Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'école du vice — Chapitre 3 · Découverte
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'école du vice
Chapitre 3 · Découverte
— Ça va ta mère, Charlotte ? Tu as passé un bon week-end ?
— Oui... je n'avais aucune envie de revenir... je suis lasse de ce voyage et du souci que je me suis fait pour maman... elle ne sait pas vraiment ce qu'elle a et va consulter dans la semaine.
— Et tu as croisé mes parents ?
— Ta mère est passée à la maison... elle aussi s'inquiète pour ma mère. Et elle m'a demandé de t'embrasser pour eux. J'ai dans mon sac des confitures et des victuailles que je rapporte pour toi de la part de Colette.
— C'est gentil ! Et tu n'as pas renoué avec Didier ?
— Non ! Il n'est pas fait pour moi... J'ai aperçu de loin l'ami de ton père, tu sais le beau mec bien foutu... il parait qu'il retape sa maison et qu'il a monté un chouette atelier.
— Ah ? Il te plait, on dirait !
— Ben... il faudrait être difficile pour ne pas le trouver à mon goût. En plus c'est un homme, lui, un vrai !
— En clair ? Je ne pige pas ? Ton Didier n'en était pas un, d'homme ?
— Un tordu tu peux me croire ! Je rêve de rencontrer un gars du genre de ce... comment s'appelle-t-il déjà...
— Gabriel...
— Ah ? Tu t'en souviens ! Est-ce que ça veut dire qu'il ne t'est pas non plus totalement indifférent ?
— Bof ! Les hommes et moi... ce n'est pas d'actualité pour le moment. Mes études d'abord et puis on verra ce qu'il en ressort.
— Avec des idées pareilles, ma vieille, tu risques d'être vierge encore un bout de temps...
— Parce que toi... tu ne l'es plus ? Tu es certaine que tu ne me racontes pas un mensonge ?
— Oh ! Je regrette presque que ce soit Didier qui m'ait déniaisée ! Il m'a fait mal et n'a pas su seulement finir correctement.
—... ? Il est comme nous, il tâtonne aussi, à mon avis. De toute façon, je ne l'ai jamais vraiment encadré, depuis le début, enfin... le jour où tu me l'as présenté.
— C'est quoi ton type de mec, Christelle ?
— Je n'en sais fichtrement rien... un garçon gentil qui saura me plaire. Après... le physique ne me semble pas si important.
— Tout de même... il y a un minimum. Comme je te l'ai dit, si notre proprio venait, je t'assure que je ne le laisserais pas dormir dans la salle de bain.
— Ouais... tu rêves un peu, là non ?
— Rabat-joie ! C'est bien de rêver un peu, comme tu dis ! Et puis il n'en a rien à faire de nous ce gaillard... Gabriel. J'adore son prénom. Bon, je vais me coucher... je suis crevée ! Tu as bossé les deux jours ?
— Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ici ? Je suis aussi allée boire une bière, mais sinon, j'ai passé le samedi et le dimanche à plancher mes cours.
— Oui... je n'avais aucune envie de revenir... je suis lasse de ce voyage et du souci que je me suis fait pour maman... elle ne sait pas vraiment ce qu'elle a et va consulter dans la semaine.
— Et tu as croisé mes parents ?
— Ta mère est passée à la maison... elle aussi s'inquiète pour ma mère. Et elle m'a demandé de t'embrasser pour eux. J'ai dans mon sac des confitures et des victuailles que je rapporte pour toi de la part de Colette.
— C'est gentil ! Et tu n'as pas renoué avec Didier ?
— Non ! Il n'est pas fait pour moi... J'ai aperçu de loin l'ami de ton père, tu sais le beau mec bien foutu... il parait qu'il retape sa maison et qu'il a monté un chouette atelier.
— Ah ? Il te plait, on dirait !
— Ben... il faudrait être difficile pour ne pas le trouver à mon goût. En plus c'est un homme, lui, un vrai !
— En clair ? Je ne pige pas ? Ton Didier n'en était pas un, d'homme ?
— Un tordu tu peux me croire ! Je rêve de rencontrer un gars du genre de ce... comment s'appelle-t-il déjà...
— Gabriel...
— Ah ? Tu t'en souviens ! Est-ce que ça veut dire qu'il ne t'est pas non plus totalement indifférent ?
— Bof ! Les hommes et moi... ce n'est pas d'actualité pour le moment. Mes études d'abord et puis on verra ce qu'il en ressort.
— Avec des idées pareilles, ma vieille, tu risques d'être vierge encore un bout de temps...
— Parce que toi... tu ne l'es plus ? Tu es certaine que tu ne me racontes pas un mensonge ?
— Oh ! Je regrette presque que ce soit Didier qui m'ait déniaisée ! Il m'a fait mal et n'a pas su seulement finir correctement.
—... ? Il est comme nous, il tâtonne aussi, à mon avis. De toute façon, je ne l'ai jamais vraiment encadré, depuis le début, enfin... le jour où tu me l'as présenté.
— C'est quoi ton type de mec, Christelle ?
— Je n'en sais fichtrement rien... un garçon gentil qui saura me plaire. Après... le physique ne me semble pas si important.
— Tout de même... il y a un minimum. Comme je te l'ai dit, si notre proprio venait, je t'assure que je ne le laisserais pas dormir dans la salle de bain.
— Ouais... tu rêves un peu, là non ?
— Rabat-joie ! C'est bien de rêver un peu, comme tu dis ! Et puis il n'en a rien à faire de nous ce gaillard... Gabriel. J'adore son prénom. Bon, je vais me coucher... je suis crevée ! Tu as bossé les deux jours ?
— Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ici ? Je suis aussi allée boire une bière, mais sinon, j'ai passé le samedi et le dimanche à plancher mes cours.
Elle se dirige vers sa chambre, revient presque immédiatement avec les bocaux et verrines que maman lui a remis pour moi. Mon pieux mensonge me laisse un gout amer dans la bouche. Pourquoi ne pas lui avoir avoué ce qui s'est réellement passé ? Quelque part, je l'ai sentie un peu enflammée et attirée par celui avec qui j'ai fait l'amour. Ma décision de taire cette relation me rend peu fière de lui raconter des blagues. Est-ce que je me suis surprotégée ? Sans doute ! Après tout, il s'agit de ma vie et Charlotte n'a pas à interférer dans celle-ci. Je crains sa réaction si par hasard elle apprend... ma liaison. Je n'ai aucune intention de ne plus revoir Gabriel, si naturellement lui en exprime le désir. Et puisqu'elle s'est enfermée dans sa piaule, je vais également me coucher. J'ai du sommeil à rattraper. Les images qui flottent dans ma tête ont toutes un rapport avec... ces jeux terriblement sexuels que j'ai découvert avec Gabriel.
