Falling
Chapitre 1
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Norcle Falling XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Falling — Chapitre 1

16 minutes
1.9k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Norcle
Norcle
Histoires publiées
20
Abonnés
35
J'aime cumulés
422

Falling

Chapitre 1

— Environ 3 100 mots - 10 à 12 minutes de lecture —
    Je marchais. J'étais dans les Cascades, au milieu de la nature. À perte de vue, des montagnes, des vallées, des forêts, des plateaux herbus. La Nature et moi. Rien d'autre. Il n'y avait pas si longtemps, nous étions deux, près du lac. Une soirée des plus b... non, LA soirée la plus belle de ma vie, incontestablement. Mais aujourd'hui, c'était en solo que j'arpentais la montagne. Mais nous comptions bien retourner au lac très rapidement.
    Je montais le long d'une pente légère. Je ne regardais pas le sol, plus ou moins régulier, couvert d'herbe et de fleurs sauvages. Non, je me gavais les yeux du ciel d'un bleu presque irréel, des quelques rares nuages bien blancs et aux contours nets, parfaitement dessinés sur ce fond bleu ; je m'amusais des paréidolies
Interprétation que fait le cerveau de voir des formes, donner un sens, à ces dessins aléatoires
en m'auto-analysant sur ces pseudo tests de Rorschach
Le fameux test psychiatrique des dessins de "papillons"
gratuits offerts par le ciel ; je m'enivrais d'air pur, certes un peu moins riche en oxygène qu'à faible altitude, mais tellement moins pollué de toute sorte de gaz nocifs et de particules délétères ; l'air que je respirais, que je humais, sentait ce mélange de fleurs sauvages, de reste de pétrichor
Odeur de la terre après la pluie
, d'animaux sauvages et d'humus que j'adorais.
    Soudain, le sol se déroba sous mes pieds. Une trappe géante ? Un piège pour capturer une grosse bête, tapissée de pieux au fond, mis en place il y a des centaines ou des milliers d'années par des Native Americans et oublié depuis ?
    Rien de tout cela.
    Je tombais.
    Pas de bord auquel me raccrocher, plus de montagnes, adieu les prairies, sayonara le paysage. Je sentais le vent me fouetter le visage plus fort que ce que je n'avais jamais ressenti. J'étais en chute libre. Je voyais, il ne faisait pas noir, mais il n'y avait rien à voir. J'étais comme dans un ciel sans nuage, avec un plancher des vaches trop loin pour le distinguer.
    Je savais que j'étais en chute libre car premièrement j'avais bien senti l'accélération durant les dix premières secondes de ma chute et les papillons
Pas de Rorschach, ceux-là
qui s'étaient manifestés dans mon ventre. Et secondement je ne sentais plus mon propre poids ! Donc, je tombais bien : j'étais en impesanteur. Mais à part un vent de tous les diables qui me fouettait tout le corps (à deux-cents kilomètres par heure, ceci étant la vitesse-limite communément admise pour un corps humain en chute libre dans une atmosphère "normale"), et — dans une moindre mesure — mon sens de l'équilibre qui tentait de m'informer mollement que "le bas, c'est par-là", je n'avais pas l'impression de tomber. En outre, je n'avais absolument aucun repère visuel, tout était bleu uniforme, sans aucune variation qui aurait pu me donner une notion de profondeur ou d'éloignement. C'était définitivement cette sensation qui me dérangeait le plus.
    À cette vitesse, la respiration était peu aisée : l'air arrivant très vite, j'avais une sensation de suffocation. Mais je m'y habituais peu à peu, et réussissais à trouver un rythme et une façon de faire.
    J'avais peur : l'être humain est programmé pour craindre les chutes. Mais je m'accoutumais aussi à ces nouvelles sensations, tout comme j'avais su dompter ma respiration la minute précédente.
    La sensation n'était pas désagréable, somme toute. L'atterrissage, quand il arriverait, serait moins sympathique, mais là, à cette seconde précise, ce que je ressentais était… marrant. Deux millions d'années d'évolution nous avaient enseigné que de s'approcher d'une falaise, c'est dangereux, que de tomber, c'est dangereux. C'est faux ! C'est le choc avec le sol, qui l'est. Pas les secondes qui le précèdent. Si l'on s'affranchit du choc, le reste est plutôt agréable.
    C'était un rêve, forcément. Ou j'étais dans une simulation à la Matrix, je ne savais pas. Mais je ne pouvais pas tomber ainsi pendant plusieurs dizaines de secondes alors que j'étais sous la surface du sol. Et puis, il y avait de la lumière, qui venait de je-ne-sais-où. Rien de tout cela n'était logique, ni même plausible.
    J'avais froid, à présent. Était-ce l'air qui défilait rapidement autour de moi qui me rafraîchissait à ce point ? Peut-être, peut-être pas. Ce froid semblait venir de l'intérieur. Un peu comme certaines fièvres incommodantes. Je fermais les yeux. Si je ne bougeais pas, j'avais l'impression d'être sur le ventre, sur un matelas mou qui gigotait un peu, peut-être comme un lit à eau, et que j'avais un ventilateur surpuissant qui me crachait au visage. Mêmes sensations. Enfin, j'imaginais.
    Le froid s'intensifiait, je ne savais pas quoi faire. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Que je rêve, que je sois dans une simulation, dans le rêve d'un·e autre, ou que sais-je encore, quoi que ce soit, j'avais froid, et je n'étais pas bien. Je pouvais nier beaucoup de choses, prétendre que rien de ce que je voyais, touchais, sentais, entendais n'était vrai, réel, mais ce froid-là, il était bien là. Je le ressentais, et il m'était inconfortable.
    Je dormais. Le froid, le vent causé par ma chute libre, les idées qui tournaient et tournaient dans mon cerveau, tourmentant mon âme, avaient eu raison de moi. Ma conscience en berne, mon inconscient s'exprima. Il avait enfin toute lattitude pour prendre les devants, sans être entravé par mon "surmoi" castrateur et limitant. "Ça" prenait les rênes.
"Ça" commença par un poème :
    Sur mon nuage blanc, regardant les humains
    Courir et s'agiter, je m'amusais beaucoup :
    Bouger les occupait et l'un d'eux, pas malin,
    Gigotait beaucoup trop, il me semblait bien fou.

