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✦ AbiGaelle Week-end sous la pluie XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Week-end sous la pluie — Chapitre 5 · Nuit magique

10 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteurs

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Week-end sous la pluie

Chapitre 5 · Nuit magique

Nuit magique
Nous hélâmes un taxi à l'angle d'une rue encore brillante de pluie. À peine installées sur la banquette arrière, la portière refermée, quelque chose se ralluma aussitôt entre nous, vif et dangereux. Paris glissait derrière la vitre en traînées de lumière, mais je ne voyais qu'elle.
Mizuki posa sa main sur ma cuisse. Un geste lent, presque distrait en apparence, mais qui suffit à me couper le souffle. Je sentis mon corps réagir aussitôt, trop vite, trop fort. Le moteur ronronnait, le chauffeur restait concentré sur la route ; moi, j'étais ailleurs, entièrement happée par cette présence à côté de moi.
Je tournai la tête. Son regard me frappa de plein fouet : sombre, brûlant, parfaitement conscient de l'effet qu'il produisait. Elle se pencha vers moi et m'embrassa. D'abord brièvement, comme pour tester, puis avec plus d'insistance. Nos souffles se mêlèrent, et je sentis mon cœur s'emballer.
Le taxi prit un virage brusque. Nous nous écartâmes légèrement, haletantes. Sa main ne me quitta pourtant pas, ancrée là, rappel constant de ce qui était en train de naître entre nous. À mon tour, je posai la mienne sur sa cuisse. Elle frissonna imperceptiblement.
— Tu vas me rendre folle, murmura-t-elle.
Je répondis par un baiser, plus silencieux encore que les mots. Un instant de plus, peut-être trop. Puis, soudain, elle se redressa. Elle reprit le contrôle avec cette élégance qui la caractérisait, les joues légèrement rosies, le regard brillant.
Elle me repoussa doucement, souriante, m'embrassa une dernière fois — plus tendre que provocante.
— À la maison, dit-elle. Soyons raisonnables.
Et dans cette retenue imposée, je compris que le désir n'avait pas disparu. Il venait seulement d'être différé. Maîtrisé. Et cela le rendait plus dangereux encore.
Le trajet parut interminable et trop court à la fois. Nous étions deux fauves contenus dans une cage étroite, incapables de nous rassasier, mais déjà brûlées.
Quand le taxi s'arrêta, nous sortîmes presque précipitamment, riant nerveusement, ivres de désir contenu. Les escaliers nous semblèrent une épreuve, chaque marche nous rapprochant et nous frustrant à la fois.
À peine la porte refermée derrière nous, Mizuki me plaqua contre le mur du vestibule. Sa veste glissa au sol, ses mains dévorèrent mon corps à travers mes vêtements. Nos bouches se retrouvèrent, violentes, affamées, comme si nous avions retenu ce baiser trop longtemps.
Je sentis sa jambe se glisser entre les miennes, sa cuisse presser mon intimité encore brûlante de ses caresses dans le taxi. Je me cambrai contre elle, haletante, mes mains s'égarant sous son chemisier pour capturer la chaleur ferme de sa poitrine.
Nous nous arrachâmes nos vêtements avec une urgence maladroite, semant nos affaires dans l'entrée, dans le couloir. L'appartement, plongé dans la pénombre, devint le théâtre de notre fièvre. À peine avions-nous atteint le futon que nous étions déjà nues, collées, nos corps glissant l'un contre l'autre avec avidité.
Ses mains, sa bouche, sa peau — tout m'envahissait. Nous n'avions plus de retenue, plus de mots. Seulement cette urgence de nous posséder encore, comme si chaque seconde pouvait être la dernière.
Elle me poussa doucement sur le futon et se pencha au-dessus de moi, son regard sombre, incandescent. Ses cheveux mouillés de pluie effleurèrent ma peau tandis que sa bouche se posa sur mon cou. Elle mordilla, aspira, me laissant des marques que je sentis éclore comme des fleurs brûlantes.
Je ne pus attendre davantage : je l'attirai contre moi, mes mains capturant ses seins que j'écrasai entre mes doigts. Ses tétons durs me firent gémir d'envie. Je les suçai tour à tour, gourmande, tandis que sa main descendait entre mes cuisses, impatiente.
Elle me caressa sans attendre, d'abord en effleurant mes lèvres intimes, puis en me pénétrant d'un mouvement ferme et précis. Un cri m'échappa, brisé, et je me cambrai sous elle. Mon bassin suivait ses doigts, affamé, suppliant.
