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Couverture de Adrián, par Hairwan
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Adrián — Chapitre 3

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Hairwan
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Adrián

Chapitre 3

David était sorti rejoindre des amis, donc Adrián et moi étions seuls dans l'appartement. Ce n'était pas une situation particulièrement exceptionnelle. Nous avions déjà passé du temps tous les deux, après tout.
Sauf que cette fois, quelque chose flottait dans l'air et ce n'était pas seulement la moiteur de l'été.
Jusqu'à ce que je réalise qu'il faisait beaucoup trop chaud pour rester habillé normalement.
J'avais retiré mon t-shirt depuis un moment et j'ai fini par retirer mon short. Le tissu collait à mes cuisses, trempé. Adrián, lui, avait abandonné le sien pour un caleçon gris clair depuis notre retour, une tenue à laquelle je commençais déjà à m'habituer, beaucoup trop.
Il était accroupi devant la climatisation du salon, les talons relevés, le tissu tendu sur ses fesses et remontant entre elles. Son dos nu luisait, une fine couche de sueur dessinant la ligne de sa colonne jusqu'au creux de ses reins. Les muscles de ses épaules roulaient sous la peau chaque fois qu'il appuyait sur un bouton.
Elle affichait une température qui aurait pu convenir à une station de ski. En théorie. Dans la pratique, l'air qui en sortait était aussi tiède que le reste de l'appartement, aussi tiède que nous.
— Tu es sûr qu'elle fonctionne ?
Adrián a tourné la tête vers moi. Une mèche noire collée à sa tempe. Ses yeux, plus sombres que d'habitude, se sont attardés une seconde de trop sur mon torse avant de remonter.
— Tu veux essayer ?
— Je n'ai aucune compétence en climatisation.
— Parfait. Moi non plus. Tente ta chance.
Il m'a tendu la télécommande. Nos doigts se sont frôlés, pas un contact accidentel, plutôt un qui dure. Il n'a pas retiré sa main tout de suite. Sa paume était brûlante et moite contre la mienne.
J'ai appuyé sur plusieurs boutons.
L'appareil a émis un bip, puis s'est arrêté.
Nous avons regardé l'écran.
— Je crois que j'ai empiré la situation, ai-je reconnu. Ma voix est sortie plus rauque que prévu.
— Impressionnant.
Son sourire en coin m'a fait oublier ce qu'on était censés réparer.
— Tu veux essayer ?
— Non. Je préfère conserver l'illusion que je sais ce que je fais.
Nous avons passé près d'une heure à chercher le problème. Nous avons ouvert le couvercle du bloc de clim, vérifié les réglages et même déplacé un meuble qui, selon Adrián, empêchait probablement l'air de circuler correctement. À la fin, on était encore plus trempés. Chaque fois qu'on se croisait, nos bras nus se collaient l'un à l'autre et mettaient une seconde entière à se séparer.
Quelques minutes plus tard, nous nous sommes retrouvés tous les deux à genoux sur le sol frais, à comparer les symboles de la télécommande avec ceux de la notice.
Nos épaules se touchaient. Puis mon avant-bras contre sa cuisse, chaude et ferme, le tissu fin de son caleçon remontant dangereusement haut, les plis soulignaient son entrejambe, la forme de son gland visible sous le tissu tendu.
La chaleur nous rendait tous les deux un peu moins patients, et Adrián avait fini par poser sa tête contre mon épaule en poussant un soupir théâtral. Ses cheveux chatouillaient mon cou, humides.
— Je vais mourir ici.
— Tu pourrais au moins attendre que la climatisation soit réparée.
— Je n'aurai jamais cette chance.
Il a ri, puis m'a donné un petit coup de genou, sur la cuisse. Je lui ai rendu. Il a recommencé.
J'ai fini par lui plaquer la jambe au sol pour l'arrêter. Ma main s'est refermée sur son mollet, doigts épousant le muscle dur, pouce glissant derrière le tendon. Sa peau était brûlante, collante, presque fiévreuse, et sous ma paume je sentais le pouls battre vite.
J'étais penché au-dessus de lui sans vraiment m'en rendre compte. Juste assez pour que mon ombre tombe sur son visage. Juste assez pour qu'il doive lever les yeux pour me regarder. Ma poitrine était au-dessus de la sienne, à quelques centimètres. Je pouvais sentir la chaleur qui montait de son corps comme d'un radiateur.
— Tu peux arrêter deux secondes ?
