Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Maître des Abysses. — Chapitre 4 · Les Trompettes de Jéricho
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Maître des Abysses.
Chapitre 4 · Les Trompettes de Jéricho
La porte se referme derrière elle dans un souffle étouffé.
L'appartement est presque vide. Presque trop neutre pour être habité, trop silencieux pour être confortable. Une pièce de transition, comme si rien ici n'avait vocation à durer. Comme dans son rêve, une lampe basse diffuse une lumière chaude, en décalage avec la nuit noire derrière les vitres.
L'appartement est presque vide. Presque trop neutre pour être habité, trop silencieux pour être confortable. Une pièce de transition, comme si rien ici n'avait vocation à durer. Comme dans son rêve, une lampe basse diffuse une lumière chaude, en décalage avec la nuit noire derrière les vitres.
Il est là… Debout, près de la fenêtre. De dos. Il ne se retourne pas. Comme s'il lui laissait le temps d'entrer, de décider si elle reste ou pas. De mesurer la distance, de comprendre ce qu'elle venait chercher.
Elle referme la porte sans bruit. Ses doigts restent un instant posés sur la poignée. Elle pourrait encore partir. Cette pensée la traverse, claire, nette, presque apaisante.
Elle referme la porte sans bruit. Ses doigts restent un instant posés sur la poignée. Elle pourrait encore partir. Cette pensée la traverse, claire, nette, presque apaisante.
Finalement, ses doigts lâchent la poignée. Elle ne bouge pas.
Alors il se tourne… Pas de sourire… Pas de mot. Son regard glisse sur elle avec cette lenteur qu'elle connaît déjà. Mesurée. Précise.
Comme s'il reprenait une lecture interrompue. Elle sent son corps répondre avant même qu'il ne fasse un pas. Le souvenir du carrelage, la chaleur du buffet, la tension du miroir — tout revient, mais dilué, étiré, prêt à céder.
Alors il se tourne… Pas de sourire… Pas de mot. Son regard glisse sur elle avec cette lenteur qu'elle connaît déjà. Mesurée. Précise.
Comme s'il reprenait une lecture interrompue. Elle sent son corps répondre avant même qu'il ne fasse un pas. Le souvenir du carrelage, la chaleur du buffet, la tension du miroir — tout revient, mais dilué, étiré, prêt à céder.
Il attend… Elle s'approche, chaque pas est un consentement.
Il s'approche également… Un pas. Puis un autre. Le même rythme que dans le couloir, que dans la salle, que dans sa voix. Toujours cette manière de ne jamais brusquer, de laisser le temps devenir une pression.
Elle ne recule pas. Lorsqu'il n'est plus qu'à quelques centimètres, l'air entre eux devient dense, presque difficile à respirer.
Elle perçoit à nouveau ce parfum — ambre, cuir, quelque chose de plus sombre encore — mais il ne l'envahit plus de la même manière.
Il s'approche également… Un pas. Puis un autre. Le même rythme que dans le couloir, que dans la salle, que dans sa voix. Toujours cette manière de ne jamais brusquer, de laisser le temps devenir une pression.
Elle ne recule pas. Lorsqu'il n'est plus qu'à quelques centimètres, l'air entre eux devient dense, presque difficile à respirer.
Elle perçoit à nouveau ce parfum — ambre, cuir, quelque chose de plus sombre encore — mais il ne l'envahit plus de la même manière.
Il attend… C'est nouveau. Infime, presque imperceptible… Mais il attend.
Elle pourrait parler. Poser une règle, un mot, une limite. Elle n'en pose aucune, elle abandonne peu à peu, elle lâche prise… Elle commence à comprendre l'idée de confiance.
Sa main se lève, lentement, et vient se poser contre son torse.
Elle sent la chaleur à travers le tissu, le battement régulier, plus rapide qu'il ne devrait l'être.
Un instant suspendu. Puis elle s'approche. C'est à peine un mouvement… Un déplacement du poids du corps… C'est subtil, mais suffisant.
Elle pourrait parler. Poser une règle, un mot, une limite. Elle n'en pose aucune, elle abandonne peu à peu, elle lâche prise… Elle commence à comprendre l'idée de confiance.
