. Et puis je me suis levée. Étirée. J'ai quitté ma robe. En petite culotte parme et soutien-gorge assorti, j'ai pris tout mon temps pour l'étaler soigneusement sur le dossier du fauteuil. Et j'ai disparu. Direction la salle de bains. Encore une bonne dizaine de minutes avant d'en revenir. Toujours dans la même tenue. J'ai retiré mon soutien-gorge. Ma culotte. Je suis allée jusqu'à mon sac sur lequel, dos tourné à la fenêtre, je me suis penchée, à l'équerre. Dans lequel j'ai longuement farfouillé. Je m'en suis éloignée. J'y suis revenue. Je suis retournée m'asseoir sur le lit. Encore mon portable. En bougeant machinalement une jambe, relevée très haut. Et puis je me suis glissée sous les draps. Il ne faut pas abuser des bonnes choses. Jamais. J'ai éteint.
Julien m'a rejointe. Presque aussitôt.
‒ Tu as été géniale. Absolument géniale. Ah, je peux te dire qu'ils ont apprécié.
‒ Tu me fais écouter ?
Il ne s'est pas fait prier. Il a enclenché. Ça a grésillé. Et puis une voix.
‒ Qu'est-ce qu'elle fout ? Elle va le tripoter longtemps son portable ?
‒ Comment elle est bien foutue, n'empêche ! Quand je pense que ce salaud de Julien, il sort avec. Il y a vraiment du pot que pour la fripouille. Non, qu'il dit. Qu'il sort pas. Non, mais à qui tu veux faire croire ça ?
‒ Bon, allez, ma poulette, on attend, nous !
‒ Ah, ça y est ! Non… Non… Oh, la garce ! Elle se rassied.
Quelqu'un a toussé. Quelque chose est tombé. Une porte a grincé.
‒ Cette fois, ça y est ! Elle se désape. Tout, ma chérie, enlève tout ! Oh, la vache, non ! Elle s'arrête. Que la robe.
‒ Et elle se tire. Elle se tire.
‒ Mais c'est dégueulasse ! Elle a pas le droit.
‒ Elle va pas aller finir de se dépoiler à côté quand même ?
Le claquement d'un briquet. Encore une porte.
‒ Bon, alors ? On attend, nous !
Quelqu'un a murmuré quelque chose tout bas. Quelque chose d'inaudible.
‒ Ah, ça y est ! La v'là !
‒ Et elle le barre, le sous-tif.
‒ Wouah ! Ces lolos ! Vous avez vu ça ? Ces lolos !
‒ Je bande, les mecs ! Non, mais comment je bande.
‒ T'es pas le seul !
‒ Le minou, maintenant, ma chérie ! Le minou ! S'il te plaît, le minou. Allez, va ! Sois sympa ! Descends-la, la culotte. Là ! Comme ça, oui !
‒ Oh, la vache ! La vache ! Non, mais comment elle est bien foutue !
‒ C'est ça ! Penche-toi ! Encore ! Encore ! Qu'on le voie bien, ton petit fendu ! J'y crois pas ! Non, mais j'y crois pas !
‒ Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle s'assied. À poil. Comme ça. Génial ! Oui, c'est ça ! Bouge-la, la jambe ! Bouge-la ! Un peu plus. Plus bas ! Encore plus bas !
‒ J'en peux plus, moi ! J'en peux vraiment plus.
Le silence. Leurs souffles emmêlés. Rapides. Profonds.
‒ Tu as été géniale. Absolument géniale. Ah, je peux te dire qu'ils ont apprécié.
‒ Tu me fais écouter ?
Il ne s'est pas fait prier. Il a enclenché. Ça a grésillé. Et puis une voix.
‒ Qu'est-ce qu'elle fout ? Elle va le tripoter longtemps son portable ?
‒ Comment elle est bien foutue, n'empêche ! Quand je pense que ce salaud de Julien, il sort avec. Il y a vraiment du pot que pour la fripouille. Non, qu'il dit. Qu'il sort pas. Non, mais à qui tu veux faire croire ça ?
‒ Bon, allez, ma poulette, on attend, nous !
‒ Ah, ça y est ! Non… Non… Oh, la garce ! Elle se rassied.
Quelqu'un a toussé. Quelque chose est tombé. Une porte a grincé.
