00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ cecilunie Trois en un XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Trois en un — Chapitre 4 · Le goût

34 minutes
7k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Autrice

Photo de profil de cecilunie
cecilunie
Histoires publiées
74
Abonnés
139
J'aime cumulés
4.6k

Trois en un

Chapitre 4 · Le goût

Le cours de macroéconomie aurait dû captiver Astride.
L'amphi était climatisé, le professeur passionnant, et les slides défilaient sur l'écran géant avec une logique implacable - courbes d'offre et de demande, élasticité des marchés, théories keynésiennes qui auraient dû remplir les pages de son cahier de notes ordonnées.
Au lieu de quoi, son stylo restait suspendu au-dessus du papier.
La pointe traçait des cercles distraits - des arabesques qui n'avaient rien d'économique, des spirales qui s'élargissaient comme les ondes d'un désir qui ne la quittait plus depuis quarante-huit heures. Le plug n'était plus dans son anus - elle l'avait retiré la veille au soir, avant de s'endormir contre l'épaule de Clémentine - mais la mémoire de l'acier tiède persistait, une présence fantôme qui se réveillait à chaque mouvement, à chaque croisement de jambes.
Sa culotte était déjà humide.
Pas trempée - pas encore. Mais humide, oui, d'une moiteur constante qui imprégnait le coton blanc et lui rappelait, minute après minute, ce qui s'était passé dans le salon, sur le parquet, contre le mur de pierre.
La langue de Clémentine sur son clitoris.
Le goût de la cyprine dans sa bouche - salé, acidulé, ce fruit tiède qu'elle avait lapé avec une avidité qui l'étonnait encore.
Les doigts de Benoît la veille au soir, à travers le short de rugby, cette queue tendue qu'elle avait caressée sans pouvoir la libérer.
Le cours se termina à seize heures.
Astride rangea son cahier vierge dans son sac et traversa le campus d'un pas qui n'avait rien de pressé - mais rien de tranquille non plus. Ses sandales claquaient sur le bitume des allées, et ses cuisses nues, sous la jupe en jean, frottaient l'une contre l'autre à chaque foulée. La chaleur de septembre pesait sur les épaules, écrasait les ombres, faisait miroiter l'asphalte comme une eau noire.
Elle monta les quatre étages de l'immeuble de canuts sans réfléchir.
Ses jambes connaissaient le chemin maintenant - les marches de bois qui gémissaient sous son poids, la rampe en fer forgé que ses doigts effleuraient sans s'y attarder, les paliers successifs où flottaient des odeurs de lessive et de pierre ancienne. Au troisième, elle croisa un voisin qui descendait avec un sac-poubelle. Il lui sourit. Elle ne le vit pas.
La porte de l'appartement s'ouvrit sur le silence.
Mais pas le silence vide d'une maison inhabitée - un silence habité, vibrant, chargé de cette tension particulière qui flottait dans les pièces depuis trois jours. Sur la table du salon, trois tasses de café du matin n'avaient pas été débarrassées. Son Moleskine noir traînait sur le canapé, fermé, ses secrets gardés entre les pages cornées. Par la fenêtre ouverte, le bruit étouffé de Lyon montait comme une rumeur lointaine - klaxons, sirènes, éclats de voix qui se dissolvaient dans la chaleur avant d'atteindre l'appartement.
— Je suis rentrée, lança Astride dans le vide.
Une voix lui répondit depuis la terrasse. Celle de Benoît, assourdie par la distance et le vent
— On est là-haut.
On.
Le mot vibra dans la poitrine d'Astride tandis qu'elle gravissait les dernières marches qui menaient au toit. Ses doigts se crispèrent sur la rampe. Sa respiration s'accéléra - pas à cause de l'effort, les quatre étages ne lui faisaient plus rien après une semaine de ces ascensions quotidiennes. Non. C'était ce mot. On. Ce pluriel qui l'incluait maintenant, ce « on » qui signifiait qu'elle arrivait dans quelque chose qui avait déjà commencé sans elle.
La trappe de la terrasse était ouverte.
La lumière dorée de l'après-midi s'y engouffrait comme un fleuve lumineux, et Astride dut cligner des yeux en émergeant sur les dalles de pierre chauffées par le soleil. La vigne vierge frissonnait dans la brise légère, projetant des ombres mouvantes sur le sol, et les guirlandes de la première soirée étaient toujours accrochées aux treilles - éteintes pour l'instant, mais présentes, attendant la nuit comme un rappel des heures à venir.
La terrasse baignait dans cette lumière particulière des fins d'après-midi de septembre - une lumière de miel et de cuivre, rasante, qui allongeait les ombres sur les toits de la Croix-Rousse et teintait de rose les façades des immeubles voisins.
Benoît était debout près de la table en fer forgé.
Torchon sur l'épaule, tablier noir noué autour de la taille - et rien d'autre.
Son torse large luisait de transpiration. La fine toison brune qui descendait en V vers son ventre captait la lumière du soleil couchant, chaque poil dessiné avec une précision presque irréelle, et les muscles de ses pectoraux roulaient sous la peau à chacun de ses gestes. Il était en train de retourner des brochettes sur un petit barbecue électrique posé à même les dalles - des cubes de poulet marinés, des poivrons rouges, des oignons dont le jus grésillait en touchant la grille brûlante.
— T'as fait des courses, dit Astride en s'avançant sur la terrasse.
Sa voix était plus rauque qu'elle ne l'aurait voulu - une octave trop basse, comme si ses cordes vocales avaient été limées par le désir de l'après-midi. Benoît tourna la tête vers elle. Ses yeux verts accrochèrent la lumière du soleil et la renvoyèrent en éclats d'émeraude, et le sourire qu'il lui adressa creusa une fossette qu'elle n'avait jamais remarquée avant.
— Clémentine m'a donné une liste, répondit-il. Elle m'a dit : Si tu sais pas cuisiner, au moins tu sais obéir.
Astride rit. Ce rire nouveau qui était né sur cette terrasse - plus libre, plus profond, qui partait du ventre et non plus de la gorge.
— Elle est où ?
— Là.
Benoît désigna le muret d'un mouvement du menton.
Clémentine était allongée sur les coussins disposés contre la pierre tiède. Sa robe de la première soirée - la vert émeraude - n'était plus qu'un souvenir. Aujourd'hui, elle portait un paréo noué autour de la poitrine, un tissu léger à motifs tropicaux qui descendait jusqu'à mi-cuisse et ne cachait presque rien. Ses jambes bronzées étaient étendues devant elle, ses pieds nus croisés l'un sur l'autre, et ses cheveux blonds étaient relevés en un chignon approximatif d'où s'échappaient des mèches folles.
Elle souriait en les regardant - ce sourire en coin qui creusait sa fossette gauche, ce sourire de joueuse d'échecs qui a déjà prévu les dix prochains coups.
— T'as fait ton marché, Benoît, dit-elle sans se redresser. T'as obéi. T'es un bon petit soldat.
Sa voix coulait dans l'air chaud comme du miel - sucrée et moqueuse à la fois, avec cette pointe d'ironie qui faisait toujours frissonner Astride. Elle tenait à la main un verre de rosé où les glaçons tintaient doucement, et ses yeux marron allaient de Benoît à Astride avec une lenteur calculée.
— Assieds-toi, Astride, reprit-elle en tapotant les coussins à côté d'elle. T'as eu une longue journée.
Le mot - longue - s'étira sur sa langue comme une caresse. Astride s'avança, contourna la table, et ses sandales claquèrent sur les dalles avant qu'elle ne s'en débarrasse d'un coup de pied distrait. Elle s'agenouilla sur les coussins, près de Clémentine, et le contact du tissu moelleux contre ses genoux nus lui arracha un soupir.
— Longue, oui, confirma-t-elle. J'ai rien écouté du cours.
Clémentine tourna la tête vers elle. Dans la lumière dorée, ses yeux brillaient comme deux pièces de monnaie au fond d'une fontaine - chargés de promesses, de questions, de certitudes silencieuses.
— Rien ?
— Rien. Je pensais à vous deux.
Elle n'ajouta pas tout le temps. Elle n'en avait pas besoin. Sa voix disait tout - le désir qui lui avait tordu le ventre pendant trois heures d'amphi, les cuisses serrées sous la table, le stylo qui tournait dans ses doigts sans jamais tracer une seule ligne de notes.
Clémentine se redressa sur les coussins. Le paréo glissa un peu sur sa poitrine, dévoilant la naissance de ses seins - cette courbe parfaite qu'Astride avait embrassé la veille, ces mamelons qu'elle avait pincés jusqu'à ce que Clémentine crie.
— Moi aussi, dit Clémentine. J'ai passé la journée à penser à ta langue.
Le silence tomba sur la terrasse.
Pas un silence lourd - un silence élastique, vibrant, tendu comme une peau de tambour que le moindre souffle pouvait faire résonner. Benoît, près du barbecue, avait suspendu son geste - les pinces à brochettes en l'air, une goutte de marinade s'écrasant sur les braises avec un grésillement minuscule. Sa respiration s'était approfondie, et les muscles de son dos, sous la peau hâlée, se contractaient à chaque battement de cœur.
— Viens ici, Benoît, ordonna Clémentine. Laisse les brochettes. C'est pas encore l'heure de manger.
Il obéit sans un mot. Le tablier noir ballottait sur ses hanches tandis qu'il traversait la terrasse - trois enjambées qui le menèrent jusqu'aux coussins, jusqu'aux deux femmes allongées dans la lumière du soir. Sa silhouette massive se découpait contre le ciel orangé, et l'odeur de sa sueur - ce musc salé qu'Astride avait respiré la veille contre son épaule - se mêlait aux effluves de viande grillée et de jasmin.
— Assieds-toi là, dit Clémentine en désignant le muret.
Benoît obéit. La pierre tiède contre ses fesses nues. Le tablier seul ne couvrait que son entrejambe - le tissu noir formait une tache d'ombre sur ses cuisses musclées, et le contraste entre le tissu sombre et la peau bronzée de son ventre était presque obscène.
Clémentine se releva lentement.
Ses pieds nus s'enfonçaient dans les coussins, et ses orteils s'écartaient pour trouver leur équilibre - ce détail minuscule qu'Astride enregistra sans le vouloir, comme on enregistre les détails qui précèdent un moment important. Le paréo ondulait autour de ses cuisses, et quand elle s'approcha de Benoît, sa démarche avait cette fluidité féline qui faisait battre le cœur plus vite.
— Aujourd'hui, c'est mon tour, dit-elle.
Sa voix n'était plus moqueuse. Elle était grave, posée, presque solennelle - la voix d'une prêtresse qui s'apprête à officier. Ses doigts dénouèrent le paréo d'un geste sec, et le tissu glissa sur ses épaules, sur ses hanches, s'affala en corolle à ses pieds.
Elle était nue.
Ses seins se balancèrent doucement en retrouvant leur liberté - fermes et ronds, les mamelons déjà durs, déjà foncés, déjà plissés par l'excitation qui montait. La lumière du couchant sculptait son ventre plat, faisait briller la fine ligne de poils blonds qui descendait de son nombril vers son pubis, et ses cuisses - ces longues cuisses bronzées - luisaient d'une transpiration légère.
— Aujourd'hui, continua-t-elle, je ne donne pas d'ordres. Je ne dirige pas. Aujourd'hui, vous me prenez comme je viens.
Elle s'avança vers Astride et lui tendit la main.
— Lève-toi.
Astride obéit. Ses doigts s'enroulèrent autour de ceux de Clémentine - un contact sec, électrique, qui fit courir un frisson le long de son bras - et elle se releva des coussins en vacillant un peu. Sa jupe en jean était froissée, son chemisier blanc collait à ses omoplates, et ses joues avaient commencé à s'empourprer - cette rougeur caractéristique qui partait du cou et remontait jusqu'aux tempes.
Clémentine lâcha sa main et recula de quelques pas.
Puis elle s'allongea sur les coussins.
Le mouvement était d'une lenteur chorégraphiée - ses épaules touchèrent d'abord le tissu, puis ses reins se cambrèrent dans le vide avant de s'abandonner aux coussins moelleux, et ses jambes s'écartèrent doucement, dévoilant l'intégralité de son intimité.
— Viens, Astride. Agenouille-toi entre mes jambes.
La voix de Clémentine n'était plus qu'un murmure rauque, un filet de désir pur qui vibrait dans l'air chaud. Astride s'agenouilla entre ses cuisses écartées, et ses genoux s'enfoncèrent dans les coussins. La position la mettait à hauteur de la vulve de Clémentine - cette vulve qu'elle avait déjà vue, déjà touchée, déjà goûtée la veille, mais qui lui parut soudain complètement nouvelle.
Peut-être à cause de la lumière.
Les rayons du soleil couchant tombaient directement sur le pubis de Clémentine, et chaque détail de son anatomie se détachait avec une précision chirurgicale. Les lèvres externes épaisses, d'un rose violacé qui tirait sur le mauve, gonflées par l'excitation et luisantes d'un début de cyprine. Les lèvres internes qui pendaient en replis souples et longs, comme des pétales de fleur tropicale - plus foncées que les externes, presque brunes sur les bords, avec cette texture veloutée qui captait la lumière et la renvoyait en reflets humides. Le clitoris, gros et saillant, qui émergeait déjà de son capuchon - ce bourgeon gonflé dont Astride connaissait maintenant la sensibilité extrême. Et plus bas, juste sous les lèvres internes, l'entrée du vagin - une fente étroite qui s'ouvrait et se fermait imperceptiblement au rythme de la respiration de Clémentine, et qui perlait d'une cyprine abondante, translucide, formant une goutte suspendue entre les replis de chair comme une larme.
— Regarde, dit Clémentine.
Sa voix n'était plus qu'un souffle. Ses doigts descendirent le long de son propre ventre, effleurèrent son pubis, puis ils écartèrent les lèvres externes - un geste obscène et magnifique à la fois, qui exposait l'intégralité de sa fente à la lumière du soleil.
— Regarde comme je suis mouillée pour toi, Astride. Pour toi et pour Benoît.
Elle tourna la tête vers Benoît, qui n'avait pas bougé du muret. Son torse se soulevait et s'abaissait à un rythme de forge, et ses poings étaient crispés sur ses cuisses. Sous le tablier noir, son érection tendait le tissu - une bosse qui palpitait visiblement, et une tache sombre de pré-sperme commençait à s'étaler sur le coton.
— T'as vu ce que ça lui fais ? demanda Clémentine à Astride. Rien que de nous regarder, il est déjà en train de mouiller son tablier.
Astride tourna brièvement la tête vers Benoît. Leurs regards se croisèrent - les yeux noisette d'Astride, écarquillés par le désir, plongèrent dans les yeux verts de Benoît, que la pupille dilatée rendait presque noirs. Un courant passa entre eux, une décharge silencieuse qui fit trembler les lèvres d'Astride et crisper la mâchoire de Benoît.
— Reviens à moi, dit Clémentine.
La main de Clémentine se tendit et attrapa la nuque d'Astride. Ses doigts s'enfoncèrent dans les cheveux châtains, tirèrent doucement sa tête vers l'avant - pas brutalement, non, avec une fermeté tendre qui guidait sans contraindre.
— Sens-moi.
Astride approcha son visage de la vulve offerte. L'odeur la frappa d'abord - plus forte que la veille, plus intense, un musc de cyprine mêlé à la sueur de l'après-midi, avec cette note acidulée qui faisait saliver ses papilles et contracter son estomac. C'était une odeur qui racontait le désir de Clémentine - pas un désir frais, naissant, mais un désir qui avait mijoté toute la journée, qui s'était concentré dans son bas-ventre pendant qu'elle pensait à Astride, à Benoît, à ce qu'elle allait leur faire.
— Respire, murmura Clémentine. Prends ton temps.
Astride ferma les yeux et inspira profondément. L'odeur emplit ses narines, descendit dans sa gorge, imprégna ses poumons - et son propre corps répondit. Sa culotte, déjà humide depuis l'amphi, fut traversée par une nouvelle décharge de cyprine, tiède et épaisse, qui colla le coton contre ses lèvres intimes. Ses mamelons durcirent sous le chemisier blanc, et ses cuisses se serrèrent instinctivement - un mouvement qui lui arracha un gémissement étouffé.
— Je sens ta chatte, Astride, dit Clémentine. Je la sens d'ici. Tu mouilles dans ta petite culotte, pas vrai ?
Astride hocha la tête, incapable de parler.
— Dis-le.
— Je mouille.
Sa voix était méconnaissable - une voix de gorge, rauque et brisée, qui semblait appartenir à une autre femme. La femme qu'elle devenait depuis trois jours, sur cette terrasse.
— Je mouille tellement que ma culotte est trempée.
Clémentine sourit - ce sourire carnassier qu'elle réservait aux moments de triomphe. Ses doigts resserrèrent leur prise sur la nuque d'Astride.
— Alors goûte-moi.
Astride tira la langue.
Un geste simple, presque enfantin dans son innocence, que démentait la crudité de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Sa langue toucha d'abord la goutte de cyprine qui perlait à l'entrée du vagin - un contact minuscule, un effleurement à peine perceptible, mais qui suffit à lui arracher un gémissement.
Le goût.
Elle l'avait déjà goûté la veille, mais la veille, elle était submergée par l'urgence, par la langue de Clémentine sur sa propre chatte, par l'orgasme qui montait et brouillait toutes les perceptions. Aujourd'hui, elle avait tout son temps. Aujourd'hui, elle pouvait se concentrer sur ce goût - le goût de Clémentine, cette saveur qu'elle allait apprendre à reconnaître entre mille.
La première impression fut salée.
Un sel doux, pas celui de la mer - plutôt celui des larmes, des pleurs de joie qui ne brûlent pas les yeux. Un sel minéral, presque métallique, qui évoquait le sang sans en avoir la lourdeur.
Puis vint l'acidulé.
Une pointe de fruit mûr - pêche, abricot, quelque chose de sucré qui se dérobait dès qu'on croyait l'avoir saisi. Le goût se dépliait dans sa bouche comme une fleur de nuit, couche après couche - d'abord le sel, puis l'acide, puis le sucre qui persistait sur ses papilles, long, enveloppant, presque crémeux.
— Décris-le, ordonna Clémentine.
Sa voix tremblait - elle aussi était affectée, elle aussi perdait le contrôle malgré ses airs de dominatrice. Ses mamelons étaient gonflés, presque violets, et sa respiration se faisait de plus en plus rapide.
— C'est… c'est doux-amer, murmura Astride contre sa vulve. Comme du miel citronné. Comme du caramel au sel. C'est toi. C'est exactement toi.
Elle replongea sa langue entre les lèvres externes.
Cette fois, elle ne se contenta pas d'un effleurement. Sa langue s'enfonça dans la fente, écarta les replis de chair, et elle lécha - un mouvement large, de bas en haut, qui partait de l'entrée du vagin et remontait jusqu'au clitoris. La cyprine coulait dans sa bouche, plus épaisse maintenant, avec une texture de sirop tiède qui filait entre ses dents et enduisait ses gencives.
— Oh putain, gémit Clémentine.
Son bassin se souleva des coussins, et ses cuisses se refermèrent autour de la tête d'Astride - un réflexe incontrôlable, une étreinte de chair qui emprisonna son visage contre la vulve brûlante. Ses doigts étaient toujours dans les cheveux d'Astride, et ils tirèrent plus fort - pas assez pour faire mal, juste assez pour guider.
— Recommence.
Astride recommença.
Encore.
Et encore.
Sa langue traçait des arabesques sur la vulve de Clémentine - des cercles autour du clitoris, des descentes le long des lèvres internes, des plongées brèves à l'entrée du vagin qui faisaient grogner Clémentine et contracter ses abdominaux. Elle apprenait vite - son corps mémorisait les zones les plus sensibles, les angles qui arrachaient les gémissements les plus rauques, le rythme qui faisait trembler les cuisses de Clémentine.
Benoît, sur le muret, n'avait pas bougé.
Mais sa main droite avait glissé sous le tablier.
Astride le vit du coin de l'œil - le mouvement lent de son poignet qui annonçait une masturbation clandestine, le gland qui jaillissait du tissu relevé, luisant de pré-sperme, et que ses doigts enserraient maintenant avec une lenteur qui ressemblait à une prière.
— Benoît, dit Clémentine.
Sa voix était cassée, haletante, mais toujours impérieuse.
— Arrête de te toucher.
La main de Benoît s'immobilisa. Ses doigts restèrent autour de sa queue tendue - une étreinte frustrée qui ne bougeait plus, qui n'osait pas bouger, et la veine qui courait le long de sa hampe palpitait avec une violence presque douloureuse.
— C'est Astride qui décidera quand tu pourras te toucher, reprit Clémentine. C'est Astride qui décide, aujourd'hui. Moi, je suis juste sa chose.
Elle tourna la tête vers Astride, et son sourire était presque tendre.
— T'entends ? Je suis ta chose, Astride.
Le mot - chose - résonna dans la tête d'Astride comme un coup de gong. Elle, la timide, la novice, celle qui n'avait jamais fait l'amour avant d'arriver à Lyon, celle que ses parents avaient protégée du monde - elle devenait la maîtresse du jeu. La dominatrice. Celle qui décidait qui toucherait qui, et quand, et comment.
Son cœur cognait contre ses côtes, et ses joues étaient en feu, et sa culotte trempée collait à ses cuisses. Mais sa voix, quand elle parla, était ferme.
— Touche-toi, Benoît. Mais lentement.
Benoît émit un grognement sourd - un son de reconnaissance, de gratitude, de supplication - et sa main droite commença à se mouvoir le long de sa queue. Un mouvement lent, très lent, qui épousait toute la longueur de la hampe - de la base du gland jusqu'au pubis, puis retour, et la peau du prépuce glissait sur la chair gonflée avec un bruit de succion qui fit frissonner Astride.
— Voilà, murmura Clémentine. Il t'obéit. T'as vu ? Il t'obéit au doigt et à l'œil. Et moi aussi, je t'obéis.
Elle se cambra sur les coussins, offrant sa vulve à la bouche d'Astride.
— Continue de me lécher, Astride. S'il te plaît. Je te supplie.
La supplique - ce « s'il te plaît » prononcé par la femme qui n'avait jamais supplié personne - fut ce qui fit basculer Astride. Elle plongea de nouveau entre les cuisses de Clémentine, et cette fois, elle laissa tomber toute retenue.
Sa langue fouilla la fente avec avidité, écarta les lèvres internes, aspira le clitoris entre ses lèvres et le suça comme un bonbon acidulé. Ses doigts remplacèrent sa langue à l'entrée du vagin - deux doigts, index et majeur, qui s'enfoncèrent dans la chatte brûlante et se mirent à la fouiller avec un rythme régulier.
Le bruit était obscène.
La cyprine de Clémentine clapotait autour des doigts d'Astride, giclait sur ses phalanges, coulait jusqu'à son poignet et gouttait sur les coussins. L'odeur emplissait la terrasse - ce parfum de musc et de sueur et de fruit mûr qui se mêlait aux relents de viande grillée et au jasmin de la vigne vierge.
— Astride… Astride je vais jouir…
La voix de Clémentine était méconnaissable - un râle venu du fond de la gorge, ponctué de halètements qui lui coupaient le souffle. Son ventre se contractait par spasmes, et ses cuisses tremblaient autour de la tête d'Astride.
Astride arrêta tout.
Ses doigts s'immobilisèrent dans le vagin de Clémentine, sa langue se retira du clitoris gonflé, et elle releva la tête. Son visage était inondé de cyprine - ses lèvres, son menton, jusqu'aux ailes de son nez - et un filet translucide reliait encore sa bouche à la vulve palpitante.
— Pourquoi t'arrêtes ? gémit Clémentine. Putain, pourquoi ?
Astride sourit. Ce même sourire que Clémentine leur avait offert la première fois, ce sourire de pouvoir et de retenue.
— Parce que c'est moi qui décide. Tu me l'as dit.
Clémentine éclata d'un rire étranglé - un rire mêlé de frustration et d'admiration, qui secoua son ventre et fit tressauter ses seins.
— Putain, Astride. T'apprends vite.
— Je t'ai eue, toi aussi.
Astride se releva des coussins, les jambes tremblantes, la culotte trempée qui dégoulinait le long de ses cuisses. Elle se tourna vers Benoît, qui n'avait pas cessé de se toucher - ce mouvement lent qu'elle lui avait ordonné, cette caresse mécanique et frustrante qui ne le mènerait nulle part.
— Viens ici, Benoît.
Il se leva du muret. Sa queue tendue pointait vers le ciel, le gland gonflé et violacé, le pré-sperme qui coulait en un filet continu le long de la hampe. Il traversa la terrasse en trois enjambées, et le tablier noir ballottait sur ses hanches - la seule pièce de tissu qui couvrait encore son corps massif.
— À genoux, dit Astride.
Il s'agenouilla devant elle.
C'était un spectacle presque irréel - cent kilos de muscle, ce corps de rugbyman capable de plaquer des adversaires de cent vingt kilos, à genoux devant une jeune femme d'un mètre soixante-cinq qui tremblait encore de désir et de pouvoir mêlés. Ses yeux verts étaient levés vers elle, et dans ce regard, il y avait une soumission totale - la même qu'elle avait vu la veille, quand il s'était laissé faire par Clémentine, mais dirigée vers elle maintenant.
— Oui, Astride ? demanda-t-il.
Sa voix était rauque, presque humble.
— Je veux ta queue dans ma bouche.
Elle s'agenouilla face à lui. Le parquet de la terrasse - non, les dalles de pierre - étaient chaudes sous ses genoux, chauffées par tout l'après-midi de soleil. Ses doigts tremblèrent quand elle les posa sur les cuisses de Benoît - et ce n'était pas de timidité.
C'était de faim.
Elle voulait ça depuis la première fois qu'elle l'avait vu, ce matin du déménagement, quand il portait les cartons de livres et que ses biceps gonflaient sous la sueur. Elle voulait ça depuis la première soirée, quand il l'avait doigtée pendant que le plug s'enfonçait dans son cul. Elle voulait ça depuis la veille, quand Clémentine lui avait offert ce goût de cyprine, et que la saveur du désir avait fait exploser toutes les digues qu'elle avait construites pendant vingt ans.
— Vas-y, Astride, murmura Clémentine derrière elle. Prends-la.
Astride empoigna la queue de Benoît.
Ses doigts ne tremblaient plus. Ils se refermèrent autour de la hampe avec une fermeté qu'elle ne se connaissait pas, et elle sentit immédiatement la chaleur - une chaleur de forge, de sang à trente-sept degrés qui palpitait sous la peau fine. La texture était à la fois douce et dure - le velours du prépuce tendu sur l'acier de l'érection, et les veines qui couraient sous ses doigts comme des câbles électriques.
— Elle est tellement dure, murmura-t-elle. Tellement grosse.
Ses doigts ne faisaient pas le tour - elle n'avait jamais mesuré, mais elle estima qu'il devait faire au moins six centimètres de circonférence. La hampe s'incurvait légèrement vers le haut, et le gland, large et bombé, luisait d'une couche de pré-sperme qui coulait du méat et s'accumulait à la base du frein. Les testicules, lourds et pendants, se balançaient doucement sous la queue, et la toison brune qui remontait vers le nombril était mouillée de sueur.
— Lèche-la d'abord, ordonna Clémentine. Le gland. Rien que le gland.
Astride tira la langue et toucha le méat.
Le goût explosa dans sa bouche - salé, amer, avec cette note chlorée qu'elle avait déjà remarquée la première fois, ce goût d'eau de mer mêlé à quelque chose de plus animal, de plus brut. Le pré-sperme était plus liquide que la cyprine de Clémentine, moins sirupeux, mais il tapissait ses papilles d'un film tiède qui lui donna immédiatement envie d'en avoir plus.
— Fais tourner ta langue autour du gland, continua Clémentine, qui s'était redressée sur les coudes pour mieux les regarder. Comme une glace.
Astride obéit. Sa langue tourna autour du gland - un cercle, puis un autre, puis un troisième - et Benoît émit un grognement qui vibra dans tout son corps. Ses doigts s'enfoncèrent dans les dalles de pierre, et ses abdominaux se contractèrent.
— Putain, Astride.
Sa voix était cassée, méconnaissable.
— C'est ça, Astride, murmura Clémentine. Il adore ça. Regarde-le.
Astride le regarda. Le torse de Benoît se soulevait à un rythme rapide, et sa mâchoire était tellement crispée que les muscles saillaient sous ses joues. Ses yeux verts étaient fermés, ses narines dilatées, et une veine battait sur sa tempe - la même que la première soirée, quand il avait découvert le plug.
— Maintenant, prends-la dans ta bouche, ordonna Clémentine. Pas tout de suite. Juste le gland.
Astride ouvrit les lèvres et engloutit le gland.
Sa bouche s'adapta à la largeur - l'étirement de ses lèvres, l'invasion de sa langue repoussée contre le palais, le contact du méat contre le fond de sa gorge. Elle referma ses lèvres autour de la couronne et commença à téter - un mouvement de succion lent, régulier, qui aspirait le pré-sperme hors du méat et le faisait couler dans sa gorge.
La saveur se déploya sur sa langue. Salé d'abord, avec une amertume minérale qui rappelait l'iode, puis quelque chose de plus doux - une note presque sucrée qui persistait en arrière-plan. Le pré-sperme était moins visqueux que la cyprine, plus fluide, et il coulait dans sa gorge avec une chaleur qui lui donna envie - faim - de quelque chose de plus épais, de plus abondant.
— Plus profond, supplia Benoît.
Sa voix était rauque, brisée par le désir. Ses doigts s'étaient levés des dalles et flottaient dans l'air, près des épaules d'Astride, sans oser la toucher sans sa permission. Ses couilles se contractaient - un mouvement qu'Astride vit du coin de l'œil, cette tension des bourses qui annonçait une éjaculation proche.
— Pas encore, dit Clémentine. Astride, continue. Plus profond, mais lentement.
Astride obéit.
Sa tête s'avança et la queue de Benoît s'enfonça dans sa bouche - un centimètre, puis deux, puis trois, et le gland toucha sa luette. Elle eut un haut-le-cœur - un réflexe involontaire qui contracta sa gorge - mais elle ne recula pas. Elle respira par le nez, se détendit, et continua d'enfoncer la queue dans sa gorge.
La moitié de la hampe était maintenant dans sa bouche. Ses lèvres glissaient sur la peau tendre, et sa salive coulait le long de la queue, la lubrifiait, gouttait sur les testicules. Le goût du pré-sperme s'intensifiait à chaque succion - plus salé, plus amer, plus présent - et elle sentait la hampe palpiter contre sa langue, contre son palais, contre les parois de sa gorge.
— Regarde-moi, Astride, dit Clémentine.
Astride tourna les yeux vers elle sans retirer la queue de sa bouche. Clémentine s'était glissée derrière Benoît, et ses mains se posaient maintenant sur les épaules massives du rugbyman. Ses seins nus écrasés contre son dos, ses mamelons durs traçant des sillons sur la peau moite de sueur.
— Tu te rends compte de ce que tu fais ? T'es en train de sucer la queue de l'homme qu'on aime, Astride. Et moi, je te regarde, et j'ai envie de te lécher la chatte pendant que tu fais ça.
Les mots traversèrent Astride comme une décharge électrique. Son bassin se contracta, et sa propre cyprine coula le long de ses cuisses - une traînée brûlante qui filtra à travers sa culotte déjà trempée et tacha le jean de sa jupe.
— Plus vite, ordonna Clémentine. Fais-le jouir.
Astride accéléra.
Sa tête allait et venait sur la queue de Benoît - un mouvement de va-et-vient qui gagnait en amplitude et en vitesse, et ses lèvres claquaient contre la base du gland à chaque passage. Sa main droite avait saisi la base de la hampe et la serrait doucement en rythme, tandis que sa main gauche malaxait les testicules - ces boules lourdes et chaudes qui se contractaient sous ses doigts.
Le bruit était obscène - un clapotis de salive, ponctué par les grognements de Benoît et les gémissements de Clémentine qui ondulait contre son dos. Le tablier noir n'avait toujours pas été retiré - il pendait autour des hanches de Benoît, ceinture dénouée, et le tissu frottait contre les cuisses nues d'Astride.
— Je vais jouir, haleta Benoît. Astride, je vais…
Sa voix se brisa. Ses mains, qui flottaient toujours sans oser toucher Astride, se crispèrent dans le vide, et ses doigts se refermèrent sur rien - un geste de supplication silencieuse.
Astride leva les yeux vers lui sans retirer sa queue de sa bouche. Leurs regards se croisèrent - les yeux noisette levés vers les yeux verts - et elle hocha la tête.
Jouis.
Jouis dans ma bouche.
Le sperme jaillit.
La première giclée frappa le fond de sa gorge - une explosion tiède et salée, abondante, qui emplit sa bouche avant qu'elle ait pu s'y préparer. Le goût était cent fois plus intense - un concentré de sel et d'amertume, avec une texture épaisse et crémeuse qui enduisait ses papilles, ses gencives, son palais.
La deuxième giclée atterrit sur sa langue - elle l'avait retirée un peu pour éviter de s'étouffer, et elle sentit le jet de foutre heurter ses papilles gustatives comme une vague tiède.
La troisième, la quatrième - elle ne compta plus. Le sperme coulait dans sa gorge, débordait de ses lèvres, traçait des filets blancs sur son menton et gouttait sur son chemisier. Elle avalait - une gorgée, puis une autre, puis une autre - et chaque gorgée était une révélation.
Elle comprenait maintenant.
Elle comprenait pourquoi Clémentine parlait du sperme avec cette avidité dans la voix. Pourquoi elle en voulait partout - sur son visage, sur ses seins, dans sa bouche. Ce n'était pas seulement le goût - c'était l'acte. La soumission et le pouvoir mêlés. Le don que Benoît lui faisait de sa jouissance, le flux tiède qui l'inondait et qu'elle buvait avec la même dévotion qu'elle avait lapé la cyprine de Clémentine.
Astride jouit.
Elle ne s'y attendait pas. Personne ne la touchait - ni ses mains, ni celle de Clémentine, ni celle de Benoît - et pourtant, l'orgasme la submergea avec une violence qui lui coupa le souffle. Son bassin se contracta, ses cuisses se serrèrent l'une contre l'autre, et un flot de cyprine jaillit de sa chatte, trempa sa culotte, coula le long de ses jambes. Sa bouche était encore autour de la queue de Benoît, encore pleine de son sperme, et le goût salé de la semence se mêlait aux crampes de plaisir qui lui tordaient le ventre.
Elle cria - un cri étouffé par la chair qui bloquait sa gorge, un cri qui se transforma en vibration et se répercuta le long de la hampe de Benoît.
— Putain, Astride, gémit Benoît. T'es en train de jouir, toi aussi ?
Elle ne pouvait pas répondre. Les spasmes continuaient - des vagues de plaisir qui partaient de son clitoris et se répercutaient dans ses jambes, dans ses bras, dans sa nuque cambrée. Elle n'avait jamais joui comme ça - sans contact, sans frottement, juste en avalant le sperme de l'homme qu'elle aimait.
Quand les contractions s'apaisèrent, elle retira lentement la queue de sa bouche.
La hampe était encore dure - Benoît ne débandait pas - et un filet de sperme mêlé de salive reliait ses lèvres au gland luisant. Le liquide blanchâtre coulait sur son menton, s'écrasait sur son chemisier, tachait le tissu blanc de traînées opaques.
— Montre-moi, dit Clémentine.
Astride leva la tête. Ouvrit la bouche. Sur sa langue, le reste de sperme - une petite flaque blanche, épaisse, qui luisait dans la lumière du couchant.
— Putain, murmura Clémentine. T'as tout avalé.
Elle lâcha les épaules de Benoît et contourna son corps massif pour s'agenouiller face à Astride. Le paréo abandonné traînait dans son sillage, mais elle ne prit pas la peine de le ramasser. Nue, les seins balançant à chaque mouvement, elle se pencha vers Astride et l'embrassa.
Un baiser profond, passionné, sa langue plongeant dans la bouche d'Astride pour récupérer le sperme qui y restait. Le goût se partagea entre elles - la semence salée de Benoît, la cyprine acidulée d'Astride, la salive qui mêlait les trois fluides en un cocktail intime. Clémentine gémit contre les lèvres d'Astride, et ses doigts s'enfoncèrent dans ses cheveux châtains.
— C'est bon, murmura Clémentine en se détachant de sa bouche. C'est tellement bon de retrouver son goût sur ta langue.
Elle se tourna vers Benoît, toujours à genoux, toujours en érection, le gland luisant de salive et de sperme résiduel. Ses yeux verts étaient dans le vague, et sa respiration commençait à peine à ralentir.
— À mon tour, dit Clémentine.
Elle se pencha vers la queue de Benoît et lécha le gland - un coup de langue bref, précis, qui recueillit la dernière goutte de sperme. Puis elle se releva et embrassa Benoît à son tour, partageant avec lui le goût de sa propre semence.
— T'aimes ? demanda-t-elle contre ses lèvres.
— Oui, grogna Benoît.
Sa voix était encore rauque, mais ses yeux avaient retrouvé une lueur nouvelle - une adoration mêlée de stupéfaction, comme s'il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de vivre.
— Allongez-vous, ordonna Clémentine. Tous les deux.
Astride obéit sans réfléchir. Ses jambes tremblaient encore de son orgasme, et sa culotte trempée collait à ses lèvres intimes avec une insistance presque douloureuse. Elle se laissa tomber sur les coussins - les mêmes qui portaient encore l'empreinte du corps de Clémentine - et Benoît s'allongea à côté d'elle.
Clémentine resta debout une seconde, les dominant de toute sa hauteur. Nue, les seins encore gonflés, les cuisses luisantes de cyprine qui n'avait pas été étanchée. Elle s'agenouilla entre eux et posa une main sur le ventre d'Astride, une main sur le torse de Benoît.
— On fait une pause, dit-elle. Le temps que vous repreniez votre souffle.
Elle tourna la tête vers le barbecue, qui continuait de crépiter doucement dans un coin de la terrasse. Les brochettes de poulet commençaient à noircir, et une odeur de viande carbonisée flottait dans l'air.
— Et puis les brochettes sont en train de cramer.
Astride éclata de rire.
Ce rire libre, joyeux, qui montait du fond de son ventre et secouait ses épaules, faisait trembler ses seins et couler les dernières larmes de sperme sur son menton. Benoît rit aussi - un rire plus grave, plus contenu, mais qui vibra dans sa poitrine et se transmit à travers la main de Clémentine.
La terrasse baignait dans la lumière orangée du crépuscule, et la vigne vierge frissonnait sous la brise du soir. Au loin, les cloches d'une église sonnaient dix-neuf heures, et la rumeur de Lyon montait des rues comme une mélodie familière.
Clémentine se releva et se dirigea vers le barbecue. Ses fesses nues se balançaient à chaque pas, et le soleil couchant caressait la courbe de ses reins, la fossette au-dessus de son cul, le galbe de ses cuisses musclées. Elle attrapa la pince à brochettes, retourna les morceaux de poulet avec une dextérité d'experte, puis revint vers les coussins.
— Dans dix minutes, on mange, dit-elle. Et après…
Elle s'arrêta. Ses yeux marron brillèrent dans le crépuscule naissant.
— Après, on continue.
Astride tourna la tête vers Benoît. Il avait fermé les yeux, mais un sourire flottait sur ses lèvres - un sourire de paix, d'abandon, de bonheur simple. Sa queue reposait maintenant sur son ventre, encore humide, encore un peu gonflée, mais apaisée.
— T'es heureuse ? demanda Benoît sans ouvrir les yeux.
Astride réfléchit une seconde - une seconde seulement. Puis elle sourit.
— Je crois que j'ai jamais été aussi heureuse de ma vie.
Le silence retomba sur la terrasse. Mais cette fois, ce n'était plus un silence de tension, de désir inassouvi. C'était un silence de plénitude, de satiété provisoire, de trois corps qui se reposaient avant la suite.
Parce qu'il y aurait une suite.
Astride le savait maintenant - elle le sentait dans le goût du sperme qui persistait sur ses lèvres, dans la moiteur de sa culotte, dans les battements ralentis de son cœur. Cette suite, elle l'attendait avec une impatience qui n'avait plus rien de timide.
Elle avait découvert le goût de Benoît.
Et ce goût, elle en voulait encore.
— Clémentine ? appela-t-elle.
— Oui ?
— Merci.
Clémentine se retourna, la pince à brochettes à la main, et son sourire illumina la terrasse tout entière.
— C'est que le début, ma belle. Que le début.
Elle se pencha vers le barbecue, et la flamme qui s'éleva des braises projeta des ombres dansantes sur son visage.
— Ce soir, on monte d'un cran.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'autrice en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
Une suite est prévue prochainement. Restez à l'affût !

Commentaires ()

Passer les 4 commentaires
Photo de profil de LouisintP
LouisintP
16 septembre 2026 à 22:01
J'ai adoré la fausse soumission de Clémentine, la soumission de Benoît et l'apprentissage d'Astride.

Hâte de lire la suite
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de cecilunie
cecilunie
13 septembre 2026 à 06:51
Rohhh c'est trop gentil. Merci. Mais il y a bien d'autre auteurs ici bien meilleurs. Mais merci. Biz. Cé.
Soyez respectueux
Répondre
Hogar
11 septembre 2026 à 09:04
C’est la meilleure histoire de ce site, et je n’ai plus envie de lire autre chose maintenant! Incroyable
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de mind13
mind13
8 septembre 2026 à 05:33
Tu sais faire monter l’excitation comme si on y était.
On est Astride, puis Clémentine et enfin Benoit.
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ CLM_66 Anniversaire à trois XSTORY
Anniversaire à trois
Chapitre unique
Par CLM_66
64
1
24.1k
Bi
✦ Prelude Carnet de Vacances XSTORY
Carnet de Vacances
Chapitre unique
Par Prelude
55
4
8.2k
Hétéro
✦ Jane Does Honni soit qui mal y pense XSTORY
Honni soit qui mal y pense
Chapitre 2
Par Jane Does
43
1
2.4k
Hétéro
✦ Elissalabrune Première fois avec une beach-volleyeuse XSTORY
Première fois avec une beach-volleyeuse
Chapitre 6
Par Elissalabrune
289
8
27.6k
Lesbiennes
✦ Antoine Toy Boy XSTORY
Toy Boy
Chapitre unique
Par Antoine
48
0
11k
Hétéro
✦ CLM_66 Marseille XSTORY
Marseille
Chapitre 2
Par CLM_66
130
0
5.7k
Hétéro
✦ Elissalabrune Première fois avec une beach-volleyeuse XSTORY
Première fois avec une beach-volleyeuse
Chapitre 7
Par Elissalabrune
316
9
27.9k
Lesbiennes
✦ Emma31 Libertins libérés XSTORY
Libertins libérés
Chapitre 3
Par Emma31
67
8
9.1k
Lesbiennes
✦ Kartpostal Derrière la haie XSTORY
Derrière la haie
Chapitre 5
Par Kartpostal
140
2
11.8k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio