Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Week-end sous la pluie — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Week-end sous la pluie
Chapitre 4
Week-end sous la pluie
Chapitre 4
Les Filles de Paris.
Intriguée, je la regardai se glisser dans une robe noire sobre qui soulignait sa silhouette fine. Elle se coiffa rapidement, laissa tomber ses cheveux sur ses épaules, puis attrapa une petite veste. Moi, encore étourdie, je repassai ma robe fluide, comme si ce départ soudain prolongeait notre intimité au dehors.
Nous quittâmes l'appartement main dans la main. La nuit parisienne vibrait d'humidité, les trottoirs luisaient encore de la pluie tombée plus tôt. Dans le taxi qui nous conduisait du 16ᵉ au cœur du Marais, elle resta silencieuse, son regard perdu dans les vitres embuées. Par moments, nos doigts s'entrelaçaient plus fort, comme si nous ne voulions pas briser le fil de ce qui venait de se tisser entre nous.
Le taxi roulait en silence lorsque Mizuki posa soudain sa main sur la mienne.
Intriguée, je la regardai se glisser dans une robe noire sobre qui soulignait sa silhouette fine. Elle se coiffa rapidement, laissa tomber ses cheveux sur ses épaules, puis attrapa une petite veste. Moi, encore étourdie, je repassai ma robe fluide, comme si ce départ soudain prolongeait notre intimité au dehors.
Nous quittâmes l'appartement main dans la main. La nuit parisienne vibrait d'humidité, les trottoirs luisaient encore de la pluie tombée plus tôt. Dans le taxi qui nous conduisait du 16ᵉ au cœur du Marais, elle resta silencieuse, son regard perdu dans les vitres embuées. Par moments, nos doigts s'entrelaçaient plus fort, comme si nous ne voulions pas briser le fil de ce qui venait de se tisser entre nous.
Le taxi roulait en silence lorsque Mizuki posa soudain sa main sur la mienne.
— Arrêtons-nous ici, j'ai quelque chose à récupérer, dit-elle doucement.
Le véhicule s'immobilisa devant une boutique de vêtements élégante, à la devanture claire et discrète. Nous descendîmes. La vendeuse, souriante, salua Mizuki avec chaleur.
— Bonjour mademoiselle Yamoto, votre commande est arrivée ce matin.
— Bonjour Hortense. Vous m'en voyez ravie.
— Bonjour Hortense. Vous m'en voyez ravie.
Pendant que Mizuki discutait avec la vendeuse, mon regard fut happé par un présentoir. Une robe d'été y était suspendue, fluide, légère, d'un tissu soyeux qui captait la lumière. D'un bleu profond, presque marine, mais traversé de reflets argentés, elle semblait à la fois simple et raffinée. Les fines bretelles se croisaient dans le dos, laissant deviner la peau, et la coupe souple épousait les formes sans les enfermer.
Je restai immobile à la contempler. Mizuki, qui ne manquait rien, s'approcha de moi, son paquet déjà en main.
Je restai immobile à la contempler. Mizuki, qui ne manquait rien, s'approcha de moi, son paquet déjà en main.
— Elle t'irait à merveille, dit-elle avec un sourire complice.
J'osai à peine répondre, mais déjà mes doigts frôlaient l'étoffe. Je demandai à la vendeuse si elle avait ce modèle à ma taille. Elle s'éclipsa aussitôt et revint avec deux robes, presque identiques, qu'elle me tendit avec empressement.
Elle me guida vers la cabine d'essayage. Là, tout se fit plus intime. Je passai la première robe, maladroite sous le tissu étranger, mais elle se plaça derrière moi pour ajuster les bretelles. Ses doigts, en effleurant ma peau nue, m'arrachèrent un frisson. Elle fit mine de remettre le tissu en place, mais ses mains glissèrent un peu plus qu'il n'était nécessaire, caressant discrètement mes épaules, mes flancs, puis s'attardant sur la courbe de mes seins.
Un instant, je fus traversée par une sensation étrange : ce jeu, ces caresses déguisées, me rappelaient d'autres scènes, vécues avec d'autres corps, d'autres histoires. Et pourtant, ici, tout avait un goût différent, plus vif, plus dangereux.
Dans le miroir, je vis nos deux silhouettes : moi, habillée d'un bleu profond qui semblait m'illuminer, et elle, fine, attentive, les yeux brûlants d'un désir mal dissimulé. J'eus soudain la sensation étrange d'être sa femme, habillée pour elle, par elle.
Elle me murmura à l'oreille, sa voix basse :
— Prends-la. Et prends aussi l'autre... elles sont faites pour toi.
Je passai la seconde, plus claire, ivoire délicat, presque translucide. Mizuki me regarda longuement avant de poser sa main sur ma hanche, comme pour sceller son choix. J'étais troublée, à la limite de l'excitation. Dans cette cabine minuscule, l'air vibrait de notre proximité.
