Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas — Chapitre 5 · La digue cède
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas
Chapitre 5 · La digue cède
La lumière du salon s'éteint.
Ce n'est rien. Un geste ordinaire, la main de Thomas sur l'interrupteur, le même geste qu'il fait chaque soir depuis que nous habitons ici. La pièce bascule dans une certaine obscurité avec la précision douce d'une chose connue. Et l'appartement devient ce qu'il est toujours après que les invités sont partis : notre espace, tiède, silencieux, avec le murmure lointain de la ville par les fenêtres entrouvertes et les enfants qui dorment dans leurs chambres au bout du couloir.
Thomas est encore près de l'interrupteur, à un mètre de moi dans la pénombre. Je le vois se retourner. La lumière de la rue filtre par les voilages et lui découpe le profil, le cou, le début de son torse. Il a défait le bouton du col de sa chemise pendant la soirée, et là, dans le noir reconstitué, j'aperçois cette bande de peau au creux de sa gorge, ce rien, cette ouverture infime sur lui, et quelque chose jaillit en moi, d'un coup.
Pas progressivement. Pas en ondulations. D'un coup. La cuisine contre l'évier. Le bureau dans le noir. La salle de bain et Marie agrippée au bord du lavabo. Quatre heures. La digue cède, d'un coup, brutalement.
Je suis foudroyée.
De haut en bas. Un arbre fendu en deux.
Ce qui surgit de moi n'a pas de nom. Ça irradie du creux de mes cuisses et me coupe le souffle en une fraction de seconde. Mes seins gonflent et mes tétons durcissent instantanément. Le jersey devient insupportable à chaque inspiration. Je sens l'humidité m'envahir, lourde, instantanée, indécente. Mes hanches esquissent un balancement que je n'ai pas décidé. Mes jambes ne me portent plus. L'air manque. J'ai le vertige et appuie mon épaule contre le mur.
La seconde d'avant j'étais une femme qui venait de passer une soirée avec des amis dans son appartement. Là, je ne suis plus ça. Le mot "rut" viendra plus tard, dans le noir, quand je repenserai à cet instant. Pour le moment, il n'y a qu'une évidence brute, animale : je ne suis plus Camille.
Je sens le vide en moi, impérieux.
Mon bassin frémit, indépendamment de ma volonté. Un son sort de ma gorge. Je le sens sortir avant de l'entendre : primitif, court, involontaire.
Je me demande si Thomas l'a entendu.
Il arrange le col de sa chemise pour se donner plus d'air, ce geste qu'il fait mécaniquement à la fin d'un repas, et il lève les yeux vers moi.
— Tu veux un verre d'eau, un thé, une tisane peut-être ?
Sa voix est normale. Légère. La voix de quelqu'un qui vient de passer une bonne soirée et qui envisage d'aller bientôt se coucher.
Je regarde ma robe. J'ai mis la bleue ce soir, la bleue nuit, celle en jersey léger qui tombe juste en dessous des genoux, fluide, avec un décolleté droit et des bretelles fines. Dessous, un string en dentelle fine, presque rien, la matière la plus légère que j'ai, et ma peau. Mes pieds nus dans des sandales à brides que j'ai gardées toute la soirée et qui maintenant semblent appartenir à une autre femme, celle qui souriait en servant le dessert.
Je suis encore habillée de cette soirée-là. Le jersey qui frotte mes tétons gonflés, mon sexe qui exige au point que cela en est une torture, et il me parle de tisane. Ce décalage me mets hors de moi, mon corps, est tellement ailleurs.
— Non, je dis.
Thomas me regarde, un verre dans la main. Un temps.
— Tu vas bien ?
Ce qu'il voit depuis là où il se tient, je peux l'imaginer : sa femme appuyée contre le mur de son propre salon, dans la pénombre, qui ne bouge pas tout à fait normalement. Mes tétons marquent le tissu avec une netteté qui ne devrait laisser aucun doute. Ma respiration est courte, haute, comme si mes poumons avaient rétréci.
Il fronce légèrement les sourcils. Pas d'inquiétude vraie, une interrogation, entre la curiosité et l'attention.
— Camille ?
— Oui.
— Tu es sûre ? Tu as l'air...
— Oui.
— Tu es sûre ? Tu as l'air...
Il ne finit pas. Il cherche le mot. Je ne l'aide pas.
Ce que je veux, c'est qu'il cesse de parler. Pas parce que ses mots m'agacent. Parce que chaque seconde supplémentaire de conversation, c'est une seconde de plus avec cette attente que je ne peux pas exprimer. Les mots existent quelque part, mais il faudrait les aller chercher dans une partie de moi qui s'est mise hors ligne. La partie qui sait comment on dit les choses, elle n'est plus là.
— Nous allons dans la chambre ? demande-t-il. Sa voix est déjà plus douce, elle porte une inflexion, l'offre d'une intimité ordinaire et belle.
— Non.
— Non.
Pas la chambre. Trop loin, trop long.
