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Timéo - une force surhumaine — Chapitre 1 · La découverte
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Timéo - une force surhumaine
Chapitre 1 · La découverte
Le mois d’août écrasait Montpellier. Depuis dix jours la température ne descendait pas sous les trente degrés, même la nuit, pas un souffle de marin, et le dépôt de la société de déménagement — un hangar en tôle dans la zone de Garosud, entre la route de Sète et les entrepôts — devenait un four dès neuf heures du matin. Les cigales commençaient à quatre-vingts décibels dans les pins pelés du parking.
Timéo arrivait toujours le premier. Scooter contre le mur, casque sur le rétroviseur, café dans un gobelet qui fondait presque entre ses doigts.
De loin, on ne voyait rien. Un mec d’un mètre soixante-quinze, short de travail, t-shirt gris, baskets défoncées. Pas grand. Pas large. Rien qui accroche l’œil.
C’est quand il se levait que ça devenait bizarre.
Il y avait dans sa façon de bouger quelque chose qui ne collait pas avec son gabarit. Une lenteur tranquille, une assise. Le sol semblait le prendre plus au sérieux que les autres. Quand il posait un pied, il posait vraiment.
Quatre-vingt-douze kilos. Sur un mètre soixante-quinze. Pas un gramme de gras.
C’était ça, l’anomalie. Timéo n’était pas massif. Pas d’épaules artificielles, pas de bras gonflés, pas de silhouette de vestiaire qu’on repère à cinquante mètres. Il était sec. Découpé au scalpel. Chaque muscle dessiné, séparé, net, mais sans volume superflu — comme si on avait pris un corps de cent dix kilos et qu’on l’avait compressé dans une enveloppe deux tailles en dessous.
Le résultat, c’était une densité anormale. Une matière qui n’était plus tout à fait de la chair.
Torse nu, l’effet devenait franchement dérangeant. Sous une peau très fine, très mate, brûlée par un été entier de camion, les fibres apparaissaient une par une, comme des câbles serrés sous une bâche. Les abdominaux ne bombaient pas : ils creusaient. Les obliques descendaient en biais vers les hanches, en lames. Les pectoraux étaient bas, plats, striés, séparés par une rainure profonde où la sueur s’accumulait et restait.
Et si on le touchait — ce que personne n’osait faire, sauf par accident — on comprenait tout de suite. Ce n’était pas ferme. Ce n’était pas musclé. C’était dur. Une dureté minérale, sans rebond, sans concession, la même à l’épaule, au ventre, à la cuisse, à la nuque. Un corps qui répondait au contact comme une pièce de fonte enveloppée de tiède.
Kevin, le chef d’équipe, l’avait embauché en juin sans y croire. Le troisième jour, Timéo avait porté seul un coffre-fort de deux cent trente kilos sur quatre marches, contre son ventre, sans sangle, en soufflant à peine. Kevin n’avait plus jamais fait de commentaire.
C’était l’autre particularité. La force. Pas une force de salle. Autre chose. Une force sans explication, disproportionnée, presque gênante, qui faisait perdre leur poids aux objets. Il ne forçait pas : il déplaçait.
Timéo arrivait toujours le premier. Scooter contre le mur, casque sur le rétroviseur, café dans un gobelet qui fondait presque entre ses doigts.
De loin, on ne voyait rien. Un mec d’un mètre soixante-quinze, short de travail, t-shirt gris, baskets défoncées. Pas grand. Pas large. Rien qui accroche l’œil.
C’est quand il se levait que ça devenait bizarre.
Il y avait dans sa façon de bouger quelque chose qui ne collait pas avec son gabarit. Une lenteur tranquille, une assise. Le sol semblait le prendre plus au sérieux que les autres. Quand il posait un pied, il posait vraiment.
Quatre-vingt-douze kilos. Sur un mètre soixante-quinze. Pas un gramme de gras.
C’était ça, l’anomalie. Timéo n’était pas massif. Pas d’épaules artificielles, pas de bras gonflés, pas de silhouette de vestiaire qu’on repère à cinquante mètres. Il était sec. Découpé au scalpel. Chaque muscle dessiné, séparé, net, mais sans volume superflu — comme si on avait pris un corps de cent dix kilos et qu’on l’avait compressé dans une enveloppe deux tailles en dessous.
Le résultat, c’était une densité anormale. Une matière qui n’était plus tout à fait de la chair.
Torse nu, l’effet devenait franchement dérangeant. Sous une peau très fine, très mate, brûlée par un été entier de camion, les fibres apparaissaient une par une, comme des câbles serrés sous une bâche. Les abdominaux ne bombaient pas : ils creusaient. Les obliques descendaient en biais vers les hanches, en lames. Les pectoraux étaient bas, plats, striés, séparés par une rainure profonde où la sueur s’accumulait et restait.