Il a baissé les yeux vers ma main sur son mollet, puis les a relevés lentement, en passant par mon ventre, par le renflement évident sous mon boxer. Il n'a pas fait semblant de ne pas voir. Il a même pris son temps. Assez longtemps pour que je le sente peser, s'attarder, hésiter.
— Tu me tiens prisonnier ?
Sa voix était descendue d'un cran. Un murmure, presque.
Il a tenté de dégager son pied. Je l'ai retenu juste assez. Sa jambe a tiré, la peau glissant sous mes doigts. Il a plaqué sa main contre mon épaule pour me repousser, sauf que j'avais plus de force que lui et l'effet inverse s'est produit.
Ses hanches ont bougé. Une fois. Deux. Sans pouvoir se libérer, son bassin s'est avancé et son caleçon a remonté un peu plus haut sur ses cuisses. Les plis se sont tendus d'un coup, la forme de sa verge dessinée nette sous le coton, un peu plus rigide et inclinée contre son aine gauche. Il a respiré par la bouche, et j'ai vu sa gorge se contracter à la déglutition.
Moi non plus je ne bougeais plus vraiment. Ma main n'a pas lâché son mollet. Elle est même remontée d'un rien, jusqu'au creux derrière le genou, là où la peau est fine, presque liquide. Il a frissonné. Pas de froid.
Puis la position a craqué, comme elle devait craquer. La vue de sa verge sous le caleçon tendu, droite et insistante contre le coton, a réveillé la mienne dans mon boxer en un seul battement de cœur. J'ai relâché prise, brusquement, comme si ma paume brûlait encore de l'avoir tenue.
On s'est retrouvés basculés, dos contre le tissu rugueux du canapé, les jambes étalées devant nous sur le carrelage frais.
Adrián a atterri à moitié contre moi, un bras coincé entre nous, l'autre retombé sur sa propre cuisse. J'ai vite posé le mien devant moi pour qu'il fasse écran, cachant mon début d'érection. Le haut de mon bras pressé contre son torse mouillé. Sa jambe légèrement pliée par-dessus la mienne, son mollet encore marqué par l'empreinte de mes doigts. Sa queue avait glissé pour se poser contre l'intérieur de sa cuisse, calée dans la jambe de son caleçon où elle reposait, lourde, patiente. De sa main libre il s'est frotté le mollet, exactement là où j'avais serré, comme pour vérifier que c'était bien là, que ce n'était pas un rêve.
— Tu es lourd, il a déclaré. Sa voix n'avait aucune conviction.
J'ai penché la tête, mon regard a suivi Adrián en train de se pencher sur sa jambe. Le bout de son gland rosé a dépassé à peine du boxer. Je l'avais déjà vu, à deux reprises, et mes souvenirs sont remontés d'un coup. Assez pour que je voie une toute petite perle brillante au sommet, l'humidité qui brillait sous la lumière. Suffisant pour m'exciter davantage. Ma propre érection avait empiré depuis tout à l'heure, plus dure, impossible à ignorer.
J'ai relevé la tête pour fixer nos pieds posés sur le carrelage. Enfin, quand je dis nos, je veux dire ses pieds.
L'os de sa malléole était saillant, le tendon fin qui jouait sous la peau quand il bougeait, la veine bleutée au creux de la cheville qui pulsait doucement. Les orteils longs, légèrement arqués, la plante encore marquée par le carrelage froid. Adrián l'a senti.
Alors il a pressé ses orteils contre mon pied. Presque une caresse douce, volontaire, qui m'a traversé tout le corps jusqu'à la nuque. Comme un test.
Il n'a pas retiré son pied. J'ai fait un effort surhumain pour retrouver le fil.
— Pardon ?
— Je disais que tu étais lourd.
— Tu es en train de perdre tous tes privilèges.
— Quels privilèges ?
Il a souri, puis s'est redressé lentement.
— Ceux qui te permettent de bénéficier de ma présence.
— Je vais essayer de survivre.
Adrián s'est relevé d'un mouvement, me tournant le dos, et j'ai eu droit à la vue entière, la ligne de son dos, le caleçon remonté. Il a tiré sur les pans, deux fois, geste machinal, presque pudique, sauf que ça n'a rien arrangé.
Quand il s'est retourné vers moi, de trois quarts, le tissu s'était retendu d'un coup, là, son pénis dessinait une courbure franche, un arc qui soulevait le coton vers le haut, tendu comme une voile.
Moi, j'avais remonté mes jambes, genoux contre la poitrine, et j'avais enroulé mes bras autour, moins pour me protéger que pour me tenir, parce que sinon j'aurais bougé, et je ne voulais pas bouger. Pas encore. Le carrelage était froid sous mes pieds.
Personne n'a rien dit pendant trois secondes pleines. Trois secondes, c'est long.
— Quoi ? ai-je demandé.
Il a haussé les épaules.
— Rien.
— Tu me regardes.
— Toi aussi tu me fixes.
J'ai attrapé un coussin près de moi et le lui ai envoyé en visant la tête.
Il a reculé d'un pas pour l'éviter. Ce mouvement a tout déplacé d'un coup : sa queue s'est soulevée dans le tissu, portée par l'élan, une seconde fière, entière vers le haut, dessinant sous le coton une ligne franche, presque verticale, avant de retomber lourdement contre sa cuisse dans un balancement mou que j'ai eu l'impression d'entendre. Le tissu a suivi, puis s'est remis en place à contretemps. Il a respiré par le nez, longuement, et j'ai vu son ventre se creuser. Mes bras sont restés enroulés autour de mes jambes, serrés plus fort qu'avant.
Puis son regard a attrapé mon expression, surprise et désir mêlés, pas assez bien dissimulés. Il l'a lu comme on lit une page ouverte. Son attention a descendu jusqu'à la protection que je dressais entre lui et ma propre excitation. Sa bouche s'est entrouverte un instant, puis il a relevé les yeux vers mon visage. Ma respiration est devenue courte, irrégulière. Car son pénis, là, dans son caleçon, avait suivi le mouvement de son attention, il s'était raidi une nouvelle fois, sans qu'il puisse le contrôler.
— Je peux te poser une question ?
J'ai immédiatement regretté de lui avoir donné la permission de parler.
— Ça dépend.
— Les Français portent toujours des boxers ?
J'ai baissé les yeux vers moi, surpris, puis l'ai regardé de nouveau, son visage, son caleçon presque inutile puis mon boxer en écartant un peu mes jambes entre mes bras.
— Pardon ?
— Tu portes que des boxers. Tout le temps. Même quand il fait aussi chaud que maintenant alors que ça colle à la peau. Il a tendu une main vers moi, comme si je n'avais pas compris.
— Non, mais sérieusement. Tu n'as pas trop chaud là-dedans ? reprit-il.
— Pas particulièrement.
— Comment tu fais ? Je ne comprends pas qu'on puisse apprécier d'être aussi serré en permanence.
Il s'est assis au bord du canapé, visiblement décidé à faire de cette question une affaire d'importance nationale. Son sexe dressé dans son caleçon, pointant droit vers moi entre ses jambes ouvertes.
— Ça ne te gêne pas ?
J'ai haussé les épaules en déglutissant.
— On s'y habitue.
— C'est terrible, comme réponse. Je veux comprendre pourquoi tu t'infliges ça.
Je me suis mis à rire malgré moi.
— Je ne m'inflige rien du tout.
— Attends.
Il s'est levé d'un bond.
Je l'ai suivi des yeux tandis qu'il disparaissait dans sa chambre.
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Une expérience scientifique !
— Je préfère ne pas participer.
— Trop tard !
Il est revenu quelques secondes plus tard avec un caleçon clair à la main, beige ou blanc cassé, je n'ai pas vu. En marchant vers moi, son membre balançait à chaque pas, une oscillation rythmée qui suivait le mouvement de ses hanches.
Il l'a brandi devant moi avec la satisfaction d'un homme qui venait de résoudre un problème majeur.
— Voilà.
J'ai regardé le vêtement.
Puis lui.
— Non, j'ai dit.
— Tu ne sais même pas ce que je vais te demander.
— Tu viens de me faire un exposé sur les inconvénients des boxers et tu reviens avec un de tes caleçons. Je pense avoir une idée assez précise de la suite.
Il a souri. Un sourire pas tout à fait taquin mais qui voulait dire qu'il ne lâcherait rien.
— Essaie-le.
J'ai éclaté de rire.
— Absolument pas.
— Pourquoi ?
— Parce que c'est ton caleçon.
— Je sais. C'est pour ça que je te le propose.
— Cette phrase n'a aucun sens.
Il s'est approché et a posé le vêtement sur mes genoux. Quand il s'est arrêté devant moi, ma tête arrivait pile sur son entrejambe, à dix centimètres, peut-être moins. Assez pour sentir la chaleur qui rayonnait de lui, assez pour ne rien louper de son excitation actuelle.
— Allez. Juste pour voir si c'est plus confortable.
J'ai soulevé le tissu entre mes doigts.
Il était manifestement plus ample que mon boxer, avec une coupe différente et une taille qui ne correspondait sûrement pas à la mienne.
— Il ne m'ira même pas.
— Justement. C'est intéressant.
— Tu as vraiment besoin de sortir davantage.
J'ai cédé, en lâchant un simple ok étouffé, autant parce que j'étais curieux de voir jusqu'où il était capable d'aller pour défendre une théorie aussi absurde que de lui clouer le bec.
Il s'est rassis sur l'accoudoir du fauteuil en face de moi, les yeux brillants d'amusement.
J'ai levé les yeux au ciel puis j'ai fixé Adrián quelques secondes. Il avait l'air parfaitement sérieux et décidé.
J'aurais dû lui rendre son caleçon et mettre fin à la conversation.
C'était la solution raisonnable.
— Tu es épuisant.
— Je sais.
Je me suis levé du canapé, en lui interdisant formellement de commenter la situation.
Il a répondu qu'il ne pouvait rien promettre, ce qui ne m'a pas rassuré.
J'ai fait descendre mon boxer le long de mes jambes, encore légèrement humides, et il est tombé à mes chevilles dans un froissement silencieux. Mon sexe s'est libéré d'un coup, chaud, dur, déjà prêt à se montrer. Adrián a vu, vraiment vu pour la première fois, l'ensemble de mon anatomie sous la lumière de la pièce : la longueur qui pendait lourde avant de se dresser, mon gland plus foncé en partie décalotté. J'ai senti son regard se poser là, lourd, curieux, sans retenue.
J'ai attrapé le caleçon et l'ai enfilé d'un mouvement, mais mon érection m'a gêné dès le premier instant. Le tissu n'a pas cédé, il s'est tendu sur moi, épousant la forme entière qui ressortait nette. La taille n'était pas exactement adaptée, ce qui n'arrangeait rien. Il m'arrivait un peu plus bas sur les hanches, et la coupe tombait différemment, me serrant un peu plus les cuisses que les siennes.
Chaque geste que je faisais pour m'ajuster tirait sur le tissu, le long duquel mon sexe dessinait sa ligne. Adrián voyait tout. La forme exacte, le poids, l'humidité qui marquait une trace au bout. Il n'a pas détourné les yeux. Au contraire, son attention s'est accrochée à mon entrejambe avec la même intensité que j'avais eue pour le sien.
Je suis resté debout, jambes légèrement écartées, le nouveau caleçon tiré sur mes hanches, mon érection bien visible contre le tissu clair. Plus besoin de se mentir.
Adrián me fixait sans rien dire.
Pour une raison que je n'ai pas immédiatement comprise, ce silence m'a rendu plus nerveux que toutes ses plaisanteries précédentes.
Il m'a regardé une seconde, puis a souri.
— Ah.
J'ai croisé les bras sur mon torse large.
— Ah quoi ?
— Rien.
— Adrián.
— Je constate.
— Tu constates quoi ?
Il a penché la tête, l'air de réfléchir très sérieusement, me détaillant avec attention.
— Tu n'es pas circoncis.
J'ai laissé retomber mes bras.
— C'est tout ?
Il a ri.
Il s'est levé et s'est approché pour examiner la taille, en passant un doigt entre le tissu et ma cuisse sur le côté.
— Il est un peu trop petit pour toi, c'est vrai, mais ça te va bien, il met en valeur tes... formes.
La remarque était sortie naturellement.
C'était probablement ce qui la rendait si difficile à recevoir.
J'ai senti une chaleur supplémentaire me monter au visage, ce qui était franchement inutile compte tenu de la température ambiante.
— Tu as terminé ton inspection ?
Il a relevé les yeux vers moi.
— Oui, monsieur.
On s'est réinstallés dans le canapé, l'un près de l'autre, et l'air entre nous avait changé de texture. J'étais étrangement conscient de la façon dont Adrián me regardait par touches, par glissements latéraux, comme s'il craignait de se brûler en fixant trop longtemps. Son regard descendait, remontait, s'attardait sur la ligne du caleçon clair tendu sur ma cuisse, sur la bosse que je ne pouvais plus dissimuler, ni par la position, ni par les bras, ni par rien.
Il a laissé sa main traîner sur le coussin entre nous. Puis ses doigts ont avancé d'un centimètre, deux, jusqu'à effleurer le bord du tissu à l'intérieur de ma cuisse. Rien qu'un contact, à peine. Assez pour que tout mon corps se contracte d'un coup et que ma respiration se casse en deux.
— Ça te va vraiment bien, il a répété, plus bas cette fois, presque pour lui-même.
Je n'ai rien répondu. Je n'aurais pas pu. Sa main est restée là, immobile, la chaleur de sa paume traversant le coton fin, et sous ses doigts mon sexe s'est tendu encore, un sursaut visible, impossible à masquer, le tissu se soulevant puis retombant lentement contre ma hanche. Adrián a suivi le mouvement des yeux. Il n'a pas souri cette fois. Il a juste respiré, longuement, par la bouche, et j'ai vu sa pomme d'Adam monter puis descendre.
Dans son propre caleçon, à quelques centimètres du mien, sa queue s'était remise à pointer en dehors de l'étoffe, inclinée contre sa cuisse, le gland luisant. Ni l'un ni l'autre n'a fait semblant de ne pas voir.
— On fait quoi, maintenant ? j'ai demandé. Ma voix est sortie plus rauque que prévu.
Il a tourné la tête vers moi, enfin, franchement, sans détour. Ses yeux étaient sombres, dilatés, et il m'a regardé comme on regarde une porte qu'on hésite à ouvrir.
— Je ne sais pas. Tu veux qu'on arrête ?
Ma main est venue se poser sur la sienne, sur le coussin, doigts par-dessus doigts. Sa peau était brûlante.
— Non.
J'ai attendu. À peine.
Il a passé les deux mains sous le caleçon clair qu'il m'avait donné, l'a fait descendre le long de mes cuisses. Mon sexe s'est libéré, dressé, lourd, le gland gonflé et luisant, tendu vers son ventre à lui. Il l'a regardé longtemps. Puis il a craché dans sa paume et sa main s'est refermée dessus.
Le premier contact m'a arraché un son que je ne me connaissais pas. Sa poigne était ferme, précise, il montait et descendait lentement, pouce passant sur le gland à chaque remontée, essuyant la goutte qui perlait pour l'étaler sur toute la longueur. Sa main était chaude, un peu rugueuse, et il me regardait pendant qu'il le faisait, les yeux dans les miens, sans ciller, guettant chaque réaction sur mon visage comme s'il lisait une partition.
— Tu es plus grand que ce que je pensais, il a murmuré.
— Tu pensais à ça ?
— Tout le temps.
Il a accéléré. J'ai posé la main sur son genou, puis remontée lentement le long de sa cuisse, l'intérieur d'abord, où la peau était plus fine, plus chaude. Mes doigts ont trouvé le bord du caleçon, soulevé juste assez. La main est entrée dessous le tissu froissé, a rencontré son gland d'abord, humide déjà contre ma paume. Il a poussé contre ma main d'un coup, involontaire, et j'ai écarté l'étoffe sur le côté sans le retirer, juste un chemin ouvert, assez large pour libérer la queue qui en a profité pour sortir d'un bond, courbée vers le haut, plus épaisse que la mienne, le gland large et rose sombre.
— Plus vite, il a dit.
J'ai obéi. Ma main a serré plus fort, mes doigts ont glissé sur toute la longueur, le pouce appuyant juste sous le gland à chaque passage. Il a commencé à bouger des hanches, à me pousser dans la main, à perdre le contrôle de ce qu'il faisait à moi, sa poigne est devenue irrégulière, son souffle s'est cassé en petits morceaux.
— Victor, il a dit.
Et puis il s'est tendu d'un coup, tout le corps arqué, et il a joui dans ma main, un long jet chaud, abondant, sur mes doigts, sur mon poignet, une traînée qui a coulé jusque sur sa cuisse. Il a serré les dents, les yeux fermés, et il a continué à me branler pendant que ça le traversait, sans s'arrêter, sans ralentir, comme s'il refusait de me lâcher avant la fin.
Ça m'a suffi. Deux, trois mouvements de plus et je suis parti à mon tour, plus fort que prévu, un spasme qui m'a plié en deux et m'a fait gémir. De longues saccades se sont répandues sur mon ventre jusqu'à la base de mon cou.
On est restés comme ça, immobiles, collés, le souffle court, le carrelage froid sous nos pieds et la sueur mélangée à notre sperme qui commençait à sécher sur nos peaux.
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Chapitre 4
Barcelone, en plein été. Victor, étudiant en Erasmus, partage l'appartement d'Adrián et de David, entre conversations nonchalantes et regards qui s'attardent un peu trop. Dans cette colocation où la chaleur ne retombe jamais, une question reste en suspens : jusqu'où ira cette attirance que ni l'un ni l'autre ne semble prêt à nommer ?
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