Inspiré du réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La découverte avec Charles — Chapitre 4 · La fin d'une histoire
Auteur
La découverte avec Charles
Chapitre 4 · La fin d'une histoire
Les mois avaient passé, et sexuellement, Charles était devenu tout ce dont j’avais besoin. Son corps, sa façon de me toucher, la manière dont il me regardait quand il entrait en moi… tout cela m’avait ouvert une porte que je ne voulais plus refermer. Avec lui, je n’avais plus à chercher ailleurs. Le désir était clair, assouvi, presque apaisé.
Mais en dehors de sa chambre, tout restait compliqué. Je ne supportais pas l’idée que quelqu’un sache. Pas mes potes. Pas ma famille. Pas même un inconnu dans la rue qui nous verrait marcher trop près l’un de l’autre. La simple possibilité que l’on me regarde et que l’on comprenne me serrait la gorge.
Charles, lui, voulait le contraire. Il en avait parlé plusieurs fois, d’abord avec légèreté, puis avec plus de sérieux.
— On pourrait juste ne plus se cacher.
— Je n’ai pas envie de faire semblant indéfiniment.
— Tu comptes combien de temps encore on va se voir uniquement en secret ?
— Je n’ai pas envie de faire semblant indéfiniment.
— Tu comptes combien de temps encore on va se voir uniquement en secret ?
Chaque fois, je sentais mon estomac se nouer. Je répondais à côté. Je changeais de sujet. Ou je disais que ce n’était pas le moment.
Un soir, dans son studio, la conversation a pris une tournure plus nette. Il était assis sur le canapé, moi en face de lui. La télévision était éteinte. Il n’y avait que le bruit de la rue en bas.
— Je ne peux plus continuer comme ça, a-t-il dit.
Pas indéfiniment. Je t’aime bien. Plus que bien. Mais j’ai besoin que ce qu’on vit existe aussi dehors. Pas seulement entre ces murs. J’ai baissé les yeux. Mes mains étaient posées sur mes genoux, inertes.
— Je… je ne suis pas prêt.
— Je sais.
— Je sais.
Mais moi, je le suis. Et je commence à me sentir… invisible. Comme si on n’existait que quand la porte est fermée. Le silence qui a suivi a été long.
J’aurais voulu lui dire que je l’aimais. Que sur le plan émotionnel, c’était déjà arrivé, depuis un moment. Que chaque fois que je quittais son appartement, je portais quelque chose de lui en moi, et que ça me manquait dès le lendemain. Mais les mots restaient coincés. À la place, j’ai seulement répété :
— Je ne peux pas. Pas encore.
Il a hoché la tête lentement. Puis il a dit, d’une voix calme, presque douce :
— Alors on va faire une pause.
— Le temps que tu saches ce que tu veux vraiment.
— Le temps que tu saches ce que tu veux vraiment.
Je n’ai pas protesté. Je n’ai pas non plus eu le courage de le retenir.
Sur le chemin du retour, la nuit était froide. Je marchais vite, les mains dans les poches, le cœur lourd. Dans ma tête, les phrases se bousculaient.
Tu es lâche.
Pourquoi le regard des gens est-il si important ?
Qu’est-ce que tu risques vraiment, à part être vu pour ce que tu es ?
Pourquoi le regard des gens est-il si important ?
Qu’est-ce que tu risques vraiment, à part être vu pour ce que tu es ?
Je savais que j’étais amoureux. Pas seulement de son corps. De sa façon d’écouter, de la manière dont il avait accueilli chaque pas que j’avais fait vers moi-même, de sa patience, de sa présence. Et pourtant, j’avais choisi la honte plutôt que lui.
Vingt ans plus tard, il m’arrive encore d’y penser. Pas tous les jours. Mais assez souvent pour que ça compte. Un parfum dans la rue. Une silhouette de dos. Une certaine façon qu’a un homme de rire. Et soudain, tout revient : la lumière grise de son studio, la chaleur de sa peau, la façon dont il m’avait regardé quand je lui avais dit que je me sentais femme sous lui. La conversation sur le canapé. Le moment où j’ai choisi la peur plutôt que lui.
Il est resté le seul homme pour qui j’ai eu des sentiments aussi forts. Le seul.
Parfois, la nuit, je me demande ce qu’il est devenu. S’il a trouvé quelqu’un qui a eu le courage que je n’ai pas eu. S’il pense encore, de temps en temps, à ce garçon de dix-huit ans qui était venu chez lui un après-midi de permanence et qui n’est jamais vraiment reparti tout à fait.
Je sais maintenant que j’étais lâche. Que le regard des autres n’avait pas autant d’importance que je le croyais. Que j’aurais pu, si j’avais été un peu plus brave, construire quelque chose de vrai avec lui. Mais à l’époque, la honte pesait plus lourd que l’amour.
Aujourd’hui, il ne reste que le regret. Un regret calme, posé, qui ne fait plus mal comme avant, mais qui ne s’efface pas non plus. Une présence discrète, fidèle, qui revient quand je m’y attends le moins.
Charles.
Le seul.
Celui que j’ai laissé partir parce que j’avais trop peur d’être vu.
Et que je n’ai jamais vraiment oublié.
Le seul.
Celui que j’ai laissé partir parce que j’avais trop peur d’être vu.
Et que je n’ai jamais vraiment oublié.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()