‒ Cette fois, ça y est ! Elle se désape. Tout, ma chérie, enlève tout ! Oh, la vache, non ! Elle s'arrête. Que la robe.
‒ Et elle se tire. Elle se tire.
‒ Mais c'est dégueulasse ! Elle a pas le droit.
‒ Elle va pas aller finir de se dépoiler à côté quand même ?
Le claquement d'un briquet. Encore une porte.
‒ Bon, alors ? On attend, nous !
Quelqu'un a murmuré quelque chose tout bas. Quelque chose d'inaudible.
‒ Ah, ça y est ! La v'là !
‒ Et elle le barre, le sous-tif.
‒ Wouah ! Ces lolos ! Vous avez vu ça ? Ces lolos !
‒ Je bande, les mecs ! Non, mais comment je bande.
‒ T'es pas le seul !
‒ Le minou, maintenant, ma chérie ! Le minou ! S'il te plaît, le minou. Allez, va ! Sois sympa ! Descends-la, la culotte. Là ! Comme ça, oui !
‒ Oh, la vache ! La vache ! Non, mais comment elle est bien foutue !
‒ C'est ça ! Penche-toi ! Encore ! Encore ! Qu'on le voie bien, ton petit fendu ! J'y crois pas ! Non, mais j'y crois pas !
‒ Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle s'assied. À poil. Comme ça. Génial ! Oui, c'est ça ! Bouge-la, la jambe ! Bouge-la ! Un peu plus. Plus bas ! Encore plus bas !
‒ J'en peux plus, moi ! J'en peux vraiment plus.
Le silence. Leurs souffles emmêlés. Rapides. Profonds.
‒ Tu me le fais réécouter ? Une deuxième fois. Une troisième fois. Ma main sur moi. J'avais trop envie. Mes doigts. Sous les draps qui ont commencé à moutonner.
‒ Ils doivent apprécier.
‒ Ils peuvent pas voir dans le noir.
‒ C'est pas l'obscurité complète. Il y a un peu de clarté. Qui vient de dehors. Ils peuvent deviner.
‒ Grand bien leur fasse !
Et j'ai continué. Plus ample. Jambes largement ouvertes.
‒ Et moi ? J'ai le droit ? D'aller voir ? J'ai le droit ?
‒ Tu verras rien. Encore moins qu'eux !
‒ Si ! Avec ça !
Son portable. Il a soulevé les draps, s'est glissé dessous, les a soigneusement rabattus. Sa main posée sur mon genou. Son souffle sur mes doigts. Sur moi. Léger. Tiède. J'ai grondé. J'ai déferlé. C'est retombé. Il m'a déposé un baiser en bas. Tout petit. Tout doux. Juste un baiser. Et il est ressorti. Je me suis emparée du portable.
‒ À ton tour de te caresser ! Et à moi de regarder.
‒ Ils doivent apprécier.
‒ Ils peuvent pas voir dans le noir.
‒ C'est pas l'obscurité complète. Il y a un peu de clarté. Qui vient de dehors. Ils peuvent deviner.
‒ Grand bien leur fasse !
Et j'ai continué. Plus ample. Jambes largement ouvertes.
‒ Et moi ? J'ai le droit ? D'aller voir ? J'ai le droit ?
‒ Tu verras rien. Encore moins qu'eux !
‒ Si ! Avec ça !
Son portable. Il a soulevé les draps, s'est glissé dessous, les a soigneusement rabattus. Sa main posée sur mon genou. Son souffle sur mes doigts. Sur moi. Léger. Tiède. J'ai grondé. J'ai déferlé. C'est retombé. Il m'a déposé un baiser en bas. Tout petit. Tout doux. Juste un baiser. Et il est ressorti. Je me suis emparée du portable.
‒ À ton tour de te caresser ! Et à moi de regarder.
Il l'a fait tout doucement. Très doucement. La peau descendue. Lentement. Remontée. Si lentement. Et encore. Encore. Avec, chaque fois, un immense intervalle de temps. Moi aussi, mon souffle sur lui. Tout près. J'ai avancé la main. Je les ai effleurées toutes les deux, ses couilles. Et prises – posées – au creux de ma paume. Il a été plus vite. Toujours plus vite. C'est venu. Avec des petits gémissements tout plaintifs. Un petit baiser. Très vite. Tout au bout. Je suis remontée. Ma tête contre son épaule. On s'est pris la main. Et on s'est endormis.
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