Je ressortis finalement avec les deux robes, incapable de trancher. Et comme si ce n'était pas assez, je choisis aussi deux ensembles de sous-vêtements délicats, presque transparents. Ce geste-là était pour moi, mais aussi pour elle : une manière de prolonger le jeu, de lui dire que je voulais encore être désirée sous ses yeux.
À la caisse, Mizuki posa sa main dans mon dos, discrètement, comme une promesse muette. Je sentais son orgueil discret, sa joie silencieuse de m'avoir conduite là, d'avoir guidé mes choix.
En sortant, nos regards se croisèrent. Je me sentais à la fois légère et bouleversée, comme si ces tissus, ces étoffes, venaient de donner une réalité tangible à ce que nous vivions : Mizuki m'habillait, et en même temps, elle me dénudait.
En sortant, nos regards se croisèrent. Je me sentais à la fois légère et bouleversée, comme si ces tissus, ces étoffes, venaient de donner une réalité tangible à ce que nous vivions : Mizuki m'habillait, et en même temps, elle me dénudait.
Nous reprîmes le chemin à pied, nos paquets à la main, serrées l'une contre l'autre. L'air était doux, chargé de ce parfum particulier que Paris prend à la tombée du jour : un mélange de pierre chauffée par le soleil, de boulangeries encore ouvertes, et de fleurs échappées des balcons.
Nos doigts s'étaient trouvés naturellement, et nous marchions main dans la main, comme deux amantes qui n'avaient plus besoin de se cacher. Je sentais son pouce effleurer le creux de ma paume à intervalles réguliers, geste minuscule, mais qui m'envoyait à chaque fois une décharge dans le ventre.
Nous parlions peu. Le silence entre nous n'était pas un vide, mais une évidence : nous n'avions pas besoin de mots. À chaque pas, je sentais les sacs frôler ma cuisse, mais aussi la chaleur de sa main qui m'ancrerait toujours dans ce moment précis.
En traversant une petite place, nous croisâmes une terrasse animée. Des rires, des verres qui s'entrechoquaient, des conversations enflammées : le contraste avec notre bulle me frappa. Mizuki me regarda alors, son sourire éclatant dans la lumière dorée des réverbères.
— J'aime marcher ainsi avec toi, dit-elle simplement.
Je crus que mon cœur allait éclater. J'avais l'impression que la ville s'était faite complice de notre idylle fugace. Paris semblait nous envelopper, comme si ses rues, ses façades, ses pavés brillaient uniquement pour nous.
Lorsque nous approchâmes du restaurant, elle resserra sa main autour de la mienne et, sans prévenir, s'arrêta. Là, au milieu de la rue, elle m'attira contre elle et m'embrassa. Pas un baiser rapide ni volé : un baiser lent, profond, qui effaçait le monde. Je sentis son corps contre le mien, son parfum mêlé à l'air tiède de la soirée, et je sus que rien n'était plus réel que cet instant.
Quand nos lèvres se séparèrent, elle murmura presque en riant :
Lorsque nous approchâmes du restaurant, elle resserra sa main autour de la mienne et, sans prévenir, s'arrêta. Là, au milieu de la rue, elle m'attira contre elle et m'embrassa. Pas un baiser rapide ni volé : un baiser lent, profond, qui effaçait le monde. Je sentis son corps contre le mien, son parfum mêlé à l'air tiède de la soirée, et je sus que rien n'était plus réel que cet instant.
Quand nos lèvres se séparèrent, elle murmura presque en riant :
— Nous allons finir par faire tourner les têtes.
Et pourtant, elle ne lâcha pas ma main jusqu'à ce que nous poussions la porte du restaurant de la rue Quincampoix à la façade discrète. Les Filles de Paris.
À peine la porte franchie, un autre monde s'ouvrit à nous.
L'intérieur était tamisé, élégant, un mélange de chaleur et de modernité. Des tables rapprochées, des bougies allumées, un murmure de conversations féminines. L'atmosphère vibrait d'une complicité rare : un lieu pensé pour elles, pour nous. Les regards s'attardaient parfois, non pas pour juger, mais pour accueillir.
À peine la porte franchie, un autre monde s'ouvrit à nous.
L'intérieur était tamisé, élégant, un mélange de chaleur et de modernité. Des tables rapprochées, des bougies allumées, un murmure de conversations féminines. L'atmosphère vibrait d'une complicité rare : un lieu pensé pour elles, pour nous. Les regards s'attardaient parfois, non pas pour juger, mais pour accueillir.
Nous prîmes place à une petite table au fond de la salle. Une serveuse souriante, androgyne dans son allure, nous apporta la carte. Mizuki, d'un clin d'œil, commanda du vin blanc et quelques plats à partager : huîtres, saumon mariné, légumes croquants.
Je la regardai, fascinée par cette double nature : le corps brûlant que j'avais serré contre moi quelques heures plus tôt, et la femme élégante, presque hiératique, qui me faisait face maintenant. Ses yeux noirs accrochaient la lumière vacillante des bougies, et chaque sourire me désarmait un peu plus.
Nous parlâmes bas, comme si nos confidences ne devaient appartenir qu'à nous. Elle évoqua Tokyo, sa famille qu'elle voyait rarement, son travail qui la menait de ville en ville, de pays en pays. Je lui racontai mes souvenirs d'étudiante, mes projets d'enseigner, mes doutes encore frais. Tout se mêlait — nos vies, nos solitudes, nos désirs.
À un moment, elle posa sa main sur la mienne, au milieu de la table. Son geste, simple et naturel, me fit l'effet d'une déclaration. Autour de nous, d'autres femmes riaient, s'embrassaient parfois sans détour, et je compris que Mizuki avait choisi ce lieu pour cela : pour que nous puissions être nous-mêmes, sans masque ni crainte.
Le vin coulait, léger, et je sentais la chaleur monter à mes joues. Mizuki, d'un ton espiègle, se pencha vers moi :
— Tu vois, ici, nous ne sommes pas des étrangères. Nous faisons partie de ce monde.
Son regard plongea dans le mien. À cet instant, j'eus la certitude que cette soirée resterait imprimée dans ma mémoire comme un sceau invisible : la nuit où, dans un restaurant du Marais, au milieu d'autres femmes, Mizuki et moi avions cessé d'être des passantes pour devenir un “nous”.
Assises côte à côte à une petite table, nous échangions des sourires qui en disaient plus long que nos mots. Mizuki, sans gêne, posa sa main sur ma cuisse sous la nappe. Je sursautai légèrement, le cœur battant, puis laissai ses doigts tracer de lentes arabesques sur ma peau à travers le tissu.
La serveuse nous apporta du vin blanc et des huîtres. Mizuki en prit une, la porta à mes lèvres. J'ouvris la bouche, goûtai le fruit salé sous son regard fixe, et la sensation fut étrangement érotique : l'humidité, la texture, la proximité de ses doigts effleurant ma bouche. Elle se pencha alors, presque jusqu'à mon oreille :
Assises côte à côte à une petite table, nous échangions des sourires qui en disaient plus long que nos mots. Mizuki, sans gêne, posa sa main sur ma cuisse sous la nappe. Je sursautai légèrement, le cœur battant, puis laissai ses doigts tracer de lentes arabesques sur ma peau à travers le tissu.
La serveuse nous apporta du vin blanc et des huîtres. Mizuki en prit une, la porta à mes lèvres. J'ouvris la bouche, goûtai le fruit salé sous son regard fixe, et la sensation fut étrangement érotique : l'humidité, la texture, la proximité de ses doigts effleurant ma bouche. Elle se pencha alors, presque jusqu'à mon oreille :
— J'aime voir ton plaisir...
Ses mots chuchotés me traversèrent comme une caresse.
Le repas se poursuivit ainsi, dans un ballet de gestes et de sous-entendus : elle me tendait une bouchée, je lui effleurais la main en prenant mon verre, nos genoux se pressaient l'un contre l'autre. Tout autour, des femmes riaient, s'embrassaient parfois sans se cacher. Ce lieu nous enveloppait, autorisait nos gestes, légitimait nos désirs.
Le repas se poursuivit ainsi, dans un ballet de gestes et de sous-entendus : elle me tendait une bouchée, je lui effleurais la main en prenant mon verre, nos genoux se pressaient l'un contre l'autre. Tout autour, des femmes riaient, s'embrassaient parfois sans se cacher. Ce lieu nous enveloppait, autorisait nos gestes, légitimait nos désirs.
Lorsque nous sortîmes, la pluie avait cessé. Les pavés du Marais luisaient sous les réverbères, et les ruelles étroites semblaient nous appartenir. Nous marchions enlacées, serrées l'une contre l'autre, le vin chauffant encore nos veines.
Au détour d'une rue calme, Mizuki me plaqua doucement contre un mur de pierre. Ses lèvres capturèrent les miennes dans un baiser long, profond, dévorant. Nos langues se retrouvèrent avec l'avidité de nos corps impatients. Ses mains glissèrent sur mes hanches, s'accrochèrent à ma taille, et je crus que nous allions céder à la folie là, dans cette ruelle déserte.
Quand elle rompit enfin le baiser, son front resta collé au mien, et je sentis son souffle tremblant contre ma bouche.
— Rentrons... dit-elle dans un murmure.
— Rentrons... dit-elle dans un murmure.
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