Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Maître des Abysses. — Chapitre 1 · La Main de son Jouet
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Maître des Abysses.
Chapitre 1 · La Main de son Jouet
Sur son bureau, le téléphone vibra une seule fois. Elle leva les yeux de l'écran de son ordinateur, jeta un regard rapide vers ses collègues penchés sur leurs claviers : 14 h 37. Réunion dans vingt minutes. Personne ne faisait attention.
Elle regarda l'appareil, vit son prénom. Son cœur fit ce petit bond idiot qu'elle détestait devoir reconnaître. Elle décrocha sans rien dire.
— J'ai rêvé de toi cette nuit, Mon Jouet.
Sa voix à lui était tranquille, presque nonchalante, comme s'il commentait la météo.
Elle regarda l'appareil, vit son prénom. Son cœur fit ce petit bond idiot qu'elle détestait devoir reconnaître. Elle décrocha sans rien dire.
— J'ai rêvé de toi cette nuit, Mon Jouet.
Sa voix à lui était tranquille, presque nonchalante, comme s'il commentait la météo.
Elle se leva, murmurant un « je reviens » à personne en particulier, et se dirigea vers le couloir sans hâte apparente. Les toilettes du troisième étage étaient toujours vides à cette heure. Elle en poussa la porte battante. Le néon grésillait, sa lumière crue découpait les angles des lavabos. Elle choisit une cabine au fond, qu'elle verrouilla derrière elle.
Elle ne répondit rien ; elle posa juste le téléphone sur le couvercle des toilettes, mit l'écouteur à son oreille, puis s'adossa au mur carrelé dont elle sentait le froid contre ses omoplates à travers sa robe légère.
Elle ne répondit rien ; elle posa juste le téléphone sur le couvercle des toilettes, mit l'écouteur à son oreille, puis s'adossa au mur carrelé dont elle sentait le froid contre ses omoplates à travers sa robe légère.
Le message continuait :
- On était dans une pièce sans fenêtres. Juste une lampe sur une table basse. Tu portais cette robe que tu avais mise une fois, celle qui s'ouvre sur le devant avec des petits boutons. Mais dans le rêve, elle était déjà ouverte. Pas arrachée. Juste… ouverte. Comme si tu l'avais déboutonnée pour moi, avant même que j'arrive.
- On était dans une pièce sans fenêtres. Juste une lampe sur une table basse. Tu portais cette robe que tu avais mise une fois, celle qui s'ouvre sur le devant avec des petits boutons. Mais dans le rêve, elle était déjà ouverte. Pas arrachée. Juste… ouverte. Comme si tu l'avais déboutonnée pour moi, avant même que j'arrive.
Là, elle portait justement cette robe. Alors elle ferma les yeux. Ses doigts glissèrent sur le premier bouton, celui juste entre les seins ; pas pour le défaire, mais seulement pour sentir le tissu tirer légèrement sur sa peau.
- Tu t'es approchée sans un bruit. Tu t'es agenouillée entre mes jambes. Pas pour me toucher. Juste pour rester là, les mains posées sur mes cuisses, à regarder mon visage comme si tu voulais mémoriser chacun de mes tics nerveux.
Elle releva sa robe de quelques centimètres. Assez pour que l'air frais atteigne l'intérieur des cuisses. Le contraste avec la chaleur qui montait déjà lui arracha un frisson silencieux.
- Et puis tu as posé ta bouche sur moi. Pas directement. D'abord sur l'intérieur de la cuisse, très près, mais pas encore là. Tu respirais contre moi. Lentement. Je sentais ton souffle chaud à travers le tissu. Tu le faisais exprès, ce petit jeu de proximité.
Sa main droite descendit, effleurant la dentelle de son string. Pas plus. Juste le contact plat de la paume, immobile. Elle sentait déjà le tissu devenir humide sous sa pression légère.
- Quand tu as enfin écarté le tissu… c'était lent. Tellement lent. Ta langue a juste effleuré, un aller-retour presque imperceptible. J'ai soupiré. Tu as souri contre moi, je le jure, j'ai senti tes lèvres s'étirer. Et puis tu as recommencé, un peu plus appuyé, un peu plus longtemps.
Elle glissa deux doigts sous la dentelle, sans les enfoncer. Juste posés là, contre la moiteur, sentant son propre pouls battre à cet endroit précis. Elle ne bougea pas. Pas encore. Elle écoutait.
- Tu me prenais dans ta bouche par moments, profondément, et puis tu reculais presque entièrement, pour ne laisser que le bout de ta langue qui tournait, tournait… Je gémissais parfois ton prénom. Pas fort, comme un réflexe.
