Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Maître des Abysses. — Chapitre 3 · L'Exégèse du Silence
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Maître des Abysses.
Chapitre 3 · L'Exégèse du Silence
La porte de son appartement claque, un bruit sec qui met fin à la comédie sociale de la soirée.
Le silence qui suit est lourd, presque physique.
Elle ne prend pas la peine d'allumer les lumières de l'entrée.
Elle reste là, seule dans la pénombre, le dos contre le bois verni, la respiration encore hachée par la course en taxi. Elle se sent comme une intruse dans sa propre vie, une agrégée de philosophie qui, sous sa robe, porte encore l'empreinte invisible de cette épaule contre la sienne et l'écho de ce parfum d'ambre et de cuir.
Le silence qui suit est lourd, presque physique.
Elle ne prend pas la peine d'allumer les lumières de l'entrée.
Elle reste là, seule dans la pénombre, le dos contre le bois verni, la respiration encore hachée par la course en taxi. Elle se sent comme une intruse dans sa propre vie, une agrégée de philosophie qui, sous sa robe, porte encore l'empreinte invisible de cette épaule contre la sienne et l'écho de ce parfum d'ambre et de cuir.
Elle se débarrasse de ses escarpins. Le contact du parquet froid sous ses pieds nus la fait frissonner, rappelant brutalement le carrelage de la cabine, puis la chaleur du buffet. Elle avance vers le salon, guidée par les reflets de la ville qui filtrent à travers les grandes fenêtres.
Sur la table basse, son exemplaire du Banquet de Platon est resté ouvert. Elle le regarde avec une ironie amère : les concepts de Beauté et de Bien lui semblent désormais bien fades face à la réalité de la décharge électrique qui l'a traversée quelques heures plus tôt.
Sur la table basse, son exemplaire du Banquet de Platon est resté ouvert. Elle le regarde avec une ironie amère : les concepts de Beauté et de Bien lui semblent désormais bien fades face à la réalité de la décharge électrique qui l'a traversée quelques heures plus tôt.
Elle pose son téléphone sur la table. Il est là, noir et silencieux.
Une petite brique de verre et de métal qui contient sa vérité, sa chute.
Elle hésite, puis s'assoit sur le bord du canapé, les mains jointes, attendant une sentence qu'elle a elle-même appelée.
Une petite brique de verre et de métal qui contient sa vérité, sa chute.
Elle hésite, puis s'assoit sur le bord du canapé, les mains jointes, attendant une sentence qu'elle a elle-même appelée.
Le vibreur fait soudain sauter l'appareil sur le bois. Le son est minuscule, mais dans ce mutisme, il résonne comme un coup de tonnerre. Elle ne déverrouille pas l'écran tout de suite. Elle regarde la notification s'afficher dans la nuit de la pièce. Pas de nom, juste un numéro qu'elle connaît par cœur désormais.
— « Déshabille-toi. Doucement. Je veux chaque étape. »
Un ordre. Sans préambule, sans politesse.
La suite logique de sa "déconstruction" entamée au banquet. Elle sent sa gorge se nouer.
Elle n'est plus la brillante lauréate entourée de collègues serviles ; elle est redevenue « Mon Jouet » — mais ce nom, ce soir, lui appartient différemment.
La suite logique de sa "déconstruction" entamée au banquet. Elle sent sa gorge se nouer.
Elle n'est plus la brillante lauréate entourée de collègues serviles ; elle est redevenue « Mon Jouet » — mais ce nom, ce soir, lui appartient différemment.
Elle se lève et se place face au miroir du salon, celui qui reflète les lumières orangées des lampadaires de la rue.
Elle commence à défaire la fermeture éclair de sa robe d'apparat. Le tissu glisse, révélant la pâleur de ses épaules.
Elle prend une photo. Ses mains tremblent légèrement, mais son regard dans le miroir est d'une détermination glacée.
Elle envoie le cliché. Le silence revient, plus oppressant encore. Elle attend, la robe à mi-corps, le cœur cognant contre ses côtes.
Elle se demande s'il regarde l'image avec la même "précision" qu'il met à déconstruire les systèmes.
Elle imagine ses doigts caressant son corps sur l'écran, les mêmes qui ont effleuré sa main au buffet.
Elle commence à défaire la fermeture éclair de sa robe d'apparat. Le tissu glisse, révélant la pâleur de ses épaules.
Elle prend une photo. Ses mains tremblent légèrement, mais son regard dans le miroir est d'une détermination glacée.
Elle envoie le cliché. Le silence revient, plus oppressant encore. Elle attend, la robe à mi-corps, le cœur cognant contre ses côtes.
Elle se demande s'il regarde l'image avec la même "précision" qu'il met à déconstruire les systèmes.
Elle imagine ses doigts caressant son corps sur l'écran, les mêmes qui ont effleuré sa main au buffet.
Le téléphone vibre à nouveau. Un seul mot, cette fois.
— « Continue. »
Elle sait alors que la nuit ne fait que commencer. Que l'agrégation n'était que le prélude, et que la véritable épreuve, celle de sa propre vérité, se joue ici, dans ce dépouillement méthodique, sous l'œil invisible de celui qui a fait d'elle son chef-d'œuvre.
Le téléphone vibre une troisième fois.
— « Mon Jouet. »
Elle peut presque entendre sa voix, comme un murmure qui lui effleure la nuque.
— « Peut-être », répond-elle.
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