Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
À la recherche du Mokélé-Mbembé — Chapitre 8 · Le Mokélé
Auteur
À la recherche du Mokélé-Mbembé
Chapitre 8 · Le Mokélé
Marion grimpe aux arbres pour récupérer les caméras. Charles-Henri l’aide en lui poussant les fesses, profitant de chaque contact plus que de raison. Il ne sait comment juger ses sentiments. Il reste debout à côté pour saisir les caméras quand elle s’accroupit pour relever celles qui sont posées entre les racines. Le professeur transforme ce moment en instant de voyeurisme sur sa jeune étudiante.
De retour au campement, les deux chercheurs passent les vidéos. Des bonobos, des petits herbivores, une panthère… Bref, pas grand-chose concernant la créature. Ils passent ainsi les différentes vidéos quand soudain une forme bouge dans la rivière.
— Regardez, professeur, dans l’eau.
— Oui, une petite tête grise. Oh, il sort de l’eau !
— Qu’est-ce que c’est ?
— Je n’avais jamais vu ça avant ! Un long cou, une queue assez longue et ce corps massif, c’est magnifique !
— Et gris, comme toutes les descriptions du Mokélé…
— Tu te rends compte Marion, la preuve, elle est là, à côté de nous.
— Oui, je voudrais tant le voir en vrai.
— Oh, regarde ! Il mange des malombos, exactement comme les descriptions, fascinant !
— Oui, une petite tête grise. Oh, il sort de l’eau !
— Qu’est-ce que c’est ?
— Je n’avais jamais vu ça avant ! Un long cou, une queue assez longue et ce corps massif, c’est magnifique !
— Et gris, comme toutes les descriptions du Mokélé…
— Tu te rends compte Marion, la preuve, elle est là, à côté de nous.
— Oui, je voudrais tant le voir en vrai.
— Oh, regarde ! Il mange des malombos, exactement comme les descriptions, fascinant !
Les deux chercheurs ont les yeux fixés sur l’écran de l’ordinateur. La créature mange les fruits puis retourne à l’eau. Juste après, un groupe de bonobos arrive sur la rive et constate les restes de fruits à moitié dévorés sur le sol.
— Vous avez vu leurs réactions ?
— Oui, leurs regards reflétaient une certaine colère.
— C’est mon avis aussi. J’aimerais bien savoir ce qui se passerait s'ils rencontraient la créature.
— On doit replacer les caméras, et peut-être s’installer pour voir si on peut observer en vrai.
— Oui, leurs regards reflétaient une certaine colère.
— C’est mon avis aussi. J’aimerais bien savoir ce qui se passerait s'ils rencontraient la créature.
— On doit replacer les caméras, et peut-être s’installer pour voir si on peut observer en vrai.
Les deux chercheurs replacent les pièges à caméras. Pendant le repas, Charles-Henri ne peut s'empêcher de dévisager Marion, de regarder ses jambes, ses cuisses, son décolleté, son sourire…
Ils vont se coucher chacun dans leur tente.
Le professeur repense à Marion à genoux devant Nzambele. Cette image le répugne autant qu’elle l’obsède. Voir sa protégée s’abandonner à un homme lui procure un sentiment de jalousie. Qu’il aimerait être à sa place. Son sexe dans la bouche de la jeune femme. Le contraste entre les deux teints de peau l’excite. Involontairement, son sexe se dresse. Il le prend en main. Par une envie irrésistible, il le caresse. Son membre devient dur, son visage se crispe. Il ferme les yeux, pense à son étudiante. Sa main accélère. Son corps se tend, un jet blanchâtre s’élève en l’air.
Le lendemain, en début d’après-midi, Nzambele revient accompagné par trois guerriers de la tribu. À la vue de son confrère, Marion se précipite vers lui. Ils s’embrassent sous le regard envieux de Charles-Henri.
Le jeune chercheur raconte comment il a retrouvé la tribu à l’arbre sacré en train d'offrir des offrandes aux génies de la forêt pour les protéger du Mokélé. Marion et Charles-Henri montrent les vidéos de la créature et la réaction des bonobos devant leur nourriture saccagée par le Mokélé. Nzambele est fasciné, pas tant par la créature que par la réaction des primates.
— Allons-y, je veux voir cette plage de plus près.
Les trois guerriers indiquent qu’ils vont préparer un repas pour le soir, tandis que nos trois aventuriers avancent vers le fleuve. Alors qu’ils s’approchent, ils entendent le cri des grands singes. En tournant après le vieux moabi, ils aperçoivent une forme grise s’éloigner dans l’eau alors que les bonobos poussent de grands cris en agitant des bâtons comme des massues avec leur main.
— Le Mokélé !
Marion est excitée à la vue de la créature qui s’éloigne. Nzambele lui met la main sur la bouche et fait signe à ses compagnons de s’asseoir à couvert. Il souhaite regarder les bonobos.
Les cris des singes se font moins forts. Il regarde la rivière en direction du chemin qu’a pris le Mokélé. Ils restent quelques instants ainsi à regarder, armes à la main. Puis un grand mâle se retourne vers le groupe de singes et pousse un cri. C’est maintenant tout le groupe qui se met à copuler, les mâles changeant fréquemment de femelles qui s’offrent, consentantes, à leurs multiples partenaires.
Les trois compagnons sont stupéfaits de ce comportement qui permet de faire retomber la tension. Tout en regardant la scène, la main de Nzambele s’attarde avec douceur sur le dos de Marion.
Sur l’invitation des guerriers, le repas du soir se déroule dans une grande case rectangulaire. Une sorte de ragoût de crocodile surprend les aventuriers occidentaux. Mais le goût de poulet a raison de leurs dernières réticences. Ils se resservent copieusement. Durant le repas, les guerriers se placent à proximité de Marion. Ils la regardent avec curiosité. C’est la première fois qu’ils voient une femme à la peau si claire et aux cheveux blonds. Ils la touchent comme pour constater qu’elle est réelle.
Ce contact physique surprend Marion qui essaie de s’écarter. Le contact la surprend et la gêne. Nzambele lui indique que c’est normal chez eux.
— Marion, ne le prends pas mal.
— C’est un peu gênant.
— Tu sais, ici, les gens ont des contacts plus tactiles que chez vous en Europe. Connaître une personne passe aussi par le toucher.
— C’est un peu gênant.
— Tu sais, ici, les gens ont des contacts plus tactiles que chez vous en Europe. Connaître une personne passe aussi par le toucher.
Marion acquiesce sans répondre. Elle sent pourtant les regards des trois hommes sur elle. Leur curiosité est différente de celle qu’elle connaît à Paris. Ils ne semblent pas chercher à dissimuler ce qu’ils ressentent. Un des guerriers passe de nouveau la main dans ses cheveux. Cette fois, Marion ne s’écarte pas. Elle regarde Nzambele, puis l’homme qui lui fait face.
Elle pourrait arrêter le geste. Elle ne le fait pas.
Une étrange curiosité commence à remplacer sa gêne. Depuis son arrivée au Congo, elle a déjà franchi plusieurs limites qu’elle pensait infranchissables. À chaque fois, elle s’est surprise elle-même. Charles-Henri observe la scène en silence, le sourire crispé.
Nzambele la regarde, il ne dit rien, sûr de ce que Marion va décider.
Le guerrier pose doucement une main sur son épaule. Un second s'approche. Marion respire profondément. Elle sent son cœur accélérer, mais cette fois elle ne cherche pas à s'éloigner. Elle regarde les trois hommes autour d'elle. Puis elle sourit. Ce simple sourire suffit à changer l'atmosphère.
Les guerriers comprennent qu'elle n'est plus seulement l'étrangère qu'ils observaient avec curiosité. Marion, elle, découvre qu'elle n'a plus envie de fuir cette situation nouvelle. Elle se laisse approcher, consciente de franchir une nouvelle limite.
À quelques mètres de là, Charles-Henri détourne les yeux. Il comprend que la jeune femme qu'il connaissait avant leur départ n'est déjà plus la même. Ce n’est plus lui qui dicte sa volonté.
Nzambele, lui, reste près d'elle, attentif à ses réactions. Marion ferme les yeux un instant. Pour la première fois, elle ne pense ni à Benoît, ni à son laboratoire, ni à sa thèse. Elle pense seulement à ce qu'elle ressent.
Nzambele prend alors la parole.
— Il est temps de se coucher. Demain sera une longue journée.
Les guerriers indiquent une case où pourra dormir le professeur alors qu’ils entrent avec Nzambele et Marion dans la demeure voisine.
À suivre…
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