Et si on le touchait — ce que personne n’osait faire, sauf par accident — on comprenait tout de suite. Ce n’était pas ferme. Ce n’était pas musclé. C’était dur. Une dureté minérale, sans rebond, sans concession, la même à l’épaule, au ventre, à la cuisse, à la nuque. Un corps qui répondait au contact comme une pièce de fonte enveloppée de tiède.
Kevin, le chef d’équipe, l’avait embauché en juin sans y croire. Le troisième jour, Timéo avait porté seul un coffre-fort de deux cent trente kilos sur quatre marches, contre son ventre, sans sangle, en soufflant à peine. Kevin n’avait plus jamais fait de commentaire.
C’était l’autre particularité. La force. Pas une force de salle. Autre chose. Une force sans explication, disproportionnée, presque gênante, qui faisait perdre leur poids aux objets. Il ne forçait pas : il déplaçait.
Malo était arrivé le lundi.
Vingt et un ans, comme lui. L’exact opposé. Un mètre quatre-vingt-huit, soixante-douze kilos, tout en longueur, épaules fines, poignets d’oiseau, nuque étroite. Un corps de nageur mal nourri, des cheveux châtains trop longs qu’il repoussait sans arrêt derrière l’oreille, une bouche un peu trop pleine pour le reste du visage.
Étudiant en archi à l’école du boulevard Louis-Blanc. Un job d’été. Mal partout dès le premier jour, et il ne s’en cachait pas.
Binôme avec Timéo par défaut, parce que personne d’autre ne voulait porter avec un mec qui monte les escaliers trois fois plus vite que la moyenne.
Le mercredi, à Castelnau-le-Lez, troisième étage sans ascenseur, un canapé convertible dans la cage. Malo tenait l’arrière, mal, et à mi-palier ses bras lâchèrent.
Timéo sentit la bascule. Il ne dit rien. Il passa un bras sous l’accoudoir, redressa les deux cents kilos du meuble d’un seul mouvement du buste, et maintint la charge en équilibre, seul, le temps que l’autre reprenne sa prise.
Six ou sept secondes.
Malo resta figé, la main sur le bois. Il regardait l’avant-bras — les tendons soulevés sous la peau comme des racines, le triceps découpé en trois blocs immobiles, la veine qui descendait du biceps jusqu’au poignet, le t-shirt collé au dos avec en dessous le relief des dorsaux qui s’ouvraient en éventail.
Et surtout le calme. Pas de rougeur, pas de crispation, pas un souffle. Deux cents kilos, et rien.
Il sentit sa bouche s’assécher d’un coup et son ventre se serrer bas, très bas, d’une manière qui n’avait rien à voir avec l’effort.
— Ça va ? demanda Timéo.
— Ouais.
Sa voix n’allait pas du tout.
Ils finirent le canapé. Ils n’en reparlèrent pas. Mais à partir de ce jour-là Malo regarda tout le temps — les mains, la nuque, la façon dont le short se tendait sur les cuisses quand il montait dans le camion — et Timéo, qui n’était pas idiot, remarqua qu’il regardait.
Vingt et un ans, comme lui. L’exact opposé. Un mètre quatre-vingt-huit, soixante-douze kilos, tout en longueur, épaules fines, poignets d’oiseau, nuque étroite. Un corps de nageur mal nourri, des cheveux châtains trop longs qu’il repoussait sans arrêt derrière l’oreille, une bouche un peu trop pleine pour le reste du visage.
Étudiant en archi à l’école du boulevard Louis-Blanc. Un job d’été. Mal partout dès le premier jour, et il ne s’en cachait pas.
Binôme avec Timéo par défaut, parce que personne d’autre ne voulait porter avec un mec qui monte les escaliers trois fois plus vite que la moyenne.
Le mercredi, à Castelnau-le-Lez, troisième étage sans ascenseur, un canapé convertible dans la cage. Malo tenait l’arrière, mal, et à mi-palier ses bras lâchèrent.
Timéo sentit la bascule. Il ne dit rien. Il passa un bras sous l’accoudoir, redressa les deux cents kilos du meuble d’un seul mouvement du buste, et maintint la charge en équilibre, seul, le temps que l’autre reprenne sa prise.
Six ou sept secondes.
Malo resta figé, la main sur le bois. Il regardait l’avant-bras — les tendons soulevés sous la peau comme des racines, le triceps découpé en trois blocs immobiles, la veine qui descendait du biceps jusqu’au poignet, le t-shirt collé au dos avec en dessous le relief des dorsaux qui s’ouvraient en éventail.
Et surtout le calme. Pas de rougeur, pas de crispation, pas un souffle. Deux cents kilos, et rien.
Il sentit sa bouche s’assécher d’un coup et son ventre se serrer bas, très bas, d’une manière qui n’avait rien à voir avec l’effort.
— Ça va ? demanda Timéo.
— Ouais.
Sa voix n’allait pas du tout.
Ils finirent le canapé. Ils n’en reparlèrent pas. Mais à partir de ce jour-là Malo regarda tout le temps — les mains, la nuque, la façon dont le short se tendait sur les cuisses quand il montait dans le camion — et Timéo, qui n’était pas idiot, remarqua qu’il regardait.