    Il allait çà et là, jamais ne s'arrêtait.
    Immobile et muet, craignait-il de mourir ?
    « Mon ami aliéné, pourrais-tu, s'il fallait,
    Stopper net tous tes gestes et laisser tes faux rires ?

    Saurais-tu te calmer, vivre bien, vivre mieux ?
    Pour cesser de "paraître", de ne plus t'exposer ?
    Conserver tes secrets, rejeter les curieux ? »
    Voilà les questions que je voulais poser.

    Je ne comprenais pas : comment trouver la Paix
    La Sagesse et le Bon, si l'on vit pour les yeux
    Des gens autour de soi ? Je pensais qu'il fallait
    Vivre en ermite pour toucher au merveilleux.

    Gnothi seauton
Connais-toi toi-même en grec ancien ; maxime rendue célèbre par Socrate
, ou connais-toi toi-même :
    Le Bonheur est en toi, c'est de là que tout part :
    Apprends à te connaître si tu veux qu'on t'aime.
    Si tu comprends cela, il te reste un espoir.
    Puis "Ça" enchaîna sur une série de rêves. Des banals, des fifous, des improbables. Des impossibles, des flippants. Rien de très positif. Rien qui serait le contraire d'un cauchemar, un rêve apaisant où l'on ressent le bonheur dans tout son être. Non, ici pas de grande joie, de sérénité, d'apaisement, de calme. Au mieux, certains étaient neutres, factuels, descriptifs. Les autres m'étranglaient, me submergeaient de sensations exacerbées, de sentiments surdimensionnés. Lorsque je m'éveillais, j'avais une sorte de vertige, d'ivresse devant cette avalanche de rêves trop "réels".
    J'ouvrais les yeux de temps en temps : rien n'avait changé. Toujours pas de sol à l'horizon, toujours l'air qui me fouettait à grande vitesse. Puis je replongeais dans mon sommeil, si c'en était un. Je n'avais toujours pas peur. Il serait toujours temps de me vider brusquement d'effroi intestins et vessie lorsque je verrais le sol s'approcher.
    Le froid m'éveilla. C'est curieux comme parfois un même phénomène peut provoquer une chose et son contraire. Ce froid qui m'avait engourdi les membres et la conscience, m'entraînant doucement dans une douce torpeur, me piquait à présent de ses dards effilés, ramenant mon âme à la réalité. Enfin, réalité : cela restait à voir. Disons : "réactivant ma conscience", ce serait plus juste. Depuis combien de temps chutais-je ? Impossible de le savoir.
    Mes doigts étaient gourds et jaunes, presque blancs. Je ne sentais plus du tout mon visage, les joues insensibles tellement elles avaient été fouettées par l'air. Je remuais les bras, les jambes, les chevilles : tout fonctionnait encore, mais pour combien de temps ? Quelle distance avais-je parcouru ? Si cela faisait une heure que je tombais, j'avais donc parcouru deux-cents kilomètres de chute libre : le record absolu de tous les temps. Felix Baumgartner
Cascadeur autrichien qui a sauté de 39 000 mètres
pouvait aller se rhabiller avec ses quarante bornes. Par contre, il avait passé le mur du son, lui. Moi, je me contentais d'un petit deux-cents.
    Je fis des cabrioles, des essais, des trucs fous. Le froid ne passait pas. Je passais du temps sur le dos, la tête en bas, en bouteille, en étoile, en boule. Je testais les demi-tours, les accélérations, les ralentissements. Les vrilles me donnaient le tournis et la nausée. Les saltos, une sensation curieuse dans mes entrailles, mais pas désagréable. La chute libre verticale, que la tête soit en bas ou en haut, était vraiment bruyante et c'en était indisposant. Les jeux durèrent quelque temps. Une demi-heure, une heure, deux heures ? Je ne savais pas, je m'en occupais moins. Il avait moins d'importance. Mon cycle circadien allait se dérégler, et alors ? Il était là pour notre métabolisme et la gestion de nos hormones, bien sûr, mais il servait aussi à nous synchroniser à nos congénères. Mais ici, ce second intérêt perdait tout son sens.
    À présent, je tremblais. Je ne crois pas que l'air était plus frais, c'était juste que j'étais à bout de force, je n'avais plus d'endurance. Plus de jus. Il aurait été simple que je m'endorme et qu'advienne que pourra : mourir de froid, de soif, de crash. C'était une solution plutôt lâche, mais je me connaissais suffisamment pour savoir que courage et volonté étaient les dernières de mes qualités, aussi m'en accomodais-je.
    Je n'avais jamais sauté en parachute, ni pratiqué le saut à l'élastique. Les sports extrêmes n'avaient jamais été mon truc. Sans vouloir critiquer d'un iota les personnes qui s'adonnaient aux pratiques des sports extrêmes, j'avais toujours eu le sentiment que c'était une façon pour elles de remplir un vide, de se saturer les veines d'adrénaline pour se sentir vivantes, pour penser à l'action à mener dans les prochaines secondes pour éviter la mort et le Grand Néant. Pour moi, les gens qui n'avaient pas peur de se mettre en danger étaient justement celles qui avaient le plus peur de la mort. Elles essayaient de la dompter, de la défier, de s'y frotter, et ainsi ressortir encore plus vivantes après.
    Pour ma part, au-delà de l'aspect daredevil des sports à sensation extrême, c'étaient les sensations physiques qui m'incommodaient et avaient tendance à me donner la nausée. Et les dix ou douze premières secondes de ma chute n'avaient pas dérogé à la règle : outre la surprise et la forte appréhension au moment où le sol s'est dérobé sous mes pieds, j'avais eu la nausée lorsque les tissus mous de mon estomac et mes différents viscères s'étaient baladés en moi lors de la phase d'accélération.
    Mais comme je l'ai dit plus tôt, après peut-être une minute, une fois la première surprise passée et ma respiration ayant dompté la tempête d'air qui m'assaillait le visage, j'avais finalement trouvé que la sensation d'impesanteur n'était pas des plus déplaisantes. Comme quoi on s'habitue à tout, même à des choses absolument pas naturelles.
    Je m'ennuyais. Je tombais, j'allais vers une mort inéluctable, et pourtant je m'ennuyais. Attrapant mon téléphone en poche, le tenant fermement pour ne pas qu'il s'envole, j'essayai de l'allumer, mais rien ni fit : il ne démarrait pas, comme si la batterie était vide, ce qui n'était a priori pas possible car j'avais entamé ma randonnée avec 100 %.
    Une autre idée me vint : j'étais peut-être dans le coma, ou je faisais une E.M.I.
Expérience de Mort Imminente ; appelée également N.D.E. : Near-Death Experience
. Et mon ressenti du temps était complètement aberrant et ne signifiait absolument rien. Je souris : cette hypothèse était séduisante. En outre, j'avais un certain détachement et envisager un coma long ou une E.M.I. ne m'effrayait pas plus que ça…
    Je tendis l'oreille, essayant de faire fi du souffle puissant de l'air sur mes tympans : y avait-il des bips lointains, témoins d'appareils branchés partout sur moi ? Entendais-je de faibles "Vite, je commence le M.C.E.
Massage Cardiaque Externe
, préparez le bloc !" ? Non, rien de tout cela. Où que je sois, il n'y avait que moi. Me, myself and I.
    Avec cette idée en tête de coma/I.M.E., j'envisageais un peu mieux l'expérience qui m'arrivait. J'avais alors commencé à scruter le "ciel" autour de moi, encore plus attentivement : j'essayais de parcourir l'horizon sur toute ma sphère observable, cherchant à déceler le moindre changement, le moindre écart, la moindre chose qui puisse accrocher mon regard. Mais rien. Rien de rien.
    Si je m'éveillais un jour, que pourrais-je rapporter de cette expérience ? Est-ce que je pouvais apprendre quelque chose de cet au-delà, de cet entre-deux où je me trouvais ? Afin de prouver, si tant est que cela ait un sens, que j'étais bien quelque part et non pas sans conscience sur un lit d'hôpital ou dans une ambulance.
    Je n'avais ni soif, ni faim. Ni envie d'uriner, Dieu merci. C'eût été compliqué de se soulager en chute libre. Même si tout ceci n'était qu'un "rêve", je n'avais aucune envie de passer par cette expérience car, tant que je ne "m'éveillerais" pas, je devrais "vivre" avec un nuage de ma propre urine au-dessus de moi, sans parler des inévitables goutelettes que j'aurais dipercées çà et là !
    L'absence de ces besoins physiologiques étayait ma théorie. C'était rassurant, je semblais tenir quelque chose. Toutefois deux maux m'assaillaient encore : le froid et l'ennui. Et le fait de les ressentir les rendaient réels, quelle que soit ma réalité du moment. Je pouvais éventuellement m'agiter afin de me réchauffer, mais pour l'ennui, c'était un peu plus compliqué.