Je m'avance vers lui et je ne prends pas la trajectoire de la chambre, je prends la trajectoire de lui, directe, les deux pas qui nous séparent, et je saisis sa main, grande, tiède et innocente, je la plaque sur ma poitrine, sur mon sein gauche. Ma paume verrouille la sienne pour lui interdire tout recul. Qu'il sente, qu'il ne puisse pas se tromper sur ce qu'il touche. Le tissu de la robe est fin. Ses doigts captent la pulsation frénétique de mon cœur, sentent la tension, la pointe dressée, dure, indécente sous sa paume.
Il ne bouge pas. Sa respiration change.
— Camille...
— Tais-toi.
— Tais-toi.
Deux mots. Je les prononce avec une douceur qui n'est pas de la douceur, ma voix n'a plus les ressources pour la nuance. Je lève les yeux vers lui. Dans le noir je cherche les siens et quand je les trouve, il n'y a rien d'autre que je puisse dire.
Il voit quelque chose.
Je le sens à la façon dont il se fige différemment, moins le figé de la surprise et davantage le figé de quelqu'un qui commence à comprendre. Ses doigts bougent sur mon sein, un réflexe, et l'effet de ce demi-centimètre de mouvement me traverse comme une décharge électrique. Un son sort rauque de ma gorge et Thomas dit :
— D'accord.
Sa voix a changé. Elle est plus basse.
Mais il ne comprend pas encore vraiment, pas encore assez. Il tend la main vers mon visage avec la tendresse qui est la sienne, ce geste que je connais, que j'aime. Sauf que ce soir, ce n'est pas ce dont j'ai besoin : pas de tendresse, pas de prémices, mon corps est déjà à un autre endroit, brûlant, sans la moindre patience pour le chemin.
Mes mains trouvent les pans de sa chemise. Je les tire hors de son pantalon d'un geste qui n'est pas doux, mais efficace, direct, sans ambiguïté sur l'intention. Je glisse les paumes à plat sur son ventre, sur la chaleur de sa peau, et je le sens se contracter sous mes mains. Je remonte, les côtes que je connais, le sternum. Sa respiration est moins régulière.
Il pose ses mains sur mes hanches.
Je fais non de la tête.
Pas comme ça. Pas le début tranquille d'une intimité familière !
Je prends ses poignets et je les déplace, ses paumes à plat sur mes seins, les deux cette fois, à travers le tissu fin. Je les presse fort contre moi, les pouces sur les pointes, et je sens sous mes propres mains la pression de son toucher. Et je dois fermer les yeux une seconde parce que même ça, même juste ça, établit un lien jusqu'au creux de mon ventre. Un frémissement incontrôlable me parcourt.
— Camille, dit-il, la voix plus basse. Il y a du désir, réel, qui monte, mais cette question encore, cette tentative de calibrer ce qui se passe.
Je lève la tête vers lui.
— Prends-moi.
Deux mots.
Il hésite encore. Une seconde. Je vois qu'il cherche à comprendre, à mesurer. Mon ventre se contracte, se crispe d'impatience. Mes hanches bougent, encore, toujours ce même mouvement que je ne commande pas. Alors je prends sa main droite et je la fais descendre sous le tissu de ma robe, sur ma cuisse, remontant vers le haut de ma jambe, et quand ses doigts atteignent le string et glissent dessous, il s'arrête.
Il comprend. Pas tout. Pas l'amplitude, mais il comprend l'essentiel : ce qu'il sent sous ses doigts, ce n'est pas un début, c'est la fin de quatre heures. Sa respiration change de nature. Il n'y a plus de question dans son corps.
Il me prend par la nuque et m'embrasse, et ce baiser-là est différent de celui de tout à l'heure quand Julien et Marie venaient de partir. Urgent, avide, et j'y réponds avec une intensité que je ne contrôle pas, mes dents sur sa lèvre inférieure, mes mains dans sa chemise. Quand il me recule d'un demi-pas jusqu'au mur, je le laisse faire, et quand mon dos touche la surface froide et lisse derrière moi, le contraste avec sa chaleur me fait expirer d'un coup.
Ses mains soulèvent ma robe.
Pas délicatement. Avec une efficacité qui me dit qu'il est enfin dans le même espace que moi, ou du moins suffisamment proche. Il se place entre mes jambes, son genou qui les écarte, et ses doigts trouvent le tissu du string et le font glisser sur ma cuisse, jusqu'à mi-chemin. Une pause. Sa main entre mes jambes, immobile.
Je lève mon ventre vers lui.
Il me touche.
Le contact me fait rejeter la tête en arrière contre le mur. Ses doigts découvrent, s'enfoncent dans quelque chose de chaud, de détrempé, de béant, de totalement prêt. Ses doigts glissent facilement, comme s'ils entraient dans du velours brûlant. À la façon dont il marque une pause, je sais qu'il prend davantage la mesure de ce qu'il trouve.
— Bon sang, murmure-t-il.