Je voulais la même chose pour elle. J'enfouis ma main entre ses jambes, et la chaleur de son sexe m'embrasa aussitôt. Elle était déjà trempée. Je la caressai avec ardeur, traçant des cercles, appuyant, alternant vitesse et lenteur. Nos corps s'entrechoquaient, nos gémissements emplissaient la pièce, se mêlant aux froissements des draps.
Nous nous retrouvâmes tête-bêche une sur l'autre. Sa bouche embrassait mon sexe, mordillait mon clitoris gonflé. J'en fis de même sur elle. L'odeur de son sexe m'enivra.
Le plaisir monta en vagues rapides, incontrôlables. Je sentis mon corps se tendre, mes jambes tremblaient, mes cris se briser entre ses jambes. Je jouis violemment, secouée de spasmes, mes doigts s'accrochant à sa peau comme pour ne pas sombrer. Elle me suivit presque aussitôt, son corps se tordant contre le mien, ses gémissements étouffés dans le creux de mes cuisses.
Nous restâmes collées, ruisselantes de sueur, nos mains toujours actives malgré l'orgasme. Comme si une fois n'avait pas suffi. Comme si nous voulions repousser la fin encore et encore. Alors nos doigts reprirent leur danse, nos bouches repartirent à la conquête de chaque parcelle de peau.
Cette nuit-là, nous nous aimâmes sans répit. Par vagues de douceur et de violence, en caresses lentes ou en étreintes animales, jusqu'à ce que nos corps épuisés ne puissent plus suivre. Nous finîmes enlacées, nues, moites, nos jambes enchevêtrées. Sa main reposait dans la mienne, encore tremblante, et son souffle chaud brûlait ma clavicule.
Je la sentis s'endormir ainsi, collée à moi, comme si elle voulait se fondre dans ma peau. Et dans le silence qui suivit, une pensée me transperça : si c'est la dernière fois, alors qu'elle dure toute une vie.
Quand j'ouvris les yeux, la chambre baignait déjà dans une lumière douce. Le jour filtrait à travers le papier de la fenêtre, diffus, doré, comme une caresse. Mizuki dormait encore, lovée contre moi, sa tête posée dans le creux de mon épaule. Son souffle chaud dessinait un rythme régulier sur ma peau, et j'aurais voulu que le temps s'arrête là.
Mais elle finit par remuer, s'étirer comme un chat, avant de se lever sans hâte. Nue, tranquille, elle traversa la pièce sans la moindre gêne, ramassa une serviette qu'elle noua autour de sa taille. Je la suivais du regard, hypnotisée par sa démarche souple, par la grâce discrète de ses gestes.
Je crus qu'elle allait directement préparer le thé — le parfum discret des feuilles commençait déjà à s'échapper de la cuisine. Mais avant de revenir, elle s'arrêta près d'une étagère basse. Elle sortit un vinyle de sa pochette, le posa avec soin sur un tourne-disque noir. Un léger craquement emplit la pièce, puis la guitare fragile de Bowie s'éleva, planante.
Je me redressai, surprise. Elle se tourna vers moi, ses cheveux noirs collant encore par endroits à sa nuque, un sourire calme aux lèvres.
— C'est une chanson que j'écoute souvent... quand je me sens un peu perdue.
Elle s'installa à même le tatami, posa la théière fumante sur la table basse. La voix de Bowie s'éleva, reconnaissable entre toutes :
This is Ground Control to Major Tom...
Mizuki baissa les yeux vers la tasse qu'elle remplissait. Ses mots se déposaient dans l'air comme des secrets.
— Major Tom s'élève au-dessus de la Terre. Il flotte seul dans l'espace, et il sait qu'il ne reviendra pas. C'est triste... mais beau aussi. Parce qu'il choisit de regarder les étoiles, même dans sa solitude.
Elle leva alors les yeux vers moi, et dans son regard sombre brillait une intensité qui me troubla.
— Parfois, on est comme lui. On flotte, détaché de tout. Mais si tu trouves quelqu'un avec qui partager la dérive... l'espace devient moins froid.
Ses doigts effleurèrent les miens en me tendant la tasse brûlante. Bowie chantait encore :
And the stars look very different today...
Elle se pencha, ses lèvres tout près des miennes, et murmura :
— Tu peux partir, continuer seule dans ta capsule... ou rester. Et regarder les étoiles avec moi.
Je demeurai silencieuse, le cœur battant trop vite pour répondre.