Le cours des jours nous emporte dans sa routine quotidienne et nous avançons vers les vacances de Noël. Pas de nouvelles de celui qui demeure dans mes pensées à longueur de temps. Pour Charlotte, c'est une autre histoire. Elle a un tout nouveau copain, un garçon que je croise parfois à l'amphi de la fac. Il vient lui rendre visite et ils discutent des heures durant dans la chambre de mon amie. Je vois bien que leur relation évolue lentement vers quelque chose de plus intime. Ma présence doit les indisposer, voire leur interdire d'aller plus loin. Mais je n'ai pas d'autre endroit pour m'éclipser et leur permettre de... devenir amants. Ce soir, Maxime est encore là, escorté par un camarade Ghislain. Celui-ci me courtise d'une manière si grossière que c'en est risible. Alors je l'éconduis simplement. Ses hâbleries me sortent par les yeux. Il en fait des tonnes pour me plaire, mais mon esprit est ailleurs.
Obnubilée par un Gabriel qui occupe toute la place dans ma caboche, je finis par être franchement excédée par les rodomontades du jeune homme. Et d'une voix au ton peu plaisant, je le cloue au pilori.
— Ghislain... ne te donne pas tant de peines, je ne sortirai pas avec toi !
— Ah ! Je ne suis pas assez bien pour mademoiselle ?
— Disons que la place est déjà prise et que je ne cours jamais deux lièvres à la fois.
— Ah ! Mais Charlotte m'a dit que tu n'avais personne dans ta vie !
— Ghislain ! Charlotte est mon amie, pas ma confidente. Et nous ne nous racontons pas tout. C'est du domaine de l'intime ça et ne regarde que moi. Je ne veux pas te froisser, tu es un gentil garçon. Si j'ai un seul conseil à te donner, c'est de rester seulement ce que tu es. Ça fait deux heures que tu me présentes un visage de toi qui n'est pas toi... et tu forces trop le trait. Je n'aime que les gens simples.
— Tu parles comme si tu avais une expérience de vieille routarde ! Si ça se trouve, tu es encore pucelle !
— La désobligeance maintenant ! Eh bien, où est-il le jeune homme courtois et poli que tu veux paraitre ? Tu sais où est la sortie... je ne te raccompagne pas à la porte.
— C'est ça ! Je change d'air ! Les tiens sont trop grands pour ma petite personne ! Mademoiselle « la parfaite ». Salut !
— Ah ! Je ne suis pas assez bien pour mademoiselle ?
— Disons que la place est déjà prise et que je ne cours jamais deux lièvres à la fois.
— Ah ! Mais Charlotte m'a dit que tu n'avais personne dans ta vie !
— Ghislain ! Charlotte est mon amie, pas ma confidente. Et nous ne nous racontons pas tout. C'est du domaine de l'intime ça et ne regarde que moi. Je ne veux pas te froisser, tu es un gentil garçon. Si j'ai un seul conseil à te donner, c'est de rester seulement ce que tu es. Ça fait deux heures que tu me présentes un visage de toi qui n'est pas toi... et tu forces trop le trait. Je n'aime que les gens simples.
— Tu parles comme si tu avais une expérience de vieille routarde ! Si ça se trouve, tu es encore pucelle !
— La désobligeance maintenant ! Eh bien, où est-il le jeune homme courtois et poli que tu veux paraitre ? Tu sais où est la sortie... je ne te raccompagne pas à la porte.
— C'est ça ! Je change d'air ! Les tiens sont trop grands pour ma petite personne ! Mademoiselle « la parfaite ». Salut !
Notre altercation s'achève par le départ de ce brave Ghislain. Apparemment dans la chambre de Charlotte, aucun des deux n'a perçu l'écho de notre discussion animée. Dès que je suis seule, je regagne ma chambre. Immédiatement je suis renseignée. Ils chuchotent, rient pour ne pas dire gloussent. Et étendue dans le noir, je ne peux que subir ce qui devient inéluctable. Les bruits sont de plus en plus étouffés, alternant rires de gorges féminins et soupirs plus mâles. Pas besoin d'être « Madame Soleil » pour deviner ce qui se prépare. Et je me morfonds dans ma piaule, malgré l'oreiller qui me bouche les oreilles. De simples camarades, Charlotte et Maxime passent au stade plus confidentiel d'amants et je suis aux premières loges pour en profiter. Le doute n'est plus permis, les grincements de son sommier donnent le tempo de ce qui se déroule derrière la mince cloison qui nous sépare.
Je finis tout de même par m'endormir, la tête remplie d'images de... Gabriel et des gémissements de Charlotte. À l'heure du petit déjeuner, préparé par mes soins, alors que je me lève pour me servir un café, je tombe nez à nez avec... Maxime entièrement nu. Sans aucune gêne, sans pudeur non plus, il fonce vers les toilettes et la porte qu'il ne prend pas seulement soin de tirer sur lui, laisse filtrer le son désagréable de sa miction. Bien entendu, j'ai droit au voyage de retour et fièrement le loustic me fait un clin d'œil. Encore un garçon qui a reçu une bonne éducation, mais je me promets de mettre les points sur les « I » avec ma colocataire dès que son godelureau aura décampé. La vie commune a des règles, bon sang ! Ce n'est pas l'heure de la ramener sur terre, elle qui surfe sur son petit nuage.
Dans les jours qui suivent, elle n'a dans la bouche que le prénom de son Maxime, qu'elle raccourcit en un Max plus familier, où plus amoureusement en un Maxou enamouré. Je ne suis pas certaine que notre discussion pour lui rappeler que nous vivons en communauté et que son Maxime à poil dans le salon ou la cuisine relève de l'indécence, je ne suis pas certaine dis-je que ça la perturbe plus que la moyenne. Elle est loin de tout, éprise à coup sûr d'un type qui va la faire souffrir, si j'en juge par la désinvolture dont il fait preuve. Mais comment raisonner cette autre Charlotte qui plane, la bouche en cul de poule pour prononcer : « Mon Maxou » ! Pas fâchée de nous savoir en approche des vacances de fin d'année. De toute manière, j'ai l'impression que mon amie a purement et simplement lâché ses études. Elle sèche les cours, ce qui n'est pas bon signe.