Un bruit de pas dans le couloir. Quelqu'un passa devant la porte des toilettes. Elle se figea, doigts toujours immobiles, cœur cognant dans sa poitrine. Elle arrêta de respirer…
Les pas s'éloignèrent… Elle haletait.
Puis elle reprit son souffle. Et enfin, très doucement, elle entama un mouvement circulaire, minuscule, à peine perceptible sur son bouton. Le plaisir était discret, presque secret, comme un murmure qu'on s'adresse à soi-même.
Les pas s'éloignèrent… Elle haletait.
Puis elle reprit son souffle. Et enfin, très doucement, elle entama un mouvement circulaire, minuscule, à peine perceptible sur son bouton. Le plaisir était discret, presque secret, comme un murmure qu'on s'adresse à soi-même.
- Dans le rêve je t'ai relevée d'un coup. Je t'ai collée au mur, tu as passé une de tes jambes autour de ma taille et tu as guidé mon sexe en toi sans me quitter des yeux. Je t'ai empalée d'un mouvement fluide, complet, profondément, t'arrachant un soupir. On est restés immobiles un long moment. Juste toi autour de moi, chaude, serrée, et tes mains sur mes épaules. Nos yeux cherchant le plaisir dans les pupilles de l'autre.
Ses doigts s'enfoncèrent d'un coup en elle. Jusqu'au fond. Assez pour que le plaisir commence à irradier, à remonter le long de son ventre. Elle se mit à mordiller l'intérieur des sa lèvre pour ne pas faire de bruit.
- Et puis tu as bougé. Pas vite. Juste ce qu'il fallait. Chaque remontée me faisait perdre un peu plus pied. Je répondais par des coups de reins, secs et brefs. Tes seins frôlaient ma poitrine à chaque fois. Tes ongles entraient dans ma peau. Pas pour marquer, mais pour t'ancrer.
Sa respiration devenait courte, saccadée. Elle appuya le front contre le carrelage frais du mur. Les doigts glissaient maintenant plus facilement, plus profondément. Le plaisir montait en vagues lentes, presque douloureuses à force d'être contenues.
Elle aurait pu s'arrêter. Il lui suffisait de retirer sa main, de respirer, de raccrocher. Mais elle laissait faire, comme si décider de ne plus décider était encore une forme de contrôle.
Elle aurait pu s'arrêter. Il lui suffisait de retirer sa main, de respirer, de raccrocher. Mais elle laissait faire, comme si décider de ne plus décider était encore une forme de contrôle.
- Tu t'es penchée vers mon oreille. Tu as murmuré : “Ne jouis pas avant moi.” Et c'est là que j'ai compris que même dans le rêve, Mon Jouet voulait décider.
Silence à l'autre bout du fil. Puis sa voix, plus rauque :
- Je me suis réveillé juste avant. Toi sur le point de basculer. Moi aussi.
Elle ne répondait pas. Ses doigts ne s'arrêtaient plus. Un spasme la traversa, discret, presque invisible mais impitoyable. Elle plaqua l'autre main contre sa bouche pour étouffer le son qui voulait sortir. L'orgasme éclata en silence, long, tremblant, presque un sanglot, ses jambes flageolèrent un instant, alors elle s'appuya contre le mur.
Quand elle retrouva son souffle, elle entendit qu'il respirait différemment lui aussi ; plus lourd ; plus saccadé.
Elle raccrocha sans un mot puis remit sa robe en place, lissa le tissu et réagrafa ses boutons. Elle sortit se passer les mains sous l'eau froide, en regardant dans le miroir le reflet de ses joues légèrement rosies et de ses pupilles encore dilatées.
Elle retourna au bureau. Personne ne remarqua rien.
Quand elle retrouva son souffle, elle entendit qu'il respirait différemment lui aussi ; plus lourd ; plus saccadé.
Elle raccrocha sans un mot puis remit sa robe en place, lissa le tissu et réagrafa ses boutons. Elle sortit se passer les mains sous l'eau froide, en regardant dans le miroir le reflet de ses joues légèrement rosies et de ses pupilles encore dilatées.
Elle retourna au bureau. Personne ne remarqua rien.
Dix minutes plus tard, elle lui envoya un unique message vocal ; très court, d'une voix neutre, presque administrative :
- Ton rêve était précis. Merci. J'ai joui.
- Ton rêve était précis. Merci. J'ai joui.
Elle joignit une photo, assez explicite pour qu'il comprenne : juste de sa main, encore luisante, posée sur le lavabo. Elle sourit en sachant l'effet que cela lui ferait. Puis elle reposa le téléphone.
Ce qui la troublait, ce n'est pas d'avoir perdu le contrôle. C'était d'avoir aimé le moment précis où elle l'avait laissé partir.
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