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Couverture de Confessions d’une Pharmacienne, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Confessions d’une Pharmacienne — Chapitre 5 · Le Frisson de l’aube

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Galaxie rouge
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Confessions d’une Pharmacienne

Chapitre 5 · Le Frisson de l’aube

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent :
Alors qu'elle croyait sa journée enfin paisible, Sophie tombe nez à nez avec Michel, son ex-mari, posté devant la pharmacie. Son corps se fige, la peur revient, intacte. Mais Jimmy surgit. Calme. Inébranlable. Il se place entre elle et son passé. Quelques mots suffisent à faire reculer Michel. Pour la première fois, Sophie voit la peur changer de camp. Et dans le regard de Jimmy, elle découvre une force douce, protectrice… une présence qui bouleverse tout.
Le réveil vibre : 6h00.
Sophie ouvre les yeux, trop vite, comme si quelque chose la tirait hors du sommeil. La lumière de l'aube découpe les angles calmes de sa chambre, adoucit les ombres. Elle reste là, quelques secondes, les paupières entrouvertes, le souffle court. Son cœur bat déjà plus vite que nécessaire. Elle ne sait pas si c'est l'idée de courir ou l'idée de le retrouver.
Elle s'assoit au bord du lit. Son corps est lourd, engourdi d'une nuit trop agitée. Chaque muscle proteste à mi-voix, mais elle se lève, en silence, comme on entre en scène.
Elle enfile son legging noir, le tissu glisse contre ses cuisses. Puis sa brassière fine, noire aussi, sans culotte dessous. Plus confortable, se dit-elle, même si elle sent au fond d'elle que ce n'est pas la vraie raison. Elle passe son débardeur gris, ajuste les bretelles, chausse ses baskets. Ses gestes sont précis, mais lents. Comme si elle voulait retarder ce moment ou le savourer.
Avant de sortir, elle s'approche du miroir. Elle s'arrête. Redresse la tête.
Ce qu'elle voit la trouble plus qu'elle ne veut l'admettre.
Son reflet la regarde. Pâle, fébrile. Les cernes sous ses yeux trahissent une nuit agitée, mais son visage n'a rien de brisé. Il est juste à nu. Pas moche. Pas maquillé. Juste fragile. Humaine. Elle inspire profondément, comme si cela pouvait chasser le tremblement qui lui reste au fond du ventre.
C'est juste un footing, se dit-elle. Rien de plus. Mais elle sait ce qu'elle a mis : un soupçon de mascara, un peu de baume sur les lèvres, et ce legging dans lequel elle se sent soudain presque nue. Et ce picotement, persistant, obstiné, niché tout bas depuis qu'il a posé la main sur son épaule. Ce n'est pas le sport qui la fait vibrer ce matin.
C'est l'idée de le revoir. C'est la mémoire de son regard. C'est l'envie folle, incontrôlable, qu'il la touche encore.
Jimmy est déjà éveillé. Il n'attend jamais l'alarme. Son corps est programmé, réglé au millimètre. Mais ce matin, ce n'est pas un réflexe qui l'a tiré du sommeil. C'est une attente. Une impatience calme, logée quelque part entre le plexus et la gorge.
Il s'étire, torse nu, traverse la pièce pieds nus. Un regard vers son short de sport, posé sur le dossier de la chaise.
Puis vers son téléphone, sur lequel clignote un message.
Reçu tard.
— Toujours partant ?
Il sourit. Sobre. Pas un smiley. Pas un mot de trop. Mais il entend ce que ce message ne dit pas. Il entend le tremblement sous les mots.
Il passe son short, enfile un t-shirt noir qui épouse son torse, attrape ses baskets. Puis, il se redresse, regarde une dernière fois l'écran avant de sortir. Il murmure, à lui-même :
— Elle viendra. Et moi, je tiendrai bon. Peut-être.
L'air, encore chargé d'humidité nocturne, dégage une odeur de mousse et de bois humide. Un voile de brume glisse lentement entre les troncs. Sophie attend près d'un banc, les bras croisés sur sa poitrine. Non pour le confort, mais pour contenir le frisson qui lui parcourt l'échine. Sa brassière est fine, trop fine peut-être, et elle sent ses tétons s'éveiller au contact du tissu tendu. Elle tente de respirer calmement, mais ses jambes trépignent déjà.
Il arrive. À pas lents. Droit. Silencieux. Son t-shirt noir colle à ses épaules, moule son torse comme une seconde peau. Il ne regarde ni ses pieds ni le sol. Il marche comme un homme qui ne doute pas. Pas de l'espace. Pas de sa place.
