Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
À la recherche du Mokélé-Mbembé — Chapitre 10 · Paris
Auteur
À la recherche du Mokélé-Mbembé
Chapitre 10 · Paris
À Brazzaville, Silao et Nzambele raccompagnent les deux chercheurs français à l’aéroport. Tandis que Marion embrasse passionnément Nzambele, les deux chercheurs expérimentés discutent ensemble.
— Je n’en reviens pas des indices que vous rapportez.
— Je vais faire analyser tout ça. Le Mokélé-Mbembé ne sera plus un mythe à laisser au domaine de la cryptozoologie, désormais il est une créature réelle et bientôt prouvée.
— Votre réputation est faite, Charles-Henri, cependant je crains que cette découverte ne soit pas une bonne chose pour les tribus de la région ?
— Comment ça ? Plus personne ne se moquera d’eux sur son existence.
— Une croyance est souvent plus forte que des preuves. J’ai peur que des braconniers ne viennent et que des scientifiques ne détraquent par leurs recherches le fragile équilibre de la forêt.
Le professeur monte dans l’avion suivi par Marion qui fait un dernier signe de la main à Nzambele. Quand ils passent la porte, le steward ne peut s'empêcher de suivre du regard les fesses de Marion moulées dans un petit short beige.
Assise près du hublot, Marion regarde les nuages gris défiler au-dessus de l'Europe. Alors que l'appareil amorce sa descente, un sentiment étrange noue son estomac. La perspective de retrouver son appartement parisien, ses horaires de fac et la monotonie de ses habitudes lui donne soudainement le vertige. Ces quelques jours dans la jungle ont transformé sa façon de penser, sa vision de la vie, et peut-être même ce qu’elle est devenue. Comment revenir dans ce monde si gris ?
Dans l’avion, Charles-Henri ne peut s'empêcher de parler de leur découverte. De son côté, Marion est pétrie dans le silence, absorbée par le souvenir de son collègue congolais. Les yeux de Charles-Henri se posent parfois inconsciemment sur les cuisses de son étudiante, ravivant une chaleur incontrôlable dans son bas-ventre, cependant il n’ose pas poser la main sur la jeune femme.
Quand l’avion atterrit à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, Benoît attend avec impatience sa petite amie. Quand il l’embrasse, Marion se cale contre lui, passive.
— Si tu savais comme tu m’as manqué, Marion.
— Toi aussi.
— Je t’ai préparé une soirée mémorable.
Benoît se retourne vers le professeur.
— Merci monsieur, avec vous je suis sûr qu’elle n’a pas fait de bêtises durant le voyage.
La bouche de Charles-Henri forme un sourire malsain tandis qu’il répond par l’affirmative au jeune homme. Le professeur quitte l’aéroport pour son laboratoire, pressé par l’idée de l’article qu’il va pouvoir écrire dans les plus grands journaux scientifiques. Bientôt il ne sera plus le professeur excentrique dont se moquent ses collègues à l’université, mais il sera Monsieur Charles-Henri, celui qui a découvert l’existence du Mokélé-Mbembé et prouvé que la cryptozoologie n’est pas une science pour les illuminés, mais pour ceux qui veulent croire que toute légende possède une part de vérité.
Benoît emmène Marion dans un des plus chics restaurants parisiens. Il lui parle de la promotion qu’il va bientôt avoir. Il lui parle de maison, de famille qu’il veut construire avec elle. Il lui décrit le prêt sur vingt ans pour un pavillon en banlieue, les dîners du dimanche avec les beaux-parents, la routine bien huilée d'un bonheur standardisé. Une promesse de vie sans surprise. Face à lui, Marion ne dit rien. Elle regarde les autres clients du restaurant chic, coincés dans le rôle qu’ils se sont imposé. Tout cela lui donne l'impression d'assister à une pièce de théâtre jouée par des fantômes. Toutes ses pensées sont tournées vers le Congo, et au Congo vers ce chercheur qui étudie les bonobos au cœur de la jungle.
— Allez Marion, raconte-moi ton voyage.
— Oh, tu sais c’était un voyage de naturaliste, la jungle humide, la chaleur de la nuit. Rien de bien passionnant.
— Mais le Mokélé-Mbembé, ton professeur, il m’a dit que vous l’avez vu !
— Le mokélé, lui oui… Il est si gros.
— Tu es fatiguée, dis-moi, tu veux rentrer ?
— Oui, s’il te plaît.
— On prend juste le dessert et on y va.
Benoît appelle le serveur qui apporte un gâteau avec des bougies scintillantes. Devant Marion, une petite boîte rouge en forme de cœur.
— Ouvre-la, mon amour.
Machinalement, Marion l’ouvre.
— Il ne fallait pas…
— Je t’aime Marion, veux-tu devenir ma femme ?
— Je… je…
— Je voulais te faire la surprise ce soir, durant cette absence j’ai compris que je ne voulais pas te perdre.
— Je… Merci…
Benoît passe la bague en or sur laquelle est serti un diamant.
Demain j’ai invité nos parents, on va fêter cela tous ensemble.
Marion ne dit rien, elle regarde la bague sans aucune émotion.
De retour à l’appartement, Benoît invite Marion à entrer dans la chambre. Sur la commode et les chevets, brillent de petits lumignons rouges.
Il la prend dans ses bras pour la déposer sur le lit. Doucement, tendrement il déshabille Marion. Sa bouche embrasse sa poitrine, son cou. Ses mains caressent les fesses de la jeune femme. Les lèvres de Benoît passent sur la gorge de Marion, ses mains parcourent son corps délicatement. La jeune femme se laisse faire. Les mains de son petit-ami, ses baisers, ses attentions glissent sur sa peau sans lui faire ressentir la moindre excitation. Marion ferme les yeux et superpose le visage de son fiancé à celui du Congolais. Elle cherche dans chaque attouchement un souvenir brûlant des nuits africaines.
Il lui écarte les cuisses, s’insinue en elle. Son sexe glisse entre les grandes lèvres de Marion. Il ondule des hanches. Enfin Marion enroule ses bras autour de son compagnon. Elle recherche l’intensité de son contact en accompagnant son mouvement.
— Putain, Benoît, vas-y plus fort.
Surpris par sa demande, Benoît accélère ses mouvements. Rapidement il éjacule en elle.
— Oh non, pas maintenant, dis-moi pas que tu as fini.
Penaud, Benoît se retire alors que l’écran du téléphone de Marion s’allume. Elle le saisit.
Je viens en France pour un colloque dans trois semaines. À bientôt. Nzambele
Marion laisse tomber son téléphone. Un sourire lent, presque secret, apparaît sur ses lèvres tandis qu’elle fixe le plafond dans le silence de la chambre.
F I N
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