Je ne veux pas me mêler de ses affaires et la vois s'enfoncer dans des sorties nocturnes de plus en plus fréquentes. Nous n'avons plus vraiment de dialogue, ne nous croisant plus que très rarement au petit matin. Elle découche la plupart du temps, rentrant parfois à l'aube avec une mine de déterrée. La fille sage, la bonne copine vit sur une autre planète, loin de ses études, se dispersant dans des soirées qui la mènent tout droit à la catastrophe. Elle traine sur elle des odeurs suspectes. Celle du tabac n'étant que la plus licite et malheureusement pas l'unique. La veille de rentrer au village, elle passe dans ma chambre, énervée et angoissée. Assise sur mon lit, j'ai une vue plongeante sur la naissance de ses seins et... surtout sur un magnifique papillon fraichement tatoué.
— Charlotte, tu as fait un tatouage ?
— Oh ! Ne m'en parle pas... c'est une idée de Maxou. Son pote Ghislain veut ouvrir un salon et j'ai servi de modèle...
— Tu... t'es mise à poil devant le copain de ton petit ami ?
— Ben... pour réaliser son tatouage... difficile de faire autrement. Et il n'y a pas que cela !
— Pas que ça ? Comment ça ? Je ne pige pas !
— Tu veux que je te montre ?
—... Quoi ?
— Attends... juge par toi-même...
— Oh ! Ne m'en parle pas... c'est une idée de Maxou. Son pote Ghislain veut ouvrir un salon et j'ai servi de modèle...
— Tu... t'es mise à poil devant le copain de ton petit ami ?
— Ben... pour réaliser son tatouage... difficile de faire autrement. Et il n'y a pas que cela !
— Pas que ça ? Comment ça ? Je ne pige pas !
— Tu veux que je te montre ?
—... Quoi ?
— Attends... juge par toi-même...
Elle vient de se remettre sur ses pieds et... se débarrasse prestement de son chemisier. Le papillon n'est pas près de s'envoler et... l'absence de soutien pour sa poitrine laisse entrevoir deux objets brillants cloués dans chacun de ses tétons. Deux piercings qu'elle arbore fièrement.
— Tu en dis quoi ? C'est chouette, n'est-ce pas ?
— Tu crois que ce sera du gout de Suzanne ? Tu files un mauvais coton ma vieille. Tu fumes, et pas seulement du tabac à mon avis. Tu portes sur tes fringues l'odeur si caractéristique du Shit ! Charlotte, c'est pas sérieux... bon sang, tu ne viens même plus à l'amphi ! Tes études... comment ta mère va le prendre ?
— Elle ne saura rien si tu la boucles, et je compte sur toi pour te taire.
— Ce sont tes affaires, mais ton Maxime a une mauvaise influence sur toi... il va finir par te faire faire des conneries.
— Ouais... j'ai bien peur que ce ne soit déjà le cas...
— Que veux-tu dire ? Si tu t'en rends compte, pourquoi est-ce que tu insistes, alors ?
— J'ai besoin de parler, pas d'être jugée... tu vois la différence ?
— Oui... bien sûr ! Je suis désolée, mais ça me fait mal de te regarder t'enfoncer dans une sorte de misère morale... et c'est plus fort que moi, je voudrais tellement que tu te reprennes en main.
— Tu sais... je crois que Maxime profite de moi.
—... ? Hein ?
— Oui... je suis accro à ce garçon et pour lui, je ne suis qu'une... femme parmi toutes les autres. Il me fait faire des trucs impensables. Je n'ose même pas t'en parler !
— Pourquoi les fais-tu si tu sais que c'est mal ? Je ne parviens plus à te reconnaitre... des tatouages, des piercings, et c'est quoi la prochaine étape ? Faire la pute ?
— Christelle ! Je couche déjà avec ses potes... Ghislain a été le premier avec qui Maxime a voulu que... enfin tu vois !
—... ! Et tu persistes ? Mais ce type ne vaut pas un clou, largue le une bonne fois pour toutes, si tu veux revenir à une vie plus saine. Tu sais où ça commence, mais pas où tout ceci va finir... C'est à toi de décider de ce que tu veux faire de ton existence. Ce gaillard n'a rien d'un homme bien. Je ne peux t'aider que si tu désires vraiment t'en sortir...
— Tu as mille fois raison ! Je veux mettre à profit nos vacances de Noël et de Nouvel An pour... m'éloigner de tout cela. Malheureusement pour certaines choses, il est trop tard...
— Oui ? Le papillon va rester tel un mauvais souvenir, c'est irréversible, je te le confirme. Pour le reste, le temps peut apaiser les maux, non ? Viens là, ma belle ! Je suis et reste ton amie... tu vas te battre pour passer à autre chose, promets-le-moi. Et... le shit et le tabac aussi sont à proscrire, d'accord ?
— Promis, juré ! Nous rentrons ensemble au village, alors ?
— Oui...
— Tu crois que ce sera du gout de Suzanne ? Tu files un mauvais coton ma vieille. Tu fumes, et pas seulement du tabac à mon avis. Tu portes sur tes fringues l'odeur si caractéristique du Shit ! Charlotte, c'est pas sérieux... bon sang, tu ne viens même plus à l'amphi ! Tes études... comment ta mère va le prendre ?
— Elle ne saura rien si tu la boucles, et je compte sur toi pour te taire.
— Ce sont tes affaires, mais ton Maxime a une mauvaise influence sur toi... il va finir par te faire faire des conneries.
— Ouais... j'ai bien peur que ce ne soit déjà le cas...
— Que veux-tu dire ? Si tu t'en rends compte, pourquoi est-ce que tu insistes, alors ?
— J'ai besoin de parler, pas d'être jugée... tu vois la différence ?
— Oui... bien sûr ! Je suis désolée, mais ça me fait mal de te regarder t'enfoncer dans une sorte de misère morale... et c'est plus fort que moi, je voudrais tellement que tu te reprennes en main.
— Tu sais... je crois que Maxime profite de moi.
—... ? Hein ?
— Oui... je suis accro à ce garçon et pour lui, je ne suis qu'une... femme parmi toutes les autres. Il me fait faire des trucs impensables. Je n'ose même pas t'en parler !
— Pourquoi les fais-tu si tu sais que c'est mal ? Je ne parviens plus à te reconnaitre... des tatouages, des piercings, et c'est quoi la prochaine étape ? Faire la pute ?
— Christelle ! Je couche déjà avec ses potes... Ghislain a été le premier avec qui Maxime a voulu que... enfin tu vois !
—... ! Et tu persistes ? Mais ce type ne vaut pas un clou, largue le une bonne fois pour toutes, si tu veux revenir à une vie plus saine. Tu sais où ça commence, mais pas où tout ceci va finir... C'est à toi de décider de ce que tu veux faire de ton existence. Ce gaillard n'a rien d'un homme bien. Je ne peux t'aider que si tu désires vraiment t'en sortir...
— Tu as mille fois raison ! Je veux mettre à profit nos vacances de Noël et de Nouvel An pour... m'éloigner de tout cela. Malheureusement pour certaines choses, il est trop tard...
