Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Free use stories — Chapitre 4 · L’inconnu
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Free use stories
Chapitre 4 · L’inconnu
Alors que j'installe sur un éventaire les exemplaires du « Tout nouvel abécédaire imagé pour jeunes filles de Anal à Zoophilie » on me tend sous le nez un smartphone.
« - Bonjour Mademoiselle, je cherche cette personne, vous savez où je peux la trouver ? »
Sur l'écran la photo d'une (très) belle femme, brune, le visage strié de traînées blanches. On l'a souillée mais elle ne semble pas contrariée pour autant, elle adresse au photographe un large sourire maculé de sperme.
Je me reconnais tout de suite, je reconnais aussi la rue en arrière plan. Je me rappelle cette circonstance particulière où un homme m'avait éjaculé à la face en pleine rue, avant un certain rendez-vous… (Cf A propos de Libre accès n°1 En chemin j'ai rencontré...)
Je me retourne d'une traite pour voir qui tient l'appareil et, pour un peu, je me jetterais dans ses bras.
« - Mon bel inconnu !
— Pardon ?
— Je veux dire… vous… Vous êtes le monsieur que j'ai sucé dans la rue avant mon rendez-vous chez le banquier, c'est bien ça ? Il me semblait bien vous reconnaître mais je n'étais pas sûre.
Tu parles ! Ça fait des mois qu'il hante mes fantasmes hétérosexuels et que, ne connaissant pas son nom, je l'ai surnommé « mon bel inconnu »
— Oui c'est bien ça. Je suis soulagé, j'avais peur que vous ne vous souveniez pas.
— Ben si... quand même. (Il croit quoi ? Que je suce des inconnus dans la rue tous les jours ? Non ! Je ne le fais pas tous les jour, détrompez-vous.)
— Vous auriez trouvé sûrement bizarre que j'ai votre photo dans mon téléphone.
— Oui c'est sûr. Mais bon, là ça va.
— Oui.
Silence gêné. Qu'est ce qu'on fait maintenant ? Bon sang ! Pourquoi je suis cruche comme ça ?
— Donc vous êtes propriétaire.
— De... ? Je le regarde interloquée
— La boutique. C'est votre librairie ?
— Oui ! Oui, c'est ça ! On a acheté notre librairie. Voici Noémie, ma partenaire et Claire qui travaille pour nous.
Claire en ce moment« travaille » un habitué qui apprécie particulièrement ses lèvres ; Noémie nous fait un petit signe de la main.
— Donc j'en déduis que le rendez-vous s'est bien passé. Avec le banquier. J'avais peur de vous avoir mise en retard avec ma demande.
— Non, non pas du tout. Enfin je veux dire j'étais en retard mais pas trop, et TOUT s'est bien passé. Vous m'avez porté chance, je crois. En fait je suis très contente de vous avoir rencontré ce jour-là.
— Je vous ai juste interpellé dans la rue pour que vous me suciez.
— Oui, mais vous m'avez fait de jolis compliments.
— Je vous ai éjaculé au visage.
— C'est un peu un compliment, aussi.
Je lui fais un sourire coquin en disant cela, va-t-il comprendre que je n'aurais rien contre une récidive ? Apparemment non.
Mon bel inconnu est un homme de taille moyenne, belle corpulence : il prend soin de lui. Chemise blanche, assez classique, trois boutons ouverts sur une poitrine légèrement poilue, une veste de costume noire et un jean qui a déjà bien vécu.
Il passe nerveusement la main sur son menton (j'adore sa fossette ) sur lequel pousse un léger chaume qui semble le perturber. Il doit d'ordinaire être rasé de près. De manière générale on devine un homme qui est contraint, peut-être pour son travail, à une apparence irréprochable et qui, là, a voulu la jouer décontractée sans vraiment savoir faire.
Pourquoi ce changement, cette mise en scène ?
Se pourrait-il que cette rencontre ne soit pas totalement fortuite ?