Je ne réponds pas. Ce que j'entends de moi-même, ce sont des gémissements courts, entrecoupés, qui sortent au rythme de ses doigts. Je ne fais rien pour les retenir. Les enfants, la porte, le couloir : je ne suis plus là pour ça. Mais ses doigts ne suffisent pas, loin de là. Pas à ce que j'ai besoin.
— Thomas.
— Oui.
— Maintenant. Viens. Tout de suite.
— Oui.
— Maintenant. Viens. Tout de suite.
Sa respiration est courte. Ses hanches trouvent les miennes. Les questions n'existent plus.
Le son ténu d'une fermeture éclair, un froissement d'étoffe, et il plonge en moi contre le mur, d'un mouvement direct et profond. La sensation qui me traverse alors n'est pas de l'ordre du plaisir au sens où je connais ce mot. C'est de l'ordre du comblement. Un gouffre qui se referme. L'attente accumulée de cette soirée reçoit enfin une réponse. Pleine, chaude, réelle. Mon corps tout entier s'arc-boute vers lui avec un réflexe qui n'a rien de délibéré, mes cuisses qui se referment sur lui, mes mains qui s'accrochent à sa chemise encore boutonnée, mes chevilles verrouillées derrière ses fesses.
Ce n'est pas le moment de la tendresse. Il y a un temps pour tout. Ce soir ce n'est pas ce temps-là. Ce soir, c'est le temps de pulsions plus anciennes, moins civilisées. Le temps d'une femme qui s'impatiente et exige.
Il bouge.
Ses coups de reins sont amples, rythmés, et avec chaque mouvement il y a ce point de contact exact qui répond à ce que je réclame, et ma tête roule contre le mur. J'entends mes propres sons dans le salon silencieux et je m'en fous, je m'en fous complètement. Le reste du monde s'est évanoui. Il n'y a que ce mur, ses mains sur ma croupe, lui en moi, et cette vague qui monte vite, très vite, en attente depuis des heures.
Je mords l'intérieur de ma joue.
Ses hanches contre les miennes, l'angle entre nous, la chaleur de sa peau à travers le tissu de sa chemise que j'ai dans les mains. Je ferme les yeux. Je ne suis plus dans mon salon, je ne suis nulle part, dans cette plénitude qui grossit et qui déborde. Mes cuisses tremblent. Un feulement long, grave, que je ne fais rien pour arrêter.
Puis ça arrive : une explosion horizontale et verticale à la fois. Depuis le bas du ventre, dans les deux directions simultanément : la poitrine, les cuisses, jusqu'aux pieds. Mes ongles dans sa chemise et mon dos arqué contre le mur, et ce feulement encore, que j'étouffe cette fois en enfouissant mon visage dans son cou, les dents serrées sur le tissu de sa chemise.
Il reste en moi un moment après, immobile, son souffle irrégulier contre ma tempe.
Je ne m'arrête pas.
Un brasier, ne s'éteint pas comme ça.
Je laisse glisser mes jambes le long de lui jusqu'au sol.
Ensuite, mon intention est immédiate et claire : je l'attrape par les pans de sa chemise ouverte et je l'amène avec moi. Je le guide, je l'allonge sur le parquet et il me laisse faire, surpris par la certitude dans mes gestes. Je l'enjambe. Ma robe remonte sur mes reins, le string abandonné quelque part sur le parquet.
Il est sous moi dans la pénombre et son regard remonte le long de mes cuisses, de mon ventre, jusqu'à mes seins dressés.
Je m'installe sur lui.
Mes genoux de chaque côté de ses hanches, mes mains sur son torse, et je m'empale sur lui d'un seul mouvement de bassin descendant, lent et décidé. La fermeté de son sexe qui m'ouvre, qui me remplit entièrement. Un long frisson me traverse du bas-ventre jusqu'à la nuque. Je ferme les yeux une seconde, la bouche entrouverte. Le son qui sort de ma gorge est trop fort, je le coupe à mi-chemin, la main sur ma bouche, par réflexe.
Je reste un instant immobile, simplement pleine de lui. Puis je commence à bouger, lentement d'abord.
Je le sens épais, fermement ancré en moi, présent. Je cherche le rythme. Il n'arrive pas tout de suite, il faut que je le trouve, que mon bassin l'invente dans le noir, et pendant cette recherche je sens exactement ce qui se passe, exactement ce que je fais. Je suis entièrement là, sa queue au fond de moi, à tester l'angle, à creuser mes reins pour changer la profondeur. Mes cheveux dans mon visage, que je ne replace pas. À chaque oscillation le jersey frotte mes tétons durcis, encore et encore, une friction régulière qui envoie des décharges jusqu'à mon ventre.
Je le chevauche. Thomas a les mains sur mes hanches. Il ne guide pas, il accompagne, les paumes chaudes qui reçoivent le mouvement. Il me regarde. Je le sais à la tension de son corps sous le mien, à la façon dont sa respiration change quand je change de rythme.
Je me penche en arrière, pose les mains sur ses cuisses tendues, et je l'entends étouffer un son que je ne lui connais pas dans sa gorge. Dans cette position-là, son sexe appuie davantage sur un point précis à l'intérieur de moi, et le mouvement de mon bassin est différent, plus circulaire. Je creuse les reins. Mon buste se renverse. Mes seins pointent vers le plafond, lourds, les tétons tendus. Mes cheveux cascadent dans mon dos.
Je ne pense à rien. Non, c'est faux. Je pense, mais pas en mots. Je pense en sensations superposées.
La pression de ses mains sur ma taille. Le parquet dur sous mes genoux. L'air de mai sur ma peau. Et cette chose qui grandit de nouveau, lente, certaine, patiente comme une marée.
Thomas dit mon prénom.
Il le dit avec révérence. La reconnaissance d'une occasion rare. Qu'il est en train de voir quelque chose qu'il n'a pas souvent vu et peut-être jamais vu tout à fait comme ça.
Ses mains remontent le long de mes flancs, sous la robe, à plat sur ma peau, et continuent leur chemin jusqu'à mes seins, et quand ses pouces atteignent les pointes durcies, un contact direct, net, sans tissu entre nous, une décharge me foudroie. Je cherche à quoi m'accrocher. Ses avant-bras. Mes ongles dedans. Mon bassin qui accélère sans que je l'aie décidé.
La marée monte.
Par paliers. Chaque palier, plus haut. À chaque fois, des gémissements, des cris dans ma gorge qui cherchent à sortir, que je filtre, que j'envoie dans tout mon corps plutôt que dans ma bouche. Et ça marche jusqu'à un certain point. Jusqu'au palier où ça ne marche plus.
Je sens que ça arrive, un orgasme violent, intense, incontrôlable. J'ai une pensée lucide, une seule, claire comme une lumière : eux, les enfants.
Paul et Sophie dans leurs chambres au fond du couloir. La porte fermée, le couloir, long, mais pas assez long pour ce qui s'apprête à sortir de moi. Ce qui s'apprête à sortir n'a pas de murs. C'est le genre de son qui annonce au monde entier qu'un mâle et une femelle s'accouplent sans la moindre retenue, et par lequel se manifeste l'intensité du plaisir qui la terrasse.
J'ai une demi-seconde.
Je prends cette demi-seconde et je me couche d'un coup sur lui, mon buste contre le sien, mon visage dans son cou. Un dernier mouvement de bassin, un seul, décidé, qui me soulève complètement avant de replonger, et je mords son épaule au moment exact où l'orgasme m'emporte. Le plaisir explose en vagues brûlantes qui me tétanisent entièrement.
Mes dents dans le tissu de sa chemise, puis dans sa peau, et ce qui sort de ma gorge est absorbé par l'étoffe, par l'épaule de Thomas. Mon corps tout entier est secoué : les cuisses, le dos, une vibration qui court depuis les pieds jusqu'aux épaules en une seule onde. Et ça dure, ça dure plus longtemps que prévu, par spasmes successifs dont chacun est un peu moins haut que le précédent, jusqu'à ce que le dernier soit juste un tremblement résiduel, une résonance.
Mon souffle brûle contre son épaule. Une décharge d'adrénaline pure, primitive. Dans ma bouche, mêlé à l'odeur de sa sueur, un autre goût s'impose. Plus épais. Ferreux. Je desserre les mâchoires avec un halètement court. Je comprends une fraction de seconde avant lui : je l'ai mordu jusqu'au sang. La tache sombre sur le tissu clair de sa chemise me confirme ce que ma langue a senti.
Il a un son.
Pas de douleur, ou alors mêlée à autre chose, indissociable d'autre chose, parce qu'à l'instant exact où mes dents ont rompu sa chair, lui vient aussi. Son corps se contracte sous le mien, ses mains se durcissent avec une force qui laissera des marques demain, et il se répand en moi dans une série de secousses profondes et involontaires. Je sens chaque pulsation de son plaisir. Son souffle dans mon oreille, mon prénom qui sort de sa bouche d'une façon qu'il ne reconnaîtrait pas lui-même.
Nous restons enlacés sur le parquet. Quelques secondes. Pas longtemps.
Je suis la première à me redresser. Mon corps sait déjà ce qu'il veut : encore. C'est aussi primitif que ça, le corps qui fait seul son inventaire et il y a encore de la place, encore de la faim, encore du besoin.
Je glisse le long de lui entre ses cuisses.
Mes mains le saisissent avec une rapidité qui n'est pas de la dextérité mais de l'urgence, et cette façon de m'installer entre ses cuisses et de le prendre immédiatement dans mes mains dit tout de là où j'en suis : je ne construis rien, je ne prépare rien, je prends. Mes mains d'abord, fermes, chaudes, avec une pression qui n'a rien de délicate, et ma bouche aussitôt après.
Il vient de jouir. Je le sais. Il est encore là, tiède, salé, chargé de nous deux, pas tout à fait lui-même. Ça ne me ralentit pas. Au contraire.
Ma langue à la base d'abord, large et lente, qui remonte tout le long de son membre, et au-dessus de moi j'entends son souffle tressaillir. Mes lèvres qui se referment sur le gland, qui font le tour, ma langue qui trace, et ses cuisses qui se tendent contre mes joues.
Pas de ralentissement, pas d'arrêts, pas de reprises ce soir. Juste le sentir dur, vite. Je mets dans ce qu'il y a entre mes lèvres toute la faim que j'ai encore, toute l'intensité de cette soirée. Le rythme que j'impose, décidé, insistant, et le son que j'entends de lui, là, dans le noir du salon sur ce parquet, est un son que je ne lui avais pas entendu souvent.
Je le sens répondre.
Pas d'un coup, mais rapidement. La fermeté qui revient sous ma langue, degré par degré. La densité qui reprend. Ses doigts dans mes cheveux pour s'accrocher à quelque chose. Je regarde vers lui depuis le bas et nos regards se trouvent dans le noir et quelque chose dans cet échange-là, sans paroles, sans sourire, juste l'état pur de ce que nous sommes en ce moment, me traverse la poitrine.
Il est là.
Je le lâche.
Ce que je veux, Thomas ne peut me le donner que d'une façon précise, et son sexe dans ma bouche n'en fait pas partie ce soir.
Je me relève.
Et cette fois l'espace entre nous a changé. Il ne me regarde plus avec la douceur de tout à l'heure, avec cette attention aimante et perplexe d'un homme qui essaie de comprendre ce que vit sa femme. Il me regarde d'une manière plus directe, comme si les dernières minutes lui avaient retiré une couche de lui-même.
Il se lève.
Il n'y a pas de délibération dans ses gestes. Il me prend par le bras avec une fermeté qui ne demande pas mon avis, et il me dirige vers le canapé. Ici. Maintenant. Un soulagement en moi dit : oui, comme ça, enfin ! Dirige, prends, possède…
Je sens ses mains sur ma robe, qui cherche le bas, qui la fait remonter le long de mon corps, et quand il la fait passer par-dessus ma tête je ne l'aide pas, je reste là et je le laisse faire. Mes sandales sont encore à mes pieds, et il les défait aussi, l'une puis l'autre, avec des gestes rapides, sans cérémonie.
Je suis debout, face à lui, nue dans mon salon, intégralement. Ma respiration hachée, ma poitrine qui se gonfle par à-coups, mes seins dressés, les tétons douloureux. Une perle glisse de mon sexe, tombe sur le parquet. Je contiens à peine le bruit qui sort de ma gorge.
Il pousse un grognement. Il me retourne et me positionne à genoux sur le canapé, mes mains sur l'accoudoir, et derrière moi il y a sa présence chaude et précise, et je sens son sexe lourd et dur qui effleure l'intérieur de mes cuisses. La chaleur, la proximité. Je cambre le dos. Mes hanches qui se creusent, qui s'abaissent, ma nuque qui descend.
Il entre en moi.
Pénètre. Jusqu'à la garde. D'emblée.
Le son de contentement que je fais alors s'enfonce dans le coussin du canapé que j'empoigne avec les deux mains. Ma tête se cale dans le tissu sans que je l'aie décidé. L'angle en moi est différent, il fait remonter une onde qui part du fond de mon ventre jusqu'à ma nuque. Chaque mouvement résonne plus fort, plus central. Et il n'y a plus de retenue dans ce qu'il fait.
La morsure, ce qu'il a vu depuis le sol, l'accumulation, Thomas n'est plus l'homme qui proposait un thé. Sa façon de faire est plus archaïque, plus décidée. Cette transformation m'emporte plus que tout le reste. Ses coups de reins font claquer sa peau contre la mienne. Mes mains cherchent l'accoudoir du canapé et s'y accrochent pour ne pas être projetée en avant sous la force de ce qui me parvient par ses coups de boutoir.
Je plonge le visage dans le coussin.
C'est là que les sons vivent, ce soir. Dans le tissu du canapé, dans le grain du coussin contre ma bouche.
Thomas a les mains sur moi. Sa prise est ferme, les pouces dans les fossettes au-dessus de mes fesses, et il prend. Et je lui donne. Mon dos exagérément cambré, ma croupe qui va à sa rencontre à chaque impact pour le prendre davantage, ma nuque qui s'abaisse pour ouvrir encore davantage l'angle, mes genoux qui s'écartent sur le canapé pour l'inviter plus loin.
Dans le coussin : des cris, des gémissements, des sons qui disent : là… encore… maintenant… oui…
Il murmure dans mon dos. Des choses que j'entends à demi, des fragments, son souffle contre ma nuque avec ces mots dedans qui ne sont pas construits mais arrachés, des choses sur ma façon d'être là, sur ce qu'il ressent, sur ce soir, et dans ces fragments de voix il y a une vibration qui m'atteint différemment que le reste, parce que c'est Thomas. C'est sa voix que je connais dans tous ses états, au téléphone le matin, en colère dans les disputes, en riant d'une blague idiote, et l'entendre comme ça, enrouée, avec ces mots, ça fait des frissons dans ma poitrine que le reste de la soirée n'a pas fait.
C'est lui. C'est nous.
Dans tout ce que cette soirée a été, dans tout ce que je porte seule depuis des semaines : les omissions, les rencontres secrètes, il y a cet homme qui me possède et me fait gémir sans répit dans la pénombre de notre salon. Qui n'en sait rien, qui me voit comme quelqu'un qui lui appartient et à qui il appartient. La confiance dans ce regard-là, aveugle et donnée sans condition, c'est ce qui me permet de m'abandonner comme je ne peux m'abandonner nulle part ailleurs. Pas avec Marie. Pas avec Julien. Avec lui. Parce qu'il n'y a rien à tenir ici, rien à gérer, rien dont je sois responsable.
La troisième vague arrive différemment des deux autres.
Ça commence dans le bas du dos. S'étend dans les hanches, descend dans les cuisses, remonte dans le ventre. Chaque centimètre de peau à sa limite. Mes mains se crispent sur l'accoudoir jusqu'à ce que mes articulations craquent. Mon dos se creuse encore davantage.
Je laisse venir.
Et quand ça me prend, c'est long, et c'est profond, et c'est silencieux. Pas parce que je me retiens, parce que ce qui sort de moi dans ce coussin n'est pas bruyant. Une vibration de fond. Je reste là, à genoux sur le canapé, les mains sur l'accoudoir, traversée par un orgasme qui prend son temps et qui ne se presse pas. Je ferme les yeux et je laisse être, totalement.
Puis ça se calme.
Pas d'un coup. Par paliers descendants. Les derniers frémissements dans mes cuisses, les dernières ondulations, et puis le corps qui revient à lui, qui reprend ses frontières, qui sait de nouveau où il commence et où il s'arrête.
Je suis, pour la première fois depuis que cette soirée a commencé, apaisée. Pas épuisée. Apaisée. Il y a une différence.
Thomas est encore là, derrière moi, et je sens qu'il n'a pas joui, qu'il est encore entier, tendu et patient. Quelque chose en moi reconnaît ça avec une clarté qui n'est pas seulement de la gratitude. Il a suivi. Sans questions, sans calcul, sans ego dans le chemin.
Je me redresse lentement.
Mes mains glissent du bord du canapé, mon dos se détend dans la verticalité. Je sens ses mains sur mes flancs, qui ne me retiennent pas mais qui sont là, et je tourne la tête vers lui sur l'épaule, pas pour lui parler, juste pour voir son visage dans le noir.
Il est là.
Je le vois, à demi-éclairé par la lumière de la rue, le front luisant, la bouche entrouverte, sa chemise ouverte avec la tache sombre sur l'épaule. Il ne me regarde pas avec reproche. Juste une stupéfaction tranquille.
Je pose mes mains sur son bras.
Je l'attire vers moi. Ce geste-là n'est pas de la réclamation. Le brasier est éteint. Ce que je veux lui donner maintenant ne ressemble à rien de ce soir.
C'est une offrande.
Mes deux mains glissent le long de mon dos, jusqu'à l'arrondi de mes fesses et les écartent lentement, m'ouvrant pour lui. Ce geste là, précis, cru, dit tout. Je lui livre ma chair la plus intime. C'est peut-être la chose la plus nue que j'aie faite de toute la soirée. Complètement offerte, béante, je me sens vulnérable. Pas fragile, pas faible, vulnérable. Pour la première fois ce soir je ne contrôle plus rien. Je ne dirige pas. Je ne prends pas. Je m'offre. Complètement. Sans filtre, sans stratégie, sans mot.
Il comprend immédiatement. Sa respiration s'arrête. Ses mains couvrent les miennes.
Je me cambre.
Cette courbe du bas de mon dos que Thomas connaît par cœur s'accentue encore. Je suis offerte dans le sens le plus littéral du terme, le plus dépouillé, et dans cet espace entre nous il n'y a pas de parole qui ferait mieux que ce que nos corps se disent.
Il ne se précipite pas.
Il pose son gland brûlant contre moi, là, à l'endroit sombre que je lui offre, que mes mains lui ont indiqué. La pression s'amplifie doucement, une résistance brève, ce point où mon corps hésite, entre le refus et l'abandon. Puis il s'arrête, j'expire longuement, et mes muscles se détendent. Il reprend, il progresse par degrés, lentement, en s'arrêtant quand mon dos se raidit, en reprenant quand je me relâche et vais à sa rencontre. Ce soin, cette lenteur qu'il a pour me prendre, n'est pas de la prudence mais du respect : laisser mon corps s'adapter à ce qui arrive, degré par degré, en m'écoutant depuis l'intérieur de mes propres sons.
Je sens sa queue qui m'envahit entièrement, chaque pulsation à l'intérieur de moi. La plénitude qui s'installe est différente, plus intime, plus totale, une sensation qui occupe un espace que je n'avais pas encore donné ce soir.
Mais, alors qu'il s'active, planté entre mes reins sur notre canapé, le souvenir vient quand même. Une fraction de seconde. La chambre de Julien et Marie. La pénombre, le même geste, le même angle, mon bassin en arrière. Marie qui dormait si proche. Ce que je faisais ce soir-là, c'est exactement ce que je fais maintenant : cambrée, offerte, remplie.
Sauf que l'homme derrière moi n'a pas le même nom, cette fois, c'est mon mari. Je ne chasse pas le souvenir, je m'en repais. Je le laisse coexister, une seconde, deux secondes. Un frisson fulgurant m'irradie la colonne vertébrale, c'est l'ivresse vertigineuse du secret. Il n'y pas de la culpabilité, pas maintenant. Juste la reconnaissance que les deux sont vrais, que les deux sont moi, que le plaisir que je prends avec Thomas est inséparable du secret que je lui cache.
Ce soir, mes multiples vies se fondent dans ses coups de reins. Aussi, le souvenir s'en va parce que le présent est trop dense. Thomas est là, en moi, il me possède, au plus profond de ma croupe. Sa présence dans mon dos, sa patience, ses mains qui ne serrent pas mais qui tiennent, et la plénitude différente qui s'installe en moi. Ce que je ressens maintenant n'est pas du désir au sens où ce mot a existé ce soir. C'est un sentiment plus intime, plus silencieux.
Il recommence à bouger.
Lentement. Ses mains toujours sur mes hanches et dans cette synchronisation il y a de la précision, celle de deux corps qui se connaissent depuis dix ans, qui ont appris l'un l'autre dans tous leurs états, qui savent exactement où sont les frontières et comment les traverser.
Il murmure des choses dans mon dos. Il dit ce que je lui fais. Il dit comment je suis. Des mots d'émerveillements, de sentiments intenses, de sexe bruts, dans le désordre, pas construits. La vérité sans filtre de l'homme qui connaît mon prénom dans tous ses états. Ça me touche dans un endroit que le reste de la soirée n'a pas touché.
Ce qui monte en moi maintenant n'est pas de l'excitation. Une chaleur qui pulse mais qui n'appelle pas d'explosion. Thomas contre moi, ses mains, son sexe, sa voix, et une tendresse dans ma poitrine qui a trouvé où se poser.
Sa respiration change.
Ses mouvements aussi : moins réguliers, moins maîtrisés. Sa prise se durcit involontairement, le signe que le contrôle se défait. J'entends ses sons dans le noir, ceux qu'il produit quand il approche, que je connais mieux que tous les autres sons de cette soirée parce que ce sont les siens, et qu'ils n'appartiennent à aucune géographie secrète.
Il dit mon prénom.
Puis il se perd.
Je la sens en moi, cette jouissance qui se répand, et mon corps y répond, une résonance, un accord qui sonne juste, une clôture, la dernière mesure de quelque chose de long. Je frémis. Mes mains bougent sur ses bras. Pas de son.
Juste ça.
Juste le silence de l'appartement, nos souffles mêlés qui se ralentissent ensemble, et quelque part au bout du couloir Paul et Sophie qui dorment dans leurs chambres, ignorants et paisibles comme seuls dorment les enfants.
Il s'affaisse contre moi.
Son poids, son front dans mon cou, son odeur. Je le laisse être là. À cet instant, je suis simplement sienne.
Nous restons comme ça, enchevêtrés dans les coussins du canapé, le salon autour de nous avec ses verres vides sur la table basse et la lumière de la rue qui entre par les voilages, et la nuit de mai dehors, comme elle l'était dans l'autre appartement, dans l'autre chambre, dans ce qui a commencé par une robe verte et un mari qui avait besoin qu'on l'aide à coucher sa femme.
Maintenant je pense à sa respiration dans mon cou, qui se ralentit peu à peu. À la façon dont sa main a trouvé la mienne dans le noir du canapé et s'y est posée sans l'attraper, juste posée. À l'appartement qui est à nous, tiède et silencieux, avec ses imperfections et ses habitudes et sa vie qui continue demain matin avec le café et les enfants et le bruit ordinaire de tout ce qui se reconstruit chaque jour sans qu'on le remarque.
Ce que j'ai fait ce soir, je le sais. Je l'ai su à chaque instant. Il n'y a pas eu une seconde d'amnistie, pas une seconde où j'aurais pu prétendre ne pas savoir ce que je faisais. La cuisine, le bureau, la salle de bain. Le compte à rebours chuchoté contre l'oreille de Marie. La façon dont j'ai dit : « délicieux » à Julien en sortant du bureau dans le noir. J'étais là, entière et lucide, dans chacun de ces moments.
Tout cela coexiste. Cela coexistera demain matin comme cela coexiste maintenant, dans ce canapé, sous la main de Thomas posée sur la mienne dans le noir.
Je n'ai pas de mot pour ce que je suis.
Quelqu'un qui aime. Quelqu'un qui ne dit pas tout. Quelqu'un qui prend ce qu'elle désire sans en mourir et sans en être protégée. Quelqu'un qui rentrera dans son corps demain matin, fera le café et emmènera les enfants à l'école, enverra un message à Marie qui dira peut-être des choses anodines, quelques mots, la surface propre des choses.
Quelqu'un qui est aussi, indéniablement, exactement là où elle a choisi d'être.
Thomas bouge légèrement, s'ajuste, son souffle dans mes cheveux, avec la régularité du quelqu'un qui commence à s'endormir. Dans deux minutes il suggérera d'aller coucher et j'acquiescerai. Nous traverserons l'appartement dans le noir et nous nous glisserons dans les draps. Il s'endormira avec cette facilité qu'il a, ce don d'être disponible pour le sommeil comme pour le reste, sans transition ni résistance.
Et moi je resterai éveillée un moment.
Juste là, sur le dos, dans le noir de notre chambre, à laisser décanter cette soirée qui a été longue dans le meilleur sens du terme. À sentir encore, sous la peau, les traces de tout ce qui a eu lieu, la mémoire qui s'inscrit dans la chair avant d'atteindre la conscience : dans mes hanches, dans ma bouche, dans l'épaule de Thomas où mes dents ont laissé leur marque. Dans ma poitrine où quelque chose s'est posé, doucement, comme on pose quelque chose de précieux dans un endroit où on sait qu'on le retrouvera.
La nuit de mai entre par la fenêtre entrouverte.
Tiède. Indifférente. Pareille à elle-même.
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Commentaires ()
Je trouve que s'est dommage, pour moi une amitié de 24 ans ne devrait pas se passer comme ça, au pire qu'elle est une aventure avec son amie, mais elle urait du mettre un termes avec le mari de celle-ci
La liberté par contre peut être restreinte selon nos choix de vie. Si on reste dans notre petit coqueron nous avons entière liberté sur nos agissements et notre volonté bien entendu tant et aussi longtemps que l’on ne restreint pas la liberté de nos voisins. Il doit y avoir équilibre social.
Au moment où nous prenons des engagements notre liberté est automatiquement restreinte à ses engagements. Si tu ne respectes pas tes engagements, tu trahis ta parole et tu perds la confiance des personnes envers lesquelles tu t’es engagé.
Si tu veux rester libre, libre à toi de ne pas t’engager!
Si tu ne respectes pas tes engagements et bien c’est là que les troubles commencent!
C'est intéressant de voir à quel point notre rapport à la liberté est intime et varie d'une personne à l'autre. Là où certains ressentent l'engagement comme une restriction de leur espace personnel, d'autres y voient au contraire l'expression la plus pure de leur liberté, le choix conscient et volontaire de s'investir dans ce qui compte pour eux.
Nos parcours, nos priorités du moment et nos besoins de sécurité ou d'autonomie influencent profondément la façon dont on place ce curseur. A mon sens, il n'y pas une seule bonne manière de vivre sa liberté, mais autant de vérités que de trajectoires de vie. .
J'adore votre histoire, même si je reste sur ma faim (fin). C'est une nouvelle Camille...mais je ne suis pas sur que Thomas aimerait savoir pouquoi ...certes, elle se donne comme jamais, mais n"'est ce pas une certaine manière de se donner bonne conscience. Car je crois bien que ce n'est pas le début de la fin de ses incartades, mais la fin du commencement, la suite est à venir....Le titre devrait être "ce que j'ai pris...et vais prendre et que je ne lui dirais jamais." Mais parfois à jouer avec le feu, on se brûle, surtout avec des amis proches....
Pour ma part, je suis toujours du côté de l'ignorant qui n'est pas encore cocu...puisqu'il ne le sait pas (un sixième chapitre ?...)
Mais seul l'auteur
Certainement qu’il y a des mots pour vous décrire mais vous ne voulez pas vous les dire.
Thomas ne sait pas mais il a de quoi à être nerveux. Si vous êtes capable de la trahir sans vergogne et aussi aisément j’ai bien l’impression que vous pouvez le trahir dans tous les domaines qui vous tiennent à coeur. La maison, les finances les responsabilités parentales etc etc, tout maintenant devrait être sous sa surveillance. Lorsque la confiance est partie, l’âme part avec. L’amour vogue donc vers des cieux plus honnêtes et responsables
Je vois que pour toi, la confiance est un élément essentiel et que partant de cela Camille avec son attitude ne saurait trouver grâce à tes yeux. En ce qui me concerne je trouve à Camille une liberté et une spontanéité rafraichissante. Peut-etre que d'autres de mes histoires te plairont davantage. Quoiqu'il en soit, merci pour ton commentaire et de m'avoir lu cette série.
Moi, j'en ai : tu es femme, tout simplement et sublime d'amour et de désir.
Merci
Merci d'être ce que tu es.
Et merci pour ce texte émouvant (et je ne parle pas de sexe mais d'amour)
Merci de cette belle écriture si près de ce que nous ressentons...