    Sans poids — puisque j'étais en impesanteur — les exercices physiques étaient rapidement limités niveau dégagement de chaleur, les efforts étant fort réduits. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, j'ai commencé à faire des flexions des bras et des jambes, tournant également la tête de gauche à droite en cadence. Je devais être ridicule, à gesticuler ainsi, tombant inexorablement vers… rien.
    Cela me réchauffa un peu, et m'occupa tout autant, le temps de me coordonner et que les mouvements deviennent des automatismes. Mais rapidement, mon esprit revint à éprouver ce manque d'occupation que je fuyais depuis toujours. Sans proprement parler de douleur, c'était tout de même une sensation fort désagréable, un peu comme la terreur.
    Je me mis à compter mes flexions, histoire de "m'occuper", mais c'était peu concluant. Je décidai alors d'augmenter la cadence, de me faire souffrir physiquement, que mon rythme cardiaque s'affole, que mes muscles me tiraillent, que la tête me tourne. Si "tout" mon corps était endolori, si j'avais des vertiges, mon esprit serait occupé, concentré sur mon mal-être physique plutôt que le psychique.
    Cette cadence m'amena très rapidement à respirer fort et vite, mais cet essoufflement n'empira pas. Il semblait que j'avais trouvé un rythme, un équilibre, que mon corps supportait. Alors que, en temps normal, je n'aurais pas soutenu un tel effort plus d'une ou deux minutes.
    « … a bougé, non ? … »
    D'où venait cette voix lointaine, à peine audible ?
    « … E.E.G.
Électroencéphalogramme ; un E.E.G. sert à suivre l'activité cérébrale
… »
    C'était une autre voix, tout aussi lointaine, qui venait également de partout et nulle part. Cette seconde intervention, cependant, m'avait donné un indice intéressant : ça parlait d'E.E.G. et, à moins que cela ne soit que le fruit de mon imagination — hypothèse pas totalement écartée — cela voulait dire que j'étais entre de bonnes mains à l'hôpital. Mais qu'était-il arrivé ? En tout cas, il semblait que mon "vrai" corps avait bougé. Était-ce dû au fait que je m'agitais dans ma "réalité" pour me réchauffer ?
    Dans le doute, et puisque je ne prenais pas grand risque à continuer, j'ai poursuivi mes efforts frénétiques. Même si l'exercice était toujours intense, et m'essoufflait beaucoup, je ne sentais pas que c'était trop, que j'allais devoir abandonner rapidement. J'avais atteint une vitesse de croisière — étonnamment rapide, bien plus grande que ce que je n'aurais jamais pu atteindre dans la réalité — qui s'accomodait fort bien avec ma nouvelle super endurance.
    « … sûre … bougé encore … jambe(s) … »
    « … pic(s) d'activité … »
    Je touchais au but. Mon corps semblait répondre, et je voulais croire que ce(s) pic(s) d'activité concernai(en)t mon activité cérébrale ! J'ai crié, hurlé ! Mes gestes étaient devenus complètement désordonnés, mes membres s'agitant chacun indifférement des trois autres, ayant quitté la synchronicité calculée que j'avais au départ.
    Puis ce fut le noir total. Il dura longtemps, très longtemps. Quelques minutes ? Quelques dizaines de minutes ? Je ne pouvais plus bouger. Je ne voyais rien. Je n'entendais rien. C'était affreux, la pire expérience que j'ai jamais vécue. Je souffrais d'un locked in syndrom
Cas médical rarissime où une personne est atteinte d'une paralysie totale, mais laissant la conscience et la plupart des sens intacts
. Puis, après un temps qui me sembla infini, je finis par rêver (?) qu'un frelon me piquait l'hallux
Gros orteil
, me causant une douleur foudroyante. J'ai voulu donner un coup de pied de toutes mes forces, mais je ne me sentis pas bouger. Cependant, j'entendis nettement ceci :
    « … tre six et sept … chelle de Glasgow … »
    Et surtout, des bips. Des doux bips de monitoring. Et puis une voix. Sa voix. Elle m'encourageait, me stimulait, me demandais d'ouvrir les yeux. Cette voix, je l'aurais reconnue entre mille, un million, sept milliards. J'avais vécu le plus dur, maintenant tout irait mieux.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
L'auteur n'a pas encore précisé si une suite est prévue.

