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Couverture de Golden Burger : service très spécial, par Excalibur81
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Golden Burger : service très spécial — Chapitre 1 · Épisode 1 : la nouvelle recrue

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Excalibur81
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Golden Burger : service très spécial

Chapitre 1 · Épisode 1 : la nouvelle recrue

Note de l'auteur

Cette série est un nouveau défi que je me lance, écrire une histoire comme les feuilletons des années 70-80 qui pouvaient se regarder indépendamment. Voici donc le premier épisode de la saison qui va inonder vos écrans.
L'enseigne néon du Golden Burger grésille avec un bourdonnement électrique qui semble donner le tempo à la zone industrielle. À l'intérieur, l'air est lourd, chargé d'une odeur de friture et de ce silence particulier qui précède les tempêtes.
Le silence dans le bureau du directeur n'est rompu que par le ronronnement asthmatique de l'unité centrale et le sifflement des néons. Assis dans son fauteuil dont le similicuir craque à chaque mouvement, le manager réajuste sa cravate, les mains moites. Sur son bureau, une pile de fiches bristol récapitule les profils des employés, mais ses yeux ne quittent pas l'écran central. Marc-Antoine est un homme d'une cinquantaine d'années à l'élégance rigide et fanée. Son crâne dégarni luit sous les néons comme une boule de billard, et ses lunettes à monture fine encadrent des yeux pâles, presque vitreux, qui ne s'animent vraiment que devant la lumière bleue des moniteurs. Sa cravate est serrée si fort qu'on pourrait croire qu'il cherche à s'étrangler lui-même pour contenir son excitation.
Aujourd'hui, c'est le grand jour. Il a investi une partie du budget "maintenance" pour installer cette caméra haute définition sur un mât pivotant surplombant le parking. Il relit une énième fois la fiche de Noura. « 21 ans, étudiante, ponctuelle, excellente présentation... ». Il attend de voir sa silhouette descendre du bus de la ligne 42.
Soudain, un monospace entre dans le champ de vision. Ce n'est pas Noura. Marc-Antoine sent une pointe d'agacement, vite remplacée par une attention plus vive en reconnaissant le véhicule de Valérie. Il pianote rapidement sur son clavier, comme s'il réalisait un documentaire animalier dont il serait le seul spectateur et zoome sur la borne interactive.
Sur l'écran, le visage de Valérie occupe tout l'espace. À trente-huit ans, elle possède cette beauté mûre qui a toujours retenu son attention : traits fins, lèvres pleines, et ce corps de mère de famille encore désirable malgré les années. Aujourd'hui, quelque chose change… un détail difficile à saisir.
Elle jette un coup d'œil furtif vers la vitre fumée de la cuisine, là où Kevin officie. Le manager observe, fasciné, le manège de la mère de famille. D'un geste qu'elle veut discret, elle remonte ses lunettes de soleil sur son front, révélant des yeux lourdement maquillés. Puis, tandis qu'elle attend la voix d'Aurélie dans l'interphone, elle vérifie dans son rétroviseur que ses enfants sont bien absorbés par leurs tablettes.
Rassurée, elle porte la main à l'encolure de sa robe fleurie. Marc-Antoine retient son souffle, une tension diffuse s'installant malgré lui dans son pantalon. Du bout des doigts, elle défait le premier bouton, puis le second presque violemment, écartant le tissu sur sa poitrine moite. Ses seins lourds, à peine contenus par un soutien-gorge de dentelle noire visiblement choisi pour l'occasion, débordent généreusement. Ses tétons pointent, durs et visibles sous le tissu fin.
Marc-Antoine sent sa queue durcir franchement dans son pantalon. Il se penche en avant, la bouche entrouverte, comme un chien devant une gamelle. Elle se cambre sur son siège, poussant sa poitrine en avant vers la fenêtre de retrait. Sous l'effet de la chaleur et de l'excitation, une fine pellicule de sueur fait luire le haut de ses seins, rendant la dentelle de son soutien-gorge presque translucide par endroits. Marc-Antoine, le nez collé à l'écran, peut voir le frémissement de ses narines et la manière dont elle humecte ses lèvres, les rendant brillantes, comme si elle s'apprêtait à dévorer bien plus qu'un burger. Son attitude semble chercher quelque chose — ou quelqu'un, dans l'espoir que ce soit le grand type noir de la cuisine, celui qui s'occupe du grill, qui vienne lui apporter son sac plutôt qu'Aurélie.