Sophie le salue d'un petit mouvement de tête. Sobre. Presque militaire. Mais à l'intérieur, son cœur cogne, irrégulier, comme s'il répondait à une urgence invisible. Elle tente de rester droite, mais son souffle se suspend quand elle croise son regard.
Jimmy répond par un sourire calme. Lent. Confiant. Un sourire qui ne dévoile rien… mais qui sait. Un sourire qui touche quelque chose de nu chez elle, plus bas que le ventre. Plus profond que la peur.
— Tu es venue.
— Je cours toujours quand je dis que je vais courir.
Il hoche la tête, amusé.
— Alors, cours. Et essaie de me suivre.
Elle relève les yeux. Ils brillent. Elle part. Plus vite qu'elle ne l'aurait cru.
Ses pas frappent la terre humide, rapides, irréguliers, comme son souffle. Elle file entre les arbres, mais ce n'est pas la vitesse qu'elle cherche. C'est l'oubli. Ou peut-être, l'éveil. Elle sent ses muscles s'échauffer, son cœur battre dans sa poitrine, et ses pensées, elles, dériver vers l'homme derrière elle.
Les siens sont plus lourds, plus sûrs. Il la suit. Elle le sent. Elle le devine même les yeux fermés. Son énergie s'approche, la frôle, l'enveloppe. Et elle veut qu'il soit là. Près. Juste assez près pour qu'elle sente son souffle. Pas trop, pas encore. Assez pour la faire frémir.
Elle accélère. L'air frais, fouette ses joues, fait picoter ses yeux. Mais ce n'est pas le froid qui fait monter cette chaleur en elle. C'est autre chose. Une tension. Une attente. Chaque foulée réveille son ventre, puis plus bas encore. Là où la brassière ne peut rien cacher. Là où son legging, collé à sa peau nue, frotte avec une insistance qui trouble. Ce n'est pas le froid. C'est le désir. Pur. Brûlant. Silencieux.
Il la rattrape. La dépasse. Lentement. Sans forcer. Sans même la regarder. Mais elle le sent sourire. Elle le sent rayonner. C'est comme s'il la frôlait sans la toucher, comme s'il lui murmurait quelque chose à même la peau, juste avec sa présence.
Et c'est là que ça arrive.
Son pied glisse. L'instant se dilate. Le sol bascule. Une torsion vive dans la cheville. L'herbe humide fuse sous son dos.
Un craquement. Un souffle coupé. La chute.
— Sophie !
Il est déjà à genoux. Il la retourne avec une lenteur maîtrisée, presque douce. Ses mains s'ancrent contre son dos, contre sa hanche, larges et brûlantes malgré le froid du matin. Il l'appelle, sa voix est basse, inquiète, mais posée. Comme un ancrage dans la panique.
Elle est couchée sur le flanc, son bras replié, son visage rougi, ses lèvres entrouvertes. Sa poitrine se soulève à un rythme affolé sous la brassière qui ne contient plus rien. Mais ce n'est pas la douleur qui fait briller ses yeux. C'est autre chose. Une onde de trouble. De chaleur.
— Tu t'es fait mal ?
Elle secoue la tête, un peu trop vite. Une mèche colle à sa joue. Sa voix est rauque, frottée de souffle et d'émotion.
— Non… juste… glissé…
Mais sa voix tremble. Grave. Enrouée. Chargée d'un trouble qu'elle ne parvient plus à masquer. Chaque mot sort comme un aveu dissimulé dans un souffle.
Il reste penché sur elle. Sa main, ancrée à sa hanche, ferme, mais tendre, comme s'il voulait vérifier qu'elle était toujours là, tangible, réelle. Son visage est à vingt centimètres du sien. Elle sent son souffle, tiède, sur ses lèvres.
— Tu as toujours les joues rouges quand tu mens ?
Elle ne répond pas. Elle ne peut pas. Elle le regarde. Et elle sent son ventre se contracter, d'un coup, comme une vague chaude. Sa cuisse gauche est pressée contre la sienne. Son torse contre ses seins, qui se soulèvent à un rythme irrégulier. Et plus bas…
Contre sa hanche, une forme. Lourde. Dense. Une présence sans équivoque. Et ce n'est pas seulement son corps qui réagit. C'est tout son être.
Un frisson la traverse, long, profond, électrique. Elle perd la notion du monde. Il n'y a plus que cette chaleur, cette tension. Ce corps contre le sien.
Elle murmure, sans même en avoir conscience :
— Je suis trempée…
Le silence qui suit est épais. Chargé. Puis la panique revient, sourde et confuse.