— Oui ? Le papillon va rester tel un mauvais souvenir, c'est irréversible, je te le confirme. Pour le reste, le temps peut apaiser les maux, non ? Viens là, ma belle ! Je suis et reste ton amie... tu vas te battre pour passer à autre chose, promets-le-moi. Et... le shit et le tabac aussi sont à proscrire, d'accord ?
— Promis, juré ! Nous rentrons ensemble au village, alors ?
— Oui...
Nous sommes dans les bras l'une de l'autre et nos larmes coulent. Les miennes pour cette amitié qui renait de ses cendres, et pour elle sans doute parce que son amour pour ce sale con de Maxime est sincère. Il est des moments dans l'existence qui marquent plus que tout et celui très fort qui nous réunit là est de ceux qui comptent. Ensemble nous fermons nos valises pour ce retour au bercail qui doit avoir lieu demain dans la soirée. Et nous profitons de notre dernière journée pour nous balader dans les rues. Au détour de l'une d'entre elles, celui par qui le malheur est arrivé nous rattrape.
— Hé ! Les filles, vous faites la gueule où quoi ? Charlotte, on t'a attendu hier soir, pour la soirée chez Ghislain.
La patte de Charlotte serre la mienne, pour se donner un courage qui lui fait défaut ? Je me permets donc de répondre pour elle qui tremble à mes côtés.
— Maxime ! C'est fini ! Tu as assez profité de la naïveté de Charlotte. Le tabac, la drogue, le prêt de son corps à tes amis... c'est écœurant et tu devrais avoir honte. Elle était ou est encore amoureuse de toi et tu te sers d'elle, tu l'utilises à des fins peu recommandables. Tu vas la laisser tranquille sinon...
— Sinon quoi ? Tu n'as pas à te mêler de nos affaires. Ghislain a raison, tu es une « Mademoiselle parfaite » ! Une pauvre fille frigide, une pucelle, une snobinarde sans envergure.
— Oui... mais si ce que tu veux de Charlotte, c'est en faire une prostituée et lui refiler de la drogue fait partie de ton plan pourri pour la garder sous ta coupe, alors, elle et moi allons aller voir les flics. C'est fini mon bonhomme... lâche l'affaire où tu vas le regretter amèrement.
— Pff ! Viens, Charlotte ! Tu vois bien que cette conne ne m'aime pas.
— Non ! Maxime, Christelle est mon amie et ses conseils sont plus judicieux que tes désirs de merde. Elle a raison, tu ne vaux pas tripette. Je gâche ma jeunesse avec un mec comme toi. Alors je ne te suivrai plus... et si tu persistes je déballerai tout à la police... que tu deales. J'ai tout gardé en mémoire... les noms, les dates ! Restons-en là, mon vieux. Cherche-toi une nouvelle proie !
—... !
— Sinon quoi ? Tu n'as pas à te mêler de nos affaires. Ghislain a raison, tu es une « Mademoiselle parfaite » ! Une pauvre fille frigide, une pucelle, une snobinarde sans envergure.
— Oui... mais si ce que tu veux de Charlotte, c'est en faire une prostituée et lui refiler de la drogue fait partie de ton plan pourri pour la garder sous ta coupe, alors, elle et moi allons aller voir les flics. C'est fini mon bonhomme... lâche l'affaire où tu vas le regretter amèrement.
— Pff ! Viens, Charlotte ! Tu vois bien que cette conne ne m'aime pas.
— Non ! Maxime, Christelle est mon amie et ses conseils sont plus judicieux que tes désirs de merde. Elle a raison, tu ne vaux pas tripette. Je gâche ma jeunesse avec un mec comme toi. Alors je ne te suivrai plus... et si tu persistes je déballerai tout à la police... que tu deales. J'ai tout gardé en mémoire... les noms, les dates ! Restons-en là, mon vieux. Cherche-toi une nouvelle proie !
—... !
Il ferme les poings et quelque part, je crains une réaction vive de ce coco. Notre chance est de nous trouver dans une rue passante, ce qui lui interdit de hurler trop fort. Mais je me doute bien qu'il ne va pas sagement la regarder lui échapper. Demain, nous serons loin, dans nos familles respectives et de ce fait inaccessibles pour ce sale type.
— Viens, Christelle ! Nous n'avons plus rien à dire à ce pauvre gars...
Je la sens soulagée, elle vient de vider son sac et nous plantons là le mec qui est blanc de rage. Après tout, c'est bien qu'elle se décide enfin à mettre un terme à toutes ses bêtises. Se reprendre en main... une bonne attitude, même si ça doit froisser l'égo du bonhomme. Et nous continuons notre chemin, l'amitié et de retour, inondant notre parcours en ville, pour une dernière fois avant notre départ pour le village. Et je rêve de revoir Gabriel qui hante mon esprit. Mais je garde ça pour moi... toute seule. Nous échangeons lui et moi de manière épistolaire. Quelques longs courriers où chaque mot transpire d'amour. Mais il se refuse à me rendre visite puisque Charlotte vit aussi dans l'appartement. Puis ses lettres se font plus rares, il m'ignore ? Alors... demain peut-être que nous nous verrons... c'est mon souhait le plus vif, je l'avoue humblement.
— xXx —
Jérôme Dubois, notre médecin de famille que je consulte me fixe avec des yeux tout ronds.
— Tu veux prendre un contraceptif ?
— Oui !
— Remarque, c'est de ton âge. Tu as donc un petit ami ? Ma foi... je vais te prescrire une pilule, mais tu dois au préalable répondre à quelques questions. Et je dois te mettre en garde contre certains dangers... telle que la phlébite ou l'embolie pulmonaire. Des cas très rares, cependant possibles alors dis-moi...
— Oui !
— Remarque, c'est de ton âge. Tu as donc un petit ami ? Ma foi... je vais te prescrire une pilule, mais tu dois au préalable répondre à quelques questions. Et je dois te mettre en garde contre certains dangers... telle que la phlébite ou l'embolie pulmonaire. Des cas très rares, cependant possibles alors dis-moi...
S'ensuit une série de questions auxquelles je réponds de bonne grâce. Cherche-t-il à déterminer des contre-indications éventuelles ? Finalement, je ressors du cabinet du vieux toubib avec une ordonnance en bonne et due forme. Reste cependant à dénicher une pharmacie et Sophie Guérin qui tient celle du village n'est pas toujours très discrète, mieux vaut donc que je l'évite. Le bonheur de retrouver sa fille se lit dans les yeux de maman. Jours heureux que ceux de ces premiers instants d'avant Noël. Les préparatifs dans les chaumières vont bon train. Papa d'habitude moins expansif me montre une chaleur inaccoutumée. Il me serre contre son cœur, me berce et ça me rappelle la façon de faire de Gabriel. Lui... demeure invisible et il est hors de question que je demande après sa santé.