Marc-Antoine observe sourdement, ses doigts se crispent contre le bureau. Il ne bouge plus. Le manager savoure l'instant. Il voit la poitrine généreuse de Valérie se soulever rapidement, presque offerte à sa caméra. Cette mère de famille modèle qui se transforme au drive pour un cuisinier qui ne soupçonne même pas son existence…
Son fantasme est brutalement interrompu par trois coups secs à la porte. Il sursaute, lâche la souris. L'image du décolleté de Valérie reste affichée en grand.
— Entrez ! lance-t-il d'une voix plus aiguë et cassée qu'il ne l'aurait voulu.
La porte s'ouvre sur Noura. Malgré l'assurance qu'elle tente d'afficher, elle s'arrête net sur le seuil, visiblement intimidée. Ses grands yeux sombres balaient la pièce et s'attardent sur le mur couvert d'écrans. Pour elle, c'est une débauche de technologie incompréhensible pour un simple fast-food de zone industrielle. Elle se sent soudain minuscule, observée de toutes parts par ces angles morts dont elle ignore encore la véritable nature.
— Bonjour Monsieur… C'est impressionnant ici, murmure-t-elle en désignant les moniteurs du menton. On se croirait dans un commissariat.
Marc-Antoine se racle la gorge, un sourire nerveux et carnassier aux lèvres. Son regard s'attarde sur elle, un peu trop longtemps. Elle hésite une seconde avant d'avancer. Quelque chose dans la pièce la met mal à l'aise sans qu'elle sache pourquoi. Elle se force à avancer quand même. C'est juste le premier jour.
— La sécurité est notre priorité, Noura. Dans ce quartier, on n'est jamais trop prudent. Approchez.
Noura fait quelques pas hésitants sur le linoléum usé. Elle est encore plus troublante en vrai que sur sa photo. Sa jeunesse, sa peau ambrée et cette vitalité presque électrique contrastent violemment avec l'atmosphère étouffante du bureau. Elle serre les lanières de son sac à dos, les jointures blanchies. Elle a désespérément besoin de ce job, et l'autorité froide de Marc-Antoine l'oppresse déjà.
Son regard glisse sur elle sans aucune gêne, tel un prédateur évaluant une proie. Il s'attarde sur la naissance de sa poitrine que le décolleté de son haut laisse deviner à chaque respiration nerveuse. Il guette le tressautement de sa carotide dans son cou ambré et la manière dont son jean, un peu trop délavé, moule la naissance de ses fesses. Marc-Antoine ajuste ses lunettes, ses yeux délavés brillant d'une lueur fiévreuse, tandis qu'il imagine déjà le grain de cette peau sous le polyester rigide de l'uniforme. Son sexe, encore à moitié dur après le spectacle de Valérie, se remet à palpiter désagréablement contre le tissu de son pantalon.
— Voici votre tenue, dit-il en lui tendant le paquet scellé sous vide. Du trente-six. C'est la taille standard pour le personnel féminin. Nous tenons à ce que l'image de marque du Golden Burger soit… impeccable.
Noura prend le paquet, surprise par sa légèreté. Elle sent le regard du manager peser sur son corps, lourd, insistant. Un regard qui la déshabille. Elle pourrait faire une remarque. Sur la taille. Sur le regard. Mais elle ne dit rien. Elle a besoin de ce travail. Ce n'est pas le moment de compliquer les choses.
— Vous êtes sûr de la taille ? demande-t-elle avec une pointe d'inquiétude dans la voix.
— C'est ajustable, répond-il sans la quitter des yeux. La discipline commence par la tenue. Maintenant, filez au vestiaire, c'est au bout du couloir. Kevin vous attend en bas pour le brief. Ne le faites pas attendre, il déteste qu'on perturbe son grill.
Il note quelque chose sur sa fiche sans lever les yeux, l'ignorant déjà alors qu'elle était encore là, la laissant avec son malaise et son paquet de plastique.