— Je veux dire… l'herbe. Et la terre…
Mais il a compris. Il ne détourne pas les yeux. Il ne sourit pas. Il reste là, ancré, le regard profond. Il l'aide à se redresser, lentement, comme s'il craignait de briser quelque chose en elle. Ses mains glissent sous ses bras, remontent dans son dos. Elles brûlent, ces paumes. Par leur chaleur. Par leur effet.
Leurs mains restent liées. Trop longtemps. Comme si elles n'osaient plus se lâcher. Leurs regards, eux, restent suspendus. Lorsqu'elle se redresse enfin, elle chancelle légèrement. Ses jambes tremblent, comme le reste de son corps. Et là, entre ses cuisses… une sensation moite, collante, presque honteuse. Mais pour la première fois, elle ne veut pas l'effacer. Elle ne veut pas s'excuser. Elle veut juste… rester là. Encore un peu.
— Tu peux marcher ?
Elle hoche la tête. Une réponse automatique. Mais dès qu'elle fait un pas, son équilibre cède. Elle vacille. Il est là. Instantanément. Deux mains. Une sur sa taille, l'autre dans son dos. Solides. Inflexibles. Présentes.
Elle gémit. Pas de douleur. Un souffle rauque, né d'un vertige chaud. Quelque chose remonte de ses reins, l'irradie, l'ébranle.
— Je vais te porter jusqu'à la voiture.
— Non…
— Tais-toi. C'est moi le chef de mission.
Sa voix est basse, posée. Mais elle tranche dans l'air comme un ordre militaire. Un ordre enveloppé de douceur. Elle n'ose plus bouger.
Et puis il la soulève. Sans effort. Comme si elle était faite de silence et de fièvre. Ses bras se referment autour de sa nuque. Son visage s'enfouit dans le creux chaud de son cou. Elle respire. Il sent la sueur, l'écorce, la course, le mâle. Et quelque chose d'autre. Une pulsation. Primitive.
— Tu sens bon le pin… et le danger, murmure-t-elle, la voix flottante.
Elle ne pense pas à un parfum, non. Ce qu'elle sent, c'est cette odeur brute et vivante de peau échauffée, d'écorce, de course et d'air frais. Un mélange de sueur et de résine, comme s'il s'était roulé dans la forêt. Le pin, c'est l'odeur du matin, du bois mouillé, et de ce torse contre lequel elle s'abandonne. Le danger, c'est ce que cette odeur provoque en elle : un vertige, une chaleur profonde, un appel sous la peau.
Il esquisse un sourire contre sa tempe.
— Et toi, tu sens le trouble. C'est grisant.
Ils arrivent à la voiture. Il ouvre la portière, l'aide à s'asseoir comme s'il déposa un secret fragile sur le cuir. Lentement, presque solennellement. Leurs visages sont si proches qu'elle pourrait compter ses cils, sentir son souffle contre ses lèvres. Elle baisse les yeux, submergée par une chaleur nouvelle, presque douce.
Mais avant qu'il ne referme la portière, elle murmure :
— Merci, Jimmy.
Sa voix est mince, mais entière. Et se sourire ce sourire vrai, tremblant, mais vivant, vient naître sur ses lèvres. Pour la première fois, elle le laisse venir sans honte.
Jimmy referme doucement la portière, comme s'il redoutait de briser cet instant. Il reste debout, là, à l'extérieur. Immobile. Son regard ne quitte pas le visage de Sophie, encadré par la vitre embuée.
Il le sait. Quelque chose a glissé. Un axe, une ligne, un équilibre. Mais cette fois ce n'est plus elle qui est tombée. C'est lui qui vacille, en silence, frappé de plein fouet par ce sourire.
Il monte, boucle sa ceinture sans un mot. Le moteur ronronne doucement. La voiture s'engage dans les rues encore silencieuses. Le trajet se déroule dans un silence suspendu, presque ouaté. Mais ce n'est pas un silence vide c'est un silence habité.
Au bout de quelques minutes, Jimmy jette un œil vers elle :
— Je dois passer rapidement chez moi, récupérer deux trois trucs. Ça te va si je fais un crochet ?
Sophie hoche la tête. Elle aurait pu dire non. Elle aurait pu inventer un détour. Mais elle veut voir. Elle veut savoir. Où il vit. Comment il vit. Ce que son intérieur dit de lui.