Dans mon sac la prescription dort sagement. Et Rémy débarque dans la cuisine, tenant dans ses bras un sapin qu'il s'empresse de dresser dans le fond de la salle à manger. Bien sûr, maman, les yeux écarquillés, fonce quérir sur le grenier, le carton contenant les boules et les guirlandes qui dorment depuis l'an dernier. Nous nous attelons à enjoliver le bel arbre, elle et moi. Depuis que je suis en âge de marcher, nous avons toujours réalisé cette décoration toutes les deux. Un moyen d'être en harmonie qui ne se dément pas. Et c'est également un moment privilégié où nous sommes entre femmes, sans que papa n'intervienne. Colette, très volubile s'enflamme toujours un peu et se prête plus facilement aux confidences. J'en profite donc.
— Maman... vous avez revu l'ami de papa ?
— L'ami de papa ? Gabriel, tu me parles de Gabriel, là ?
— Je crois que c'est bien son prénom, oui.
— L'ami de papa ? Gabriel, tu me parles de Gabriel, là ?
— Je crois que c'est bien son prénom, oui.
Je joue les ignorantes, mais une grande part de moi se crispe à l'idée qu'elle aussi pourrait bien en être amoureuse.
— Oh ! Depuis qu'il s'est installé au fond du village dans une vieille bâtisse, il passe tout son temps à la retaper. Papa va parfois lui donner un coup de main. Il ne passe plus guère. Je crois qu'il est amoureux de ses vieilles pierres, ou d'une femme dont il ne parle jamais. En tout cas devant moi, c'est « silence radio » total. Et tu connais ton père, s'il sait quoi que ce soit, il n'en dit pas un mot. Mais c'est vrai que nous pourrions l'inviter pour le réveillon de Noël.
— Si tu penses que c'est une bonne idée... j'ai cru comprendre que tu avais des sentiments pour cet homme, je me trompe, maman ?
— Des sentiments ? Voyons, ma chérie, le seul homme de ma vie c'est ton père. Même si quelques fois, il est plutôt bourru et que ses rêves nous emportent trop loin dans... mais je l'aime...
— Et vous en êtes où de votre côté, j'avais cru comprendre aussi que vous vouliez acheter cette maison !
— Oh ! Pour cela, c'est fait... nous avons dépensé une grande partie de nos économies dans cet achat et pour le reste nous remboursons la banque. Mais tout va bien, Christelle... tu hériteras de notre nid... un jour.
— Maman... ne me parle pas de ces choses-là...
— C'est la vie ma chérie... nous allons tous vers notre destin. Tu as raison, restons gaies, restons souriantes. Tu devrais aller rendre visite à l'ami de ton père. Tu pourrais te rendre compte de ce qu'il a fait durant tous ces mois, histoire de l'inviter à venir fêter Noël en notre compagnie. Qu'en penses-tu, Christelle ?
— Tu... tu me demandes d'aller chez ce Gabriel pour l'inviter ?
— Ben... oui ! Je ne veux pas qu'il se fasse des idées fausses, ou que les gens discutent, si c'est moi qui y vais... tu sais comme ça jase sur les dos des autres, dans nos villages.
— Ah...
— On peut aussi demander à Suzanne de se joindre à nous, elle a eu des jours difficiles. Et puis... Charlotte et toi, vous vivez ensemble, non ?
— D'accord ! Nous achevons la déco de notre beau sapin et je vais voir ce bonhomme.
— C'est un homme gentil, et très solitaire. Si vraiment il a une liaison avec une femme d'ici, personne ne sait rien de celle-ci. Il vit comme un ours.
— Si tu penses que c'est une bonne idée... j'ai cru comprendre que tu avais des sentiments pour cet homme, je me trompe, maman ?
— Des sentiments ? Voyons, ma chérie, le seul homme de ma vie c'est ton père. Même si quelques fois, il est plutôt bourru et que ses rêves nous emportent trop loin dans... mais je l'aime...
— Et vous en êtes où de votre côté, j'avais cru comprendre aussi que vous vouliez acheter cette maison !
— Oh ! Pour cela, c'est fait... nous avons dépensé une grande partie de nos économies dans cet achat et pour le reste nous remboursons la banque. Mais tout va bien, Christelle... tu hériteras de notre nid... un jour.
— Maman... ne me parle pas de ces choses-là...
— C'est la vie ma chérie... nous allons tous vers notre destin. Tu as raison, restons gaies, restons souriantes. Tu devrais aller rendre visite à l'ami de ton père. Tu pourrais te rendre compte de ce qu'il a fait durant tous ces mois, histoire de l'inviter à venir fêter Noël en notre compagnie. Qu'en penses-tu, Christelle ?
— Tu... tu me demandes d'aller chez ce Gabriel pour l'inviter ?
— Ben... oui ! Je ne veux pas qu'il se fasse des idées fausses, ou que les gens discutent, si c'est moi qui y vais... tu sais comme ça jase sur les dos des autres, dans nos villages.
— Ah...
— On peut aussi demander à Suzanne de se joindre à nous, elle a eu des jours difficiles. Et puis... Charlotte et toi, vous vivez ensemble, non ?
— D'accord ! Nous achevons la déco de notre beau sapin et je vais voir ce bonhomme.
— C'est un homme gentil, et très solitaire. Si vraiment il a une liaison avec une femme d'ici, personne ne sait rien de celle-ci. Il vit comme un ours.
Elle me sourit et je n'insiste pas. Inutile de lui mettre la puce à l'oreille. Elle ne me parait pas plus affectée que cela de ce que Gabriel soit amoureux. De mon côté, je dois admettre que ça me remue les tripes à plusieurs titres, les dires de ma mère. Est-ce que la femme en question c'est... moi ? Rien ne me le prouve, ce qui me perturbe. Puis l'idée d'avoir un prétexte pour le rejoindre me fait battre le cœur. Quand je dis battre, il s'agit plutôt d'une cavalcade de mon palpitant. Les sauts de cabri qu'il fait dans ma poitrine me donnent la curieuse impression qu'à moins d'un mètre de moi, Colette va finir par les remarquer ou les entendre. Dans ma précipitation, je laisse échapper une boule qui s'écrase sur le plancher en mille éclats. Maman rigole et je me mets à quatre pattes pour ramasser les débris. Un rire dans mon dos me ramène à la réalité.
Papa est là qui se bidonne, à l'instar de Colette qui continue d'enguirlander notre arbre.
— Eh ben ! En voilà une de posture, Christelle !
— J'ai fait tomber une boule...
— Fais gaffe de ne pas te couper... les petits morceaux sont traitres.
— Rémy... au lieu de te moquer de ta fille, va donc lui chercher la petite pelle et la balayette... Et puis... je lui ai demandé d'aller voir ton ami...
— Gabriel ? Pour quoi faire ?
— Noël ! Ça te parle, la fête de Noël ? Nous serons moins seuls cette année... Je vais inviter aussi Suzanne et sa fille. Ton ami aura de la compagnie et qui sait... Suzanne pourra peut-être trouver chaussure à son pied.
— J'ai fait tomber une boule...
— Fais gaffe de ne pas te couper... les petits morceaux sont traitres.
— Rémy... au lieu de te moquer de ta fille, va donc lui chercher la petite pelle et la balayette... Et puis... je lui ai demandé d'aller voir ton ami...
— Gabriel ? Pour quoi faire ?
— Noël ! Ça te parle, la fête de Noël ? Nous serons moins seuls cette année... Je vais inviter aussi Suzanne et sa fille. Ton ami aura de la compagnie et qui sait... Suzanne pourra peut-être trouver chaussure à son pied.
Moi qui toujours à genoux prends en pleine face cette idée saugrenue de maman, me sens d'un coup presque mal. Mince ! C'était ça l'idée secrète de Colette ? Coller dans les pattes de Gabriel la mère de Charlotte ? Pourquoi cette pensée que maman veut jouer les entremetteuses me désole-t-elle à ce point ? Cet homme n'est pas ma propriété et il n'a jamais tenté de me revoir, après notre week-end corsé. Il n'a surement que faire de moi. Me voici gambergeant encore et encore. Je balaie fébrilement le tas d'acrylique pour le jeter dans la poubelle. Là aussi, je fais en sorte que ni l'un ni l'autre ne remarque la pâleur de mon visage. Maman m'aurait giflée que ce ne serait pas pire. Mince ! Je mesure en cet instant mon degré d'attachement à cet homme. Mes parents dans la salle à manger discutent du réveillon et je ne veux surtout pas m'en mêler.
Les rues sont illuminées, les lampadaires offrant des décorations de fête. Je parcours le village, en direction de la maison de celui que maman aimerait voir à notre table le vingt-quatre au soir. Je croise quelques habitants et dois faire plusieurs « arrêts embrassades » pour saluer ces gens qui sont tous des ouvriers du tissage. Et au bout d'une petite route gravillonnée, je repère rapidement dans la cour d'une grande baraque la voiture de celui que je viens visiter. Mes jambes sont plus que tremblantes, alors que je parcours les derniers mètres qui mènent à une porte de chêne. Sous mon sein, ce n'est plus un cœur qui bat la mesure, mais un « djembé » qui tambourine. Un long frisson me parcourt l'échine, à la remontée de souvenirs... somme tout heureux. Il fait nuit, mais le crépi est neuf et sa blancheur ressort dans la pénombre nocturne. D'un index nerveux, j'appuie sur le bouton de la sonnette.
Un son feutré me parvient du fond de la maison. Celui des pas trainants de l'occupant des lieux ? Lorsqu'une lumière s'allume au-dessus de ma tête, je suis surprise et ferme les paupières. Le cliquetis sec d'une clé déverrouillant la serrure, et la frimousse de l'homme apparait. Quelques secondes sans que rien ne bouge, puis la voix... rauque, masculine en diable.
— Christelle ? C'est vraiment toi ? Mais... qu'est-ce que tu fais là ? Un miracle où je suis encore dans un rêve ?
— Gabriel...
— Christelle... mais entre, entre donc ! Viens ! Je vais te faire visiter mon château !
— Gabriel...
— Christelle... mais entre, entre donc ! Viens ! Je vais te faire visiter mon château !
Je franchis le seuil et dès que la porte se referme sur nous, je lui fais face. Hésitations de courte durée et ses bras s'entrouvrent, quand dans un même élan je m'y précipite. Il referme l'étau qui me propulse contre son cœur et sa bouche me bise le front.
— J'ai tant rêvé, tellement espéré ce moment... tu ne peux pas imaginer.
— Pourquoi... ne m'as-tu jamais donné de nouvelles ? Je t'ai déçu, n'est-ce pas ?
— Mais pas du tout, bien au contraire... mais tu vis avec cette Charlotte et... je ne voulais pas te déranger.
— Tu peux imaginer ce qui m'est passé par la tête durant tous ces mois ? J'ai échafaudé les pires scénarios... pensant même que je n'étais sans doute qu'un trophée de plus à ton tableau de chasse. Combien d'autres femmes sont venues chercher du réconfort dans ton lit ?
— Aucune ! Je t'assure que depuis toi... ces deux jours fabuleux... je n'ai plus voulu voir personne. Tu m'as terriblement manquée, Christelle. Cent fois j'ai voulu aller te rejoindre et j'y ai renoncé à la seule idée que ta coloc... te mette dans l'embarras, vis-à-vis de tes parents. Rémy, ton père m'a beaucoup soutenu lors de mes travaux et s'il sait que je suis amoureux, je ne suis jamais parvenu à lui avouer que sa fille et moi...
— Je suis adulte, majeure et je fais ce que je veux. Maman t'invite pour le réveillon de Noël... tu vas venir ?
— Il y aura d'autres invités ?
— Charlotte et sa mère, Suzanne... j'ai l'impression que Colette aimerait te voir flirter avec son amie...
— Humm ! Je vais venir, mais certainement pas pour Suzanne. C'est une brave femme, mais une autre occupe mon esprit à longueur de temps ! Tu vois de qui je parle, non ?
— Mmm !
— Pourquoi... ne m'as-tu jamais donné de nouvelles ? Je t'ai déçu, n'est-ce pas ?
— Mais pas du tout, bien au contraire... mais tu vis avec cette Charlotte et... je ne voulais pas te déranger.
— Tu peux imaginer ce qui m'est passé par la tête durant tous ces mois ? J'ai échafaudé les pires scénarios... pensant même que je n'étais sans doute qu'un trophée de plus à ton tableau de chasse. Combien d'autres femmes sont venues chercher du réconfort dans ton lit ?
— Aucune ! Je t'assure que depuis toi... ces deux jours fabuleux... je n'ai plus voulu voir personne. Tu m'as terriblement manquée, Christelle. Cent fois j'ai voulu aller te rejoindre et j'y ai renoncé à la seule idée que ta coloc... te mette dans l'embarras, vis-à-vis de tes parents. Rémy, ton père m'a beaucoup soutenu lors de mes travaux et s'il sait que je suis amoureux, je ne suis jamais parvenu à lui avouer que sa fille et moi...