Noura hoche la tête, la gorge serrée. L'autorité sèche de cet homme et son regard qui s'attarde sur ses courbes la mettent profondément mal à l'aise. Elle pivote rapidement et sort, le cœur battant à tout rompre, avec l'impression persistante que son regard la suit encore tandis qu'elle s'éloigne dans le couloir.
Dès que la porte claque, Marc-Antoine se jette sur sa souris. Son doigt clique frénétiquement. Il ferme la fenêtre de Valérie — la maman foot n'était qu'un apéritif. Il ouvre le flux direct du vestiaire. “Vestiaire 2”, corrige-t-il mentalement. “Vestiaire 1” était tombé en panne après un incident qu'il préférait ne pas consigner — ni même formuler clairement. L'écran affiche une pièce vide, baignée dans une lumière crue. Il attend, la main crispée sur le rebord de son bureau, que la silhouette de Noura entre enfin dans le champ de sa caméra secrète.
Noura est seule. Le silence du vestiaire n'est troublé que par le bourdonnement lointain des chambres froides. Elle jette un regard méfiant vers la porte close, puis vers le plafond, ignorant que l'œil impitoyable de Marc-Antoine est braqué sur elle depuis la grille d'aération.
Elle attrape le paquet plastique et le déchire d'un geste sec. Le tissu noir de l'uniforme est raide, synthétique et visiblement bien trop petit. Elle soupire, posant le vêtement sur le banc de bois usé. D'un mouvement fluide et naturel, elle glisse ses mains vers ses hanches, descend la fermeture éclair de son jean et le fait glisser le long de ses jambes ambrées, révélant une lingerie sombre qui capte brièvement la lumière.
Elle jette un regard rapide autour d'elle. La pièce est vide. Pourtant, elle ne se sent pas totalement seule. Elle chasse aussitôt cette idée. C'est idiot… non ?
Debout en sous-vêtements au milieu de la pièce exiguë, Noura frissonne lorsque l'air froid de la ventilation caresse sa peau nue. Un frisson traverse sa peau. Pressée, elle saisit le pantalon de l'uniforme.
Dès les premières secondes, c'est une lutte. Elle passe une jambe, puis l'autre. Le tissu synthétique, froid et sans souplesse, accroche immédiatement sur le galbe de ses cuisses. Noura doit se trémousser avec force, chercher un appui, ajuster ses mouvements pour faire remonter le tissu rebelle. La couture centrale du pantalon trop petit s'enfonce brutalement entre ses lèvres, le polyester raide frottant sans ménagement son intimité à chaque saccade. Noura grimace, mais un frisson électrique, aussi indésirable qu'intense, remonte le long de sa colonne vertébrale. Elle s'appuie contre les casiers, le métal glacé contrastant violemment avec la chaleur qui irradie désormais de son bas-ventre. Le bruit de sa propre respiration, hachée et de plus en plus rauque, emplit l'espace exigu, alors que ses doigts tremblants s'acharnent sur le bouton qui refuse de fermer ce piège de tissu.
Noura s'arrête, souffle, reprend plus vite cette fois, sans vraiment savoir pourquoi, elle se sent soudain pressée d'en finir. Adossée aux casiers, elle halète :
— Allez... encore un peu...
En salle, l'agitation du pré-rush commence à faire monter la température. Aurélie claque les supports de sacs au drive avec une agressivité évidente, jetant des regards noirs et insistants vers le couloir des vestiaires. La jeune femme de vingt-six ans, porte son uniforme comme une armure de guerre. Ses cheveux blonds décolorés sont tirés en une queue-de-cheval si haute qu'elle semble lui étirer les traits, accentuant son regard perpétuellement aux aguets. Sous son maquillage trop chargé pour un fast-food — un trait d'eyeliner noir qui finit en pointe acérée —, elle cache une amertume qui s'exprime par des gestes secs et une voix nasillarde qui semble toujours prête à mordre.
Kevin s'essuie lentement les mains sur son tablier de cuir, son regard sombre se posant sur le bon de commande qu'Aurélie vient de froisser nerveusement. Il a remarqué l'absence prolongée de la nouvelle. Connaissant les habitudes de son patron, il n'a aucun mal à deviner ce qui se trame.