Quand il ouvre le portail métallique, elle est surprise. Ce n'est pas un immeuble. C'est un ancien hangar transformé. À l'intérieur, le silence est celui d'un lieu vivant, mais contenu. Des murs en briques rouges, du béton ciré, une hauteur sous plafond vertigineuse. Pas d'écran, pas de télé, juste une chaîne hi-fi, un sac de frappe, un espace dégagé et des traces d'usure noble. Tout est rangé. Épuré. Sincère.
Elle fait un pas, puis un autre. Sans demander. Jimmy la laisse faire. Il l'observe du coin de l'œil pendant qu'il récupère une serviette, change de t-shirt, prend un flacon d'huile d'arnica dans un tiroir.
Sophie avance lentement, sa main glissant sur le dossier d'un fauteuil bas. Elle voit le tatami déroulé, les anneaux suspendus, les kettlebells. Et sur une étagère, un carnet ouvert, à la main. Des mots griffonnés. Des pensées, peut-être.
Elle chuchote, presque pour elle-même :
— Tu vis comme tu marches. Calme. Fort. Sans détour.
Jimmy revient. Il ne dit rien. Mais il sourit. Elle n'a rien touché. Elle a juste regardé. Et pour lui, ça vaut bien plus.
— Prête à rentrer ? demande-t-il en attrapant ses clés.
Elle le suit sans répondre. Mais en sortant, elle jette un dernier regard en arrière. Et un frisson lui court dans le dos.
Elle sait désormais où il vit. Et au fond d'elle, une petite voix souffle : c'est peut-être là, un jour, qu'elle voudra rester.
Dans la voiture, elle reste silencieuse, les rues défilent. Mais elle, elle ne voit rien. Ou plutôt, elle ne voit que des images intérieures : la chaleur de ses mains sur ses hanches, son souffle dans son cou. Ses doigts serrent la sangle de la ceinture, comme pour garder l'équilibre. Mais ce ne sont pas les virages qui la déstabilisent.
Chaque vibration du moteur lui rappelle ses cuisses encore sensibles, la trace invisible laissée par son corps contre le sien. Elle se repasse chaque souffle, chaque frisson, chaque silence partagé depuis l'aube. Elle n'a pas envie que ça s'arrête. Elle voudrait parler. Mais elle n'ose pas. Peur de trop en dire. Peur de gâcher.
Jimmy, de son côté, garde les yeux sur la route. Mais il jette parfois un coup d'œil vers elle. Il voit son regard perdu, sa mâchoire serrée, ses doigts crispés. Il comprend. Il ressent la même chose. Ce n'est pas le silence qui pèse. C'est l'intensité de ce qu'il contient.
— Tu vas bien ? finit-il par murmurer.
Elle hoche la tête,
— Oui. Mais ses yeux disent autre chose. Ils disent : Reste encore un peu.
Jimmy, doucement, rompt le silence :
— Je te dépose à la pharmacie ou chez toi ?
Sophie tourne la tête, le visage encore baigné de cette brume du matin.
— Il est trop tôt pour la pharmacie… et je dois me changer avant.
Elle lui indique une petite rue à gauche. Quelques minutes plus tard, ils sont garés devant une petite bâtisse à deux étages, à deux pas de la pharmacie. Sophie ouvre la portière avec précaution, grimace en posant le pied à terre.
Devant la volée d'escaliers menant à son appartement, Jimmy l'arrête d'un geste :
— Ne bouge pas. Tu ne vas pas monter ça en sautillant.
Avant qu'elle ne proteste, il passe un bras sous ses genoux, l'autre dans son dos, et la soulève.
Sophie ferme les yeux. Elle se sent légère. Flottante. Une princesse dont on prend soin. Son souffle ralentit, devient plus profond. Sa tête se pose sur son épaule, avec une tendresse involontaire, comme un abandon. Ses lèvres, presque sans y penser, effleurent sa peau. Ce n'est pas un baiser. Juste un contact, brut, simple, brûlant. Mais ce contact, à cet endroit précis, réveille quelque chose en elle. Une chaleur immédiate. Un frisson qui descend en spirale le long de sa colonne.
Jimmy s'arrête dans l'escalier. Il ne dit rien. Mais il ferme les yeux. Il sent le souffle de Sophie sur sa peau, et la douceur de ses lèvres lui traverse l'épiderme comme une onde lente et chaude. Il inspire, et un soupir discret, presque un gémissement étouffé, lui échappe. Le contact est infime, mais il le fait vibrer jusqu'au creux du ventre. Il sent la moiteur naissante entre son dos et sa chemise, la tension qui pulse dans sa gorge, et cette contraction basse, brutale, dans son bas-ventre. Chaque marche devient plus lourde. Plus intime. Plus chargée.
Arrivé en haut, il la repose avec précaution. Sophie reste figée une seconde. Elle sent encore, contre sa hanche, cette forme, cette dureté brûlante, comme une empreinte persistante qui pulse dans sa mémoire corporelle. Une chaleur dense s'est logée dans son bas-ventre, diffuse, mais insistante, comme si chaque battement de son cœur s'y répercutait. Elle inspire, mais son souffle est court, coupé, retenu.
Ses cuisses sont moites, sa peau hypersensible. Chaque mouvement de tissu réveille une tension sous-jacente. Elle glisse une main tremblante vers la serrure, mais ses doigts hésitent, peinent à se poser avec précision. Le métal froid contraste avec la chaleur qui l'envahit de l'intérieur. Elle cligne des yeux, tente de se reprendre, mais son corps parle avant sa tête.
Elle sent ses reins vibrer d'un frisson lent, profond, et cette pression au creux du ventre, charnelle, vivante. C'est plus qu'un contact. C'est un appel. Une résonance.
Elle respire encore. Tremble un peu. Puis, enfin, elle trouve le trou de la serrure.
Puis elle pousse la porte. Et murmure :
— Entre.
Elle lui indique la cuisine.
— Tu peux te faire un café. Je… je vais me changer.
Jimmy hoche la tête, la regarde s'éloigner. Elle prend des vêtements dans une commode, ses doigts frôlant distraitement le bois, comme si chaque geste prolongeait la chaleur entre eux. Puis elle disparaît dans la chambre. Là, contre la porte, elle s'arrête.
Son dos glisse lentement contre le battant jusqu'à ce qu'elle sente le contact froid du bois la soutenir. Elle ferme les yeux. Son souffle est court. Un frisson remonte du creux de ses reins, s'attarde dans sa nuque. Elle revoit l'ascension de l'escalier, les bras de Jimmy, cette fermeté rassurante, ce torse contre lequel elle s'est abandonnée. Mais surtout cette sensation brûlante contre sa cuisse, cette forme vivante, pressante, qui l'a troublée jusqu'à l'os.
Sous ses vêtements encore froissés, sa peau conserve la mémoire tactile de ce moment. Elle sent une moiteur diffuse se propager lentement entre ses cuisses, une pulsation rythmée, profonde, insidieuse. Elle pose une main sur son ventre, comme pour y calmer le tumulte. Mais son corps, lui, ne veut pas oublier. Il vibre, appelle, soupire en silence.
Une pensée l'envahit, plus chaude, plus précise : Il ressent des choses pour moi ?
Dans la cuisine, Jimmy fait couler un café. Il en prépare un deuxième. Il le laisse attendre, près de lui, sur la table. Sans bouger. Il est assis sur un tabouret. Il regarde autour. Le lieu où elle vit. Chaque détail l'absorbe. Et lui fait penser à elle.
Quand elle revient, elle porte une jupe à mi-genoux, fluide, qui épouse ses hanches avec une douceur qui attire l'œil. Son chemisier blanc, légèrement entrouvert, laisse deviner la courbe délicate de sa clavicule.
Mais surtout, sous la transparence subtile du tissu, on distingue à peine la forme d'un soutien-gorge ivoire aux bretelles fines, qui contraste délicatement avec sa peau claire. La lumière accroche ce relief discret, souligne ce détail intime qui semble vibrer à chaque respiration. Sa peau encore tiède dégage un parfum léger, mêlé de savon et de chaleur. Le tout la met en valeur, sans en faire trop. Juste assez pour couper le souffle.
Jimmy la regarde. Longtemps. En silence.
Sophie se fige, troublée. Ce silence la déstabilise.
— Ça ne va pas ? Je suis trop… provocante ?
Un ancien réflexe. Une morsure du passé.
Jimmy manque de s'étrangler avec son café. Une gorgée de trop, prise trop vite, alors que ses yeux viennent de plonger dans cette vision de Sophie. Il tousse légèrement, se redresse, repose la tasse avec lenteur.
Mais son regard, lui, ne tremble pas. Il remonte lentement le long de ses jambes nues, suit le mouvement souple de sa jupe, s'attarde sur le tissu blanc de son chemisier, encore humide à certains endroits, et sur cette transparence où se dessine le galbe doux d'un sein captif sous la dentelle ivoire.
Sa gorge se serre, non plus sous l'effet du café, mais de cette montée sourde de chaleur. Une moiteur discrète perle à sa tempe. Il sent son souffle s'accélérer malgré lui, le rythme de son cœur cogner plus fort, plus bas, là où tout se concentre.
Il la fixe, tendu, captivé. Et avec la voix la plus calme qu'il ait jamais eue, une voix basse, presque rauque, qui vient du fond de son ventre, il dit :
— Trop provocante ? Oh non…
Un battement. Il sourit.
— Au contraire… je reste sans voix.
Ils boivent leur café en silence. Pas un silence vide ni gêné. Un silence plein. Suspendu.
Sophie tient sa tasse entre ses mains, comme un objet fragile qu'elle ne sait plus poser. Jimmy, lui, la regarde. Il tente de retenir chaque image : la lumière du matin qui caresse ses tempes, la ligne douce de son cou, la façon dont le tissu blanc de son chemisier épouse son dos à chaque respiration. Il voudrait que ce moment s'étire. Qu'il reste là, encore un peu, dans cette cuisine baignée de lumière tiède, avec cette femme qui bouleverse ses repères.
Mais il faut partir.
Il jette un œil à sa montre, puis inspire profondément. Le souffle lui colle à la gorge.
— Je dois y aller.
Sophie lève les yeux. Elle ne dit rien. Elle acquiesce. Mais ce petit mouvement de tête a quelque chose d'un adieu qu'on n'ose pas faire durer.
Il repose sa tasse, doucement. Trop doucement. Comme s'il espérait que le silence autour suffise à repousser le moment.
— Une urgence ? demande-t-elle.
Il secoue la tête.
— Non. Juste… la vie.
Il sourit. Un sourire qui tente de masquer ce qu'il ressent vraiment : un nœud au ventre, une frustration douce, un manque déjà né.
Elle le raccompagne jusqu'à la porte.
L'espace semble se resserrer autour d'eux. Jimmy sent cette tension presque électrique entre leurs corps. Il baisse les yeux, enfile ses baskets. Ses doigts sont lents, méthodiques, mais il sent l'impatience dans sa poitrine, cette envie de rester, de ne pas bouger. Il referme son blouson, le geste machinal, mais les pensées embrouillées.
Sophie, elle, reste debout, à un mètre. Immobile. Les mains croisées contre elle. Pas pour se réchauffer. Pour se retenir. Pour ne pas tendre la main. Pour ne pas le retenir. Elle sent son cœur battre à ses tempes, trop fort, trop vite. Sa gorge est sèche, ses doigts crispés sur ses poignets. Elle le regarde se préparer à partir, et en elle, quelque chose murmure qu'il ne faut pas le laisser partir. Mais elle ne dit rien. Elle ne bouge pas. Elle a peur que le moindre geste la trahisse, la dévoile, qu'il voie ce que son silence cache : un trouble profond, une envie qu'elle ne veut pas nommer.
Jimmy le sent. Il le voit. Il le vit aussi. Ce vide entre eux. Ce mètre de distance qui devient un gouffre, une attente. Il voudrait combler cet écart. Poser la main sur son bras. Dire quelque chose. Mais il a peur. Peur de trop. Peur de mal. Peur que ce moment s'effondre si vite qu'il n'ait pas le temps de le vivre.
Avant de sortir, il la regarde. Longtemps. Ses yeux plongent dans les siens, et ce qu'il y voit le bouleverse : un éclat de fragilité, une force qui se retient, un désir enfoui derrière la pudeur. Il voudrait dire quelque chose. Mais rien ne vient. Tout serait trop, ou pas assez. Alors il se contente de murmurer, d'une voix rauque, comme une confidence qu'on ne fait qu'à soi-même :
— Merci… pour tout à l'heure.
Dans la voiture, l'air est plus froid. Plus tranchant. Le cuir du siège est encore glacé. Mais ce n'est pas cela qui le fait frissonner.
Jimmy ferme les yeux. Juste un instant. Et c'est là qu'elle revient.
Sophie. Sa peau. Son odeur. Ce souffle sur sa nuque.
Le souvenir n'est pas une image. C'est un ressenti. Une chaleur. Une tension.
Il revoit la course. Le balancier souple de son bassin. Son dos qui se cambre légèrement à chaque foulée, le legging qui épouse les courbes de ses hanches avec une précision troublante. À ce moment précis où il la dépasse, il sent son énergie comme une onde magnétique. Sa présence physique le traverse, le frôle sans le toucher, et pourtant, un courant passe. Il en a le souffle un peu court. Ses cuisses se contractent d'un élan qu'il ne contrôle plus totalement.
Et puis la chute. Ce bruit sourd, le glissement sur l'herbe. Il se revoit se précipiter, genoux dans la terre, mains tremblantes, mais fermes sur son dos, ça hanche. Et là, dans ce chaos, dans cette urgence, une sensation plus forte encore : ce frisson brûlant au creux du ventre. Le basculement n'est pas que physique. Il est total. Son corps, son esprit, son désir, tout s'incline vers elle. Silencieusement. Irrémédiablement.
Mais ce qui le hante le plus, ce n'est pas la peur.
C'est l'instant exact où il l'a ramassée.
Ses hanches dans ses mains. Sa joue contre la sienne. Et cette érection soudaine, irrépressible, foudroyante, comme un appel du corps plus fort que la raison. Il sent son bas-ventre se contracter violemment, une chaleur brutale lui remonter dans les reins, irradier jusqu'à ses cuisses. Son souffle se bloque une seconde. Il sent son sexe se tendre contre elle, malgré lui, dans un mélange de honte fugace et de vertige. Un feu lent et dense s'installe sous sa peau. Il a envie de s'éloigner pour ne pas la gêner. Mais une autre part de lui, plus ancienne, plus animale, veut rester là, pressée contre elle, happée par ce contact inattendu, trop réel.
Et pourtant, ce n'est pas du désir brut. C'est bien plus que ça. C'est elle. C'est la délicatesse de ses traits si proches, l'irrégularité de sa respiration, cette fragilité qui se niche dans le creux de ses silences. C'est son souffle sur sa joue qui réveille des zones de sa peau qu'il ne savait pas aussi sensibles. C'est la douceur de ses cheveux frôlant sa tempe, comme une caresse muette. Intérieurement, Jimmy se sent envahi, dépassé par une émotion qui ne se laisse pas nommer. C'est une pression douce, mais constante, qui pulse dans sa poitrine, qui l'étreint à chaque battement. Un vertige logé dans le ventre, une chaleur humide qui ne le quitte plus. Il sent son corps en alerte, chaque nerf à vif, chaque muscle tendu entre tension et abandon. C'est le trouble. Le vrai. Celui qui retourne le corps autant que l'âme, et le laisse brûlant, vidé, mais vivant.
Et ensuite, dans l'escalier. Quand elle l'a effleuré du bout des lèvres, presque par erreur, presque malgré elle. Ce contact infime, brûlant, dans le cou. Une décharge lente remonte le long de son épine dorsale, irradie dans ses trapèzes, jusqu'à faire vibrer sa mâchoire. Il se fige net. Chaque muscle de son dos se contracte, son ventre se noue, son sexe se redresse d'un coup sec, douloureusement vivant.
Le temps se suspend. Sa main, crispée sur la rambarde, glisse imperceptiblement. Il s'est mordu la langue pour ne pas gémir, mais le souffle qui s'échappe de ses lèvres est déjà trop chargé. Il ferme les yeux, submergé par l'onde de choc, par cette chaleur qui pulse au rythme de son cœur battant dans ses tempes. Son esprit vacille. Il n'y a plus d'escaliers, plus de mission, plus de rationalité. Juste elle. Sa bouche, là. Son odeur, sa chaleur, son inconscience peut-être. Et lui prit à la gorge.
Tout son être vibre d'un seul souffle. Et dans ce souffle, il sent la certitude effrayante : il est perdu pour elle.
Et au moment de la poser au sol il l'a sentie. Encore. Contre sa cuisse. Contre lui. Son sexe, dur et vibrant, appuyé contre elle, malgré lui, comme un aveu muet de tout ce qu'il tente de contenir. Il sent son souffle se bloquer dans sa gorge, une chaleur sourde lui irradier le bas-ventre, et un frisson électrique remonter sa colonne vertébrale. Son cœur cogne. Il a envie de s'écarter, de s'excuser mais en même temps, il voudrait rester là, suspendu à ce contact, à cette proximité brûlante, au bord du vertige. C'était plus qu'un désir. C'était une addiction. Une évidence organique, urgente, presque douloureuse. Le besoin de cette femme, dans sa peau, dans ses os. Et dans ce moment, chaque fibre de son corps murmure qu'il ne pourra plus reculer.
Il rouvre les yeux. Le volant est froid sous ses doigts, mais ses paumes sont moites. Il passe une main dans ses cheveux, souffle par le nez, comme pour se purger.
