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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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C’est votre faute ! — Chapitre 9 · Débauche et embauche

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sylbi
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C’est votre faute !

Chapitre 9 · Débauche et embauche

Chose promise, chose due, nous voici donc tous les cinq autour d’une table pour le repas du soir. Nous sommes restés au camping, qui prévoit une animation musicale en début de soirée. Sur l’insistance de Véronique, Carole s’est jointe à nous.
Cela commence plutôt bien : deux jolies jeunes femmes à mes côtés, une troisième (plus mûre, certes) en face de moi.
De loin, Olivia pourrait passer pour la grande sœur de sa fille. Même silhouette élancée, même carnation, même couleur de cheveux. Seule la longueur de ceux-ci diffère, puisqu’Olivia les a coupés au carré. Et même façon, pour le moins sexy, de s’habiller. J’ai vu quelques hommes tourner la tête sur son passage lorsque nous marchions dans le camping.
Henri n’est pas mal non plus. Aussi grand que sa femme, les épaules carrées, des abdos plus tablettes que Kronenbourg, toujours souriant et blagueur, aussi bavard que moi : je pense que nous allons bien nous entendre.
Nous papotons gaiement. Véro semble contente de retrouver ses parents, on les devine très proches tous les trois. Henri et Olivia font preuve d’une gentille curiosité envers Caro et moi. Je leur parle un peu de mon boulot, Carole explique ses difficultés du moment.
Le seul sujet qui ne soit pas évoqué, c’est celui de mes rapports avec Véronique. Sujet tabou ou respect d’un minimum d’intimité ?
Puis le spectacle commence, la discussion s’éteint un peu. Je dois dire que j’aime bien ces soirées musique. On peut chanter, danser, et c’est toujours très bon enfant, les artistes s’attachant à faire participer leur public.
Nous ne tardons pas à nous retrouver tous les cinq en train de nous trémousser sur la piste. Sans surprise, les trois femmes sont éblouissantes de grâce. Henri se débrouille pas mal.
Pour ma part, je suis là et c’est déjà pas mal. Comme à mon habitude, j’ai pris mon appareil photo pour faire quelques « portraits en mouvement ». Carole rayonne. Depuis que je la connais, je ne l’avais jamais vue ainsi. Visiblement, elle aime danser et s’en donne à cœur joie. Je m’écarte un peu de la piste, mon objectif ne la quitte plus. Elle est resplendissante, ses yeux sont pailletés d’or, signe chez elle d’une joie intense. Elle regarde vers moi, et je reste tétanisé une seconde. Je déclenche en rafale. Je suis presque sûr qu’elle vient de faire fondre mon capteur. Elle se détourne. Je sens une main sur mon dos. Véro vient me rejoindre.
— Elle est belle ce soir.
— Oui, très. Je ne l’avais jamais vue ainsi.
— Ne m’oublie pas pour autant, les vacances ne sont pas finies.
Pour toute réponse, je l’attrape par la taille et je l’embrasse.
— Ils sont sympas, tes parents.
— Papa a vu que tu étais plein de bonnes intentions, alors il a laissé son grand couteau à la caravane. Mais fais attention, maman pourrait malgré tout t’arracher les yeux : ses ongles, elle les a toujours au bout des doigts.
— Mes intentions sont pures, gente damoiselle.
— Ah oui ? C’est bien dommage, pas les miennes.
Et, pour qu’aucun doute ne subsiste, sa main vient frôler mon ventre et descend lentement.
— Tu sais qu’il y a du monde qui peut nous voir.
— Ce n’était qu’une toute petite caresse, pour que tu saches à quel point je suis sérieuse.
— Loin de moi l’idée de douter de ton sérieux.
Taquine, elle m’embrasse avant de retourner danser. Pour ma part, je reprends mon appareil. Quelques photos de beau-papa et belle-maman, ça peut contribuer à maintenir le couteau dans la caravane et mes yeux dans leurs orbites. Et ce n’est franchement pas une corvée, car ils ont du charme tous les deux. J’en arriverais presque à regretter qu’ils soient les parents de Véro, car je les aurais volontiers dragués.
À propos de drague, je vois que trois play-boys des bacs à sable tournent autour de Carole, qui les ignore superbement. Mais, les hommes étant ce qu’ils sont, cela ne refroidit nullement les ardeurs du trio, au contraire. J’assiste donc à une surenchère de trémoussements qui frisent le ridicule. Enfin bon, je ne suis sûrement pas très objectif, car piètre danseur. Sans trop réfléchir, je me dirige vers eux, histoire de leur faire comprendre que Carole n’est pas une cible pour eux. Mais Henri me précède. Très naturellement, il se penche vers mon amie pour lui parler. Olivia les rejoint. Les minets repartent, visiblement dépités. Moi, je jubile. Vraiment, je les aime beaucoup, mes deux beaux-parents du moment.
La soirée touche à sa fin. Je suis attablé, je regarde mes amies qui dansent encore au son de quelques vieux discos. Les parents de Véro n’ont pas quitté la piste non plus. Henri et Olivia semblent bien s’amuser, ils bavardent souvent avec Carole.
Véro est plus lointaine, sans doute un peu fatiguée.
Le musicien annonce quelques slows pour terminer son set.
Bon, là, je crois qu’il faut que je me lève. Il ne serait pas prudent de laisser Véronique toute seule à un tel moment. Non seulement elle le prendrait mal, mais en plus il y a toujours quelques mâles esseulés à qui cela pourrait donner des idées.
Et, pour être sincère, l’idée d’échanger quelques baisers en la serrant dans mes bras ne me déplaît pas.
Hotel California.
Un peu rapide mais long, je vais avoir droit à plein de baisers. Les baisers en question deviennent d’ailleurs assez vite torrides. Ce n’est pas une mauvaise chose que la soirée se termine, nous allons pouvoir nous dépenser d’une autre façon. Nos lèvres se soudent comme si nos vies en dépendaient. Son ventre et le mien se cherchent. Se trouvent. Elle frissonne. Je commence à durcir. Un second slow succède au premier.
Dust in the Wind.
Pour ma part, je suis plutôt dans un tourbillon de désir. Je ne me rappelle plus la dernière fois où j’ai respiré par la bouche. Perte de mémoire sans doute liée au fait que le sang quitte mon cerveau pour aller un peu plus bas. Véro finit par me libérer. Sage décision avant que je ne perde tout contrôle.
— Je vais chercher quelques affaires et je dors dans ta tente.
— Tu veux vraiment qu’on dorme tout de suite ?
— On verra bien qui s’endormira le premier…
Je retourne à la table. Je range mon matériel photo. Je cherche les autres pour leur souhaiter bonne nuit. Henri et Carole dansent ensemble, très près l’un de l’autre. Debout au bord de la piste, Olivia les regarde. Quand elle me voit arriver, elle me prend par le bras.
— Tu danses un peu ?
Still Loving You.
Aïe, celui-là aussi est long, et je ne peux pas refuser.
Heureusement, j’ai repris mon volume normal, car elle aussi danse très serré.
Je me sens vraiment balourd, collé contre elle. Son corps est souple, elle suit parfaitement le rythme de la musique. Je me laisse guider du mieux que je peux.
Nous rejoignons Henri et Carole, qui a les larmes aux yeux tant elle rit. Elle me fait un clin d’œil en me voyant.
Fin du slow, le musicien en annonce un ultime. Olivia m’embrasse sur la joue en me remerciant, puis invite son mari.
Carole et moi nous retrouvons comme deux empotés au milieu des danseurs. Avec un large sourire, elle me tend les bras. Je la prends contre moi, à peine plus à l’aise qu’avec Olivia. Nous dansons en silence.
The Sound of Silence.
Titre de circonstance. Ni l’un ni l’autre ne disons mot. Je suis en overdose de sentiments. Parler de la pluie et du beau temps serait si dérisoire. Mon désir pour Véro est loin d’être éteint, même s’il ne se manifeste plus de façon physique. Et avoir Carole contre moi dans ce moment-là me paraît être une incongruité. Je tente de me dégager de son étreinte.
— Non, reste, ce n’est pas grave.
Comme à son habitude, elle me comprend sans parole. Je suis contre elle, mais mon esprit et mon désir vont vers Véro. Fin de la musique. Elle me libère, la lumière s’éteint.
Elle m’embrasse sur la joue. Je lui rends son baiser en la serrant contre moi, la gorge nouée et la bouche sèche.
— Merci pour cette danse et tes états d’âme. Je te rends à Véronique.
La lumière revient, et je retrouve ma voix.
— Bonne nuit.
Je salue ensuite les parents de Véro, puis je me dirige vers ma tente. Sans courir. Enfin, pas tout le long du trajet.
Arrivé à la tente, je me déshabille rapidement avant d’entrer dans la partie chambre, où Véronique m’attend.
Mon cœur rate un battement ou deux en voyant ma dulcinée, nue comme au premier jour, qui d’une main se caresse les seins et de l’autre maintient un vibro entre ses jambes.
— J’ai commencé sans toi, tu ne m’en veux pas ?
Mon cerveau n’étant plus irrigué, je ne réponds pas, tombe à genoux, puis m’allonge contre elle. Baiser féroce et affamé. Nos lèvres se soudent, nos langues se caressent. Je sens la vibration du jouet contre ma jambe, et Véro gémit quand la pulsation se fait plus forte.
— Lèche-moi.
La voix de Véro tremble. Est-ce une demande, un ordre ? Je m’en moque. Je glisse le long de mon amante, ma bouche gourmande se pose sur la fente de Véro. Elle mouille déjà et son goût m’enivre. Ma langue écarte les lèvres, plonge dans son puits. J’adore les saveurs de sa chatte !
Je la dévore. Je remonte un peu vers le clitoris, qui doit attendre son dû lui aussi. Véro pousse un gémissement qu’elle étouffe avec son bras.
Mes doigts se joignent à la fête. Un, puis deux, puis trois. Véronique a bloqué le jouet entre ses fesses. Mon esprit pervers note ce détail comme une future invitation.
Mes doigts caressent l’intérieur de sa chatte trempée. Véro plaque ma tête contre elle, ses doigts se crispent dans mes cheveux. Brusquement, elle se tétanise et tout son corps est parcouru de spasmes. Je ne lui laisse guère le temps de reprendre son souffle : je m’allonge sur elle et la pénètre. Ses jambes se nouent autour de ma taille. D’un coup de rein, je nous fais basculer pour la placer au-dessus de moi.
— Fais-moi l’amour.
12 juillet
Ça devient une habitude : la nuit a été courte. Comme à son habitude, Véro m’a fait atteindre des cieux inconnus. Le septième a souvent été dépassé. Et, comme elle l’avait prédit, je me suis endormi le premier. Mais même si je n’arrive pas à faire la pendule et à aligner douze coups de suite, je pense qu’elle n’a pas dû être insatisfaite. Le seul hic là-dedans, c’est que je ne peux plus faire ma petite promenade champêtre en me levant. Les petites bestioles que je prenais plaisir à admirer de bon matin sont retournées au bercail depuis belle lurette lorsque j’émerge.
Mais il faut choisir ses plaisirs.
Je suis encore le premier debout, et j’en profite pour aller regarder passer le Cher. Et là, surprise : je trouve Olivia assise au bord de l’eau. Le soleil découpe sa silhouette à contre-jour au travers d’une robe légère. Il est des spectacles plus pénibles à contempler. Enfin, essayons de ne pas abuser de la situation. Je m’avance donc vers elle.
— Bonjour toi, déjà debout ?
— Bonjour Olivia. Oui, je suis du genre lève-tôt, je ne sais pas rester au lit. Vous avez bien dormi ?
— Tu pourrais peut-être me tutoyer. Sauf si tu trouves que je suis trop vieille et décrépite.
— Je vais essayer.
Sauf que ce n’est pas gagné : cette femme m’en impose. Elle a du charme, ce qui me rendrait plutôt volubile, mais aussi une personnalité très forte, presque magnétique, qui a tendance à me faire fermer mon clapet.
— Et vous… et toi, lève-tôt ou insomnie ?
— Matinale, moi aussi. Et je voulais découvrir le terrain sous un autre jour, sans trop de monde.
— Je fais ça aussi tous les matins. Il n’est pas rare que je me lève avec le soleil pour une petite balade.
— Sauf que la nuit a été agitée et que, ce matin, le soleil est déjà bien haut.
Je rougis jusqu’à la racine des cheveux.
Mer…credi, je ne suis pas un ado qui a la trouille de la maman de sa petite copine qu’il vient tout juste d’embrasser.
— C’est bien de ne pas avoir ameuté tous les autres campeurs en faisant des bruits par trop reconnaissables.
Je ne m’attendais pas à ce qu’Olivia en rajoute une couche. Je me demande si c’est du lard ou du cochon.
— J’espère qu’au moins vous prenez vos précautions.
J’hésite à m’enfuir ou à riposter.
Elle voit ma mine déconfite et part d’un grand éclat de rire.
— Respire, je te taquine. Tu sais, même si ça fait longtemps, j’ai été jeune moi aussi. Je comprends que vous ayez envie de vous amuser pendant les vacances. Et puis, entre nous, ça faisait longtemps que Véro ne nous avait pas présenté un de ses petits amis. Je n’aime pas la voir triste ou se morfondre dans un coin, à se soucier du qu’en-dira-t-on plus que de ses propres envies.
Super, j’ai la bénédiction de ma belle-mère pour les pires turpitudes avec sa fille, du moment que celle-ci garde le sourire.
Je noie le poisson.
— Un café, ça vous, ça te dit ?
Décidément, le « tu » a du mal à sortir.
— OK, allons-y.
Henri ne tarde pas à nous rejoindre. Il est toujours aussi enjoué, et lui aussi m’invite à le tutoyer. Ce sera plus facile avec lui.
Les filles finissent par se réveiller. Comme à son habitude, Carole ne décroche que quelques mots avant d’avoir avalé son café. Véro, elle, gazouille, babille, déjà en pleine forme.
Puis c’est la douche, chacun pour soi cette fois.
En milieu de matinée, mon portable sonne. C’est mon boulot.
On me rappelle un rendez-vous convenu avant mes vacances, pour des entretiens en vue du recrutement de la personne qui travaillera avec moi. Je confirme ma venue à l’usine cet après-midi.
Je dois dire que j’avais un peu zappé la date, mais comme j’avais prévu une visite de la ville, je me dis que ce sera l’occasion de faire d’une pierre deux coups.
Le déjeuner est expédié dans la joie et la bonne humeur.
Olivia et Henri partent rapidement visiter quelques vignobles. Véronique et Carole ont décidé de me déposer à mon (futur) boulot et d’aller faire quelques emplettes en ville ; ensuite, nous irions voir le château.
Une fois à Blois, les troupes se séparent. Caro et Véro vont faire chauffer leurs cartes bleues, moi je vais à l’usine.
À l’accueil, je me présente.
— Ah, c’est vous qui nous rejoignez dans deux semaines ?
— Oui, c’est moi. M. Vélin m’a demandé de venir aujourd’hui pour assister à l’entretien d’embauche pour le labo.
— Je vous l’appelle.
Au bout de quelques minutes, un homme trapu, aux cheveux rares et grisonnants, arrive.
— Bonjour Sylvain, ravi de vous rencontrer. J’ai pensé que vous souhaiteriez faire un petit tour de nos installations avant de rencontrer nos candidats.
En entendant parler de visite, je vois s’éloigner la perspective de visiter le château. Mais il me paraît dur de dire non : je vais travailler ici, et commencer par un passage en catimini n’est pas la meilleure des choses à faire.
Je visite donc. Je fais connaissance avec tout le monde. L’ambiance a l’air sympa, en tout cas les gens le sont. Je ne m’attarde pas tellement, je reste malgré tout en vacances.
Puis direction le labo, avec Vélin.
— Nous avons proposé un rendez-vous à trois personnes dont le CV semble correspondre à nos attentes et, comme cela a été convenu, nous allons mener les entretiens tous les deux.
Participer au recrutement de mon collaborateur était en effet une de mes (petites) exigences pour venir ici. Au pied du mur, je ne suis plus si sûr de vouloir décider de l’avenir d’un inconnu. Mais bon, quand il faut y aller…
Le premier candidat a tout pour plaire, sur le papier. Dans les faits, Vélin et moi doutons très fortement de son envie de nous rejoindre.
Le second est plus motivé mais a de sérieuses lacunes en maths. Je ne veux pas d’un ingénieur, mais bon sang, une règle de trois, c’est indispensable pour ce boulot.
Le troisième candidat, eh bien, c’est une candidate.
Quand elle entre, une blague toute nulle me vient à l’esprit : c’est une bombe.
Une bombe anatomique.
Enfin, bombe, c’est réducteur.
J’ai devant moi une femme de mon âge. Rousse, avec des yeux verts, un visage constellé de taches de rousseur. Un peu ronde peut-être, mais c’est plus un avantage qu’un inconvénient à mes yeux. Habillée de façon sobre, neutre, presque terne.
Vélin semble content de sa petite surprise.
J’étais persuadé que j’aurais encore en face de moi un homme. Vélin est sous le charme, c’est évident. Moi, je suis presque détaché. Je ne suis pas blasé. C’est juste qu’après avoir vu Carole, Véronique et sa mère, je vais finir par croire qu’il y a un petit malin qui s’amuse à mettre plein de jolies femmes sur mon chemin, histoire de voir au bout de combien je craque et deviens un affreux pervers.
Vélin fait les présentations : elle s’appelle Marie.
L’entretien commence, très formel. Discussion sur le salaire, l’emploi du temps. Je questionne Marie sur ses emplois précédents, sur ce qu’elle souhaite faire.
Ses réponses sont claires, elle a déjà une certaine expérience, transposable dans notre domaine d’activité. Lorsque je lui parle de ses futures tâches, elle me pose de bonnes questions et me fait clarifier certaines choses. Visiblement, elle sait de quoi elle parle.
Vélin lui fait du gringue, discrètement, mais sans laisser passer aucune occasion de se mettre en avant.
Marie fait la sourde oreille. Elle reste aussi neutre que sa tenue. Je commence à laisser mes pensées vagabonder, car pour moi c’est une évidence : le poste est pour elle.
Je l’observe pendant qu’elle parle avec Vélin, essayant de deviner quelle collaboratrice elle sera. Comme elle secoue la tête pour réfuter une affirmation du directeur, je vois briller une boucle d’oreille. Le motif est discret, mais coloré : un minuscule arc-en-ciel.
Vélin m’interpelle, et je tente tant bien que mal de raccrocher les wagons de la discussion, reléguant à l’arrière-plan mes suppositions.
L’entretien prend fin, et nous nous concertons, Vélin et moi, ce qui est rapide.
— Joli petit lot, n’est-ce pas ?
Mon futur directeur est sous le charme.
— Oui, en effet.
— Allons, Sylvain, ne faites pas le timide.
— Je suis d’accord pour l’embaucher.
J’essaie de rester dans le registre professionnel.
— Cela va sans dire. Elle est de loin la plus mignonne et la plus compétente.
Il enchaîne avec une vraie argumentation. Visiblement, il a su dépasser le simple plaisir des yeux, et nous voilà à parler des qualités pro de Marie, ma future collaboratrice.
Nous retournons la voir et lui faisons part de notre décision. À l’annonce de son embauche, elle sourit presque. Vélin continue son numéro de charme, ce qui, à la lumière de ce que je crois avoir deviné, me paraît encore plus drôle.
Une fois la paperasse expédiée, Vélin nous quitte. Comme je dois partir, je raccompagne Marie vers la sortie et, sur le trottoir, je fais quelques pas avec elle.
Je jette un regard vers ses oreilles, pour m’assurer que je n’ai pas rêvé tout à l’heure.
Sans réfléchir, je dis à Marie :
— Vos boucles sont intéressantes.
— Merci, c’est un cadeau d’une amie.
Sourires entendus, de part et d’autre.
— Il va y avoir des déçus.
— Mais pas vous, je crois.
— Pas moi, non.
— Alors je crois que nous nous entendrons bien.
— À bientôt donc.
Elle s’éloigne. Et je peux enfin éclater de rire.
Une fois calmé, j’appelle mes deux grâces. La fin d’après-midi s’annonce excellente.
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Marc-André
5 novembre 2026 à 09:03
Très agréable à lire. Apparition d’une quatrième femme. Dure dure pour Sylvain.
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sylbi
5 novembre 2026 à 08:55
Chapitre un peu plus long, très remanié pour faire un peu plus de place à Marie que ous retrouverons plus tard
Avis et commentaires sont toujours les bienvenus

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