— Elle en met un temps la nouvelle. À ce rythme-là, elle va demander une pause syndicale avant son premier burger… siffle Aurélie entre ses dents, la voix chargée de mépris et de curiosité malsaine.
Kevin laisse échapper un grognement sourd. Sa carrure imposante domine tout le comptoir de préparation.
— Laisse-la respirer, Aurélie. Tu sais très bien comment ça se passe ici.
Il se dirige vers l'étagère des stocks de secours, attrape un sachet marqué d'un large « M » au feutre indélébile et le glisse sous son bras. Kevin est un colosse noir dont la présence semble saturer l'espace confiné du couloir. À trente ans, il possède une carrure d'athlète, ses muscles massifs et sombres dessinant des reliefs puissants sous son t-shirt de travail. Son visage est taillé à la serpe, marqué par la chaleur des grills, et ses yeux d'ébène portent une intensité calme mais animale. Lorsqu'il se déplace, c'est avec une lenteur assurée, celle d'un homme qui connaît sa force et n'a pas besoin de hausser la voix pour s'imposer.
— Le patron a encore dû coller un trente-six, reprend-il d'une voix basse et traînante. Comme d'habitude. Si on veut qu'elle puisse bosser sans finir à moitié à poil avant midi, il lui faut du vrai tissu.
Aurélie lève un sourcil, le regard brûlant de jalousie en le voyant prendre les choses en main.
— Et c'est toi qui te dévoues pour jouer les tailleurs maintenant ?
Kevin ne prend même pas la peine de la regarder. Un léger sourire carnassier étire ses lèvres.
— Quelqu'un doit faire tourner le service, répond-il calmement comme s'il parlait d'une centrale nucléaire.
Il pivote et s'engage dans le couloir sombre. Ses chaussures de sécurité résonnent lourdement sur le sol à chaque pas, comme un compte à rebours.
Dans le bureau, Marc-Antoine voit sur l'un de ses moniteurs secondaires Kevin quitter la cuisine avec un uniforme à la main. La panique le submerge instantanément. Sa main se fige.
— Non... pas maintenant..., siffle-t-il, les yeux fixés sur l'écran principal où Noura, ignorant tout du danger, continue de se débattre avec sa propre nudité et ce bouton récalcitrant. L'image retient toute son attention. Il ajuste légèrement le cadrage, par réflexe. Le système fonctionne parfaitement. Il en est presque satisfait.
Il regarde, impuissant et terrifié, la silhouette massive de Kevin s'approcher de la porte du vestiaire sur l'écran du couloir, alors que sur l'écran du vestiaire, Noura s'adosse aux casiers, le ventre offert à la caméra. Le choc des deux mondes est imminent.
La porte du vestiaire s'ouvre. Kevin reste sur le seuil, le sachet de l'uniforme glissant presque de ses doigts engourdis. Il est comme pétrifié. Le contraste est total : l'air vicié de la cuisine s'engouffre dans le vestiaire, apportant avec lui l'odeur musquée de la sueur de Kevin et la chaleur des grills. Noura, à moitié nue, se sent soudain enveloppée par cette présence massive. Kevin ne dit rien, mais ses yeux d'ébène dévorent la courbe de sa taille et l'éclat de sa peau ambrée sous le néon. Sous son pantalon de travail, son sexe gonfle si brutalement que le tissu se tend à craquer, une érection massive et indécente qui semble vouloir briser la fermeture éclair. Le silence entre eux est si dense qu'on entendrait presque le sang battre dans leurs tempes. Il bande si fort que c'en devient presque douloureux. Une chaleur animale irradie de son bas-ventre tandis qu'il détaille sans retenue le corps presque nu de Noura.
Une odeur inconnue, chaude et troublante, prend le dessus sur celle du graillon qui lui colle d'ordinaire à la peau. Sa gorge se noue, et une chaleur animale monte de ses reins, l'empêchant de formuler la moindre pensée cohérente.
— Marc-Antoine a encore merdé sur les tailles..., bégaie-t-il d'une voix plus grave que nécessaire.
Il tend le sachet, sans parvenir à détacher ses yeux de son corps.
Le regard de Noura reste figé, les épaules rentrées, comme si elle espérait disparaître. Le pantalon trop serré glisse finalement jusqu'à ses chevilles lorsqu'elle relâche la tension, restant en lingerie devant lui. Elle reste immobile une seconde de trop. Elle ne bouge pas, pas immédiatement, comme si le moindre geste risquait d'aggraver la situation. Ses yeux cherchent un point fixe — le mur, le casier, n'importe quoi — sans jamais réussir à s'y accrocher. L'air entre eux est électrique, lourd de tension difficile à nommer.
Dans son bureau, Marc-Antoine est fou de rage et de frustration. Kevin lui bloque presque totalement la vue avec son dos massif. Il n'aperçoit plus que des bribes : la courbe d'une hanche, un éclat de dentelle, un mouvement sensuel. Il change d'angle. Rien. Il recommence. Plus méthodiquement. Une tension brève traverse son visage. Puis disparaît aussitôt.
— Bouge, putain… Dégage de là ! grogne-t-il entre ses dents, les yeux brillants de rage et d'humiliation.
Sa main s'agite frénétiquement dans son pantalon, pompant sa queue avec une colère désespérée. Il était à deux doigts de jouir… et ce mur de muscle noir venait tout gâcher.
Il imagine ce que Kevin voit de près : le grain de la peau de Noura, les détails que la caméra refuse obstinément de lui offrir, l'odeur de sa peau chauffée par l'effort. Marc-Antoine se projette dans le corps de son employé, s'imaginant poser ses mains sur ces hanches nues que l'écran ne lui montre que par bribes. Cette frustration visuelle agit comme un puissant catalyseur, poussant son excitation à son paroxysme.
De l'autre côté de la cloison, dans le vestiaire, Noura enfile le nouvel uniforme avec lenteur, ajustant le tissu avec maladresse. Le tissu taille M est plus souple. Elle laisse le bouton ouvert sur ses hanches nues et le haut de sa culotte. Son regard reste dirigé vers le miroir, sans vraiment oser s'y attarder. Elle ajuste le tissu maladroitement, tirant dessus pour qu'il couvre correctement son corps, sans vraiment oser se regarder dans le miroir ni prêter attention aux yeux ébahis de Kevin. Elle referme finalement le bouton. Comme si tout était normal.
— Ça… ça va aller comme ça ? demande-t-elle encore un peu essoufflée, sans être certaine de la réponse.
Kevin respire lourdement, il reste immobile, trop immobile.
— Beaucoup mieux..., répond-il, la voix plus grave que nécessaire. Mais faut y aller avant que le vieux fasse une syncope.
Noura finit de s'habiller avec des gestes mécaniques, les mains tremblantes. Elle évite son reflet, se contentant de vérifier rapidement que l'uniforme couvre suffisamment son corps pour qu'elle puisse enfin sortir décemment.
Soudain, la porte du bureau de Marc-Antoine s'ouvre avec fracas. C'est Bastien.
— Papa ! Aurélie pète un câble en bas ! Y'a personne au comptoir ! Elle est où la nouvelle ?
Marc-Antoine sursaute et tente maladroitement de masquer l'écran, il se redresse trop vite et réajuste sa cravate.
— Elle... elle se change, Bastien ! Descends, je t'ai dit de ne pas entrer sans frapper !
Marc-Antoine clique frénétiquement, zoom, recadre.
Enfin, une vue dégagée.
Il retient son souffle, une demi-seconde.
Puis, l'écran se fige. L'image se pixelise, un message apparaît : “ERREUR SYSTÈME — MÉMOIRE INSUFFISANTE”. Marc-Antoine cligne des yeux.
— Non… non…
Il tape sur la souris. Rien. Un second message : “Mise à jour automatique en cours (45 minutes restantes) - Installation des correctifs de sécurité…”
Marc-Antoine reste immobile, puis, lentement, il laisse tomber sa tête contre le bureau. Le néon grésille.
En bas, Aurélie hurle :
— Mais il fout quoi le vieux ?!
Au milieu de l'écran, le curseur reste figé. Pour la première fois de sa vie, son système de surveillance dernier cri fonctionnait parfaitement.
Sans lui.
Pendant 45 longues minutes.
F I N de l'épisode
L'épisode suivant sera diffusé si les téléspectateurs sont au rendez-vous, et qu'ils aiment la série.
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