Sa main se lève, lentement, et vient se poser contre son torse.
Elle sent la chaleur à travers le tissu, le battement régulier, plus rapide qu'il ne devrait l'être.
Un instant suspendu. Puis elle s'approche. C'est à peine un mouvement… Un déplacement du poids du corps… C'est subtil, mais suffisant.
La distance disparaît. Le premier contact est simple… Presque calme. Rien de spectaculaire… Rien de brusque.
Et pourtant, tout cède… Impitoyablement, les murs de la méfiance s'effondrent sous leurs trompettes de Jéricho.
Le monde extérieur se dissout sans bruit. Les murs, la lumière, la ville derrière les vitres — tout devient secondaire, flou, inutile.
Et pourtant, tout cède… Impitoyablement, les murs de la méfiance s'effondrent sous leurs trompettes de Jéricho.
Le monde extérieur se dissout sans bruit. Les murs, la lumière, la ville derrière les vitres — tout devient secondaire, flou, inutile.
Il n'y a plus de regard à soutenir… Plus de rôle à jouer.
Elle ne sait plus exactement qui a initié le geste suivant. Ni si ce sont ses mains à elle ou les siennes qui ont commencé à chercher.
Le temps se fragmente. Chaque sensation devient isolée, amplifiée, détachée du reste. Une respiration contre la peau… Une pression… Une hésitation qui n'en est plus une. Le contrôle ne disparaît pas… Il se dissout. Il n'appartient plus à l'un ou à l'autre… Il circule. Ou peut-être n'existe-t-il plus du tout.
Elle ne sait plus exactement qui a initié le geste suivant. Ni si ce sont ses mains à elle ou les siennes qui ont commencé à chercher.
Le temps se fragmente. Chaque sensation devient isolée, amplifiée, détachée du reste. Une respiration contre la peau… Une pression… Une hésitation qui n'en est plus une. Le contrôle ne disparaît pas… Il se dissout. Il n'appartient plus à l'un ou à l'autre… Il circule. Ou peut-être n'existe-t-il plus du tout.
Il n'y a plus de “Mon Jouet”... Plus de maître… Plus de distance à gérer. Juste ce point précis, instable, où les intentions se confondent. Elle sent le moment exact où elle cesse de vouloir comprendre. Où elle accepte de ne plus distinguer.
Et c'est là que tout bascule.
Ce n'est plus un échange, c'est une dévoration. Un ballet de doigts qui ne cherchent plus à palper mais à s'ancrer, s'enfonçant dans la chair pour y marquer un territoire qui n'appartient déjà plus à personne. Elle sent ses doigts fouiller son intimité, s'enfoncer en elle et lui arracher ses dernières pudeurs ; lui sent ses liqueurs inonder sa main. Une réalité organique irréversible. Leurs langues s'entrelacent avec une faim brutale, comme pour arracher les derniers mots.
Elle sent le tissu de sa robe céder, un glissement fluide qui l'abandonne à l'air frais de la pièce, avant que la rudesse de sa veste de cuir et la chaleur dévorante de son corps à lui ne deviennent son seul horizon. Les souffles se court-circuitent, les râles deviennent la seule ponctuation d'un texte qui s'écrit à même la peau, entre morsures et caresses électriques. Dans l'entremêlement sauvage des sexes, là où la moiteur des liqueurs corporelles se confond, il n'y a plus de sujet ni d'objet. Chaque cambrure est un appel, chaque pression de ses reins contre les siens une injonction silencieuse. Elle s'ouvre, il s'engouffre ; ils se désagrègent l'un dans l'autre, laissant la brûlure de l'étreinte et le goût du sel sur leurs lèvres remplacer définitivement la froideur de la logique.
Pas dans l'abandon. Dans l'effacement… Le sien… Le sien à lui… Ou les deux à la fois. Elle ferme les yeux.
Et pour la première fois, ce n'est pas la perte de contrôle qui la trouble. C'est de ne plus savoir, à cet instant précis, qui a pris l'autre.
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