Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Trois en un — Chapitre 1 · Les corps sous les étoiles
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Autrice
Trois en un
Chapitre 1 · Les corps sous les étoiles
La clé tourna dans la serrure avec un déclic sec.
Clémentine poussa la porte de l'épaule, les bras encombrés d'un sac de courses qui tintait au rythme de ses pas. L'appartement s'offrit à elle d'un seul coup — vaste, baigné de cette lumière dorée de fin d'après-midi qui traversait les hautes fenêtres d'atelier et dessinait des rectangles de soleil sur le parquet ancien. Une odeur de poussière et de bois ciré flottait dans l'air, mêlée à quelque chose de plus subtil, comme un parfum d'agrumes laissé par les anciens propriétaires.
— Putain, c'est encore plus beau que sur les photos.
Elle laissa tomber son sac sur le plan de travail de la cuisine ouverte et fit quelques pas au milieu du salon. Ses sandales claquaient sur le bois qui gémissait sous son poids. Dehors, les toits de la Croix-Rousse s'étendaient à perte de vue, ocres et roses sous le soleil déclinant, et plus loin encore, le ruban argenté de la Saône scintillait entre les immeubles.
— Quatre étages sans ascenseur, mais cette vue…
Ses doigts effleurèrent le rebord d'une fenêtre. La peinture s'écaillait un peu, mais ça faisait partie du charme. Tout faisait partie du charme. Les murs de pierre apparente, les poutres au plafond, le grand canapé défraîchi qui trônait déjà au centre de la pièce — l'ancien colocataire l'avait laissé là, trop lourd à descendre, et tant mieux.
Clémentine s'étira, les bras au-dessus de la tête, sentant son t-shirt remonter sur son ventre. La chaleur de cette journée de fin d'été collait à sa peau, une moiteur légère qui faisait briller ses épaules nues. Le tissu léger de son short en lin lui caressait le haut des cuisses à chaque mouvement.
— Tu vas rester plantée là à admirer le paysage ou tu vas m'aider à monter les cartons ?
La voix grave venait de l'entrée. Benoît apparut, le souffle court, les bras serrés autour d'une lourde caisse en carton qui menaçait de s'éventrer. Des gouttes de sueur perlaient sur son front et roulaient dans sa barbe naissante. Son t-shirt gris, trempé par endroits, moulait son torse avec une précision presque indécente — Clémentine nota la façon dont le tissu épousait le relief de ses pectoraux, la ligne sombre de la toison qui devinait sous le coton.
— T'as pris les escaliers comme un grand, fit-elle avec un sourire en coin. Moi, je me suis dit que ça valait le coup d'arriver la première pour… préparer le terrain.
— Préparer le terrain, répéta Benoît en posant le carton avec un grognement soulagé. C'est-à-dire ?
— Regarder. Respirer. M'imprégner.
— Préparer le terrain, répéta Benoît en posant le carton avec un grognement soulagé. C'est-à-dire ?
— Regarder. Respirer. M'imprégner.
Elle fit un moulinet du poignet, comme si le mot était trop flou pour être expliqué. Benoît secoua la tête, mais un sourire étira ses lèvres — un sourire qui transformait son visage carré en quelque chose de plus doux, presque juvénile malgré la mâchoire affirmée et les yeux verts qui semblaient toujours un peu trop sérieux.
— T'es déjà en train de philosopher. On n'a même pas encore monté les matelas.
— Les matelas peuvent attendre. Viens voir la terrasse.
— Les matelas peuvent attendre. Viens voir la terrasse.
Elle attrapa son poignet sans attendre de réponse et le tira à travers le salon. Les doigts de Clémentine étaient frais contre sa peau brûlante, et Benoît se laissa guider, un peu surpris par le contact, par cette familiarité immédiate qu'elle imposait comme une évidence. Ils se connaissaient depuis trois semaines — le temps des annonces, des visites, des signatures — mais c'était la première fois qu'ils se retrouvaient seuls dans ce qui allait devenir leur chez eux.
À l'autre bout du salon, un escalier de bois étroit menait à une trappe entrouverte. Clémentine grimpa la première, et Benoît, derrière elle, eut tout le loisir d'observer ses jambes fines, le galbe de ses mollets, la façon dont ses muscles jouaient sous sa peau à chaque marche. Le short en lin remonta légèrement, dévoilant le début de ses cuisses, et il détourna les yeux, la mâchoire crispée.
— Tu vas adorer, lança-t-elle sans se retourner.
Elle poussa la trappe et la lumière les submergea.
La terrasse était un joyau. Plus grande que ce qu'ils avaient imaginé, protégée des regards par des murets de pierre et des treilles où couraient des plants de vigne et de jasmin. Des chaises dépareillées s'éparpillaient autour d'une table en fer forgé rouillée par endroits, et des coussins aux couleurs passées étaient empilés dans un coin. La vue plongeait sur les toits de la Croix-Rousse, un patchwork de tuiles et de cheminées qui semblaient se chevaucher jusqu'à l'horizon.
La terrasse était un joyau. Plus grande que ce qu'ils avaient imaginé, protégée des regards par des murets de pierre et des treilles où couraient des plants de vigne et de jasmin. Des chaises dépareillées s'éparpillaient autour d'une table en fer forgé rouillée par endroits, et des coussins aux couleurs passées étaient empilés dans un coin. La vue plongeait sur les toits de la Croix-Rousse, un patchwork de tuiles et de cheminées qui semblaient se chevaucher jusqu'à l'horizon.
— Merde, souffla Benoît.
— Je te l'avais dit.
— Je te l'avais dit.
Clémentine s'avança jusqu'au muret et posa les mains sur la pierre tiédie par le soleil. Le vent fit voler ses cheveux blonds autour de son visage, et elle ferma les yeux un instant, savourant la caresse de l'air sur ses joues, sur son cou, sur le décolleté de son t-shirt qui bâillait légèrement.
Benoît resta en retrait, les bras croisés, mais son regard courait sur elle — l'arrondi de ses épaules, la finesse de sa taille, la courbe de ses hanches sous le short en lin. Elle était belle d'une manière qui le mettait mal à l'aise, une beauté qui semblait consciente d'elle-même, qui jouait avec ses propres limites. Il avait remarqué ça dès la première visite d'appartement : cette façon qu'elle avait de vous regarder droit dans les yeux, comme si elle attendait que vous baissiez le regard le premier.
Benoît resta en retrait, les bras croisés, mais son regard courait sur elle — l'arrondi de ses épaules, la finesse de sa taille, la courbe de ses hanches sous le short en lin. Elle était belle d'une manière qui le mettait mal à l'aise, une beauté qui semblait consciente d'elle-même, qui jouait avec ses propres limites. Il avait remarqué ça dès la première visite d'appartement : cette façon qu'elle avait de vous regarder droit dans les yeux, comme si elle attendait que vous baissiez le regard le premier.
Elle ne baissait jamais le regard la première.
— On va bien s'entendre ici, tous les trois, murmura-t-elle sans rouvrir les yeux. Je le sens.
Le tous les trois resta suspendu dans l'air comme une note de musique. Benoît hocha la tête, mais ne répondit rien. Il pensait à la troisième colocataire, celle qu'ils n'avaient rencontré que par visioconférence, une voix douce et des yeux immenses qui semblaient absorber la lumière. Astride. Vingt ans, des taches de rousseur plein les joues et une timidité qui contrastait avec l'assurance de Clémentine.
— Elle arrive quand, Astride ? demanda-t-il, comme s'il avait lu dans ses pensées.
— Dans une heure. Elle avait un train depuis Annecy, ses parents l'ont accompagnée à la gare.
— Dans une heure. Elle avait un train depuis Annecy, ses parents l'ont accompagnée à la gare.
Clémentine se retourna, s'adossa au muret, et planta ses yeux marron dans ceux de Benoît.
— Tu l'as trouvée comment, toi, pendant l'entretien ?
— Timide. Réservée. Mais…
— Mais ?
— Mais elle a une façon de regarder les gens. Comme si elle notait tout. Comme si elle comprenait des choses que t'as même pas dites. »
— Timide. Réservée. Mais…
— Mais ?
— Mais elle a une façon de regarder les gens. Comme si elle notait tout. Comme si elle comprenait des choses que t'as même pas dites. »
Clémentine sourit, un sourire qui creusa une fossette sur sa joue gauche.
— C'est exactement ça. Elle est… intense. Sous sa coquille.
Un silence s'installa, chargé de tout ce qu'ils ne disaient pas encore. La chaleur déclinante du soleil couchant enveloppait la terrasse, et l'on entendait, étouffée par la distance, la rumeur de Lyon qui s'animait en contrebas — des klaxons, des rires, le tintement lointain d'une cloche d'église.
— Bon, fit Benoît en se redressant. Faut redescendre. Les cartons vont pas se monter tout seuls.
— Toujours pragmatique, toi.
— C'est mon charme.
— J'ai pas dit le contraire.
— Toujours pragmatique, toi.
— C'est mon charme.
— J'ai pas dit le contraire.
Elle lui décocha un regard en coin, un éclair d'ironie et peut-être autre chose, puis passa devant lui pour redescendre. Cette fois, ce fut elle qui sentit le regard de Benoît peser sur sa nuque, et elle ralentit imperceptiblement le pas, une main posée sur la rampe, les hanches balancées par cette démarche nonchalante qui était devenue sa signature.
Ils passèrent l'heure suivante à monter les bagages. L'appartement se remplit peu à peu de cartons, de sacs, de plantes en pot et d'objets hétéroclites. Clémentine avait déjà pris possession de la salle de bain commune — sa trousse de toilette ouverte sur la double vasque, des flacons de crème et de parfum alignés comme une armée miniature. Benoît, lui, s'était réfugié dans sa chambre attenante à sa propre salle d'eau minuscule, et il déballait ses affaires avec la précision méthodique d'un ingénieur : les livres alignés par taille, les vêtements pliés en rectangles parfaits, les câbles et chargeurs rangés dans une pochette dédiée.
La chaleur ne faiblissait pas. Par les fenêtres ouvertes, l'air entrait à peine, épais comme du miel, chargé des senteurs de la ville — pierre chauffée, jasmin en fleur, et cette note de poussière humide qui montait de la cour intérieure. Clémentine avait relevé ses cheveux en un chignon approximatif, et des mèches folles collaient à sa nuque moite. Elle avait troqué son t-shirt contre un débardeur blanc à fines bretelles, et Benoît, en passant devant la cuisine pour chercher un autre carton, remarqua la ligne de sa colonne vertébrale qui saillait sous le tissu quand elle se penchait.
Il s'arrêta.
Il s'arrêta.
— T'as besoin d'aide ?
— Pour finir de vider ce sac ? Je devrais y arriver, merci.
— Pour finir de vider ce sac ? Je devrais y arriver, merci.
Elle lui tournait le dos, occupée à extraire des bouteilles d'un cabas. Du vin blanc, du rosé, de quoi faire un apéritif. Ses épaules bougeaient avec une économie de mouvement, et ses omoplates dessinaient deux ailes sous sa peau bronzée.
— Je pensais qu'on pourrait boire un verre ce soir, sur la terrasse, reprit-elle sans se retourner. Faire connaissance pour de vrai. Juste nous trois.
— Bonne idée.
— Tu dis ça comme si t'étais pas convaincu.
— Je suis convaincu. Juste fatigué.
— Bonne idée.
— Tu dis ça comme si t'étais pas convaincu.
— Je suis convaincu. Juste fatigué.
Elle pivota, une bouteille de rosé dans chaque main.
— Fatigué ou nerveux ?
— Les deux, concéda Benoît en s'adossant au chambranle de la porte. C'est bizarre, non ? On va vivre ensemble pendant au moins un an. On se connaît à peine.
— C'est ça qui est excitant.
— Les deux, concéda Benoît en s'adossant au chambranle de la porte. C'est bizarre, non ? On va vivre ensemble pendant au moins un an. On se connaît à peine.
— C'est ça qui est excitant.
Le mot claqua, léger et provocateur. Excitant. Benoît soutint son regard, chercha une réplique, ne trouva rien. La sueur sur ses tempes, la chaleur moite de l'appartement, la proximité soudaine de Clémentine qui s'était rapprochée de lui sans qu'il s'en rende compte — tout ça embrouillait ses pensées.
La sonnette retentit.
La sonnette retentit.
— Elle est là, murmura Clémentine. »
Et son sourire s'élargit, découvrant des dents blanches et régulières, tandis qu'elle déposait les bouteilles sur le plan de travail et filait vers l'entrée.
Astride attendait sur le palier, une valise à roulettes à ses pieds et un sac à dos en bandoulière. Elle paraissait plus menue que sur l'écran de l'ordinateur — plus petite, plus frêle, avec ses épaules étroites et ses poignets fins qui dépassaient des manches de son chemisier blanc. Ses cheveux châtains, coupés au carré, encadraient un visage constellé de taches de rousseur que le soleil d'été avait rendues plus visibles, et ses yeux noisette s'écarquillèrent quand la porte s'ouvrit sur Clémentine.
— Astride ! Entre, entre !
Clémentine la serra dans ses bras avec un enthousiasme qui fit rougir la nouvelle venue. Les joues d'Astride s'empourprèrent d'un coup, cette rougeur qui la trahissait toujours, qui partait du cou et remontait jusqu'aux tempes comme une marée.
— Bonjour, souffla-t-elle. Désolée pour le retard, le train…
— T'excuse pas. Viens voir l'appart.
— T'excuse pas. Viens voir l'appart.
Clémentine lui prit la valise des mains et la guida à l'intérieur. Astride avançait à petits pas, le regard happé par les volumes, la lumière, l'espace. Ses sandales plates ne faisaient presque aucun bruit sur le parquet, et l'une des bretelles de son chemisier glissa sur son épaule, dévoilant la naissance d'une peau pâle, laiteuse, où les taches de rousseur se faisaient plus denses.
— C'est immense, murmura-t-elle.
— Et t'as pas encore vu la terrasse.
— Et t'as pas encore vu la terrasse.
Benoît émergea du couloir à cet instant. Il s'essuya les mains sur son jean, conscient de la sueur qui collait son t-shirt à son dos, et s'avança vers Astride avec ce sourire doux qu'il réservait aux moments où il voulait mettre les gens à l'aise.
— Salut, Astride. Bienvenue chez toi.
Elle leva les yeux vers lui — il la dépassait d'une tête entière, et elle dut pencher la nuque en arrière pour croiser son regard. Cette différence de taille la fit se sentir minuscule, mais pas d'une manière désagréable. Protégée, plutôt. Comme si la largeur de ses épaules, la carrure de son torse, la stabilité de son attitude pouvaient absorber tout ce qui lui faisait peur.
— Merci, Benoît.
Sa voix était plus basse que ce qu'il avait imaginé, avec un grain qui accrochait sur certaines syllabes. Elle lui tendit la main d'un geste un peu formel, et il la serra, enveloppant ses doigts fins dans sa paume large et calleuse.
— On se fait la bise, ici, intervint Clémentine. Pas de poignées de main. C'est la coloc, pas un entretien d'embauche.
Astride rit — un petit rire nerveux qui découvrit ses dents légèrement écartées et fit briller ses yeux. Elle obtempéra, se hissa sur la pointe des pieds pour effleurer la joue de Benoît, et il sentit contre sa peau le frôlement de ses lèvres, le parfum léger de son shampoing — quelque chose de floral, discret, presque enfantin.
— Je vais te montrer ta chambre, proposa Clémentine. Ensuite, apéro sur la terrasse. Benoît, tu t'occupes des verres ?
— Déjà fait.
— Déjà fait.
Il les regarda s'éloigner dans le couloir, Clémentine un bras passé autour des épaules d'Astride, la tête penchée vers elle dans un mouvement de confidence. Le débardeur blanc de Clémentine tranchait sur le chemisier d'Astride, et leurs silhouettes — l'une athlétique et solaire, l'autre menue et réservée — composaient un tableau que Benoît trouva étrangement harmonieux.
Il retourna à la cuisine, attrapa trois verres à pied, et le tintement des verres meubla le silence.
Il retourna à la cuisine, attrapa trois verres à pied, et le tintement des verres meubla le silence.
La chambre d'Astride était la plus petite des trois, mais elle donnait sur la cour intérieure, et une glycine centenaire grimpait le long du mur, encadrant la fenêtre de grappes violettes. Elle déposa son sac sur le lit — un matelas nu, en attendant les draps — et resta debout au milieu de la pièce, un peu perdue.
— Elle est parfaite, dit-elle doucement. Vraiment.
— La mienne est à côté, et la salle de bain qu'on partage est au bout du couloir.
— La mienne est à côté, et la salle de bain qu'on partage est au bout du couloir.
Clémentine s'était adossée au chambranle de la porte, les bras croisés sous sa poitrine, et elle étudiait Astride avec une intensité qui fit rougir cette dernière une seconde fois.
— Quoi ? demanda Astride en portant une main à sa joue.
— Rien. Je te regarde, c'est tout.
— Rien. Je te regarde, c'est tout.
Un silence. Puis Clémentine ajouta, plus bas :
— T'es encore plus jolie en vrai que sur l'écran.
La rougeur d'Astride s'étendit jusqu'à ses oreilles. Elle baissa les yeux, fixa le bout de ses sandales, et ses doigts se crispèrent sur la bretelle de son sac à dos.
— Je… merci. Toi aussi, t'es… enfin, je veux dire…
— Détends-toi. Je mords pas.
— Détends-toi. Je mords pas.
Le sourire de Clémentine s'élargit, et il y avait dans ce sourire quelque chose de chaleureux et d'affamé à la fois, comme si elle jaugeait Astride, comme si elle la soupesait et la trouvait à son goût.
— Je reviens dans vingt minutes pour l'apéro, d'accord ? Prends ton temps. Rafraîchis-toi si tu veux, la salle de bain est libre.
Elle tourna les talons et disparut dans le couloir, laissant derrière elle un sillage de parfum — quelque chose d'épicé, de boisé, qui contrastait avec la douceur florale d'Astride.
Restée seule, Astride s'assit sur le bord du lit. Son cœur battait trop vite contre ses côtes, et elle posa une main sur sa poitrine comme pour le calmer. Ce n'était pas seulement le stress du déménagement, ni la fatigue du voyage. C'était autre chose. Une tension qui s'était installée dans son ventre dès qu'elle avait passé la porte de l'appartement, comme une corde trop tendue qui vibrait à chaque regard, à chaque mot, à chaque contact.
Elle pensa à Clémentine — son assurance, ses épaules nues, la courbe de sa bouche quand elle souriait. Puis elle pensa à Benoît — sa carrure, ses mains, la douceur inattendue de ses yeux verts.
Deux personnes. Deux présences qui l'attiraient avec la même force, la même immédiateté.
— Arrête, murmura-t-elle à voix haute. Tu viens d'arriver.
Mais son corps ne l'écoutait pas. Son corps enregistrait tout, malgré elle : la chaleur de cette fin d'été, la lumière qui baissait, le silence de la chambre où flottait encore l'odeur du jasmin sur la terrasse.
Vingt minutes plus tard, les trois colocataires se retrouvèrent sur la terrasse.
Le soleil déclinait derrière les toits, et le ciel avait pris cette teinte abricot profonde qui annonçait la nuit prochaine. Des guirlandes lumineuses que Clémentine avait dénichées dans un carton et suspendues à la va-vite jetaient une lueur dorée et vacillante sur la table en fer forgé. Le rosé frais embuait les verres, et une assiette de tomates cerises et de fromage de chèvre trônait au milieu de la table, accompagnée de tranches de pain de campagne.
Le soleil déclinait derrière les toits, et le ciel avait pris cette teinte abricot profonde qui annonçait la nuit prochaine. Des guirlandes lumineuses que Clémentine avait dénichées dans un carton et suspendues à la va-vite jetaient une lueur dorée et vacillante sur la table en fer forgé. Le rosé frais embuait les verres, et une assiette de tomates cerises et de fromage de chèvre trônait au milieu de la table, accompagnée de tranches de pain de campagne.
Clémentine s'était changée. Elle portait maintenant une robe légère, vert émeraude, qui lui arrivait à mi-cuisse et découvrait la naissance de sa poitrine. Le tissu fluide épousait ses formes sans les contraindre, et quand elle bougeait, on devinait le balancement de ses seins, libres sous l'étoffe.
Astride, elle, avait gardé son chemisier blanc mais troqué son jean contre une jupe en coton bleu marine qui lui descendait aux genoux. Ses jambes paraissaient encore plus pâles dans la lumière déclinante, et elle avait dénoué ses cheveux qui retombaient maintenant en rideau soyeux autour de son visage.
Benoît avait enfilé une chemise en lin bleu clair, les manches roulées sur ses avant-bras, et il s'était passé de l'eau sur le visage — des gouttes brillaient encore dans sa barbe courte. Il servit le vin, d'abord à Clémentine, puis à Astride, puis à lui-même.
— À nous trois, dit Clémentine en levant son verre. À la meilleure coloc de Lyon.
— À nous trois, répétèrent Benoît et Astride en chœur.
— À nous trois, répétèrent Benoît et Astride en chœur.
Le cristal tinta. Le vin était frais, légèrement acidulé, et Astride le fit tourner sur sa langue avant d'avaler, consciente du goût de pêche et d'agrumes qui se déployait dans sa bouche.
— Alors, Astride, reprit Clémentine en s'asseyant sur une chaise en osier, les jambes croisées, la robe qui remontait un peu sur ses cuisses bronzées. Raconte-nous. Pourquoi cette coloc ? Pourquoi Lyon ?
Astride but une autre gorgée, gagnant du temps. Ses doigts jouaient avec le pied de son verre.
— Je commence l'école de commerce à la rentrée. Et puis… j'avais besoin de partir. De chez mes parents, je veux dire.
Sa voix était basse, mais assurée. Elle regardait alternativement Clémentine et Benoît, comme si elle cherchait chez eux une permission de continuer.
— Partir ? relança Benoît d'une voix douce.
— Mes parents sont… protecteurs. Trop. Depuis toujours. Ils vérifient tout, ils contrôlent tout. Mes sorties, mes amies, mes notes.
— Mes parents sont… protecteurs. Trop. Depuis toujours. Ils vérifient tout, ils contrôlent tout. Mes sorties, mes amies, mes notes.
Elle marqua une pause. Ses joues s'étaient colorées de nouveau, cette rougeur qui trahissait chacune de ses émotions.
— C'est ma première vraie liberté. Cet appartement, cette coloc… c'est la première fois que je vais pouvoir être moi-même. Sans rendre de comptes.
Clémentine hocha la tête avec une gravité qui ne lui était pas habituelle.
— Je comprends. Mes parents ont divorcé quand j'avais douze ans, et après ça, ils étaient trop occupés à se détester pour s'occuper de moi. J'ai grandi toute seule, en quelque sorte. La liberté, je sais ce que ça vaut.
Un silence passa, que Benoît rompit en servant une seconde tournée.
— Moi, c'est plus simple, dit-il en haussant les épaules. Famille stable, pas de drame. J'étudie la robotique, et Lyon c'est la meilleure école de la région. Mais…
Il hésita, fit tourner son verre entre ses doigts.
— Mais ? insista Clémentine.
— Mais je crois que je cherchais autre chose que juste des études. Une expérience différente. Des gens différents.
— Mais je crois que je cherchais autre chose que juste des études. Une expérience différente. Des gens différents.
Ses yeux croisèrent ceux d'Astride, puis ceux de Clémentine, et il y eut un moment où le temps sembla suspendu — trois regards qui s'entremêlaient, trois respirations qui ralentissaient, trois corps immobiles dans la chaleur du soir.
— Je crois qu'on a tous cherché ça, murmura Astride. Sans vraiment savoir ce que c'était.
Clémentine sourit, et ce sourire-là était plus doux que les précédents, plus vulnérable aussi, comme si elle baissait une garde qu'elle tenait d'habitude solidement fermée.
— Eh bien, on va le découvrir ensemble.
Benoît se laissa aller contre le dossier de sa chaise, les jambes étendues devant lui, et ses doigts tapotaient le rebord de la table. Il observait les deux femmes en silence. Clémentine, la tête penchée, une mèche de cheveux échappée de son chignon qui lui caressait la joue. Astride, les mains autour de son verre, les genoux serrés, la nuque légèrement inclinée. Elles étaient si différentes — le jour et la nuit, le feu et l'eau — et pourtant, à cet instant, dans cette lumière déclinante, elles composaient un tableau d'une harmonie parfaite.
Son regard s'attarda sur Clémentine. La robe verte épousait la rondeur de ses seins, et quand elle se penchait pour attraper une tomate cerise, le décolleté bâillait, offrant une échappée sur l'ombre tiède de sa poitrine. Benoît sentit un frisson descendre le long de sa colonne. Il détourna les yeux, les posa sur Astride, et ce fut pire. La jupe en coton s'était légèrement relevée quand elle s'était assise, découvrant ses genoux ronds et le début de ses cuisses nacrées, et le chemisier blanc, que la transparence du soir rendait presque diaphane, laissait deviner en filigrane la courbe de ses petits seins.
Il s'éclaircit la gorge.
— Quelqu'un veut du pain ?
Clémentine éclata de rire.
— T'es nul pour changer de sujet, Benoît. On parlait de nos vies, de nos espoirs, de nos blessures, et toi tu proposes du pain.
— J'ai faim.
— Menteur.
— J'ai faim.
— Menteur.
Elle lui jeta un regard en coin, un de ces regards qui disaient je vois clair dans ton jeu, et Benoît se sentit rougir — ce qui ne lui arrivait quasiment jamais. Il haussa les épaules, feignant l'indifférence, et mordit dans une tranche de pain.
— Et toi, Clémentine, demanda Astride d'une voix timide. Qu'est-ce que tu étudies ?
— Kiné. Besoin de contact concret, de corps, de mouvement. J'ai jamais supporté l'idée de passer mes journées derrière un bureau.
— Kiné. Besoin de contact concret, de corps, de mouvement. J'ai jamais supporté l'idée de passer mes journées derrière un bureau.
Elle ponctua sa phrase d'un geste de la main, et ses doigts effleurèrent accidentellement l'avant-bras d'Astride. Celle-ci tressaillit — un mouvement infime, presque invisible, mais Clémentine le perçut. Son sourire s'accentua.
— Désolée, dit-elle sans paraître désolée le moins du monde. J'ai les mains baladeuses. Faudra t'y habituer.
Astride ne répondit rien. Sa peau, là où les doigts de Clémentine l'avaient touchée, continuait de brûler comme si on y avait posé une allumette. Elle baissa les yeux, fixa son verre, et serra les cuisses l'une contre l'autre sous la table.
Benoît, lui, avait capté l'échange. Il ne disait rien, mais ses yeux allaient de Clémentine à Astride, et il sentait dans l'air cette tension particulière qui précède les orages — une densité électrique qui crépitait sous la peau, qui rendait chaque geste un peu plus lent, chaque silence un peu plus lourd.
— On devrait parler de l'organisation, proposa-t-il pour détendre l'atmosphère. Les courses, le ménage, ce genre de trucs.
— Ennuyeux, décréta Clémentine. On verra ça demain. Ce soir, c'est pas le soir des trucs pratiques. Ce soir, c'est le soir où on apprend à se connaître.
— Ennuyeux, décréta Clémentine. On verra ça demain. Ce soir, c'est pas le soir des trucs pratiques. Ce soir, c'est le soir où on apprend à se connaître.
Elle vida son verre d'un trait, reposa le pied avec un petit bruit sec, et s'adossa à sa chaise, les bras au-dessus de la tête en un étirement langoureux. Sa robe remonta encore, et cette fois, le regard de Benoît glissa malgré lui jusqu'à la naissance de ses cuisses, là où l'ombre et la lumière se disputaient la courbe de sa peau.
Clémentine capta son regard. Elle ne baissa pas les yeux. Au contraire, elle soutint le regard de Benoît pendant une longue seconde, puis, très lentement, elle décroisa les jambes et les recroisa dans l'autre sens. Le froissement du tissu contre sa peau fit un bruit de soie.
— La terrasse, c'est vraiment le joyau de l'appart, murmura Astride, qui n'avait rien vu — ou faisait semblant. On peut y rester tard le soir ?
— Aussi tard qu'on veut. Y a pas de vis-à-vis.
— Aussi tard qu'on veut. Y a pas de vis-à-vis.
Clémentine se leva, fit quelques pas jusqu'au muret, et s'y accouda, le dos tourné aux deux autres. Le vent fit voler sa robe autour de ses jambes, et sa silhouette se découpait sur le ciel qui virait maintenant au mauve. Benoît et Astride la regardaient en silence, et dans ce silence, il y avait quelque chose que les mots n'auraient pas su dire — une attirance à trois branches qui commençait tout juste à bourgeonner, fragile et tenace comme les plants de jasmin sur les treilles.
— Je vais descendre chercher une autre bouteille, annonça Benoît en se levant à son tour.
— Je viens avec toi, dit Astride d'une voix un peu trop rapide.
— Je viens avec toi, dit Astride d'une voix un peu trop rapide.
Elle avait besoin de bouger. De s'extraire de cette tension, de mettre un peu de distance entre elle et les deux autres. Ses cuisses se décollèrent de la chaise en osier avec un bruit léger de transpiration sur le bois, et elle suivit Benoît jusqu'à la trappe.
L'escalier était étroit, et ils durent le descendre l'un derrière l'autre. Benoît passa le premier, et Astride, derrière lui, se retrouva à hauteur de ses épaules, puis de son dos. La chemise en lin tendue sur ses omoplates, la nuque où perlaient encore quelques gouttes de sueur, l'odeur qui émanait de lui — un mélange de savon et de sel, quelque chose de propre et de masculin qui la fit frissonner. Elle attrapa la rampe d'une main pour ne pas trébucher.
L'escalier était étroit, et ils durent le descendre l'un derrière l'autre. Benoît passa le premier, et Astride, derrière lui, se retrouva à hauteur de ses épaules, puis de son dos. La chemise en lin tendue sur ses omoplates, la nuque où perlaient encore quelques gouttes de sueur, l'odeur qui émanait de lui — un mélange de savon et de sel, quelque chose de propre et de masculin qui la fit frissonner. Elle attrapa la rampe d'une main pour ne pas trébucher.
— Ça va ? demanda Benoît sans se retourner.
— Oui, oui. Juste… un peu étourdie. La chaleur, le vin…
— Oui, oui. Juste… un peu étourdie. La chaleur, le vin…
Le vin n'y était pour rien, et elle le savait.
Ils atteignirent la cuisine. Benoît ouvrit le réfrigérateur, et la lumière blanche jaillit dans la pénombre de la pièce, illuminant son visage par en dessous. Astride s'était arrêtée près du plan de travail, les mains à plat sur la pierre froide du comptoir, et elle respirait un peu trop vite.
Ils atteignirent la cuisine. Benoît ouvrit le réfrigérateur, et la lumière blanche jaillit dans la pénombre de la pièce, illuminant son visage par en dessous. Astride s'était arrêtée près du plan de travail, les mains à plat sur la pierre froide du comptoir, et elle respirait un peu trop vite.
— Tu es sûre que ça va ?
— Oui.
— Oui.
Il la regarda, la bouteille de rosé à la main. Dans la lumière crue du frigo, les taches de rousseur d'Astride semblaient encore plus nombreuses, et ses yeux noisette brillaient d'un éclat humide, presque fiévreux.
— Astride…
— Je reviens. J'ai oublié quelque chose dans ma chambre.
— Je reviens. J'ai oublié quelque chose dans ma chambre.
Elle tourna les talons et disparut dans le couloir, le pas précipité, presque fuyant. Benoît resta planté là, la bouteille à la main, le front plissé par une inquiétude qu'il n'arrivait pas à nommer.
Astride referma la porte de sa chambre derrière elle et s'y adossa, le cœur battant.
L'obscurité était presque totale — seule une bande de lumière filtrant sous la porte éclairait faiblement le parquet. Elle ferma les yeux, respira profondément, mais les images continuaient de défiler sous ses paupières. Les épaules de Clémentine, sa robe qui remontait, le froissement de ses cuisses quand elle se croisait les jambes. Le dos de Benoît, la sueur qui perlait sur sa nuque, l'odeur de sa peau.
L'obscurité était presque totale — seule une bande de lumière filtrant sous la porte éclairait faiblement le parquet. Elle ferma les yeux, respira profondément, mais les images continuaient de défiler sous ses paupières. Les épaules de Clémentine, sa robe qui remontait, le froissement de ses cuisses quand elle se croisait les jambes. Le dos de Benoît, la sueur qui perlait sur sa nuque, l'odeur de sa peau.
Ses doigts descendirent le long de son ventre.
Elle ne réfléchissait plus. Son corps agissait seul, mû par une pulsion qui balayait toute timidité, toute retenue. Sa jupe remonta sous ses doigts. Le coton de sa culotte était déjà humide — elle l'avait senti en montant les escaliers, cette moiteur qui trahissait son excitation, cette chaleur qui irradiait de son bas-ventre et se diffusait dans ses cuisses.
Elle fit glisser sa culotte le long de ses jambes et l'envoya valser d'un coup de pied. Sa main droite revint se poser sur son pubis, et ses doigts écartèrent doucement ses lèvres intimes. La cyprine avait déjà commencé à perler, abondante, visqueuse sous ses doigts.
Un gémissement s'échappa de sa gorge. Elle le réprima aussitôt, mordant sa lèvre inférieure.
Ses doigts trouvèrent son clitoris, ce petit bouton hypersensible qui gonflait au moindre effleurement, et elle entama un mouvement circulaire, lent d'abord, puis plus rapide. Le plaisir monta immédiatement, fulgurant, et elle dut plaquer une main contre sa bouche pour ne pas crier.
Dans sa tête, c'était Clémentine qu'elle voyait — Clémentine assise sur cette chaise en osier, la robe remontée, les cuisses entrouvertes, le sourire carnassier. Puis c'était Benoît, ses mains larges, ses avant-bras musclés, la ligne de sa mâchoire sous la barbe naissante. Les images se superposaient, fusionnaient, et Astride sentait son ventre se contracter, ses jambes trembler, sa cyprine couler le long de ses doigts.
— Putain, souffla-t-elle dans un filet de voix.
Le mot la surprit elle-même. Elle ne parlait jamais comme ça. Mais ce soir, tout était différent.
Elle accéléra le rythme, frottant son clito avec une frénésie qui la fit s'arquer contre la porte. L'orgasme approchait, elle le sentait dans ses cuisses qui se crispaient, dans son ventre qui se creusait, dans le sang qui battait à ses tempes. Encore quelques secondes, encore un peu plus vite, encore…
Elle accéléra le rythme, frottant son clito avec une frénésie qui la fit s'arquer contre la porte. L'orgasme approchait, elle le sentait dans ses cuisses qui se crispaient, dans son ventre qui se creusait, dans le sang qui battait à ses tempes. Encore quelques secondes, encore un peu plus vite, encore…
Sa main libre agrippa la poignée de la porte, et elle jouit en silence, la bouche grande ouverte, les yeux révulsés, le corps secoué de spasmes qui se répercutaient jusqu'au bout de ses doigts de pieds.
Elle resta ainsi de longues secondes, adossée à la porte, le souffle court, la culotte en boule à ses pieds. Puis la lucidité revint, et avec elle, une vague de gêne. Elle venait de se masturber dans sa chambre alors que ses deux nouveaux colocataires l'attendaient sur la terrasse.
Elle avait joui en pensant à eux. Aux deux. En même temps.
Elle avait joui en pensant à eux. Aux deux. En même temps.
— Mon Dieu, murmura-t-elle.
Mais au lieu de la culpabilité qu'elle attendait, ce fut une autre sensation qui l'envahit : une détermination froide, presque cérébrale, qui contrastait avec le feu qui couvait encore entre ses cuisses.
Elle se redressa, s'essuya avec un mouchoir en papier trouvé dans son sac, et remit sa culotte. Puis elle ouvrit sa valise, fouilla dans une pochette intérieure, et en sortit un petit objet métallique qui brillait faiblement dans la pénombre.
Un plug anal. Tout en acier chirurgical, lisse, étincelant.
Elle l'inséra lentement, retenant un cri quand le métal froid franchit le seuil de son anus. Ses muscles se contractèrent autour de l'objet, puis se relâchèrent, l'acceptant avec une facilité qui la surprit elle-même. Elle avait déjà utilisé des plugs auparavant, dans le secret de sa chambre chez ses parents, mais jamais en présence d'autres personnes.
Jamais sous une jupe, à quelques mètres d'un homme et d'une femme qui l'attiraient avec la même force.
Jamais sous une jupe, à quelques mètres d'un homme et d'une femme qui l'attiraient avec la même force.
Le plug en place, elle se releva, lissa sa jupe du plat de la main, et vérifia son reflet dans la petite glace accrochée au mur. Ses joues étaient encore écarlates, ses yeux brillaient d'un éclat sauvage, mais elle se trouva belle. Désirable. Puissante.
Elle sortit de la chambre et regagna la cuisine. Benoît n'était plus là — il avait dû remonter sur la terrasse. Tant mieux. Elle attrapa un verre d'eau, le but d'un trait, et prit le temps de se recomposer un visage avant de gravir l'escalier.
L'air du soir l'accueillit comme une caresse. Clémentine était toujours debout près du muret, un verre à la main, et Benoît s'était rassis, la bouteille de rosé devant lui. Ils tournèrent la tête en même temps quand Astride apparut.
— T'as retrouvé ce que tu cherchais ? demanda Clémentine.
— Oui.
— Oui.
Un seul mot, mais il portait une nuance qu'Astride n'avait jamais utilisée auparavant. Une nuance de défi, presque de provocation. Clémentine haussa un sourcil, intriguée.
Astride s'assit sur la chaise en osier, et cette fois, elle ne sera pas les genoux. Elle croisa les jambes avec lenteur, comme Clémentine l'avait fait un peu plus tôt, et la jupe en coton glissa sur ses cuisses.
Ce fut à cet instant que Clémentine le vit.
Un éclat métallique, furtif, qui accrocha la lumière des guirlandes. L'espace d'un battement de cil, le temps qu'Astride change de position et que le tissu de sa jupe retombe, Clémentine aperçut la base arrondie du plug qui dépassait à peine, nichée entre ses fesses.
Ses doigts se crispèrent sur son verre.
Ses doigts se crispèrent sur son verre.
Elle releva les yeux vers le visage d'Astride, et cette dernière la regardait droit dans les yeux, avec une expression que Clémentine ne lui connaissait pas encore. Une expression calme, assurée, et traversée par une lueur qui disait : Je sais ce que je veux.
Clémentine sentit sa propre cyprine couler le long de sa cuisse.
— Tout va bien ? demanda Benoît, qui n'avait rien vu.
— Tout va très bien, répondit Clémentine d'une voix un peu rauque. Merveilleusement bien.
— Tout va très bien, répondit Clémentine d'une voix un peu rauque. Merveilleusement bien.
Elle leva son verre, et Astride l'imita. Leurs regards se croisèrent, et dans ce regard passa une promesse muette qui fit trembler l'air entre elles.
— À la coloc, dit Astride.
— À la coloc, répondirent Clémentine et Benoît en chœur.
— À la coloc, répondirent Clémentine et Benoît en chœur.
Mais ni Benoît ni Astride ne comprenaient la même chose.
La nuit était maintenant tombée sur la Croix-Rousse. Les lumières de Lyon scintillaient en contrebas, et sur la terrasse, les trois silhouettes se découpaient dans la lueur vacillante des guirlandes. Le rosé tiédissait dans les verres, le fromage de chèvre s'amollissait dans l'assiette, et l'air sentait le jasmin et la pierre chaude.
Clémentine ne quittait plus Astride des yeux.
Et quelque part dans le bas-ventre de Benoît, une tension commençait à s'installer — une tension qu'il ne savait pas encore nommer, mais qui pulsait au rythme de son sang, lente, insistante, inéluctable.
Et quelque part dans le bas-ventre de Benoît, une tension commençait à s'installer — une tension qu'il ne savait pas encore nommer, mais qui pulsait au rythme de son sang, lente, insistante, inéluctable.
La nuit ne faisait que commencer.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'autrice en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'autrice : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()