L'éducation de Noé
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'éducation de Noé — Chapitre 1

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Dès les premières lignes, l'atmosphère s'installe avec une précision rare : le parfum ambré, les escarpins rangés contre le mur, le nylon noir sous la lampe. Camille est introduite sans une note de trop — elle n'a pas besoin de forcer, on sent tout de suite qu'elle occupe l'espace à sa manière. Ce qui retient, c'est la tension intérieure de Noé : chaque détail qu'il observe, chaque phrase qu'il ravale, chaque seconde de ce premier soir qui ne ressemble à aucun autre.

L'éducation de Noé

Chapitre 1

Le dernier cours s’était éternisé jusqu’à dix-sept heures. Deux heures de droit des contrats, un prof qui lisait ses diapositives à voix basse, et moi qui comptais les dalles du plafond de l’amphi. En sortant, la pluie fine m’avait collé la capuche sur le crâne. Dans le bus, j’avais appuyé le front contre la vitre et fermé les yeux entre deux arrêts.
Je tournai la clé dans la serrure en pensant à une seule chose : la maison vide, le silence, mon casque sur les oreilles, personne.
La porte ne résista pas comme d’habitude. Elle s’ouvrit sur une odeur que je ne connaissais pas, quelque chose de chaud, d’ambré, avec une pointe de vanille. Dans l’entrée, sous le portemanteau, une paire d’escarpins noirs était rangée côte à côte, les talons contre le mur. Au crochet voisin de ma parka pendait un manteau noir, trop fin et trop ajusté pour être celui de mon père.
Je restai sur le paillasson, une main toujours sur la poignée. L’eau coulait de mes manches et tombait sur le carrelage.
— Noé, te voilà !
La voix de mon père venait du salon, plus joyeuse que d’ordinaire. Je fis trois pas. Il se tenait près du canapé, la chemise sortie d’un côté, un verre à la main alors qu’il n’était que dix-huit heures. À côté de lui, une femme se retourna.
Elle devait avoir une trentaine d’années. Des cheveux roux, longs, qui tombaient sur une robe noire, courte, moulée à la taille, qui s’arrêtait bien au-dessus du genou. Des collants noirs semi-opaques, qui donnaient à ses jambes une teinte sombre, veloutée, et que la lampe faisait briller. Elle me regardait sans hâte.
Je cherchai quelque chose à dire. Ma bouche resta sèche.
— Je te présente Camille Ferrand, annonça mon père. Ma compagne. Elle va s’installer ici.
Le mot « compagne » resta suspendu. Je regardai l’ourlet de sa robe, ses jambes noires, ses cheveux, mes mains. Mon sac me pesait soudain sur l’épaule comme s’il contenait des briques.
— Sois poli, Noé, dis-lui bonjour.
Le ton de mon père était léger, presque amusé. Je m’avançai. Elle ne tendit pas la main, elle pencha légèrement la joue. Je déposai un baiser sur sa pommette, trop près, trop vite. Son parfum m’enveloppa tout entier, et je reculai d’un demi-pas sans l’avoir décidé.
— Bonjour, murmurai-je.
— Bonjour, Noé.
Elle sourit.
— J’adore ta réaction, dit-elle. C’est exactement celle de ton père la première fois qu’il m’a vue.
Mon père rit dans son verre, un peu trop court.
— Elle ne se trompe pas, admit-il.
— Ça passe vite. Après, ils font ce qu’on leur dit, ajouta Camille.
Elle le dit sur le ton qu’on emploie pour parler de la météo. Je cherchai une trace de gêne sur son visage, une rougeur, un battement de cils. Il n’y avait rien. Elle me regardait, calme. Je n'osai rien demander.
Mon père posa son verre sur la table basse.
— Bon. Je vais m’occuper du dîner. Je vous laisse faire connaissance.
Il disparut dans la cuisine, et j’entendis une porte de placard, puis l’eau qui coulait. Camille et moi restâmes face à face au milieu du salon. Elle ne comblait pas le silence. Elle me laissait dedans.
— J’ai vu que tu avais une console, dit-elle enfin. On pourra jouer ensemble, si ça te dit.
— Ouais.
Le mot sortit plat, étranglé. Autre chose me trottait dans la tête. Depuis le seuil, depuis l’odeur, depuis les escarpins, une pensée tournait en bas de mon crâne sans que je parvienne à l’attraper. Ma chambre.
— Quelque chose ne va pas ? demanda Camille.
— Non. Je vais juste poser mes affaires.
— Bien sûr.
Elle inclina la tête, et ses cheveux glissèrent sur son épaule.
Dans le couloir, je marchai plus vite que je ne l’aurais voulu. Ma main resta une seconde sur la poignée. Puis j’ouvris.
La pièce était nette. Le lit était fait, les draps tirés, l’oreiller au centre. Sur la chaise, plus rien. Le sol brillait. Je restai sur le seuil, la poignée froide sous les doigts, et je cherchai des yeux la jupe, les collants, les strings. Rien. Aucune trace de ce que j’avais laissé là.
Ce matin, avant de partir en retard, la chambre était dans son état habituel. Des vêtements en tas sur la chaise. Une jupe jetée sur le dossier, une paire de collants roulée au pied du lit, deux ou trois strings oubliés sur le bureau, à côté de mon ordinateur. Depuis des années, je ne cachais plus rien. Mon père ne poussait jamais cette porte, et la maison était vide du matin au soir. Pourquoi aurais-je pris la peine ?
Mon regard glissa vers la commode. Le tiroir du bas, celui des sous-vêtements, était fermé, parfaitement aligné avec les autres. Je fis un pas vers lui, puis un autre. Ma main s’arrêta à quelques centimètres de la poignée. Si je l’ouvrais, je saurais. Et je n’étais pas prêt à savoir.
Je me tournai vers l’armoire, l’ouvris à moitié. Ma jupe était là, sur un cintre, au milieu de mes chemises, lissée, sans un pli. Je la fixai quelques secondes. Rien d’anormal. Tout allait bien. Je refermai la porte du bout des doigts.
Mon père n’entrait jamais ici. Il frappait au chambranle, il parlait depuis le couloir. Alors qui ? Elle avait passé combien de temps dans cette pièce ? Qu’avait-elle vu ? Je m’adossai au mur, les jambes soudain molles.
Je posai mon sac sur la chaise, et pris une inspiration que je tentai de rendre régulière. Elle resta saccadée. Dans le miroir fixé sur la porte de l’armoire, mon visage était pâle, les cheveux encore humides. Je me forçai à le détendre, comme on rajuste un masque.
Quand je revins au salon, elle était assise sur le tapis, les jambes repliées sur le côté, la manette posée sur sa cuisse. Sa robe était remontée de quelques centimètres, et elle ne s’en souciait visiblement pas. Elle leva les yeux.
— Tu as l’air agité.
— Ma chambre est rangée.
Je n’avais pas voulu le dire. La phrase m’avait échappé, trop aiguë, trop vite. Je guettai son visage. Un sourcil, un éclat dans le regard. N’importe quoi qui me dirait qu’elle savait.
— Oui, répondit-elle. J’aime bien ranger. Ça me détend, et j’avais envie de te faire plaisir. Rien de plus.
Elle n’ajouta rien. Elle brancha la deuxième manette, la tendit vers moi par-dessus l’accoudoir du canapé.
— Alors ? Tu me montres ce que tu sais faire ?
Je m’assis par terre à l’autre bout du tapis, et le jeu se lança. Il me fallut quelques minutes pour que mes doigts retrouvent leurs gestes. Elle jouait mal. Elle le disait elle-même, riait quand son personnage tombait dans le vide, et jurait à voix basse dans une langue que je ne reconnus pas, de l’italien peut-être.
À un moment, elle bougea pour se mettre plus à l’aise. Elle glissa les talons hors de ses escarpins, et les posa près du canapé. Le nylon noir de ses collants, semi-opaque, épousait sa cheville et la plante de son pied légèrement arquée. La lampe y laissait un reflet doux, qui montait le long de la jambe jusqu’à l’ourlet de la robe. Mon regard resta accroché deux secondes de trop.
— Concentre-toi sur le jeu, Noé.
Elle n’avait même pas tourné la tête.
— Pardon. Désolé.
Mon écran me renvoya une explosion. J’avais perdu une vie. Je sentis mes oreilles brûler et me penchai en avant pour cacher mon visage derrière mes cheveux.
Mais le silence qui suivit ne dura pas. Elle éclata de rire, un vrai rire, bref et franc, et lança en tapant sur mon épaule du bout des doigts :
— Tu t’es fait avoir par un tuyau. Un simple tuyau !
— Il est caché.
— Il est vert et énorme.
Je ris à mon tour. Je ne m’y attendais pas. Mais le nœud ne disparut pas tout à fait. Chaque fois qu’elle tournait la tête vers moi, mon ventre se contractait. On enchaîna les parties. Elle me raconta ses journées devant l’ordinateur : un roman qu’elle traduisait, plein de phrases interminables, et un client qui lui avait demandé un jour de réécrire une notice pour une machine à café en « style poétique ». Elle imita la voix du client. Je pliai en deux.
— Il l’a vraiment fait publier, dit-elle. Je ne l’ai pas signée.
— Pourquoi tu travailles à la maison ?
— Parce que personne ne me dérange. Normalement.
Elle me regarda du coin de l’œil, avec un sourire qui ne se moquait pas.
Douze ans nous séparaient. Pourtant, assis sur ce tapis, les jambes croisées comme deux gosses, j’avais l’impression qu’elle avait mon âge. Je ne vis pas la lumière baisser derrière les fenêtres. Je ne pensais plus à ma chambre. Je voulais que la partie dure.
— À table ! cria mon père depuis la cuisine.
Camille posa sa manette et se leva d’un seul mouvement souple. Je m’attendais à ce qu’elle remette ses escarpins. Elle passa devant eux sans y jeter un regard. Elle traversa le salon pieds nus, en collants noirs, sur le parquet, sa robe courte oscillant à chaque pas. Le léger froissement de ses pas me suivit jusqu’à la salle à manger, et je baissai les yeux sur mon assiette avant même de m’asseoir.
La table était dressée avec soin. Trois couverts, trois verres, une nappe. Je n’avais pas vu mon père faire ça depuis des années.
— Tu es superbe ce soir, remarqua mon père.
— C’est un jour de fête, répondit Camille en lissant sa robe, sans coquetterie.
— Vincent, dit Camille en s’asseyant, pour fêter mon emménagement, tu pourrais ouvrir un rouge ?
— Excellente idée.
Il disparut et revint avec une bouteille, la déboucha d’un geste appliqué, et remplit les verres. Le sien d’abord, par habitude, puis celui de Camille, et le mien. Le liquide sombre glissa contre le verre.
— À Camille, dit-il.
— À la maison, répondit-elle.
Nous trinquâmes. Je n’aimais pas le vin rouge. Il me restait toujours en bouche un goût de bois et d’amertume. Mais je ne voulus pas être le seul à ne pas lever mon verre. Je bus, et trouvai que ce n’était finalement pas si mauvais.
Mon père parlait peu. Il racontait sa semaine à Francfort, des chiffres, un dossier, une réunion qui avait mal tourné avant de bien finir. Camille l’écoutait en hochant la tête. Puis elle se tournait vers moi, et c’est à moi qu’elle posait ses questions.
— Tu étudies quoi, exactement ?
— Le droit. Deuxième année.
— Et ça te plaît ?
— C’est… correct.
— Correct, répéta-t-elle.
Elle attendit.
— Ce n’est pas ce que je voulais faire, avouai-je. Mais c’était sûr.
— Sûr, oui. Et ce que tu voulais faire ?
Je haussai les épaules. Elle n’insista pas. Elle hocha la tête une fois, et reprit sa fourchette.
Mon père vida son deuxième verre, puis un troisième, à un rythme tranquille. À la fin du repas, il s’étira, et ses mains se posèrent sur sa nuque.
— Ce vin m’a achevé, dit-il. Je me lève tôt demain, je vous demande pardon pour la table.
— Ne t’en fais pas, répondit Camille. Tu as cuisiné. Noé peut ranger.
Elle le dit comme on poste une lettre, sans chercher mon avis. Mon père lui posa une main sur l’épaule en passant et s’éloigna vers l’escalier.
Je me levai. Mes bras empilèrent les assiettes avant que j’aie décidé quoi que ce soit.
Camille resta assise, son verre à la main, et me regarda faire. Je portai les plats à la cuisine, revins chercher les verres, rangeai les couverts dans le lave-vaisselle. Quand je passai le chiffon sur la nappe, elle parla sans hausser le ton.
— Il reste des miettes, là. Tu devrais passer l’éponge.
— Je n’ai jamais fait comme ça.
— Je sais, dit-elle. Je vais t’apprendre les bonnes manières.
Elle avait prononcé ces mots avec douceur. Pourtant, ma gorge se serra, et je me retrouvai à frotter la table plus fort que nécessaire, les yeux fixés sur le bois. Je sentais son regard sur ma nuque.
Quand j’eus fini, elle se leva, tira sur l’ourlet de sa robe d’un geste distrait, qui ne la rallongea guère, et lança :
— On continue à jouer ?
— Ouais.
Je répondis trop vite. Elle sourit, et retourna vers le tapis.
Nous jouâmes jusqu’à minuit. Les parties se mêlaient les unes aux autres, ses rires étaient plus fatigués, mes réponses plus lentes. Quand l’horloge du four sonna dans la cuisine, elle étira ses bras au-dessus de sa tête, et posa la manette.
— Bonne nuit, Noé.
— Bonne nuit.
Elle monta l’escalier sans bruit, pieds nus, ses escarpins à la main. Je restai un instant dans le salon, éclairé par la seule veilleuse de la console. Puis j’allai dans ma chambre, refermai la porte. Mon regard évita la commode. Demain matin, je verrais.
Je me couchai tout habillé dans des draps trop bien tirés, qui sentaient la vanille et l’ambre.
Le vin et la fatigue firent le reste. Je dormis avant d’avoir compté cinq minutes.
Note de l'auteur :
« Bonjour tout le monde, pour fêter la nouvelle interface de Xstory, je publie une nouvelle histoire sur le thème de la féminisation, de la chasteté masculine et de la domination féminine. Je vous souhaite une bonne lecture et je remercie tous les lecteurs et les lectrices qui me suivent. Je vous préviens que cette histoire pourrait ne pas avoir de fin. »
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Remi22000
8 octobre 2026 à 17:55
On sent bien qu'elle va profiter de l'absence du père pour mener le jeunot par le bout du nez et il va succomber... L'intro est appétissante, on attend les suitessssssssss !
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Photo de profil de Phil18
Phil18
8 octobre 2026 à 10:07
Camille va jouer avec noé comme une chatte peut jouer avec une souris
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Répondre

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