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✦ Exorium Le journal intime de Clémence XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le journal intime de Clémence — Chapitre 2

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Exorium
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Le journal intime de Clémence

Chapitre 2

Jeudi 16 mai
Sophie a ramené une mèche en arrière, repoussé sa tasse
‒ Mais pourquoi j'ai pas de colocataire, moi ? C'est pas juste. On s'amuse bien, apparemment, quand on en a un. Tu me le prêtes ?
‒ Ben, tiens ! Et puis quoi encore ? Quoique… Un jour, peut-être. On verra.
‒ Ça m'excite, ton histoire. Ça m'excite vraiment. J'adore ça, qu'un type il se le fasse en me regardant. Et tiens, tu sais quoi ? Cet été, j'étais dans un camping en Bretagne et j'avais découvert, pas très loin, une petite crique déserte où je pouvais bronzer à poil si je voulais. Je m'en suis vantée, en sachant très bien ce que je faisais, au couple de la tente d'à côté. Qui n'a pas gardé ça pour lui. Ça s'est répandu comme une traînée de poudre. Et, chaque après-midi, j'avais trois ou quatre voyeurs éparpillés, avec leurs jumelles, dans les ajoncs qui surplombaient ma crique. Ils ne se montraient pas, bien sûr, mais je les savais là. Et je savais qui. Ils le portaient sur eux. J'adorais les croiser après, dans les allées, arborant l'air faussement indifférent de qui ne me prêtait pas la moindre attention. Je me régalais.
Vendredi 17 mai
Pierre. À m'attendre. Devant l'entrée.
‒ Mais qu'est-ce tu fais là, toi ? Qu'est-ce qui se passe ?
‒ Rien. Non. Rien de grave. C'est juste que j'avais envie de voir à quoi ça ressemble ton école de vétérinaires. T'y passes le plus clair de ton temps et je sais même pas comment c'est fait.
‒ Ben tu vois, c'est tout bêtement un bâtiment. Même pas beau en plus.
‒ Et tes collègues ? Il y en a avec qui tu t'entends mieux que d'autres ?
Ah, ben voilà ! On y était. Monsieur me faisait une crise de jalousie larvée. La conséquence prévisible de ma petite initiative de dimanche dernier.
‒ Oh, tu sais, je m'attarde pas. Bonjour-bonsoir. Je vais aux cours. Et puis voilà.
‒ Oui, mais quand même ! Il y en a bien avec qui tu discutes, non ? Vous allez prendre un verre ensemble. Ce serait complètement normal.
‒ Avec une fille, oui. De temps en temps, mais bon…
Il m'a accompagnée à l'appartement.
‒ Tu te rends compte que j'y ai encore jamais mis les pieds ? Tu sais l'impression que j'ai quelquefois ? C'est que tu as deux vies. Dans l'une j'ai ma place, mais dans l'autre par contre…
Il a tout examiné, en prenant tout son temps, avec curiosité, s'est arrêté devant la porte de la chambre de Julien.
‒ Il est pas là, ton colocataire ?
‒ Ça se fait pas, Pierre, ça se fait pas.
Mais il n'a tenu aucun compte de ma remarque. Il est résolument entré. A ouvert les tiroirs. Visité la penderie
‒ Bon, allez, viens ! Tu viens ?
Dans ma chambre.
‒ Comment ça se passe avec lui ?
‒ Comme avec un colocataire. Il fait sa vie. Je fais la mienne.
‒ Oui, mais quand même ! Tu me feras pas croire… Je suis sûr qu'il te drague.
‒ Mais oui, c'est ça ! C'est ça !
‒ Et que ça te déplaît pas. J'ai vu sa photo à côté. Le genre de type insignifiant qui te fait de l'effet.
‒ Écoute, Pierre, tais-toi ! Je t'en prie, tais-toi ! Si tu veux pas que ça finisse mal tous les deux, arrête !
Il s'est renfrogné. A sorti sa tablette. Lancé un jeu. J'ai fait mine, quant à moi, d'être absorbée par mes cours…
Il s'est levé. À côté, Julien venait de rentrer. Il s'est levé et il est venu derrière moi. Il m'a entourée de ses bras
‒ Excuse-moi, Clémence ! Excuse-moi !
Il m'a découvert la nuque, l'a piquetée de petits baisers. Et il s'est fait ardent. Passionné comme jamais. On a chaviré sur le lit. Julien a fait tomber quelque chose à côté. Mon plaisir est monté. Venu. A déferlé. Je l'ai proclamé. Pierre s'est fait tendre. Tendre et triomphant.
‒ Tu es à moi. À moi. Rien qu'à moi.
Autrement dit, s'il venait de se montrer, pour la première fois, aussi fervent, aussi amoureux à mon égard, c'était essentiellement pour envoyer un message à Julien… « Pas touche ! Elle est à moi. C'est ma chose. C'est moi qui la fais jouir. T'entends comme je la fais jouir ? » Je ne suis la chose de personne. Et ce qui compte, c'est le message que moi, j'ai envoyé à Julien. Pour son plaisir. Pour qu'il jouisse en m'entendant jouir. Et ce message-là, je suis sûre qu'il l'a parfaitement entendu…
Samedi 18 mai
Il m'a déposée devant la porte de mes parents. M'a effleuré les lèvres.
‒ On se voit tout-à-l 'heure ?
‒ Je sais pas. Les examens approchent. Et si je veux être à peu près au top…
‒ Demain alors ?
‒ On verra. Je te dirai. Je t'appellerai.
J'ai pas envie. Je lui en veux. De son comportement d'hier soir. Je lui en veux. Ça passe pas. Pour une fois qu'il me fait vraiment l'amour, mais vraiment – depuis le temps que j'attendais ça – faut que ce soit avec une idée derrière la tête. Faut qu'il me manipule. Non, de toute façon Pierre maintenant… C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, ça ! Faut mettre un terme. Je le sais bien que faut mettre un terme. Et je sais que je ne le ferai pas. Que je n'aurai pas le courage. Si seulement j'arrivais à comprendre pourquoi.
Ma mère a craqué.
‒ Si c'est pour nous tirer la gueule comme ça tout le week-end, Clémence, c'était pas la peine. Valait autant que tu restes là-bas.
‒ Je fais pas la gueule.
‒ Ah, non ? Eh ben je sais pas ce qu'il te faut.
‒ Je fais pas la gueule, non, mais je serai jamais prête pour mes partiels, moi. Ça me prend la tête. Tu peux pas savoir ce que ça me prend la tête. Sans compter que Pierre va me tanner pendant deux jours pour qu'on se voie.
‒ Dis-lui ! Il comprendra.
‒ Oui, ben alors là on voit que tu le connais pas. Non, le mieux, c'est encore que je retourne m'enfermer là-bas. Au calme. Je serai pas tentée… Et que je bosse, que je bosse, que je bosse. Comme une malade.
Aussitôt rentrée, j'ai appelé Sophie.
‒ Qu'est-ce tu fais ?
‒ Rien. Rien de spécial.
‒ On se retrouve alors ? On va au cinéma ? Ou quelque chose ? N'importe quoi. Tu veux ?
‒ Un peu que je veux !
Et ça a été du shopping finalement. Une boutique de sapes. Une autre. Encore une autre. À essayer des tas de trucs. Et puis…
‒ T'as vu ?
J'avais pas vu, non. Quoi ?
‒ Le vendeur. Juste en face. Il te bouffe des yeux. Un vrai meurt-de-faim. Aie pitié ! Montre-lui un peu.
‒ Ça craint !
‒ Tu parles ! T'as pas envie ?
‒ Ben si, mais…
‒ Eh ben alors ! Allez ! Rentre là-dedans ! Et essaie ce truc ! Je m'occupe du reste.
Elle a attendu un peu, derrière le rideau, et elle l'a soulevé.
‒ Ça te va ?
Je venais juste de sortir du pantalon. J'étais de dos, en string, penchée en avant. Elle l'a lentement – très lentement – laissé retomber…
En sortant, sur le trottoir, on a ri comme deux petites folles.
‒ il va se tirer sur l'élastique toute la soirée. Et ce sera ta faute.