Le vendredi ils finirent tard. Onze heures de boulot, deux camions, la chaleur, la poussière. À neuf heures du soir il ne restait qu’eux dans le hangar, qui sentait le carton, le caoutchouc chaud et l’huile. Dehors, le ciel était encore orange au-dessus des entrepôts.
Au fond, deux cabines de douche carrelées, un néon blanc.
— Vas-y, toi, dit Malo.
— On y va tous les deux. Sinon on est là à minuit.
Malo hésita une seconde de trop, puis suivit.
Ils se déshabillèrent dans le sas de béton, chacun de son côté, sans se regarder, et c’est là que Malo comprit que ce qu’il avait vu jusqu’ici n’était rien.
Habillé, Timéo était un mec normal. Nu, c’était un objet.
Le dos d’abord, quand il se retourna pour poser son t-shirt : une masse compacte, courte, sans un pli, les dorsaux qui partaient bas sur les hanches et remontaient en deux plaques épaisses. Les lombaires en deux colonnes dures. Le mouvement de tout ça quand il se pencha — une mécanique.
Puis les fesses, hautes, petites, creusées sur les côtés. Les cuisses, énormes en circonférence sans être longues, quadriceps séparé en quatre reliefs visibles, adducteur tirant une ligne nette vers l’intérieur. Les mollets, deux blocs en larme, absurdes sur des chevilles fines.
Il se retourna.
Le ventre. Huit tablettes, pas six, séparées par des sillons profonds, et sur les côtés les dentelés emboîtés dans les côtes comme des doigts. Pas d’épaisseur. Pas un bourrelet. Une paroi.
Et le sexe.
Malo détourna les yeux une demi-seconde trop tard, et il sut que l’autre l’avait vu détourner les yeux.
Vingt-deux centimètres. Au repos, ça n’avait déjà aucun sens. Épais à la base, lourd, les mêmes veines saillantes que les avant-bras, la même peau fine et mate, la même impression de matière trop dense. Ça pendait avec un poids qui se voyait, qui bougeait à peine quand il marchait, comme si ça aussi avait été coulé dans un autre matériau que le reste du monde.
Malo alluma sa douche. Il régla l’eau trop froide et ne s’en aperçut pas.
À côté, le bruit de l’autre jet. La vapeur montait. Le carrelage renvoyait tout — le son, la chaleur, les silhouettes déformées. Malo posa le front contre le mur et compta jusqu’à trente, très lentement, parce que son corps à lui n’avait pas du tout la même discipline.
Ils coupèrent l’eau presque en même temps.
C’est en se rhabillant que Timéo parla, sans lever la tête, en enfilant son jean :
— Tu habites où ?
— Figuerolles.
— Je te dépose.
Au fond, deux cabines de douche carrelées, un néon blanc.
— Vas-y, toi, dit Malo.
— On y va tous les deux. Sinon on est là à minuit.
Malo hésita une seconde de trop, puis suivit.
Ils se déshabillèrent dans le sas de béton, chacun de son côté, sans se regarder, et c’est là que Malo comprit que ce qu’il avait vu jusqu’ici n’était rien.
Habillé, Timéo était un mec normal. Nu, c’était un objet.
Le dos d’abord, quand il se retourna pour poser son t-shirt : une masse compacte, courte, sans un pli, les dorsaux qui partaient bas sur les hanches et remontaient en deux plaques épaisses. Les lombaires en deux colonnes dures. Le mouvement de tout ça quand il se pencha — une mécanique.
Puis les fesses, hautes, petites, creusées sur les côtés. Les cuisses, énormes en circonférence sans être longues, quadriceps séparé en quatre reliefs visibles, adducteur tirant une ligne nette vers l’intérieur. Les mollets, deux blocs en larme, absurdes sur des chevilles fines.
Il se retourna.
Le ventre. Huit tablettes, pas six, séparées par des sillons profonds, et sur les côtés les dentelés emboîtés dans les côtes comme des doigts. Pas d’épaisseur. Pas un bourrelet. Une paroi.
Et le sexe.
Malo détourna les yeux une demi-seconde trop tard, et il sut que l’autre l’avait vu détourner les yeux.
Vingt-deux centimètres. Au repos, ça n’avait déjà aucun sens. Épais à la base, lourd, les mêmes veines saillantes que les avant-bras, la même peau fine et mate, la même impression de matière trop dense. Ça pendait avec un poids qui se voyait, qui bougeait à peine quand il marchait, comme si ça aussi avait été coulé dans un autre matériau que le reste du monde.
Malo alluma sa douche. Il régla l’eau trop froide et ne s’en aperçut pas.
À côté, le bruit de l’autre jet. La vapeur montait. Le carrelage renvoyait tout — le son, la chaleur, les silhouettes déformées. Malo posa le front contre le mur et compta jusqu’à trente, très lentement, parce que son corps à lui n’avait pas du tout la même discipline.
Ils coupèrent l’eau presque en même temps.
C’est en se rhabillant que Timéo parla, sans lever la tête, en enfilant son jean :
— Tu habites où ?
— Figuerolles.
— Je te dépose.
Le scooter était trop petit pour deux. Il fallut que Malo se serre contre son dos, cuisses de part et d’autre, mains d’abord sur la selle, puis, au premier rond-point, sur les hanches.
Il eut l’impression de poser les mains sur une rambarde.
Rien à saisir, rien à pincer, rien qui cède. Sous le t-shirt, les obliques faisaient deux arêtes dures qui roulaient à chaque appui dans les virages. Il écarta les doigts pour en sentir plus, glissa vers le ventre, et sentit tout se contracter une fois, sèchement, avant de redevenir immobile.
Ils remontèrent l’avenue de Palavas, puis les rues vides du bas de la ville, dans une odeur de goudron chaud et de pin. Malo resta comme ça pendant six kilomètres, la paume à plat sur cette planche brûlante, le nez dans la nuque de l’autre, complètement dur dans son short de travail, et il savait que Timéo le sentait contre ses reins à chaque freinage.
Aucun des deux ne dit un mot.
Devant l’immeuble, Timéo coupa le moteur et ne descendit pas.
— Tu montes ?
Il avait préparé la phrase pendant tout le trajet et elle sortit quand même de travers.
Timéo enleva son casque, le posa, et le regarda. Il avait un visage plutôt doux, en fait. Yeux sombres, nez droit, mâchoire nette mais pas dure. Rien à voir avec le reste.
— Ouais.
Le studio était sous les toits, dernier étage d’un immeuble étroit du faubourg. Trente mètres carrés, une fenêtre de toit ouverte sur les tuiles et, plus loin, sur les toits de l’Écusson. Des planches à dessin partout, un matelas au sol. Trente-cinq degrés là-dedans, et la chaleur accumulée dans les murs depuis le mois de juin.
Malo ouvrit le frigo pour faire quelque chose de ses mains. Deux bières tièdes. Quand il se retourna, Timéo avait retiré son t-shirt et le tenait roulé dans son poing.
— Désolé. Il fait trop chaud.
Il posa les bouteilles sans les ouvrir.
La lumière venait du lampadaire de la rue, de biais, et elle sculptait tout : la ligne de l’épaule, le creux entre les pectoraux, l’ombre sous chaque tablette, le sillon qui descendait de la hanche et disparaissait sous la ceinture.
Il s’approcha. Il ne réfléchissait plus depuis longtemps.
— Je peux ?
Timéo déplia le bras, paume ouverte, pour lui laisser la place.
Malo posa la main à plat sur le pectoral droit.
Il y eut un blanc dans sa tête.
Il s’attendait à du chaud, à du vivant, à de la peau. La chaleur y était — très forte, presque fiévreuse, une chaleur de moteur qui vient de tourner. Mais sous les deux millimètres de peau humide il n’y avait plus rien d’humain. Compact. Aucun enfoncement. Il appuya franchement, avec le talon de la main, de tout son poids, et n’obtint pas le moindre affaissement. Il aurait pu appuyer sur un montant de porte.
Il fit glisser la main. Le sternum, dur. L’estomac, dur. Chaque tablette une brique séparée par une rainure où son doigt s’accrochait. Il descendit jusqu’à la ceinture, remonta par le flanc, et les dentelés lui râpèrent la paume comme les touches d’un instrument.
— C’est pas possible, dit-il tout bas.
— Tout le monde dit ça.
Il passa derrière lui. Les trapèzes, deux masses courtes remontant jusqu’aux oreilles. Les épaules, striées de trois faisceaux. Il colla son torse contre ce dos, à plat, et sentit chaque relief s’imprimer dans sa propre peau.
— Serre.
Timéo replia le bras sans forcer. Le biceps monta, court, très haut, avec une séparation nette au milieu, et sous lui le triceps se durcit d’un coup en trois plans. Malo referma les deux mains autour. Ses doigts ne se rejoignaient pas, et surtout il n’y avait rien à serrer : il enserrait de la pierre tiède, traversée de veines qui battaient.
Il sentit son pouls dans sa gorge, dans ses tempes, partout.
— Fais quelque chose.
— Quoi ?
— N’importe quoi. Soulève un truc.
Timéo regarda autour de lui, haussa les épaules, et l’attrapa par la taille.
Malo faisait vingt centimètres de plus. Soixante-douze kilos. Il quitta le sol comme un carton vide, monta d’un mètre, resta suspendu, les mains sur les épaules de l’autre, les pieds dans le vide, sans que rien ne tremble en dessous. Pas un vacillement, pas une inspiration, pas un mot. Deux bras tendus à l’horizontale, immobiles, et lui en l’air.
Il aurait pu rester comme ça une heure. C’était exactement ça, le vertige : la certitude physique qu’il n’y avait aucune limite en face, qu’il n’était pas en train d’atteindre le bout de quelque chose, qu’il n’en était même pas près.
Timéo le reposa lentement, sans le lâcher, en le faisant glisser tout le long de lui.
Ils étaient à trois centimètres. Malo dut baisser la tête pour l’embrasser.
Ce fut brut tout de suite. Une bouche chaude, un goût de sueur et de poussière de carton, une main qui remonta dans ses cheveux et se referma sur sa nuque avec une force calme, absolument sans discussion, et qui le maintint là. Il essaya de reculer d’un centimètre, pour respirer, juste pour voir — et ne bougea pas d’un millimètre. Ça lui coupa les jambes.
Il attrapa la ceinture. Ses doigts tremblaient trop pour la boucle. Timéo écarta sa main et l’ouvrit lui-même.
Le jean tomba.
Malo eut un recul involontaire, un demi-pas en arrière, parce que ce qu’il voyait maintenant n’avait plus aucun rapport avec ce qu’il avait aperçu sous la douche.
Vingt-deux centimètres, relevé contre le ventre, la base épaisse, la peau tendue à craquer sur un réseau de veines gonflées. Ce qui frappait, ce n’était pas la longueur. C’était la rigidité. Ça ne bougeait pas. Ça ne balançait plus, ça restait fixe dans l’axe, monté sur son socle, avec la même dureté minérale que le reste du corps, la même impression de trop de masse dans trop peu de volume.
Il s’agenouilla sans même s’en rendre compte. Il posa la main dessus.
Il ne put pas refermer les doigts, et rien ne céda sous sa paume. Il sentit juste, très loin à l’intérieur, un battement lent.
— Putain, dit-il.
Timéo lui prit le poignet, doucement, et le releva.
Il le tira contre lui. La main libre de Timéo glissa dans le short de Malo, le libéra, et le serra avec la même précision calme, sans précipitation. Malo gémit dans sa bouche. La paume était brûlante, les doigts durs, et le pouce traçait déjà le contour de la tête avec une exactitude qui le fit trembler des genoux.
Timéo le fit avancer jusqu’au matelas. Il s’assit, écartant les cuisses, et tira Malo à genoux entre elles. La queue de Timéo se dressait juste devant son visage, immobile, lourde, la peau mate tendue jusqu’à luire. Malo avança la langue. Il goûta le sel, la chaleur, la densité. Il ouvrit la bouche le plus large possible et tenta d’engloutir la tête. Ça ne rentrait qu’à moitié. Ses lèvres s’étiraient, sa mâchoire protestait, et pourtant il poussa plus loin, jusqu’à ce que le fond de sa gorge se contracte autour de la rigidité absolue. Timéo posa une main sur sa nuque — pas pour forcer, juste pour tenir — et Malo sentit le pouls de l’autre battre contre sa langue.
Il suça, lentement d’abord, puis plus fort, les joues creusées, les yeux embués par l’effort. Salive qui coulait le long de la verge, sur les couilles lourdes et serrées. Chaque fois qu’il descendait, il sentait les veines battre contre son palais. Timéo ne bougeait presque pas. Seulement une respiration un peu plus profonde, et la main sur la nuque qui se refermait un peu plus à chaque passage.
Quand Malo s’écarta, essoufflé, les lèvres brillantes, Timéo le releva d’un seul geste et le bascula sur le matelas. Il lui retira le short d’un mouvement, écartant les cuisses longues et fines. Deux doigts durs, lubrifiés de salive, s’enfoncèrent en lui sans hâte. Malo arqua le dos. La pression était nette, précise, sans concession. Timéo chercha, trouva, et appuya exactement là où ça faisait voir des étoiles. Malo gémit, les hanches qui tentaient de se soulever, mais la main libre de Timéo les cloua au matelas.
— Respire, dit-il simplement.
Il ajouta un troisième doigt. Malo se sentait ouvert, étiré, rempli déjà, et pourtant il savait que ce n’était encore rien. Quand Timéo retira les doigts, la pointe de sa queue s’appuya contre l’entrée. Malo serra les draps. L’avancée fut lente, inexorable. Centimètre par centimètre, la masse dense s’enfonçait, étirant, brûlant, remplissant jusqu’à ce que Malo ait l’impression d’être complètement transpercé. Quand les hanches de Timéo se collèrent enfin aux siennes, il ne put que gémir, la bouche ouverte, les yeux fixés sur le plafond.
Timéo resta immobile un long moment, lui laissant le temps. Puis il commença à bouger. Des coups longs, profonds, réguliers. Chaque retrait laissait un vide douloureux, chaque poussée le remplissait à nouveau jusqu’à la limite. La dureté ne mollissait jamais. Elle frappait exactement le même point, encore et encore, avec une précision mécanique. Malo se tordait sous lui, les ongles plantés dans les dorsaux de pierre, les cuisses tremblantes. Timéo le prenait comme on déplace un meuble trop lourd : sans effort visible, avec une force qui ne s’épuisait pas.
Il changea d’angle, souleva les hanches de Malo d’une main, et s’enfonça plus bas. Malo cria. La main de Timéo se referma sur sa queue, la serrant au rythme des coups. Trop. Trop de sensation, trop de densité, trop de contrôle. Malo jouit d’un coup violent, le sperme éclaboussant son propre ventre et les tablettes dures de Timéo. Timéo continua, plus profond encore, jusqu’à ce que ses propres hanches se crispent. Il se vida en lui avec un seul long gémissement rauque, la queue qui battait à l’intérieur, la chaleur qui se répandait.
Il resta enfoui un moment, le souffle encore calme, puis se retira lentement. Malo resta ouvert, les cuisses écartées, le sperme qui coulait déjà le long de sa fente.
Il eut l’impression de poser les mains sur une rambarde.
Rien à saisir, rien à pincer, rien qui cède. Sous le t-shirt, les obliques faisaient deux arêtes dures qui roulaient à chaque appui dans les virages. Il écarta les doigts pour en sentir plus, glissa vers le ventre, et sentit tout se contracter une fois, sèchement, avant de redevenir immobile.
Ils remontèrent l’avenue de Palavas, puis les rues vides du bas de la ville, dans une odeur de goudron chaud et de pin. Malo resta comme ça pendant six kilomètres, la paume à plat sur cette planche brûlante, le nez dans la nuque de l’autre, complètement dur dans son short de travail, et il savait que Timéo le sentait contre ses reins à chaque freinage.
Aucun des deux ne dit un mot.
Devant l’immeuble, Timéo coupa le moteur et ne descendit pas.
— Tu montes ?
Il avait préparé la phrase pendant tout le trajet et elle sortit quand même de travers.
Timéo enleva son casque, le posa, et le regarda. Il avait un visage plutôt doux, en fait. Yeux sombres, nez droit, mâchoire nette mais pas dure. Rien à voir avec le reste.
— Ouais.
Le studio était sous les toits, dernier étage d’un immeuble étroit du faubourg. Trente mètres carrés, une fenêtre de toit ouverte sur les tuiles et, plus loin, sur les toits de l’Écusson. Des planches à dessin partout, un matelas au sol. Trente-cinq degrés là-dedans, et la chaleur accumulée dans les murs depuis le mois de juin.
Malo ouvrit le frigo pour faire quelque chose de ses mains. Deux bières tièdes. Quand il se retourna, Timéo avait retiré son t-shirt et le tenait roulé dans son poing.
— Désolé. Il fait trop chaud.
Il posa les bouteilles sans les ouvrir.
La lumière venait du lampadaire de la rue, de biais, et elle sculptait tout : la ligne de l’épaule, le creux entre les pectoraux, l’ombre sous chaque tablette, le sillon qui descendait de la hanche et disparaissait sous la ceinture.
Il s’approcha. Il ne réfléchissait plus depuis longtemps.
— Je peux ?
Timéo déplia le bras, paume ouverte, pour lui laisser la place.
Malo posa la main à plat sur le pectoral droit.
Il y eut un blanc dans sa tête.
Il s’attendait à du chaud, à du vivant, à de la peau. La chaleur y était — très forte, presque fiévreuse, une chaleur de moteur qui vient de tourner. Mais sous les deux millimètres de peau humide il n’y avait plus rien d’humain. Compact. Aucun enfoncement. Il appuya franchement, avec le talon de la main, de tout son poids, et n’obtint pas le moindre affaissement. Il aurait pu appuyer sur un montant de porte.
Il fit glisser la main. Le sternum, dur. L’estomac, dur. Chaque tablette une brique séparée par une rainure où son doigt s’accrochait. Il descendit jusqu’à la ceinture, remonta par le flanc, et les dentelés lui râpèrent la paume comme les touches d’un instrument.
— C’est pas possible, dit-il tout bas.
— Tout le monde dit ça.
Il passa derrière lui. Les trapèzes, deux masses courtes remontant jusqu’aux oreilles. Les épaules, striées de trois faisceaux. Il colla son torse contre ce dos, à plat, et sentit chaque relief s’imprimer dans sa propre peau.
— Serre.
Timéo replia le bras sans forcer. Le biceps monta, court, très haut, avec une séparation nette au milieu, et sous lui le triceps se durcit d’un coup en trois plans. Malo referma les deux mains autour. Ses doigts ne se rejoignaient pas, et surtout il n’y avait rien à serrer : il enserrait de la pierre tiède, traversée de veines qui battaient.
Il sentit son pouls dans sa gorge, dans ses tempes, partout.
— Fais quelque chose.
— Quoi ?
— N’importe quoi. Soulève un truc.
Timéo regarda autour de lui, haussa les épaules, et l’attrapa par la taille.
Malo faisait vingt centimètres de plus. Soixante-douze kilos. Il quitta le sol comme un carton vide, monta d’un mètre, resta suspendu, les mains sur les épaules de l’autre, les pieds dans le vide, sans que rien ne tremble en dessous. Pas un vacillement, pas une inspiration, pas un mot. Deux bras tendus à l’horizontale, immobiles, et lui en l’air.
Il aurait pu rester comme ça une heure. C’était exactement ça, le vertige : la certitude physique qu’il n’y avait aucune limite en face, qu’il n’était pas en train d’atteindre le bout de quelque chose, qu’il n’en était même pas près.
Timéo le reposa lentement, sans le lâcher, en le faisant glisser tout le long de lui.
Ils étaient à trois centimètres. Malo dut baisser la tête pour l’embrasser.
Ce fut brut tout de suite. Une bouche chaude, un goût de sueur et de poussière de carton, une main qui remonta dans ses cheveux et se referma sur sa nuque avec une force calme, absolument sans discussion, et qui le maintint là. Il essaya de reculer d’un centimètre, pour respirer, juste pour voir — et ne bougea pas d’un millimètre. Ça lui coupa les jambes.
Il attrapa la ceinture. Ses doigts tremblaient trop pour la boucle. Timéo écarta sa main et l’ouvrit lui-même.
Le jean tomba.
Malo eut un recul involontaire, un demi-pas en arrière, parce que ce qu’il voyait maintenant n’avait plus aucun rapport avec ce qu’il avait aperçu sous la douche.
Vingt-deux centimètres, relevé contre le ventre, la base épaisse, la peau tendue à craquer sur un réseau de veines gonflées. Ce qui frappait, ce n’était pas la longueur. C’était la rigidité. Ça ne bougeait pas. Ça ne balançait plus, ça restait fixe dans l’axe, monté sur son socle, avec la même dureté minérale que le reste du corps, la même impression de trop de masse dans trop peu de volume.
Il s’agenouilla sans même s’en rendre compte. Il posa la main dessus.
Il ne put pas refermer les doigts, et rien ne céda sous sa paume. Il sentit juste, très loin à l’intérieur, un battement lent.
— Putain, dit-il.
Timéo lui prit le poignet, doucement, et le releva.
Il le tira contre lui. La main libre de Timéo glissa dans le short de Malo, le libéra, et le serra avec la même précision calme, sans précipitation. Malo gémit dans sa bouche. La paume était brûlante, les doigts durs, et le pouce traçait déjà le contour de la tête avec une exactitude qui le fit trembler des genoux.
Timéo le fit avancer jusqu’au matelas. Il s’assit, écartant les cuisses, et tira Malo à genoux entre elles. La queue de Timéo se dressait juste devant son visage, immobile, lourde, la peau mate tendue jusqu’à luire. Malo avança la langue. Il goûta le sel, la chaleur, la densité. Il ouvrit la bouche le plus large possible et tenta d’engloutir la tête. Ça ne rentrait qu’à moitié. Ses lèvres s’étiraient, sa mâchoire protestait, et pourtant il poussa plus loin, jusqu’à ce que le fond de sa gorge se contracte autour de la rigidité absolue. Timéo posa une main sur sa nuque — pas pour forcer, juste pour tenir — et Malo sentit le pouls de l’autre battre contre sa langue.
Il suça, lentement d’abord, puis plus fort, les joues creusées, les yeux embués par l’effort. Salive qui coulait le long de la verge, sur les couilles lourdes et serrées. Chaque fois qu’il descendait, il sentait les veines battre contre son palais. Timéo ne bougeait presque pas. Seulement une respiration un peu plus profonde, et la main sur la nuque qui se refermait un peu plus à chaque passage.
Quand Malo s’écarta, essoufflé, les lèvres brillantes, Timéo le releva d’un seul geste et le bascula sur le matelas. Il lui retira le short d’un mouvement, écartant les cuisses longues et fines. Deux doigts durs, lubrifiés de salive, s’enfoncèrent en lui sans hâte. Malo arqua le dos. La pression était nette, précise, sans concession. Timéo chercha, trouva, et appuya exactement là où ça faisait voir des étoiles. Malo gémit, les hanches qui tentaient de se soulever, mais la main libre de Timéo les cloua au matelas.
— Respire, dit-il simplement.
Il ajouta un troisième doigt. Malo se sentait ouvert, étiré, rempli déjà, et pourtant il savait que ce n’était encore rien. Quand Timéo retira les doigts, la pointe de sa queue s’appuya contre l’entrée. Malo serra les draps. L’avancée fut lente, inexorable. Centimètre par centimètre, la masse dense s’enfonçait, étirant, brûlant, remplissant jusqu’à ce que Malo ait l’impression d’être complètement transpercé. Quand les hanches de Timéo se collèrent enfin aux siennes, il ne put que gémir, la bouche ouverte, les yeux fixés sur le plafond.
Timéo resta immobile un long moment, lui laissant le temps. Puis il commença à bouger. Des coups longs, profonds, réguliers. Chaque retrait laissait un vide douloureux, chaque poussée le remplissait à nouveau jusqu’à la limite. La dureté ne mollissait jamais. Elle frappait exactement le même point, encore et encore, avec une précision mécanique. Malo se tordait sous lui, les ongles plantés dans les dorsaux de pierre, les cuisses tremblantes. Timéo le prenait comme on déplace un meuble trop lourd : sans effort visible, avec une force qui ne s’épuisait pas.
Il changea d’angle, souleva les hanches de Malo d’une main, et s’enfonça plus bas. Malo cria. La main de Timéo se referma sur sa queue, la serrant au rythme des coups. Trop. Trop de sensation, trop de densité, trop de contrôle. Malo jouit d’un coup violent, le sperme éclaboussant son propre ventre et les tablettes dures de Timéo. Timéo continua, plus profond encore, jusqu’à ce que ses propres hanches se crispent. Il se vida en lui avec un seul long gémissement rauque, la queue qui battait à l’intérieur, la chaleur qui se répandait.
Il resta enfoui un moment, le souffle encore calme, puis se retira lentement. Malo resta ouvert, les cuisses écartées, le sperme qui coulait déjà le long de sa fente.
Plus tard — deux heures du matin, la nuit toujours aussi chaude, les cigales remplacées par le bruit d’un scooter très loin — Malo était en travers du matelas, un bras sur les yeux, complètement vidé. Il avait mal aux cuisses, aux hanches, à la mâchoire, aux épaules. Des marques rouges sur les avant-bras là où les doigts s’étaient refermés, et il savait déjà qu’elles seraient bleues le lendemain.
À côté, la respiration de Timéo était parfaitement régulière. Il ne transpirait presque plus. Il regardait le carré de ciel dans la fenêtre de toit, une main derrière la nuque.
Malo tourna la tête. La lumière du lampadaire accrochait encore chaque relief.
Il posa deux doigts sur l’abdomen, à côté du nombril, et appuya. Toujours dur. Même comme ça, même détendu, même après. Rien n’avait molli nulle part. Rien, nulle part.
— Ça se relâche jamais ?
— Non.
— Tu t’entraînes combien ?
— Quatre fois par semaine. Une heure.
Malo eut un rire nasal, épuisé.
— Ça n’explique rien.
— Je sais.
Timéo se tourna sur le côté, appuyé sur un coude, et le regard qu’il eut fit remonter quelque chose dans le ventre de Malo, malgré la fatigue, malgré tout. Une main se posa à plat sur sa hanche et l’attira sans effort de vingt centimètres sur le matelas.
— Tu tiens encore ?
— Non.
— C’est pas grave.
Il le retourna sur le ventre d’un geste. Malo sentit à nouveau la masse chaude et dure s’appuyer contre ses fesses. Timéo entra d’un seul coup, plus facile cette fois, plus profond. Il le prit plus vite, les mains posées de chaque côté de sa taille, les doigts qui laissaient déjà de nouvelles marques. Malo gémissait dans le matelas, le corps secoué par chaque impact. Timéo le souleva légèrement pour mieux l’empaler, et Malo sentit la rigidité frapper encore et encore le même point jusqu’à ce qu’une seconde vague, plus faible mais tout aussi violente, le traverse. Timéo jouit une deuxième fois en lui, plus longuement, en le maintenant collé contre son ventre de pierre.
Quand il se retira enfin, Malo ne put plus bouger.
À côté, la respiration de Timéo était parfaitement régulière. Il ne transpirait presque plus. Il regardait le carré de ciel dans la fenêtre de toit, une main derrière la nuque.
Malo tourna la tête. La lumière du lampadaire accrochait encore chaque relief.
Il posa deux doigts sur l’abdomen, à côté du nombril, et appuya. Toujours dur. Même comme ça, même détendu, même après. Rien n’avait molli nulle part. Rien, nulle part.
— Ça se relâche jamais ?
— Non.
— Tu t’entraînes combien ?
— Quatre fois par semaine. Une heure.
Malo eut un rire nasal, épuisé.
— Ça n’explique rien.
— Je sais.
Timéo se tourna sur le côté, appuyé sur un coude, et le regard qu’il eut fit remonter quelque chose dans le ventre de Malo, malgré la fatigue, malgré tout. Une main se posa à plat sur sa hanche et l’attira sans effort de vingt centimètres sur le matelas.
— Tu tiens encore ?
— Non.
— C’est pas grave.
Il le retourna sur le ventre d’un geste. Malo sentit à nouveau la masse chaude et dure s’appuyer contre ses fesses. Timéo entra d’un seul coup, plus facile cette fois, plus profond. Il le prit plus vite, les mains posées de chaque côté de sa taille, les doigts qui laissaient déjà de nouvelles marques. Malo gémissait dans le matelas, le corps secoué par chaque impact. Timéo le souleva légèrement pour mieux l’empaler, et Malo sentit la rigidité frapper encore et encore le même point jusqu’à ce qu’une seconde vague, plus faible mais tout aussi violente, le traverse. Timéo jouit une deuxième fois en lui, plus longuement, en le maintenant collé contre son ventre de pierre.
Quand il se retira enfin, Malo ne put plus bouger.
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