— Je suis adulte, majeure et je fais ce que je veux. Maman t'invite pour le réveillon de Noël... tu vas venir ?
— Il y aura d'autres invités ?
— Charlotte et sa mère, Suzanne... j'ai l'impression que Colette aimerait te voir flirter avec son amie...
— Humm ! Je vais venir, mais certainement pas pour Suzanne. C'est une brave femme, mais une autre occupe mon esprit à longueur de temps ! Tu vois de qui je parle, non ?
— Mmm !
Nous n'avons guère fait de chemin dans des pièces qui fleurent bon le neuf. Les murs sont nets, les meubles dans l'air du temps, c'est chouette dans cette maison. Mais je dois avouer qu'elle ne m'intéresse que pour son occupant. C'est au milieu de la salle à manger que nous échangeons un baiser de retrouvailles bigrement chaud. Gabriel me caresse sur mes vêtements, réminiscences de ce fameux premier soir. Je suis de suite en transes, mon corps n'attendant que ça. Lorsque notre essoufflement nous oblige à dessouder nos lippes, il m'entraine dans une pièce qui a tout d'un boudoir. Fauteuils, divan et table basse, tapis au sol, des meubles semi-modernes et une lumière tamisée. Une nouvelle embrassade gourmande nous lie les lèvres aux abords du sofa. Il ne se passe guère de secondes avant que nous chutions enlacés, sur l'assise du canapé. La suite va de soi.
C'est rapide, d'une tendresse sans borne. Je n'ai plus qu'une envie, qu'il me prenne, qu'il me fasse l'amour. Mon ventre en est si plein d'attentes qu'il pleure de se morfondre. Tout se fait dans une sorte de confusion qui nous laisse pantelants. Et comme dans mes souvenirs qui refont surface, je savoure le plaisir inavouable de prendre en bouche le sexe raide de cet homme de qui je me suis entichée. Et les sensations sont exactement celles de mes rêves. J'adore, c'est un fait, et lui faire une fellation qui le fait monter dans les tours me ravit. Je l'avertis pourtant brièvement que dans mon sac, j'ai de quoi prendre un contraceptif, mais que le produit, lui, n'est pas encore en ma possession et... un étui de préservatifs sorti d'une commode proche s'avère encore nécessaire.
Il est horriblement tard quand la fête de nos sens s'achève. Et je me hâte de rentrer à la maison où Colette est aux quatre-cents coups. Elle s'est fait un sang d'encre de me savoir dans les rues la nuit. Je ne tiens pas à me justifier, mais dans son œil qui frise, je sens bien qu'elle suppute des tas d'hypothèses. Papa calme la trop zélée maman, et nous partons tous nous coucher avec nos secrets. Je suis aux anges. Dans la chambre parentale, quelques rires étouffés, puis des soupirs enchantent la maison. Je ferme les yeux, heureuse et apaisée, souriante surtout de savoir que papa sait toujours apprivoiser sa Colette. Je ne veux pas imaginer comment ils vont prendre ma liaison avec l'ami de papa. Une chose est certaine, il me sera difficile de la cacher à la fine mouche qu'est ma mère.
Mes craintes d'une quiconque douleur se sont envolées lors du renouvellement de la douce infraction. J'ai apprécié les lents va-et-vient en moi de la tige dure d'un Gabriel, je n'ai aucune peine à le croire lorsqu'il m'assure que quand il pourra me prendre sans capote, tout sera encore d'une autre nature. Et il m'a proposé d'aller dans un village un peu plus éloigné de celui où nous résidons pour des raisons de discrétion. Là encore, un prétexte pour m'y rendre va être à étudier. Mais il sait y faire et aux alentours de dix heures du matin, ce jour il rend visite à mes parents. D'une part pour remercier maman de son invitation et un peu pour savoir en quoi il peut participer à la fête. Il se heurte au refus de Colette qui ne veut que sa présence à notre table, mais s'il sait où trouver une belle nappe... elle est d'accord pour qu'il se charge de la dénicher.
Voilà comment je suis de nouveau assise à ses côtés pour aller faire les boutiques. Bien sûr, je ne suis pas connue dans ce village et l'ordonnance de Jérôme Dubois n'a rien de suspect puisque nombre de personnes du bled font partie de sa patientèle. Je me retrouve avec trois boites de comprimés pour le trimestre à venir. Le tout fourré dans mon sac, j'ai l'impression de braver un interdit, ce qui n'est en aucune manière le cas. Et je rejoins mon chauffeur qui m'attend dans la voiture. Nous nous rendons dans une boutique de tissu et en ressortons avec une nappe et des serviettes assorties. Notre escapade ne nous a pas pris plus d'une heure et demie et... Gabriel n'est pas pressé de rentrer. Je suis plus nuancée et propose que nous retournions chez lui...
Évidemment, la ficelle est grosse et il saisit immédiatement la perche que je lui tends. Pas dupe de ce que j'attends d'une étape dans sa bicoque. Il rentre sa voiture directement dans le garage, hors de vue d'éventuels curieux. La porte refermée nous sommes isolés, seuls au monde. Et nous prenons nos aises, pour faire l'amour avec une infinie douceur. Caresses, baisers, encore des câlins et l'apothéose, le summum, une longue pénétration, qui nous porte au pinacle de la jouissance. Une longue plage de calme et rebelote. Je me livre à ce qui pour moi devient, un jeu. Je joue de longues minutes avec sa queue, d'abord en la tripotant du bout des doigts, la serrant, la branlant avec plus ou moins d'assiduité, avant de la sucer et ça me procure un plaisir terriblement trouble.
Il se laisse faire, poussant des soupirs que chaque coup de langue rend plus profonds. Lorsqu'il se répand dans mon gosier, je peux tout à loisir déguster ce nectar en analysant plus finement la texture, le gout, l'onctuosité. Espiègle aussi, je lui pose des tas de questions. Nous flirtons avec le porno dans mes attentes, mais également dans ses réponses. De prime abord surpris par ce que je lui demande, il finit par me raconter des anecdotes assez croustillantes sur sa vie sexuelle d'avant, me jurant les « grands Dieux » que tout cela depuis moi, est loin derrière lui. Mais je veux l'amener à me parler de ce que j'ai vu dans la chambre de mes parents. Si au début, il est plus que réticent sur le sujet, il craque alors que ma main se crispe de nouveau sur son jonc.
— Alors... comment est-ce arrivé entre toi et eux ? Dis-moi !
— Pourquoi tiens-tu tellement à connaitre ces détails ? Il te suffit de savoir que c'est arrivé, non ?
— S'il te plait... mon Gaby... dis-moi ! Ça me donne chaud de t'entendre discuter de ça... dis-moi, j'ai besoin de savoir !
— Pff ! Bon... mais c'est donnant-donnant, je te raconte et toi de ton côté... tu me laisses réaliser un autre fantasme.
— Ah... je veux savoir lequel avant de te donner mon accord... parle !
— Je te relate toute l'histoire et j'ai le droit de te donner une petite fessée... pour punir une fille trop curieuse.
— Hein ? Tu aimerais me faire ce genre de truc ? Tu voudrais me martyriser, c'est ce que tu suggères ?
— Pas du tout. Une fessée sexuelle, un jeu où tu pourrais peut-être prendre du plaisir par une forme moins... soft du sexe. Pas question de te faire vraiment mal. Simplement t'amener à l'envie et à la jouissance par un moyen inhabituel. Disons un peu plus corsé ou épicé de te caresser le derrière.
— Tu es certain que je ne vais pas hurler de douleur ?
— Oui ! Et si tu devais vraiment souffrir... il suffit que nous établissions une sorte de code. Lorsque tu ne veux plus ou désires carrément que je stoppe, un mot défini à l'avance me permet de le savoir et... je cesse tout de suite. Alors, que décides-tu ?
— Maman !
— Quoi ? Ta mère n'a rien à voir là-dedans... ne la mêle pas à notre histoire...
— Non ! Gabriel... c'est mon mot de code... et vas-y, déballe-moi tout... je veux tout savoir, sur la soirée où je vous ai entrevu...
— Pourquoi tiens-tu tellement à connaitre ces détails ? Il te suffit de savoir que c'est arrivé, non ?
— S'il te plait... mon Gaby... dis-moi ! Ça me donne chaud de t'entendre discuter de ça... dis-moi, j'ai besoin de savoir !
— Pff ! Bon... mais c'est donnant-donnant, je te raconte et toi de ton côté... tu me laisses réaliser un autre fantasme.
— Ah... je veux savoir lequel avant de te donner mon accord... parle !
— Je te relate toute l'histoire et j'ai le droit de te donner une petite fessée... pour punir une fille trop curieuse.
— Hein ? Tu aimerais me faire ce genre de truc ? Tu voudrais me martyriser, c'est ce que tu suggères ?
— Pas du tout. Une fessée sexuelle, un jeu où tu pourrais peut-être prendre du plaisir par une forme moins... soft du sexe. Pas question de te faire vraiment mal. Simplement t'amener à l'envie et à la jouissance par un moyen inhabituel. Disons un peu plus corsé ou épicé de te caresser le derrière.
— Tu es certain que je ne vais pas hurler de douleur ?
— Oui ! Et si tu devais vraiment souffrir... il suffit que nous établissions une sorte de code. Lorsque tu ne veux plus ou désires carrément que je stoppe, un mot défini à l'avance me permet de le savoir et... je cesse tout de suite. Alors, que décides-tu ?
— Maman !
— Quoi ? Ta mère n'a rien à voir là-dedans... ne la mêle pas à notre histoire...
— Non ! Gabriel... c'est mon mot de code... et vas-y, déballe-moi tout... je veux tout savoir, sur la soirée où je vous ai entrevu...
Alors, mon amant se lance dans un monologue que je n'interromps pas. Je suis là à boire ses paroles, à mesurer le fossé entre ce que je sais de mes parents et la vie réelle dans laquelle ils évoluent. Pour mon pauvre esprit, le sexe et les parents, c'est abstrait. Je ne peux, ne pouvais pas imaginer que comme tout un chacun, qu'avant d'être mon père et ma mère, ce sont des personnes « normales ». Avec des désirs, des rêves et une sexualité présente, parfois débordante. Si j'ai souvent surpris des rires de gorge, des soupirs, voire des gémissements, il ne m'est jamais venu à l'idée qu'eux aussi fantasmaient sur des situations équivoques. Et apprendre par leur partenaire de jeu comment ils ont été amenés à un trio me fait réagir. Je ressens au plus profond de mon être, le même désir ardent que celui qui a mené maman à... se donner à celui de qui je caresse le vit.
L'effet n'est pas que sur moi puisqu'au fil de sa narration, je vois que la verge regonfle intensément et... pas uniquement grâce à mes doigts qui la cajolent. Le résultat est immédiat, ma bouche retrouve le gout du sperme sur le gland du cylindre de chair qui m'a limé des minutes durant, avant que nous fassions une pause « causette ». Je ne rechigne nullement à adopter une posture très peu académique en me mettant à quatre pattes, les fesses en l'air pour qu'il m'enfile avec une force accrue. Et au moment où jouissance et gémissements ne font plus qu'un, les paumes qui me cramponnent par les hanches deviennent des armes. Quelques claques bien senties s'abattent sur ma croupe. Instantanément, ce qui n'est en fait pas vraiment douloureux m'entraine dans un déferlement de sensations incontrôlables. Impossible de retenir mes cris. Non seulement une vague monte en moi du fond de mes entrailles, mais de surcroit, elle me fait me relâcher tellement, que je me vide littéralement.
Le lit sur lequel nous officions est soudain trempé. Quand Gabriel s'écroule sur le flanc, préservatif rempli de sa laitance, je me love dans la flaque que mon ventre a libérée. C'est bizarre cette mare qui fait doucettement rigoler mon complice. Devant mon air hébété, il me caresse et s'empresse de me rassurer.
— Ne t'inquiète pas, ma chérie... c'est le signe du plaisir que tu viens de prendre. Bien peu de femmes savent se relâcher autant que tu viens de le faire... tu es... une amante exceptionnelle. Je t'aime.
Ça n'appelle pas de remarques de ma part. Je me contente donc de me lover contre la moquette qui couvre son torse. La chambre pue littéralement le cul. Qu'est-ce que je me sens bien, totalement alanguie et le monde autour m'indiffère complètement ! Je suis... amoureuse, repue de sexe et bien dans ma peau. Un peu flagada par ce qui m'a secoué sans que j'en comprenne les raisons réelles. Mais le temps nous file entre les pattes et je dois regagner la maison. Gabriel et moi débarquons dans la cuisine de maman. Il lui remet nos achats et elle bat des mains, oubliant notre retard conséquent. En revanche, le regard suspicieux de mon père va de l'un à l'autre. A-t-il des doutes ? Si c'est le cas, il n'en fait pas état et invite son pote à se mettre, comme nous les pieds sous la table pour le déjeuner... le repas commence par l'apéro !
À suivre...
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Commentaires ()
Une très belle histoire, je me régale. Vous venez de tomber… dans l’escarcelle de la courte liste de mes auteurs favoris. Je vous dis Merci…