Elle a fait le tour de l'appartement.
‒ Alors c'est là que t'habites…
‒ Ben oui, tu vois.
‒ Et ton colocataire ? Il est pas là ?
‒ Non. La porte d'entrée serait pas fermée à clef. Je crois qu'il est dans sa famille ce week-end. ‒ C'est pas mal, dis donc ! Un peu vieillot, mais pas mal du tout. Et c'est pas vrai qu'il y a une baignoire ! Une grande. Comme dans le temps. J'adore ! On se prend un bain ?
Elle a ouvert les robinets, tâté.
‒ Là… Elle est bonne. Juste à point. S'est débarrassée de ses vêtements, glissée dans l'eau.
‒ Eh ben viens ! Qu'est-ce t'attends ?
Elle m'a regardée me déshabiller.
‒ Qu'est-ce t'es bien foutue, n'empêche ! Ce serait un crime de pas le montrer. Vachement égoïste en fin de compte.
‒ Je montre bien un peu…
‒ Tu pourrais faire mieux. Beaucoup mieux. Avec le vendeur tout à l'heure…
‒ Oh, sa tête quand je suis passée devant lui en sortant ! Comment on s'est regardés ! Comment il m'a dit merci ! Comme ça. Juste avec les yeux.
‒ Ils en brillent encore, les tiens.
J'ai escaladé le rebord de la baignoire. Toutes les deux, face à face. Ses chevilles contre mes hanches. Les miennes contre les siennes.
‒ Qu'est-ce que c'est ? Ce bruit ? T'as pas entendu ?
‒ Non.
‒ Mais si ! Tiens, encore !
‒ Ah, oui ! Julien. Sûrement.
‒ On n'est pas censées savoir qu'il est là. Alors, ce que tu pourrais, c'est débouler innocemment à poil dans le séjour.
‒ À poil ? Complètement à poil ? Oh, non ! C'est trop tôt. C'est pas mûr. Mais ce que je pourrais au moins…
La musique. Sa musique.
‒ Trop tard. C'est raté.
‒ Il va finir par se poser des questions. Depuis le temps qu'on est dans cette baignoire. À faire les idiotes et à mettre de l'eau partout.
‒ Il doit fantasmer comme une bête. C'est leur truc ça, aux mecs, d'imaginer des filles ensemble. On a fini par se rhabiller. Par aller occuper la salle de séjour. Il n'est pas sorti de sa chambre.
Dimanche 19 mai
Il n'en est pas sorti non plus quand on a dîné, après, toutes les deux.
‒ T'es sûre qu'il existe ? Que tu l'as pas inventé ?
‒ Non, mais ça me paraît vraiment bizarre. Ça lui ressemble pas.
‒ Peut-être qu'il préfère nous écouter sans se montrer ?
Si c'est ça – je crois pas, mais en fait j'en sais rien du tout – si c'est ça, ben il a pas dû être déçu du voyage. Parce qu'elle est restée dormir, Sophie, et que jusqu'à six heures du matin, on a discuté toutes les deux dans la chambre. De tout. De rien. Mais surtout de son camping, là-bas, en Bretagne. D'autres trucs du même genre. Et puis du vendeur hier.
Quand je me suis réveillée, il était deux heures de l'après-midi. Sophie était partie en laissant un petit mot sur le clavier de mon ordi. « J'y vais… Je file… Mon copain va me tirer une tronche longue de six mètres sinon… Bisous… À demain… » Julien était dans le séjour devant la télé qu'il avait mise en sourdine.
‒ Salut !
‒ Salut ! C'est pas à cause de nous que t'es resté confiné dans ta chambre hier au moins ?
‒ Non. Oh, non ! J'avais des trucs à faire. Qui pressaient.
‒ On t'a pas gêné au moins ? On n'a pas fait trop de bruit ?
‒ T'en fais beaucoup plus avec ton copain.
Et il m'a fait un clin d'œil. Je me suis éclipsée dans la salle de bains. En rougissant un peu.
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BluePanthere
19 juillet 2025 à 11:11
Excellent, comme d'habitude ;)
Soyez respectueux
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