- Hé bien je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je voulais juste vous saluer et prendre de vos nouvelles. (Il va s'en aller ! Fais quelque chose, crétine!) Je pourrais peut-être, un de ces jours, vous offrir un verre…
- De sperme ?
- Pardon ?
Là je l'ai vraiment estomaqué. Quelle idiote je fais ! Je me sens rougir comme une pivoine, je bafouille :
- Non mais c'est une… blague. C'est par rapport… parce que c'est ce que je vous ai dit l'autre fois déjà. Vous savez ? Quand vous avez demandé à m'asperger… J'ai dit « avec du sperme ? » et… Vous vous... Vous vous souvenez ?
« - Bonjour Mademoiselle, je cherche cette personne, vous savez où je peux la trouver ? »
Sur l'écran la photo d'une (très) belle femme, brune, le visage strié de traînées blanches. On l'a souillée mais elle ne semble pas contrariée pour autant, elle adresse au photographe un large sourire maculé de sperme.
Je me reconnais tout de suite, je reconnais aussi la rue en arrière plan. Je me rappelle cette circonstance particulière où un homme m'avait éjaculé à la face en pleine rue, avant un certain rendez-vous… (Cf A propos de Libre accès n°1 En chemin j'ai rencontré...)
Je me retourne d'une traite pour voir qui tient l'appareil et, pour un peu, je me jetterais dans ses bras.
« - Mon bel inconnu !
— Pardon ?
— Je veux dire… vous… Vous êtes le monsieur que j'ai sucé dans la rue avant mon rendez-vous chez le banquier, c'est bien ça ? Il me semblait bien vous reconnaître mais je n'étais pas sûre.
Tu parles ! Ça fait des mois qu'il hante mes fantasmes hétérosexuels et que, ne connaissant pas son nom, je l'ai surnommé « mon bel inconnu »
— Oui c'est bien ça. Je suis soulagé, j'avais peur que vous ne vous souveniez pas.
— Ben si... quand même. (Il croit quoi ? Que je suce des inconnus dans la rue tous les jours ? Non ! Je ne le fais pas tous les jour, détrompez-vous.)
— Vous auriez trouvé sûrement bizarre que j'ai votre photo dans mon téléphone.
— Oui c'est sûr. Mais bon, là ça va.
— Oui.
Silence gêné. Qu'est ce qu'on fait maintenant ? Bon sang ! Pourquoi je suis cruche comme ça ?
— Donc vous êtes propriétaire.
— De... ? Je le regarde interloquée
— La boutique. C'est votre librairie ?
— Oui ! Oui, c'est ça ! On a acheté notre librairie. Voici Noémie, ma partenaire et Claire qui travaille pour nous.
Claire en ce moment« travaille » un habitué qui apprécie particulièrement ses lèvres ; Noémie nous fait un petit signe de la main.
— Donc j'en déduis que le rendez-vous s'est bien passé. Avec le banquier. J'avais peur de vous avoir mise en retard avec ma demande.
— Non, non pas du tout. Enfin je veux dire j'étais en retard mais pas trop, et TOUT s'est bien passé. Vous m'avez porté chance, je crois. En fait je suis très contente de vous avoir rencontré ce jour-là.
— Je vous ai juste interpellé dans la rue pour que vous me suciez.
— Oui, mais vous m'avez fait de jolis compliments.
— Je vous ai éjaculé au visage.
— C'est un peu un compliment, aussi.
Je lui fais un sourire coquin en disant cela, va-t-il comprendre que je n'aurais rien contre une récidive ? Apparemment non.
Mon bel inconnu est un homme de taille moyenne, belle corpulence : il prend soin de lui. Chemise blanche, assez classique, trois boutons ouverts sur une poitrine légèrement poilue, une veste de costume noire et un jean qui a déjà bien vécu.
Il passe nerveusement la main sur son menton (j'adore sa fossette ) sur lequel pousse un léger chaume qui semble le perturber. Il doit d'ordinaire être rasé de près. De manière générale on devine un homme qui est contraint, peut-être pour son travail, à une apparence irréprochable et qui, là, a voulu la jouer décontractée sans vraiment savoir faire.
Pourquoi ce changement, cette mise en scène ?
Se pourrait-il que cette rencontre ne soit pas totalement fortuite ?
- Hé bien je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je voulais juste vous saluer et prendre de vos nouvelles. (Il va s'en aller ! Fais quelque chose, crétine!) Je pourrais peut-être, un de ces jours, vous offrir un verre…
- De sperme ?
- Pardon ?
Là je l'ai vraiment estomaqué. Quelle idiote je fais ! Je me sens rougir comme une pivoine, je bafouille :
- Non mais c'est une… blague. C'est par rapport… parce que c'est ce que je vous ai dit l'autre fois déjà. Vous savez ? Quand vous avez demandé à m'asperger… J'ai dit « avec du sperme ? » et… Vous vous... Vous vous souvenez ?
Mais quelle crétine ! On pourrait croire que le libre-accès simplifierait les rapports entre les hommes et les femmes mais quand l'autre vous plaît vraiment on est toujours aussi maladroite (et maladroit). Je prends une profonde respiration et tente de me reprendre :
- Écoutez oubliez ce que je viens de dire, vous m'avez un peu perturbée. Si vous êtes disponible je veux bien le prendre maintenant ce verre. Il y a un bar à côté avec une jolie terrasse, ça vous dit ? Oui ? Noémie ! Je prends une pause.
Elle me fait signe d'y aller, j'attrape le bel inconnu par le bras et nous sortons.
La terrasse se situe le long du canal, ombragée par une tonnelle couverte de fleurs de glycine. Elle est vide à cette heure. Il commande un verre de vin, moi une bière :
« - J'aime l'amertume. »
Les bruits de la rue sont lointains, effacés. Le silence revient entre nous, pas encore gênant mais il pourrait le devenir s'il persistait.
- Donc vous aimez les livres, je suppose ?
Me demande t'il, apparemment conscient lui aussi du risque que nous encourrons. La relance n'est pas formidable mais je n'ai rien de mieux à proposer alors allons-y.
— Oui, depuis toujours. On y trouve tout, des idées qui nous confortent d'autres qui nous déstabilisent, qui nous poussent à nous remettre en question. On y trouve des histoires aussi, des belles, des tristes, des drôles…
— Des histoires drôles ?
— Pas des blagues, hein ! Des histoires qui nous sont racontées de telle façon qu'on rit toute seule comme une imbécile. Les mots tissent une complicité entre l'auteur et le lecteur, ils sont - et resteront - deux inconnus l'un pour l'autre, mais pendant la lecture une intimité se crée entre eux qui n'est comparable à aucune autre. Parfois. Quand l'alchimie se fait. D'autres fois c'est juste chiant.
— Hé bien ! Quelle passion !
— Oui, désolée. Il ne fallait pas me lancer, en effet les livres sont ma passion. Je pourrais en parler des heures.
— Et moi qui croyait que votre passion c'était sucer des hommes dans la rue.
— Non, ça c'est en fait assez rare. La plupart des hommes savent se tenir de nos jours. Il n'y en a plus beaucoup qui soient assez mufles pour vous attraper dans la rue et vous gicler au visage.
Il rougit. J'adore le faire rougir. Et en plus ça a l'air assez facile.
— Je ne vous ai pas vraiment « attrapée »…
— Non, mais le reste vous l'avez fait : vous m'avez giclé votre foutre au visage...
Il est mal à l'aise, c'est trop mignon, mais je ne veux pas le torturer non plus
- ...et j'ai adoré ça.
Je le regarde fixement avec un grand sourire et passe ma langue humide sur mes lèvres.
La serveuse nous apporte nos consommations.
A peine vingt ans, la poitrine menue et haute, tout juste cachée par un boléro, elle exhibe un ventre plat et musclé. Elle porte une de ces micro jupes à la mode chez les jeunes, (plus une ceinture large qu'une jupe si vous voulez mon avis) le tissus s'arrête carrément deux centimètres au dessus de son entrecuisse et laisse voir ses lèvres intimes percées chacune d'un anneau.
Ah, être jeune à nouveau.
Je remarque que mon compagnon la suit du regard. Il faut dire que la vue arrière vaut aussi le détour.
— Elle vous plaît ?
— Pardon ?
— Ne vous excusez pas. La serveuse, elle vous plaît ? Vous la trouvez jolie ?
— Elle est pas mal, oui.
— Oh allons ! Soyez honnête ! Elle est jeune, sexy, impertinente ! Même moi, ses vêtements me choquent et je suis allé voir mon banquier avec votre foutre sur le visage, alors !
Dites la vérité : Vous la trouvez bandante ?
Il rougit encore.
— Vous avez envie de la sauter ?
— Pour le moment je suis avec vous.
— Moi vous me sauterez plus tard (Voilà ! C'est dit ! Plus besoin de stresser on sait maintenant tous les deux comment va finir ce rendez-vous.) Là, à l'instant, j'aimerais vous voir la baiser.
Je l'ai surpris. Il a failli avaler de travers. Il me regarde droit dans les yeux. Sans sourire, sans bafouiller. Nous sommes tous les deux mortellement sérieux. Va-t-il me demander de m'expliquer ? De justifier ma demande ?
Il appelle la serveuse.
— Oui ?
— Mademoiselle, j'ai très envie de baiser, pourrais-je vous utiliser ?
Elle me regarde, interrogative, l'air de dire « S'il a envie de baiser pourquoi ne consomme t'il pas ce qu'il a apporté ? » Je lui fais un grand sourire en retour.
— Pourquoi pas ? Mais à l'intérieur, pas sur la terrasse, sinon ça attire les passants et après je dois satisfaire tout le monde. Sauf si Sophie me donne un coup de main ?
— Non, moi je suis uniquement spectatrice.
Mon bel inconnu se lève
— A l'intérieur alors !
Comme nous la suivons dans le bâtiment il s'approche de moi :
— Donc vous vous appelez Sophie !
— et pourtant je ne suis jamais sage. Et vous ?
— Oh moi je suis plutôt sage d'ordinaire quand je ne suis pas perverti par de jolies libraires.
— Non je voulais dire… Ok vous m'avez eue.
— Pas encore.
Iris (c'est le nom de la serveuse) nous attend à l'intérieur, l'air exaspéré qu'on lui fasse perdre du temps. Il n'y a pourtant aucun autre client et je sais d'expérience qu'elle aime délivrer ce genre de service. Pour un peu elle taperait du pied. Mon bel inconnu accélère donc le pas pour la rejoindre.
Elle sort le sexe de son pantalon.
Il est fidèle à mon souvenir (le sexe, pas le pantalon). D'une belle taille, ni trop gros ni trop fin, apte à servir à toutes les fins (à toutes les faims). Il a depuis rasé les pois de son pubis.
Il bande déjà.
Elle le suce rapidement pour l'humidifier. Elle crache dans sa main et la passe sur sa vulve puis s'installe debout, les jambes écartées, les mains en appui sur une table du bar. Elle n'a même pas besoin de remonter sa jupe.
Je m'assoie face à elle.
Mon bel inconnu, bite à la main, passe derrière elle. Il me fixe alors qu'il la pénètre. Elle tressaille un peu mais ne dit rien. Il pose ses mains sur ses hanches puis commence à la bourrer.
Des coups secs, presque brutaux, qui visent à expulser la tension qui s'est mise entre nous.
