Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Maître des Abysses. — Chapitre 2 · Le Banquet... Ou “Si Platon m'était conté”
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Maître des Abysses.
Chapitre 2 · Le Banquet... Ou “Si Platon m'était conté”
Le brouhaha des citations latines et des rires académiques sature la salle des actes.
On fête les nouveaux agrégés dans un décor de boiseries sombres et de savoir figé. Elle est là, au centre des regards, le visage un peu las mais le port de tête altier, drapée dans une dignité qui semble l'isoler du reste de la foule.
Tout le département l'entoure, les verres de champagne se lèvent dans un balancement mécanique, les bulles éclatent en un crépitement léger qui se perd dans le fracas des conversations mondaines. La lumière des lustres est crue, presque agressive sur le cristal, les médailles et le bois poli des tables.
Elle écoute la longue diatribe d'un collègue qui disserte sur l'éthique, une analyse technique, sans relief, une suite de concepts arides qu'elle aurait pu réciter à l'envers, mais elle ne l'entend pas vraiment. Sa voix n'est qu'un bourdonnement lointain, une rumeur de fond sans importance.
On fête les nouveaux agrégés dans un décor de boiseries sombres et de savoir figé. Elle est là, au centre des regards, le visage un peu las mais le port de tête altier, drapée dans une dignité qui semble l'isoler du reste de la foule.
Tout le département l'entoure, les verres de champagne se lèvent dans un balancement mécanique, les bulles éclatent en un crépitement léger qui se perd dans le fracas des conversations mondaines. La lumière des lustres est crue, presque agressive sur le cristal, les médailles et le bois poli des tables.
Elle écoute la longue diatribe d'un collègue qui disserte sur l'éthique, une analyse technique, sans relief, une suite de concepts arides qu'elle aurait pu réciter à l'envers, mais elle ne l'entend pas vraiment. Sa voix n'est qu'un bourdonnement lointain, une rumeur de fond sans importance.
Elle se rappelle encore le froid du carrelage des toilettes dans son dos, comme une brûlure persistante. Elle sent encore la pression de ses propres doigts, la morsure de sa lèvre pour étouffer un cri, le silence lourd de l'autre côté du fil.
L'odeur d'ozone du néon qui grésillait semble flotter entre les vapeurs de vin blanc et les effluves de parfums chers. Elle se sent scindée : une intellectuelle brillante pour l'assemblée, une proie consentante dans son propre souvenir.
L'odeur d'ozone du néon qui grésillait semble flotter entre les vapeurs de vin blanc et les effluves de parfums chers. Elle se sent scindée : une intellectuelle brillante pour l'assemblée, une proie consentante dans son propre souvenir.
C'est alors qu'elle le voit.
Il traverse la pièce avec cette démarche que rien ne semble pouvoir ébranler. Une veste de cuir sombre sur une chemise blanche ouverte au col, l'aisance de celui qui n'a plus rien à prouver, pas même sa présence au milieu de l'élite, une ombre qui marche.
Il ne la regarde pas tout de suite. Il s'arrête, échange quelques mots, sourit avec une politesse glacée, distribuant son attention avec une parcimonie calculée qui s'apparente à du mépris.
Il ne la regarde pas tout de suite. Il s'arrête, échange quelques mots, sourit avec une politesse glacée, distribuant son attention avec une parcimonie calculée qui s'apparente à du mépris.
Puis, il se dirige vers elle.
Le collègue s'interrompt, intimidé par cette stature qui semble absorber la lumière ambiante. Il s'efface légèrement en réajustant ses lunettes avec un empressement maladroit, cherchant dans le regard de l'arrivant une validation qu'il n'obtiendra pas.
Il s'immisce dans le cercle, s'installe à ses côtés. Trop près. Son épaule frôle la sienne, une pression ferme, délibérée, à travers le tissu de sa veste. Elle perçoit la chaleur de son corps, un contraste violent, presque insupportable, avec le souvenir du carrelage froid. Son propre corps se trahit ; elle sent ses muscles se tendre, son cœur s'affoler sous la soie de sa robe.
— « Je n'ai pas eu le temps de vous féliciter pour ce succès », dit-il d'une voix parfaitement neutre, adressée à elle seule, alors que ses yeux parcourent son visage avec une lenteur indécente, comme s'il lisait entre ses lignes.
Le collègue sourit, un peu servile, hochant la tête à chaque mot comme pour se donner une contenance : « La meilleure note de la session, une autorité précoce dans le domaine. Un triomphe de la rigueur sur l'improvisation. N'est-ce pas fascinant de voir la pensée pure s'incarner avec tant de force ? »
Il ignore l'interruption comme on écarte une poussière sur un revers. Ses yeux plongent dans les siens, cherchant la trace du spasme dans la fixité de son regard, le reste de la dilatation qu'aucune érudition ne peut cacher.
— « Un travail d'une précision remarquable », reprend-il, le mot "précision" claque comme un fouet à ses oreilles. « Très... évocateur. J'ai particulièrement apprécié votre conclusion. Elle était redoutablement explicite. »
Elle sent le sang lui monter aux joues, une vague de chaleur qui part du ventre et lui enserre la gorge. Elle serre son verre de champagne si fort que le cristal manque de céder, ses phalanges blanchissent sous le liquide doré qui tremble imperceptiblement. Elle sait qu'il ne parle pas de philosophie. Elle sait qu'il a sa main luisante dans la mémoire de son téléphone, juste là, dans la poche de sa veste, à quelques centimètres de sa propre hanche. Elle imagine l'image sur l'écran, le contraste de sa peau contre le blanc immaculé du lavabo, l'impudeur de la preuve.
— « Je pensais que vous aimeriez les détails », répond-elle enfin.
Sa voix est un fil tendu, un murmure qui lutte pour rester stable, mais elle ne baisse pas les yeux. C'est sa manière à elle de ne pas fléchir devant les autres.
Il esquisse un sourire imperceptible et pose sa main sur le rebord du buffet, juste à côté de la sienne. Ses doigts restent là, immobiles — une seconde, peut-être deux — suspendue dans une hésitation si brève qu'elle aurait pu ne pas exister. Mais elle existe. Elle l'a vue. Un infime délai entre la décision et le geste, comme si quelque chose en lui l'avait fait hésiter.
Comme si lui aussi, sous l'impassibilité parfaite, portait le poids de ce qu'il allait faire. Puis ses doigts effleurent le dos de sa main. Un contact léger, presque accidentel pour un observateur extérieur, mais pour elle, c'est une décharge qui la traverse de la nuque aux chevilles. Le monde autour s'efface, les voix se perdent, le décor s'évapore. Il n'y a plus que ce centimètre de peau contre peau, une frontière ténue entre le décorum et le chaos. Le bout de leurs doigts se cherchent.
Il esquisse un sourire imperceptible et pose sa main sur le rebord du buffet, juste à côté de la sienne. Ses doigts restent là, immobiles — une seconde, peut-être deux — suspendue dans une hésitation si brève qu'elle aurait pu ne pas exister. Mais elle existe. Elle l'a vue. Un infime délai entre la décision et le geste, comme si quelque chose en lui l'avait fait hésiter.
Comme si lui aussi, sous l'impassibilité parfaite, portait le poids de ce qu'il allait faire. Puis ses doigts effleurent le dos de sa main. Un contact léger, presque accidentel pour un observateur extérieur, mais pour elle, c'est une décharge qui la traverse de la nuque aux chevilles. Le monde autour s'efface, les voix se perdent, le décor s'évapore. Il n'y a plus que ce centimètre de peau contre peau, une frontière ténue entre le décorum et le chaos. Le bout de leurs doigts se cherchent.
— « Les détails font toute la différence », murmure-t-il en se penchant vers elle, comme pour lui confier la glose confidentielle d'un texte ancien.
L'odeur de son parfum l'enveloppe. C'est un sillage sombre, de l'ambre mêlé à un soupçon de cuir et de tabac froid, une fragrance qui ne cherche pas à plaire mais à imposer sa loi. Elle l'inspire malgré elle, sentant cette note boisée descendre au fond de ses poumons, une présence physique qui la suffoque et l'excite à la fois. Elle ferme les yeux une fraction de seconde, assez pour revoir l'intérieur de la cabine, le vertige de la solitude habitée.
— « Mais attention, Mon Jouet... à force de vouloir être précise, on finit par laisser des traces », murmure-t-il.
Il retire sa main. Se redresse. L'air froid de la pièce s'engouffre brusquement là où il se tenait, la laissant nue au milieu de la foule.
— « Je vous laisse à vos invités. J'ai d'autres systèmes à déconstruire ce soir. »
Il s'éloigne sans se retourner, fendant la foule avec la même assurance tranquille.
Elle reste là, au milieu des félicitations qui reprennent, immobile, le souffle court.
Le collègue servile recommence sa logorrhée de compliments vides qui glissent sur elle sans l'atteindre. Elle regarde sa propre main posée sur la nappe blanche, celle de la photo, celle qui a tout déclenché. Elle tremble légèrement. Elle a l'impression que tout le monde peut deviner la moiteur qui la gagne sous la robe d'apparat.
Elle reste là, au milieu des félicitations qui reprennent, immobile, le souffle court.
Le collègue servile recommence sa logorrhée de compliments vides qui glissent sur elle sans l'atteindre. Elle regarde sa propre main posée sur la nappe blanche, celle de la photo, celle qui a tout déclenché. Elle tremble légèrement. Elle a l'impression que tout le monde peut deviner la moiteur qui la gagne sous la robe d'apparat.
Ce qui la trouble, ce n'est pas son arrogance. C'est d'avoir aimé le moment précis où elle l'a laissé commencer.
Elle se souvient de cette parole qu'elle lui avait adressé quelques jours auparavant, sans trop y croire : “Fais de moi ton jouet”.
Elle se souvient de cette parole qu'elle lui avait adressé quelques jours auparavant, sans trop y croire : “Fais de moi ton jouet”.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()