— Putain, Sophie…
Il n'avait pas prévu ça. Rien de tout ça. Pas cette montée brutale de chaleur dans sa gorge ni cette sensation de vide qui lui creuse la poitrine dès qu'il pense à elle. Physiquement, il se sent envahi, débordé, comme si son propre corps s'était mis à parler une langue qu'il ne maîtrise plus. Sa nuque picote, ses reins restent tendus, et son sexe garde encore la mémoire brûlante de chaque contact, chaque frisson du matin. Intérieurement, c'est un chaos étrange : une lucidité aiguë mêlée à une ivresse douce. Il pensait maîtriser, garder la distance. Mais elle est partout. Dans ses muscles encore chauds, dans son souffle saccadé, dans cette moiteur entre ses cuisses, presque honteuse. Et surtout dans cette certitude naissante : il est en train de tomber. Sans garde-fou. Sans parachute. Juste pour elle.
Elle est plus âgée. Dix ans. Un monde.
Et pourtant quand elle marche, il la regarde. Non pas par habitude, mais parce qu'il a besoin de cette image pour se recentrer. Quand elle parle, il se tait, non par politesse, mais parce qu'il veut enregistrer chaque inflexion de sa voix, chaque battement entre deux phrases. Quand elle respire, il s'arrête de penser. Parce que ce souffle-là contient tout ce qu'il n'ose pas encore nommer.
Elle l'obsède. Elle le trouble. Elle le pousse hors de lui-même, hors de ses lignes droites. À chaque fois qu'il pense à elle, il sent comme un vertige, une fièvre douce et désarmante. Il ne sait plus s'il veut la fuir ou la rejoindre. Mais il sait une chose : il n'y a plus une seule zone de son esprit qu'elle n'ait pas touchée.
Et ce n'est pas juste une question de corps. Même si son corps à elle est un piège à ciel ouvert. Non. C'est pire.
C'est sa fragilité. Sa force contenue. Ses silences. Sa solitude.
C'est ce mélange troublant de femmes qui vacillent et de femmes qui résiste. Et ce paradoxe-là le transperce. Intérieurement, Jimmy ressent une attraction qui n'a rien à voir avec ce qu'il a connu. Une sorte de respect fébrile, mêlé à un désir ancré, presque sacré. Lorsqu'il pense à elle, c'est une émotion lourde, intense, comme une marée qui l'emporte sans le noyer. Il sent en lui une force nouvelle, protectrice, mais aussi un vertige, un manque déjà là. Elle sourit en se mordant la lèvre, et c'est tout son corps qui se tend. Mais c'est surtout l'idée qu'elle puisse pleurer seule, la nuit, qui lui serre la gorge. Il voudrait être celui qui efface ces larmes silencieuses. Il voudrait être celui qu'elle laisse entrer dans ses ombres. Il ne sait pas s'il en est capable. Mais il sait qu'il le veut.
Il se mord la joue. Inspire. Une question le hante :
— Est-ce que j'ai le droit… de tomber amoureux d'elle ?
Elle n'a rien demandé. Rien promis. Elle n'a pas flirté. Elle n'a pas provoqué. Et pourtant elle est entrée en lui comme une urgence.
Un besoin.
Il se fige à un feu rouge. Son cœur cogne. Dans sa poche, son téléphone vibre. Un message. Il ne le regarde pas.
Il ferme les yeux à nouveau. Et murmure, à mi-voix, comme s'il faisait enfin le point avec lui-même :
— Je suis foutu. Je suis accro à cette femme.
Et il le sait, maintenant. Il est envahi. Obnubilé. Chaque pensée revient à elle. Elle est dans les interstices de ses silences, dans chaque tension musculaire qu'il retient, dans chaque soupir qu'il ne laisse pas échapper. Elle hante son esprit, comme une musique lancinante qu'on n'a pas choisie, mais qu'on ne veut plus arrêter.
Il ne pourra plus la sortir de sa tête. Ni de son ventre, où la mémoire de son corps continue de pulser. Ni de son cœur, qui bat désormais à son rythme, plus vite, plus fort, à chaque fois qu'il pense à elle.
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Chapitre 6 · La bouche sur sa peau
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Fred63
19 juillet 2025 à 14:32
Lorsque le non-dit est plus fort que les paroles ou même les actes ... Parfaitement décrit et traduit.
Soyez respectueux
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Photo de profil de OlivX
OlivX
15 juillet 2025 à 13:29
Il réalise qu'il l'a dans la peau et ça l'effraie un peu...
Soyez respectueux
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Photo de profil de aime28
aime28
15 juillet 2025 à 12:34
Superbement ecrit
On suit leur évolution leur rapprochement
Vraiment sublime histoire
Bravo à l’auteur pour me faire vibrer comme cela
Bravo à vous
Soyez respectueux
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