Plus tard, nous avons bu le thé à petits gestes, goûté quelques fruits découpés avec soin. La banalité des tranches de pêche, du thé vert fumant, devenait tendresse. Puis nous avons partagé la douche : l'eau chaude ruisselait sur nos peaux encore marquées de la nuit, et chaque caresse savonneuse reprenait le fil d'un désir plus tendre, plus doux.
Quand nous sommes revenues au salon, enveloppées dans de grandes serviettes, le vinyle tournait encore en silence. Le futon défait, les tasses de thé, la lumière claire du matin, tout semblait contenir la même question, suspendue : partir, ou rester ?
— Et si nous sortions ? J'aime Paris quand il dort encore.
Nous quittâmes l'appartement un peu plus tard, vêtues simplement, encore éblouies par cette nuit et ce réveil. La ville semblait nous appartenir. Les rues du 16‰ étaient désertes, silencieuses, baignées d'une lumière douce. Nous marchions main dans la main, nos pas résonnant dans les ruelles vides.
Nous traversâmes la Seine. Le Pont Alexandre III s'offrait à nous, majestueux et vide, baigné d'or pâle. Les statues semblaient nous observer, complices de cette balade suspendue. Dans les vitrines encore fermées, nous apercevions notre reflet : deux silhouettes complices, encore mouillées de désir et d'insomnie.
Mizuki s'arrêta brusquement au milieu d'une place. Sans se soucier de l'heure ni du lieu, elle m'attira contre elle et m'embrassa longuement. Ses lèvres avaient le goût du thé que nous avions bu à la hâte, et de cette ardeur inassouvie qui nous suivait partout.
Paris était endormi, et nous étions seules au monde.
Nous descendîmes vers la Seine, puis bifurquâmes vers des ruelles plus étroites où quelques commerçants installaient leurs étals. Le marché s'éveillait lentement : des cageots de fruits luisants sous la rosée, les premières odeurs de café et de pain chaud qui s'échappaient des boulangeries.
Mizuki s'arrêta devant un étal de fleurs. Elle se pencha, huma une rose blanche encore perlant de gouttes, puis la saisit avec délicatesse. Elle la porta à son nez, puis me la tendit.
— Pour toi, dit-elle simplement.
Le fleuriste esquissa un sourire complice en nous observant, sans rien dire. Je glissai la rose dans mes cheveux, et nous reprîmes notre marche, plus légères, comme si la ville s'ouvrait à nous.
Un peu plus loin, une petite terrasse accueillait déjà quelques lève-tôt : des habitués, des étudiants, des vieux messieurs plongés dans leur journal. Nous choisîmes une table au soleil naissant, les pavés encore humides brillant comme du verre.
Le serveur nous apporta des croissants tièdes, un café serré pour elle, un chocolat chaud pour moi. Le beurre fondait entre mes doigts, le café fumait dans l'air frais. Mizuki croqua dans son croissant avec une gourmandise enfantine, et je restai à la regarder, fascinée par cette simplicité après la nuit brûlante.
— J'aime Paris ainsi, dit-elle en regardant autour d'elle. Avant le bruit, avant la foule. C'est un secret que la ville nous offre, mais que peu savent saisir.
Je hochai la tête. Elle avait raison : nous étions là, hors du temps, comme si le monde nous avait accordé une trêve.
Nos mains se retrouvèrent sur la table, nos doigts s'enlaçant sans gêne. Personne ne semblait nous remarquer, ou alors peut-être que si, mais cela n'avait aucune importance.
Quand nous quittâmes enfin la terrasse, le marché battait son plein, les rues s'animaient peu à peu. Mais nous, nous restions dans notre bulle, protégées par la fatigue heureuse de la nuit et la promesse fragile de ce week-end hors du monde.
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lodebla
24 avril 2026 à 20:28
Quelle jolie histoire, à la fois sensuelle, erotique et passionnée.
Merveilleusement décrite, dans un Paris romantique où toutes les amours sont possibles. Chapitres écrits comme un joli roman amoureux, avec deux protagonistes, sublimes amantes, discrètes et passionnées, chaudes et ouvertes à l’autre. Merci de ces beaux chapitres et vivement une suite à une union impromptue et magique!
J’ai eu l’impression d’être les yeux, leurs lèvres, leurs mains , leurs doigts, leurs corps et tout le reste!!
Soyez respectueux
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Platz
26 février 2026 à 15:15
Je partage en tous points le commentaire d’Iznogood: cette série est d’une subtilité, d’une esthétique et d’un érotisme rares, et envoûtants. Merci, mystérieuse Abi-gaelle, et vivement la suite.
Soyez respectueux
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