Le spectacle n'a rien d'exceptionnel mais il m'émoustille comme rarement : les seins d'Iris qui se trémoussent, son air blasé à elle et lui qui me fixe toujours de son regard noir. Il n'a pas une attention pour elle, elle n'est qu'un objet qui fait la transition entre lui et moi. Voilà ce qui m'excite le plus dans cette situation : le fait que ce soit lui, lui sur lequel je fantasme depuis des mois et qu'il soit là, présent, face à moi, à baiser la fille que je lui ai choisie.
J'ouvre les jambes et commence du bout de l'ongle à grattouiller mon abricot. Le patron s'assoie à côté de moi et sort sa bite, lui aussi se masturbe, en regardant sa petite serveuse, qui est aussi sa compagne, se faire baiser par un client. Un spectacle qu'il voit dix fois par jour mais dont il ne se lasse pas. Me montrant sa queue en érection il me demande :
« - ça te dit ?
— Non merci Maxime, je préfère regarder.
— OK. »
Mon inconnu n'est pas très tendre avec elle mais elle encaisse sans broncher. Il accélère le rythme, la situation l'a excité, il ne va pas tarder. Il sort sa bite et la cale entre ses fesses. Je me redresse pour mieux voir, deux doigts dans la chatte. Mais Iris l'arrête :
— Non ! Pas les vêtements !
Elle se retourne, le prend en bouche, et de quelques rapides coups de poignet, le fait venir sur sa langue. Dommage ! J'aurais voulu voir l'éjaculation.
Elle vient vers moi. Je crois, j'espère, un cum-swap mais non elle l'a déjà avalé. Elle me dit juste à mi-voix :
« - Il est bien. Tu peux y aller. »
Elle croit que je l'ai utilisée pour tester un amant potentiel. Ce n'est pas du tout ça ! Je trouve même l'idée choquante mais comment le lui expliquer. Lui dire que j'avais déjà décidé de me donner à lui ?
Est-ce qu'elle me croira ?
Est-ce important ?
Je n'arrive plus à penser tellement j'ai envie. Envie qu'il me prenne, là tout de suite. Envie de le sentir en moi. Qu'il me prenne, me défonce et jouisse. Qu'il jouisse en moi jusqu'à ce que je déborde.
J'ai aussi envie que ce soit particulier entre nous deux, que l'on prenne notre temps et que ce soit juste nous. Sans témoin ni participant.
J'attrape mon inconnu par le bras et je l'entraîne.
— Viens chez moi tu vas me baiser !
— Mais ton amie, elle ne va pas s'inquiéter si tu ne reviens pas ?
— La connaissant elle a déjà tout deviné.
Nous sortons du bar et allons vers ma maison voisine. Me rappelant un détail je me tourne et lui lance :
— Il faudra quand même que tu me dises ton nom à un moment.
- Écoutez oubliez ce que je viens de dire, vous m'avez un peu perturbée. Si vous êtes disponible je veux bien le prendre maintenant ce verre. Il y a un bar à côté avec une jolie terrasse, ça vous dit ? Oui ? Noémie ! Je prends une pause.
Elle me fait signe d'y aller, j'attrape le bel inconnu par le bras et nous sortons.
La terrasse se situe le long du canal, ombragée par une tonnelle couverte de fleurs de glycine. Elle est vide à cette heure. Il commande un verre de vin, moi une bière :
« - J'aime l'amertume. »
Les bruits de la rue sont lointains, effacés. Le silence revient entre nous, pas encore gênant mais il pourrait le devenir s'il persistait.
- Donc vous aimez les livres, je suppose ?
Me demande t'il, apparemment conscient lui aussi du risque que nous encourrons. La relance n'est pas formidable mais je n'ai rien de mieux à proposer alors allons-y.
— Oui, depuis toujours. On y trouve tout, des idées qui nous confortent d'autres qui nous déstabilisent, qui nous poussent à nous remettre en question. On y trouve des histoires aussi, des belles, des tristes, des drôles…
— Des histoires drôles ?
— Pas des blagues, hein ! Des histoires qui nous sont racontées de telle façon qu'on rit toute seule comme une imbécile. Les mots tissent une complicité entre l'auteur et le lecteur, ils sont - et resteront - deux inconnus l'un pour l'autre, mais pendant la lecture une intimité se crée entre eux qui n'est comparable à aucune autre. Parfois. Quand l'alchimie se fait. D'autres fois c'est juste chiant.
— Hé bien ! Quelle passion !
— Oui, désolée. Il ne fallait pas me lancer, en effet les livres sont ma passion. Je pourrais en parler des heures.
— Et moi qui croyait que votre passion c'était sucer des hommes dans la rue.
— Non, ça c'est en fait assez rare. La plupart des hommes savent se tenir de nos jours. Il n'y en a plus beaucoup qui soient assez mufles pour vous attraper dans la rue et vous gicler au visage.
Il rougit. J'adore le faire rougir. Et en plus ça a l'air assez facile.
— Je ne vous ai pas vraiment « attrapée »…
— Non, mais le reste vous l'avez fait : vous m'avez giclé votre foutre au visage...
Il est mal à l'aise, c'est trop mignon, mais je ne veux pas le torturer non plus
- ...et j'ai adoré ça.
Je le regarde fixement avec un grand sourire et passe ma langue humide sur mes lèvres.
La serveuse nous apporte nos consommations.
A peine vingt ans, la poitrine menue et haute, tout juste cachée par un boléro, elle exhibe un ventre plat et musclé. Elle porte une de ces micro jupes à la mode chez les jeunes, (plus une ceinture large qu'une jupe si vous voulez mon avis) le tissus s'arrête carrément deux centimètres au dessus de son entrecuisse et laisse voir ses lèvres intimes percées chacune d'un anneau.
Ah, être jeune à nouveau.
Je remarque que mon compagnon la suit du regard. Il faut dire que la vue arrière vaut aussi le détour.
— Elle vous plaît ?
— Pardon ?
— Ne vous excusez pas. La serveuse, elle vous plaît ? Vous la trouvez jolie ?
— Elle est pas mal, oui.
— Oh allons ! Soyez honnête ! Elle est jeune, sexy, impertinente ! Même moi, ses vêtements me choquent et je suis allé voir mon banquier avec votre foutre sur le visage, alors !
Dites la vérité : Vous la trouvez bandante ?
Il rougit encore.
— Vous avez envie de la sauter ?
— Pour le moment je suis avec vous.
— Moi vous me sauterez plus tard (Voilà ! C'est dit ! Plus besoin de stresser on sait maintenant tous les deux comment va finir ce rendez-vous.) Là, à l'instant, j'aimerais vous voir la baiser.
Je l'ai surpris. Il a failli avaler de travers. Il me regarde droit dans les yeux. Sans sourire, sans bafouiller. Nous sommes tous les deux mortellement sérieux. Va-t-il me demander de m'expliquer ? De justifier ma demande ?
Il appelle la serveuse.
— Oui ?
— Mademoiselle, j'ai très envie de baiser, pourrais-je vous utiliser ?
Elle me regarde, interrogative, l'air de dire « S'il a envie de baiser pourquoi ne consomme t'il pas ce qu'il a apporté ? » Je lui fais un grand sourire en retour.
— Pourquoi pas ? Mais à l'intérieur, pas sur la terrasse, sinon ça attire les passants et après je dois satisfaire tout le monde. Sauf si Sophie me donne un coup de main ?
— Non, moi je suis uniquement spectatrice.
Mon bel inconnu se lève
— A l'intérieur alors !
Comme nous la suivons dans le bâtiment il s'approche de moi :
— Donc vous vous appelez Sophie !
— et pourtant je ne suis jamais sage. Et vous ?
— Oh moi je suis plutôt sage d'ordinaire quand je ne suis pas perverti par de jolies libraires.
— Non je voulais dire… Ok vous m'avez eue.
— Pas encore.
Iris (c'est le nom de la serveuse) nous attend à l'intérieur, l'air exaspéré qu'on lui fasse perdre du temps. Il n'y a pourtant aucun autre client et je sais d'expérience qu'elle aime délivrer ce genre de service. Pour un peu elle taperait du pied. Mon bel inconnu accélère donc le pas pour la rejoindre.
Elle sort le sexe de son pantalon.
Il est fidèle à mon souvenir (le sexe, pas le pantalon). D'une belle taille, ni trop gros ni trop fin, apte à servir à toutes les fins (à toutes les faims). Il a depuis rasé les pois de son pubis.
Il bande déjà.
Elle le suce rapidement pour l'humidifier. Elle crache dans sa main et la passe sur sa vulve puis s'installe debout, les jambes écartées, les mains en appui sur une table du bar. Elle n'a même pas besoin de remonter sa jupe.
Je m'assoie face à elle.
Mon bel inconnu, bite à la main, passe derrière elle. Il me fixe alors qu'il la pénètre. Elle tressaille un peu mais ne dit rien. Il pose ses mains sur ses hanches puis commence à la bourrer.
Des coups secs, presque brutaux, qui visent à expulser la tension qui s'est mise entre nous.
Le spectacle n'a rien d'exceptionnel mais il m'émoustille comme rarement : les seins d'Iris qui se trémoussent, son air blasé à elle et lui qui me fixe toujours de son regard noir. Il n'a pas une attention pour elle, elle n'est qu'un objet qui fait la transition entre lui et moi. Voilà ce qui m'excite le plus dans cette situation : le fait que ce soit lui, lui sur lequel je fantasme depuis des mois et qu'il soit là, présent, face à moi, à baiser la fille que je lui ai choisie.
J'ouvre les jambes et commence du bout de l'ongle à grattouiller mon abricot. Le patron s'assoie à côté de moi et sort sa bite, lui aussi se masturbe, en regardant sa petite serveuse, qui est aussi sa compagne, se faire baiser par un client. Un spectacle qu'il voit dix fois par jour mais dont il ne se lasse pas. Me montrant sa queue en érection il me demande :
« - ça te dit ?
— Non merci Maxime, je préfère regarder.
— OK. »
Mon inconnu n'est pas très tendre avec elle mais elle encaisse sans broncher. Il accélère le rythme, la situation l'a excité, il ne va pas tarder. Il sort sa bite et la cale entre ses fesses. Je me redresse pour mieux voir, deux doigts dans la chatte. Mais Iris l'arrête :
— Non ! Pas les vêtements !
Elle se retourne, le prend en bouche, et de quelques rapides coups de poignet, le fait venir sur sa langue. Dommage ! J'aurais voulu voir l'éjaculation.
Elle vient vers moi. Je crois, j'espère, un cum-swap mais non elle l'a déjà avalé. Elle me dit juste à mi-voix :
« - Il est bien. Tu peux y aller. »
Elle croit que je l'ai utilisée pour tester un amant potentiel. Ce n'est pas du tout ça ! Je trouve même l'idée choquante mais comment le lui expliquer. Lui dire que j'avais déjà décidé de me donner à lui ?
Est-ce qu'elle me croira ?
Est-ce important ?
Je n'arrive plus à penser tellement j'ai envie. Envie qu'il me prenne, là tout de suite. Envie de le sentir en moi. Qu'il me prenne, me défonce et jouisse. Qu'il jouisse en moi jusqu'à ce que je déborde.
J'ai aussi envie que ce soit particulier entre nous deux, que l'on prenne notre temps et que ce soit juste nous. Sans témoin ni participant.
J'attrape mon inconnu par le bras et je l'entraîne.
— Viens chez moi tu vas me baiser !
— Mais ton amie, elle ne va pas s'inquiéter si tu ne reviens pas ?
— La connaissant elle a déjà tout deviné.
Nous sortons du bar et allons vers ma maison voisine. Me rappelant un détail je me tourne et lui lance :
— Il faudra quand même que tu me dises ton nom à un moment.
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