Commentaires ()

Passer les 3 commentaires
Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
16 mai 2026 à 09:40
« Jusqu’ici tout va bien… » aurait pu être le mantra du protagoniste. Le fait que le danger ne vient pas de la chute mais de la fin de celle-ci est une idée intéressante, en effet.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Norcle
Norcle
4 mai 2026 à 19:33
C'est une expérience […]

Merci.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Xaviernnrs
Xaviernnrs
3 mai 2026 à 16:24
C'est une expérience troublante et pourtant, il y a une beauté étrange dans cette mise en pause.
Le retour à la réalité, quand les sons reviennent, quand la peau ressent à nouveau le froid ou le chaud, la piqure,c'est un vrai combat. Un combat magnifique et nécessaire.
Merci d'avoir mis des mots sur ce qui reste souvent un secret enfoui
Modifié 3 mai 2026 à 16:47
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Norcle Des tourments et des vers XSTORY
Des tourments et des vers
Chapitre unique
Par Norcle
5
8
1.5k
Hétéro
✦ Bianca Un été de rêve XSTORY
Un été de rêve
Chapitre 4
Par Bianca
1
3
2.2k
Hétéro
✦ Petite Chérie La toile XSTORY
La toile
Chapitre unique
Par
9
7
3.3k
Hétéro
✦ Norcle Alone in the dark XSTORY
Alone in the dark
Chapitre unique
Par Norcle
11
13
2.1k
Hétéro
✦ tounet777 L'éveil dans l'obscurité XSTORY
L'éveil dans l'obscurité
Chapitre 1
Par tounet777
0
0
17
Gays
✦ Fitze Une idylle en enfer XSTORY
Une idylle en enfer
Chapitre unique
Par Fitze
7
0
2.9k
Hétéro
✦ ***Astrale3etoiles L'inconnu entre en moi XSTORY
L'inconnu entre en moi
Chapitre 3
Par ***Astrale3etoiles
7
7
5.2k
Hétéro
✦ La_nouveaute Une grande nouveauté XSTORY
Une grande nouveauté
Chapitre unique
Par La_nouveaute
9
1
3.8k
Hétéro
✦ tounet777 Le poids du souvenir XSTORY
Le poids du souvenir
Chapitre 3
Par tounet777
0
0
2
Gays

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio