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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Agricultrice — Chapitre 4 · Délicieux buron

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Agricultrice

Chapitre 4 · Délicieux buron

Sept jours sans un mot d’Olaf. Pas un vu, pas un petit point, rien. Zoé n’avait pas relancé tout de suite. Elle s’était dit qu’il réfléchissait, qu’il avait besoin de son temps, que c’était un garçon qui pesait chaque phrase. Mais au bout d’une semaine, elle a commencé à se demander si elle n’avait pas appuyé trop fort, avec sa question sur le fait de se voir en vrai. Alors elle a écrit :
— Salut Olaf. J’espère que tout va bien. Tu réponds plus, j’me demandais si je t’avais contrarié ou si t’avais juste la tête ailleurs. Dis-moi, y a pas de souci.
Il a mis quatre heures à répondre. Elle a lu le message deux fois.
— Non. Rien à voir. Enfin si, un peu. Voilà le truc : ça fait une semaine que je me torture l’esprit avec le fait de te répondre. J’ai commencé vingt messages, je les ai tous effacés. Tu m’as demandé si on pourrait se voir pour de vrai, et depuis je tourne en rond, parce que je me sens pas capable. Pas capable, pour l’instant, d’être à la hauteur. T’as une vie entière à côté, t’es pas une fille dans un téléphone, t’es quelqu’un. Et moi, si je viens et que je suis nul, ben je l’aurai perdu.
Zoé a souri devant son écran, un peu triste. Elle a répondu doucement.
— T’as pas à être à la hauteur de quoi que ce soit. Et tu peux pas me perdre, t’es déjà là. Alors on va faire autrement. On se met pas de rendez-vous dans la tête. On apprend à se connaître par un autre canal. Déjà, tu pourrais m’envoyer une photo. Et ton prénom. Moi tu connais déjà le mien, c’est pas juste.
Trois points. Puis :
— Mathias.
Puis, trente secondes après :
— Je m’appelle Mathias.
Puis la photo.
Zoé l’a ouverte en grand, dans la cuisine, le café refroidi à côté. Et elle est restée un moment dessus.
Elle s’attendait à un garçon quelconque. Elle est tombée sur un garçon beau, franchement beau, du genre qu’on regarde deux fois. Des cheveux bruns, épais, un peu trop longs sur le devant, exactement le genre de brun qui fait ressortir des taches de rousseur comme les siennes. Des yeux verts clairs, très clairs, un vert d’eau, avec des cils longs qu’on ne remarque pas d’abord et qu’on ne peut plus oublier ensuite. Un nez droit, ni trop fin ni trop fort, juste bien dessiné, qui tenait tout le visage debout. La mâchoire nette, la bouche sérieuse sur la photo mais prête à sourire, un sourire en coin qu’on devinait et qui lui donnait l’air d’un mec gentil qui ne sait pas quoi faire de sa gentillesse. Il ne posait pas. Il ne s’était pas mis en scène. C’était une photo prise à la va-vite, lumière de plafonnier, et il était beau dedans quand même.
Elle a répondu vite, sans filtre, parce que c’était vrai.
— Bon. Je vais être directe. T’es beau. Genre vraiment. T’as des yeux verts de malade et si tu savais ce que ça fait avec des taches de rousseur. Tu me rappelles un peu moi, d’ailleurs. Et ton sourire, on dirait que tu retiens un truc.
Elle a vu les trois points, elle a vu un « merci » effacé, un « tu te moques ? » effacé, et à la fin :
— J’ai mis dix minutes à choisir cette photo.
Elle a ri toute seule.
— T’as bien fait. Elle est parfaite.
Et ils ont continué à discuter. Sans rendez-vous, sans pression, juste deux personnes. Le reste de la semaine a filé tranquille, comme la Creuse sait le faire.
Zoé, elle, avait du travail. Un concours agricole se profilait, le week-end d’après, avec une épreuve de présentation d’animaux, et elle préparait trois de ses Charolaises depuis dix jours. Elle les avait sorties du pré, elle les rentrait le soir, et chaque matin elle recommençait : le pansage à l’étrille, le jet d’eau tiède sur les flancs, la brosse dans le sens du poil, la soufflette pour lustrer la robe, les onglons curés un par un. Puis le licol, bien ajusté derrière les oreilles, la longe tenue courte dans la main droite, et la marche en main sur le chemin, à hauteur d’épaule, pour qu’elles apprennent à avancer sans tirer, à s’arrêter net, à se placer dans l’axe. Elle leur parlait bas, la main à plat sur le flanc, elle corrigeait d’un claquement de langue, elle répétait jusqu’à ce que ce soit propre. Elle avait relu le règlement, rempli les engagements, préparé sa blouse blanche et ses chaussures propres, et elle s’entraînait à se tenir droite devant la glace du couloir, la tête haute, le regard fixe, comme si un juge la regardait. Elle faisait ça comme elle faisait tout, sérieusement, en se levant avant le jour.
Mais il y avait autre chose, sous le travail. Elle s’était mis une idée dans la tête : essayer la sodomie. Les histoires d’Asma, sur le banc, le jour du match, ne l’avaient pas lâchée. Alors elle s’était entraînée. Le soir, seule, dans sa chambre, avec le god ventouse qu’elle planquait dans la salle de bains.
Elle a commencé doucement, un doigt, deux, beaucoup d’huile, la patience. Puis le god. Elle le collait sur le carrelage de la salle de bains, s’accroupissait dessus, et elle descendait lentement en soufflant, les deux mains à plat sur le mur pour se contrôler. Les premières fois, ça la surprenait à chaque poussée, cette sensation d’être remplie autrement, plus haut, plus profond, un truc qui n’a rien à voir. Elle apprenait à respirer, à pousser contre, à se relâcher au lieu de serrer. Le samedi précédent, elle avait tenu presque dix minutes dessus, à monter et descendre en se tenant le ventre, un doigt devant, sur le clitoris, et elle avait joui comme ça, accroupie, la joue contre le carrelage froid, en gueulant dans la pièce vide. Après, elle se disait, chaque fois, la même chose : la prochaine fois, ce sera un vrai.
Le samedi suivant, elle avait de la visite à recevoir, en fin de journée. Deux randonneurs, deux amis étudiants en STAPS à Clermont-Ferrand, qui s’étaient offert un week-end de marche en montagne avant d’attaquer leur semaine de révisions pour les partiels. Ils avaient réservé son buron. Zoé, en bonne fille de la montagne, louait parfois le vieux buron familial, une petite bâtisse de pierre au toit de lauzes, posée à l’écart, au bout d’un chemin.
Le buron, c’était petit et ça sentait le vieux bois et la fumée. Au rez-de-chaussée, sa chambre à elle, sur la gauche, et une grande pièce de vie rustique mais accueillante : un canapé fatigué, un gros fauteuil en cuir craquelé, une table à manger en bois massif, une cheminée qui marchait toute la soirée. Dans les combles, sous la charpente, un espace aménagé pour dormir, des matelas au sol. Et les toilettes-douche, dehors, sous un petit appentis. Pas de confort, mais tout ce qu’il fallait.
Les deux garçons sont arrivés à la nuit tombante, sacs au dos, joues rouges de froid, contents. Aymeric, petit, sec, bavard, un sourire de gamin. Et Antoine. Antoine était exactement le type d’homme qu’elle aimait, sans qu’elle ait jamais su l’écrire : grand, brun, les épaules larges, costaud sans être épais, une carrure de rugbyman, et des yeux bleus à s’y noyer, d’un bleu franc qui tranchait sur la peau mate. Il parlait peu, mais quand il parlait, il la regardait. Ils ont mangé ensemble, une soupe, du fromage, du pain. On a parlé de la rando, de la fac, de Clermont, de la montagne. Vers onze heures, tout le monde est monté dormir. Elle, elle est descendue dans sa chambre.
Elle s’est réveillée en pleine nuit, vers trois heures, parce que le feu mourait et que la pièce prenait le froid. Elle s’est levée sans réfléchir, en petit short de sport noir et en grand t-shirt à elle qui lui tombait à mi-cuisse et qui, à cause du sommeil, laissait franchement deviner le galbe de sa poitrine quand elle bougeait. Pieds nus, cheveux en bataille, elle est sortie de sa chambre pour aller remettre une bûche.
Et dans le salon, assis dans le canapé, il y avait Antoine, un livre à la main, éclairé par la seule lueur des braises.
Il a levé la tête, un peu gêné.
— Désolé. Je vous réveille ?
— Non, c’est moi. Le feu.
Elle a regardé l’escalier.
— Ton copain ?
— Il ronfle comme un tracteur. Impossible de dormir là-haut. Je suis descendu lire.
— Bienvenue au club.
Elle a mis la bûche, remué les braises, et le feu a repris doucement. Puis, au lieu de remonter, elle s’est assise à l’autre bout du canapé, jambes repliées sous elle.
— Tu lis quoi ?
— Un truc de cours. Anatomie. Autant s’y mettre.
— À trois heures du matin.
— À trois heures du matin, ouais.
Ils ont parlé. Doucement, à voix basse, pour ne pas réveiller le ronfleur du dessus. De la fac, des partiels, de la montagne, de son exploitation à elle, des vaches, du concours qui approchait. Antoine posait des questions vraies, pas polies. Il la regardait quand elle répondait. Et à un moment, il a posé son livre, et il y a eu ce silence où les deux savent que ça va basculer.
Il l’a embrassée d’abord, lentement. Puis moins lentement. Il l’a prise là, sur ce canapé, et c’était doux. Il l’a allongée, il a enlevé son t-shirt et son short, il a pris le temps, la bouche partout, les mains qui apprennent le corps. Il l’a pénétrée doucement, en missionnaire, front contre front, en la regardant dans les yeux avec ces yeux bleus, et il l’a baisée lentement, longuement, en roulant des hanches, jusqu’à ce qu’elle s’accroche à ses épaules et vienne en gémissant tout bas, pour ne pas réveiller Aymeric. Lui a joui peu après, à l’intérieur, en étouffant un grognement contre son cou. Ça avait la douceur d’une première.
Ils sont restés un moment. Et puis la deuxième fois, ce n’était plus doux du tout.
Zoé s’est mise à genoux sur le tapis, devant le canapé, et elle l’a pris à pleine gorge d’un seul mouvement, gorge ouverte, nez au ventre, salive, les yeux levés vers lui. Elle le suçait franchement maintenant, sans se ménager, langue sous le gland, joues creusées, une main à la base. Antoine a lâché un juron étouffé et lui a attrapé les cheveux. Quand elle l’a senti bien dur, elle s’est redressée, a enlevé son soutien-gorge, et elle l’a coincé entre ses seins — une branlette espagnole lente, appuyée, les mains qui serrent, le gland qui émerge à chaque montée.
— Putain, Zoé…
Elle souriait. Puis elle s’est retournée, à quatre pattes sur le tapis, dos cambré, et elle a offert sa chatte avec une cambrure insolente, la tête posée sur les avant-bras, le regardant par-dessus son épaule. Il n’a pas résisté une seconde. Il l’a prise par-derrière, franchement cette fois, la main sur sa hanche, l’autre agrippée à sa taille, et le bruit des cuisses qui claquent a rempli la petite pièce. Elle mordait son propre poignet pour ne pas crier. Il a fini en se retirant d’un coup, s’est mis debout, s’est branlé au-dessus d’elle, et elle s’est retournée juste à temps pour l’accueillir sur le visage — joue, bouche, menton. Elle est restée comme ça, à genoux, le visage luisant, à sourire dans le noir.
Et puis il y a eu la troisième. Parce qu’elle s’était entraînée toute la semaine pour ça, et qu’elle ne voulait pas en rester là.
Elle a chuchoté :
— Attends. Reste comme ça.
Elle est allée chercher la petite bouteille d’huile, est revenue, s’est remise à quatre pattes sur le tapis.
— Vas-y doucement. Et si je te dis stop, tu stops.
Antoine a compris tout de suite. Il l’a préparée avec les doigts, patiemment, en la regardant, en écoutant ses respirations. Puis il a retiré ses doigts, s’est placé, et il est entré. Lentement. Zoé a soufflé fort, une main à plat sur le tapis, et elle a senti ce truc que les filles décrivaient — plus profond, plus plein, plus étrange, à la limite du supportable et du bon. Elle a dit :
— Continue.
Il a bougé par petites poussées. Elle a glissé deux doigts devant, sur son clitoris, et là elle a compris Asma pour de bon. Elle est venue comme ça, à quatre pattes, en gémissant par à-coups, la joue dans le tapis, le corps qui tremblait, presque surprise. Antoine a tenu tant qu’il a pu, puis il s’est retiré et a joui sur son dos, en laissant échapper un grognement qu’il n’a plus cherché à contenir.
Zoé a ravivé le feu, une dernière fois, parce qu’il mourait de nouveau. Puis elle est retournée dans sa chambre, nue sous son t-shirt, et elle a dormi comme une pierre.
Le lendemain matin, elle s’est levée tôt. Le corps courbaturé, content. Elle a enfilé un micro-short de running et une brassière de sport, et elle est sortie sur l’herbe devant le buron faire ses étirements. Les jambes, le dos, les hanches, une routine de sportive, étendue sur un tapis, la rosée qui mouille les mollets, le soleil bas qui chauffe à peine.
Antoine est sorti peu après, encore en caleçon et t-shirt, et il s’est arrêté net. Il est resté planté là, à la regarder. Le micro-short, dans cette position, dessinait la courbure de ses fesses et de ses hanches jusqu’au millimètre, et la brassière moulait sa poitrine, la peau brillante de sueur. Il l’a regardée longtemps, sans se cacher. Elle le voyait, elle faisait mine de rien.
— Tu viens t’étirer ou tu comptes rester à me regarder ? dit-elle sans lever la tête.
Il est venu. Ils ont fait deux étirements ensemble, côte à côte, très concentrés, très faux. Et Zoé n’a pas manqué de remarquer ce que le spectacle lui faisait — la gaule qui tendait son caleçon, sans ambiguïté, à chaque fois qu’elle se penchait. Elle a souri. Elle s’est relevée, s’est approchée, et a posé la main dessus à travers le tissu.
— Ah oui, quand même.
Il l’a prise là, dehors, sur la table extérieure du buron. Elle, à demi penchée sur le bois, lui debout derrière elle, le short baissé sur les cuisses. Le soleil leur chauffait le dos, un oiseau gueulait dans les sapins, et le bois de la table grinçait sous les coups. Il l’a baisée fort, à grandes poussées, une main sur sa hanche, l’autre dans ses cheveux, et cette fois elle n’a plus eu besoin de se mordre le poignet, il n’y avait personne à réveiller. Elle a crié, franchement, un cri qui est parti dans la montagne et qui a dû réveiller les vaches d’en bas. Elle est venue contre la table, jambes tremblantes. Il a joui sur ses fesses, à l’air libre, et est resté un instant plié sur elle, le front dans sa nuque.
Après ça, ils ont pris une douche fraîche, dehors, sous l’appentis. Deux corps dans un mètre carré de carrelage froid, à se passer le savon, à rire, à se refaire bander sous l’eau glacée.
Zoé a préparé le petit-déjeuner : du café, du pain grillé, du beurre de son cousin, de la confiture. Aymeric est descendu en traînant, encore à moitié endormi, sans se douter de rien. Antoine, lui, a mangé sans rien dire, mais il la regardait par-dessus sa tasse, et chaque fois qu’il la regardait, il souriait dans son café. Les deux garçons ont rangé leurs affaires, rempli les gourdes, ajusté les sacs. Au moment de partir, Aymeric a remercié chaleureusement. Antoine est passé en dernier. Il s’est penché pour l’embrasser sur la joue, et il a chuchoté, tout bas, contre son oreille :
— Merci pour la nuit. Et pour le matin.
Zoé les a regardés remonter le chemin jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans les sapins. Puis elle est rentrée, a rallumé un feu, et s’est assise sur le canapé avec son téléphone.
Trois petits points, dans la messagerie. C’était Mathias.
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