Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
À la recherche du Mokélé-Mbembé — Chapitre 3 · Les pistes
Auteur
À la recherche du Mokélé-Mbembé
Chapitre 3 · Les pistes
Le petit ATR décolle de l’aéroport de Brazzaville en direction de Ouesso dans le bassin du Sangha. Marion est assise contre le hublot, Nzambele à ses côtés au grand dam de Charles-Henri. L’avion survole la canopée de l’épaisse jungle africaine. Pour le voyage, les trois aventuriers ont choisi des vêtements légers. Si les garçons ont opté pour le classique bermuda de randonnée surmonté d’un t-shirt, Marion porte quant à elle un petit short et une chemisette kaki.
Nzambele a fourni une paire de jumelles à la jeune étudiante qui observe les oiseaux qui passent au-dessus de la cime des arbres. Le Congolais, penché vers le hublot pour lui nommer les oiseaux, pose sa main sur la cuisse ferme de la jeune femme. Face à l’absence de réaction de sa collègue, Nzambele se met à la masser avec assurance. Sous la tablette des sièges, ses doigts explorent la cuisse de la jeune femme à la limite de l'ourlet du short. Marion retient son souffle, involontairement, ses cuisses s'entrebâillent imperceptiblement, presque malgré elle, lui offrant un peu plus de prise. Ses lèvres entrouvertes laissent échapper un frisson interdit. Assis deux rangées derrière, de l’autre côté du couloir, le professeur assiste impuissant au rapprochement des deux jeunes gens.
Arrivés à destination, le professeur remarque que son étudiante a ouvert le haut de sa chemisette, permettant à ses yeux d’admirer le décolleté. Nzambele part chercher la Toyota qu’ils ont louée pour affronter les pistes de la jungle.
Un vent soulève un nuage de poussière de la rue. Une odeur de poulet rôti sort d’une boutique voisine. L’agitation de la ville, mêlée aux discussions animées, donne à cette ville de province une atmosphère très différente de celle de la capitale, qui se rêve occidentale.
Revenu avec le tout-terrain, le chercheur congolais discute avec le professeur.
— Matoto est à deux heures en voiture. J’ai des amis qui nous hébergeront pour la nuit. Demain nous pourrons aller à la rencontre des Pygmées de la région.
— C’est parfait, nous pourrons y installer notre camp de repli si nécessaire.
Dans une boutique locale, Marion achète un journal. À l’intérieur, un paysan affirme que son frère parti chasser à l’intérieur de la jungle a aperçu le Mokélé-Mbembé. Elle revient excitée auprès des deux hommes.
— Regardez, c’était il y a trois jours dans la troisième boucle du Sangha.
— Oui, nous pourrons y aller.
Le Congolais relit l’article.
— C’est extraordinaire, si le témoignage est vrai, c’est à proximité de la colonie de bonobos sur laquelle je travaille.
La voiture, pilotée par le Congolais, s’enfonce dans la jungle. Charles-Henri sert de copilote, tandis que la jeune femme observe la jungle comme un enfant ouvrant ses cadeaux à Noël. Soudain, un groupe d’éléphants traverse la piste sous les yeux émerveillés de Marion. Le voyage se poursuit. La piste n’épargne pas les corps des deux Français dans la voiture, habitués au confort des routes françaises. Ils arrivent fourbus à destination.
Nzambele entre dans une maison. Il ressort accompagné d’une famille qu’il présente comme ses cousins. Les habitants accueillent chaleureusement les voyageurs. Marion étire son dos.
— J’ai mal au dos avec tous ces cahots.
— Viens, je vais te faire un massage, ça ira mieux après.
Le Congolais fait entrer Marion dans une chambre.
— Allonge-toi, si tu enlèves la chemise ce sera mieux.
La jeune femme hésite une fraction de seconde, puis s’exécute avant de s’allonger sur une paillasse disposée au sol. Ses épaules dénudées et ses omoplates frémissantes s'offrent à la chaleur moite de la pièce. Nzambele s’installe à califourchon sur elle. Ses mains commencent à parcourir le dos de la Française de bas en haut. Les doigts experts de l’homme font glisser le tissu le long de ses bras, et tandis qu'ils frôlent l'arrondi de ses fesses et s'attardent pour pétrir ses côtes avec force, Marion cambre instinctivement le dos. Sous les doigts puissants de son masseur, Marion se détend. Elle apprécie ce contact qui mêle force et bienveillance. Une vague d’un désir interdit mouille son bas-ventre ; elle sent l'aine presque brûlante du Congolais pressée contre sa hanche. Elle pince ses lèvres. Pourtant, elle reste immobile, le souffle court, profitant malgré elle des mains de Nzambele. Le jeune homme, quant à lui, savoure l'instant, envoûté par la peau claire et douce de sa patiente. Le contact de cette épiderme, en contraste avec ses mains ébènes, ne le laisse pas indifférent. Quand le massage prend fin, la bosse dans son pantalon est parfaitement visible lorsqu'ils rejoignent le professeur. Marion détourne les yeux, le visage rougi par une vague de culpabilité.
— Professeur, Nzambele a des doigts de fée. Vous devriez lui demander de vous masser.
Charles-Henri grogne intérieurement. En voyant la bosse de son collègue, il ressent une contrariété puissante. Il n’a jamais su toucher une femme de cette façon. Les trois chercheurs s'attablent pour regarder la carte de la région afin de préparer leur expédition du lendemain.
Ce soir, pour l’arrivée des deux Français, le quartier est animé. Chaque voisin vient saluer les aventuriers. Un feu a été allumé et les jeunes du village commencent à danser. Quand ils parlent de la créature, chacun a son anecdote à raconter, qui un parent qui l’a vu, qui une trace dans la jungle. Un vieil homme raconte avoir entendu autrefois un grondement venant de la rivière, avant de découvrir au matin des empreintes profondes dans la boue. Les jeunes rient doucement, mais les anciens l'écoutent avec attention. La discussion ne laisse pas indifférent. Elle est surtout marquée par l’étonnement des anciens villageois qui se souviennent de l'incrédulité des Européens il y a encore quelques années qui mettaient cette légende sur le compte de la naïveté des indigènes.
Marion part s’isoler. Elle essaie de trouver un point d’où elle pourrait appeler en France. Elle aimerait tant entendre la voix de Benoît avant de s’enfoncer au cœur de la jungle. Rien n’y fait, son téléphone refuse de se connecter au moindre réseau. Elle est sur le point de retourner à la fête quand Charles-Henri la rejoint.
— Marion ! Je te cherchais partout.
— J’arrive, j’essayais de téléphoner à mon petit-ami.
— Allons, ne te tracasse pas pour lui. Je suis sûr qu’il peut s’occuper sans toi.
À peine Charles-Henri a-t-il posé sa main sur l’épaule de son étudiante, un contact lourd, possessif, dont les doigts glissent fâcheusement vers la naissance de son cou, que la jeune femme lui repousse le bras qui cherche à la posséder avec un regard sévère. Charles-Henri se retient de crier. Pourquoi le repousse-t-elle lui, alors qu’elle lui doit sa future carrière tandis que la proximité de Nzambele ne semble pas la gêner. Marion retourne d’un pas décidé vers le feu, suivie plus timidement par son professeur qui la regarde impuissant s’asseoir à côté du jeune chercheur.
À suivre …
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